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chef de l'état-major général, Hédouville eut à combattre dans ces contrées les royalistes de la Bretagne et de l'Anjou. Il mérita bientôt par son «le d'être nommé général de division , et il dirrgea en cette qualité, dan» le mois de mars 1790, l'arrestation de Stofllet et de quatre de ses officiers. Le rapport qu'il adressa au ministre de la guerre sur celte opération était ainsi terminé : « Ils ont été amenés ici aujourd'hui, ils seront
■ fusillés demain... » Hédouville dirigea encore un peu plus tard l'arrestation de Cbarelle, et pour que ce géne'ral ne fut pas enlevé par les ; siens, dans le trajet d'Angers à Nantes, il le fit transporter sur un bateau. Il eut ensuite avec Hoche beaucoup de part à b pacification ou soumission de ces malheureuses contrées , et les moyens qu'employèrent ces deux généraux ne furent pas toujours généreux. Cependant on doit dire qu'Hédonville u lait pas à Quiberon en 171)5. Envoyé à Saint-Domingue en 1798 en qualité de commissaire extraordinaire, avec la mission de rétablir l'ordre dans cette colonie , et de faire rentrer dans l'obéissance les nègres insurgés par les imprudents décrets de l'assemblée nationale, Hédouville, qni connaissait peu ce pays, qui n'avait pu amener avec lui que 250 soldats, et qui fui dé» le coœmencemeut contrarié par l'influence des Anglais et par les chefs des noirs, notamment Toussaint- (.ouverture, se vit bientôt obligé de se rembatfHier et de revenir en France, où le directoire l'employa comme inspecteur général , et mi donna le commandement d'une division en Bretagne. C'est dans cette position qu'il se trouvait en 1799 , lorsque les royalistes, voulant profiter des revers qu'éprouvaient les armes de La république , se mirent en mesure de recommencer la guerre. De son côté Hédouville se prépara à les combattre ; mais les mojens de conciliation lui paraissant toujours préférables, il entra en négociation avec les chefe et réussit à leur faire consentir une suspension d'armes. On a dit que pour parvenu* à ce but il leur fit entendre que le nouveau consul, Bonaparte, était disposé à rétablir l'ancienne monarchie des Bourbons. Ce qu'il y a de sur, c'est que la plupart des chefs royalistes se rendirent alors à Taris dans cette espérance; que plusieurs d'entre eux eurent des conférences avec Bonaparte, qui se garda bien de les désabuser, et qu'il les fit presque tous arrêter quelques jours après leur arrivée (1). On ne
|1) Bonaparte w vanta de cette rav en préM-nre d'une 'Imputation du trtbunat qai , étant venue qae'que terop» aprv» li* féltciter pour le concorda», lui témoignait de» crainte» au* Ira auiUfl que pouvait avoir un pareil traité avec la <N>ur de Rome. —
■ Bah | l«<ir dit Napoléon , voua que j'en «ni» pKi» «orimie
- i la voUmu. du papet Je lui ai accord* ce que je n« pouvait « pa» réfuter; miil«, quand l'occa»ion «.■ pr.-rnt.. -u , je «aurai m bien tvprendre mei droit» ave* lai comme Je l'ai lait avec Ira
■ r»yah»te*,deat i« paru était Uè*-pntaaant quaod je mi h arrivé » au pouvuir.et qu'UBat il fallait BWM|Mf. J'ai fait croire A leur»
- cl 1er» que Je marchai* au même but q«'ru* ; c'e«t avec cette « «.revue- que je te* ai aUire* à Paru.eiqac J'ai eu »««< vax dea
■ conférence» où je le» ai maintenu» dan» le même e.puir. Huit
- )r>ur« «rpr^a ton» étaient arrêté» ... » Et il ajouta , en reliant
peut pas dire qu'liédouville fût dans le secret de. ces ruses. On sait même que M. de Bourmont, qui commandait alors contre lui une division de royalistes, et qui plus lard devint son collègue à la chambre des pairs, a rendu une complète justice à la loyauté et à la sagesse qu'il déploya dans des circonstances aussi difficiles. Nommé sénateur après le 1» brumaire, le général Hédouville fut envoyé en 1801 comme ambassadeur à Samt-Pétei-sbourg , où il résida trois ans. Il s'y trouvait encore à l'époque de la mort du duc d'Lnghien , et s'étant rendu à la cour le jour même où l'on en reçut la nouvelle, il fut très» étonné de voir tout le monde en deuil et la famiUe royale très-triste. Lui seul paraissait fort gai et dans son costume ordinaire. Il demanda la cause d'un pareil changement, et lorsqu'il l'eut apprise, il se bâta de s'éloigner. Itappelé peu de temps après à Paris, le nouvel empereur le créa comte, grand officier de la Légion d'honneur, puis son ministre plénipotentiaire près la confédération du Rhin. En 1806 il le fit chambellan de son frère Jérôme. Hédouville accompagna ce nouveau roi de Westphalie comme chef d'état-major «Uns sa courte campagne de Silésie , et ce fut en cette qualité qu'il signa le 5 janvier 1807 la capi- 1 «dation «le Breslaw. 11 retourna ensuite à son poste de ministre plénipotentiaire près la confédération du Rhin , et ne revint en France qu'après la destruction de cette ligue, fondée par Napo- I :on, et qui ne devait pas avoir plus de durée que sa puissance. Hédouville se trouvait à Paris lors du renversement de l'empire en avril 181 s, et il fut du nombre des sénateurs qui votèrent la déchéance. Élevés la pairie par Louis \ V 1 1 1 , il ne prit aucune part aux affaires publiques lors «lu retour de Napoléon en 1815, et fut en «conséquence conservé dans soo titre de pair après la rentrée «lu roi. Il ne parut que rarement à la chambre, à cause de ses infirmités, et mourut le 51 mars 1825 dans sa terre de la Fontaine près Arpajon, laissant deux héritiers de son nom. Par une singularité assea remarquable, ce fut le comte de Bourmont, qui avait longtemps combattu contre lui à la t«lte des royalistes de l'Ouest, qui, devenu son collègue à la chambre des pairs, y prononça soo éloge funèbre le 10 juin suivant. H le traita, on ne peut-le nier, en ennemi généreux. M-oj.
IIKDWU; (JkAN), médecin allemand, professeur de botanique et l'un des meilleurs observateurs du 18* siècle . naquit à Cronatadt, en Traossylvanie, le 8 octobre (ou, suivant Meusel, le 8 décembre] 1730. Sa passion pour l'étude des plantes se manifesta de bonne heure, et leur culture fit l'unique amusement de sa jeunesse. Ayant perdu son père eu 17 17, il fut envoyé, pour continuer ses études , à Presbourg, à Ziltau et enfin a Leipsick, ch» «les travaux subsidiaires l'aidèrent à suppléer à la modkritc de sa fortune. 11 y mit en ordre le jardin et la biblwthètpje de l'unnersilé et enrichit le cabinet de plusieurs préparations an ilouaiques
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Dose, professeur de botanique, l'ayant pris en affection, le logea chez lui et le chargea pendant trois ans de le remplacer à l'hôpital. Ses études terminées, Hedwig retourna dans sa patrie, où il eut la mortification de ne pouvoir être admis à exercer la médecine, parce qu'il n'avait pas fait ses cours à l'université de Vienne : il prit en conséquence le parti de se fixer dans quelque ville de Saxe, se fit recevoir docteur en 1756, et s'établit à Chemnitz, où il ne cessa de joindre l'étude des végétaux à une pratique fort étendue. Le défaut de livres et d'instruments l'embarrassait quelquefois dansses recherches botaniques. S'étant adressé à J -C.-D. Schreber pour obtenir quelques éclaircissements sur la Flore de Leiptick, que ce dernier venait de publier en 1771, Schreber fut si frappé de la justesse d'esprit et de la sagacité qu'annonçait la lettre du jeune médecin, qu'il entra en correspondance avec lui et devint son ami, lui envoya des livres et même des microscopes, qu'Hedwig perfectionna encore, et avec le secours desquels il fit bientôt les grandes découvertes qui ont établi sa réputation. La pratique de son art, dans la petite ville de Chemnitz, suffisant à peine à ce qu'exigeait l'entretien de sa nombreuse famille, il se décida en 1781 à se fixer à Leipsick, et y publia son Fundamentum historiée naturalis muscorum, fruit de vingt ans de recherches et de méditation. Il fut chargé en 1784 du soin de l'hôpital militaire, fut nommé deux ans après professeur extraordinaire de médecine, et en 1789 l'électeur (Frédéric-Auguste) lui donna la chaire de botanique, l'intendance du jardin et un logement à l'Académie. On croit même que ce fut d'après ses avis que ce prince, ami des arts, créa le beau jardin botanique de Pilnitz, si remarquable par le soin qu'on y donne à la culture des plantes cryptogames. Hedwig publia en peu d'années ses nombreux ouvrages, dont les matériaux étaient depuis longtemps dans sa tête. Des chagrins domestiques et la rigueur du froid i la fin de 1798 altérèrent enfin sa robuste constitution, et une fièvre nerveuse l'enleva au bout de neuf jours le 7 février 1799. De quinze enfants qu'il avait eus de ses deux femmes , quatre seulement lui survécurent ; mais ses élèves le respectaient comme un père et le chérissaient comme l'ami le plus tendre : les courses botaniques qu'il fit jusqu'à la fin de sa vie, avec une ardeur infatigable, étaient pour eux de vraies parties de plaisir. A une grande mémoire Hedwig joignait une vue perçante et une adresse singulière pour les recherches microscopiques : aussi peut-il passer pour le modèle des observateurs. Il a établi sur de nouvelles bases l'histoire naturelle des cryptogames, entrevue par Micbeli et Dillenins, dt figurée ensuite par Linné, qui avait malheureusement regardé comme fleurs mâles des mousses les urnes portées sur des pédicules qu'il prenait pour des anthères, mais qui sont de vraies capsules contenant les graines. Hedwig
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reconnut que, dans ces espèces, les petits corps oblongs, sessiles dans les rosules ou dans les aisselles des feuilles, étaient les véritables anthères, et ce qui n'était d'abord pour lui qu'un système fondé sur des analogies nombreuses et frappantes, devint une démonstration lorsque le 17 janvier 1774 il vit une anthère du Bryum puleinatum s'ouvrir et lancer le pollen. 11 convainquit les plus incrédules en semant les graines de plusieurs espèces de mousses ou fougères, qu'il réussit à faire lever, et dont il aperçut distinctement les cotylédons. Des nombreux ouvrages d'Hedwig, nous n'indiquerons que les principaux : 1° Kputola de pracipitantia in addiscenda medicina noxis, Leipsick, 1753, in-4° ; 2° Fundamentum hutoriir nnturalis muteorum frondosorum. ibid., 1782-1783, deux parties in-i°, fig. 5" Theoria generntioniê et fructificationis planlarum cruptogamicarum Linnai, mémoire couronné et publié par l'Académie de St-Pétersbourg,1784(1785), in- i"; ibid.. deuxième édition, corrigée et augmentée, Leipsick, 1798, in-4°, avec 42 planches coloriées. Le système qu'il y développe parait incontestable pour les mousses et les hépatiques. « Son opinion sur « les fougères (dit Deleuze) est très-ingénieuse , m mais moins prouvée : celle qu'il émet sur les « lichens et les champignons n'est encore appuyée « que sur des conjectures. » 4° Stirpes crgptogamicœ, Leipsick, 1785-1795, 4 vol. in-fol. en latin et en allemand : on y trouve la description analytique de cent quarante-huit espèces de mousses et de cinquante autres cryptogames, toutes examinées au microscope et figurées avec autant d'élégance que d'exactitude. 5» Dé fibra vegetabilis etanimalis ortu, ibid., 1789, in-8°; 1799, in-8° de trente-deux pages, ouvrage fondamental et qui est demeuré classique jusqu'au beau travail que M. de Mirbel a fait sur le même sujet. 6° Recueil de mémoires et observations sur la botanique et l'économie . t. l*r, ibid., 1793, avec 8 planches (en allemand) ; 7° une traduction allemande de V Introduction à la pathologie de Ludwig, Erlang, 1777 (1776), in-8"; des OEmres d'histoire naturelle de Ch. Bonnet, Leipsick, 1783-1785, 4 vol. in-8° ; 8° Des notes sur la traduction allemande (par G.-C. Fischer) des Aphorismes de M. A. de Humboldt sur la physiologie chimique des plantes, ibid., 1704, in-8°, et un assez grand nombre de dissertations en allemand dans les différents recueils littéraires de Leipsick consacrés à la physique, à l'histoire naturelle et aux sciences économiques, dans la collection de lUem, dans les Annales botaniques de M. Ustéri, etc. Voyez , pour plus de détails . le Spécimen inaugurale botanicum in quo de argumentis eontra Hedwigii theoriam de generalione muteorum quadam disseruitH.-A. Noebden, COttingen, 1797, in-4°, et surtout l'excellente Notice sur la vie et les ouvrages d'Hedwig par H. Deleuze, dans les Annales du muséum d'histoire naturelle . Paris , 1803, t. 2, p. 392 et 451. — Romam-Adolphe Hedwig, fils du précédent, né à
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Chcmnitz en 4772, succéda à son père dans la chaire de botanique à Leipsick, où il était professeur extraordinaire de la même science dès 4789. Une mort prématurée l'entera le 4" juillet 4806. Outre le grand ouvrage de son père sur les fougères ( Filicum jettera et tpeeies . Leipsick , 4799-1804 , 4 parties in-4", fig.), dont il fut l'éditeur, on connaît de lui : 4° Obtertationee botanicœ , ibid., 1802, in-4° avec 44 planches coloriées. Ce recueil devait avoir une suite. 2° Gênera plantaru m serundum eharaeterei differentiales , ad Uir~ belli editionem révisa et aucta. ibid., 1806, in-8°; 9° un ouvrage sur les champignons singuliers et peu connus qui croissent sur les feuilles vivantes, il était sous presse à Paris en 1803, et les dessins qui accompagnaient les descriptions étaient «l'une exactitude et d'un fini admirables (Annal, du mue. dhist, n*t.. t. cité, p. 406). C. M. P.
HEDWIGE (Sainte), ou AV01E, duchesse de Pologne, était fille de Berthold, duc deCarinthie, et «oeur d'Agnès de Méranie, connue dans l'histoire de France par son mariage avec Philippe- Auguste. Hedwige fut élevée dans le monastère de Lutzingen en Franconie , où elle puisa le goût de toutes les vertus chrétiennes. Ses parents la marièrent à l'âge de douze ans à Henri, duc de Silésie et de Pologne. Le ciel bénit son union , et lui accorda six enfants, dont elle soigna ellemême l'éducation. Quoique jeune, elle était l'exemple de la cour par la pureté de ses mœurs et la régularité de sa conduite; mais aspirant encore à une plus grande perfection , elle engagea son mari a fonder une abbaye à Trebnitz pour des religieuses de l'ordre de Clteaux, mit à leur tête une sainte veuve qui avait été sa gouvernante, et fit à cette maison des dons si considérables, que les revenus pouvaient suffire à l'entretien de mille pauvres. Elle vint habiter dans le voisinage de l'abbaye, et s'y rendait même souvent pour participer aux exercices de piété ou aux travaux des religieuses. La pieuse duchesse vendit ses pierreries et ses bijoux pour en distribuer le prix , se vêtit d'une étoffe grossière, porta jour et nuit un ciliée, enfin renonça pour jamais aux délicatesses et aux vains plaisirs du inonde. Elle obtint, quelques années après, l'agrément de son mari pour demeurer dans l'intérieur de l'abbaye; mais elle ne voulut pas se lier par des ▼ceux, afin d'éprouver moins de gêne dans son dessein de se consacrer entièrement au soulagement des pauvres. Son mari ayant été blessé et fait prisonnier dans la guerre qu'il soutenait contre Conrad , duc de Kirn , Hedwige supporta cette disgrâce avec résignation, et alla trouver Conrad, qui s'adoucit en la voyant, et consentit à la paix. La mort de son mari, arrivée quelque temps après, ne fut pas le seul malheur par lequel la Providence se plut à l'éprouver : Henri le Pieux, son fils aîné, fut tué en 1241 , en combattant les Tartares. Vainement s'efforça-t-elle de surmonter sa douleur, en se représentant que
ce fils chéri était mort pour la cause de Dieu même; le chagrin qu'elle avait ressenti était trop violent, et elle ne recevait point les consolations qu'elle s'efforçait de donner à tous ceux qui l'entouraient. Sa santé s'altéra bientôt; elle prévit sa fin prochaine, demanda à recevoir l'extrêmeonction , quoique rien n'annonçât le danger de son état, et mourut peu de jours après, le 15 octobre 1213, ayant passé quarante ans dans la retraite et la pratique de tous les exercices de la pénitence. I/Eglise célèbre la féte de Ste-Hedwige le 17 octobre. W — s.
HEDWIGE, reine de Pologne, née en 1374, était fille cadette de Louis de Hongrie. Après la mort de son père, elle fut choisie dans une assemblée des magnais pour lui succéder au trône de Pologne, mais sous la réserve que l'époux qu'elle prendrait aurait l'agrément de la diète. Sa mère Elisabeth vit avec peine une disposition qui contrariait les projets du feu roi en faveur de Marie, sa fille aînée : cependant elle ne put se dispenser d'envoyer un ambassadeur à la diète pour lui annoncer l'arrivée prochaine de la princesse Hedwige; mais elle demanda qu'après son couronnement, on lui permit de retourner en Hongrie, afin d'y achever son éducation dans sa famille. Les nobles polonais crurent voir dans cette demande le dessein caché de disposer de la main d'Hedwige contre leur gré; en conséquence ils élurent roi Zimovits, dite de Mazovie, qu'ils lui destinaient pour époux. Les Palatins chargés d'annoncer cette nouvelle à Elisabeth la trouvèrent mieux disposée qu'ils ne l'espéraient; et ils stipulèrent avec elle, au nom de la diète, que dans le cas où Hedwige mourrait sans enfant, le trône de Pologne passerait de plein droit à sa sœur Marie. Ce traité déplut à Zimovits; et ayant échoué dans son projet de le faire déclarer nul , il porta lui-même la guerre dans un royaume qu'il était appelé a défendre. Son élection fut cassée : mais la Pologne n'en était pas moins en proie aux horreurs de la guerre civile et étrangère, lorsque les Palatins retournèrent encore vers Elisabeth, qui consentit cette fois à laisser partir Hedwige. Son arrivée à Cracovie, en 4384, fut célébrée par des fêtes; et son couronnement ne fut retardé qu'autant que l'exigeaient les préparatifs de cette auguste cérémonie. La princesse n'avait alors que treize ans; mais, disent les historiens, déjà on découvrait en elle une raison épurée , un esprit solide, des sentiments nobles et si naturels, qu'elle semblait n'avoir rien à attendre du temps ni de l'expérience. A ces qualités si précieuses elle joignait une rare beauté : aussi un grand nombre de princes s'empressèrent-ils de briguer sa main. Parmi eux, Jagellon, duc de Lithuanie, se faisait distinguer par les avantages extérieurs, et par la valeur dont il avait déjà donné des preuves éclatantes : il annonçait dans toutes les occasions une grande déférence pour les magnats; et enfin la réunion de son duché de Litbua-
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nie à la Pologne achevait «le lui concilier tons les suflrages. Iledwige était prévenue favorablement pour Guillaume, duc d'Autriche, et mène elle l'avait fait venir à sa cour : mais la première fois quelle vil Jagellon, elle sentit sa première résolution ébranlée; ce prince, déjà instruit des trérités de la religion , ayant reçu le baptême, elle ne trouva aucune raison à opposer au désir du sénat. Iledwige épousa donc, en 1386, Jagellon, qui avait pris le nom de Wtadisltu V; elle partagea avec lui la gloire de convertir au christianisme les habitants de la Lithuanic. Sa conduite fut toujours à l'abri du moindre sonpçon : elle eut cependant à souffrir de la jalousie de son mari : mais son innocence triompha de la calomnie. Elle mourut, en 1399, à 28 ans, d'une suite de couches, regrettée de ses sujets dont elle avait adouci le sort, et de son époux , «fui rendait enfin une justice entière à ses qualités et à ses vertus. Elle voulut que le prix de ses pierreries fût employé pour soulager les pauvres et pour acheter les bâtiments de l'université «le Cracovic. W— s.
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HEEIISKURCK (Jacftw» Vxs), nuirai hollandais, était issu d'uae famille ancienne et distin-
guée, n se voua au service de mer, et se fit remarquer par son intrépidité et ses connaissances dans l'art nautique : c'est ce qui lui valut , en le commandement d'une expédition
formée pour chercher une route à la Chine et aux Indes par le nord-est; il avait ponr premier pilote Guillaume Barents*. Celui-ci avait déjà fait ce royage l'année précédente, et s'était élevé jusqu'à la pointe la plus septentrionale de la Nouvelle- Zemble, qu'il avait nommée L-Hoek (Cap des Glaces) : elle est par les 77- de latitude boréale. Barents* voyant qu'il n'y avait pas «le possibilité d'avancer davantage à cause des glaces , quoique l'on fut au 31 juillet, revint en Hollande. Il rencontra, quelques jours après, deux autres vaisseaux expédiés en même temps que le sien, desquels il s'était séparé sous les hautes latitudes, et sur l'un desquels était le voyageur liugue Unschot. Barentsz arriva le 16 septembre à Amsterdam. Ce voyage avait duré trois mois onae jours. L'espérance qu'il fit concevoir de trouver le passage engagea les états généraux et le prince d Orange à tenter une nouvelle expédition , sous les ordres de Hecmskerck; sept vaisseaux eu firent partie : elle quitta le Toxel le 2 juin 1595. Le 18 août, elle entra dans le détroit de W ai gâta ou de Nassau, qui était rempli de glaces. Les Hollandais abordèrent plusieurs fois sur la Nouvelle-Zemble et sur le continent d'Asie, et eurent des communications avec les Saraoïèdes. Ha essayèrent à diverses reprises d'avancer au nord et à l'est, au delà du 71 « parallèle : toujours le» glaces les en empêc hèrent ; enfin , le 25 septembre , el 1 es arrivèrent en si grande abondance, les brumes devinrent si épaisses et les vents si variables, qu'ils se décidèrent à sortir du détroit. Le 18 tous les
I la Meuse. L'inutilité de ces deux expéditions refroidit le xèle «les états généraux, qui ne voulurent pas en autoriser une nouvelle en lui donnant une commission : ils annoncèrent cependant qu'ils ne l'empêcheraient pas, et promirent une récompense en cas de réussite. Le conseil de la ville d'Amsterdam arma deux bâtiments; Heemskerck et Barents* furent encore à la tête de l'expédition. Ils partirent du Vlic le 18 mai 1596. Ce troisième voyage fut le plus malheureux. Arri^ vés sous les hautes latitudes, Barentsz et Jean Coruelis* Kyp, capitaine du second bâtiment, différèrent d'avis sur la route à suivre. Le 19 juin, on vit la c«He occidentale du Spit*berg, par 80* H . Les Hollandais crurent que c'était le Groenland, ils abordèrent dans cette contrée inhospitalière, et eurent beaucoup à souffrir des ours blancs Le 1" juilleUIsse trouvèrent par 76° 59 : Barents* el Ryp, n'ayant pu s'accorder sur la direction qu'il fallait prendre, se séparèrent; ce dernier fit voile au nord, espérant qu'il parviendrait à passer à l'est de» terres. Barents* courut au sud à cause des glaces. Le 17, il eut eoanansance de la Nouvelle-Zemble par 74", et en suivit i la côte. Le 15 août, k vaisseau se trouva pris dans [ les glaces contre l'Ile «l'Orange au nor«l «le la Nouvelle-Zemble : il parvint cependant à s'en dégager; mais ce ht pour s'y trouver de nouveau engagé , sur la côte orientale de cette dernière Ile, ou il fut contraint «l'hiverner. On ne peut s'imaginer tout ce que les Hollandais eurent à souffrir ' de la rigueur «le cet affreux climat. Du 4 novembre au 24 janvier suivant, ils furent privés de la vue du soleil. Après «les peines infinies ilss'emi barquèrent, le 14 juin 1597, sur deux petits bâtiments qu'iis avaient construits pour remplacer leur vaisseau rompu par le» glaces, et firent route au nord, puis à l'ouest. Le 19, Barents*, malade depuis longtemps, mourut. Ses compagnons, après avoir lutté contre les glaces qu'ils étaient souvent obligés de traverser à pied , rencontrèrent , le 28, deux barques russes à l'ancre dans une baie de la Nouvel le-Zembk; mais elles partirent le lendemain. Le 12 août, les Hollandais virent d'autre* Basses, en obtinrent des secours; et le 29, ils abordèrent près de Kola en Laponie, où ils retrouvèrent Kyp, qui s'était séjwré d'eux l'année précédente, et qui les emmena sur son vaisseau. Ils entrèrent dans la Meuse le 29 octobre, et arrv vèrent le 1« novembre à Amsterdam, revêtus des mêmes habits qu'ils portaient à la Nouvelle- Zemble. Ils ne restaient plus que douze. Le mauvais succès de cette entreprise ne détourna pas moins le» négociants que les états d'Hollande d'en essayer une autre. Heemskerek Ot, par la suite, des campagnes dans la mer des hnles. En 1601, ii combattit et prit une grosse caraque portugaise, richement chargée et montée par plus de 709 hommes; il l'amena en Hollande. En 1607, il partit comme amiral d'une flotte de 26 vaisseaux de guerre que le» état» généraux
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contre les Espagnols. Il les attaqua, le 25 avril, sons le canon cie Gibraltar, quoiqu'ils fussent une fois aussi nombreux que lui et protégés par la forteresse. Au milieu du combat, il eut la cuisse emportée par un boulet. Sa blessure M l'empêcha pas d'encourager son momie , et «le garder son épec jusqu'au moment où il expira. I-es Holbnilais remportèrent une victoire complète, L'amiral espagnol mourut aussi en combattant ! a relation des trois expéditions au nord -est fut publiée par Gérard de Veer, qui avait accompagne Rarenlsz dans tes demi dernières; elle parut en latin, en hollandais et en français. Ko voici le titre dans la première de ces langues : Gérard* de Ver» dimrimm wtutieum. seu vera deseriptio triua* »mnf*tiuuutn, etc., Amsterdam, 1398, 1 vol. in-fol., fig. Voici le litre français : l'roj» description de trois voyages de mer trét-admirubl s faicU en trois ans . à chue un an un . par les navires d'Hollande et Zélande , nu nord par derrière Xortvége, iJoscoeie et Tartarie, vers le royaume de China et Coh,y. .. par Girard le 1er (I ), Amsterdam, 1598, in-fol.; l'édition française a été répétée chez le même libraire en HKH) et 1609, et à Paris, 1599, 1 vol. in-12. 11 y en a une ancienne traduction italienne, Venise, 1599, in-4°. Cette relation se trouve aussi, mais abrégée, dans la troisième partie des Petits Voyages de De Bry ; elle est insérée à la suite du voyage de Linscbut aux Indes orientales : ce n'est qu'un sommaire du texte de De Veer. Unschot a publié un récit des deux premiers voyages (eoy. Luiscbot). La relation de De Veer est encore dans le 1" volume du Recueil des voyager qui ont serti à rétablissement des Indes orientales, etc. : le style en est plus moderne. Depertbes, auteur de l'Histoire des naufrages, lui a donné place dans le 1" volume de cet ouvrage. Comme ce récit est us peu prolixe et contient trop de détails nautiques, k rédacteur de cet article l'a beaucoup abrégé en l'insérant dans la nouvelle édition du livre de Depertbes, qu'il a publiée en iSKi; et il a suivi l'exemple que lui avait donné l'abbé Prévost dans le tome 15 de son Histoire des voyages. Enfin le journal du troisième voyage de Barents/ a été placé dans la 11* partie des Petits Voyages, avant la description du Spitzberg, dont on revendique la découverte en faveur de ce navigateur et de Ryp son confrère. E — s.
m i Mshl.Hk (Mabtoi Van), peintre hollandais, né en 1-198 au village de Heetnskerk, dont il prit le nom, était lils d'un maçon nommé Van Véen, qui, l'ayant d'abord place chez un peintre de Harlem, l'en retira peu de temps après, pour l'occuper aux travaux les plus grossiers. Le jeune Martin, qui avait déjà pris le goût des arts, ne rentra iru'avec une extrême répugnance dans la
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première occasion de s'en éloigner. Muni d'une petite somme d'argent qu'il tenait de sa mère, et tacitement autorisé par cette bonne femme à prendre la fuite, il se rendit à Defft, chez le peintre Jean Lucas, qui jouissait alors «le quelque réputation. Néanmoins, voyant que son maître ne faisait rien pour l'encourager, il se hâta d'entrer chez J. Schorcl, artiste célèbre, qui avait rapporté de Reine et de Venise une foule d'études I-récieuses. Les progrès de l'élève furent si rapides qite le maître en prit de l'ombrage. Heureusement , lleemskerk n'avait déjà plus besoin des leçons de Sehorel, lorsque celui-ci crut dt voir le renvoyer. Ce fut à celle époque que lleemskerk composa son tableau de St-Luc ocrupé à peindre Ut Vierge et lenfant Jésus, et qu'il en fit présent à la communauté des peintres de Harlem. Ce morceau eut beaucoup de succès, et les magistrats de la ville se hâtèrent de le placer dans leur salle d'assemblée. Cependant l'auteur de cet ouvrage, trop avide de renommée pour se contenter du suffrage de ses ooiu|>alriotcs , partit pour l'Italie. Il y resta environ trois ans , s'attacbant à former son goût sur eelui de l'antique, et consultant souvent le célèbre Michel-Ange, qui enrichissait alors d'une foule de chefs-d'uiuvrc la capitale du monde chrétien. Le résultat de ses nouvelles études ne répondit pas tout à fait à ses espérances; il changea entièrement de manière : son dessin devint plus savant; mais ce fut au préjudice de son coloris; et lorsqu'd fut de retour en Hollande, quelques-uns de ses admirateurs regrettèrent de ne plus trouver dans ses productions le charme qui les avait séduits. Les vrais amateurs, néanmoins, surent apprécier les qualités qu'il avait acquises; son atelier se remplit d'élèves, et il ût fortune en peu de temps. En 1572, ce peintre éprouva une perte bien douloureuse. Forcé d'abandonner la ville de Harlcoi que les Espagnols tenaient assiégée , il chercha un asile à Amsterdam , chez un de ses élèves nommé Rauaèït. Peu de temps après, Harlem se rendit; et, malgré la promesse que les vainqueurs avaient faite de ne point piller celte ville, ils s'y portèrent aux plus cruels excès. La maison d'Heemskcrk, remplie de soldais, fut entièrement dévastée, et les plus beaux ouvrages de ce maître furent anéantis. Cette malheureuse circonstance nous explique pourquoi les ouvrages d'un peintre aussi fécond et aussi laborieux sont aujourd'hui si rares dans le commerce. La galerie du musée du Louvre n'eu possédait aucun, même avant les événements de 1815 , et l'on n'en trouverait peutêtre pas un dans les grandes collections de Londres. Les seuls qui existent encore sont épars en Hollande et dans quelques villes de la haute Allemagne. Son tableau représentant Murs et Vénus surpris par Vulrain, en présente de tous Us dieux. a été longtemps en grande réputation (1). Mais,
II) Gdefi.d«Du»«elduH.
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telle est la diversité des opinions en matière d'art, que, loin d'admirer cette composition, le Prussien Forster en parle avec le dernier mépris, et comme s'il eût été convaincu d'avance que ce devait être un méchant ouvrage : « Était-il dans « l'ordre des choses possibles , s'écrie-t-il avec «impertinence, que l'âme d'un Raphaël, d'un « Titien, d'un Guide, descendit du ciel pour vi- * vifier un artiste pétri du limon be/gique? » La vérité est que la manière de Martin manquait d'élégance. Il avait de l'imagination ; son dessin était ferme et correct , mais les contours de ses figures étaient secs, et tranchaient durement sur les fonds. Le caractère de ses tètes manquait d'élévation ; ses draperies étaient pesantes et trop chargées de plis. Ce fut à la connaissance qu'il avait de l'anatomie , et à l'affectation de science qu'il montrait en prononçant avec force les veines et les muscles, qu'il dut la plus grande partie «le ses succès. En cela, il voulait imiter Michel-Ange, dont il avait reçu à Rome des encouragements; mais, quoique savant dessinateur, il resta toujours loin de son modèle. Martin Van lleemskerk mourut à Harlem en 1571 , âgé de 76 ans. Il légua une somme considérable à sa paroisse, pour marier chaque année un certain nombre de jeunes filles, leur imposant l'unique obligation de venir, avec leurs maris, danser en rond sur sa fosse le jour de leurs noces. Cette fondation a été, dit-on, religieusement respectée. La croix de cuivre dont la tombe du testateur était surmontée fut la seule que les protestants laissèrent sultsister dans les cimetières, à l'époque où la religion réformée devint dominante en Hollande. Les habitants du village de lleemskerk ne voulurent pas permettre qu'on leur enlevât ce seul titre d'un legs auquel ils attachaient beaucoup de prix. Si les tableaux de ce peintre ont presque tous été perdus, on en est dédommagé par la grande quantité d'estampes qui ont été gravées d'après lui (tant par lui-même que par Philippe Galle et Hermann Muller). Vasari en donne une liste descriptive que les amateurs peuvent consulter. F. I'— t.
HEER (Chrétien) naquit en 1715 à Klingnau, ville du ci-devant comté de Raden, en Suisse, et mourut à Saint-Rlaise en 1769. Il se distingua parmi les savants bénédictins du monastère de Saint-Biaise, dans lequel il fut reçu en 1733; il y fut bibliothécaire et inspecteur du cabinet des monnaies. Conjointement avecMacquard Herrgott, il a publié la Summotheca prinripum Austriaf, Fribourg en Brisgau, 1752 et 53, 2 vol. in-fol., et la Pinacotheca prineipum Autiritr , ornée de 114 planches in-fol., dont la première édition parut en 1768, et la seconde en 1773. Dans un ouvrage polémique rempli d'érudition, et précieux pour l'histoire, il défendit son collègue Herrgott contre l'abbé de Mûri, Fridolin Kopp : Anonymus Murensis denudatus et ad loeum suum rtstilutus, teu Acta fundationit principales mono*- Urit Murensis dtnuo examinât» et au fori ruo ad-
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scripta ; opus dunbus iibris eomprehemum , ne dieiis aelorum ifurensium opporitum, 1 ri bourg en Brisgau, 1755, in-4n. U — i.
IIEERE.N (Arnold-Hitimvnn-! m i-, écrivain qui a rendu d'éminents services à la science de l'histoire, à sa critique , à sa méthode et à son enseignement , naquit le 25 octobre 1760 au presbytère prolestant d'Arbergen , village voisin de Brème. Le pasteur, son père, qui avait présidé à sa première éducation, devenu en 1775 ministre de la cathédrale de Brème, le confia pendant quatre ans à l'école du ressort de cette église, et l'envoya en 1779 à l'université de Gtettingue. Ses études et ses débuts comme savant ne le portèrent point d'abord vers sa vocation spéciale. Il s'était inscrit dans la faculté théologique. Les leçons du célèbre Heyne l'attirèrent puissamment vers la philologie, et ses conseils le retinrent dans la carrière universitaire, en lui faisant refuser la place de gouverneur d'un jeune Suisse, avec lequel on lui proposait de voyager. Il reçut le doctorat en 1781, sur une thèse : De ehori Grircorum tragiei nttlura et indole, où devait dominer l'influence de son maître. Il avait d'ailleurs suivi les leçons de l'historien Spittler, lequel professait avec distinction l'histoire destraitésde paix et celle des États allemands. Le cours des événements contemporains avait aussi attiré ses pensées vers les développements et l'esprit libéral des sociétés dans leurs progrès, surtout à l'occasion des rapports politiques et commerciaux de la ville de Rréme avec la révolution et la guerre des États-Unis d'Amérique. Autorisé à faire des cours publics à Gœttingue, il se fit d'abord connaître par la publication du traité grec inédit de Ménandre le rhéteur De eneomiis j (Gcett. 1785). Se trouvant alors dans un état de mélancolie qui tenait à quelque altération de sa I santé, il songeait à voyager, en mettant ainsi à profit une somme dont un grand-oncle venait de le laisser légataire; mais ce projet devait avoir encore un motif littéraire. La grande compilation de Stobée attendait une édition critique: elle n'existait encore imprimée que dans l'édition très-défectueuse de 1575, reproduite en 1609. Le savant Tychsen revenait d'Espagne , où il avait | dépouillé les variantes de ce texte sur quelques j manuscrits; il donna cette collation à son ami Heeren qui , dès lors , se proposa de diriger son { voyage sur les diverses localités qui lui offriraient la même tâche à remplir sur d'autres manuscrits de Stobée. Parti en juillet 1785, il lit quelque séjour à Augsbourg et à Munich; de là, suivant ou descendant le Danube, il passa à Vienne. L'Italie devait l'occuper plus longtemps. Il visita Trieste et les ruines d'Aquilée, en compagnie d'un de ses condisciples, dont l'assistance lui fut utile dans ces voyages. Il vint par terre à Venise, où sa curiosité fut trompée, du moins dans ses vues sur Stobée. Après quelques courses à Padoue et à Vérone, une maladie l'arrête à Mantouc. Nous répétons ces détails un peu minutieux d'après une notice au-