‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 69 sur 106 · II) L · texte numérisé non relu

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liberté. Plus tard (1786), M. de Calonne, soupçon liant qu'il pouvait être Fauteur d'un pamphlet rédigé dans le but de faire baisser les actions de la compagnie des eaux, donna l'ordre de s'assurer, par une visite nocturne, si l'on en trouverait des exemplaires dans son domicile, et de l'arrêter s'il était reconnu coupable. Mais cette fois il n'y eut pas le plus léger prétexte pour lui faire subir une nouvelle détention (voy. ta Police diroiUe , par Manuel , 1. 1, p. 59). Il travaillait alors à une Histoire des provinces unies des Pays-Bas, dont il publia \e Prospectus en 1789. Le moment ne lui paraissant pas favorable pour donner suite à ce projet, il retourna vers la même époque dans les colonies. On prétend qu'il y fut assassiné par les menées de l'Américain Dubuisson , le même qui avait réfuté son ouvrage sur St-Domingue ; mais Barbier, en répétant cette accusation (Examen critique des dictionnaires historiques, p. 447), semble convenir qu'elle n'est appuyée d'aucune preuve. Outre les ouvrages déjà cités, on a d'Hilïiard d'Auberteuil : 1° Histoire de l'administration dm lord North depuis 1778 jusqu'en 1782, et de la guerre de Tâmérique septentrionale, suivie du tableau historique des finances de l'Angleterre, depuis le règne de Guillaume III, Londres et Paris, 1784, 2 vol. in-8°. Le Tableau des finances a été reproduit séparément, la même année, sous le titre de Compte rendu ou Tableau, etc.; 2° Des moeurs, de la puissance, du courage et des lois, considérés relativement à F éducation d'un prince, Bruxelles et Paris, 1784, in-8°; 3° Miss Mac-Rea. roman historique, Philadelphie (Paris), 1784, in-18 W— s.

HILSE1SBERG (Chables-Théodore), naturaliste et voyageur prussien, naquit le 11 mars 1802, à Erfurt, ou son père était chirurgien de la ville. Il se destina dès le commencement de ses études à suivre la même carrière, et pour augmenter ses connaissances, à peine âgé de dix-sept ans, il se rendit à Vienne. Son zèle et son assiduité lui gagnèrent l'affection de plusieurs savants distingués : c'était surtout à la botanique qu'il s'appliquait, et il fut choisi comme adjoint par Trattinik, professeur de cette science. S'étant lié avec François Sieber, naturaliste passionné pour les voyages et récemment revenu d'Egypte, il quitta sa place au commencement de 1820, et le suivit en qualité de secrétaire. Tous deux allèrent à Munich , où Sieber voulait vendre des collections qu'il avait apportées d'Afrique; ensuite ils parcoururent en botanistes le Tyrol et une partie de l'Italie et de la Suisse. En revenant, son compagnon l'ayant quitté à Bolsano , il visita tout seul le Tyrol , souvent au péril de sa vie. Au mois de novembre, Sieber écrivit de Prague au père de Uilsenberg pour lui témoigner son extrême satisfaction de la conduite de son fils, lui annoncer qu'il l'enverrait au cap de Bonne-Espérance, et lui promettre qu'à son retour il lui ferait étudier à ses frais, pendant trois ans, la médecine, et pren-

dre ses degrés. Ililsenberg, ayant de son côté supplié son père de lui accorder la permission de faire ce voyage, lui dit en même temps qu'il avait composé une relation de son excursion aux glaciers du Tyrol. Le consentement paternel obtenu, il se mit en route avec Bojer, jardinier de Prague, passa par Vienne, Craetz, Laybach etTrieste,où il s'embarqua pour Ferrare. Arrivé à Livourne, il se dirigea sur Marseille. Là, changeant brusquement de résolution, il monta, le 25 mars 1821 , sur un navire destiné pour l'Ile Maurice, où il arriva le

7 juillet. Durant le reste de l'année et une partie de la suivante, il fit avec Bojer des excursions dans cette lie et dans l'Ile Bourbon : le 1" mai 1822, T. Farquhar, gouverneur de Maurice, qui l'avait accueilli avec bienveillance, le chargea d'une mission à Madagascar. Débarqué à Tamatave, port de la côte orientale de cette grande Ile, Hil» senberg gagna Tananarive, capitale de la province d'Émirne et résidence de Kadama, roi des Ovas , qui s'efforçait de civiliser son peuple. Hilsenberg et Bojer y séjournèrent dix-huit mois, occupés à recueillir des végétaux et des animaux indigènes; le résultat de leurs recherches fut expédié à la société linnéenne de Londres. En octobre 1823, Hilsenberg revint à Maurice, où il apprit avec surprise que, durant son séjour à Madagascar, Sieber avait passé quatre mois au Port-Louis, et s'était plaint amèrement de n'avoir pu lui parler. Le capitaine Owen, chef d'une expédition britannique qui explorait les côtes du continent africain et de ses lies, aborda à Maurice au milieu de 1821. Comme il avait perdu son chirurgien-botaniste à Séna dans la colonie portugaise de Mozambique , il engagea Ililsenberg à le remplacer. Celui-ci se rendit à cette proposition malgré les instances de ses amis, et le 15 juillet il s'embarqua avec Owen. Mais dès le 18 août la maladie nommée fièvre de Madagascar l'avait attaqué , et son état empira tellement qu'on le mit à terre le

8 septembre : il mourut le 11 à l'Ile sir -Marie, petit établissement français près de la côte nordest de Madagascar. Des journaux allemands ont publié dans le temps des extraits de lettres de Hilsenberg. L'auteur de cet article en a inséré un sous le titre de Voyage à Madagascar dans le tomell des Nouvelles annales des voyagrs (deuxième série). Ce morceau contient des détails intéressants sur une Ile dont on n'a encore qu'une connaissance imparfaite. Passionné pour la botanique, Hilsenberg aurait rendu de grands services à cette science et à la géographie, si une mort prématurée ne l'eût enlevé. Ses lettres donnent une bonne idée de son caractère et le montrent trèsaffectionné pour sa famille, à laquelle il fit passer le fruit de ses épargnes et divers objets curieux. Comme il avait le teint très-blanc , les cheveux et les sourcils très-blonds et la membrane entourant les cils d'une teinte rouge, les Malgaches l'avaient surnommé Vouroundoutt (effraie), car il leur rappelait l'image de cet oiseau de nuit. Sa

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