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raie d'Ersch et Gruber, et l'ouvrage de Meister Sur les Zuricoit célèbres. D — G.
HESS ( < .uAHLt&-KiiNfcST-CnBisToniE ) , graveur, né à Darmstndl , au commencement de 1753, était fils d'un fartrur d'instrument*. Ayant perdu son père à l'âge de treize ans , il fut mis en apprentissage chez un fournisseur à Strasbourg , et éprouva beaucoup de privations dans cette triste ;to$ition qui ne convenait point à ses goûts. A sa grande joie, il en fut tiré ao bout de deux ans par son beau-frère Hohleisen, orfèvre ciseleur et médailleur , qui le prit chez lui à Uanbeim , et lui enseigna l'art de graver sur métaux. Dès lors Hess , lancé dans la carrière des beaux-arts , se forma le goût dans les galeries et les ateliers d'artistes qui existaient à Manbcim, et il employa ses loisirs à fréquenter l'école de dessin, et une partie de la uuit à dessiner d'après de bons modèles. Krabe, directeur de la galerie de tableaux, voyant le zele de ce jeune nomme , le détermina à se vouer cntièreineut à la gravure sur enivre. Malin 'iireuseuient Hess ue put donner d'abord à l'art que de rares moments; car il était obligé pour vivre de graver des ornements et vignettes pour circulaires, lettres de change, etc. En 177G, s'étant établi à Augsbourg, il commença ses premiers rasais de gravure ; il grava plusieurs sujets historiques et paysages à l'eau-forte qui le firent connaître ; Krahe, ayant été mis à la tete de la galerie de Dusseldorf , l'appela dans cette ville pour coopérer à un ouvrage pittoresque sur cette galerie de tableaux. Hess accepta cette mission en 1777 , et se mit à graver plusieurs planches d'après Ketnbrandt. Remarquées par les connaisseurs, elbs le tirent admettre, en 1780, à l'Académie «le Dusseldorf. Deux ans après , l'électeur palatin le nomma graveur de la cour et professeur. Hess fut alors daus une position qui lui permit d'entreprendre le voyage d'Italie , après lequel il avait soupiré depuis qu'il cultivait les arts. En 1787, il visita ce pays classique. A Home il vécut dans l'intimité des artistes et des gens de lettres allemands qui y étudiaient l'art ; à Naples H demeura chez l'aesiello. Retournant en Allemagne, il s'arrêta quelque temps à Munich chez son ami Robell. ijt premier ouvrage sur la galerie de Dusseldorf n'ayant pas eu de suite, un Anglais en projeta un second. Hess et fiartolozzi en furent les principaux coopérateurs; malheureusement ce fut dans le genre du pointiUé, alors en vogue en Angleterre, qu'ils durent exécuter leurs gravures ; cependant le travail de Hess fut justement 1 estimé ; sa planche d'après Rubens , le Peintre et su femme, fut regardée comme une des plus Mies de la collection. 11 fit encore une Ascension, d'après le Guide , et U Charlatan , d'après Gérard Dow. Dans la suite il fournit en petit de jolies gravures, d'après les chefs-d'œuvre de la galerie de tableaux, pour l'almaoach publié à Dusseldorf. Mis en relation avec l'Angleterre, il reçut lieaucoup de commandes des marchands de ce pays,
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et les libraires allemands lui demandèrent aussi des gravures et vignetlfs pour les ouvrages qu'ils publiaient. Hess fut assidu à la société littéraire et artistique qui se réunissait chez le philosophe Jacobi à Pempelfort près de Dusseldorf. En 1791, son ami et constant protecteur Krahe lui donna en mariage sa fille cadette. Devenu gemlre do directeur de la galerie des tableaux , artiste estimé, fixé au milieu de nombreux chefs-d'œuvre et dans la société d'hommes célèbres, Hess devait se flatter de passer dans le bonheur le reste de sa vie ; mais dès l'année suivante ce bonheur fui subitement troublé. L'armée française s'étant présentée devant Dusseldorf, en 1794, quelques coups île canon furent tirés 6ur la galerie rou. lu bois). Hess se sauva avec sa famille, enlevant daus une brouette ses outils et ses effets les plus précieux. Ce n'est que bien plus tard qu'il put revenir dans cette ville et y reprendre ses travaux. La galerie et l'Académie ayant ensuite été transférées à Munich , Hess alla s'établir dans la capitale de la Bavière. Il y exécuta plusieurs planches très-belles, telles que la Sainte - Famille . d'après Raphaël, planche commencée à Dusseldorf; le St-JSrom* attribué à Palma l'aine ; une hindoue , d'après Carlo Dolci, et les Trois Mages, d'après Van Dyck, grande planche qu'il commença à l'Age de soixanteneuf ans, et qu'il n'acheva que quatre ans après. Ces travaux furent entremêlés d'un grand nombre d'occupations moins importantes dont le besoin d'argent le forçait de se charger , et qui n'ont enlevé que trop de temps à sa vie laborieuse. Par reconnaissance pour le roi Maxirailien qui le traitait avec beaucoup d'égards, Hess entreprit dans sa vieillesse une grande planche , le portrait ea pied de ce prince, d'après le tableau de Stieier; mais le souverain ne vécut pas assez longtemps pour le voir achevé , et ce fut aussi le dernier travail de l'artiste. Il tomba en paralysie, et, après deux ans de maladie , mourut le 25 juillet 1828, laissant outre ses deux filles trois fils qui tous sont devenus des artistes distingués. — Pterre, né à Dusseldorf en 1792, peintre de batailles, qui a accompagné en 1813, 14 et 15, l'armée bavaroise en France pour dessiner les combats ; — Henri, né à Dusseldorf en 1798, professeur de peinture historique à l'Académie des beaux-arts à Munich ; — enfin Charles, paysagiste et peintre du genre. Voyez la notice sur Hess dans le kunttbtuit, novembre 1 828. — D'autres artistes du même nom, mais étrangers à cette famille, se sont fait une réputation , entre autres Louis Iles*, paysagiste (poy. l'article suivant] , et Charles-Adolphe- Henri, né en 1709, à Dresde, un des meilleurs peintres de chevaux que l'Allemagne ail eus. D— e.
HESS (Louis], né à Zurich le 10 octobre J760, y mourut en 1800. Fils d'un boucher, il exerça l'état de son père : ses talents en peinture s'annoncèrent de très-bonne heure , et le genre du paysage fut celui auquel il s'appliqua , et dans
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lequel il a excellé. Cest dans la société de Salomon Gessner que son goût se forma , et qu'il acquit les principes de l'art pour lequel d'ailleurs il n'eut point de maître. Son métier l'obligeait à de fréquentes excursions dans les montagnes de la Suisse , pour chercher et acheter son bétail , et ce fut ainsi , par l'habitude d'observer les sites pittoresques , qu'il devint le peintre le plus vrai des paysages suisses. En 4794 , il fit , a pied , le voyage de Rome : son séjour en Italie , quoique assef court , contribua néanmoins à perfectionner son talent , et à rendre son coloris plus pur et plus suave. Ses tableaux sont nombreux , et ils surpassent tout ce que l'on connaît dans leur genre pour la vérité du dessin , pour le choix et le goôt qui régnent dans la composition , pour l'harmonie et la variété des sites qui caractérisent parfaitement les différentes régions des montagnes et des Alpes , pour la vérité du coloris et surtout pour la transparence et le ton des eaux, qui sont délicieux dans tous ces ouvrages. On les recherchait beaucoup , et ils sont répandus en France, en Angleterre , en Allemagne , en Danemarck et en Russie. ïl en est resté un nombre considérable dans la patrie du peintre , et ce qu'il y en a de plus parfait se conservait chez sa veuve à Zurich. Dans ses dernières années Hess a gravé arec succès plusieurs de ses dessins. (Loir» Httt, peintre de paytagei , par L.-tl. Meyer, à Zurich, en 1800, in-8°.) U— i.
H ESSE (Philippe I" , landgrave de) , dit U Mnfnanime , né le 13 novembre 1504 , était pelit-flls de Louis n , landgrave de Hesse , qui refusa la couronne impériale en 4439 , après la mort de l'empereur Albert H d'Autriche, fl descendait au septième degré de Henri l'Enfant, premier landgrave de Hesse, en 1248, et créé prince de l'empire en 1294 , lequel établissait sa descendance directe de Raynier au l,ong col , comte de Hainaut en 873. Philippe n'était âgé que de cinq ans lorsqu'il succéda à Guillaume II , son père , sous la tutelle d'Anne de Mecklenbourg , sa mère, princesse d'un rare mérite, mais qui, malgré ses efforts , ne put garantir ses États des incursions de François de Stckingen , gentilhomme du Palatinat. Elle recourut à la voie de la négociation, consentant à payer à son ennemi une somme de 55,000 écus pour les frais , et à lui accorder en outre l'indemnité qui faisait le prétexte de la guerre. Sickingen n'en continua pas moins d'inquiéter la Hesse : mats le jeune landgrave, ayant atteint sa majorité en 1518, sut le forcer à respecter ses frontières. Instruit, en 1522, que Sickingen faisait le siège de la ville de Trêves , il se mit à sa poursuite, et, aidé de l'électeur palatin, le força de renoncer pour toujours à ses brigandages. Il reprit les armes en IStS pour repousser les anabaptistes, qui désolaient ses Etats, et, les ayant enfermés dans Fulde, il les contraignit à se rendre à discrétion. 11 se réunit aux autres électeurs fK»ur achever d'exterminer ces sectaire!
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dangereux , et contribua à la prise de leur chef (roy. Thomas MirjccEii). H se déclara , en 1524, pour les principes du luthéranisme , et se joignit à l'électeur de Saxe pour demander à la diète la liberté de conscience. Piqué de l'opposition qu'il avait éprouvée de la part des princes catholiques, Il refusa de fournir des troupes contre les Turcs, donnant pour motif que, comme le christianisme est une religion qui doit tout souffrir, c'est aller contre son esprit que d'employer la force pour réduire ses ennemis. Il signa , en 1330 , la profession de foi connue sous le nom de conf-ssion d'Augsbourg , et se ligua avec les princes protestants par le traité de Smalkalde. Allié d'Ulrie, duc de Wurtemberg, qui avait été dépossédé de ses Etats , il réussit a l'y rétablir par la victoire décisive remportée à Lauffea le 13 mai 1531 , et calma les troubles de Munster. Il fit prisonnier dans une bataille rangée Henri, duc de Brunswick, avec son fils Charles- Victor , et s'empara de la place de Wolfenbuttel. Philippe fut un des principaux chefs de la ligue protestante de Smalkalden , contre l'empereur Charles-Quint , et tint ferme, malgré les revers qu'éprouva cette ligne à la bataille de Muhlberg , livrée le 21 avril 1547; mais , deux mois après , è la persuasion de Maurice de Saxe , son gendre , et de l'électeur de Brandebourg , et sur la foi d'un écrit conçu en termes équivoques (1) il vint trouver l'empereur, qui le retint prisonnier, et il ne recouvra sa liberté qu'en 1352. Dès lors il ne prit plus aucune part aux troubles de l'Allemagne ; mais il envoya en France on secours de troupes aux huguenots , commandes par le prince de Condé. Il aima les lettres et fonda l'université de Marpurg. Quelques auteur» rapportent qu'il était doué de facultés extraordinaires pour les plaisirs de l'amour, mais que ne voyant que sa femme (Christine de Saxe , morte le 13 avril 1549) , qui ne pouvait le supporter tl souvent , les chefs de la réforme , Luther , Mélanchthon et Buccr , lui permirent d'épouser une seconde femme , Marguerite de Saal , afin qu'il en usât plus modérément avec la landgrave , et que celle- H consentit à cette étrange décision ; cependant, d'après les actes publiés par la maison de Hesse, la demande du prince fut motivée nonseulement sur l'ardeur de son tempérament (t), mais encore sur l'aversion qu'il avait pour sa femme. Philippe mourut le 31 mars 1567. De Christine de Saxe, il eut quatre filles et cinq fils, dont deux seulement laissèrent postérité: Guillaume IV, dit le S*ec, tige de la branche aînée de Hesse-Casse! , et Georges I", tige de la branche cadette de Hesse-Darmstadt. Il avait eu en outre de Marguerite de Saal cinq fils et une fille. W-s et 1,-s-d.
(|) L'acte portait qu'il n'#prouT«r«It aucune détention; mat* a« mot aucune (en alicmarxi rUijvi Grairraile arait »ub«titu« ewigt Kr, •:..:> dant ledoul» ta remit ait Undgraïc, qui 1 avait aig é »an» remarquer cotte diflêrence.
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HESSE (Giui i u me IV, landgrave de), dit le Sage, fils du précédent, reçut de l'empereur l'investiture de la plus grande partie des Etats qu'avait possédés son père, et obtint le privilège d'y instituer des tribunaux dont les jugements , en matière civile, ne pourraient pas être soumis à la révision de la chambre impériale. 11 gouverna ses sujets avec prudence et douceur, sut les maintenir dans la paix , et favorisa leur goût pour les sciences et les arts. Guillaume cultiva lui-même l'astronomie avec zèle. 11 éleva, en 1561 , un observatoire à Cassel , et il y fit des observations non interrompues, sans aucun aide , pendant dix-sept ans. Il associa ensuite à ses travaux Christ. Rothman, savant mathématicien, et Juste Byrge, habile constructeur d'instruments astronomiques. Grégoire XIII l'engagea , par une bulle , en 1582 , à adopter le nouveau calendrier; mais irrité du ton tranchant qu'avait pris le pape en lui écrivant, le landgrave décida la diète à rejeter , sans examen , ce calendrier. Guillaume mourut le 25 août 1592, âgé de 60 ans. Le résultat de ses travaux astronomiques a été publié par Willebr. Snellius, SOUS ce titre : Cali et siderum in eo errantium observationei Hastwcee , Leyde , 1628 , in-4° , et ce recueil , que Lalande juge très-important , a été inséré dans Xtiutoria cœlettit d'Alb. Curtius ou ! Lucius Barretus. On y distingue un catalogue des étoiles fixes , dressé par le landgrave d'après la méthode la plus généralement employée aujourd'hui. Ce prince était en correspondance avec Tycho-Brahé , et l'on a publié quelques-unes de ses Lettres dans la première Centurie de celles de ce célèbre astronome , dont il fut le protecteur constant , et sur lequel il appela l'attention de son souverain, Frédéric, roi de Oanemarck. Guillaume eut pour successeur son fils Maurice, prince très-instruit, mais dont la vie fut troublée par des querelles religieuses, et qui éprouva presque autant de disgrâces pour avoir renoncé au luthéranisme en passant au calvinisme, que son aïeul pour l'avoir embrassé. En mars 1627, il abdiqua sa couronne en faveur de son fils Guillaume V, dit le Constant, et il mourut le 16 mars 1632. W— s.
HESSE-CASSEL (Charles, landgrave de), second fils de Guillaume VI, né le 3 août 1654 , succéda en 1670 à son frère Guillaume, mort sans avoir été marié. Peu sensible à la gloire militaire , Ù se borna a faire respecter ses États par ses voisins, et employa toutes les sommes dont il pouvait disposer à encourager la culture des arts utiles. Il attira dans ses Etats des hommes à talent, les y retint par ses bienfaits, et procura à la ville de Cassel de nombreux établissements d'instruction ou d'utilité publique. Ce prince fut enlevé à ses sujets , qui le pleurèrent comme un père , le 23 mars 1730. Il avait eu plusieurs enfants de son mariage avec Marie-Amélie, princesse de Courlande. Son fils aîné , Frédéric I" , roi de Suède, lui succéda (wy. Frédéric l"). W — s.
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HESSE-CASSEL ( Amélie- Elisabeth de Hasac , landgrave douairière de), née au commencement du 17« siècle, fut mariée, le 21 novembre 1619, à Guillaume V, dit le Constant, landgrave. Amélie, devenue veuve en 1637, et régente pendant la minorité de Guillaume VI, son fils, âgé de huit ans, trouva l'Etat obéré de dettes et engagé d.ins une guerre onéreuse. Le landgrave défunt étant entré dans la ligue de la France et de la Suède contre la maison d' Autriche, elle persévéra dans cette alliance, dont ne purent la détacher ni les menaces, ni les promesses des impériaux, ni enfin la défection du général Melander, qui, soupçonné d'avoir empoisonné son mattre, abandonna le service de la Hesse pour passer à celui de l'empereur. Amélie -Elisabeth entretint une armée imposante , et maintint ses places de guerre dans le meilleur état. Dirigeant de son cabinet tous les mouvements de ses troupes avec le talent d'un grand capitaine , cette princesse posséda toutes les qualités d'un politique consommé. Elle obtint pour son fils, à la paix de Westpbalie, un accroissement de domaines composé de l'abbaye souveraine d'Ilersfeld et des quatre bailliages de Uinden, outre une indemnité de six cent mille écus pour la restitution des places qu'elle avait conquises sur les princes ses voisins, avec pouvoir de tenir garnison jusqu'à parfait payement à Nuys, Coèsfelt et Newhaus. La cour d'Amélie était une école où les princes allemands venaient apprendre à gouverner. Les écrivains contemporains se sont accordés à dire qu'elle fit la gloire et le bonheur de son pays, et que jamais il n'y eut un assemblage de vertus plus complet. A sa mort, arrivée le 8 août 1651, elle laissa les finances du landgraviat dans l'état le plus prospère. Elle avait eu six garçons et six filles. Philippe, troisième fils de Guillaume VI, fut la tige de la branche apanagée de Hesse-Pbilippstbal. L — s — d.
HESSE-CASSEL (Georges-Cuillacme , landgrave de), sous le nom de Guillaume IX, puis électeur de Hesse-Cassel, sous le nom de Guillaume \" né le 3 juin 1743, succéda le 31 octobre 1785 M landgrave Frédéric H, son père. H entra en 1792 dans la coalition contre la France, prit part au siège de Mayence avec ses troupes, qu'il porta à 12,000 hommes, lorsque, le 10 avril 1703, il signa avec lord Elgin, plénipotentiaire anglais, un traité de subsides par lequel il mit 8,000 hommes à la disposition de l'Angleterre. La Prusse ayant signé, le 15 avril 1795, un traité de paix avec h république française , le landgrave en conclut un aussi avec cette puissance le 28 août de la miax année, et garda la neutralité pendant les ouze années suivantes. D'après le recez de la diète de Ratisbonne du 25 février 1803, couûrmé par le traité des indemnités du 27 avril suivant, ilobtint le rang d'électeur, et c'est alors qu'il se titra Guillaume 1<T. En 1806, le roi de Prusse avait entamé des négociations avec lui relativement à la confédération
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qui d«rait assurer le repos du nord de l'Allemagne; mais Napoléon, de son côté, ayant employé toutes sortes de ruses pour en empêcher la formation, l'électeur de Hesse se refusa à toute proposition hostile contre la France , en dépit du traité signé par son ministre à Berlin dans les premiers jours d'août; et plus la lutte sembla prochaine, plus il se montra éloigné de céder aux pressantes sollicitations de Frédéric-Guillaume , qui l'adjuT3it au nom de l'intérêt commun, tant par la voix de ses ministres que par ses lettres amicales et confidentielles. Guillaume avait alors 25,000 hommes de troupes excellentes , animées de l'esprit le plus belliqueux et le plus antifrançais. Mais il croyait pouvoir, en continuant à rester neutre, sauver ses États et se soustraire à des contributions; et cependant il ne s'en préparait pas moins à se prononcer en faveur du parti qui demeurerait victorieux ; position éminemment fausse , et qui devait lui attirer à la fois la haine des vaincus pour leur avoir refusé des secours, et la vengeance des vainqueurs pour ne s'être pas concilié leur bienveillance. Aussi, quand Napoléon eut remporté, le 14 octobre 1806, la victoire d'Iéna , il allégua le faux prétexte que l'électeur de liesse avait livré passage par ses États aux troupes prussiennes (Blucher avait seulement traversé sept à huit lieues , puis il avait rétrogradé pour ne point compromettre l'électeur); il fit occuper Cassel le 31 octobre par le maréchal Mortier, et prononça définitivement le 6 novembre la séquestration de l'État entier, qui devait entrer dans la composition du royaume de Westphalie pour son frère Jérôme. Guillaume , contraint d'abandonner la Hesse, se réfugia auprès du landgrave Charles, son frère, feld-maréchal au service du Danemarck, gouverneur de Sleswig et du Holstein (c'est ce même prince qui est mort en 1836, Agé de 92 ans , et qui , en 1796, donna un asile à Dumouriez) (»oy. ce nom). Il y resta jusqu'en 1813, habitant successivement Gottorp, Rendsbourg et ltzeboè*. Dans sa fuite il avait été contraint d'abandonner ses tableaux et les divers objets de curiosité composant son cabinet, qui tombèrent au pouvoir des Français ; mais il avait pu sauver un trésor considérable, amassé de longue date et par toutes sortes de moyens. Pendant le 18* siècle, les souverains de la Hesse et notamment Frédéric H, père de l'électeur, levaient chez eux des troupes pour les vendre, et l'on voyait dans presque toutes les guerres d'Allemagne figurer des contingents bessois. L'Angleterre en envoyait même dans ses colonies. C'était une vieille et odieuse trace de la féodalité germanique habituée à trafiquer, dans le 16e et le 17* siècle, du sang de ses retires et de ses lansquenets avec toutes les puissances guerroyantes, quelles qu'elles fussent. Guillaume n'avait pas borné là ses calculs d'avarice : il s'était fait accapareur de grains , pour les vendre à plus haut prix. Sa parcimonie s'exerçait jusque sur ses sol-