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lions géographiques en fareur des Jeunes étudiants. Ce recueil , intitulé Dionysii orbis descriptio, etc., in-8°, fut réimprimé en 1659, 1663, 1078, 1688. Harwood recommande cette dernière édition. William Hill mourut en novembre 1667. — Hill (Joseph), lexicographe , né à Bromley, près Leeds, en 1645, fut élevé à Cambridge. Son zèle pour le puritanisme lui valut en 1659, lorsque le parti puritain était le plus fort, la place de procureur à l'université de Cambridge , qu'il perdit en 1662, après la restauration, ne voulant pas se soumettre à l'acte d'uniformité. Il voyagea ensuite en France et en Allemagne, fut quelque temps pasteur de la congrégation anglaise de Middlebourg en Zélande, et mourut à Rotterdam le 5 novembre 1707. 11 est principalement connu par son édition du Lexicsn grec de Schrevelius , publiée en 1676, augmentée de huit mille mots et purgée de presque autant de fautes. Celte édition, souvent réimprimée et perfectionnée depuis , est encore estimée. Z.
HILL (Aaron), poète anglais , naquit à Londres en 1685. Retiré à quatorze ans de l'école de Westminster, par suite du renversement de la fortune de son père, il forma le projet, si jeune encore, de s'embarquer seul pour Constantinople , où le lord Paget, son parent, qu'il n'avait jamais vu, résidait comme ambassadeur d'Angleterre. Le lord le vit avec autant de plaisir que de surprise, lui fit donner une éducation libérale, et le fit voyager sous la surveillance d'un savant ecclésiastique. Après avoir parcouru l'Egypte, la Palestine, et d'autres parties de l'Orient, Hill revint dans sa patrie avec son noble protecteur, vers 1703. Quelques années après il accompagna sir William Wentworth dans son tour d'Europe. C'est en 1709 qu'il commença à se faire connaître comme écrivain , en publiant une Histoire de l'empire ottoman . qui eut plus de succès qu'elle n'en méritait, au jugement de l'auteur lui-même. Il fit paraître presque en même temps un poème intitulé Camille, composé en l'honneur du général comte de Peterbôrough. Nommé, la même année, directeur du théâtre de Drury-Lane, il composa dans l'espace de huit jours la tragédie à'Elfride, ou la Belle inconstante. La direction de l'opéra , dans Hay-Harket, lui ayant été confiée, il écrivit Rmaldo, qui est le premier opéra que Haendel mit en musique après son arrivée en Angleterre, et qui, joué en 1710, fut bien accueilli du public. Une mésintelligence s'étant élevée entre le lord chambellan et lui, il quitta la direction des deux théâtres, continua de composer des tragédies et des poèmes qui ne réussirent que médiocrement, et fit des projets d'économie publique qui n'eurent point de succès. On trouve entre autres, parmi les manuscrits de la bibliothèque Harléienne , une lettre qu'il écrivait, le 12 avril 1714, au lord trésorier, Sur un projet par lequel la nation devait gagner un million par an : le ministre jugea sans doute que l'auteur
avait perdu son temps. Hill entreprit, en 1713, de faire , avec des faines , une huile aussi douce que l'huile d'olives, et obtint même une patente pour cet objet, qui l'occupa pendant trois ans, sans résultat positif. Il mourut, le 8 février 1730, au moment même du tremblement de terre qui eut lieu cette année, et il fut enterré dans le grand cloître de l'abbaye de Westminster. Ses ouvrages en prose et en vers sont assez nombreux ; on y trouve du génie, mais encore plus d'affeetation dans la pensée et dans l'expression; aussi sont-ils assez peu goûtés du public. Nous citerons cependant encore : 1° sa tragédie de la Fatale rision, ou la Chute de Siam, 1716 ; 2° l'Étoile du \'ord, sur les exploits de Pierre le Grand, 1718; poème pour lequel il reçut, plusieurs années après, une médaille d'or de l'impératrice Catherine; 3° ta Progrès de l'esprit, ou Avertissement d'un auteur célèbre, poème dirigé contre Pope, qui l'avait attaqué dans la Duneiade; 4° htèrope , tragédie imitée de Voltaire; ce fut le dernier ouvrage d' Aaron Hill, qui semble y prophétiser sa fin prochaine. Plusieurs de ses productions furenl publiées, après sa mort, en 4 volumes in-8°. Ses œuvres dramatiques, y compris quelques pièces de Shakspeare, mises au goût moderne, et des traductions de Voltaire, forment 2 volumes in-S». Sa traduction de Zaïre, sous le titre de Zara, est écrite d'un style plus simple que ne sont la plupart des tragédies anglaises. « J'ai lu la Zaïre an- « glaise , dit Voltaire ; elle m'a enchanté plus « qu'elle n'a flatté mon amour-propre. Comment! « des Anglais tendres, naturels! Quel est donc ce * M. Hill? » Cependant le traducteur, pour se conformer au goût national, s'est quelquefois écarté de sou modèle, mais d'une manière peu judicieuse : par exemple, Orosmane annonce à Zaïre qu'il doit l'oublier; celle-ci se roule par terre, ce qui n'émeut point son amant , qui néanmoins, l'instant d'après, est touché de ses larmes, et lui dit, comme dans la tragédie française : Zaïre, vous pleure*? Voltaire observe qu'il devait dire auparavant : Zaïre, vous vous roulez par terre? (Ht a publié quelques lettres qu'Hill avait adressées à Richard Savage, et qui donnent, dit-on, une idée plus juste et plus frappaute encore du caractère de ce poète malheureux que sa vie écrite par le docteur Johnson. La publication de quelques autres lettres de Aaron Hill, dans la correspondance de Richardson , a un peu rabaissé l'opinion favorable qu'on avait eue de son goût et de son caractère. L.
HILL (Robert), auteur anglais, né en 1699 à Miswell , près de Tring , dans le comté de Hertfort, exerça toute sa vie la profession de tailleur, à laquelle il ajouta celle de maître d'école. II travaillait le jour et employait une partie de la nuit à l'étude : c'est ainsi qu'il acquit la connaissance du latin, du grec et de l'hébreu, bien lentement sans doute , puisque l'étude du latin prit sept années de sa vie, et celle du grec
quatorze; mais il apprit l'hébreu arec une grande facilite*. Le docteur Spence (roy. ce nom), pour provoquer une souscription en sa faveur, publia en 1757 une notice où il établit un parallèle entre Robert Hill et le célèbre Hagliabccchi. Cette notice a été réimprimée dans les Pièces fugitives publiées par Dodsley, en deux volumes, 1761. Hill mourut à Buckingham en juillet 1777, après avoir été marié trois fois sans en être plus riche. On a de lui des Remarques sur V Essai sur l'esprit, par Berkeley; le Portrait d'un juif et des Critiques sur Job. Z.
HILL (Sir Joh*), écrivain anglais, né vers 1716, exerça d'abord la profession d'apothicaire à Westiminster ; il fut ensuite chargé de la direction des 'jardins des plantes du duc de Richemond et du lord Petrc , quitta ses occupations pour se faire siffler comme acteur sur les théâtres de Hay-Market et de Covent-Carden à Londres, et fut obligé de reprendre sa première profession. Ses recherches de botanique lui procurèrent la connaissance de Martin Folkes et de Henri Baker, membres distingués de la société royale , qui eurent pitié de sa détresse et lui témoignèrent beaucoup d'intérêt. L'accueil que reçut du public, en 17-16, la traduction qu'il donna par souscription du petit traité de Théophraste Sur les pierres précieuses l'encouragea à se vouer à la carrière des lettres ; il publia un grand nombre d'ouvrages qui eurent du succès. Mais ce succès eut une influence fâcheuse sur son caractère, qui, de timide et modeste qu'il était, devint insensiblement présomptueux et querelleur. Hill prit un équipage, affecta les airs à la mode, et s'insinua dans les cercles du meilleur ton. Il publiait alors deux ouvrages périodiques : le British magasine et Ylnspector, auxquels il sut donner une grande vogue en y insérant une foule de récits scandaleux et d'aventures particulières, qu'il recueillait dans les sociétés et les lieux d'amusement; ce qui, joint à la morgue de son caractère, lui attira plusieurs affaires désagréables, et lui valut un jour, entre autres gratifications, une volée de coups de canne que lui donna dans les jardins publics de Benelâgh, un gentilhomme irlandais, qui crut se voir tourné en ridicule dans un des numéros de 17ntpecteur. Parmi les guerres de plume où il se trouva engagé, on peut citer la contestation qu'il eut avec la société royale, à laquelle il s'était inutilement présenté comme candidat. 11 publia à ce sujet une Dissertation sur les sociétés royales, qui fut suivie d'une lit rue des outrages de la société royale, en un volume in -4°, particulièrement dirigée contre ses premiers bienfaiteurs Martin Folkes et Baker, et précédée d'une dédicace injurieuse pour le premier. Cette conduite le discrédita dans l'esprit du public , et le succès de ses ouvrages en souffrit tellement, qu'il fut obligé de chercher d'autres ressources pour soutenir le train qu'il avait pris dans le monde. Il se mit à composer des remèdes, teb que des teintures de
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valériane et de bardane, et un baume pectoral de miel , qui obtinrent de la vogue et lui valurent beaucoup d'argent. On ne l'appela plus alors que Bardana Hill. Il publia quelque temps après, sous la protection du comte de Bute, un magnifique ouvrage intitulé Système de botanique, en 26 volumes in-folio. Le roi de Suède, à qui il avait envoyé une jolie collection de quelques-uns de ses ouvrages, le créa chevalier de son ordre de Wasa; et c'est alors qu'il prit le titre de sir John Hill. Il mourut de la goutte, le 22 novembre 1778. Ce que nous avons dit de sa vie peint assez son caractère. Quant à ses ouvrages, on y reconnaît un homme d'esprit, de savoir et de talent, abusant de sa facilité et écrivant avec trop de précipitation. II a traité une grande diversité de sujets, mais il est tombé dans beaucoup d'inexactitudes. Nous ne citerons que quelques-uns de ses ouvrages : 1° un Traité sur Dieu et la nature , contre Bolingbroke, in-4°; 2° Histoire naturelle générale, en 5 volumes in-folio; 3° Supplément au Dictionnaire de Chambers (avec Lewis Scott); 4° Herbier anglais {British herbal); 5° Histoire de il. Lovell (roman qu'il a donné comme sa propre histoire) , traduit librement en français par Eidous, sous le titre d'Aventures de M. Locille Paris, 1763, 4 vol. in-12; 6" les Aventures d'une créole; 7° la Vie de lady Frail; 8° Histoire navale d'Angleterre, in-fol. Parmi les ouvrages auxquels il n'a pas mis son nom , nous ne pouvons omettre un opuscule de la classe de ee qu'on appelle Livres singuliers; il a été traduit en français (par Moe't), sous ce titre : Lucina sine concubilu, ou Lucine affranchie des lois du concours; lettre adressée à la société royale de Londres, dans laquelle on prouve, par une évidence incontestable , tirée de la raison et de la pratique, qu'une femme peut concevoir et accoucher sans avoir de commerce avec aucun homme, traduite sur la 4* édition anglaise d'Ab. Johnson, Londres, 1730, in-8° de 72 pages. Richard Roè" en publia une espèce de parodie, traduite en français par Decombes , et intitulée Concubitus sine Lucina , ou le Plaisir sans peine ; réponse à la lettre précédente, 1730. On trouve un extrait de ces deux plaisanteries dans la Bibliothèque raisonnée des outrages des savants de l'Europe, t. 46, p. 133. Le Lucina sine coneubitu a été de nouveau traduit en français (par de Sainte-Colombe), Londres , 1786, in-12, sous ce titre : la Femme comme on n'en connaît point . ou Primauté de la femme sur rhomme. Le nouvel éditeur a fait beaucoup de changements à l'ancien ouvrage , et il y a joint une dédicace au beau sexe, une adresse générale, un post-scriptum et des observations particulières. Quelques exemplaires de cet ouvrage ont reparu en 1810 sous ce titre : Primauté de la femme sur l'homme. On y a joint l'opuscule de Hic h. Roè*. Son Inspecteur, en 2 volumes in-12, Londres, 1733, et ses autres essais sont ce qu'il a fait de mieux; mais on y trouve peu d'idées originale!; et ses ouvrages en général ne sont pas de ceux
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qu'on aime à relire. Sa vanité allait jusqu'à l'ingénuité. « Mes ennemis, disait-il dans un de ses « ouvrages, ne peuvent me pardonner d'accapa- « rer, à moi tout seul , le sourire et la bienvell- « lance de tout ce qu'il y a d'agréable , de spi- • rituel et d'élégant dans le beau monde. » Voici un trait qui peint en même temps la malice de sir John Hill et la simplicité* de quelques savants. Lorsque les papiers publics anglais étaient remplis de relations des cures merveilleuses dues à l'usage de l'eau de goudron (roy. Berkeley), le secrétaire de la société royale de Londres reçut une lettre <Tun soi-disant médecin de province , lequel mandait qu'un matelot, qui avait eu la jambe cassée, avait été confié à ses soins; ayant d'abord rapproché les deux parties, en les assujettissant au moyen d'une corde, il avait arrosé le tout d'eau de goudron ; l'effet , disait-il , en avait été tel, que peu de jours après ce matelot se serrait de sa jambe comme avant l'accident. Cette lettre, lue dans une séance de la société, donna lieu a une discussion très -sérieuse, et occupait encore les esprits de quelques savants, lorsque , par une seconde lettre , le médecin informa la société de l'oubli d'une circonstance de la cure : c'est que la jambe du matelot était une jambe de boit. La plaisanterie fit beaucoup rire aux dépens de la société; et c'est ainsi que Hill se vengeait du dépit de n'avoir pu y être admis. L.
HILL (Sir Richard), baronnet anglais, théologien de la secte des méthodistes, naquit en 1733, atné des dix enfants de Rowland Hill , qui , le premier de sa famille, avait été honoré de la baronnie (en 1726). Richard étudia successivement dans l'école de Westminster, au collège de la Madeleine d'Oxford , et sur le continent dans ane étolc d'Angers. Après avoir ensuite accompagné le comte d'Ëlgin , voyageant dans le midi de l'Europe, il rentra dans sa patrie, et en fréquentant plusieurs ecclésiastiques estimés, notamment M. Romaine, se sentit comme appelé à partager leurs travaux : il se mit à visiter les indigents et à composer de petits livres qu'il faisait imprimer et qu'il distribuait. Des divergences d'opinion qui se manifestèrent entre les chefs du méthodisme, Wesley et Whitfield, relativement à l'étendue du salut, furent pour Richard Hill une occasion d'exercer sa plume et de faire preuve de savoir et d'habileté en ce genre de lutte. Il eut de nouveau à défendre la secte contre l'université d'Oxford , d'où venaient d'être expulsés plusieurs jeunes gens qui s'étaient mis à prêcher avant d'y être dûment autorisés; l'écrit qu'il publia dans cette circonstance a pour titre : Pietat Oiomenrit. Il publia aussi , en réponse à M ad an {roy. ce nom), Tableau des douceurs de ta /tolygamie (the Blessings of polygamy displayedj. Mais son principal ouvrage est ÏApologie de f amour fraternel et des doctrines de l'Église d'Angleterre, en une suite de lettres au révérend
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Charles Daubem , etc. , 1798, io-8«. Ici l'auteur montre une modération qui parait manquer à quelques-uns de ses écrits; il eût été en effet contradictoire de faire en termes violents l'apologie de l'affection fraternelle. Sir Richard représenta le comté de Salop dans la chambre des communes depuis Tannée 1780 jusqu'en 1807; Q y parla plusieurs fois, et dans des vues d'humanité, soit pour qu'on mit un terme à la guerre, soit pour qu'on interdit le barbare divertissement des combats de taureaux. Secourable pour les malheureux, doux avec ses subalternes, il mourut en 180D à sa résidence de Hawkeslone, qu'il avait embellie au point d'exciter l'admiration des voyageurs, et qui après lui a passé avec son titre à son frère sir John Hill. — Hill (le révérend Brian), frère du précédent, auprès duquel il vivait à Hawkestone, est mort âgé de 73 ans, le 14 avril 1831 , à Wem, dans le comté de Salop. U est auteur de plusieurs écrits : 1° Henry et Acasto, conte moral en vers , avec une préface composée par son frère sir Richard, 1785; 4e édition, 1798; 2° Observations faites pendant un rogage en Sicile et en Calabre en Vannée 1791 , 1792, in-8°. H a publié : 1° le recueil des Sermons de Richard dt Courcy, vicaire d'une paroisse de Shrewsbury, précédés d'une ample préface, 1803, i'n-8»; 2° vingt-quatre Sermons sur des sujets pratiques , 1822, 1 volume, vendu au profit d'une école de charité dans le village de Weston, où ces sermons avaient été préebés. L.
HILL (Roland), prédicateur anglais, remarquable par son talent oratoire, mais plus encore par le rôle singulier qu'il joua entre l'Église établie et les non-conformistes, naquit à Ilawkestoor (aux environs de Shrewsbury) le 23 août 1744. Sa famille était honorable et dans l'aisance. De cinq frères dont elle se composait , l'alné se ût élire et réélire six fois représentant du comté de Shrop a la chambre des communes, tandis que le second, sir John Hill, se distinguait à l'armée et parvenait au rang éminent de général en chef des forces britanniques en Espagne , et que les deux derniers (Brian et Robert) jouissaient de riches bénéfices dans l'Église anglicane. Tenant de si près à quatre hommes bien posés auprès du pouvoir, le cinquième aussi eût pu faire rapidement son chemin; mais, dès sa jeunesse, il donna des preuves frappantes d'une excentricité, d'une indépendance d'esprit qui semblent toujours sinon hostiles, du moins fâcheuses et inquiétantes aux possesseurs du pouvoir. A peine sorti des universités d'Éton et d'Oxford, où , quoique sans cesse les passe-temps de ses riches et nobles condisciples lissent écho autour de lui , il sentit sa vocation évangélique se déclarer, il se mit à prêcher tantôt à Cambridge dans la prison ou dans des maisons particulières de cette ville, tantôt à Londres dans la chapelle de Toi te ah an- Cou rt-Road, tantôt dans le tabernacle de MorGeld. C'était bien mal débuter dans l'intolérante L^iise
de la Grande-Bretagne, et certes des vices graves,
les vices le moins en harmonie avec la robe ecclésiastique , auraient été moins antipathiques aux mattres de son sort que ces énormités : aussi fut-il longtemps au ban de l'Église dominante. On a même souvent écrit qu'il avait été, ainsi que trois ou quatre camarades, éliminé d'Oxford à cause de son penchant pour le méthodisme ; et ses sollicitations pour en obtenir l'entrée échouèrent six fois jusqu'à ce que finalement il parvint à se faire conférer le diaconat. C'était au moment où la réputation de Whitfleld avait atteint le plus haut degré de splendeur. Pendant les fréquentes absences du célèbre méthodiste et quelquefois même lorsqu'il était en Angleterre, Hll! avait tenu la chaire dans les chapelles de la secte nouvelle et avait rompu des lances soit pour sa doctrine, soit pour le caractère du chef de cette Église naissante. Quand Whitfleld mourut, en 1770, c'est sur Hill que les méthodistes jetèrent les yeux pour remplacer leur fondateur. Les négociations à ce sujet se prolongèrent quelque temps, mais la répugnance qu'éprouvait sa famille à le voir se placer si nettement à la tête d'une secte mal vue du pouvoir lui fit refuser les offres de ceux dont il partageait les opinions. Il ne s'en voua pas moins, bien que toujours membre nominal de l'Église établie , à la propagation et au triomphe des principes du méthodisme , dont il fut l'un des missionnaires les plus actifs et les plus éloquents. Pendant douze ans, toujours en mouvement, il parcourut les comtés de Wilt, de Sommerset, de Gloueester, et fit souvent des excursions dans les comtés voisins, sans cesse préchant, opérant des conversions et fondant des congrégations nombreuses qui presque toutes atteignirent un haut degré de développement et de prospérité. La principale fut celle de Wottonunder-Edge (Surrey), auprès de laquelle il établit sa résidence habituelle. En 1782, il posa la première pierre de la chapelle de Blackfriars-Road , où pendant cinquante années il remplit les fonctions de prédicateur en chef, du moins en hiver, car chaque été il reprenait ses voyages apostoliques. Il parcourut ainsi la plus grande partie de l'Angleterre et du pays de Galles, visita Edimbourg , mit aussi le pied en Irlande, et partout, on peut le dire sans exagération, produisit une sensation très-vive. Non pas sans doute que ses opinions théologiques attirassent des néophytes par milliers, non pas même que l'auditoire restât toujours émerveillé , ainsi qu'il eût dû l'être de sa prodigieuse facilité, de sa fécondité; mais au moins était-il sûr d'avoir constamment un auditoire. Aux admirateurs enthousiastes et aux prosélytes se joignait toujours une afiluence extraordinaire de curieux, parce que l'on espérait ne point bâiller à ses sermons. Il affectait de causer avec les fidèles, d'aller au hasard, de mêler la jaserie familière à la discussion sérieuse, souvent grandiose, profonde, pathétique. Tout à coup il
te mettait à tracer des tableaux grotesques et même des charges de comédie , le tout pétillant de saillies vieilles ou nouvelles, triviales ou nobles, mais parfaitement de nature à faire sensation. Ses innombrables homélies avaient ainsi le piquant d'un pamphlet , d'un proverbe et presque d'une caricature. Les inégalités mêmes de l'orateur, l'absence de toute transition et, si l'on veut, le décousu de sa composition étaient un charme de plus , et rompaient cette monotonie à laquelle les plus habiles serraonnaires échappent rarement. Quant à ce que l'on appelle la dignité de la chaire, on comprend que dans le pays de la tragédie shakspearienne ce mot n'ait pas une grande valeur, et que dans une secte qui fuit les pompes de l'Église anglicane il n'ait pas un grand sens. Au reste, Hill en vieillissant modifia un peu sa manière, ou du moins la mûrit. II réussit à mieux fondre ses couleurs, à moins brttsquerse» transitions. Diverses personnes alors lui reprochèrent d'avoir perdn de son feu et de sa verve. Il non» semble que cette critique fut longtemps injuste. Toutefois quand il fut septuagénaire, octogénaire, il dut en être ainsi; et qui s'en étonnerait? Il prêcha pour ainsi dire jusqu'au dernier moment : car le 31 mars 1833 il prononça encore un sermon à la chapelle de Surrey, et onze jours après il eipirait, âgé de 89 ans. Comme il improvisait toujours, ou peu s'en faut, on n'a de lui qu'un petit nombre de sermons (le premier et le dernier qu'il ait prêches à la chapelle de Blackfriars-Road furent publiés par George Wcight, 1833; le premier l'avait déjà été en 1783). Mais il a laissé quelque» autres ouvrage» : 1* Réponse aux remarques dr J Wesleg sur F Apologie du caractère dé Whitfield et de quelques autres personnages, 1778, tn-8*; 2° Avis aux professeurs, ou Observations aphorùliguer sur la convenance des divertissements seéniques dans tes villes manufacturâtes , 1791, in-81'. Hill y passe en revue non-seulement le» divertissements scéniques, mai» le» bals, réunions musicales et concerts, course» de chevaux, soirées, de jeu , et il s'y prononce avec véhémence pour l'incompatibilité de ces distractions, si diversement périlleuses, avec l'esprit et les recommandations du christianisme. Cet ouvrage eut trois éditions. A la troisième, qui est de 1795, sont jointes deux lettres à G. Burder, contenant quelques explications ou modification» en réponse aux reproches que lui avaient faits les non-conformistes, froissés par divers passages de Vêtit, 3» Journal d'un voyage exécuté dans Ç Angleterre septentrionale et dans une partie de t Frotte . avec des remarques (en forme d'appendice), sur l'état actuel de Cicoste. 1799, in-8". Le» remarques sont ici la plus importante partie du volume. Elles montrent une connaissance approfondie de ce qui se passait dans l'Église d'Ecosse à la fin du 18* siècle : l'auteur signale avec hardiesse, il caractérise avec talent chaque place, c'est-à-dire de cette Église, l'épiscopat, le
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presbytérianisme, l'indépendantisme , le baptisme , etc. Ce fut un concert d'imprécations contre le prédicateur nomade : d'abord l'assemblée générale de l'Ëglise d'Ecosse publia une Admonition pastorale, en partie contre lui; puis vint un Acte de synode général d'association, prémunissant ses fidèles contre le danger; puis un prédicateur d'Edimbourg, Jamieron , écrivit des Remarques sur la relation, etc. Hill répondit par son Plaidoyer pour t union et pour la libre propagation de ï Evangile, ou Réponse aux Remarques, etc. Cet opuscule de cent pages sort du cercle ordinaire des ouvrages polémiques : Hill s'y montre homme de charité, de paix , de lumière, en même temps que logicien vigoureux et dialecticien subtil; ses amis mêmes furent surpris de la manière supérieure avec laquelle il conduisit cette controverse. 4U Extraits de la relation d'un second voyage de Londres en Êcosse et dans le nord-ouest de l'Angleterre, 1808, in-8°; 5° Vente des bénéfices disponibles en vertu de la loi de résidence du clergé. Cette brochure, qui fut publiée sous l'anonyme d'Aulen , et dont le titre exact est : Spiritual eharacteristics . represented in an account of a i most curious sale of curâtes, etc. , fut composée à l'occasion de l'acte qui obligeait les bénéficiaires à résidence. A l'abri derrière le voile de l'anonyme, Hill n'y ménagea pas les opulents con* vives qui se partagent le gâteau des bénéfices dans l'Église anglicane, et il fit pleuvoir sur eux la gréle des sarcasmes, des révélations indiscrètes, des anecdotes réjouissantes, des portraits reconnaissables avec la verve d'un Cobbett, l'humour d'un Swift , la logique d'un Bentham , et quelquefois l'éloquence d'un Fox. Cet opuscule écrasant est véritablement le chef-d'oeuvre de Hill ; en tout temps on pourra le lire avec plaisir et profit , même quand les gros décimateurs anglicans n'existeront plus, et il mériterait les honneurs de la traduction. 6° Dialogues de village, 2 vol. in-8°et in-12, et plus tard 3; 6* édition, 1809. La polémique à part , c'est là le meilleur ouvrage de Hill : une connaissance approfondie de l'Écriture et du cœur humain s'y décèle à chaque page, le style y coule limpide et harmonieux , et l'on y respire une délicate atmosphère de simplicité chrétienne. Une Vie du révérend Roland Hill, par le révérend Edwin Sydney, a été publiée en 1834, Londres, 1 vol.in-8», et plusieurs fois réimprimée. M. J. Sherman en a publié, une autre, Londres, 18M,in-18. P—ot.
HILL (Sir Rowland), baron d' Al mare 2 et de Hawkstone, pair d'Angleterre et lieutenant général des armées anglaises, né le 11 août 1772, débuta dans la carrière des armes à l'âge de seize ans en qualité d'enseigne dans le 38* régiment d'infanterie. 11 obtint ensuite un congé pour aller terminer son éducation et perfectionner ses études à l'école militaire de Strasbourg, où il passa une année. Après avoir visité la France, l'Allemagne et la Hollande en compagnie de son frère aîné et
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de son oncle, il se rendit à Edimbourg, où il fut reçu dans la meilleure société, et où il commença sa carrière militaire. Il quitta l'Écosse pour accepter une licutenance dans la compagnie du capitaine, depuis lieutenant général, sir John Broughton. Bientôt après il passa au 27* régiment avec le grade de lieutenant, et obtint l'autorisation de former lui-même une compagnie indépendante qui, dès l'année 1792, lui donna le rang de capitaine dans l'armée. Avant d'être attaché à aucun corps particulier, il accompagna son ami M. Francis Drake, chargé d'une mission en Allemagne. De là il se rendit à Toulon , où il fut employé comme aide de camp des trois généraux successifs qui y commandèrent à cette époque pour les Anglais, lord Hulgrave, le général O'Hara et sir David Dundas. Il n'avait alors que vingt et un ans; il eut l'honneur de recevoir de chacun de ces généraux des marques de satisfaction, et sir David Dundas l'envoya porter en Angleterre les dépêches relatant l'évacuation de Toulon par l'armée britannique. 11 obtint ensuite le commandement d'une compagnie dans le 53e régiment, qui passa en Hollande, puis en Irlande. Sa conduite à Toulon lui avait valu la connaissance et l'amitié de lord Lynedoch , qui lui fit la proposition d'acheter un emploi de major dans le 90". Hill accepta avec empressement, et il fut peu après promu au grade de lieutenant-colonel. U fit avec son régiment un service pénible à Gibraltar et dans d'autres places, et de là passa en Egypte. A l'action du 13 mars 1801 , la brigade du général Cradock formait la première ligne, ayant pour avant-garde le lieutenant-colonel Hill. Ce dernier fut grièvement blessé dans l'engagement. Peu de temps après le retour de l'armée d'Egypte, le 90* reçut l'ordre de se rendre à travers l'Ecosse en Irlande; Hill fut nommé brigadier général dans l'état-major irlandais. Il séjourna principalement à Cork, Galway et Fermoy, et les habitants de ce* diverses villes firent insérer dans les journaux de Dublin des adresses flatteuses dans lesquelles ils le remerciaient de sa conduite au milieu d'eux. La ville de Cork lui offrit même le droit de cité. En quittant cette ville il fut embarqué avec sa brigade pour joindre l'armée de la Péninsule. Pendant toute l'invasion et la retraite du général Moore, Hill montra un zèle infatigable. U fat établi avec un corps de réserve pour protéger l'embarquement de l'armée à la Corogne. A son retour en Angleterre il se trouva nommé colonel titulaire du 3e bataillon sédentaire, mais bientôt il s'embarqua en Irlande pour faire partie de la seconde expédition de la péninsule espagnole. En 1811 il rentra en Angleterre à la suite d'une maladie cruelle, suite de ses fatigues, mais il ne tarda pas à retourner à son poste, et fut blessé à la tête à la bataille de Talavera. Après celte affaire, il donna des preuves de talent militaire en surprenant et détruisant en partie un corps français, composé de 2,500 fantassins et de
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600 cavaliers, commandé par le général Girard, à Ami yo de Molino, et en faisant prisonnier le prince d'Arcmberg. Il se distingua d'une manière toute particulière au combat d'Almarez (10 mars 4812), et le succès qu'obtinrent les armes anglaises dans cette action doit lui être attribué pour la plus grande partie. Lord Wellington, ayant arrêté son plan d'opération , l'envoya pour détruire le pont d'Almarez, défendu des deux côtés par de formidables ouvrages et une garnison suffisante. La conduite hardie et l'heureuse issue de ce coup inattendu donnèrent sécurité et espérance au mouvement offensif conçu par le général en chef, et sans lequel il n'aurait pu se promettre aucun succès dans sa tentative de pénétrer en Espagne. La conduite de lord Hill en Espagne lui valut les remerclments des deux chambres du parlement et sa nomination au grade de colonel du 95». Peu de temps après U reçut l'ordre du Bain et le gouvernement du château de Blackness. En 4812 il fut nommé membre de la chambre des communes pour le bourg du Shrewsbury. D'Arroyo, le général Hill s'etait rendu à Mérida, où il détruisit les magasins de l'ennemi; le 20 juin 1813 il s'empara des hauteurs de la Suebla, d'Arlenzon et du village de Sabijana de Alava, et par suite détermina la retraite des Français sur Vittoria. Attaqué le 23 Juillet par deux divisions du centre de l'armée française dans sa position de Puerto de Maya, il se retira après sept heures de combat à Irurita. Trois jours après il força , avec lord Dalhousie, la passe de Velate, défendue par des forces supérieures. En 1814 il fut créé baron d'Almarez et de Hawkstone; et une pension de cinquante mille francs fut votée par le parlement pour lui et ses héritiers mâles , avec retour à ses neveux. A la paix de Paris (181 i) il rentra dans le repos, mais il fut bientôt après appelé à prendre le commandement d'une expédition préparée contre les États-Unis. Cette expédition n'eut pas lieu, la paix ayant été signée entre les deux puissances. Après le retour de l'Ile d'Elbe , lord Hill reçut un commandement dans les Pays-Bas, et il assista à la bataille de Waterloo. Le corps qui était placé sous ses ordres ne prit pas d'abord une part importante dans l'engagement. Durant les combats livrés à Uougoumont, la Haye-Sainte et au centre de la position , il était posté sur les hauteurs de Merke- Braine, à la droite de la route de Nivelle, couvrant l'aile droite du général Liné. De cette position, lord Hill observait chaque mouvement de l'armée ennemie ; et tandis que Napoléon concentrait sa gauche dans ses impétueuses attaques sur Hougoumont , il ne cessa de l'arrêter jusqu'à ce que tout son corps fut formé en carré sur les hauteurs dominant l'importante position entre la route de Nivelle et Jemmapes. Dès ce moment jusqu'à la fin de la bataille, il dirigea les opérations en personne. Dans la dernière crise de la lutte , lorsque Napoléon fit son dernier effort et
que h garde impériale s'avança, les services de lord Hill et ceux de la brigade de son corps, commandée par le lieutenant général Adam, furent des plus brillants et des plus utiles; par l'ardeur et l'intelligence qu'il mit à soutenir la garde anglaise, il contribua puissamment au résultat définitif de la journée. Après la restauration des Bourbons, lord Hill fut nommé commandant en second de l'armée d'occupation en France. H resta à ce poste jusqu'à l'évacuation des alliés. En 1828 il fut nommé général commandant en chef de l'armée britannique et conserva cette haute position sous divers ministères. Quand il résigna ses fonctions de général en chef, il fut élevé à la dignité de vicomte (3 septembre 18-42) avec retour de son titre à son neveu , sir Howland Hill. H est mort peu après à Londres le 15 novembre 1842. E. D — s.
HILLEL, célèbre docteur juif, qui vivait environ cent ans avant J.-C., est regardé comme le père des traditionnaires. Il eut sur cet article de grandes disputes avec Schammaï; elles finirent par un grand éclat; chaque chef de parti érigea une école pour faire prévaloir sa doctrine. Ce schisme s'est perpétué dans la nation. Les rabbins donnent beaucoup d'éloges au savoir et aux vertus d'Hillel, et ils attribuent des miracles à ses nombreux disciples. — Hillel, que les juifs comparent à Moïse et à Esdras, parce qu'il vécut, selon eux, cent vingt ans, comme le premier, et qu'il vint de Babylone, comme le dernier, fut fait président du sanhédrin à Jérusalem , environ trente ans avant J.-C. ; dignité qui se conserva longtemps dans sa famille. Les juifs l'appellent le Saint : ils disent qu'il se fit un très-grand nombre de disciples; et ils estimaient beaucoup un ancien exemplaire de la Bible, qu'ils prétendaient venir de lui, et dont il ne nous reste que des copies faites dans le 12» siècle. — Hillel, arrière-petit-fils de Judas le Saint , s'est rendu célèbre par un cycle de dixneuf ans, qui, au moyen de sept intercalations, conciliait le cours du soleil avec celui de la lune. Ce cycle a été en usage jusqu'à la réforme qui se fit sous Alphonse, roi de Castille. Hillel introduisit encore dans sa nation l'usage de compter les années depuis la création du monde; les juifs ne les dataient auparavant que de certains événements mémorables, tels que la sortie d'Egypte, la publication de la loi, etc. Il était prince de la captivité d'Occident. Origène le consultait sou- Tent, et le regardait comme très-habile. Nous apprenons de St-Epiphane qu'il se convertit et qu'il fut baptisé au lit de la mort par l'évéque de Tibérias, au commencement du 4* siècle. T — o.
H1LLER (Matthieu), savant orientaliste, surnommé le Bockart de l'Allemagne , naquit i Stuttgard le 15 février 1616, et était fils du secrétaire du conseil de régence de Wirtemberg. Après avoir terminé ses études, il obtint le grade de maître es arts à l'université de Tubingue, et y fut retenu professeur suppléant, place dont il se
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démit pour aller exercer les fonctions de diacre à Hcrrenberg. Il fut ensuite chargé de l'enseignement à Bebenhausen, et revint en 1687 à Tubingue remplir la chaire de logique : il y réunit bientôt celles de métaphysique et d'hébreu , et fut enfin créé professeur ordinaire des langues orientales, et professeur extraordinaire de théologie. Ses talents contribuèrent à répandre un nouvel éclat sur l'uniTersité ; aussi furent-ils récompensés de la manière la plus honorable. Nommé principal du collège ducal , et inspecteur d'une partie des écoles du Wurtemberg, il fut ensuite désigné abbé de Herrenalb, puis de Kœnigsbrunn, place importante et lucrative. Il mourut dans cette abbaye le 3 février 1723, âgé de 79 ans. On a de lui : l8 Institutions lingua taneta ; cette grammaire a été souvent réimprimée : l'édition la plus récente est celle de Tubingue, 1760, in-8°; 2° Lezicon latino-hebraicum, 1683 ; 3° Onomasticttm sacrum, Tubingue, 1706, in-4°. Cet ouvrage a été traduit en allemand par l'auteur : il a été réimprimé à la suite des Bibles en cinq colonnes de Wanderbeck. 4° Syntagmata hermeneutica quibus loca S. Scriptwts plurima ex htbraico textu noce expticantur, ibid., 1711, in-4*. Ce volume renferme quatorze dissertations, dont plusieurs avaient paru séparément; elles sont intéressantes et fort estime'cs des protestants. 3* De arcano keri et kettrib. ibid., 1692, ln-8". L'auteur y examine les différentes opinions des orientalistes sur l'accentuation et la ponctuation des Hébreux, et prouve l'authenticité des deux leçons ( textuelle et marginale) des saintes Écritures. 6» Hierophysice Commentarius in loca sacra Scriptura;
aua- plantarum faciunt mentiontm, Ctrecht, 1723, in-4°. Cet ouvrage, qu'on doit regarder comme le pendant de V H'urozoicon de Bochart, e5t rare et recherché : il ne parut qu'après la mort de Miller, par les soins de Salomon Krster, son gendre, qui y ajouta une préface , dans laquelle il a donné des détails sur la vie de l'auteur. Hiller a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages, entre autres le Thésaurus lingum sancta hermeneuticus : il a réuni sous ce litre l'explication de toutes les difficultés de la langue hébraïque; et les savants en ont longtemps désiré la publication. — Louis- Henri Hiller a publié à Ulm (1682, in-8°) : Mysterium artis steganographia novissimum, in gratiam collegii naturœ curiotorum , modum omnes epistolas et alia scripta incognito ht omnibus linguis solctndi comptèrent, Ulm, 1682, in-8" de 478 pages, sans la préface et l'errata de 6 pages qui termine le volume. Cette multitude de fautes aura vraisemblablement contribué au peu de succès de ce traité, qui est beaucoup plus ample et aussi exact que YArs deci/ratoria , mais moins méthodique (voy. Breithaopt). fl ne s'adapte spécialement qu'au latin, à l'allemand, au français et à l'italien, et seulement aux chiffres à clef simple ou dont l'alphabet n'est pas variable. L'auteur eut pour collaborateur dans ce travail Christian Scborer,
habile calculateur; et il en avait donné un premier aperçu dans son Qptueulum steganograpàimm, publié à Tubingue en 1673. W — s.
HILLER (Jean, baron de), général autrichien, na> quit le 10 juin 1784. Son père avait été colonel et mourut commandant de la place de Brody, en Gallicie. Dès l'âge de quinze ans, FHHer entra cadet dans le régiment d'infanterie du duc d*Hildburgshausen, et servit successivement, jusqu'au grade de colonel commandant qu'il obtint en 1793, dans le régiment de frontière Kreurer-Wa radin. La guerre contre les Turcs lui avait fourni l'occasion de se placer au nombre des officiers les plus distingués de l'armée autrichienne. La bravoure et les talents qu'il déploya dans différentes circonstances, et notamment à la prise de Novi, le 3 octobre 1788, à celle de Berbiret au siège de Belgrade, lui avaient valu la croix de Marie-Thérèse et le titre de baron. En 1790, Laudon le prit auprès de lui en qualité d'adjudant général. A la mort rfB feld-maréchal , il retourna à son régiment, qu'il quitta en 1794, avec le grade de général major. L'année suivante il remplit les fonctions de eoa>missaire général des guerres à Tannée d'Italie, puis celles de commandant d'une brigade de l'armée du Rhin ; mais le mauvais état de sa santé le força de quitter le service à la On de cette même année. En 1798, il fut employé à l'année réunie sur le Lech. Blessé d'un coup de feu genou à l'attaque de Zurich en 1799, il l'ennemi d'un bois à la téte du régiment de Beuder. Les Suisses , reconnaissants îles services qnH leur avait rendus, lui donnèrent alors le diplôme A*homme de la maison de Dieu (Cotteshaitsmaon ). Un peu plus tard il fut promu au grade de fcldmaréchal lieutenant, et envoyé au quartier général de Souwarow et de Korsakow, pour y porter au nom des alliés de l'Autriche des représentations sur l'abandon que faisaient les Russes de leur position; mais ce fut en vain qu'il leur exposa le préjudice qui en résulterait pour 1» cause commune , Souwarow avait reçu de soo souverain des instructions positives , et il continua de se retirer. L*année suivante ( 1860), Hiller eut le commandement d'un corps autrichien à Graubundten, et plus tard dans le Tyrol devenu la ligne de communicalioo de Tmmée d'Italie avec celle d'Allemagne. La guerre étant terminée , on l'envoya à Agram en qualité le divisionnaire chargé du commandement de kt
Croatie , et il fut nommé dans la même colonel titulaire du 2* régiment de ligne hongrois archiduc Ferdinand d'Esté , qui à ta de F archiduc prit le nom de Hiller et en celui d'empereur Alexandre. A eette époque, Hiller, qui était général d'artillerie, reçut en échange le S3" régiment de ligne hongrois , connu auparavant sous le nom de Jellachicb. — De la Croatie, il passa dans le commandant militaire d'tnspruck. Nommé mandant général du Tyrol et du Vorarlberg ,
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les premiers jours de 1805, il prit dans la même année, au midi du Tyrol, le commandement d'un corps de 10,000 hommes, avec lequel il défendit les débouchés de ce pays et protégea , par des mouvements simules sur la rive droite de l'Etsch, les attaques de l'armée autrichienne en Italie, •ans cependant y prendre une part décisive , n'ayant ordre de se réunir à l'armée que lorsqu'elle- aurait passé l'Etsch. Dans le mois d'octoLre, il reçut l'ordre de se porter sur le Brenner avec quatorze bataillons pour couvrir le haut Etschshale et soutenir la position du Brenner. De nombreux renforts lui étant arrivés, il se trouva vers la On du même mois à la téte de 22,000 hommes, et établit son quartier général à Roveredo. Les événements d'Ulm l'obligèrent de mettre son artillerie et ses magasins en sûreté dans la ville de Clagcnfurlh, d'où, après s'être mis en communication avec le corps de l'archiduc Jean , il dirigea huit bataillons d'infanterie et deux escadrons sur Ilasladt , par le haut Trauthal , pour assurer la ligne de retraite des Autrichiens dans le Tyrol. Le reste de ses troupes eut ordre de se tenir prêt à se concentrer vers Trente, pour se diriger sur la vallée de la Brenta et y opérer sa jonction avec l'armée de l'archiduc Charles. Les désastres de l'Allemagne ayant nécessité la retraite de l'armée autrichienne , Ililler commença la sienne dans les premiers jours de décembre, et fut chargé de couvrir Brixen, point important, qui était le pivot de tous les mouvements et le rendez-vous de toutes les troupes en retraite. Toutes ces opérations s'exécutèrent avec une admirable précision ; et dès lors Ililler fut considéré comme l'un des plus habiles généraux de l'armée autrichienne. Investi du commandement des troupes à Clagenfurlh jusqu'à leur jonction avec l'archiduc Charles, entre Windisch-Feistrilz et Cilly, il resta placé enlre Gonowitz et Cilly avec seize bataillons et six escadrons, pour protéger la retraite de l'armée, qu'il alla rejoindre dans le camp de Kœrnicnd , après avoir quitté sa position le S décembre. Le 0 , il fut envoyé à Slrin pour y prendre le commandement de l'avant - garde. Nommé commandant de Salzbourg , puis de la baute Autriche, en 1807, il devint conseiller intime et général commandant sur les frontières de la Croatie. Pendant la guerre de 1800, Ililler eut le commandement du 6« corps, avec lequel il occupa tout le pays au-dessus de l'Emis sur les frontières de la Bavière. Renforcé par une division de l'armée et le deuxième corps de réserve, il battit à Ncumai kl les Bavarois et lesErançaiscommandés par les maréchaux Wrede, Bessièrcs, et les repoussa jusqu'à Landshout. La victoire de Ncumarkt lui valut la croix de commandeur de Marie-Thérèse. A la bataille d'Aspern, où il fit des prodiges de râleur, il commandait l'aile droite de l'armée autrichienne, près de Statu mer sdorf, et contribua puissamment au succès de la journée. On a dit avec beaucoup de vraisemblance que, dans l'af-
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faire du 6 mai, lorsqu'il vit l'armée française refoulée dans l'Ile de Lobau, sans retraite et sans munitions, son avis fut de l'y attaquer sur-lechamp, afin de compléter un premier triomphe, mats que l'archiduc Charles s'y refusa. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'aussitôt après cet événement Ililler fut nommé général d'artillerie et que l'empereur lui accorda une dotation de cinquante mille florins Une indisposition l'empêcha de prendre part à la bataille de Wagram ; et, lorsque la paix fut rétablie, il reprit son commandement général en Croatie. Deux ans après il fut nommé au commandement de l'Esclavonîe. En 1813, il fut envoyé sur la frontière d'Italie, ayant d'abord 32,000 hommes, dont il ne conserva plus tard que 17,000, près de Clagenfurth. Malgré son infériorité, il combattit avec succès les 50,000 hommes qui composaient l'armée du viceroi d'Italie; mais, étant tombé malade, il fut obligé de remettre le commandement au comte de Bellegarde. En 1814 , il fut nommé général commandant en Transylvanie et plus tard en Gallicie, où il mourut le 5 juin 1810. M— • j.
HILLERIN (Jacques de), d'une ancienne famille du bas Poitou, naquit à Mortagne vers 1373. 11 faudrait placer vers l'an 1338 l'époque de sa naissance, 6i l'on s'en rapporte à Dreux du Radier (Bibliothèque historique et critique du Poitou, t. 3, p. 488), qui le fait mourir âgé de quatre-vingtdix ans, vers 1648 ; mais cette indication est fautive, puisque l'un des ouvrages de Hilierin porte la date du 12 décembre 1G31. Celle de 1573, qui est probablement la véritable, nous est fournie par un passage du discours que prononça ce conseiller le 8 février 1649, par lequel on voit qu'étant âgé de soixante-seite ans, il croit devoir se démettre de sa charge « pour s'employer plus « soigneusement et avec plus de liberté d'esprit « aux exercices de sa condition de prêtre (Discours « meilanqex, p. 387). » Après avoir reçu de M. Guydard, curé de Mortagne, « la première « teinture des lettres humaines » (lettres chronologiques, p. 1), il vint suivre, en l'université d'Angers, les cours de rhétorique et de philosophie, ayant alors quinze ans. \a prise de la ville par les huguenots le contraignit de se réfugier i Poitiers, où il fil son droit. Une vocation décidée le portail à entrer dans les ordres; mais, pour se conformer aux désirs de sa famille, il se fit recevoir avocat et vint à Paris suivre le palais, où brillaient alors Robert et Arnauld. Toujours préoccupé de l'envie d'être prêtre, il ût tant que son pere lui donna son consentement. Il faut voir, dans ses Lettres chronologiques (p. 73), avec quel transport de joie il annonce à un ami que « Dieu
■ lui a fait la grâce d'être prêtre. » Et ce zèle ne se ralentit jamais : car on le trouve cinquante ans plus tard , « si rauy d'aises et de contentements
■ quand il est à l'autel , célébrant la saincte * messe, qu'il se pense hors du monde, et désia « dans le ciel avec les bienheureux (p. 200). » Peu
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de temps après il perdit son père, et des convenances de famille le décidèrent à traiter d'une charge de conseiller au parlement, où il fut reçu, suivant Blanchart, cité par Dreux du Radier, le
10 mai 1615 Tout entier aux devoirs de son état,
11 jouissait dans son corps d'une considération méritée. Aussi, malgré son projet d'abandonner le tracas des affaires temporelles, en 1649, pour s'occuper exclusivement des spirituelles, se vit-il contraint de céder aux désirs de ses collègues et d'accepter le titre de conseiller honoraire. Cette renommée lui valut, sous le despotisme de Richelieu, d'être à l'abri des actes arbitraires qui frappaient ses confrères. « C'est un bon prêtre, disait « le ministre, il dit le breuiaire, ne lui faisons « point de mal ; aussy n'y a-t-il rien à gaigner « auec luy qui vil de telle sorte qu'il ne void « princes ny grands, ne se trouve en compagnie, « se tenant assidu en ses exercices de l'église, à
• Notre-Dame, où il est chanoine, les dimanches
■ et les festes, tousiours des premiers en la cin-
■ quième chambre où il est conseiller, dans le pa-
• lais. » (Lettres chronologiques, p. 116.) Si Dreux du Radier était bien informé en faisant vivre Hillerin quatre-vingt-dix années, il faut placer vers l'an 1663 l'époque de sa mort. Elle eut lieu à Paris, sur la paroisse St-Sulpice, où il demeurait « rue des religieux Augustins refformez, sur la
• riuière de Seyne, regardant le Louure. » Voici la liste de ses ouvrages : 1° Les grandeurs et mystères du Saint-Verbe incarné. Divisez en douze livres, composez par J. de Hillerin, prestre, chanoine de N astre- Dame de Paris, conseiller du roy en sa cour du parlement, Paris, 1635-1646, 4 part, ou vol. in-fol. Chaque partie est précédée d'une épltre dédicatoire. La première est: A la tris-sainte Trinité. C'est à tort que Moréri a mis cet ouvrage sur le compte de Charles de Hillerin, curé de St-Merry, neveu de Jacques. 2° Les grandeurs de Marie la sainte Vierge, avec l'Office du chrestien, disciple de la croix, pour méditer les sept iours de la sepmaine saincte , sur les sept paroles de nostre Sauucur, mourant au Caluaire dans les tourments de la croix, Paris, Denis Réchet, 1648, in-fol. Dreux du Radier dit qu'il existe une édition de cet ouvrage format in-douze. L'Office du chrestien, disciple de la croix doit avoir été imprimé séparément, in-24 (voy. Lettres chronologiques, p. 226). 3« ( Bibliothèque impériale et MazarineJ. Discours meslangez et actions diverses faits en la cour du parlement de Paris, parJ.de Hillerin, prestre, conseiller du roy en sa cour de parlement de Paris, et la pluspart aux chambres assemblées pendant qu'il a esté aux enquestes et en la grand'chambre dudit parlement, sur les occasions qui se sont présentées pour l'honneur de Dieu, le bien de la iustice , le service du roy, le soulagement de son peuple et la grandeur de son estât, Paris, 1631, in-fol. ; 4° (bibliothèque de l'Arsenal). Le eharriot chrestien à quatre roues, menant à salut, dans le souuenir de la mort, du jugement de
l'enfer et du paradis : Oraisons servants d'ex rcices à ceux qui laissants la terre cherchent le l ciel ; au nombre de soixante, faisant quatre Hures. | Instruction pour prier et méditer. Lettres chronologiques et spirituelles au nombre de deux cents, réduites en quatre liures, par J. de Hillerin, etc., Paris, J. Hesnault, 1632, in fol. Les Lettres chronologiques terminent le volume et ont une pagination particulière. Hillerin y mention se. p. 226, un ouvrage, en un tome in-folio, ayant pour titre : Les sept sacrements. Z.
HILLIARD D'AUBERTEUIL, publiciste, naquit vers 1740, probablement à Paris. Après avoir achevé ses éludes, il travailla chez un procureur, et devait être fort jeune encore lorsqu'il s'embarqua pour St-Domi ngue avec le projet d'y solliciter une place dans les tribunaux, ou d'y exercer la profession d'avocat, très-lucrative dans les colonies. Il demeura dix ans au Cap, employant ses loisirs à rassembler des matériaux sur les différentes branches de l'administration des colonies, dont il se proposait d'écrire l'histoire. De retour à Paris, il y publia : Considérations sur rétat présent de la colonie française de St-Domingue. 1776, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage, dans lequel il attaquait avec beaucoup de liberté les abus qu'il avait cru remarquer dans le régime de la colonie, fit une assez vive sensation. Un arrêt du conseil l'ayant supprimé en 1777, il n'en fut recherché qu'avec plus d'empressement. Hilliard était déjà reparti pour l'Amérique. Cette fois il n'alla point à St- Domingue, où sans doute il aurait été mal accueilli par les planteurs ; il visita les colonies anglaises, dont la lutte avec la métropole était déclarée ; et lorsqu'il quitta Boston, en 1778, il y laissa des correspondants qui se chargèrent de lui faire parvenir des mémoires sur les provinces qu'il n'avait pu visiter, et de le tenir au courant des événements dont il était facile de prévoir l'importance. Un colon de la Martinique nommé Dubuisson (voy. Dubuisso*) fit paraître, en 1780, une Mutation du premier ouvrage d'Hilliard, sous ce titre : Nouvelles considérations sur St-Domingue. en réponse à celles de il. H. D. Mal noté dans les bureaux du ministère, Hilliard ne jugea point à propos de lui répondre. Il devait être d'ailleurs fort occupé par la rédaction de ses Estais historiques et politiques sur les Anglo-Américains, qui parurent sous la rubrique de Bruxelles, 1782, in-4», ou 2 vol. in-8°. Cet ouvrage, oublié maintenant, dut avoir alors quelque succès , puisque dès l'année suivante l'auteur en donna une continuation sous le titre Essais historiques et politiques sur les révolutions de f Amérique septentrionaie, 3 vol. in-8°. Dans le courant de l'année 1784, Hilliard fut mis en prison par mesure de police; il parait que ce fut sur l'ordre du maréchal de Castries, alors ministre de la marine, qui lui gardait rancune de son ouvrage sur Sl-Domingue, et qui saisit la première occasion de l'en punir. Quoi qu'il en soit, UiUiard recouvra promptemeut la