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treize ans montra fort peu de dispositions pour les langues: il touchait l'orgue volontiers, tournait, reliait des livres, mais on ne Teût guère soupçonné d'écrire un jour les volumes que pour l'instant il habillait. Enfin son antipathie pour le latin, le grec et l'hébreu devint moins vive; aidé par son père, deuxième prédicateur à Kœnigv berg. il fît même des progrès assez rapides; puis, en 1772, il se rendit à l'université diéna, où les leçons dé Danov et de Faber le perfectionnèrent, et le mirent en état de paraître avec éclat dans le monde savant. Dès 1776, il annonça son dessein de publier un commentaire sur les passages les phis difficiles de la Bible, puis sur toute la Bible; et bientôt mille soiecripteurs en répondant à son appel le sommèrent de se mettre à l'œuvre. Le duc Ernest-Frédéric de Saxe-Hildburghausen le nomma conseiller; et, peu de temps après, le prince Gonthier de Schwartzbourg-Rudolstadt lui conféra un titre analogue (1778). Grâce à ces bienfaits et au mariage qu'à la même époque il contractait avec la fille de son ami Schvrabe. Hetzel se trouva dans une position tolérable. A la mort de son beau-père, il hérita d'un bien de
| campagne aux environs d'Ilmenau; et c'est là qu'en s'occupant de quelques essais d'agriculture
| il avança son grand ouvrage sur la Bildr. La réputation que lui valut cette publication le fit nommer, en 1786, à la chaire de littérature biblique à Giessen. En 1800, il joignit à ce titre celui de bibliothécaire de Funiversité. Ces deux places pourtant ne purent le retenir en Allemagne; et l'année suivante il prit la route de Dorpat pour y remplir la chaire d'exégétique et de langues orientales. Les travaux d'éruilition ne marchèrent plus dès lors qu'en seconde ligne : plus occupé de sa fortune que du soin d'ajouter à sa renommée, il éleva une institution dans laquelle il eut jusqu'à dix mattres ; il imagina un moulin qui à l'aide d'un mécanisme mettait en mouvement plusieurs systèmes d'ailes à la fois; il créa une fabriqne de rhum qui prospéra quelque temps; enfin il proposa de bMir des casernes en pisé, idée du reste assez inutile dans ces contrées septentrionales que hérissent tant d'épaisses foréû. Hetzel mourut le 12 janvier 1821. Indépendamment de son ouvrage principal , qui a pour titre les Livres de f Ancien et du Xouveau Testament, avec des notes d'un bout à l'autre en guise d'éclaircissement, Lemgo, 1780-91, 10 vol., on a de ce savant beaucoup d'ouvrages dont plusieurs ne sont que des compilations ou des abrégés, tandis que les autres rentrent dans la classe des mémoires et dissertations. Nous indiquerons : Ie Dialogues sur la Bible, à l'usage des catholiques, des luthériens et des réformés, Leipsick, 1785, io-8», 2 parties. Le but de l'auteur est d'armer l'esprit des lecteurs de la Bible contre la contagion des plaisanteries de Voltaire. 2° La vraie forme de Ut Bible, Halle, 1786, in-8°; 3° Des sources de Histoire primitive, élaborée par Moite, Halle, 1780,
HEU
in-8u, 4° Dictionnaire de la Bible, .eipsick, 1783, 34 et 85, 3 vol, in-8°. Ce dictionnaire embrasse l'histoire, la géographie, la chronologie, les antiquités, la religion, la législation, la philosophie, la physique, l'histoire naturelle, etc.; >A Manuel de la critique de C Ancien Testament, Leipsick, 1783, in-8" ; 0° Esprit de la philosophie et de la langue du monde ancien. 1 "* partie, Leipsick, 1795, in-8°; 7° De l'histoire et de la langue de la Grèce dans Fantiquitè, Weissenfels, 1795, in-8°; 8" Histoire de la langue et de la littérature des Hébreux, Ilalle, 1776, in-8°; 9" Introduction au développement du goût dans tous les genres de poésie, llildburghausen, 1791, in-8°, 2 parties ; la première est consacrée à la poésie épique, la deuxième traite du genre dramatique ; 10» diverses grammaires , savoir : 1. Grammaire arabe (avec une petite cbrestomathic), Iéna, 1776, in-8°; 2. Grammaire hébraïque détaillée, d'a/rrès les trais principes tirés de la comparaison des idiomes orientaux, Halle, 1777, in-8° ; 3. Résumé de grammaire hébraïque à l'usage des commençants, Dortmund et lleyenburg, 1787, in-8»; 4. Instruction pour l'étude de la langue hébraïque sans maître, Weimar, 1781, in-8°; 5. tourelle grammaire hébraïque à Vusage des établissements d'instruction en Liconie, Courlandc . Esthonie et Finlande, Dorpat, 1804 ; 6. Instruction pour Cétttde du chatdéen sans maùre. Lcmgo, 1787, in-8°; 7. Grammaire syriaque, avec éclaircissements, d'après les principes de la grammaire hébraïque de l'auteur et avec des paradigmes eu tableaux. Le m go, 1788, in-8° ; 8. Grammaire grecque détaillée, avec trentecinq tableaux, donnant Us paradigmes des déclinaisons et conjugaisons. Weissenfels et Leipsick, 1795; 9. La science des /ormes des noms en hébreu. Halle, 1798, in-8°. L'ensemble de tous ces ouvrages élémentaires prouve non-seulement une connaisapprofondic de toutes ces langues savantes, encore une rare sagacité comparative pour eo découvrir et pour en dëméler les éléments, ainsi que pour simplifier les difficultés en posant des principes plus hauts, plus riches en application et qui impliquent d'avance ou expliquent ce que dans d'autres systèmes on nomme des exceptions : 11° Beaucoup d'opuscules pour l'étude du latin, de l'anglais.et surtout du français; 12° Fragments palèographiques sur les écritures hébraïque et grecque, Berlin, 1816, in-8"; 13° La conversion des juifs en masse, ou De la possibilité défaire en même temjss de tout Ut juifs des chrétiens et des Qlogens utiles tans déroger aux prineipet de Ut ration et de Véquiti, Ciessen, 1792, in-8». P— ot.
HEUDELET DE BIEKHE (ÉTiEtute, comte), lieutenant général français, né à Dijon (Côte-d'Or) le 12 novembre 1770, débuta dans la carrière militaire en qualité de lieutenant au troisième bataillon de volontaires de la Côte-d'ûr, le 3 août 1792. Aide de camp du général Michaud, le 8 décembre suivant, il se signala au déblocus de Landau, et bientôt après fut nommé adjudant général chef de bataillon «t envoyé à l'armée du Rhin. Succes-
slvement adjudant général , chef de brigade le 10 nivôse an 3, chef d'état-major de Gourion St- Cyr, Heudelct fut, en l'an 4, appelé au commandement de l'avant-garde de la division Drlmas. L'année suivante il passa à l'armée de Rhin et Moselle; il se signala au passage du Rhin, le l'r floréal, et chassa les Autrichiens du village de Dicrsheim. Après avoir été attaché à l'armée d'Angleterre (24 pluviôse an 6) et à celle de Mayence (1er fructidor), Heudelct fut promu, le 17 pluviôse an 7, au grade de général de brigade et envoyé en mission diplomatique par Bernadotte auprès de l'électeur de Hesse-Darmsladt. Sa mission terminée, le général Heudelct fit partie de l'armée du Danube; il se distingua au passage de t'Aar près de Deltingcn, et s'empara, avec Ney, de toutes les positions. Il assista aux combats de Fribourg, Landshutt et Hohenliden et resta en France en l'an 10. L'année suivante il commanda le département de l'Aube. Employé au troisième corps de la grande armée en l'an 13, il commanda l'avant-garde du maréchal Davoust dans la campagne d'Autriche, où il repoussa le corps du général Merfeld à Marienzell. Général de division le 3 nivôse an 14 à la suite de la bataille d'Austerlitz, il se signala dans la campagne de Pologne, et particulièrement à Iéna et a Eylau , où il fut blessé. Il commanda en 1808 la troisième division du huitième corps de l'armée d'Espagne, puis une division d'infanterie du deuxième corps. Chargé par le maréchal Soult de secourir le général Lamartillière, bloqué dans Tuy, il battit les Espagnols à Ponte de Lima, et sur les bords du Minho, et ne rejoignit le maréchal Soult qu'après avoir délivré Tuy. En 1810, il fit la dernière campagne de Portugal, et se signala en 1811 à Busaco, Sauta rem et Alfayta. Le général Heudelet rendit encore d'importants services dans la campagne de 1812, où il commanda une division sous le maréchal Victor. Après la retraite désastreuse qui termina cette campagne, il entra, avec son corps d'armée, dans la place de Dantzig et y Ot partie de la garnison sous les ordres du général Rapp. Conduit prisonnier de guerre à Kicw, après la capitulation il envoya de cette ville, le 4 juin, son adhésion au rétablissement des Bourbons II fut créé par Louis ÏVIH chevalier de s t - Louis (13 août 1 81 4) et reçut le commandement de la dix-huitième division militaire à Dijon. C'est dans cette ville qu'il se trouvait lors du retour de Napoléon , au mois de mars suivant. Il fit d'abord quelques dispositions pour résister, et adressa notamment un ordre du jour énergique pour engager les troupes sous ses ordres à rester fidèles à la cause de la royauté. Mais l'entrée de l'empereur à Paris ayant déconcerté ses mesures, il se retira à Chat il ionsur-Seine avec le préfet du département. Pendant les cent Jours il eut le commandement de la quinzième division d'infanterie du cinquième corps de l'armée d'observation sur le Rhin. Le roi le
la quatrième division à Nancy, puis à celui de la troisième à Metz. Le général Heudelct fut appelé comme témoin dans le procès du maréchal Ney (roy. ce nom). Interrogé sur les ordres qu'il avait pu recevoir de lui en mars 1815, il répondit qu'il n'était pas sous son commandement; que cependant il en avait reçu une lettre datée du 13 mars par laquelle le maréchal l'invitait à réunir ses efforts aux siens pour s'opposer aux progrès de Bonaparte. Interrogé ensuite sur la situation politique des pays où se trouvaille maréchal Ney, il répondit que, n'ayant pas été auprès de lui, jl ne pouvait donner des détails précis, mais qu'il avait entendu dire que, de même que dans son propre gouvernement, les royalistes y étaient en minorité. Enfin interrogé s'il croyait qu'avec ses forces le maréchal Ney fût en mesure de résister efficacement à Napoléon, il répondit qu'il regardait la chose comme d'autant plus difficile que le maréchal ne pouvait compter sur la fidélité de ses troupes. En 1824 le général Heudelet fut admis à faire valoir ses droits à la retraite, et il fut retraité le 16 février suivant. Mais la révolution de 1850 le rappela à l'activité. Le 7 mars 1831 il fut nommé inspecteur général d'infanterie, puis appelé au mois d'août au commandement de la quatorzième division militaire à Rouen, d'où il passa à celui de la vingtième division, le S janvier 1832. Le 1 1 octobre de la même année il fut créé pair de France. Placé en 1833 dans le cadre de la vétéranec, et en 1839 dans la section de réserve, il fut admis à la retraite le 30 mai 1848 lors de la suppression de la réserve ; mais il fut relevé de cette position et replacé dans la section de réserve par décret impérial du 26 décembre 1852. Le général Heudelet est mort à Paris le 21 avril 1857. 11 avait été créé comte de l'empire en 1808 et grand'crolx de la Légion d'honneur en 1836. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de la barrière de l'Étoile. Z.
H EU LIT (Conrad), l'un des inventeurs de l'art typographique, était de Mayence, ainsi que Jean Fust et Pierre Schœffer. dont il devint le collaborateur. Il concourut à l'impression des Epitret de St-Jirâme, 2 volumes in-folio , chef-d'œuvre de typographie, qui peut le disputer à la célèbre Bible de Mayence. On en voyait un exemplaire sur vélin à la bibliothèque de St-Victor de Paris, qui en avait fait l'acquisition vers 1470, au prix / de douze écus d'or. Les trois imprimeurs furent depuis mis au nombre des bienfaiteurs de l'abbaye. Ils sont mentionnés dans son nécrologe , qui place leur anniversaire au 30 octobre de chaque année. Aucun des auteurs qui ont écrit sur l'histoire de l'imprimerie n'a parlé de Conrad Heulit. On trouve à ce sujet une lettre de M. Guiot, ancien bibliothécaire de St-Victor, dans le Magasin encyclopédique, 1807, t. 1, p. 61 et suivantes. Elle contient des extraits curieux de ce nécrologe relatifs à notre artiste. Si — d.
HEUMANN (Chrjstophe-Acccste) , né à Alstadt,
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dans le duché de Saxe-Weimar, le 3 août 1681 , annonça dès sa première jeunesse une égale disposition pour les lettres et pour les sciences. 11 eut pour professeurs Schneider, Gleitsmann , Treuner et Struvius. Ses connaissances en philologie, en philosophie et en théologie , lui acquirent une immense réputation. En 1713, il fut nommé inspecteur du séminaire de Iéna , et obtint, depuis, la place de professeur de tbéofogie en l'université de Gœttingue. Il donna, en 1758, sa démission de cette place, ne voulant pas enseigner, sur la Ste-Cène, un dogme qu'il regardait comme une erreur : mais il conserva cependant son rang, ses titres et le traitement. 11 mourut le l,r mai 1764. On a de lui beaucoup d'ouvrages; il suffira de citer : 1° De libris anonymis ae pteudonymis schediasma compleclent observationes gêner aUt et spicilegium ad Vincenti Plaecii theatnm anonymorum et pteudonymorum . Iéna, 1711, in-8°. Leclerc parle avec éloge de ce livre dans le tome 25 de sa Bibliothèque choisie, tout en réclamant contre quelques erreurs qui le concernent. M > lins a publié quelques Sotet sur l'ouvrage d'Heumann dans Sa Bibliotheca anonymorum et pteudonymorum, Reimmann a aussi donné quelques corrections, pour le Schediasma. dans son Catalogue bibl. tAeologica. 2° Dissertatio logica de Pilatitmo Htterario. Gœttingue, 1721 , in-4°; 3° Pacile siée epistoia» miscellanea ad litteratitsimos eevi nostri lirai, Halle, 1722-32, 3 vol. in-8°; 4° Sylloge dissertationum, 1743-50, in-8»; 5° Nova Sylloge dissertationum, 1752-54, in-8». Dans cet ouvrage et dans les drux précédents, Heumann éclaircit beaucoup de passages d'auteurs anciens grecs ou latins. 6° Dissertatio exhibent historiée litteraria fragmenta aHquot. 1738, in- i '; 7° des éditions de Lactance, des Èloget de Ste-iforthe , et des Antiquitatet acade- «iVeedeConring., etc., etc. {Voy. Conkinc., Lactance et Sainte-Marthe.) 8° Conspectus reipublicet litteraria. site tia ad historiam litterariam. 1718, 1726, 1732, 1735, 1746, 1753, 1763, in-8». Dans la préface de la seconde édition, il donne la liste de ses nombreux ouvrages ou opuscules, liste qu'il a continuée dans les préfaces de trois éditions suivantes. Les cinq préfaces ont été reproduites dans la huitième édition donnée par J • <*-Nicolas Eyring, Hanovre , 1791 97, 2 vol. petit in-8». C'était déjà un ouvrage très-estimé dès la seconde édition. Stolle disait, dès lors, qu'il ne connaissait pas de livre d'histoire littéraire qu'il lui préférât. Les soins de l'auteur et ceux de J.-N. Eyring en ont fait un livre très-commode et très-utile encore aujourd'hui : c'est une excellente introduction à l'histoire littéraire, et l'on ne saurait trop en recommander la lecture. Heumann et Eyring montrent qu'ils possédaient le talent de renfermer beaucoup de choses dans un petit espace. Malheureusement l'édition d'Eyring n'a pas été achevée. Comme on n'a publié ni la deuxième partie du second volume ni la table de tout l'ouvrage, il faut toujours avoir l'édition de 1763. La rie
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d'Heumann a été écrite en allemand par George- André Cassitis, 1768, in-8n de 464 pages. On y trouve la liste complète des ourrages de cet é rudit; on peut aussi consulter la Memoria Heumanni de Heyne, Gcettingue, 1764, in-folio, qui a été réimprimée à Halle, dans la Biograpkia selecta de Sam. liursinna, t. 1, p. 131*468 (voy. Desvs le jeune, Gleichmax*, J.-N. Gundusc, et G. Stolle). — Heomanh (Jean), professeur de jurisprudence à Altorf, né en 1711, mort en 1760, a publié des Dissertations sur le droit et la diplomatique , et entre autres : Ie Commeutatio de re diplomatiea imperatorum ac regum germanorum, inde a Caroli magni temporibut, 1745, in-4°; 2° Opuseuia quibus varia jurit germanici, itemque hittorica et philologica argumenta explicantur, 1747, in-4°; 3° Exereitationet juris universi prttcipue gertnanici ex genuinit fontibus restitua, 1749, in-4 ; 4° De re diplomatiea imperatricum auguitarum ae reginartm liait*. 1749, in-4"; 5» Commentât* de re diplomatiea imperatorum ac regum germanorum inde a Ludovic» gertnanici temporibut. 1733, in-4"; 6» Commenta- Ho de fontibus et œconomia legum civilium. 1754, in-4°, etc., etc. A. B— t.
HEURNIUS (Jeam), en hollandais van Heum, naquit à Utrechten 1543, d'une ancienne et illustre famille ; mais M. Portai (Histoire de l'anatomie et de ta chirurgie) le dit fils d'un marchand de vin. Après avoir montré peu d'aptitude pour les sciences jusqu'à l'âge de quinze ans, quoiqu'il étudiât avec beaucoup de zèle, il déploya des dispositions et des talents extraordinaires pour la médecine, dès qu'il s'y adonna. 11 s'y appliqua, dans sa patrie et à Paris, sous le savant Duret, et ensuite sous les professeurs les plus célèbres de l'Italie : l'un d'eux voulut lui céder sa chaire, et lui donner sa fille en mariage. La jalousie des rivaux de Heurnius l'obligea de quitter précipitamment ce pays. A son retour à Utrecht, on lui proposa plusieurs charges, qui l'eussent éloigné de la profession de la médecine, et il y fut quelque temps échevin; mais son penchant l'emporta, et il devint médecin du comte d'Egmond et de Noircarroes , gouverneur de la province d'Utrecht pour les Espagnols. Cela le fit échapper aux dangers universels, durant les troubles. Ayant guéri ce seigneur d'une jaunisse dont personne n'avait pu démêler la cause , il acquit une réputation qui le fit nommer professeur à Leyde, en 1581 , et médecin de Maurice de Nassau : elle augmenta, lorsqu'il, eut guéri la sœur de ce stathouder, la princesse Emilie, qui voulait se laisser mourir de faim par amour pour le prince Emmanuel de Portu* gai. Heurnius fut aussi médecin de la plupart des grands seigneurs de Hollande. Ses talents attirèrent à Leyde un grand nombre d'étudiants : il fut le premier qui anatomisa. Une rétention d'urine, dont il souffrit beaucoup pendant plus de deux ans l'enleva en 1601. Voici ses principaux ouvrages : 1° Institutiones medicinœ; 2° Mo du s ra~ tioque stud. medic, Leyde, 1592, in-8°. Cet ouvrage
contient d'ailleurs quelques observations anatomiques. 3° Praxis novœ medic. lib. III, 1587 et 1690, in-8A; 4° De morbis humani capitis, 1594, in-46 ; Leyde, 1602; 5° De morbis noms etmirandù. Epistola; De morbis mulierum ; De humem a felicitate, 1607, in-4»; De morbis ventriculi. On y a joint: Responsum nullum esse aquœ innatationem lamiarum indicium , item Oratio de medicinœ origine. JEsculapidum et Hippoeratis stirpe ac seriptis, 1609, in-4°; 6° In Hippoeratis de kominis natura libros II Commentât.. 1609, in-4°. C'est un des meilleurs commentaires d'Hippocrate. Item, In libros IV de tictus rationc in morbis acutis, 1609, in-4°. Tous les ouvrages de J. Heurnius ont été publiés par son fils Othon, Leyde, 1609, 11 vol. in-4° : on les y a réimprimés en 1658. — Othon Hetonics, fils de Jean, naquit à Utrechten 1577. U fut nommé professeur de philosophie à Leyde, en 1600; il y prit le bonnet de docteur en médecine, en 1601 . Son père étant mort peu de mois après, il lui succéda dans sa chaire la même année. 11 vivait encore en 1648. On a de lui -.Antiquitatum philosophice barbarie a- libri II : le premier livre regarde les Chaldéens; le deuxième, les Indiens; Leyde, 1600, in - 12 ; Babgloniea, agyptiaca, indica, etc., philosopha primordia. ibi.l., 1619. in-12. L— P — ».
UEURTAULT DE LAMERVILLE (Jean-Marie), né à Rouen en 1740, fut d'abord officier d'infanterie, passa ensuite dans la marine , et quitta le service pour se livrer à l'agriculture; U était grand partisan des opinions des économistes. Il est mort le 18 décembre 1810, à Périsse, département dn Cher. On a de lui : 1° L'impôt territorial combiné avec les principes de l'administration de Sully et do Galber t, adapté à la situation actuelle de la France, Paris et Strasbourg, 1788, in-4D; 2° Opinion de Heuriault-Lamerville sur le partage des biens communaux, Paris, an 7, in-8°; 3° Observations sur lot bétet à laine dans la province du Berry. Paris, 1786, in-S" ; réimprimées, avec des augmentations, sous le titre de Observations pratiques sur les bétes à laine dans le département du Cher, Paris, an 8, in-8°. U a été l'un des collaborateurs du Cours complet dagricuttitre pratique, etc., Paris, Buisson, 1809, 6 vol. in-s ». On trouve son éloge dans les Mémoires de la Société d'agriculture du département de la Seine, t. 14, p. 110. — H ne faut pas confondre J.-M. Heurtault de Lamerville avec son frère atné, le comte de Lamerville, d'abord page de Louis XV, puis officier aux gardes , et chevalier de Saint-Louis en 1772. D'après les conseils de M. le maréchal de Nuy, son parent, qui lui fournit des Mémoires secrets de M. le Dauphin sur les finances, il en rédigea un plan général, qui fut approuvé de Louis XVI, et imprimé en 1788. U fut même désigné alors pour le ministère des finances, mais un autre l'emporta. Ayant échappé au massacre du 10 août, il se trouva compromis par quelques papiers trouvés dans l'armoire de fer, et conséquemment enfermé à la conciergerie, où il mourut le t mars 1794, Agé de 65 ans, laissant à sa
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et I ses cinq enfants un nom honorable à soutenir. A. B — T.
HECHTELOCP (Nicolas), célèbre chirurgien militaire, naquit à Tour» le 26 novembre 4750. Ses parents, peu favorise* des dons île 1a fortune. Ini firent faire quelques étoiles partielles; mais l'enfant suppléa par ses propres moyens à l' éducation {«complète qu'il avait reçue. Doué d'unetrèsbelle ligure, d'un caractère doux, d'un esprit pénétrant, il se concilia l'amitié générale; et plusieurs Mécènes s'empressèrent de seconder ses heureuses dispositions. Une religieuse de la Charité, nommée Agathe Boissy, remarquable par son instruction variée, enseigna au jeune Heurteloup les éléments de la chirurgie, lui apprit à saigner, à extraire les dents, et à connaître les plantes usuelles. 11 partit en 1770 pour la Corse, en qualité île chirurgien-élève. Son nouveau séjour loi offrit l'occasion de continuer ses travaux scientifiques, d'examiner des productions naturelles curieuses, d'étudier la langée, la littérature et la musique italiennes. Heurteloup profita de tous ces avantages ; et son zèle, aussi éclairé qu'infatigable, fut récompensé, en 1782, par l'honorable emploi de chirurgien-major des hôpitaux de la Corse. En I78(î, il fut appelé, avec le même grade, à l'hôpital militaire de Toulon ; en 1792, il devint chirurgien consultaut des armées du Midi et des Côtes; et, l'année suivante, il prit place parmi tes membres du conseil de santé, où il a constamment siégé depuis. C'est dans l'exercice de ces nobles fonctions qu'il déploya ce rare talent administratif, cette probité scrupuleuse, cette justice sévère et cette active philanthropie dont sou âme généreuse était pénétrée. Un vit cet homme, que des chagrins particuliers avaient rendu un peu hypocondriaque, et par suite fier, susceptible et morose, prendre un air affable et presque suppliant, pour gagner à la médecine militaire des sujets distingués par leur mérite et leurs vertus. Au mois de septembre 1800, il reçut le brevet honorable de premier chirurgien des armées françaises : en 1808, il se rendit à la grande armée pour remplacer un collègue qui jouissait, à juste titre, de la plus beUe réputation, M. Percy. Le plus bel éloge qu'on puisse faire d'Heurteloup , c'est de dire qu'il marcha sur la même ligne que son prédécesseur. « Quoique sexagénaire , il montra une
■ ardeur et un dévouement sans bornes sur le
• champ de bataille; anima, par son exemple,
■ tousses collaborateurs; se confondit avec eux « pour agir du conseil et de la main dans les oc- « casions les plus importantes et le» plus péril -
* leuses; les étonna autant par son sang-froid et
■ sa dextérité, que par la justesse et la rapidité « de son coup «l'œil ; établit un ordre admirable « dans les hôpitaux ambulants et temporaires, en
■ y portant les lumières de l'art. » Ce tableau de la conduite d'Heurteloup, tracé par M. Sédillot, ressemble beaucoup à un éloge : il n'est cependant que le fidèle exposé des faits dont
Napoléon loua le zèle du premier
chirurgien, lui donna d
lté témoins.
«les témoignages authentiques de sa bienveillance, le créa officier de la Légion d'honneur et baron. Pénétrés de reconnus année et d'adteriration, les chirurgiens militaires de tout grade se réunirent, par députaiioa, à
Tienne en Autriche, pour faire frapper nne médaille qui conservât à fa postérité le souvenir des talents et des vertus de leur chef. De Paris
après une campagne infiniment <j eleup ne tarda pas à ressentir les l'une affection paralytique générale, qui, frappant les organes du sentiment et du
le 27 mars 4812. Les travaux administratifs n'avaient pas empêché cet nomme laborieux de se livrer à ceux du cabinet : plusieurs Mémoires intéressants lui méritèrent des médailles de l'Académie royale de chirurgie. Diverses sociétés savantes t'<i mirent dans leur sein : il était membre des tés de médecine de Paris , de Tours, de Bordeaux , de Bruxelles; des sociétés d'agriculture, sciences et arts des départements d'Indre-et-Loire et du Nord; de la société royale d'encouragement poar les sciences naturelles et l'économie rurale de N a pies ; de l'Académie impériale Joséphine de Vienne. Parmi les écrits qu'il a publiés, les uns lui appartiennent exclusivement; il a été Je traducteur ou l'éditeur des autres : 1° Précis sur le tétanos des adultes, Paris, 1792, in-8 Cet opuscule renferme des vues très-judicieuses sur les caractères du tétanos, et sur le traitement, presque toujours infructueux , de cette terrible névrose. 2° Rftpftort dt U Cammssien médieo^Urm* girale instituée à Milan, ou Résultats des obserwliom et estiiirienees sur l'mi uùttion de la vaccine ; traduit de l'italien avec des notes, Paris, 1802, in-#>. Cette traduction, enrichie de justes et savantes réflexions, est dédiée à la respectable sœur Agathe Boissy par son élève reconnaissant. & De la nature des fièvres et de la meilleure méthode de les traiter; ouvrage du docteur Giaonini. traduit de l'italien avec des notes et des additions, Paris, 1808, 2 vol. in-8°. Les observations du traducteur rehaussent singulièrement le mérite de l'original; elles se distinguent par une érudition choisie et par la pureté du style : on y trouve des renseignements précieux sur l'emploi thérapeutique de l'eau froide , sur la contagion , sur l'exercice de
la médecine militaire. 4° Notice sur Manne (chirurgien de la marine}, Berlin, 1808, in-8°de27 pages. Sf Instruction, sur la culture et la récolte de la betterave, sur la manière d'en extraire économiquement le sucre et le sirop, par C.-F. Acbard ; traduite de l'allemand par Copin, Paria, 1811, 1812, in-8°, fig. Editeur de cette traduction, Heurteloup y a joint une préface et des notes utiles. Divers recueils périodiques, et surtout le Journal de la société de médecine de Paris, contiennent des Mémoires intéressants de cet illustre chirurgien. U était collaborateur du Dictionnaire des
médicales, auquel il a fourni les articles Acroehordo*. Il avait traduit le bel ouvrage de Scsrpa sur l'anévrisroe, et se proposait de le publier avec toute la magniftcencc de l'origioal. Enfin, il a laisse* manuscrits de nombreux matériaux, et notamment un Traité compU-i des tumeurs, auquel il s'occupait à mettre la dernière maki. Le docteur Sériillot a prononce" sur la tombe de N. Heurteloup un discours (biographique) qu'il a inséré dans son journal, et dont plusieurs exemplaires ont été tirés séparément. C.
HEURTIER (Jbah-FrahçoisX architecte, naquit à Paris le fi mars 1739. Sa mère, veuve de bonne heure, s'étant retirée à Versailles, il y passa son enfance ; puis elle l'envoya dans la capitale afin d'y mieux cultiver le goût qu'il manifestait pour le dessin. Le marquis de Thiboutot, premier lieutenant général de l'artillerie , l'ayant pris en affection , l'emmena à l'armée , à titre d'aide de camp et comme dessinateur de plans et de fortifications. Rendu à ses études par la paix de 1763, Ffeurlier obtint le grand prix d'architecture et il la passer trois années à Rome , en qualité de nensionnaire de l'Etat. A son retour, il se fixa à Versailles. Attaché d'abord comme suppléant titulaire, il fut successivement l'un des inspecteurs lu château et de ses dépendances, architecte du •oi et enfin inspecteur général de tous les bâtinents royaux en cette résidence. Lorsqu'on 1777, .ouis XVI eut accordé un emplacement et les omis nécessaires à la construction d'une nouvelle aile de spectacle pour la ville, Heurtier fut choisi tour donner les plans de l'édifice. Cette salle, [ui a deux façades, l'une principale, élégamment lécorée, sur la rue des Réservoirs, et l'autre sur e parc, est disfwsée pour la représentation des .ronds et des petits spectacles. Sa forme intéieure est demi-circulaire, et elle peut contenir onze cents personnes. On y remarque surtout heureuse distribution des dégagements et des scaliers, en sorte qu'une libre circulation règne ans l'intérieur et autour de la salle : avantage ue n'avait alors aucune de celles du royaume, lais le titre réel de cet artiste à la célébrité, 'est la construction , d'après ses dessins , de la ouveile salle des Italiens , qu'il érigea en 1 782, t qui a péri par un incendie en 1838. Ce monuîent ayant été quelquefois jugé avec sévérité, ous rapporterons les réflexions de M. Quatrelère de Quincy è ce sujet : . Heurtier , dit-il, avait projeté de placer son théâtre en reculée sur les terrains qui devaient s'ouvrir sur les boulevards , et ce fut pour figurer de ce point de distance qu'il composa le péristyle ionique de sa façade. Le monument devait occuper le terrain de la place actuelle et la place celui du monument; mais la vanité des comédiens fit tout changer. Us craignirent que le public ne confondit leur théâtre avec les petits spectacles, et ne les appelât aussi comédiens des boulevards. Le plan de Heurtier allait être aban-
| « donné, lorsque, pour concilier tout, il fut pro- « posé que le théâtre tournât le dos au boulevard. « L'artiste eut beau exposer la beauté de la situa* « tion , l'accord de son péristyle avec la distanc « du point de vue pour lequel il était préparé, « et le désaccord qu'il aurait avec l'exiguïté de i « la nouvelle place, il fallut faire faire volte-face I « à son théâtre , dont l'architecture extérieure « est telle qu'il l'avait projetée; prise à part, tout * y est en parfait rapport ; mais cela ne suffit « pas ; le mérite d'un objet d'art consiste à être « vu et placé selon l'intention du sujet , surtout « en architecture. » Pendant la révolution, Heurtier eut à Versailles des fonctions à peu près analogues à celles qu'il y avait autrefois remplies. Depuis il fut un des inspecteurs généraux de la grande voirie de Paris , et passa au conseil des bâtiments civils. Cet artiste avait plus de 83 ans, lorsque, le 16 avril 1821, il mourut è Versailles, qu'il avait presque toujours habité. Il avait été membre de l'Académie royale d'architecture, et le fut ensuite de l'Institut , classe des beaux-arts. M. Quatremère de Quincy a prononcé l'éloge de Heurtier dans la séance publique du 24 octobre 1824. E — x — o.
Ul-.l SIM.I.K (Jeas-Michex) , né à Sundhausen, près de Gotha , le 21 août 1690, s'est fait un nom estimable parmi les philologues. Après avoir été recteur de l'école de Laubach , et professeur à Gotha, il passa, en 1730, a Eisenscb , avec le titre de directeur du gymnase, et il conserva cette place jusqu'à sa mort, arrivée le 24 février 1751. Ses principaux ouvrages sont: 1° Une édition très-utile des Césars de Julien (Gotha , 1738), qui avait été commencée par Lièbe, et qu'il termina; 2° une édition A'Ksope (tisenach, 1741). Les notes de Heusinger ont été réimprimées plus d'une fois, et entre autres dans l'édition d'Esope donnée, eu 1810 , par M. Sctuefer. Le docteur Coray en a parlé arec éloge dans son excellent recueil de Frtàks grecques. 3° Une édition de Cornelime Nepee (Eiaenach, 1747). Il avait déjà , quelques années auparavant, publié des Remarauts sur cet auteur, à l'occasion de l'édition trop estimée de Van Stâveren , et il avait critiqué assez vivement les notes du savant hollandais, qui lui répondit avec aigreur dans le sixième volume des Noea oèeermtiomes misceUaneœ de d'Orville. Heusinger fit une réplique , que l'an trouve dans le second volume des Selerta eehotastée» de Bidermann , et enfin il donna cette édition de Cornélius Nepos, où il y a quelques observations excellentes, mais dont le succès pourtant n'a pas été fort grand. Pour l'histoire de cette controverse, on peut coi l'article 4e Cornélius Nepos dans l'On de Saxius. 4* Deux livres à' Eemendmtiones , lesquels sent corrigés ou expliqués beaucoup de passages des écrivains grecs et latins. Ils parurent en 1731 , après la mort de l'auteur. Ce fut son (Us qai es fut l'éditeur : U se nommait Frédéric Ce jeune homme avait, an «744, publié une diaser-
tation sur une médaille des Gortyniens, et il promettait de soutenir dignement le nom de son père, mais il mourut fort jeune, et sans avoir pu remplir les espérances qu'il avait fait concevoir. Il avait le titre de conseiller et secrétaire du duc de Saxe-Gotha, et avait, pendant quelque temps, dirigé le gymnase d'Eisenach. Michel Heusinger, outre les ouvrages dont nous venons de parler, a, de plus, composé une foule de dissertations, dont un grand nombre ont été recueillies par TOpfer. Il serait trop long d'en donner les titres ; il nous suffira d'indiquer celles qui traitent de la lumière du vif-argent ; des salutations du matin dans l'ancienne Rome ; de la rareté et du prix des livres avant l'imprimerie ; de l'union des études militaires et littéraires ; de l'histoire du gymnase d'Eisenach. On doit encore à Heusinger des éditions de YHùtoire de Cicéron , par G. Fabricius, et de Y HellenoUxia de Vechner. Il a joint à ce dernier ouvrage (Gotha, 1733, in-8°) des additions, des remarques importantes et la Vie de l'auteur. Deux ans avant sa mort, il avait publié un .V/wimen d'une nouvelle édition des Offices de Cicéron. Ses papiers passèrent à son neveu , de qui nous parlerons dans l'article suivant. C'est à ce neveu qu'appartient l'édition du traité de Plutarque sur la manière d'élever les enfants, que l'exact Saxius attribue mal à propos à Michel Heusinger. B — ss.
HEUSINGER (Jacques-Frédéric), neveu du précédent, naquit le 41 avril 1718, à L'seborn, dans la Wettéravie. II reçut sa première éducation littéraire à Gotha, dans la maison et sous les yeux de son oncle , qui l'aimait avec toute la tendresse d'un père. De Gotha , il se rendit à l'université de Iéna, où il se distingua beaucoup. Son dessein était même de s'y fixer ; mais il fut séduit par l'offre d'une place de corecteur dans le gymnase de Wolfenbuttel , et surtout par l'espérance de pouvoir vivre au milieu de la riche bibliothèque de cette ville. De corecteur, il devint recteur en chef, lorsqu'en 1759 Dommerich résigna cette place pour celle de professeur à Helmstadt. Le premier ouvrage d'Heusinger parut à Iéna , en
1745. C'est une dissertation dans laquelle il décrit un manuscrit grec de la bibliothèque de l'université de Iéna. Ce manuscrit, très-moderne, contient l'Ajax et l'Electre de Sophocle, avec des scolies, alors inédites. Heusinger en discute les principales variantes, et publie quelques-unes de ces scolies. Depuis , ce manuscrit a été examiné de nouveau par 11. Purgold, qui, en 1802, en a donné toutes les variantes et toutes les scolies, et, chose assez singulière ! sans se douter le moins du monde qu'il eût été précédé par Heusinger. Un critique anonyme avait proposé , dans une gazette d'AItona, sur quatre passages de l'Evangile, des conjectures aussi hardies qu'inutiles: Heusinger le réfuta dans une petite dissertation, publiée en
1746. Trois ans après, il fit parattre une édition fort recommandante du traité De t éducation des enfant» que l'on attribue vulgairement à Plu-
i. H faisait espérer , à la On de sa préface, qu'il travaillerait sur d'autres ouvrages de Plutarque ; mais un programme de peu sur le traité De la différence entre l'ami et le teur, est tout ce qu'il a publié sur cet auteur, manuscrits de Wolfenbuttel lui offrirent un inédit De metrit , par Mallius Theodorus : il le fit imprimer en 1755 , et , en 1766, il en donna une seconde édition considérablement améliorée. Il y joignit des fragments du commentaire de Pompelus sur Donat, et quelques opuscules métriques d'un assez faible intérêt. Le volume est terminé par deux courts fragments de Cornélius Nepos, qu'il avait trouvés dans un manuscrit de Wolfenbuttel , et publiés déjà en 1759 : il les reproduisait accompagnés d'éclaircissements nouveaux , et d'une réfutation très-satisfaisante, à ce qu'il nous a paru , des arguments de Klotz , qui en avait attaqué la latinité. L'Essai de corrections sur Callimaque, que Heusinger publia en 1766, est peu connu et apparemment fort rare ; car II. Blomfleld, le dernier éditeur de Callimaque, n'a pu se le procurer. Au reste , il nous semble qu'à défaut de l'édition originale , il aurait dû , d'après l'indication de la Bibliothèque grecque, recourir à l'année 1768 des Nota Acta eruditonim , où cet Essai a été réimprimé. Ce journal ne doit pas être fort difficile à rencontrer. Le meilleur titre d'Heusinger à la réputation de critique et de pb'tlologue est son édition des Offices de Cicéron. 0 la commença vers 1754, dans l'intention de compléter le travail que son oncle avait commencé*. La bibliothèque de Wolfenbuttel lui fournit de nombreux secours ; il y joignit l'examen attentif des premières éditions , et des grammairiens qui ont cité les paroles de Cicéron : enfin , il ne voulut négliger aucun des moyens que présentaient la critique et l'érudition, pour établir de la manière la plus probable et la mieux latine le texte des Offices, que la multiplicité des variantes rend quelquefois problématique. Ces recherches se multiplièrent , s'étendirent tellement , qu'il était à peine, en 1778, parvenu à mettre son édition en état de voir le jour; mais il mourut cette année même. Son fils Conrad, eucore fort jeune, se chargea de la publier, et il fit paraître à Brunswick , en 1783 , le travail si longtemps attendu de son père et de son grand-oncle. Pour la critique , cette édition est un chef-d'œuvre. Il est difficile de porter plus loin que les deux Heusinger la connaissance intime de la langue et de ses plus délicats idiotismes , et impossible de mettre dans les recherches plus de probité , si l'on peut s'exprimer ainsi , plus de soin et de diligence. La préface du jeune Conrad est tout à fait digne , par le goût pur de la latinité , et la justesse des observations, de servir d'introduction à cet excellent travail. Un éditeur qui établirait le texte de tous les ouvrages de Cicéron avec cette merveilleuse exactitude , se ferait un honneur infini, et ajouterait , s'il est possible , à la
gloire de entreprise
ee grand écrivain : mais une pareille semble au-dessus des forces d'un seul
HEUSSEN (Hcgces-Faançoib Van), provicaire d'Utrecht, naquit à la Haye, d'une famille catholique, le 26 janvier 1654. Après avoir passé plusieurs années dans la congrégation de l'Oratoire, il revint en Hollande , et se fixa à Leyde , où on le fit pasteur ; il y bâtit une église et un presbytère. C'est cbei lui que M. de Neercassel , évêque de Castorie , et vicaire apostolique en Hollande, demeura caché depuis la retraite des Français jusque peu avant sa mort : en récompense, l'évéque le désigna en mourant pour son successeur, et le chapitre d'Utrecht l'élut en effet ; mais Rome n'approuva point ce choix. On savait Van Heussen fort lié avec Amauld et les jansénistes de France; et on exigea que les chanoines d'Utrecht présentassent d'autres sujets. Ils en présentèrent trois, entre lesquels Pierre Codde fut choisi et sacré archevêque de Sébaste. Celui-ci ayant été mandé à Rome , en 1700 , pour rendre compte de sa conduite, laissa, en partant, des pouvoirs de provicaire à Van Heussen , qui prenait aussi les titres de grand vicaire et de doyen du chapitre d'Utrecht. Quand Codde eut été suspendu du vicariat, puis déposé par un décret du pape, Van Heussen consulta , dit-on , le père Quesnel pour savoir s'il devait obéir , et la réponse fut qu'on ne devait pas prendre garde à l'interdit , et que la connaissance de cette affaire appartenait aux états généraux. En conséquence, Van Heussen continua de se regarder comme provicaire, et refusa de reconnaître ceux à qui Dément XI accorda successivement ce titre. Il proflta de quelques intelligences qu'il avait dans les Etats pour faire chasser de Hollande quiconque tenta d'y exercer la juridiction; et, fort de l'appui du souverain protestant , il brava les défenses du chef de l'Église. Ce fut sous lui que le jansénisme se fortifia le plus en Hollande. Quesnel , Fouillou , Petitpied et autres appelants, y résidaient, et y propagèrent l'esprit de parti. Van Heussen mourut le 14 février 1729, laissant les ouvrages suivants : 1° Batavia sacra . Bruxelles et Utrecht , 1714 , in-fol. ; 2° Historia episroporum fœderati Belgii , Leyde, 1729 , 2 vol. in-fol. , traduits tous les deux en hollandais par Van Rhyn. Il écrivit aussi un traité de controverse contre Michel Lœffius ; ce traité, écrit en hollandais , est intitulé : Hand-en-Huisboeh der Katholyken; et il a été réimprimé plusieurs fois sous différents noms. P — c — t.
HEUZET (Jean), savant et modeste professeur de l'université de Paris, était né vers 1660, à St- Quentin, de parents obscurs. Il fut placé par Rollin au collège de Beauvais, et bientôt il mérita d'être admis aux conférences établies dans ce collège entre les professeurs, et qui ont produit l'estimable édition de Tite-Uo* publiée par Crevier {voy. ce nom). Heutet quitta l'enseignement vers 1718, et, peu de temps après, Il fut choisi
HÊV
pour préparer les éditions des auteurs classiques que l'université se proposait de mettre entre les mains de ses élèves. On lui doit celles de Quinte- Curce, 1720, des Conçûmes, 1721, et de Salluste, qui ne parut qu'en 1729, mats qui depuis plusieurs années étaient terminées. Ces éditions, corrigées avec soin , sont enrichies de prélaces , de notes courtes, mais substantielles, et M index propres à faciliter les recherches. D'après l'avis de Rollin, qui lui avait communiqué ses vues, Heuzet composa deux Excerpta ou choix d'histoires , l'un tiré de l'Écriture sainte, et l'autre des auteurs profanes. Ce sont le Selectœ e Veteri Testamento et le Selectœ e profanis, qui , tous deux obtinrent un grand succès , particulièrement le second, suivi longtemps dans toutes les écoles de l'Europe (voy. le Traité des études de Rollin , liv. 1*', chap. 3). Heuzet venait de publier ce dernier ouvrage lorsqu'il mourut à Paris, le 14 février 1728. Le Selectœ e Veteri Testasaemto, dont la première édition est de 1724, in-12, a été souvent réimprimé, et traduit en français en 1764. Le Select œ e profanis, publié en 1727, in-12, fut réimprimé avec des améliorations en 1729 et 1732, et il l'a été depuis un grand nombre de fois. La liberté qu'avait prise Heutet de modifier le texte de différents passages des anciens auteurs, pour les mettre à la portée des enfants, a été vivement censurée pari; au 11. ver dans son Térence, Ciciron. etc., justifiés contre M. Rollin (voy. Gaullye*). Un professeur allemand, nommé Kapp ou Kappius, a rétabli ces passages dans son édition du Selectœ . 1 728 , laquelle a servi de base à toutes les réimpressions qui en ont été faites en Allemagne; mais en France, on a continué d'imprimer ce recueil tel qu'il était sorti des mains de Heuzet . Parmi les éditions les plus récentes données à Paris, on distingue celles de MM. Bérard, Éloi Johanneau, Boinvilliers, Tissot et Morand, Leprévost, Pessonneaux, qui se recommandent par quelques additions OU améliorations. I.e Setecta e profanis a été traduit en français par Charles Simon, maître de pension à Paris , 1732-54, 3 vol. in-12 , et par Barrett, 1781, in-12. Cette dernière traduction est la plus estimée. Barbier a donné , dans son Examen critique des dictionnaires, p. 441-46, une longue notice sur Heuzet. W — s.
HEVÉLIUS (Jean), célèbre astronome, naquit à Dantrig le 28 janvier 1611 , et mourut le 28 janvier 1687, Agé de 76 ans et quatre heures (1). Son premier maître fut P. Kruger, qui l'engagea à se donner tout entier à l'astronomie. Ilévélius
11) Les Français qui étalent en correspondance avec loi l'appelaient Htvet. Ceat encore le nom que lui donnent aujourd'hui lea auteur» allemand*. Dan» tous tes livres et dans la plupart d* ses lettres autographes il a pria le nom A'HMtiut ; il a quel* quefots signé Hoftiiut. Les lettres qui lui ont été adressée* portent pour suscripllon : Hovtlckt* , llvvtUKrn, UowtUkt, Usveiçui , fttvtlch*. Il est probable que son nom véritable était Howel. Dans son épttaphe on iait remarquer une grande ressemblance entre ce nom et le nom grec du soleil : la syllabe cAsa, I, cAs. parait éue une addlUon qu'on lait quelquefois *u* i, et qui varie suivant les pays.
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avait reçu le jour de parents honnêtes et riches; il était d une forte complexion et doué d'une vue perçante. Pendant cinquante ans il se livra au travail des observations, bien plus pénible en ce temps qu'il ne peut l'être aujourd'hui qu'on a des instruments beaucoup moins grands, plus faciles à manier, et placés pour la plupart dans le plan «lu méridien. Il reçut des encouragements des rois de France, d'Angleterre et de Pologne : Colbert l'avait mis sur la liste des étrangers célèbres à qui Louis XIV faisait de* pensions. Son observatoire fut visité par des rois, des princes et des savants de tous les pays. 11 avait fait une étude particulière du dessin, de la gravure et de plusieurs arts mécaniques. Lui-même il construisit la plupart de ses instruments et plusieurs de ses lunettes. Il avait dans sa maison une imprimerie, en sorte qu'il put faire paraître plusieurs de ses ouvrages sans emprunter aucun secours étranger. Il entretenait habituellement un artiste et un imprimeur par lesquels il se faisait aider dans ses observations. Plusieurs moururent dans la force de l'âge, et quand il renaît de terminer leur éducation astronomique. Sa femme les remplaça souvent ; et, pendant dix années entières, elle le seconda dans ses observations avec un aèse, une patience et une dextérité qu'il n'avait trouves dans aucun de ses collaborateurs. Elle est représentée observant avec lui, à son grand sextant, dans deux planches de sa Machine céleste. Devenue veuve, elie lit paraître les deux derniers ouvrages de son mari, le /Wromu» astronomieus et le Firmamentum Sohescianum , qu'elle dédia au roi de Pologne, Jean III (Sobieski). L'épltre dédicatoire est signée Klisnhetha Hetxlii vidua (I). Tant de travaux astronomiques n'empêchèrent pas Hévélios de remplir avec assiduité et distinction les emplois civils auxquels il était appelé par son état, sa fortune et la considération dont il jouissait parmi ses concitoyens, il fut dix fois consul et orateur applaudi, six fois préteur, sans qu'aucun de ses jugements ait été réformé. C'est ce que nous lisons dans son épitaphe composée par son ami Schmieden. En septembre 1679, un affreux incendie consuma en son absence les trois maisons contigué:* sur lesquelles il avait établi son observatoire, et dévora en peu d'heures ses effets les plus précieux , son imprimerie , ses instruments, la plupart de ses manuscrits, et l'édition presque entière de la seconde partie de sa Machine céleste, volume de 1286 pages, dans lequel il avait consigné toutes ses observations astronomiques. On n'en sauva que deux exemplaires; U en avait donné cinq au relieur : heureusement il avait envoyé déjà ceux dont il avait voulu faire hommage aux savants les plus distingués et aux
reçu
témoignage d'estime. On voit ce qui a rendu si rare l'édition de la Machine céleste. L'ouvrage complet, avec la Sélénographie , trois volumes renés en maroquin, avec des planches enluminées en or et en couleur, de la main d'ilévélius, ont été vendus le 7 janvier 1795, quinze cents florins de UanUcig , ou cent vingt-cinq ducat*. Les amateurs ont payé jusqu'à cent ducats le second volume tout seul. Les Êpbéméride* de M. de Zach, desquelles nous tirons ces faits (t. 1 , p. 239}, nous donnent une note de quelques exemplaire» encore subsistants. Lalande en a mis une liste plus détaillée dans l'exemplaire qu'il a légué à l'Institut . U en compte trente-quatre , dont huit sont à Paris dans les bibliothèques impériale , de Ste-Ceneviève, de l'Institut et de l'Observatoire, enûn dans celles de divers particuliers : le reste est disséminé en Angleterre, en Suisse, en ttol-
(1) Elle M nommait RiltabeAh Koopinann , et n'irait qua mil» an» Inixiu'Hévéltua l'épousa, le 4 lévrier 1663, an an après avoir
lande et en Allemagne. On porte à trente mille thaiers la perte qu'Hévélius éprouva dans cet incendie. M.
de Zach ajoute que les libéralité* de Louis XIV réparèrent le dommage , et qu'il possède un duplicata de la lettre que Colbert écrivait à Hévélius , de Si-Germain , le 2» décembre 1679, c'est-à-dire trois mois après l'incendie. On en conserve une copie à La bibliothèque de Paris. A la première nouvelle arrivée en France, le célèbre Boulliau s'exprimait en ces termes dans une lettre au résident Pela : « Si les grands princes « étaient touchés de. quelque compassion de la « ruine de ce bel ornement de l'Europe et de « l'infortune arrivée à M. Hévélius, ils cootribue- « raient de quelque chose qui le consolerait. U « aurait besoin de quelques patrons dans les cours « qui représentassent qu'il serait avantageux aux « princes pour leur réputation et pour leur gloire, « de subvenir au malheur de ce célèbre person- « nage ; mais des particuliers comme je suis, qui « n'ont aucun accès dans les cours, écriraient « pour néant et sans fruit, etc. » Schmieden nous dit qu'Hévélius supporta ce malheur avec lieaucoup de fermeté. Ce une cet astronome regrettait le plus , c'était les notes qu'il comptait joindre à son catalogue d'étoiles. Hait ans après, il écrivait qu'il n'y pouvait encore songer sans verser des larmes. Il ne se laissa pourtant pas abattre, et dans sa vieillesse, il recommença ce travail, malgré les chagrins et les embarras f* des méchants . oit-il*, lui ont susdits, U ne s'explique pas plus clairement; et l'on peut soupçonner qu'au nombre de ces méchants , il rangeait quelques auteurs qui avaient écrit que, depuis l'application des lunettes aux instruments astronomiques , arec l'espoir d'obtenir une précision soixante fois plus grande, on ne devait plus tenir aucun compte de ce qu'on avait pu faire avec de simples pinnulea. Cette prétention nouvelle, quoique un peu exagérée, devait inquiéter Hévélius, qui. n'avait pas connu d'autres moyens; et l'on conçoit la peine qu'il se donne en plusieurs endroits de ses ouvrages pour ecar-
etii
C'était pourtant supposer que les observations dHévélius n'étaient sûres qu'à une minute près, et qu'avec les lu Bettes on allait infailliblement observer i la seconde. On déprimait trop Hévé- Mus, et Ton exaltait trop les premiers instruments à lunettes. 11 s'en fallait encore de beaucoup qu'As assurassent la précision que l'on s'en promettait. Hévélius avait perfectionné les sextants, les quarts de cercle et les pinnolei. H avait adopté l'invention récente du vernier; ses grands instruments étaient plus aisés à manier et mieux entendus que ceux de Tycho. Les distances d'étoiles qu'il nous a laissées soutiennent assez bien la comparaison avec celles de h Irunsteed, qui se servait de lunettes : elles s'accordent entre elles communément à S" ou 10" prés; et si l'on y trouve des erreurs «fune minute, quand on les compare arec celles qui se déduisent des catalogues mo> ! dernes , ces erreurs viennent de la réfraction qu'il supposait trop faible ou même nulle ; elles viennent aussi en partie de l'aberration et de la nu talion, ignorées de Flamsteed aussi bien que d'IIévélius; on pourrait corriger ces erreurs : alors ses distances seraient certainement moins inexactes; et peut-être, en quelques occasions, donneraient-elles quelque lumière sur les mouvements propres de certaines étoiles. Venu après Tycho , il avait surpassé ce grand astronome dans l'art d'observer. Il était calculateur plus infatigable et moins confiant. Il ne se reposait en aucune occasion sur ses élèves, et n'adoptait aucun de leurs calculs sans l'avoir soigneusement vérifié". On ne fait plus guère usage île ses observations ni de son catalogue , quoique fort supérieur à celui de j Tycho. Mais H n'en est pas moins certain qu'a fut un astronome du premier ordre , non pas si l'on veut par le génie qui ouvre des routes nouvelles, tnaispar l'habileté, le soin, la patience, la dextérité, les talents et les connaissances, il mérita la considération dont il jouit longtemps sans contradiction : il aurait mérité que les jouissances qu'il y trouvait n'eussent pas été un peu troublées dans ses derniers jours. Ses ouvrages imprimés sont : 1" SeUneonsphia , Daotzig, 1047, la-fol. de près de GOU pages. C'est uuc description de la lune, avec des planches nombreuses, qui en représentent toutes les phases, les vallées et j les montagnes, auxquelles il a donné des noms tirés de l'ancienne géographie. Riccioli a changé ces noms, très-peu connus pour la plupart, et les • remplacés par ceux des astronomes et des savants les plus célèbres. 2° Lettres à Etcksladl, sur une éclipse de lune. 1647; — à Gassendi et à Bouttiau. sur mrne éeiipse de soleil, 1648; — à Riccioli, sur lm libration de la tune. Il avait déjà traité ce jet dans sa Sélénographir ; mais il n'avait alors une idée très-imparfaite de ces phénomènes, qu'il n'avait pu observer assez longtemps. Il avait depuis fait deux pas importants dans cette théorie ssez nouvelle. Il avait reconnu que la en longitude doit être égaie à la somme I
des inégalités ; il disait qu'il en devait être de même de la libration en latitude : mais il n'avait aucune idée de l'équateur lunaire, ni de son inclinaison , ni par conséquent de ses noeuds et de leur coïncidence constante avec les nœuds de l'orbite, 3* Lettre à P. hkuerius . sur les éclipses. 1634; 4e De matins Saturni fade, 1636. N'ayant encore observé cette planète qu'avec des lunettes de douze à quinze pieds, il n'avait pu reconnaître l'anneau. Il croyait Saturne accompagné de deux autres globes disparaissant de temps à autre, quand ils sont l'un devant, l'autre derrière la planète , qui parait alors toute ronde. H avait fort bien vu que ces phénomènes doivent se reproduire tous les quinze ans, c'est-à-dire quand Saturne est dans ses nœuds C'est tout ce qu'on pouvait faire avec les instruments qu'il possédait alors; et sa théorie est beaucoup moins incomplète que celle de tous ses prétlecesseurs. 5» Mercurius tm sole visus , 1662. Depuis Gassendi, qui le premier avait observé Mercure sur le soleil, aucun astronome n'avait eu cet avantage. Mais comme les épbémérides de l'année différaient de quatre à cinq jours sur le temps du phénomène, llévélius eut la patience de passer quatre jours entiers à sa lunette , pour ne pas manquer l'observation , qui eut lieu enfin, au jour indiqué par Képler. A sa dissertation, il joignit celle d'Horrox sur le passage de Vénus , observé pour la première fois en lt>39. Il y ajouta quelques notes. 6° Historia Mirm Stella in coUe Cett, 1662. Cest l'histoire des apparitions et disparitions périodiques de cette étoile changeante , qui a conservé le nom de Mira. 7° Prodrouuts cometicus. Deseriptio comrta. Uan- Hssa Prodromi eometici , 16H5 et 1666, in-fol.; 8" Cometogrophiei. 1668, in-fol. de 800 pages, dédié à l^oui* XIV. On y trouve l'histoire et les observations de toutes les comètes, un grand nombre de calculs , et une théorie en partie nouvelle. Il supposait l'orbite à peu près reetiligne dans la partie qu'on observe ; mais il la croyait plus véritablement parabolique ou même hyperbolique. Il ne donne aucune règle pour calculer ces courbes : il ne dit pas que le soleil soit au foyer; il se contente de nous assurer que la concavité regarde le soleil. 9° Machina rmlestis, pars prior, 1673. C'est la description de ses observatoires , de ses instruments et de la manière dont il travaillait ses verres. Quelques-unes de ses lunettes étaient énormes : la plus longue était de cent quarante pieds. Il enseigne les moyens de les suspendre, de les mouvoir, de les diriger et d'en prévenir la flexion. 10° Epistola de cometa ami t672; — ld. anni 1677. Cette dernière, in- 4" de 4 pages , est extrêmement rare ; et Lalande n'en connaissait que deux exemplaires, le sien et celui de Scheibel à Breslau. 11° Martin* eotlestis, pars posterior, 1671). Nous avons donné plus haut l'histoire de ce volume. 12" Annus
clim/irlerirtu stee o&serrutionun
nus, 1680. C'est un supplément à
leste et à Y Histoire de rétoile Mira.— Ouvrages posthumes : 1 3° Prodromusastronomia, 1 690.Ce volume contient son grand catalogue d'étoiles, avec une introduction dans laquelle il expose la manière dont il l'a composé et calculé. 14° Uranographia se* firmamentum Sobescianum, 1690. Ce sont les cartes célestes sur lesquelles il a placé toutes les étoiles par longitudes, latitudes, ascensions droites et déclinaisons. 11 se proposait de publier aussi de Nouveaux globes célestes corrigés ; — la Cinquantième année de mes observations; — une Astronomie avec des tables nouvelles de toutes Us planètes; — quelques autres opuscules; — les Lettres qu'il avait reçues des savants les plus distingués de son temps, et douze volumes de celles qu'il leur avait écrites lui-même. Ce qui restait de ses manuscrits et toutes ses lettres ont été achetés par Delisle, lorsqu'il passait à Dantzig pour aller en Russie. On les conserve à l'observatoire de Paris. On a publié un extrait de sa correspondance, sous ce titre i Excerpta ex lu ter i s iltuttrium et clariss. virorum ad Jo. Hevelium perscriptis. judicia de rébus mstronomicis ejusdemque scriptis exhibentia , studio Joh. Erici Olhoffii secretarii, Dantzig, 1683, in-4°. Hévélius a inventé le polémoscope, lunette coudée , pour voir à la guerre sans être vu , et pardessus une muraille. Montucla , dans ses Récréations mathématiques, a décrit cette invention, dont on n'a pas fait grand usage, mais dont on a depuis su tirer un parti fort avantageux en astronomie, pour faciliter les observations au zénith, et pour les vérifications de divers instruments. On peut consulter sur ce laborieux astronome, la dissertation allemande d'Éphraïm- Philippe Blech, professeur de médecine et d'histoire naturelle, Dantzig, 1787, in-4°, et surtout l'opuscule publié dans la même langue par Charles-Benjamin Lengnisch, intitulé Hévélius ou Anecdotes et notices sur l'histoire de ce grand homme, ibid., 1780, in-8°. D—L— B.
HÉVIN (Piekre), avocat au parlement de Bretagne , naquit à Rennes en 1621. Son père, nommé aussi Pierre, était docteur en droit; il avait été reçu de l'Académie des humoristes de Rome, où il s'était lié avec Jean Barclay, l'auteur de V Argents . Ce fils fut reçu avocat à l'âge de dix-neuf ans. 11 ne parut pas d'abord annoncer tout ce qu'il devait être un jour : les travaux approfondis de ses premières études lui avaient donné une aorte de pesanteur, qui nuisit, pendant quelque temps, au développement de ses talents; mais bientôt l'exercice du barreau le montra tel qu'il était , et on le vit allier l'éloquence à la profondeur. 11 venait quelquefois à Paris , et y était recherché par tout ce que le barreau avait de plus distingué. C'est dans un de ces voyages qu'il découvrit une ancienne traduction de V Assise du comte Geoffroi, découverte qu'il mit à profit par la suite, et qui, jointe aux autres connaissances qu'il puisa dans l'élude des écrivains et des monuments du moyen âge, lui servit de
HÉV
guide dans l'étude approfondie des anciennes coutumes, et des chartes de la Bretagne. Ses immenses travaux ne l'empêchaient pas d'entretenir une correspondance suivie avec les magistrats les plus éclairés et les plus célèbres avocats du royaume. H. de Ponte h ar train l'honorait d'une estime toute particulière. Après plus de quarante ans de travaux, Hévin mourut le 15 octobre 1692. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont voici le détail : 1° Arrêts du parlement de Bretagne , de Frain , 3* édition augmentée d'annotations, plaidoyers et arrêts. Rennes, 1684, 2 vol. in-4«\ Cette édition est enrichie de recherches importantes; on y trouve us trait curieux de la vie d'Henri IV relatif au sieur de la Sicaudais, Breton. L'auteur y relève une méprise de Mezcrai , relativement à St-Malo s il y entre aussi dans l'examen de la décrétale d'Honorius III , qui défend d'enseigner le droit civil à Paris. 2° Consultation» et observations sur la coutume de Bretagne. Rennes, 1736 et 1743, in-4«. Ce sont des œuvres posthumes de l'auteur, publiées par son petit-fils, conseiller au parlement de Rennes. Quelques consultations du fils de l'auteur, avocat au même parlement, sont jointes à ce volume. 3» Questions et observations contenant les matières féodales, par rapport à la coutume de Bretagne, Rennes, 1737, in-4°. Ce volume contient la suite des Consultations de l'auteur, et des ouvrages qui lui sont étrangers. 4» Coutume* générales de Bretagne et usements locaux de la même province, avec les procès -verbaux des deux reformations et du notes. Rennes, 1744, m-4". U avait
paru, en 1693, à Rennes, une édition in-16, donnée par Hévin, du texte de ces coutumes avec les usages particuliers. On a encore un écrit de Hévin, dans lequel il réfute l'histoire romanesque, rapportée par Varillas , de la mort de la comtesse de Châteaubriant. Hévin y fait preuve d'un jugement sûr et d'une critique saine ; il va seulement trop loin , quand il veut prouver que la comtesse de Châteaubriant n'a pas été maîtresse de François 1er. On trouve dans le Journal des saxamis de 1681 une dissertation de Hévin sur un poulet monstrueux, et une autre sur la découverte, faite à Vannes, de cinquante mille médailles : ce trésor parait avoir été caché vers l'an 260 de J.-C-, puisqu'il ne s'y est trouvé aucune médaille d'une date postérieure; les plus anciennes sont du temps de Caracalla. M — t.
HÉVIN (Pbddent), naquit à Paris en 1715 : fils d'un chirurgien , il suivit la même carrière, pour laquelle il avait la vocation la plus décidée. Après avoir fait d'excellentes études, il fut admis a l'hôpital de la Charité , où il remplit successivement la place de gagnant-maîtrise et celle de chirurgien-major. En 1737, il fut reçu maître en chirurgie au collège de St-Côme. A l'époque de l'établissement de l'Académie royale de chirurgie, il se distingua dans la place de secrétaire pour les correspondances. Peu de temps après , il fut nommé professeur royal de thérapeutique aux
écoles de chirurgie. Dans la rédaction de ses leçons , qui étaient le résumé de la doctrine de Quesnay son beau-père, et le résultat de près de soixante années de travaux, on voyait constamment briller l'ordre , la précision et la clarté. Peu de personnes ont réuni à un plus haut degré les talents nécessaires pour enseigner. Sa réputation l'ayant Tait connaître à la cour, Louis XV le choisit pour soigner la santé de mesdames les Dauphines. Quelques années après, monseigneur le Dauphin le nomma son premier chirurgien. En 4770, il obtint le même titre auprès de Madame. Pendant quarante -cinq ans, il exerça, avec la plus grande distinction et avec une modestie rare, ces différents emplois. En 1780, liévin publia un Court de pathologie et de thérapeutique chirurgicales, qu'il rédigea sur les manuscrits de Simon, son confrère et son ami. L'édition ayant été promptement épuisée, il y fit des additions considérables; et, quatre ans après, il en donna une seconde sous son nom , en deux volumes in-8°, réimprimés en 1793. Cet ouvrage est le fruit de la pratique, de l'observation, et surtout de la lecture bien méditée des vrais maîtres de l'art. Hévin a donné à l'Académie royale de chirurgie plusieurs mémoires, dont une partie est insérée dans la collection de celte société. Il y en a trois principaux , à la téte desquels est un Précit d'observations sur Us corps étrangers arrêtés dans l'œsophage ou la trachée-artère. Ces mémoires sont rédigés avec beaucoup de netteté et dans l'ordre le plus méthodique. Les Académies de Lyon et de Stockholm avaient admis Hévin parmi leurs membres. Ayant fixé, en 1788, son séjour à Paris, il fut nommé, la même année, vice-directeur de l'Académie royale de chirurgie. Il commençait à remplir les fonctions de cette place, lorsque sa mauvaise santé le força de les suspendre. Son état empira de jour en jour; et le 3 décembre 1789 cet habile praticien termina sa laborieuse carrière. D— v— l.
HEWSON (William), anatomiste anglais, né en 4739 à Hexham en Northumberland , reçut de son père , chirurgien et apothicaire en vogue, les premières notions de l'art de guérir. Etant venu à Londres en 1759, il y suivit les cours des deux frères John et William Hunter, qui distinguèrent bientôt son mérite , et lui confièrent la direction de leur salle de dissection, et quelquefois la répétition des leçons d'anatomie. Il fit sur les propriétés du sang des observations et des expériences particulières, dont il publia les résultats en 1771. Ses découvertes sur le système lymphatique des oiseaux et des poissons , dont il communiqua l'exposé à la société royale, lui méritèrent la médaille fondée par Copley. Cette compagnie l'admit depuis dans son sein. Il donna, en 1772 , une deuxième édition de son précédent écrit, sous le titre de Recherches expérimentales, in-8° : il en publia, en 1774, la deuxième partie, qui traite du Système lymphatique. Les cours d'ana-
tomie qu'il faisait pour son propre compte, depuis 1770 étaient fort fréquentés; et ses succès comme praticien augmentaient chaque jour, lorsqu'une fièvre , qtu était la suite d'une blessure reçue en disséquant le cadavre d'un sujet mort de maladie, l'enleva le 1er mai 1774, à l'âge de 33 ans. Le chirurgien et professeur Magnus Falconar, qui, pendant une longue intimité avec Hewson , avait acquis, par la conversation et en répétant ses expériences, une connaissance parfaite des idées que son ami n'avait pas eu le temps de publier, composa, pour ainsi dire de ses réminiscences, un ouvrage qu'il fit paraître, en 1777, Londres, in-8°, sous le titre de Recherches expérimentales. 5e partie, etc., formant la dernière des Observations de H. W. Hewson, avec quatre planches. Cet ouvrage est divisé en cinq chapitres , dont le premier seulement avait déjà paru dans les Transactions philosophiques (vol. 63, 2* partie). Hewson a découvert principalement que les particules du sang se composent de deux parties distinctes, une vésicule rouge ronde, mais plate et solide , de la forme d'une pièce de monnaie; laquelle contient dans son centre une particule petite et solide. Il pense que le système lymphatique et ses appendices, où il comprend le thymus et la rate, sont le laboratoire ou les organes dont se sert la nature pour fabriquer les particules du sang, etc. Plusieurs de ses écrits, épars dans les 23e, 24% 23e et 28e volumes des Transactions philosophiques, années 1763-1773, ont été ensuite réunis. Son ouvrage sur le système lymphatique a été traduit en latin par Wynpersse (roy. ce nom;. Z.
IIEY (Geobces-Asdbé) naquit en 1712, à Strasbourg, où son père, natif de Baie, était pasteur. Après avoir étudié dans cette ville , il fut créé docteur en droit, et suivit en 1736 une vocation pour St-Pétersbourg, où il enseigna au gymnase équestre les langues anciennes et les mathématiques. En 1745, il revint à Baie, se fit médecin empirique et passa ses dernières années à Nuremberg et à Erlangen, où il mourut en 1761. U ne manquait pas de talents; outre ses dissertations De apotheosi imperatorum romanorum , De lege regia. De historico bono viro, etc., il a publié : Littérature amusante, 1745; Abrégé de l'histoire ancienne, 1746; OEucres mêlées, 1747, et quelques autres écrits. U— i.
UEY (le révérend John), théologien anglican, né en 1734, acheva ses études à Cambridge, et fut de bonne heure agrégé à un des collèges de cette université, celui de Sidney- Susse x U y résida, en qualité de tutor, depuis 1760 jusqu'en 1779, et c'est à ce titre qu'il fit des leçons sur la morale auxquelles on vit assister d'autres auditeurs encore que les étudiants, notamment le célèbre Pitt. Hey fut un des prédicateurs attachés à la chapelle du roi, à Whitchall. En 1780, la chaire de théologie de l'université lui fut donnée, et il l'occupa jusqu'en 1793. U était ministre de
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Claverton, dans le comté de Buekingbam, lorsqu'il résigna ses divers emplois ecclésiastiques, et alla résider à Londres, où il mourut le 17 mars 1813. Ses leçons sur la morale n'ont pas été imprimées, mais on a publié les écrits suivants dont il est auteur : Essai sur la Rédemption, poè*me, 1763, auquel fut adjugé un prix; «in recueil de Discours sur les sentiments malveillants, 1801 , in-8*; Sept sermons préchêt en différentes occasions, in-8*; Leçons de théologie, imprimées à la presse de l'université, 1790-1798 , 4 vol. in-8°; Observations générales sur les écrits de St-Paul, 1811 , in-8°. — Son frère Hev (Richard), avocat attaché à la société de Middle-Temple, à Londres, s'est distingué par sa bienfaisance et par le mérite de ses écrits, dont nous citerons : Observations sur la liberté civile et les principes du gouvernement , 1 776, ta-8". Trois Dissertations (couronnées) sur le jeu, le duel, le suicide, 1783-1785; imprimées ensemble en 1812. L.
HEYDON (Jom), auteur anglais né en 1619, a publié en 1664, à Londres, en un gros volume in-12, un ouvrage intitulé Theomagia, ou le Temple de la sagesse, en trois parties, spirituelle, céleste et élémentaire, contenant les pouvoirs occultes, etc., par J. Heydon, gentilhomme, serviteur de Dieu et secrétaire de la nature. Cest une des productions les plus bizarres qui soient sorties de la main des hommes. S — d.
HEYKING ( Ht- mu - < ti a n r r s - FI r n ha > \ - Benjamin , baron de), homme d'État russe, naquit le 22 juillet 1752 en Courlande, dans la terre d'Oxeln, mais fit ses études en Allemagne, et au sortir de l'université entra au service de Prusse. Il n'y resta que quelques années , et en 1777 , âgé de vingt-cinq ans, il revint en Courlande, d'où presque aussitôt il se rendit à St-Pétersbonrg. Nommé major du régiment de cuirassiers de la garde impériale, il passa ainsi sept ans en Russie. Ayant ensuite obtenu son congé, que sans doute il ne sollicitait point vivement, il prit la route de Varsovie et vint offrir ses services à Stanislas II , qui avec la clef de chambellan lui conféra les ordres de Malte et de Stanislas. Heyking de plus remplit aux diètes nationales de Pologne les fonctions de nonce, d'abord de 1784 à 1788, puis de 1790 à 1793; la première fois, au nom de la ville de Pilten, la seconde, au nom de la Courlande; et pendant ce temps il prit rang sinon parmi les illustres orateurs, du moins parmi les écrivains éloquents, parmi les hommes qui ont de l'esprit à propos et comptant. La troisième et dernière catastrophe de la l*ologne, enfln démembrée jusqu'à son dernier lambeau, le fit retourner en Courlande : le duc l'y nomma premier maréchal. En 1795, il fit partie de la députation qui alla signer à St-Pétersbourg l'acte d'incorporation du cercle de Pilten à la gigantesque monarchie russe , et à cette occasion il reçut de l'impératrice le titre de conseil 1er d'État, auquel il joignit bientôt celui de président du tribunal civil de Mittau 11 fit encore