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neurs héroïques (l'an 467 avant i.-C ), laissant la couronne, qu'il avait portée onze ans, à Thrasybule son frère, qui ne sut pas la conserver; car il fut chassé de la ville avant d'avoir achevé la première année de son règne. Parmi les médailles qui nous ont transmis les traits d'Hiéron, on distingue éminemment un beau médaillon d'argent, qui de la collection du cardinal Darini a passé dans le cabinet de M. Ucnnin à Paris. Il a été publié par M. Avellino, savant napolitain, qui l'a fait graver dans son journal numismatique du mois de mai 1808 (p. 56). Comme nous avons des médailles de deux princes du même nom (Iliéron I'r et Hiéron II), qui ont régné à des époques différentes , et tous les deux sur le trône de Syracuse, on s'est longtemps mépris sur les monuments de ce genre qui appartiennent à chacun d'eux. Eckhel, qui a traité cette question, Va éclaircie avec sa sagacité ordinaire , et Visconti ,' dans son Iconographie grecque, en adoptant l'opinion de ce savant antiquaire, lui a donné de nouveaux développements qui la fortifient. L'on et l'autre semblent avoir prouvé, d'une manière positive, que Us médailles d'iiiéron I", loin d'être île sou temps, ne sont qu'une restitution d'inéron II , qui prétendait descendre de la famille de Gélon, et qui, en décernant des médailles à ses ancêtres, faisait rejaillir sur lui une portion de l'honneur qu'il rendait à leur mémoire. Le revers des médailles de Hiéron l" fait sans doute allusion à ses victoires aux jeux de la Grèce, et c'est plutôt comme héro6 que comme prince que sa tête s'y trouve représentée (roy. Gélo.\\ Vuoonti conjecture encore que les beaux médadloos d'argent de la reine Philistin , qui ne nous es: presque connue que par ses médailles , ont été frappés à la même époque, et qu'Us sont également une restitution d'Hiéron IL II est porté à croire que Philistin était fille de Gélon , et que c'est de cette princesse qu' Hiéron prétendait descendre; car Gélon n'a point laissé d'enfant mâle. Le revers des médaillons de Philislis a vraisemblablement aussi rapport aux jeux olympiques, où ses parents furent si souvent vainqueurs. I — ».
niERON II fut , ainsi que le précédent , roi de Syracuse, et régna environ deux siècles après lui. Hiéroclès , son père, prétendait descendre de la famille de Gélon , et comme il avait eu ce fils d'une femme qui n'était pas d'une condition Libre, il le fit exposer lors de sa naissance , craignant que cet enfant ne déshonorât sa noblesse : mais, suivant Justin , des abeilles en prirent sain et le nourrirent pendant plusieurs jours. Les aru&pices consultés déclarèrent que c'était un présage de sa grandeur future. Hiéroclès alors le reprit chez lui, soigna son éducation, et le traita depuis comme son fils. Hiéron profita des soins qui lui furent donnés, et montra de grandes déposition* et beaucoup d'adresse dans les exercices militaires. Il se fit distinguer par Pyrrhus, roi d'Epire, qui était alors uuUre de la Sicile, et qui, en aban-
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donnant frite fie, n'y laissa que désordre et anarchie. Les Syracusains, qaî avaient reconnu d'éminentes qualités dans Hie'ron , îtrî décernèrent le commandement , et il ne lui fut pas difficile en- •oile de parrenir à la royauté. Pour se faire des partisans , il avait cru devoir s'allier à l'one des familles de Syracuse les plus consi durables , en épousant la fille de Leptine. Cest sous le règne d'Hiénon que commença la première guerre punique : d'abord allié des Carthaginois , et battu dans un premier combat par le consul Appius Claudius, qui était venu au secours des M amertins, il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il était plus avantageux pour lui de se ranger du côté des Romains. Il reconnut bien que les succès des Carthaginois, victorieux en Sicile, ne lui seraient d'aucun avantage , et H ne rit dans ee peuple qu'un voisin dangereux. Pour éloigner la guerre de ses États, il laissa les Romains aux prises avec Carthage, et envoya aux consuls Otacilins et Vaferius des ambassadeurs pour leur proposer on traité de paix et d'alliance. Depuis eette époque, il ne fut que le témoin des querelles des deux peuples rivaux. Quoiqu'il se montrât phis favorable aux Romains en leur envoyant des provisions de toute espèce pendant la première guerre punique, Hiéron ne refusa point aux Carthaginois les secours qu'ils réclamèrent dans la guerre des esclaves, et sut adroitement se concilier , suivant I» politique qui le dirigeait , l'amitié des uns et des. autres. Fendant l'intervalle de paix assez long qui sépara la deuxième guerre punique de la première , il s'oeenpa du soin île son gouvernement. Il établit des lois sages, dont Cicéron vante l'équité , et ne travailla qu'au bonheur de son peuple. Les encouragements qu'il sut donner à l'agriculture l'enrichirent , et doublèrent les revenus de l'État. Il conserva la foi promise à ses alliés , et lorsque les Romains , battus par An Tribal , furent entièrement défaits près du lac de Trasimène, Hiéron montra qu'il ne s'attachait pas seulement à eux quand fis étaient victorieux. Il envoya des ambassadeurs leur offrir des vivres, des hommes et des armes , et leur fit présent d'une Victoire d'or de trois cent vingt livres pesant , qu'ils reçurent comme un présage de succès. Cette attention délicate (1) cimenta l'alliance entre Syracuse et Rome, dont Hiéron fut toujours l'ami le plus sur , et la perte de la bataille de Cannes, qui fut suivie de la défection de tous les alliés de Rome , n'ébranla point sa fidélité. Hiéron ne s'occupa pas seulement de faire élever des temples et des palais , il Qt encore fabriquer des machines de guerre de toute espèce : il les dut au génie du grand géomètre qui illustra son règne, et qu'il se plaisait è encourager (coy. Ahchimède). Dans l'intention de surpasser la magnificence des autres rois , il voulut faire bâtir un
(1) Les Romains, suivant la remania* de V talent trop Sers pour recevoir de l'or monnayé,
navire qui n'eût jamais eu d'égal. Athénée nous a conservé la description d'une galère merveilleuse qoi fut construite par les soins d'Archimède. Elle avait vingt rangs de rames , et l'intérieur était disposé de manière à offrir toutes les commodités de la vie et tous les agréments du luxe le plus recherché. Les appartements étaient ornés avec le plus grand soin ; l'ivoire et les pierres précieuses en embellissaient les parois. Les pavés, composés de pierres rapportées de différentes coupleurs , représentaient l'Iliade d'Homère. Gymnase, bibliothèque, bains, arsenaux, viviers, magasins vastes et commodes , tours , bâtiments propres à la défense de cette immense galère , rien n'était oublié : ou y trouvait même des galeries ornées de plantes de toute espèce, formant des jardins ombragés par des berceaux de lierre et de vigne. C'était une ville flottante la mer s'étonnait «le porter. Lorsque cette énorme maehine fut achevée , on ne trouva dans toute la Sicile aucun port qui pût la contenir: Hiéron résolut afors d'en faire présent au roi Ptolémée , et comme l'Egypte manquait de Wé, il prit eette occasioo d'en charger ce navire, et l'expédia pour Alexandrie, accompagné de plusieurs autres bâtiments, en changeant le nom de Syracuaain qu'if lui avait donné en celui d'Alexandrin. Les Rhodiens reçurent de ce prince cent talents, après le tremblement de terre qui renversa leur ville. Hiéron eut an fils nommé Gélon , qui épousa Néréide, fille de Pyrrhus : il eut la douleur de voir que ce prince, méprisant sa vieillesse, ne partageait pas les sentiments d'amitié qu'il portait aux Romains, et qu'il s'était déclaré en faveur de Carthage. La mort prématurée qui enleva Gélon a laissé ehez quelques historiens l'opinion que son père pouvait l'avoir avancée. Hiéron mourut lui-même peu de temps après son (ils , âgé de 90 ans , l'an 414 avant J.-C., laissant à son petit-fils Hiéronyvae la couronne qu'il avait eonquise , et qu'il avait portée cioquante -quatre ans. On lui compte néanmoins soixante -dis ans de règne, en y comprenant le temps où il fut premier magistrat de Syracuse. T— n.
HIÉRON Y.ME , petit-fils et successeur du précédent , n'avait que quinze ans lorsqu'il perdit son aïeul. Hiéron craignait bien en mourant que ee roi enfant n'eût pas la force de soutenir la monarchie au point de gloire où il l'avait élevée , et il eut un moment la pensée de rendre la liberté à Syracuse : mais il en fut détourné par ses deux lllles, Damarate et Héradée , tantes do jeune prince, qui se flattaient de régner sous son nom. Elles obtinrent donc que la couronne resterait à leur neveu ; mais Hiéron lui créa un conseil de qninze tuteurs, et les engagea, en mourant, à ne pas abandonner l'alliance des Romains. Les précautions tfHiéron furent inutiles : les tuteurs furent écartés par les intrigues d'Andranodore Tun d'eux, oncle du jeune prince, et Hiéronyrae tut jugé capable de régner. Il prit les renés du
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gouvernement , rompit les traité* conclus avec Rome pour s'allier à Cartbage, et tint une conduite tout opposée à celle de ses ancêtres. H s'aliéna ainsi le cœur de ses sujets , qui conspirèrent contre lui et le mirent à mort. Le peuple se porta ensuite à toute sorte d'excès. On extermina entièrement toute la famille royale; les filles d'Hiéron et celles de Gélon, son Qls, furent impitoyablement massacrées : ce fut sous de tels auspices que Syracuse recouvra la liberté. Les médailles d'Hiéronyme sont les premières qui nous offrent le portrait d'un roi sur la monnaie ; la tête de ce prince y est ornée du diadème, chose que n'avaient jamais tentée ses prédécesseurs. Mais ce ne fut pas seulement en cela qu'il dédaigna de les imiter; Tite-Live lui reproche son luxe , son orgueil , sa cruauté et même ses débauches. 11 faut convenir alors qu'il avait le cœur corrompu quand il commença de régner ; car il ne resta sur le trône qu'environ quinze mois. T— «.
IIIÉRONYME est un théologien grec dont l'époque est incertaine, mais que l'on peut placer entre le 4* et le 7* siècle. Il nous reste de lui deux dialogues : l'un , Sur la grâce divine dans le baptême; l'autre, Sur la Trinité. Ces deux opuscules ont été plusieurs fois réimprimés: Frédéric Morel en a été le premier éditeur ; ensuite est venu Daum, puis Fabricius, qui les a insérés dans le huitième volume de sa Bibliothèque grecque ; enfin Carpzov, qui en a donné lui seul trois éditions (toy. Carpzov). On ne comprend du tout la cause d'un tel succès ; mais, on dit depuis longtemps : Il y a une destinée pour les livres. B— ss.
H1GDE.N (Ralph), ancien historien anglais, moine bénédictin de St-Werberg , au comté de Chester , mourut en 1363 , presque centenaire. On a de lui un ouvrage intitulé Radulphi Higdeni polgchronici libri VU. ex anglico in latinum conrersi a Johanne Trevisa , et editi cura Gul'ulmi Caxtoni, 1482, in-fol. Le D. Gale en publia, dans ses Quindreim teriptortt . etc. , la partie relative aux Bretons et aux Saxons. Tout l'ouvrage, excepté le 7« livre, n'est qu'une compilation, mais faite avec assez de goût : il s'étend depuis Adam jusqu'en 1357. Caxton y a ajouté un huitième livre. On appelle vulgairement l'ouvrage de Higden, le Polychronicon : il est souvent consulte et cité comme une autorité par les historiens anglais. L
HIGGLNS ou H1GINS (Jobs), ecclésiastique ' et instituteur anglais, qui vivait, dans un âge avancé, en 1602, était fort savant, et avait du talent pour la poésie, eu égard au temps où il florissait. On peut en juger par les morceaux qu'il a insérés dans I a quatrième édition du recueil intitulé le Miroir des magistrats. C'est une suite de narrations en vers, depuis Albanact, le plus jeune des fils de Brulus, et le premier roi d'Albanie ou d'Ecosse, jusqu'à l'empereur Caracalla. L'édition
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de Higgins est de 1387. Les autres ouvrages principaux de cet auteur sont : 1° Les Flosculi de Térence ; 2° le Dictionnaire d'Holcot (anglais, latin et français), nouvellement corrigé, mis en ordre, et augmenté d'un grand nombre de noms propres, 1572, in-fol. ; 3° le S'omenclateur d'Adrien Juniut. traduit en anglais, en société avec Abraham Fleming, Londres, 1383, in-8». Z.
HIGGINS Godefroi) , savant anglais, né vers 1771 , passa sa vie sans événements remarquables, partageant ses loisirs entre ses propriétés rurales situées à Skellow Grange (comté d'York) et les fonctions de magistrat inhérentes en Angleterre à la grande propriété , entre les séances des sociétés savantes dont il était membre et des études profondes sur l'histoire, les croyances et les antiquités des premiers âges. La hardiesse, l'originalité de ses recherches le tirent de la classe des savants vulgaires , et, si l'on n'adopte point aveuglément tout ce qu'il énonce comme incontestable, on peut du moins le lire avec plaisir et profil. Ses opinions en religion et en politique n'étaient pas moins paradoxales et tranchantes: une fois la plume à la main , il ne modifiait pas, il nivelait , il renversait , le tout sans cesser un moment d'être dans son intérieur le plus calme et le plus inoffensif qui fût au monde. Il mourut à Skellow Grange le 9 août 1S32. Hors du cercle littéraire il se montra philanthrope actif, déployant surtout un zèle extrême pour l'amélioration de l'asile ouvert à York aux aliénés , il eut le bonheur de voir ses démarches couronnées de succès. Mais ce qui doit recommander plus fortement sa mémoire aux bénédictions de la postérité , c'est la persévérance avec laquelle il s'employa pour faire ouvrir aux aliénés pauvres un refuge analogue à celui qu'avaient les riches ; le résultat de ses demandes fut rétablissement de la maison de Wakefield. On a d'Uiggins: 1° Les Druides celtes, 1827, in-4°, ouvrage très-savant, précieux d'abord par nombre de belles gravures qui représentent des restes de monuments celtiques , mais plus remarquable encore comme développement de l'idée très-hasardeuse, mais vraie peut-être dans certaines limites, que de l'océan Atlantique à la mer de la Chine s'étendit jadis un vaste empire théocratique qui embrassait le monde, et dont le centre était l'Inde septentrionale, de 33° à 43° de latitude nord, et que la puissance druidique ne fut qu'un débris de cette immense monarchie. Beaucoup de hardiesse et de vues, ou, si l'on veut, d'hypothèses neuves, rendent cet ouvrage digne d'être lu. 2* Mahomet. 1829, in-8». Il y prend la défense du célèbre fondateur de l'islamisme, et au feu avec lequel il poétise sa vie et embellit son caractère , en Rattachant surtout à faire saisir soit l'harmonie de sa doctrine et de sa vie orientale, soit l'influence progressive en certains points qu'elle exerça sur des hordes peu civilisées, on est étonné qu'il n'ait pas choisi pour devise : « Dieu seul est Dieu , et
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■ Mahomet est son prophète. » L'auteur île l'Histoire du bouddhisme. Edouard Upham , tenta de réfuter (Gentleman's magatine, janvier 1830) les scabreux paradoxes qu'Iliggins avait pris comme à tâche d'accumuler dans cet ouvrage. 3° Diverses brochures , par exemple : 1 . et 2. deux Lettres sur les abus de la maison d'aliénés du comté d'York, 1814, lettres qui contribuèrent à l'amélioration du régime de cette maison , et qui furent de sa part le prélude d'efforts heureux pour obtenir la création d'un hospice d'aliénés à Wakefleld pour les pauvres du riding (subdivision) de l'ouest du comté d'York ; 3. Adresse aux deux chambres sur les lois relatives aux céréales, etc. Il s'occupait pendant ses dernières années d'une Anacalypse, OU A bas le toile de la déesse de Sais , et les lecteurs familiarisés avec ses idées et sa manière pouvaient s'attendre à des hardiesses plus grandes encore que toutes celles de son passé; mais il expira avant de l'avoir achevé, et l'on n'en a rien retrouvé. P— ot.
HIGGONS (Sir Thomas), auteur anglais, né dans le Shropshire vers 1624, fut élu membre du parlement pour Malmesbury en 1638 , et pour New- Windsor en 1661. Au retour d'un voyage sur le continent, ayant informé le roi d'Angleterre de l'activité extraordinaire avec laquelle on travaillait alors dans les ports de France à équiper une marine, il fut sévèrement réprimandé pour s'être mêlé de choses qui ne le regardaient point. Cependant les événements justifièrent la sagesse de ses avis ■ il obtint une pension de cinq cents livres sterling par an, et environ quatre mille livres de présents. Il fut ensuite créé chevalier, et chargé de diverses commissions en Saxe et à Vienne. M mourut subitement , frappé d'une attaque d'apoplexie, le 24 novembre 1691, au tribunal du banc du rot , où il avait été appelé comme témoin. On a de lui : 1° Panégyrique du roi, 1660, in -fol.; 2° l'Oraison funèbre de sa première femme, veuve de Robert, comte d'Essex, 1636; on lit ces mots dans J'épitaphe de cette dame : Oralione funebri a marito ipso, more prisco. laudata fuit ; '■• Histoire du pacha hou/. 1684 ; 4° la traduction anglaise de l'ouvrage intitulé le Triomphe de Venise. L.
HIGGONS (Revu,), fils cadet du précédent, historien et poète anglais, se signala surtout à la fois par un grand amour de la vérité et par un invariable attachement à la dynastie des Stuarts. U était né à Kezo en 1670. Affligé de I* inutilité des efforts de Jacques II pour se maintenir sur le trône de ses pères, Iliggons l'accompagna en France, en 1688 : son dévouement et sa conversation instructive et enjouée l'y firent admettre dans l'intimité de ce prince. Il ne contribua pas médiocrement à le consoler dans ses infortunes, et resta près de lui jusqu'à sa mort, arrivée en 1701. Alors il retourna en Angleterre, résigné à se soumettre au gouvernement de la nouvelle dynastie, mais sans éteindre au fond de son cœur les sentiments qu'il avait voués à la précédente.
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H commença par y donner une tragédie intitulée le Généreux conquérant, dans laquelle il avait pour but de se concilier l'indulgence de Guillaume. Elle fut représentée sur le théâtre de Drury-Lane, et imprimée à Londres en 1702. Les talents et les connaissances d'Iliggons le firent placer en qualité de professeur à l'université d'Oxford, d'où il passa, en la même qualité, à celle de Cambridge. Au milieu de ces occupations d'enseignement, il composa et publia divers petits poe*mes. Le fameux Gilbert Burnet, si passionnément dévoué à Guillaume, ayant publié son Histoire des dernières révolutions d'Angleterre, dans laquelle il traitait indignement Charles II, qui avait été son bienfaiteur, Higgons lui répliqua par un volume de Remarques historiques et critiques, dont il se fit deux éditions : la seconde, in-8% est de 1727. Il donna , la même année, en anglais, un Abrégé de Chistoire d'Angleterre, accompagnée de réflexions politiques et historiques, etc. Cet ouvrage était d'autant plus intéressant, surtout en ce qui concerne la chute des Stuarts, que l'auteur avait travaillé sur des Mémoires manuscrits jusqu'alors ignorés du public, et dont la découverte n'avait été faite que trente-six ans après la révolution. Cette histoire est nécessaire pour bien connaître les fautes qui occasionnèrent la chute de la précédente dynastie. U en fut fait et publié à la Haye, en 1729 , une traduction qui a pour titre : Abrégé de f histoire d'Angleterre, avec des réflexions politiques et historiques sur les règnes des rois, leurs caractères , leurs mœurs, leurs successions au trône, et tous les autres événements remarquables . jusque s à la révolution de 1688 inclusivement, tiré des mémoires et des manuscrits les plus authentiques . traduit de Cnnglais, par M. L. B. D. G. . chez T. Johnston , in-8° de 4i 1 pages. L'épigraphe de ce précieux ouvrage invite elle seule à lire plus particulièrement les règnes de Charles de Charles II et de Jacques II; elle consiste dans ces trois mots de Virgile : Discité justitiam moniti. Liant les causes de la chute de Jacques au règne de son prédécesseur, l'auteur dit, p. 338 et suivantes : « Charles oubliait ses « amis et obligeait ses ennemis. En voulant par « là ramener une espèce d'hommes que nuls « bienfaits ne pouvaient rendre reconnaissants, « il négligea ceux qu'aucune injure n'aurait pu ■ contraindre à en avoir du ressentiment.... » Tout le reste de ce passage est extrêmement remarquable. Par un exposé suivi des faits il fait voir que ce fut le système adopté par Charles II, de combler de bienfaits ses ennemis et de négliger ses amis, qui avait entraîné la ruine de sa dynastie. G — a.
1IICIIM0RE (Antoine), juriste anglais, naquit à Londres en 1738, et fut placé à huit ans dans la célèbre école de Greenwich alors soumise à la férule de Burney. Ses ascendants depuis plusieurs générations s'étaient livrés exclusivement à la carrière judiciaire : il fut résolu que le jeune homme
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aussi suivrait les mêmes errements. H se passa du temps néanmoins avant que Highmore consentit i devenir clerc d'un procureur; il aimait la science du droit, mais il n'en aimait pas la pratique. Enfla, CD 1783, il fut lui-même à la léte d'un cabinet d'affaires, et tout en rédigeant un grand nombre d'outrages, tant sur la législation que sur la procédure ou sur l'histoire de certaines matières liées de près ou de loin au droit, il se fil une clientèle importante et acquit une belle fortune. Mon moins charitable que savant, il s'honora en s' associant aux efforts de Granville Sharp pour l'abolition de Tesclavage, et en secondant de son argent et de sa plume les sociétés de bienfaisance de la capitale. Après quarante années de cette vie active et utile, Highmore dit adieu aux affaires (1823), et se retira aux environs de Londres : pendant les deux dernières années de sa vie , il fut en proie à de cruelles souffrances qui se terminèrent enfin par la mort le 19juillet 1829. La plupart des ouvrages de Highmore ont été' classiques pour les praticiens, et décèlent une science de détails qui n'exclut en aucune façon les considérations larges du législateur qui plane au-dessus de la loi. En voici les titres : 1° Manuel de la doctrine des cautions, tant au criminel qu'au civil, Londres, 1783, in-8°. La publication de cet opuscule, parfait de rédaction , coïncide avec l'entrée de Highmore au barreau comme procureur, et le classa de prime abord très-haut parmi ses confrères, en montrant à quel point il avait profité de sa cléricature. 2° Reçue de t histoire de la main-morte et des us et coutumes charitabUs, 1787, in-8»; 2» édition, 1809. Cet ouvrage se recommande par les mêmes qualités de rédaction que le précédent, mais il est plus long, il embrasse plus de faits, il prouve plus de science, de jugement et de maturité de la part de l'auteur, qui , pour rassembler les matériaux qu'il récapitule ici, a dû nécessairement sortir de l'étude du procureur et de l'ornière du présent. 3° Additions qu'il faut faire à la loi des us et coutumes charitables, comprenant des cas qui se sont présentés depuis la publication de l'Histoire de la main-morte. 1793, in-8°; 4° Réflexions sur Ut distinctions en usage dans les affaires de presse dites poursuites au criminel du libelle, 1791, in-8°. Ce morceau remarquable parut avant que Fox eût prononcé son célèbre discours sur la loi du libelle : ce que Fox proclame avec une véhémence oratoire, Highmore l'énonce avec le calme et la haute vigueur de la raison : la précision , la clarté, la logique du juriste ne restent guère audessous de l'éloquence de l'homme d'État, et la plume du premier prépara bien puissamment les esprits à s'impressionner à la parole du second. 5° Classification pratique des lois de t excise, 1796, 2 vol. in-8»; 6° Traité sur la loi relative à rimbéàlliti et à la folie, 1807, in-8° ; 7° Pietas londinensis, Ou Histoire des établissements de bienfaisance de Undres et de ses environs, 1810, in-12. Il faut regarder comme la continuation et presque
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comme un second tome de cet ouvrage la Philanthropia metropolitana . 1822, in-12, qui contient l'histoire des établissements formés depuis 1810, et qui poursuit celle des sociétés anciennes de celte époque à 1822. 8» Diverses brochures sur des projets de loi , une Histoire de la compagnie d'artillerie formée en 1804, lorsque l'Angleterre craignait une invasion française, des manuels d'importance très-secoudaire , bon nombre d'articles sous les initiales L. L. dans le Gentleman s magazine. — Un autre H(Gtmoit£ (Nathaniel ) , né vers 1763 , étudia successivement les langues classiques et les antiquités, la théologie et le droit à Gcettingue, sous les Michaelis, les Heyne et leurs collègues, se fit élève en médecine i Londres, à Leyde, a Edimbourg, et fut ordonné diacre en 1787, mais sans être promu aux autres ordres. Reçu docteur en droit civil à Cambridge en 1796, il se présenta muni du fiât de l'archevêque de Canterbory à la cour ecclésiastique d'Ecosse pour y plaider et y suivre des affaires, mais s'en vit opiniâtrément exclu à cause ou sous prétexte de son commencement d'ordination. De U une polémique dans laquelle il fit paraître, entre autres ouvrages , le Jus ecclesiaiticum augkcanum, ou le Gouvernement de C Eglise d'Angleterre, développé et mis en lumière par des exemples, 1810,
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HK.T (Erxest - GuiLLiura) , poêle latin et bon philologue, était Frison de naissance, et, après avoir fait d'excellentes étodes sous Hemsterhuis, Wesseling et Walckenaer, fut appelé an rectoral de Fécole latine (FAlkmaer. Dans la poésie latine, il maniait avec un talent tout particulier le vers trochaïque. C'est dans ce mètre qu'H a traduit la complainte de Bion Sur ta mort d'Adonis, et celle de Hoschus Sur la mort de Bion . que Walckenaer a imprimées dans les Theocriti. Bionistt Motchi carmina bucolica. Campen, 1779, in-8*. Ces mêmes traductions se trouvent , avec quelques corrections essentielles, dans les Delici* podicm de van Santcn, p. 260-271. Ce recueil olfre six autres pièces de Higt , dont Tune est une traduction en vers trochaïques de la belle ode hollandaise de Guillaume de Haren Sur Us vieissitutLs delà vie humaine [vog. IIaki \). Un semblable recueil , publié par van Kooten , présente , dans le cinquième fascicule, deux pièces de Higt , p. 125- 132, et encore une dans le huitième fascicule, p. 232-233. Higt avait pubUé en 1738 : Carme* trochaïeum in redit um veris , Alkmaer, in-4"; et 3 est étonnant que ce charmant poeïnc n'ait été placé ni dans l'un ni dans l'autre des recueils dont nous venons de parler. P. Burraan le second, dans sa ilantissa observationum , à (a lin du deuxième volume de son Anthologie latine, produit un assez grand nombre d'ingénieuses conjectures de Higt. Nous connaissons aussi de lui quelques poésies en langue frisonne. Il mourut dans la force de l'âge; mais nous avons inutilement recherché l'époque précise de sa mort, aussi bien
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que celle de sa naissance. Walckenaer dit de lui, dans la préface de l'ouvrage que nous avons cité : Poftn, gra-ce et latine perdoctut , média atate. nobit omnibus Jlebilis occidit. M — ox.
HIGUF.RA (Jerome-Romai*), jésuite, est l'auteur de toutes les Causses chroniques '1) publiées en Espagne dans le 17* siècle; et à ce titre il mérite d'être pins connu. Né à Tolède en 1538, il embrassa l'état ecclésiastique , et ne tarda pas à élre pourvu de la chaire de philosophie du collège de cette ville. Ses succès inspirèrent de la jalousie aux jésuites; et ils ne négligèrent rien pour s'acquérir un sujet dont les talents pouvaient répandre un nouvel éclat sur l'ordre entier. Hlguera résista longtemps à leurs sollicitations, et ce ne fut qu'en 1690, à l'âge de plus de cinquante ans , qu'il se détermina à entrer dans ia société. H était très-hahile dans les langues et dans la connaissance de l'antiquité. Le silence des historiens sur l'établissement de la religion chrétienne en Espagne loi causa des regrets; et il résolut d'y suppléer, en composant des chroniques, à l'aide des traditions populaires et des monuments échappés aux ravages des barbares. Afin de donner plus de poids à ses récits, il attribua la principale de ses chroniques à Flavius Dexter, cité par St-Jéromc comme auteur d'une chronique, dont on pouvait supposer la découverte récente. Un seul point l'embarrassait encore; c'était la production du manuscrit original , dans le cas où elle serait demandée. Il mit donc dans sa confidence Torialba, Fun de ces confrères; et celui-ci, étant parti pour FAllemagne quelque temps après, ne manqua pas d'annoncer qu'il venait de trouver Fourrage de Dexter qu'on croyait perdu , et d'en envoyer des copies en Espagne. Iliguera en reçut une des premiers; mais, pour détourner les soupçons de connivence, il se contenta d'éclaircir différents passages du texte par des notes, et adressa son travail à Fr. Bivar, le laissant le maître de le publier s'il le jugeait convenable. Higuera mourut à Tolède le 13 septembre 1611, et fut par conséquent étranger aux disputes qu'occasionna la publication de son ouvrage [voy. Fl. Dexter}. Plusieurs critiques désintéressés en soutinrent l'authenticité; et c'est la preuve qu'il avait eu l'art de prendre les formes de style et de garder les convenances propres à tromper les hommes les pins exercés. On trouva parmi les manuscrits d'Miguera plusieurs ouvrages, entre autres des notes sur les fausses chroniques de Jul. Pierre ou Perez de Tolède et de Luitprand de Pavie, et des recherches sur quatre des principales familles de Tolède. Ses notes sur Luitprand ont été publiées à la suite de la chronique, et on y a réuni un antre ouvrage dTliguerB, intitulé Diptycon Totetanum teu Utlwiœ Tolttanœ episasporum ejusd. sedis, Anvers, 1610, in-fol. \V — s.
de Fl. Dndt, de Jo'Un Ptem 6U PArw
de Toi**, a.
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HILAIRE ou HILARIUS fut élu pape le 12 vembre 461. fl était originaire de Sardaignc, et son père se nommait Crispin. 11 succéda à St-Léon, qui l'avait fait son archidiacre et son légat au second concile d*Ephèse. Il y soutint avec fermeté, contre les Eutychécns, les intérêts de la religion et de l'Église et ceux de Flavien , évéque de Constantinople, qu'il ne put néanmoins sauver des violences de Dioscore. Flavien fut arrêté, et la liberté d'Hilaire fut également menacée : celui-ci fut obligé de s'enfuir d'Éphèse. Son zèle fut approuvé par St-Léon , et lui mérita l'honneur de lui succéder au Saint-Siège. Le pontificat d'Hilaire n'est remarquable par aucun événement important. La France, ou régnait Childéric , n'était pas encore chrétienne : l'empire d'Occident touchait à sa fin. Hilaire remplit dignement tous ses devoirs partout où son autorité était nécessaire, fl poursuivit les hérétiques avec courage, en sollicitant contre eux la puissance séculière. Il enrichit des églises et des monastères que les Vandales avaient dépouillés. Il entretint partout la sévérité1 des règles et la discipline. St-Mamers, évéque de Vienne, avait institué l'évéque de Die, qui n'était point de sa juridiction. Cette affaire fut examinée dans un concile. L'ordination fut réformée, et St-Mamers reçut une simple admonition. Oa ignore pourquoi Allelz, dans sa Vie de» papes. accuse Hilaire de prévention à ce sujet. L'avis contraire de Fleury parait bien mieux motivé. Ililaire mourut très-regretté, le 17 novembre 467, après cinq ans et dix mois de pontificat : il eut pour successeur Simplicius. D— -a.
HILAIRE (Saint), évéque de Poitiers , docteur «le l'Eglise, naquit dans cette ville vers le commencement du 4e siècle, de parents distingués par leur naissance, mais engagés dans les ténèbres du paganisme. Il fit de grands progrès dans l'étude des belles-lettres, alors très-florissantes dans les Gautes. Porté, par la lecture des livres sacrés, à connaître les chrétiens, il lia commerce avec eux, se fil instruire de la foi, et ne tarda pas à se convertir. H était marié , et sa conversion entraîna celle de sa femme et de sa fille. Sa piété, son érudition , une conduite régulière , un mérite universellement reconnu, fixèrent sur lui les vœux de tout le peuple, qui l'élcvèrent à i'épiscopat, environ Fan 330 ou 33, quoiqu'il fût encore engagé dans les liens du mariage. Il se montra digue de cette haute dignité par son zèle et par sa vigilance. Dès l'an 353, il adressa une requête à l'empereur Constance, pour mettre un terme à la persécution que souffraient les catholiques de la part des ariens. Ces hérétiques triomphèrent, l'année suivante, au concile de Béziers, malgré ses efforts ; et comme il avait dénoncé les fauteurs qu'ils avaient parmi les évêques courtisans , on le fit reléguer en Phry-1 gie, avec Rodane, évéque de Toulouse. Du fond de son exil , il ne cessa de soutenir ceux des évêques des Gaules qui tenaient pour la foi ca-
«4 nir.
tholiquc, par ses lettres et par divers traite's qu'il leur adressa , où il défendait les points attaques et expliquait les diverses professions de foi qui couraient partout; usant cependant de condescendance envers ceux des Orientaux qui, sans être parfaitement d'accord avec les orthodoxes, se rapprochaient d'eux pour le fond, et ne se trompaient que sur la manière de s'exprimer. Appelé au concile de Séleucie en 359, il défendit seul , avec quelques évêques d'Égypte, la consubstantialité du Verbe contre les demi-ariens et les anoméens , qui composaient plus des deux tiers de l'assemblée. De là , il se rendit à la cour de l'empereur, qui était le centre de l'arianisme : il y opposa aux blasphèmes des hérétiques une contession publique de la divinité du Verbe. Ce fut dans cette occasion qu'il présenta une seconde requête pour obtenir une conférence réglée avec Saturnin d'Arles, auteur de son exil, afin de le confondre, et pour disputer publiquement avec les partisans des conciles de Rimini et de Séleucie. Ses adversaires, redoutant son éloquence, le firent renvoyer dans les Gaules comme perturbateur du repos public; mais, avant de partir, il composa Son Invective contre Constance, ouvrage écrit d'un style vif, véhément, excusé cependant par les circonstances, où les édils de ce prince jetaient la terreur dans les cœurs de tous les catholiques : il contient des vérités dures , sans laisser néanmoins échapper rien qui pùt porter atteinte à la soumission qu'il devait à l'empereur comme sujet. De retour, après quatre ans d'exil , dans sa ville épiseopale, où il fut reçu , suivant l'expression de St-Jérôme, comme un vainqueur qui revient triomphant du combat, il assembla plusieurs conciles, et fit rétracter la plupart des évêques des Gaules qui avaient souscrit au formulaire de Rimini. 11 passa ensuite en Italie, où il démasqua et confondit l'insidieux Auxence, tout-puissant auprès de l'empereur Valentinien , et , pour prix de sa fermeté , reçut l'ordre de se retirer dans son diocèse. Cet invincible défenseur de la foi de Nicée, titre que lui donnent Socrate et Sozomène, mourut, suivant St -Jérôme, en 368. St-llilaire joignait à un naturel doux , paisible, insinuant , toute la vigueur nécessaire dans les circonstances pour s'opposer aux hérésies, et toute la prudence qu'exigeaient
Jes conjonctures délicates où il se trouvait. Il est lussi modéré dans son Livre des synodes qu'il est ' véhément et impétueux dans son Invective contre Constance. Aussi a-l-il mérité les plus grands éloges des Jérôme, des Augustin et de tous les illustres défenseurs de la foi qui sont venus après lui. Ses ouvrages sont : 4° Un Commentaire sur St -Mathieu, le plus ancien de tous ceux qui nous restent des Pères latins sur cet évangéiiste. La préface en est perdue. 2° Ses deux Requîtes à l'empereur Constance, et son Invective contre ce prince. La première requête ne nous est pas parvenue dans son entier; la seconde a été célèbre dans l'antiquité. 3» Le Traité des synodes; 4" les
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Doute livret de la Trinité; 5° des Fragments d'un ouvrage contre Ursace et Valens , et d'un autre grand traité sur l'arianisme en Occident; 6° un Commentaire sur Us psaumes, dont nous n'avons qu'une partie. Il y suit la méthode d'Origène, chez lequel il a beaucoup puisé, sans le citer, sans doute à cause des préjugés qu'on avait alors contre lui. On doit plutôt y chercher à s'instruire des vérités de la religion qu'à y découvrir Je sens littéral des livres saints. Plusieurs de ses ouvrages sont perdus; on lui en a attribué d'autres qui ne sont pas de lui. Son style est serré, précis, nerveux; ses expressions sont nobles et énergiques : il y a beaucoup d'ordre dans ses écrits , de force dans ses raisonnements, de justesse dans ses pensées, d'esprit dans le tour qu'il leur donne. Sa critique est sévère, mais juste; ses descriptions sont vives et pathétiques, ses figures, fréquentes et placées à propos. L'impétuosité de son éloquence l'a fait appeler par St -Jérôme le Rhône de l'éloquence latine. On trouve cependant chez lui de l'enflure, de l'obscurité, des périodes trop longues, des expressions qui ne sont point latiucs et des tours peu conformes aux règles de la grammaire. Pour bien l'entendre, il faut avoir un grand usage des termes tbéologiques des Grecs, qu'il transporta le premier dans la langue latine. Il avait quelque teinture de l'hébreu, savait le grec, et connaissait parfaitement les auteurs profanes. Il est le premier des Latins qui ait pris la défense de la consubstantialité du Verbe. L'édition de ses ouvrages publiée in-folio à Paris en 1344, chez la veuve Charlotte Guillard, par Louis le Mire, la plus correcte et la plus exacte de toutes celles qui | eussent paru jusqu'alors, est extrêmement rare. La meilleure est celle de dom Constant, Paris, 1693, in-fol., précédée d'une longue préface et accompagnée de savantes notes, où l'on traite de tout ce qui peut avoir rapport à la personne , aux écrits et à la doctrine de St-llilaire. Le marquis de Maflei l'a publiée de nouveau à Vérone en 1730, avec quelques nouveaux fragments et beaucoup de variantes. L'édition de Wurtzbourg, 1781-1788, 4 vol. in-8°, due à Fr. Oberthuer, fait partie de la collection des Pères latins, imprimée dans cette ville. Dom Martène et dom Durand ont publié, dans le dixième tome de VAmplissima collectio , l'explication de trois psaumes, découverte depuis les éditions antérieures. T— a.
HILAIRE (Saint), évêque d'Arles, naquit au commencement du 5* siècle, d'une famille illustre de l'ancienne Relgique, sur les confins de la Lorraine et de la Champagne. Son éducation répondit à l'état de ses parents; il fit des progrès rapides et brillants dans l'étude des belles-lettres, de IVloquence et de la philosophie. Sa naissance et ses talenta ouvraient devant lui la carrière des honneurs; et il se disposait à la suivre, lorsque St- Honorat, son parent, premier abbé de Lérùu,
accourut du fond de sa solitude pour l'arracher aux séductions du siècle , et l'emmener avec lut dans ce célèbre monastère. Sous un si habile maître , Hilaire se forma en peu de temps dans la pratique des vertus religieuses et dans la connaissance des lettres sacrées. Le saint abbé ayant été élevé , en 427, sur le siège épiscopal d'Arles, son disciple le suivit dans cette ville; mais le goût de celui-ci pour la solitude le rappela bientôt après dans son désert , d'où il ne revint , au bout de deux ans, que pour recevoir les derniers soupirs de son illustre maître. Instruit qu'on le désignait pour remplir le siège vacant, il s'enfuit promptement dans sa retraite. Il fallut que le préfet Cassius, qui connaissait son mérite, l'en fit arracher par force , pour l'obliger de se rendre aux vœux unanimes du clergé et du peuple de la ville d'Arles. Quoique à peine âgé de vingt-neuf ans, son début dans l'épiscopat n'eut rien qui se ressentit de sa jeunesse. Son premier soin fut de s'entourer d'une congrégation de prêtres et de religieux pour le seconder dans l'exercice des fonctions pastorales. Elle fut la pépinière d'où sortirent un grand nombre d'évéques, qui, formés par ses exemples et instruits par ses leçons, rendirent son nom célèbre dans les Gaules. Son éloquence douce et persuasive attirait une foule d'auditeurs aux fréquentes instructions qu'il faisait au peuple de son diocèse. Sa charité ne le cédait point à son zèle : le travail des mains lui fournissait de quoi pourvoir aux besoins des pauvres, il vendit, dans certaines circonstances , l'argenterie des églises, et même jusqu'aux vases sacrés, pour racheter les captifs dont les conquêtes des Romains avaient prodigieusement multiplié le nombre, et pour soulager ceux qu'il ne pouvait rendre à la liberté. Les démêlés qu'il eut avec St-Léon forment une époque mémorable dans l'histoire de l'église gallicane. Célidoine , évéque d'une ville qu'on croit être Besançon, convaincu d'avoir épousé une veuve avant son ordination , et d'avoir, étant magistrat , prononcé des arrêts de mort , deux défauts qui excluaient de l'épiscopat, fut déposé dans un concile présidé par St-Hilaire, auquel assistèrent St-Eucher de Lyon , Sl-Germain d'Auxerre , et d'autres évéques également recommandables par leur mérite. Au lieu de descendre de son siège, il courut i Rome pour réclamer l'autorité du pape St-Léon contre le jugement qui le condamnait. Hilaire l'y suivit : il fut fort étonné d'y voir admis a la célébration des saints mystères un évéque déposé par tant de respectables prélats selon toutes les formes canoniques. St-Léon , surpris par les artifices de Célidoiue, plus offensé encore de ce que St-Hilaire refusait de reconnaître le droit d'appel à Rome, qui n'était pas encore reçu dans les églises en deçà des Alpes, accueillit très-mal les humbles représentations du saint évéque et ne voulut point écouter ses raisons. Célidoine fut rétabli sur son siège; et St-Hilaire, pour mettre
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sa personne en sûreté , n'eut d'autre moyen que de se soustraire à la vigilance des gardes qu'on lui avait donnés , et de regagner promptement son diocèse en traversant les Alpes à pied, au < milieu de la saison la plus rigoureuse de l'année. A peine fut-il arrivé dans sa ville épiscopale, qu'il s'occupa des moyens de calmer l'esprit de St-Léon et de dissiper ses préventions. 11 lui députa les prêtres Ravennius, Nectaire et Constance, les membres les plus distingués de son clergé. Il s'adressa à Auxiliaire , son ami , ancien préfet des Gaules, et qui l'était alors d'Italie. Mais le pontife ayant exigé que St-Hilaire renonçât à la discipline des églises des Gaules sur les appels à Rome et qu'il souscrivit au rétablissement de Célidoine, la négociation fut sans effet. Le mauvais accueil que St-Hilaire avait reçu à Rome enhardit les en* nemis que son zèle lui avait faits : parmi eux était le préfet des Gaules , qui ne pouvait lui pardonner de l'avoir repoussé de l'église à cause de ses injustices. On accusa St-Hilaire de parcourir les provinces avec un appareil militaire pour se rendre maître des élections, et placer sur les sièges vacants des hommes inconnus, en rejetant ceux que les vœux du peuple y appelaient. C'est ainsi qu'on représentait les escortes que le patrice Aétius,dont il était singulièrement révéré , lui donnait pour le protéger dans ses courses apostoliques à travers des pays habités par des barbares ou troublés par la guerre. Peut-être aussi qu'obligé par sa dignité de présider aux élections, il ne s'arrêta pas toujours à ceux que portaient des vœux indiscrets , et qu'il usa de toute l'autorité de son ministère pour leur substituer des sujets dont la capacité et la vertu lui étaient parfaitement connues , et que leur humilité ou la cabale en éloignait. St-Léon accueillit toutes ces accusations, ainsi que celle d'avoir ordonné un évéque de Lodève à la place de Projecte, encore vivant ; fait dont ne parle point l'auteur contemporain de la Vie de St-Hilaire, et qui ne nous est connu que par la dénonciation de ses ennemis. C'est à cette occasion que le pontife écrivit aux évéques de la province viennoise celte lettre fulminante qui prouve, dit Baronius, jusqu'à quel point on avait calomnié St-Hilaire auprès du pape et le peu de soin que St-Léon avait pris pour se précautionner contre la surprise des calomniateurs. Le pontife , sans avoir entendu l'accusé ni personne de sa part , le dépouilla de toutes les prérogatives de son siège , de ses droits de métropolitain, qu'il transféra à Léonce de Frèjus, et le déclara séparé d» sa communion. Mais St- Léon , prévoyant que sa décrétale éprouverait de grandes contradictions dans les Gaules, où l'on ne reconnaissait point dans le pape le droit de juger un métropolitain en première instance, < i d'ailleurs Hilaire était généralement aimé et respecté, obtint, pour rendre son jugement exécutoire , ce fameux rescrit de l'empereur Valentinien III, qu'on regarde assez généralement comme
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le fondement de la puissance des pou lires romains sur les églises en deçà des Alpes. St- Hilaire, voyant ainsi les deux puissances réunies contre lui, jugea devoir se contenir dans un silence respectueux , et n'en conserva pas moins la vénération de ses collègues , et toute l'étendue de la juridiction dont il était revêtu. Mais enfin ses abstinences continuelles , se* longues veilles , les travaux pénibles auxquels il se livrait, ses fréquents voyages, qu'il faisait toujours à pied, épuisèrent ses forces : il mourut saintement comme il avait toujours vécu, le S nui 449, jour auquel l'Eglise célèbre sa mémoire. On avait une telle opinion de ses vertus, que sa perte fut sensible aux ennemis même de sa foi et de sa personne. Les juifs assistèrent à ses funérailles, et mêlèrent leurs chants lugubres à ceux des chrétiens : son corps rut transporté à Lérins, où l'on voit encore aujourd'hui la belle épitaphe qne St-Monorat de Marseille avait composée pour être gravée sur sa tombe. Quelques auteurs ont cru que St-Léon , touché des vertus éminentes de Stllilaire, était enfin revenu de ses préventions contre lui, parce que, dans sa lettre aux évêques de Provence sur la promotion de Ravennius, qui lui succéda , il l'appelle un évêque de sainte mémoire : mais on voit par une lettre postérieure , adressée à ceux de la province vienuoise , qu'il conservait encore quelque ressentiment; car il persiste à l'accuser d'une escetme présompdiom. St-Honorat de Marseille, qui écrivait la vie du saint évoque d'Arles immédiatement après la mort des deux illustres adversaires, n'ose pas prononcer un jugement sur leurs contestations; mais son opinion en faveur de St-Hilaire n'est pas diilkile à deviner, quand on voit son biographe le représenter en butte à des ennemis nombreux et puissants, le louer de ne s'être pas laissé ébranler par leurs menaces, d'avoir persisté constamment à instruire de la vérité ceux qui désiraient la connaître, d'avoir toujours triomphé de ceux qui tentèrent d'entrer en controverse avec Jui , d'avoir résisté constamment aux puissances plutôt que d'admetttre à sa communion ce fameux Célidoine , qui avait été déposé par les plus grands et les plus saint» évêques des Gaules, etc. Des savants distingués, parmi les modernes, tels que Tillemont et l'éditeur des oeuvres de St-Léon, nous en ont donné d'ample* apologies. Bai on i us, dont le témoignage doit être ici d'un grand poids, se déclare ouvertement pour son innocence. Pa-. pebrock, qui incline davantage pour St-Léon, réduit toute la faute de St-Hilaire « n'avoir pas voulu admettre l'appel des conciles des Gaules an tife romain. Mais il ne parait pas persuadé excès imputés à ce dernier, et sur lesquels le premier s'en était laissé trop facilement imposer par ses ennemis dans la chaleur de la dispute. On trouve dans le second tome des Bollandistes sa défense contre ceux qui l'accusent de seari-pélagianisrae. On a attribué à St-ililaire divers ou-
vrages qui ne sont point de lui. Les seuls qui lui appartiennent véritablement ont été recueillis par le P. Quesnel , dans l'appendice de son édition des œuvres de St-Léon. Ce sont quelques opuscules dont le plus curieux est l'Éloge funèbre de St-Uonorat d'Arles, son prédécesseur, que l'on regarde comme un des plus beaux monuments de l'antiquité ecclésiastique en ce genre, pour l'élégance du style , les grâces de l'éloquence et la douceur des sentiments ; il a été traduit en français par M. Dufossé. T — ».
Ull AlU K i Aiglste Saint- ). Vf** Saikt-H*- LAM£.
UILAIRE (GcomoT Sust-). toyrs Georraoi
Mi la II ion (Saint), célèbre instituteur de la vie monastique en Palestine , naquit , vers l'an 292, à Tabathe près de Gaza. Ses parents, qui étaient païens, l'envoyèrent très-jeune faire ses études à Alexandrie. Il s'y convertit; et attiré par la grande réputation de St- Antoine , il alla k trouver dans le désert. Après deux mois de séjour auprès de ce patriarche, il retourna en Palestine, accompagné de quelques moines, partagea son bien entre ses frères et les pauvres, et s'enfonça dans un désert affreux, qui n'était fréquenté que I par des brigands. Il y fonda un grand nombre de monastères, et s'y rendit célèbre par ses austérités, par ses vertus , par ses miracles et par les conversions nombreuses des personnes qui, venant du relier dans sa retraite la guériaon de leurs maladies corporelles , y trouvaient encore celle de leurs aines. Tout son temps était partagé entre les exercices de la vie contemplative et le travail des mains qui lui fournissait de quoi se nourrir. Sa réponse à tous ceux qui lui offraient des présents était : Ce que tout «w reçu gratuttememl, domnet^e fraluUrmeiU. Un officier de l'empereur Constance, guéri par ses prières, voulut lui faire accepter une somme d'or; le saint refusa, et lui présenta un pain d'orge en lui disant : Ceum qui se nourrissent ainsi comptent for pour dm la boue. Afin de fuir le grand concours de peuple que sa célébrité et ses miracles attiraient sur ses pas , d se vit contraint de quitter sa cellule , et parcourut successivement les déserts de l'Egypl . , il passa en Sicile , en bal mat ie . sans posvear jamais se dérober à l'empressement de ceux qui avaient recours à ses prières ; enfin il se retira dans un lieu écarté de l'Ile de Chypre, on il termina sa carrière vers l'an 572. T — ».
IllLARH S , écrivain de la première moitié dn 42* siècle, fut disciple d'Abélard, à qui il adressa (vers l'an 1125) une élégie sur le refus qne faisait ce philosophe de continuer ses leçons au Paraekt, et sur l'obligation qu'il imposa è tous ses disripk*. à cause de leurs désordres révélés par un serviteur, d'aller habiter le village de Quincey, dans le voisinage du Paraelet ( Ht st. tiU, de France, t. li, p. 252). Du Boulai, dans son Uutoire de fumnrrtile de Paris (t. 2, p. 737), donne à la retraite d'Abe-
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lard un motif plus délicat à exposer. La pièce à Abélard a cela de curieux et de singulier, qu'elle se termine à chaque strophe par ce refrain en français -.
Tort a «en ma U mettre.
Ce qui nous reste d'UIIarius fut publié en 1838 par J.-J. Cbampollion-Figeac, au nom de la société des bibliophiles, sous le titre d'Hitarii versus et ludi ( Paris , Techener, ln-8° ) , d'après un manuscrit conuu d'André Ducbesne, en 1616; de Mabillon, en 1703; et qui, ayant reparu en 1837 dans le catalogue de ta bibliothèque de Hosny, fut acheté pour la bibliothèque de Par», où il se trouve aujourd'hui. Ce volume renferme quinze pièces de celles qu'on appelle proses rkythmiques; elles sont toutes rimées. Trois de ces pièces sont des mystère», et les autres des compositions amoureuses , satiriques , descriptives ou historiques. L'auteur se nomme dans plusieurs passages (p. 1 1 , 15, 22); il s'appelle Hilarius, et Mabillon, sans que l'on sache sur quel fondement , ajoute qu'il était Anglais d'origine. Pcut-êlre celte conjecture du docte bénédictin vient- elle uniquement de ce que Hilarius raconte la vie d'une recluse anglaise du nom d'Eve, qui finit sa sainte vie dans l'Anjou, et de ce qu'il adresse quatre de ses épltres à d'autres personnages d'Angleterre. Quel que soit l'intérêt de ces divers morceaux, il est bien au-dessous de celui que doivent exciter de notre temps les trois mystères composés par Hilarius, et qui ont pour objet : la Résurrection de Laxare, St-Xïcotas et les voleurs, puis l'Histoire de Daniel. Les deux premiers ont des refrains en idiome vulgaire, circonstance bien digne d'être remarquée. Marie pleure ainsi son frère Lazare :
Hor «1 dolor,
Hor cet mit frère non ;
For que gel |>lur.
L'honnêteté et les bonnes mœurs d'Uilarius sont un peu compromises par quelques-unes de ses pièces; mais, à tout prendre , son petit recueil n'est point à dédaigner pour l'histoire de nos idiomes au moyen âge. C — t — t.
HIL DAN US (Fassicjus). l'oyez Fabbick.
HILDEUERT naquit en 1057, à Lavardin, dans le Vendotnois. Ses progrès rapides dans les belleslettres, où il eut pour maître le fameux Bérenger, le placèrent à la tête de l'école du Mans , qu'il dirigea pendant treize ans avec un grand succès. Il devint archidiacre, pois évêque de cette ville en 1097. Les commencements de son épiscopat furent pénibles. Geoffroi, doyen du chapitre, calomnia ses moeurs dans l'espoir d'obtenir sa place; Yves de Chartres se laissa même d'abord prévenir par les ennemis d'Hildebert : mais enfin son innocence triompha (toy. V Histoire tiUéraire de la France, t. 41). Ayant éprouvé quelques persécutions de la part de Guillaume le Houx, roi d'Angleterre, qui «'était emparé de la ville du Mans, il Ai un voyage à Borne, dans le dessein d'abdi-
quer son siège t mais Paschal II ne voulut point y consentir. A son retour, il trouva son diocèse en proie au schisme qu'y causaient les prédications fanatiques d'Henri, disciple de Pierre de Rruys. Il confondit le sectaire, le chassa de son diocèse, et rétablit le calme en ramenant par ses instructions ceux qui s'étaient laissé séduire ; nildebert gouverna son église avec beaucoup de sagesse et de zèle, soutenant ses droits avec vigueur contre les entreprises des seigneurs laïques, édifiant son peuple par ses vertus jusqu'en 1125, qu'il fut élevé, malgré sa résistance , sur le siège de Tours. Il y porta les mêmes talents et les mêmes vertus qu'il avait fait briller au Mans; il visita sa province, et présida un concile à Nantes, où l'on fit de très-bons statuts pour corriger les obus et les désordres qui étaient alors généralement répandus en Bretagne. Il tomba dans la disgrâce de Louis le Gros, pour lui avoir disputé la nomination de deux dignités de son église; mais il se reconcilia avec ce prince avant sa mort, arrivée le 18 décembre 1134. Quelques écrivains lui donnent le titre de saint, d'autres celui de vénérable. Il n'a jamais eu de place dans les martyrologes ; mais on ne doit pas moins le regarder comme un des plus illustres prélats de son siècle, de même qu'il en était un des meilleurs écrivains. Il avait des mœurs douces et affables, un caractère obligeant, une tendre charité pour les malheureux, un zèle ardent et éclairé pour le maintien de la discipline, pour l'instruction de son clergé et de son peuple, et un grand désintéressement. Quoique d'un caractère naturellement timide, il montra une force et une vigueur vraiment épiscopales, au milieu des contrariétés qui traversèrent sa vie, sans jamais se laisser ébranler par les promesses ni par les menaces. Les ouvrages d'Hildebert consistent s 1° dans des Lettres dont les unes sont sur divers sujets de piété et de morale , les autres sur des matières de dogme et de discipline, et une troisième classe qui contient des lettres d'amitié et de politesse : elles sont toutes écrites en latin, d'un style noble, élégant, clair et laconique ; on y reconnaît la vaste érudition de l'auteur. La prétendue lettre sur les désordres de la cour de Rome que les prolestants lui ont attribuée n'est point de lui (roy. Hist. lit., t. 11). 2° Des Sermons solides, instructifs, écrits d'un style clair et familier, mais trop surcharges de passages de l'Écriture, qu'il tourne toujours au sens allégorique, suivant le goût de son siècle. Il prêchait quelquefois en langue vulgaire; mais il réussissait mieux à parler latin. 3" Des Opusruir-.s dont le principal est un bon Traité théoloaique. compose avec beaucoup de méthode et de précision , et où l'on voit les premiers traits de la forme scolastique ; 4" Des Poésies sur toutes sortes de sujets , parmi lesquelles on distingue son poème De ornai u mundi, commençant par ces mots : Erige, Clio ttilum , et la
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été traduite en vers grecs par Politien, et en vers français par La Monnoie. Cette partie des ouvrages d'Hildebert, quoique toutes les pièces n'en soient pas également belles, prouve qu'il était inûniment au-dessus des autres portes de son siècle. La plupart sont rimées, suivant le goût du temps. On lui a attribué plusieurs ouvrages qui ne lui appartiennent pas ; et tous ceux qui sont de lui n'ont pas encore été tirés de la poussière des bibliothèques. L'édition la plus complète de ses œuvres est celle de D. Beaugendre, Paris, 1708, in-fol., à laquelle il faut ajouter quelques autres pièces publiées par Baluze et par Muratori. Ce savant prélat était très-versé dans la lecture des Pères : il s'explique de la manière la plus claire et la plus précise sur les dogmes , spécialement sur la grâce, sur la distinction des deux alliances, snr la présence réelle, etc. T — D.
INLDEBRAND, roi des Lombards en Italie, régna de 736 à 744. Neveu du roi Luitprand , il fut associé par les Lombards, en 756, à ce prince atteint d'une grave maladie , et qui paraissait sur le point de mourir. Luitprand guérit cependant ; mais il accepta son neveu pour collègue. Pendant neuf ans encore, les deux princes régnèrent ensemble ; du reste autant Luitprand se faisait chérir du peuple par sa grandeur d'âme et sa sagesse, autant liildebrand se rendait odieux par ses vices et son orgueil : aussi , son oncle étant mort au commencement de l'année 7*14, les Lombards se lassèrent bientôt de lui obéir ; ils le déposèrent vers le mois de septembre de la même année, et lui substituèrent Rachis, duc de Frioul. S. S— 1.
HILDLBRAND. Voyez Grécoire VIL
II1LDEBRAND le jeune, écrivain du 12* siècle, est l'auteur du Libellas de contemplatione , qu'Edmond Martène a publié dans le tome neuvième de ses Monumenta cetera. C'est lui aussi qui a composé un Commentaire sur St-Uathieu , manuscrit faisant partie de la bibliothèque de Lambeth , et que l'on a quelquefois attribué à Grégoire VII , qui , avant sa papauté , s'appelait liildebrand. Mais l'auteur ne croit pas qu'on doive condamner à mort les hérétiques : il pense que St-Pierre ne reçut pas une plus grande part de puissance, qui, au contraire, fut partagée également entre tous les apôtres ; il dit que l'Église n'est pas bâtie sur St-Pierre, mais sur Jésus-Christ : il compare les ordres des moines aux pharisiens, et les censure en plusieurs points ; il demande aussi que les prières se fassent en langue vulgaire. Ce ne sont pas là, comme on sait, les Sentiments de Grégoire VII : mais un argument sans réplique qui prouve que ce pape n'est pas l'auteur de ces commentaires, c'est qu'on y cite St-Bernard, abbé de Clairvaux, qui ne vit le jour qu'en 1091 ; et Grégoire VII était mort en 1085. On ignore l'époque de la mort d'Hildebrand le jeune. A. B— t.
HILDEBRAND (Joacbw), saraot théologien lu-
thérien, naquît à Walkenried , le 10 novembre 1625. Son père, recteur du gymnase de WolfTenbuttel, prit soin de son éducation, et le jeune liildebrand fit, sous cet habile mattre, des progrès si rapides, qu'à quatorze ans il composait des vers grecs et latins, sur toute sorte de sujets, avec une égale facilité. Il apprit ensuite l'hébreu et le syriaque, et suivit les cours de l'université d'iéna avec beaucoup de distinction. U présenta, à l'âge de dix-neuf ans, à Christophe PreibUius, le chef des poè'tes lauréats , un poè*me en cinq langues, dont le sujet était la vie de l'homme et les quatre Ans dernières. Cet ouvrage, supérieur pour le style et par le fond des idées à ce qu'il était possible d'attendre d'un jeune homme, réunit les suffrages de tous les juges , et lui mérita la couronne poétique. U se rendit ensuite à Helmstadt, où il donna des leçons de belles-lettres avec succès. En 1648, il fut nommé professeur de théologie à l'université de cette ville, et se chargea spécialement d'enseigner les antiquités ecclésiastiques. Il passa avec le même titre à Wolfenbuttel, fut fait enfin surintendant des églises du duché de Lunebourg , et mourut à Zell , le 25 octobre 1691. U a laissé plusieurs ouvrages pleins de recherches et d'érudition. On se contentera de citer les suivants : 1° Oratio de futtdatione Academiœ Julia, Helmstadt, 1658, in-4° ; ce discours a été inséré dans le 3e volume des Script, rer. Germm. par Henr. Meibomius , et dans les Histor. scolarisât inter ckristianos. par G.-God. Kenffell, Helmstadt, 1743, in-8°. 2" De nuptiis veter. christianorum libellas, ibid., 1661, in-4°. On trouve un extrait fort étendu de cette dissertation dans la Bibl. germ.. 1720, t. l«r. 3° De teterum concionibus dissertatio, ibid., 1661 , in- i" ; 4° De txterum oblationibus , mis si s , precibus , ibid., 1667, in-4°; 5° Augutta Ccesaris Octaviani Augusti et Augusti duc. Brunswic. , totius Europat principum se m mis collecta, ibid., 1662, in-4°. C'est un parallèle entre Auguste et le duc de Brunswick : Hildebrand loue les deux princes de leur goût pour les lettres, et du soin qu'ils ont pris d'établir des bibliothèques publiques. Jo. Klefeker a placé liildebrand dans sa Bibl. erudit. puerorum. On peut consulter pour plus de détails G.-Henr. Goëtxe , F.log. guommd. tkeolog. germanor, ; Henr. Gripping, Àtcmor. tfteolog. clarissimor.; Jean-Just. von Einem, Comme*tar. de mta et scriptis J. Hildebrandi, 1743, et Zaccaria, Bibliotkeca rituatis, t. 2, p. 347. — Frédéric Hildebrand, professeur et poète lauréat, né à Walckenried, mort le 21 décembre 1688, à l'âge de 61 ans , consacra sa vie entière aux pénibles fonctions de l'enseignement, dans diverses ri lies de Misnie. Nous n'indiquerons de ses ouvrages que son Synopsis kistoriœ unitersalis ad anntm us que 1683, cum Mantissa s ru terstbus mnewtosticis, Leipsick, 1685, in-12 ; ses Kpùtolarum fwnque centuria. ibid., 1673, in-12, réimprimées en 1713, et ses AntiquitaUs roman* ex Rosino . léna, 1653, in-8°, souvent réimprimées. W— s.
HIL
HILDEBRAND (Georces-Fk^démc), médecin allemand, né le S juin 1754, à Hanovre, y fit ses études classiques , el étudia ensuite la médecine à Gœttingue, où il reçut le grade de docteur en 1783. 11 se rendit de là à Berlin, où il connut le duc de Brunswick, qui le nomma professeur d'anatomie an collège médical (de Brunswick en 1793. Il obtint la place de professeur de médecine et de chimie à Erlang, où il mourut le 23 mars 1816. Hildebrand était laborieux. Ses ouvrages sont nombreux , et plusieurs sont estimés. Voici la liste des principaux : 1° Dissertatio de pulmonibus , Grettingue , 1783 , in~4° ; 2° Manuel de mathématiques (en allemand), Gcettingue, 1783, 2 vol. in-8° ; 3° Es<ai de pharmacologie philosophique (allemand), Brunswick, 1787, în-8°; 4° Remarques et observations sur la variole dans l'épidémie de 1787 (allemand), ibid., 1788, in-8°; 3° Manuel d'anatomie de f homme (allemand), ibid., 1789- 1792, 4 vol. in-8°. Ce livre a eu plusieurs éditions. La dernière a été beaucoup augmentée et mise au niveau de la science par E.-Henri Weber. Elle a paru à Brunswick , 1830-1832 , 4 vol. in-8°. On estime beaucoup cet ouvrage à cause de sa clarté et de l'exactitude des descriptions. 6° Histoire des sahurres de f estomac et des intestins (allemand), Brunswick , 1790 , 3 vol. in-8° ; 7° De la pollution nocturne (allemand), ibid. , 1792, in-«°; 8» Histoire chimique et minéralogique du mercure (allemand), Erlang, 1793, in-8°; 9° Principes de chimie (allemand) , Erlang , 1794 , in-8° ; 10» JVimœ linece pathologiœ generalis. Erlang, 1793, in-8". L'auteur a traduit lui-même cet ouvrage en allemand, ibid., 1797 , in-8° ; 1 1° Sur les hémorrhoides fermées (allemand) , Erlang , 1795, in-8»; traduit en français par M. Marc, Paris, 1804, in-8°; 12° Manuel de physiologie de l'homme (allemand), Erlang ,1796, in-8°. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions ; la sixième a été publiée par Hobnbaum, ibid. ,1828, in-8°. 13» Dissertatio de metallorum puritate arte paranda. Erlang, 1796, in -8° ; W Encyclopédie de la chimie (allemand), Erlang, 1799- 1815 , 16 cahiers in-8« ; 15« Manuel puur la santé (allemand) , Erlang, 1801-1820, in-12 ; 16" Principes de la science de la nature d'après la théorie dynamique (allemand), Erlang, 1807, in-8°; ibid., 1821 , in-8°; 17° Explication des planches pour l'Encyclopédie de la chimie (allemand), Erlang, 1 807 , i n-8° ; 1 8° Principes de métallurgie (allemand), Erlang, 1816, in-8° ; 19» Manuel de chimie comme science et comme art (allemand), Erlang, 1816, in-K ; 20° de nombreux articles dans divers recueils périodiques de l'Allemagne. G — t — s.
HILDEGARDE (Sainte), née dans le diocèse de Mayence, sur la Un du 11* siècle, mena d'abord pendant plusieurs années la rie de recluse, puis fonda, près de Binghen sur le Rhin, le monastère du mont St-Rupert, dont elle fut la première abbesse. On n'y recevait que des personnes d'un certain rang et d'une condition libre , afin d'éviter les jalousies qui ne se forment que trop sou-
vent dans les monastères les plus saints entre celles qui sont d'une naissance trop disproportionnée. Elle eut des visions qui la mirent en très-grande considération , mais qui trouvèrent aussi des gens peu crédules. Ce fut pour dissiper tous les doutes que le concile do Trêves, en 1147, fit examiner ces visions, et que le pape Eugène III en autorisa la publication (roy. Eu-' gsxe III) : elles sont écrites d'un style vif et figuré. La dernière édition est de Cologne, 1G28. Cette sainte était en relation de lettres avec les' plus grands personnages de son temps : ce commerce épistolaire est imprimé dans la Bibliothèque des Pères, édition de 1677, et dans la grande collection de D. Uartène. Ces lettres roulent sur toute sorte de sujets de mysticité, de morale et de théologie. On a encore d'Ilildegarde un commentaire sur la règle de St-Benolt , où elle soutient que ce saint patriarche n'a point défendu la viande légère à ses religieux , mais seulement celle qui est trop substantielle. Toutes ses œuvres ont paru à Cologne, 1566, in-4°. Elle est un des premiers auteurs qui aient expliqué l'Ecriture dans des sens mystiques. On a réimprimé plusieurs fois son recueil de remèdes pour diverses maladies. Elle mourut en 1178. T — o.
HILDEGONDE (Sainte) , de l'ordre de Clteaux, naquit au 12* siècle à Nuitz, dans le diocèse de Cologne, de parents riches et nobles, mais moins distingués par les avantages de la naissance et de la fortune que par leur piété. N'ayant point d'enfants héritiers de leurs grands biens, ils en demandaient au ciel avec de vives instances. La mère de Ste-Uildegonde mit au monde deux filles jumelles, qui furent placées dans un couvent pour y être élevées dans la pratique des vertus chrétienne». Agnès , la plus jeune , prit le voile , et se consacra au Seigneur, et Ilildegonde sortit du cloître pour donner des soins à son père, devenu veuf. Celui-ci, voulant accomplir le vœu qu'il avait fait de visiter les lieux saints, emmena avec lui sa fille , à laquelle il fit prendre des habits d'homme et le nom de Joseph , al in qu'elle fût moins exposée dans un pays étranger: il tomba malade dans la traversée , et , sentant sa fin prochaine , il recommanda sa fille aux soins d'un de ses compatriotes, passager sur le même vaisseau. Cet homme conduisit Ilildegonde à Jérusalem, suivant la promesse qu'il avait faite à son père : mais de retour à Ptolémalde, la veille du jour fixé pour leur départ, il profita de son sommeil pour la dépouiller, et la laissa dans un dénùment absolu. Hildegonde fut accueillie par un pieux solitaire, qui lui facilita les moyens de retourner à Jérusalem, où elle vécut d'aumônes pendant quelque temps. Un de ses parents qui la cherchait la découvrit sous les haillons de la misère, et elle repartit aussitôt avec lui pour l'Allemagne, se proposant d'y achever s ■ vie dans un monastère. Son guide mourut dans le voyage, lui léguant son équipage et son argent. Arrivée
seule à Cologne , elle ne voulut pas se faire connaître, et accepta l'hospitalité d'un chanoine qui, touché de ses vertus , la retint à son service. Elle accompagna son maître à Rome, où l'appelaient les Intérêts de sa soeur , élue abbesse de son couvent contre le voeu de plusieurs religieuses. Elle courut de grands dangers sur la route ; mais son innocence et sa pieté la firent triompher de tous les obstacles. De retour en Allemagne , elle quitta son maître à Spire, et se chargea de diriger une école tenue par une sainte veuve. Ce fut par les conseils d'un chevalier nommé Berthold qu'elle se rendit à l'abbaye de Schonauge , où elle prit l'habit religieux sous le nom de frère Joseph , qu'elle avait toujours conservé. Elle y passa deux ans dans Fexercice des plus grandes austérités , et y mourut en 1188. Les religieux, en lavant son corps, reconnurent son sexe, qu'elle n'avait jamais laissé soupçonner. Les martyrologes de Tordre de Clteaux et de St-Benolt Axent la fête de Ste-Hildegonde au 20 avril; mais elle n'a point été canonisée , et son culte n'est point autorisé par l'Église. Sa Vit a été écrite par Csesarius , moine d'Heislerbach , et par un anonyme , son confrère à l'abbaye de Schonauge. La dernière, la moins remplie de fables, a été publiée par Raderus, dans son Viridnrium, d'après on manuscrit de la bibliothèque de Welser, et par les Bollandistes au tome i des Actes imetorum du mois d'avril. Baillet en a donné un extrait dans ses Vies dtt $minU. W— s.
HILDEN (Fabrice oc}. Voytx Famici.
HlLDEiNBRAND : \ vi i- vnv-ji--AN me), médecin allemand, né à Vienne le 8 avril 1765, fit ses premières études, suivit les cours de sciences médicales et prit ses degrés en cette ville, ou il s'attacha à deux médecins habiles dont il fut comme le second et l'assistant , Mertens et Hambourg. Après avoir exerce son art dans une petite ville de Bohême, il accompagna le comte Mniezech en Pologne , où le roi Stanislas II lui conférais titre de conseiller aulique. Nommé en 171*3 professeur de clinique a l'université de Lemberg enGallicie, il fut appelé a Vienne en 1806 pour y remplir les mêmes fonctions, et il eut la direction de l'hôpital général, celle de l'hospice des enfants trouvées, celle des hospices et hôpitaux de cercles. Les soins à donner a tant de vastes établissements unis à ceux que réclamait sa nombreuse clientèle et aux fatigues du professorat absorbaient presque la totalité de son temps-, aussi »-t-»l peu écrit et ne peut-il prendre place parmi ces illustres médecins dont les compositions ont changé ta face de hi science. Cependant il y aurait de l'injustice i ne pas lui reconnaître un haut mérite que plus bas nous apprécierons. Comme professeur, il «ut droit aossi a dis louanges, et peu d'hommes en Allemagne eussent pa mieux que lui se tirer des difficultés d'un cours de clinique. Les élèves apprécièrent la science et le tact qu'a y déploya , et l'empereur Francis I", déférant en quelque
sorte à la voix publique, anoblit le médecin et ensuite l'investit du titre de membre du conseil du gouvernement. Le ravissement de Hildenbraod en présence du diplôme qui le déclarait noble ne peut se concevoir. Il eut soin de faire sonner au loin par la trompette de la renommée l'insigne faveur qu'il recevait , et pour mieux, familiariser le public avec l'idée de sa noblesse , non content de mettre toujours en avant de son nom la particule de (von), il le lit précéder aussi des esthètes adtl ou noMit, qui , l'une en allemand , l'antre en latin, reviennent a dire noble. HHdeabraod mourut à Vienne le 31 mai 1818. C'était un de ces médecins auxquels on peut donner avec justice le nom si prodigué de praticien ; il ignorait ou dédaignait les théories, il avait en horreur la physiologie, il n'aimait gnère l'anatociie pathologique , mais il possédait au plus haut degré ce tact, cet instinct nécessaires pour imaginer tes modifications aux principes; il évitait ainsi en fait beaucoup d'erreurs auxquelles l'eussent entraîné les faux principes admis dans les écoles de a^édecâne. C'est ainsi qu'il pressentit le premier les inconvénients des toniques dans les fièvres, que dans le typhus an contraire il prodigua ce moyen curatif , et que pourtant , lorsqu'il fut atteint lui-même de cette terrible maladie, il eut recours à des remèdes tout différents, fia saignée et les vésfcatoircs , sans médicaments unièmes). En revanche il avait les défauts inhérents pour l'ordinaire à ce genre de mérite , trop peu de nouons générales, trop peu de hauteur dans les conceptions, trop peu de liaison entre les diverses parties de sa thérapeutique. Son enseignement même s'en ressentait, et quelquefois au chevet des malades et à la face de tous ses disciples, au moment môme où il venait dt signaler admirablement 1rs symptômes et les phases d'une affection morbide, il ressemblait plus à un empiriqae qu'à un professeur de médecine. Ce défaut est moins saillant dans ses ouvrages, qui, descriptifs en grande partie, se recommandent par l'impartiale et minutieuse fidélité des détails; on peut les lire et probablement on tes lira longtemps avec fruit, bien que quelques-uns d'entre eux soient parsemés de fort bizarres hypothèses. En voici la liste : 1° Manuel du chirurgien (dat BucÀ fur die Wundarriu) deuit les possession) tmtrickietmts , Leipslck et Varsovie, 1789, in -8°; 2° Institutions pharmacologie* nre maseria medtetr. Vienne, 180S,in-8°; 3" InsUiulameM practico-medicœ . rudittetita nosuioet r et thtraput
tpecwtit fom/ latentes, Vienne, 1617-23, 4 vol. gr. in-8°. Le tome premier présente la classification des maladies et ensuite la doctrine générale des fièvres. Les trois volumes qui complètent l'ouvrage ont été publies par te Ht de Hildeobrand. 4° Ratio medendi in scltoie. vractica Vindobemewui Vienne, l»u»-U, 2 vol. in-8°; Irad. eu français sous le titre de Médecin* pratique, avec un discours préi i ruinaire et des noies , par M. le docteur
Gauthier, notre collaborateur, Paris, 1814, 4 roi. iu-8* ; 5° Initia instiiutionum cliuicarum , seu proltjomena ad praxis* etimcam, Vienne ,1807, m-8-; muipriraé la même année en Italie; traduit en allemand par l'auteur, Vienne, 1808, in-«°, et es italien par Taotini , Pise , 4818, in-8°. La lecture de ce livre peut avoir quelque» avantages mus k rapport pratique, 6* Traité de la petit, ou Manuel à I mage des médecins H chirurgiens qui s* consacrent au traitement de cette affection. Vienne, 1798, in-.s . UUdenbrand y démontre que l'esanthème n'est pas caractère essentiel de la peste, puisqu'il est des cas où cette détérioration de la peau n'a pas lieu , et il soutient, à l'exemple de presque tous ses prédécesseurs, que la peste est contagieuse, vu , dit-il, que c'est de toutes les fièvres nerveuses la plus intense. 7° Traité dn typhus contagieux et aperçu de* moyen/ par lesquels- on pourrai/ limiter ou même détruire la peste , le typmts et les autres maladies contagieuses, Vienne, 1810, in-8°; 2« édit., 1815, in-8", traduit en français par J.-C. Gasc, Paris, 1811 , in-8°. Cest la meilleure monographie que jusqu'ici l'on ait sur le typhus. Cependant il s'en faut de beaucoup que les prescriptions vagues indiquées par l'auteur vaillent les descriptions. Celles-ci sont irréprochables, celles-là ne sont bonnes qu'à embarrasser ou fourvoyer qui serait tenté de les suivre. 8° Coup d'util sur la rage, ou Un pas vers la solution de ce problème : « En quoi consiste et com- « ment guérir fbydrophobie? » Vienne, 1797, in-8°. A la première partie de ce problème UiVdenbrand répond : ■ La rage est due à une mo- « diOcatiou du système nerveux et à la dégéné- « rescence de la salive du chien, dégénérescence « qui elle-même a pour causes tant l'exorbitante • lasciveté que le défaut de trampératton de l'ani- « mal; » pour les remèdes , ce sont, qui le croirait? l'ammoniaque et les cantbarides. 9» Divers articles dans le Journal de médecine pratique de Hufeland, t. 8, 1798 , 9, 13; 10* In fin un opuscule d'un tout autre genre , dont le titre ne laisse pas de causer quelque étomneinent après tous « eux qui précèdent , De la puissance des princes et de ta liberté civile. Vienne, 1793, in-8°. Dans ce manuel à l'usage du peuple allemand (car telle est la prétention de Htldenbnrnd), fauteur se montre grand ami du despotisme et traite un peu l'amour de la liberté comme une bydropbobie particulière i l'espèce humaine, et dont il est orgeat de la préserver, de la guérir. P — ot.
IIILDIDALD, roi des Ostrogoths en Italie en 540 et 541 . Au moment où Béiisatre avait achevé la conquête de l'Italie, et où le roi Vitigès était déjà entre ses mains, il fut rappelé par Justinten pour faire la guerre aui Perses. Les Ostrogoths en pronièrent pour secouer un joug qui leur était odieux; ils s'assemblèrent à Favie, et ils proclamèrent roi Mildibald, un des seigneurs de leur nation , qui possédait de grandes terres près de Vérone, tliidibald accepta la couronne, quoique