DES
HESSELS (Jean), que le cardinal Pallavicini, dans son Hittoirt du concile de Trente, a mal à propos confondu avec Jean Ilassels , à cause de l'identité des pre'noms et de la ressemblance des noms, et parce que l'un et l'autre appartenaient à la savante université de théologie de Louvain, fut député au concile de Trente par Philippe li, avec le fameux Balus (Michel du Bai), Jansénius, etc. Il naquit à Louvain en 1522 , et il parait qu'il y mourut d'apoplexie en 1563, ou plus vraisemblablement en 1566. Ilesselseut beaucoup de réputation, et composa un grand nombre d'ouvrages de polémique et de théologie , tels , entre autres, que des Commentaire! latins sur l'Evangile de St-Matthieu , sur la 1" épltre à Timothée, la 2* de St -Pierre, et les épttres canoniques de St-Jean, 1 vol. in-8°. Son meilleur ouvrage est un Catéchisme, également en latin, Louvain, 1595, in-4°. Ce catéchisme, beaucoup plus étendu que le titre ne semble l'annoncer, est un traité complet de théologie dogmatique et morale, tiré en grande partie des ouvrages de St-Augustin. Le style de Hessels est clair, mais diffus ; il approfondit au surplus avec assez de jugement les matières qu'il traite , occupé du fond plus que de la forme, et de la pensée plus que des tours de phrases qui servent à la rendre. D — b — s. HESSUS. Voyet Eobanus.
HÊSYCHIUS, lexicographe grec, dont l'époque est inconnue , nous a laissé un dictionnaire compilé d'après les glossaires qui avaient été faits pour l'intelligence des anciens orateurs grecs. On y trouve donc les expressions les moins usitées qui se rencontraient dans les poêles, les orateurs, les philosophes, les médecins et les historiens; celles qui étaient particulières à quelques peuples, comme les Cretois, les Laçons, etc. ; les termes usités dans les sacrifices, les divinations, la gymnastique , etc. ; enfin , tous ceux qui sortent de l'usage ordinaire de la langue. Il n'a fait que les ranger par ordre alphabétique, et il avait si peu de critique, qu'il s'est souvent laissé tromper par des fautes de copistes, et a forgé des expressions barbares, qui n'avaient jamais existé. On en peut voir des exemples dans la préface de Ruhnkenius sur le second volume de l'édition que nous indiquerons bientôt. Il parait que nous n'avons point cet ouvrage dans son état primitif, et que les copistes y ont ajouté, d'après d'autres lexiques , les expressions les moins usitées des Septante et du Xoucenu Testament, Il n'en parle point dans sa préface, qui paraît bien de lui, malgré l'opinion de Walckenaer; d'ailleurs elles sortent pour la plupart de l'ordre alphabétique qu'il avait suivi. Il a aussi été fréquemment altéré par les copistes, et même par le premier éditeur. Malgré tous ces défauts, ce lexique est très-important, non-seulement pour l'explication des auteurs qui nous restent , mais encore pour la découverte de beaucoup d'usages de l'antiquité. La première édition d'IIétychius est ceUe d'Aide, 1514, in-folio, par
les soins de Marc Musurus. Depuis ce temps il a été l'objet des travaux d'un grand nombre de savants. Leurs observations ont toutes été recueillies dans l'édition commencée par Jean Albert i , et terminée par David Ruhnkenius , en deux volumes in-fol., dont le premier a paru à Leyde en 1746 , et le second en 1766. Le seul manuscrit que l'on connaisse de cet auteur est celui qui se conserve dans la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, et d'après lequel Musurus l'a fait imprimer pour la première fois. Souvent l'éditeur n'a pas su lire les abréviations; il lui est aussi arrivé quelquefois de corriger ce qu'il n'entendait pas. Ce manuscrit avait donc besoin d'être collationné de nouveau. C'est ce qu'a fait M.Schow, savant Da-
i nois, dont le travail a paru sous le titre suivant : Hesychii Lexicon ex codice nus. bibliothecœ D. hîarci
j restitution, Leipsick, 1792, in-8°. Le savant Bast trouvait que celte collation laissait encore beaucoup à désirer, et il croyait que certaines abréviations avaient été mal lues par M. Schow. — Hfisvemus, surnommé IUustrius, né à Milet, vivait dans le 6* siècle de notre ère. Il nous reste de lui quelques extraits de sa chronique , et un abrégé des vices des philosophes, par ordre alphabétique, qui est tiré en grande partie de Diogine-Laèrc*. Ces deux ouvrages ont été réunis par Meursius, qui y a ajouté des notes et une traduction latine, Leyde, 1613, in-8». Les Extraits sur Us origines de Constantinople ont été réimprimés dans la Byzantine. — Héstcbius, de Milet, autre écrivain grec , n'est connu que par l'ouvrage suivant , qui parut en grec avec une traduction latine; Hesychii ifitesii de hit qui eruditionis fama claruere liber, interprète Hadriano Junio, Anvers, 1572, 1 vol. in-8°. Cet ouvrage est fort médiocre et de peu d'intérêt. On ignore à quelle époque vivait l'auteur. C— R.
HETSCH M i lippe-Frédéric de), peintre allemand, naquit en 1758, d'une famille de Souabe qui a produit beaucoup de musiciens. Son père, ayant dix enfants, et étant attaché comme organiste à la chapelle du duc de Wurtemberg et au service de la ville de Stuttgard, lui fit enseigner la musique afin de le former pour son état. Philippe-Frédéric acquit quelque force sur la flûte; mais, ayant reçu des leçons gratuites de dessin, toute son inclination se porta vers cet art, et à
, l'âge de douze ans il courut à la Solitude, château du duc, pour le supplier de l'admettre dans l'institution fondée par lui, et dans laquelle étaient élevés Schiller et plusieurs jeunes artistes. Le duc y consentit. Recevant alors les avis de Guibal, élève de Mengs, et ceux de Harper, peintre de paysages, Hetsch fit des progrès rapides, et obtint plusieurs prix. Dans cette académie il fut l'émule de Heideloff et l'ami de Schiller, qui l'admettait au petit comité où il lisait ses premières productions. Cependant le duc Charles, qui aimait à utiliser tous les talents des professeurs et des élèves de son institution, faisait faire force transparents