‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 5 sur 106 · I. Le carnage fut si · texte numérisé non relu

I. Le carnage fut si

24 HED

grand, que les rues de la ville furent inondées de sang, et qu'on en avait jusqu'à mi-jambe. Il périt, dit-on, soixante-dix mille personnes en cette occasion. Cet événement eut lieu en 694 ou 695 de notre ère. Hédjadj ordonna ensuite à tous les habitants qui survécurent à ce massacre de sortir de la ville dans trois jours sous peine de mort. Un homme de Koufah y ayant été trouvé le quatrième jour fut mis à mort sur-le-champ. Hédjadj gouverna les deux Iracs pendant vingt-deux ans, avec une autorité absolue et un grand éclat ; il mourut en 95 de l'hégire (713-14 de J. C), à l'âge de 54 ans. Les écrivains arabes prétendent que dans le cours de sa vie il avait fait périr cent vingt mille personnes , et qu'à sa mort il y en avait dans les prisons cinquante mille auxquelles cette circonstance sauva la vie. Sa mort livra l'empire des Ommiades à de nouveaux troubles : les rebelles, que sa fermeté avaient réduits, rompirent leurs fers ou tramèrent de nouveaux complots; et la Perse, la Transoxane, la Mésopotamie , retombèrent dans le même état de sédition et de révolte où elles se trouvaient avant l'arrivée d'ilédjadj (roy. Aidel-Mélee et Chcbvbben-Zéid). J — ».

BEDUNGER ( Jean-Charles ), graveur de médailles , naquit à Schwitz, en Suisse , le 28 mars 1691, dune famille noble, descendant de celle de Hettlingen. Son père, qui avait étudié la peinture et passé quelques années à Home, était inspecteur des mines de Bolentz. Ce fut dans cette dernière ville que le jeune Hedlinger fit ses études, et se livra avec une infatigable ardeur à celle du dessin , contre l'intention de ses parents , qui le destinaient à une autre profession. Son génie, qui le portait à la gravure des médailles, quoiqu'il en ignorât non -seulement les procédés, mais même la forme des outils, lui suggéra des moyens d'y suppléer si ingénieux, qu'ils étonnèrent les gens de l'art, et leur fit pressentir la belle carrière qu'il devait parcourir un jour. Son père, entraîné enfin par ses vives sollicitations et par les éloges des connaisseurs, l'envoya à Sion, en 4709, chez Craver, directeur des monnaies de la république du Valais. Le jeune élève ayant ensuite suivi son maître dans un voyage qu'il fil à Lucerne, fut à portée d'y voir travailler en orfèvrerie, et se livra pendant quelque temps à ce genre d'occupation. La guerre étant venue troubler, en 4712, les paisibles montagnes de la Suisse, Hedlinger ne crut pas pouvoir se dispenser d'y prendre une part active ; et il fit une campagne , en qualité de lieutenant, dans les volontaires de Lucerne. Mais heureusement les troubles ne furent point de longue durée; il reprit bientôt son burin. Ce fut alors que son maître le chargea de graver les carrés et les coins de la monnaie de Monlbelliard et de celle de Porentrui. Ces ouvrages établirent les premiers fondements de la réputation d'Hedlinger. Peu satisfait lui-même cependant de ce qu'il appelait ses essais et ayant

HED

entendu vanter les talents de Saint-Urbain , l'un des plus célèbres graveurs de médailles du siècle, lequel résidait alors à Nancy, notre jeune artiste résolut de l'aller trouver pour profiter de ses exemples et de ses conseils. D'abord mal accueilli , il désespérait de réussir dans son projet lorsque Saint-Urbain ayant vu par hasard quelques ouvrages d'Hedlinger, en demeura si content, qu'il alla lui-même le trouver, et l'admit dans son atelier. Peu de temps après, Saint-Urbain , qui avait le dessein de voir l'Italie , tenta inutilement Hedlinger pour l'engager à l'accompagner : celui-ci préféra de faire le voyage de Paris, où il arriva en 1717. Bientôt il s'y lia avec Roettiers et Delaunai , et depuis cette époque, il vécut toujours avec eux dans la meilleure intelligence. Charles XII, à qui tous les genres de gloire étaient familiers, ayant chargé en 1716 le comte de Coertz, alors à Paris, de lui amener de cette ville un nombre d'artistes célèbres et surtout un graveur de médailles , Hedlinger fut appelé à Stockholm pour y remplacer Karlstein, directeur des monnaies, qui venait de mourir. La manière généreuse dont ce prince ainsi que ses successeurs en agirent avec Hedlinger, malgré la dureté des temps et malgré même la pauvreté du pays, l'attacha tellement à la Suède, que Pierre lrr tenta vainement de l'attirer en Russie, en lui offrant des avantages considérables. Il refusa également beaucoup d'autres propositions qui lui furent faites par divers souverains. Cependant , curieux , à son tour, de voir l'Italie, et d'étudier dans les monuments originaux les objets d'antiquité pour l'élude desquels il avait toujours eu une grande prédilection , Hedlinger obtint la permission de quitter momentanément la Suède. Il partit en 1726, vit Rome et les principales villes d'Italie, et fut accueilli partout avec les égards dus à ses grands talents autant qu'à ses qualités personnelles. En 1735 , le roi de Suède Frédéric et la reine Ulrique , d'après les vives sollicitations de l'impératrice Anne, consentirent qu'Hedlinger allât passer deux ans à Saint-Pétersbourg. Mail ensuite s'arrachant aux instances et aux offres de la cour de Russie, qui voulait le fixer près d'elle, il revint à Stockholm , comblé d'honneurs et de présents. Il obtint , quelque temps après son retour, la permission d'aller revoir sa patrie , et y séjourna plusieurs années, pendant lesquelles il se maria. Les travaux d'Hedlinger et le climat froid et humide de la Suède, où il revint, ayant dérangé beaucoup son tempérament , il fit un nouveau voyage dans son pays natal : mais sa santé, qui s'était un peu raffermie, s'étant encore affaiblie à son retour en Suède, il demanda et obtint son congé , après avoir fait agréer, pour le remplacer, Fehrmann, son élève, dont les talents étaient connus. Le roi, qui avait déjà nommé Hedlinger chevalier, intendant de la cour et membre de l'Académie des sciences, le combla encore de bienfaits avant sondépart. Arrivé à Schwiti,

BÊD

fl y jouissait en paix du bonheur de vivre au sein de sa patrie et de sa famille, lorsque la mort Tint lui enlever son épouse. Cette perte fut adoucie par les soins de sa fille unique, qu'il avait unie a 'son neveu le landamman Hedlinger. Ni l'âge, ni les fatigues du travail le plus assidu ne purent ralentir son ardeur, ni altérer la perfection de ses ouvrages : il ne cessa de graver qu'en cessant de vivre, le 14 mars 1771, à l'âge de 80 ans. Hedlinger est l'un des artistes de son genre qui a le plus produit. Cependant tousses ouvrages ont un caractère de perfection rare ; rien n'y est ne'gligé ; néanmoins on remarque dans les médailles qu'il a exécutées depuis son voyage d'Italie un caractère antique qui les fait facilement distinguer de ses premières productions. Ses talents ont été mis à contribution par toutes les cours de l'Europe. Il a fait une médaille de Louis XV pour la cour de France , à l'occasion de la naissance du Dauphin (1). Celles des impératrices Anne et Elisabeth sont regardées par les connaisseurs comme des chefs-d'œuvre. En général , les revers de ses médailles prouvent la richesse et la fécondité de son génie. Comme il était fort instmit , ses allégories sont toujours fines et poétiques. I.a plupart des légendes sont de sa composition ; et elles ont le mérite d'être laconiques et très-substantielles. Ce qu'on admire surtout dans ses ouvrages, c'est une légèreté et une finesse de détails qui cependant ne dégénère point en manière, parce qu'ils sont toujours subordonnés au large et à la noblesse de l'ensemble. Hedlinger excellait surtout dans la manière de rendre les cheveux. Il est regardé , avec raison , comme celui des artistes modernes qui a le plus approché des anciens ; il a fait faire de nos jours un pas à un art qui, sans contredit, contribue encore plus que tous les autres à donner l'immortalité aux grands hommes et la célébrité aux grandes actions. Les principaux élèves d'Hedlinger sont Fehrmann , son successeur; Nicolas Georgi, graveur des médailles du roi de Prusse; et Daniel Hasling, attaché à la cour de Russie. L'œuvre d'Hedlinger, publié d'abord par Haïti (Nuremberg, 1781), l'a été avec plus de détail par Chr. de Mechel, Baie, 4776 et 1778, 2 parties, petit in-8°. Cette dernière édition offre la gravure de cent soixante-sept médailles ou jetons, accompagnée d'une notice •ur ce célèbre artiste et sur ses ouvrages. P— e.

HÊDOUIN (Jean-Baptiste), né à Reims, en 1749, fit ses humanités avec succès , et se livra à l'étude des mathématiques. Étant venu à Paris avec l'intention de se perfectionner dans cette science , il renonça bientôt à ce projet. Son goût pour la retraite et pour une vie tranquille, qui lui permtt de cultiver les lettres, le détermina à entrer dans la congrégation de Sle-Geneviève, où pourtant il

(1 • Mechel se trompe lorsqu'il avance que cette médaille a été ■Tarée à Paris Ion de ion séjour dan» cette ville. L'erreur est »anile»te, puisque Hedlinger était en France en 1717, 1718 et 1719, et que la naissance du Dauphin est do 1739.

HED 28

ne fit pas profession, n la quitta pour l'ordre de Prémontré, où il prononça ses vœux en 1774. Bientôt après , ses supérieurs l'envoyèrent à Paris pour faire son cours de théologie. C'est pendant ce cours qu'il lui prit envie d'extraire Y Histoire philosophique et de faire YF.tprit de Rnynal. M fit confidence de ce travail , déjà achevé , à M. L'Écuy, alors prieur du collège de Prémontré, et depuis abbé général, qui lui en fit sentir le peu de convenance, et lui conseilla de le supprimer; mais cet avis fut mal suivi. L'envie de se faire imprimer, et peut-être le regret de perdre sa peine l'emportèrent, et l'ouvrage parut. Le jeune auteur ne tarda point à s'en repentir. M. le garde des sceaux ayant voulu faire un exemple de quelques libraires qui se permettaient de publier et de colporter des livres imprimés clandestinement, ordonna des recherches sur l'auteur et l'imprimeur de V Esprit de Raynal. Dans son embarras, Hédouin, qui de plus avait à appréhender l'animadversion de ses supérieurs, s'adressa à Hédouin de Pons-Ludon, son parent, capitaine d'infanterie, alors détenu au château de Ham, et lui fit part de ses craintes. Pons-Ludon eut l'obligeance de se charger du délit, et voulut bien passer pour l'auteur de Y Esprit de Raynal. Il en envoya même sa déclaration au censeur de la police Pidansat de Mairobert. C'est sur cette déclaration que les Mémoires secrets attribuèrent cet ouvrage à Hédouin de Pons-Ludon, qui continua de passer pour en être l'auteur, jusqu'à la mort de son parent; il crut alors devoir lui restituer ce qui lui appartenait. Quelque jeune que fut Hédouin à cette époque, sans doute un religieux est blâmable d'avoir extrait et offert au public la quintessence d'un livre dangereux; mais cette faute, il la répara bien par sa conduite et par les services qu'il rendit à son ordre. Son abbé généra), qui connaissait son talent , le chargea d'enseigner les belles-lettres dans son abbaye, et de rédiger sur un plan donné des principes d'éloquence, tels qu'ils convenaient à déjeunes religieux. Hédouin remplit cette double tâche à la satisfaction de son supérieur, qui bientôt après le nomma au prieuré-cure de Rethonviller, où il continua de remplir les fonctions de curé et de maire pendant la révolution. Il y mourut en octobre 1802. Ses ouvrages sont : 1° Esprit et génie de Rnynal, Paris, 1777, in-8°; Londres(Paris, Cazin), 1782, in-18; Genève, J. Léonard, 1782, in-8»; 2° Principe de l'éloquence sacrée mêlés d'exemples puisés princi- I paiement dans f Ecriture sainte, dans les saints I Pères et dans les plus célèbres orateurs chrétiens , à l'usage des cours d'étude établis dans tordre de Pré' montré, Soissons, 1787, in-12. Le plan de l'ouvrage dédié à M. l'archevêque de Narbonne, Dillon, l'épltre dédicatoire et l'avertissement sont de M. L'Écuy. 3° Fragments historiques et critiques sur la révolution , restés inédits. Hédouin avait des mœurs douces, était studieux, attaché à ses de- Toirs, aimé de ses confrères et estimé de ses au-

16 UÉO

«frieors (voy. le Dictionnaire des anonymes , et les Mémoires secrets. 16 juin 1777.) Z.

HÉDOl-lN (CJURLE8-F»À!tçoi4)t de la même famille que le précèdent, né à Paris le 45 mars 4764 , est mort le 45 août 48Î6 , dans le bois de Vmecnnes, où il était allé herboriser. Voué pendant toute sa rie aux soins de la magistrature , il occupait tous ses loisirs par l'étude de l'histoire naturelle et des antiquités. Parmi les manuscrits qu'il a laissés, on cite un Veni me eu m bibliographique du naturaliste, rédigé avec autant de goût que de discernement ; différents mémoires sur les fossiles 4e Griçno» , sur km (réjle monstrueux . etc. ; enfin une Flore du bois de Boulogne , qui paraît n'être point terminée. La plupart de ces écrits , conservés par sa famille, ont beaucoup perdu de leur intérêt par la vente du cabinet de l'auteur, et il est à craindre qu'aucun d'eux ne voie le jour. Le seul monument de ses travaux qui semble destiné a lui survivre est un magnifique herbier, composé de plus de vingt-six grands cartons , et qui est demeuré en la possession de sa veuve, ainsi que différentes collections de papillons et d'insectes. On a publié une Xvtice des principaux articles du cabinet de feu AI Hédouin . greffier à la cour royale de Paris, etc., Paris, 1826, in-8° de 20 pages. Cette notice concerne les livres et manuscrits; il en a paru une semblable pour les collections de coquilles. Z.

HÊIXJUN (1) DE P0NS-LLD0N (Joseph Antoixe), cousin du précédent, naquit à Reims, le S février 4739, d'une famille ancienue, alliée aux Colbcrt dans le 17« siècle. Ayant achevé ses humanités à l'université de Reims, il servit sur mer comme volontaire en 1757 sous le capitaine Thurot, se trouva à la bataille de Crevelt en 4758 comme officier dans le régiment d'Eu; devint aide-major en 1763 dans le régiment des Bourges, demeura trois ans dans la capitale du Bcrry, fut nommé lieutenant en 1771 dans le régiment provincial de Champagne, et après seize ans de services, fut enfermé au château de Ham, en vertu d'une lettre de cachet dont les motifs sont restés ignorés. Pendant son s juin daus cette prison d'Etat, son cousin Hédouin, religieux prémonlré (roy. Hébocih, Jeau -Baptiste), publia l'Esprit de Raymal. Ce livre fut supprimé aussitôt qu'il parut , et le libraire nunacé de la Bastille s'il ne nommait

(I) Plusieurs biographe» le dote curieuse qui explique ctt

nomment Htdoin. Voici une «tirette erreur. En 17», l'abbé Velly fit paraître le tome 2 de son lit ; dê fronce , où il dit, p. 9 :

• 11 { Louis le Débonnaire | avait sept scrurs, dont aucune

■ n'était mariée. Elle* avaient toute* oc* équipage» d« reine* ; « et plusieurs de ce* princesses ne as refusant aucun plaisir, il

■ en était arrive du scandale plusieurs toi». Le premier soin du m nouvel empereur fut de réprimer le» familiarité que i,uclcru« « couttUan» avaient eues avec elle*, linéique»- uns Curent exiles, « d'autres eurent le* yeux crevé» : uti de» plu» considérable*,

• nomme fit >> in , tua le comte f,«rnier, qui avait commission

■ de l'arrêter, et hit lui-même massacré. » Le jeune Hédouin, : et amoureux, ayant lu ce passage, admira tellement le

d'Hidoi» (farnir été l'amart favorise d'une fllle de

que drie lurt il retrancha la voyel le si de »■ ;n nom , pour devenir I homonyme du seigneur carlovingicn. Mai» cet te d originalité ne fut imite pat au

HËD

l'auteur. Ce dernier alla voir son parent au château de Ham, lui exposa ses inquiétudes, et l'engagea à s'avouer auteur de l'ouvrage incriminé. Hédouin de Pons Ludon entra daus les vues du jeune prémontré, envoya une déclaration au censeur de la police, et garda le secret jusqu'à la mort de son cousin. En 1778 il acheta la charge de conseiller rapporteur du point d'honneur ai tribunal des maréchaux de France , qu'il perdiî à la révolution. En septemlire 1792 il sauva du massacre, au péril de ses jours, une mère de famille, appelée Gonel. Incarcéré lui-même en 1704, la liberté ne lui fut rendue qu'après le 9 thermidor; et depuis celte époque il fut emprisonné plusieurs fois par onlre tics ministres de Bonaparte. Il mourut à Reims le 27 octobre 1817. On a de lui : 1° Essai sur les grands hommes d'une partie de la Champagne , par un homme du pays. Paris, 1768, 1 vol. in-8°; 2* édition, revue et corrigée, 1770, in-8°; 2° Lettre d'un Rémois à un Parisien, sur ce gui doit payer les carrées en France, 1776, in-8°; 3" Mémoire d'un militaire au roi. sur ce qu'il aéproucé de contradictions en son état, 1774, in«8°; et une foule de mémoires, pétitions, etc. On formerait un très-gros volume des madrigaux, épigrammes, épilaphes, épithalames, satires et chansons, dont il est l'auteur. F.

1 1 EDOU VI LLE (C abwxl-Thicodore-Jos ep h , corn te d'), général français, naquit en 1745 au Petit- Loupy en Lorraine , d'une famille dont la noblesse remonte au 15e siècle, mais dont la fortune était peu considérable. Son père, officier d'infanterit et chevalier de Saint-Louis, avait fait toutes les guerres du règne de Louis XV en Flandre et en Allemagne. Après des éludes très-superficielles à l'école militaire, le jeune Hédouville entra comme sous-lieutenant en 4773 dans les dragons de Languedoc. Il était capitaine lorsque la révolution commença. Sans eu adopter tous les principes, il ne s'y montra pas opposé, et il s'ahstint d'émigrer comme lit son frère cadet, ainsi que la plupart de ses camarades (I). Employé d'abord à l'élat-major de l'armée du Nord, il parvint au grade de maréchal de camp , et se trouvait en cette qualité près de Menin dans le mois de septembre 17ÎI3, lorsqu'il fut arrêté, destitué et envoyé à Paris pour être jugé par le tribunal révolutionnaire, comme accusé d'avoir compromis les intérêts de la patrie par les ordres qu'il avait donnés. C'était à une pareille époque un véritable arrêt de mort; il y échappa cependant, attendu, dirent ses terribles juges, qu'il n'avait pas agi criminellement et par trahison. Envoyé peu de temps après à l'armée des côtes de l'Océan comme

il) On Ut dan» le Mémorial de M. de Las Case» un récit i curieux que Bonaparte luisait à Slc-HeMne sur l'émigration de

ce frère d'Hedouville : u Serrurier et Hédouville cadet , dînait • Napoléon , marchaient Je compagnie pour-éinigrvr cb K»pagne. m Une patrouille le» rencontre : Hédouville, plus jeune, plu» i leste, franchit la frontière, »e cruit très-heureux, et va végéter u misérablement en Espagne. Serrurier, <*ïigé de rebrousser ■ chemin, revient à sa garnison désolé: il continue de servir et

Page 1