‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 50 sur 106 · MES · texte numérisé non relu

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I Satire, ainsi que dans le 3" chant du Lutrin, il disait qu'il y avait placé d'abord Boursault, ensuite Perrault; que s'étant réconcilié avec eux, il avait successivement effacé leurs noms, et substitué (1701) celui d'Hesnault, hors d'état de se plaindre, puisqu'il n'existait plus. Outre l'Églogue dont nous avons fait mention au commencement de cet article, le Furetiriana donne, sous le nom d'nesnault, une élégie de 400 vers. On a cite' plusieurs fois, avec de justes éloges, divers fragments de ces deux pièces. Les vers et même la prose de cet auteur ont du nombre, de la grâce et de la précision. 11 avait un talent flexible, mais trop de subtilité. D'ailleurs une facilité négligée décèle souvent en lui l'écrivain peu laborieux , qui pouvait beaucoup mieux faire. S. S — s.

HESS (Jeax-Bodolphe), magistrat à Zurich , né en 1646, y mourut en 1698. Il a continué la chronique de son canton, commencée par Bullinger et Mal 1er, jusqu'en 1693, en trois volumes in-folio; et il a laissé d'autres manuscrits relatifs à l'histoire de la Suisse. Il a bien mérité de sa ville natale, par un legs de six mille florins pour l'établissement d'une chaire d'histoire de la Suisse : malheureusement il s'est mépris dans sa fondation, en stipulant que les membres de sa famille auraient la préférence entre les candidats. Cette clause fâcheuse a fait que cette chaire, après avoir été illustrée par les Bodmer et les FuessYi, est devenue, depuis nombre d'années, l'héritage stérile de la famille. — Félix Hess, né à Zurich en 1742, mort dans la même ville en 1768, avait fait d'excellentes études, et se distingua autant par les qualités aimables de son caractère, que par ses talents et ses connaissances. 11 fut fort lié avec le célèbre Lavater. Mort très-jeune, il n'a publié que quelques traités de théologie et de philosophie, en allemand. U — i.

HESS (Jean-Jacques), théologien protestant, né le 21 octobre 1741 , fils d'un horloger de Zurich, avait deux oncles très-instruits, qui contribuèrent beaucoup à son éducation : l'un nommé Schultheiss, traducteur d'Arrien et d'Épictète, Vautre Gaspard Hess, pasteur à Neftenbacb, ami de Klopstock, et auteur de Réflexions sur le poème épique de la Alessiade, Zurich, 1749. Ce dernier le prit chez lui, et lui inspira des goûts littéraires qui furent fortifiés dans la suite par la liaison amicale du jeune Hess avec Fuessli, Lavater et Usteri. Tous ces jeunes étudiants recevaient les conseils du poète Bodmer, à qui ils communiquaient leurs essais littéraires. Aussi une des premières compositions de Hess fut un poème dans la manière de Bodmer. La littérature ne lui avait pourtant pas fait négliger ses études, qui se dirigèrent vers la théologie, d'après les avis de son oncle paternel. Celui-ci obtint que son neveu, reçu dans le clergé dès 1760, avant même qu'il eût atteint sa vingtième année, lui fût donné pour vicaire. Dans les loisirs de cette retraite champêtre, Hess composa une partie des ouvrages

sur le christianisme qui l'ont place* au rang des meilleurs écrivains de l'Allemagne protestante. Un événement particulier le mit d'ailleurs en évidence. Le docteur Munter à Copenhague publia que c'était à l'aide de la Vie de Jètut par Hess qu'il avait déterminé le fameux Struensée , condamné à mort, à abjurer ses erreurs et à rentrer dans le sein de l'église protestante. Hess avait épousé une femme de beaucoup d'esprit qui eut 1 honneur d'être chantée par Klopstock. En 1777, il fut appelé à Zurich pour remplir les fonctions de diacre à l'église Notre-Dame , et il devint président de la société ascétique; il n'en continua pas moins la vie laborieuse et retirée a laquelle il s'était habitué à Neftenbach, et à laquelle le portait son inclination. Comme prédicateur il n'avait pas l'éloquence et la verve des grands orateurs de l'Église; ses sermons se distinguèrent plutôt par une logique serrée et par une dignité soutenue. Après la mort d'Ulrich, en 1795, il l'emporta malgré lui, à ce que l'on assure, sur son ami Lavater pour la place A'antittet, la première du clergé du canton de Zurich. Cette charge augmenta beaucoup ses occupations; cependant il trouva encore du temps pour travailler à ses compositions d'ouvrages théologiques ou ascétiques, et pour mettre en ordre les archives ecclésiastiques dépendant de l'église de Zurich. Son poste devint critique et périlleux pendant la guerre qui attira les armées étrangères et produisit la chute de l'ancienne constitution de la Suisse. On cite comme un exemple de calme et de présence d'esprit de la part de l'antistes Hess, que le 10 septembre 1802, jour où Zurich fut bombardé, il prépara tranquillement son sermon pour le dimanche suivant, et que deux jours après, au renouvellement du bombardement, il écrivit un commentaire sur les mots grecs Onoma Theou. Cependant , loin d'être indifférent aux troubles et aux maux de sa patrie, il ne put s'empêcher d'y faire allusion dans ses sermons. Quoiqu'il eût eu l'adresse découvrir son blâme de citations bibliques, cette censure déplut aux hommes du pouvoir, au point qu'Us mirent en délibération s'il ne fallait pas déporter le prédicateur téméraire. On dit même que la déportation fut résolue; mais, les circonstances ayant changé, cette mesure fut oubliée. Hess, dans la préface de ses sermons politiques, convient que dans les temps de révolution on peut recueillir un trésor immense d'observations sur l'humanité, mais qu'il est très-difficile, quoique nécessaire, d'en faire un usage impartial et bienveillant. Hess était protestant dans toute l'acception du mot, s'en tenant uniquement à la Bible, n'admettant point d'autorité pour en expliquer le sens, et soutenant qu'il faut appliquer à l'interprétation de ce livre les règles employées pour l'interprétation d'autres livres anciens. La Bible étant tout pour lui, il fut partisan zélé de l'institution des sociétés bibliques, et les favorisa de tout son pouvoir. Sa vie sobre et réglée et son caractère

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calme et exempt de passions le firent parvenir à un fige très-avancé. A soixante-dix-huit ans il se réjouit d'avoir vécu assez longtemps pour pouvoir célébrer, au 1" janvier 1819, la troisième fête séculaire de la réforme religieuse en Suisse. La veille il fit paraître une dissertation latine sur la réforme , et le lendemain on entendit prêcher ce vieillard qui depuis un demi-siècle édifiait se* compatriotes par son exemple et par ses écrits. Il était en correspondance avec les principaux théologiens allemands de sa confession , et pendant plusieurs années il avait rassemblé le soir chez lui une société de personnes pieuses. H au teignit un fige de plus de quatre-vingt-eix ans, et mourut le 29 mai 1828, ayant été pendant trentedeux ans le chef de l'église zuricoise. Hess était un homme d'ordre si méthodique, qu'il tenait un registre exact non-seulement de toutes ses affaires ecclésiastiques, mais aussi des actions de sa journée, et même des visites qu'il recevait ou rendait. Il a laissé un nombre considérable d'ouvrages dont quelques-uns ont eu un grand succès, ayant été imprimés plusieurs fois, et traduits en diverses langues. Nous ne citerons que les plus importants: 1° La mort de Moue, poème, Zurich, 1768; 2° La vie de Jètut, Zurich, 1768-1772, 6 vol. in-8°. Une circonstance remarquable, c'est que l'idée de cet ouvrage fut suggérée à Hess par la lecture de la Vie de Cicéron, écrite par Middleton. 3° Ou régné de Dieu, essai sur le plan des institutions et révélations divines, 1774; 4° Hittoire et écrits det apôtrtt, 1773; Hittoire det Itraétites, 1776 1788; 6° Hittoire de Jotué et det chefs de guerre, 1779, 2 vol.; 7° L'inttituteur chrétien pour f hittoire du apôtret, 1781-88 ; 8° Doctrine et actiont de Sotre- Seigneur. pour servir de supplément à la Vie de Jésus, 1782 ; 9» Lite de fetperance, parabole, nouv. édit, 1783; 10° Hittoire de David et de Salomon, 1783, 2 vol.; 11° Hittoire det roit de Juda après l'exil, 2 vol. En 1791, il fit paraître un index des passages bibliques expliqués dans sa Vie de Jésus et des Israélites. Cet index est double, l'un à l'usage des protestants, d'après la traduction allemande de la Bible par Luther, et l'autre à l'usage des catholiques , d'après la Vulgatc; 12° Le voyage, deuxième conte allégorique 1789; 13» Bibliothèque de l'histoire sainte. Zurich, 1791. Parmi les divers morceaux dont se compose ce recueil ayant pour but d'éclaircir l'histoire biblique, on trouve les variantes d'un ancien manuscrit de l'évangile de Nicodème, conservé à la bibliothèque d'Einsiedeln. 14° 1* nouvelle constitution de l Helvètie par rapport à la religion et aux maurt, 1798; l.'i " l.e chrétien dont le* danger t de ta patrie ; Sermont préchèt pendant le tempt de ta révolution, 1799; 16° Des droite de r église et de leur exercice dont notre pays. 1800; il' Ma Bible, chant dédié aux omit de Cinttitution biblique, 1815. On a de lui beaucoup de sermons, de discours, de pièces de vers. Voyez sur Hess l'article que M. Escher lui a consacré dans X Encyclopédie gené-

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