‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 60 sur 106 · S HEY · texte numérisé non relu

S HEY

HEYSE (Jeax-Chrétien-Auccste), grammairien allemand, né le 21 avril 1764, à Nordhausen, passa sa vie entière livré aux travaux du professorat , et mourut le 27 juillet 4829 , laissant divers ouvrages utiles, entre autres : 4° Estai critique sur Mutation et l'instruction considérées soit relativement à leurs principes, soit relativement à leur but, 1810, in-8"; 2» Idées à moi (Originalideen) sur Us langues en général et sur la langue allemande en particulier, 1811, in-8°; 3° Dictionnaire abrégé des expressions étrangères importées et naturalisées en Allemagne ( Kungefasstes Verdeutschungswôrterbuch), 3» éd., Brème, 1813; 4» éd., augm. et améliorée, Hanovre, 182ÎJ; 4° Grammaire allemande, théorique et pratique. 2« édit., 1822; il en donna luimême un abrégé publié successivement sous divers titres, et qui en 1826 atteignit la 6« édition ; 5° Abrégé de versification allemande, Hanovre, 1820, gr. in-8°; 6° (avec Sickel), ilanuet théorique et pratique de tous les genres de poésie (à l'usage des élèves qui terminent leurs études et principalement à l'usage des jeunes personnes), Magdçbourg, 1 821 , gr. in-8° ; 7° (avec Crôme), f Entomologie et l'Helminthologie du Manuel d'histoire naturelle à l'usage des gens de la campagne, Hanovre, 1817, gr. in-8°; 8° Remarques sur f écrit de Schlœger intitulé Du haut mérite et de l'influence de l'éducation sur le sort de la femme, Quedlinbourg, 1826, in-8°. P— ot.

HEYWOOD (John), un des plus anciens poètes dramatiques anglais , naquit à tandres suivant les uns, et selon d'autres à North-Mims, près de St-Alban, au comté de Hertford. 11 étudia à Oxford; mais son caractère vif et enjoué ne pourant s'accommoder à la discipline sévère de cette université, il en sortit de bonne heure, et vint résider dans son pays natal. Il se lia avec plusieurs hommes d'esprit, notamment avec sir Thomas More , et fut successivement en faveur auprès de Henri VIII et de la reine Marie, qui, étant sur son lit de mort, s'amusait encore, dit-on, de ses saillies; mais sa bonne fortune finit avec la vie de cette princesse. Etant connu pour un zélé catholique, il jugea prudent de s'expatrier sous le règne d'Elisabeth. Il mourut à Matines en 1563. Hcywood avait peu d'instruction solide , et il était plutôt versificateur que poi'te; mais il avait du talent pour la musique vocale et instrumentale , et possédait un talent plus important encore dans le siècle où il vivait , celui de diseur de bons mots (jester). On a de lui des pièces de théâtre, un Dialogue en vers contenant tous les proverbes anglais; 500 È/rigrammes; et un volume intitulé t Araignée et te Moucheron, parabole, 1536, iii-4°. Sur la première page de ce dernier ouvrage, qui n'a aujourd'hui d'autre mérite que d'être trèsrare, on trouve le portrait en pied de l'auteur, portant un poignard suspendu à sa ceinture. A la tète de chacun des 77 chapitres du livre, on voit également un portrait qui le représente, tantôt debout, tantôt assis devant un livre ouvert sur

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une table, près d'une fenêtre tapissée de toiles d'araignée. — John Heywood eut deux flls , EIH» et Jasper, tous deux jésuites et hommes d'esprit. Le premier voyagea en France et en Italie, résida quelque temps à Florence sous la protection du cardinal Pôle , et mourut à Louvain vers 1372. On a de lui un ouvrage italien intitulé // Moro, Florence, 1356, in-8°. Jasper Heywood, né à Londres en 1535, prit l'habit de jésuite à Rome. Le pape Grégoire XIII l'envoya vers 1581 en Angleterre, où il fut nommé provincial de son ordre. Il mourut à Naples le 9 janvier 1598. 11 a laissé la traduction de trois tragédies de Sénèque , et des Poésies H Devise* diverses ; quelques-unes ont été insérées dans le Paradis des devises choisies. 4373, in-4°. L.

HEYWOOD (Thomas), auteur et acteur anglais, vécut sous les règnes d'Elisabeth , de Jacques et de Charles Ier, et composa un très-grand nombre d'ouvrages, dont une partie s'est perdue, mais sans beaucoup dédommage pour la littérature, à en juger par ceux qui se sont conservés. 11 avait cependant de l'instruction, et savait plusieurs langues anciennes et modernes. On cite parmi ses ouvrages vingt-quatre pièces de théâtre ( il en avait composé deux cent vingt) ; la Défense du comédien; une Histoire générale des femmes,- des traductions de Lucien, d'Erasme et d'autres auteurs latins et italiens. L.

HEYWOOD (Elisa), fille d'un petit marchand de Londres, née dans celte ville vers 1693, et morte le 25 février 4756, a composé un plus grand nombre de romans peut-être qu'aucun autre auteur de sa nation. Sa plume était sa seule ressource pour subsister avec sa famille. Les premiers romans qu'elle donna au public furent calqués sur YAtlantis de mistress Manley. Sa Cour d"Arimanie et sa Nouvelle Utopie surtout se font remarquer par une extrême licence, qui fournil a Pope , qu'elle avait sans doute autrement offensé, un prétexte pour présenter dans la Dunciade cet ouvrage comme un des prix à remporter dans les jeux ouverts en l'honneur de la sottise; ce qui était un peu dur et même injuste ; car si les premiers romans d'Elisa Heywood méritent des reproches, ce n'est point pour le défaut d'esprit Quoi qu'il en soit, le trait satirique de Pope eut un meilleur effet qu'il n'arrive ordinairement; car dès ce moment elle consacra sa plume à des productions plus estimables. On dislingue parmi ses derniers ouvrages : 4° Le spectateur féminin, 4 vol. ; 2° Èpiire pour les dames. 2 vol. ; 3° L'heureux enfant trouvé, t vol. ; 4° Aventures de la nature, 4 vol.; 5° Histoire de Betseg ThougldUss , •i vol.; CPJenng etJemmg Jessamy, 3 vol.; 7° L'espion invisible, 2 vol.; 8° Le mari et la femme, et un pamphlet intitulé Préstnt à une servante (tous in-12). Plusieurs de ses romans ont été traduits en français. L.

HEYWOOD (Pierre), navigateur anglais, naquit en 1772, dans l'Ile de Man, où sou pere exerçait

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les fonctions de deemtter (juge). Élevé avec soin sous les yeux de ses parents, il fut , à la recommandation du receveur de l'Ile, beau-père de Bligh, embarqué sur le Bounty, \ que ce dernier commandait. Heywood dit adieu à sa famille au mois d'août 1787. L'article de Bligh (voy. ce nom) contient les détails de la révolte qui éclata le 27 avril 1789 à bord du Bounty, Heywood fut un des midshipmen qui restèrent sur ce vaisseau. Vers la fin de mars 1790, sa famille apprit par les feuilles publiques la funeste nouvelle de l'enlèvement du Bounty. Sa mère venait de perdre son mari ; justement alarmée des bruits qui se répandaient , suivant l'usage grossis par la malveillance et représentant Heywood comme un des chefs de la révolte, elle écrivit à Bligh une lettre où se peignaient toutes les angoisses de son âme. La réponse de Bligh est passablement sèche ; il dit que la bassesse du jeune Heywood surpasse toute croyance; il avait déjà mandé à un militaire, oncle du midshipman , que l'ingratitude de celuici était d'une noirceur excessive. Ces assertions étaient dénuées de fondement. Lorsque la Pandore, sous le commandement d'Edwards, mouilla, le 23 mars 1792, sur la rade de TaTli pour y chercher les révoltés du Bounty, Heywood et trois autres Anglais se rendirent volontairement à bord ; les autres furent amenés de force. Tous, au nombre de quatorze, furent enfermés, les fers aux pieds et aux mains, dans une prison en bois, construite à l'extrémité du gaillard d'arrière; elle n'avait que onze pieds de long; on ne pouvait y entrer que par une ouverture de dix-huit pouces carrés pratiquée au sommet. Le 8 mai la Pandore partit et flt voile vers la Nouvelle-Hollande ; le 28 août on aperçut les récifs qui bordent la côte; en voulant franchir ces écueils, la frégate toucha contre les rochers ; malgré tous les moyens employés pour la sauver, on fut obligé de l'abandonner au moment où elle s'engloutissait dans la mer. Les fers avaient été ôtés seulement à une partie des prisonniers; il en périt quatre, ainsi que trente et un hommes de l'équipage. Dans cette catastrophe, Heywood ne put sortir de la prison qu'au moment où l'eau y pénétrait ; il sauta pardessus bord et s'empara d'une planche; il nageait vers un banc de sable éloigné de trois milles, quand un canol le recueillit et l'y porta. Quatre embarcations réunirent les infortunés qui ne s'étaient pas noyés, elles arrivèrent le 14 septembre à Timor. Le 6 octobre un navire hollandais partit avec les Anglais pour Batavia , où il débarqua le 7 novembre. Enfin, le 19 juin 1792, un vaisseau de guerre anglais les flt aborder à Spitbead. Le surlendemain les prisonniers furent conduits à bords de l'Hertor, où ils éprouvèrent le traitement le plus humain. Le 12 septembre ils parurent devant le conseil de guerre; les dépositions ne chargeaient pas fortement Heywood; tous les témoins s'accordaient à reconnaître que dans le moment de la révolte il avait l'air éperdu,

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