C.-G. Htync biofratAUcÀ UrgttUlU
lorsque la province où Cœttingue est située fut réunie au royaume de Westphalie. Au milieu do tumulte des armes, ce séjour des Muses jouit d'une paix profonde. Après que les traites eurent rétabli la paix, des bienfaits nouveaux vinrent accroître sa prospérité. Dans la vérité, cette institution en fut redevable à la solidité des principes que Heyue y avait établis, à l'éclat de sa réputation , au mérite distingué d'un grand nombre de membres qui pouvaient être considérés comme étant son ouvrage. Un nouveau champ serait ouvert à l'historien de Heyne, s'il pouvait, d'après les renseignements donnés par son gendre, le suivre dans les détails de sa vie privée, l'observer au milieu de ses amis et de sa famille, jusqu'à la fin de sa carrière. Un petit nombre de traits, empruntés à deHeeren, termineront ici son portrait : Heyne, dit-il, appartenait à ce petit nombre d'hommes qui gagnent à être connus. Ses défauts frappaient vivement au premier abord; mais ils disparaissaient à mesure qu'on faisait avec lui plus intimement connaissance. Le fond de son tempérament comme de son caractère était une extrême vivacité; ses impressions étaient fortes et promptes : lorsqu'il prenait intérêt à quelque chose, c'était toujours avec chaleur. Sans doute une aussi grande vivacité ne pouvait pas toujours être exempte d'inconvénients. Il s'emportait quelquefois; et peut-être alors ne pesait-il pas scrupuleusement toutes ses paroles : mais la bonté de son caractère n'était pas moins grande que sa vivacité, et sa colère n'était pas de longue durée.... Ce qui le distinguait particulièrement, c'était un mélange singulier de force et de délicatesse. Son caractère s'était formé par les contrariétés et les souffrances. Si l'adversité n'eût pas été l'école de sa jeunesse, on peut croire qu'il ne serait jamais devenu ce qu'il a été. Il conserva toujours un souvenir très-vif de ce qu'il avait souffert : aussi quiconque souffrait pouvait être sûr de l'intéresser. Ses sentiments se peignaient alors sur son visage, et ils ne restaient jamais stériles. Je ne puis parler que d'une manière générale de tout ce qu'il a fait pour des malheureux qui souvent même lui étaient inconnus. Souvent il allait au delà de ses moyens ;
et toujours il recommandait le silence
Jamais le malheureux ne le quittait sans quelque consolation ; mais il ne se bornait pas à des conseils : il agissait lui-même lorsqu'il pouvait être utile ; et rarement son activité demeurait sans effet. Cette vivacité «l'esprit dont on a parlé se montrait encore en lui dans la conversation. Dès qu'il croyait pouvoir profiter d'un entretien , il causait également avec le savant et avec celui qui ne l'était pas, avec les hommes de toutes sortes de professions. Jamais il ne lui venait à l'esprit de leur apprendre quelque chose; car il était exempt de cette manie de se croire instruit sur tout, manie qui n'est guère celle que
• des esprits bornés. 11 écoutait volontiers; mais, « pour obtenir son attention, il fallait un entre-
* tien solide. FI ne possédait point l'art de parler « sur rien. Les conversations frivoles lui causaient « un mortel ennui ; et il n'était pas en son pou- « voir de le dissimuler.... » La réputation de Heyne, toujours croissante depuis le milieu de sa carrière, l'avait successivement fait adopter par la plupart des sociétés savantes de l'Europe. Comblé de toutes les distinctions, de tous les honneurs qu'on peut obtenir par les lettres, il parvint à une extrême vieillesse, environné de la considération publique et du respect dû à ses talents ainsi qu'à son âge, sans avoir éprouvé les infirmités et la caducité qui sont le partage de la vieillesse. Le jour où il eut ses quatre-vingts ans révolus (le 25 septembre 1809) devint une fête pour la ville de Gœttingue, et fut célébré avec une solennité touchante. Non-seulement l'université en corps, professeurs et étudiants, mais toutes les autorités et les citoyens de tous les ordjes allèrent en pompe offrir leurs félicitations et leurs hommages au célèbre octogénaire, dont ils avaient presque tous été les élèves. Rien n'annonçait alors que le terme fatal où devaient aboutir tant de travaux et tant d'honneurs fût prochain. On n'aperçut encore dans Heyne, pendant les trois années suivantes, aucun symptôme d'affaiblissement. Son esprit était aussi présent, aussi vif, son travail aussi assidu, sa conversation aussi animée, sa correspondance aussi active, que dans les meilleures années de sa vie. Il enseignait, il écrivait, il composait avec la même facilité et le même succès. On aimait à se persuader que la mort l'oublierait encore longtemps, lorsqu'une attaque d'apoplexie vint l'enlever, pendant son sommeil, le U juillet 1812, à ses amis, à sa famille et aux lettres (1).
Quando ullum invenient parem !
HEYNS (Pierre), poète et ge'ographe flamand du 16* siècle, eut de la réputation en son temps par son Miroir du monde, soi-disant poè"me en langue flamande , tiré d'Ortelius. — Son fils Zaehurk Heïss, né en 1570, imprimeur et poète, lui | fut de beaucoup supérieur. 11 a laissé un recueil d'Emblèmes en flamand, où l'on trouve de l'imagination , et dont le style est recommandable pour le temps.
1 1 1 Nos* ne donneron» ]M» Ici le déUil à* duction* de Km; on en trouvera la litM dan» Meu»cl et i bibliographe» allemand». Son premier ouvrée «»t sa liïe..« U* jwe prmtuUerio, qu'il «ootint »ou» Bach , à l.ei(.*icl<. -sn 1752. Se» travaux a la aociéte royale de Gœttingue w trouvent dan» la collection de cette Académie. Ses programme» et «•» .li«trtatloo» comme profiteur, depai» I7C3 Junqu'a 1801. ont et.- recueillis aoua 1* titre d'Uputcuia mtadtmic-i , Gtetungue, wbo- 1811, 6 vol. in-8-, renfermant cent sciic i>t<-ci-s rangers enrunologi.ïupmenl et augmentée» de quelque* note». Bon O»*»»»* « ïtaft, Deux-Pont», Il vol. ln-8«, a l'avantage d offrir tou» le» fragment, de cet auteur mi» 4 leur place On lut doit un grand nombre d'éloge» et de notice, biographique», parmi Uraquel le* noua iudlijuerona •eulement celle» d Heumann , >ie na uer, oc. Mlchiët» et de Winckelmann. Cette dernurc a été traduite en françal» par C. Brmk , OmlUnpie ,1788, in br»