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traduit en voulant les corriger prouve qu'il avait entrepris une tâche au-dessus de ses forées. Le premier spécimen de la première partie offre la I vie abrégée de Mahomet, tirée d'Aboul-Faradj, et peut offrir une idée des connaissances de Hirt en grammaire arabe. C'est encore à l'amitié de Reiske que l'auteur devait tout ce qui est inédit dans cette cbrestomathie. 11» Wtttenbergische orientalùrhe und exegetisehe Bibliothek. ibid., 1776; 14» Varia sacra in primitifs academicis Wittenbergensibus maximum partem exhibita. Wittenberg et léna, 1776.
HIRT (Alots), archéologue prussien, né le 27 juin 17K9, a Donaueschingen , trouva moyen, lorsque ses études furent terminées, de voyager en Italie, et s'y livra longtemps à l'examen des plus beaux monuments d'architecture de cette contrée. Le savoir profond de Hirt, son Inépuisable complaisance pour ses compatriotes , dont souvent il se fit bénévolement le cicérone , répandirent sa réputation en Allemagne. Lorsqu'il y revint, la comtesse de Lichtenau voulut l'avoir avec elle pour visiter en artiste les monuments de l'Allemagne , et ce voyage terminé, elle lui fit confier l'éducation du prince Henri de Prusse. Hirt devint successivement membre du conseil aulique, professeur aux Académies des arts, du dessin et d'architecture, professeur d'archéologie à l'université, et membre de l'Académie des sciences de Berlin. Jamais honneurs ne furent mieux mérités. Hirl était incontestablement un des plus habiles archéologues qui aient existé , et il a rendu aux arts du dessin et à leur histoire des services durables par la publication de divers ouvrages d'uq ordre supérieur , entre autres : 1" Du iMocoon (plusieurs morceaux dans les Heures de Scheller, 1797, 10* et 12» fasc.) ; 2» Livre de déteins pour ta mythologie , Farchéologie et Cart , A" partie , Berlin. 1808, in-4° ; 3° Lectures sur le temple de Diana à Éphése , sur celui de Salomon , sur le l'antheon, à Rome (dans le blutée de bi science des antiquités de Wolf et Buttmanu); 4* Éléments de la '-elle architecture, Berlin, ls»04 ; 8° l'Architecture d'après Us principes des anciens. Berlin, 1809, in-fol.; 50 planch. C'est là l'ouvrage capital de Hirt. 6° Eolin divers articles dans les Heures, dans les A; i- Aires du temps, et dans d'autres recueils pério» -diques. 11 est mort le 29 juin 1836. P— ot.
HIRTEMBEKG (Joachim, Pastortos de), historien polonais du 17* siècle, était né dans le luthéranisme, et fut d'abord docteur en médecine et professeur à Dantzig. S'étant fait catholique , il devint chanoine de Culm , protonotaire apostolique , doyen , curé et officiai de Dantzig , historiographe, secrétaire et commissaire du roi Jean- Casimir. Ayant été anobli, à son nom de Pastorius il ajouta celui de Hirtemberg. Sou premier ouvrage sur l'histoire de Pologne parut en 1679, à Dantzig et à Francfort, sous le titre de Florus Polonus, «eu Polomca historiat eptioma nova. C'est un extrait et une continuation de l'histoire de
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Cromer (voy. ce nom). L'auteur imite avec succès l'élégance et la précision de Florus , qu'il avait pris pour modèle. Il fit, quelque temps après, un autre livre intitulé Belium Scytieo-Cosatieum Contra regnum Polonia , Dantzig , 1657. Ayant augmenté cet ouvrage , il le publia sous ce titre : Historiée Polonka pieniori* parles duo, Dantzig, 1685. Cette histoire renferme un recueil précieux de lettres et de diplômes ; mais elle est écrite d'une manière sèche et souvent diffuse. On y a joint une dissertation, De origimbus sarmaticis, où l'auteur déploie autant d'érudition que de jugement, sans pouvoir néanmoins établir rien de positif sur des origines qui se perdent dans la nuit des siècles et qui échappent à l'histoire. G — au.
HIRTIUS (Aclus), d'une illustre Camille romaine, s'appliqua dans sa jeuuesse à l'étude de la rhétorique, et porta la parole avec succès dans plusieurs occasions. 11 suivit César dans la guerre contre les Gaulois , et mérita l'estime de ce grand capitaine. A son retour de celte expédition , il rechercha avec beaucoup d'empressement l'amitié de Cicéron et l'accompagna dans sa retraite de Tus culum. Il s'y exerçait à la déclamation , sous les yeux de cet illustre orateur, qui parle avec éloge de ses talents dans plusieurs de ses lettres (voy. surtout la 32* du 8* livre, adressée à Volumnius). Cicéron envoya Uirtius au-devant de César revenant vainqueur de l'Afrique, et le chargea de faire sa paix avec le dictateur , qu'avait ofTensé la liberté de ses discours. Uirtius , soit affection, ■Oit reconnaissance , fut toujours attaché au parti de César; mais, après la mort de ce dictateur, il se déclara contre Antoine. Désigné consul avec C. Vibius Pansa , il tomba malade aussitôt après son élection , et Cicéron nous apprend (Philipp. 1", paragr. 37) que le peuple lui donna les marques du plus vif intérêt. Uirtius était à peine rétabli, qu'il partit avec son collègue pour attaquer Antoine, qui assiégeait Brutus dans Modène. Ils remportèrent sur lui une victoire, près de cette ville, l'an 711 de Home, 43 avant 1,-Cj mais Uirtius périt dans le combat, et Pansa mourut quelques jours après de ses blessures. Le bruit courut qu'Octave avait fait assassiner les deux consuls , alin de jouir seul de la gloire de cette journée roy. Suétone , Vie d'Auguste). On ne peut pas affirmer qu'Aulus Uirtius soit l'auteur de la continuation des Commentaire* de César. Du temps de Suétone, il y avait déjà à cet égard beaucoup d'incertitude ; les uns, dit-il, l'attribuent à Oppius , et d'autres à Hirtius : le dernier sentiment a prévalu. Cette continuation forme ie 8* livre de la Guerre des Gaules. L'auteur l'adresse à Balbus (1) par une lettre dans laquelle il s'excuse d'avoir osé entreprendre de terminer un ouvrage tellement parfait que César semble y avoir eu pour but moins de rassembler des matériaux
(1) 8*D» doute Ludui Cornélhu Bal bu., l'un ém ami* le* plu in Urne» d* Ccw.
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que de laisser un modèle aux historiens. On apprend par la même lettre , que le livre de la Guerre d'Alexandrie et celui de la Guerre d'Afrique sont sortis de la même plume , et ces trois ouvrages, écrits d'un style simple et élégant , ne paraissent point indignes de l'ami de César et de Cicéron. Mais on a encore, sous le nom d'Hirtios, un livre de la Guerre d'Espagne, si inférieur aux premiers, que des critiques judicieux le regardent comme le journal d'un soldat témoin oculaire des événements qu'il raconte (voy. la Bibl. chois. de Leclerc, t. 26, p. 145 et suiv.l. Dodwell pense que Jul. Celsus Constantinus a intercalé plusieurs passages dans les différents livres qu'on trouve réunis aux Commentaire* de César (voy. pour les é J il . l'art. César , à la fin). W — s.
HIRTZWIG (Hhm), poêle dramatique latin, oublié jusqu'ici dans toutes les biographies, virait au commencement du 17e siècle et remplissait les fonctions de recteur du gymnase de Frane* fort-sur-le-Mein. On cite de lui deux pièces de théâtre : Beitatec tragmdia. Spire, 1615, et Lutkerus drama. 1617, in-8°. La première est entièrement inconuue ; mais le drame de Luther parait être un des types de la comédie historique qu'on cherche depuis quelques années à naturaliser ea France. L'auteur composa cette pièce à l'occasion du premier jubilé de la réforme évangétique. Elle fut représentée à Wittenberg par ses soins et aux frais de l'électeur de Saxe Jean-Georges , qui ne négligea rien pour donner à ce spectacle toute la pompe dont il était susceptible. Hirtzwig lui en témoigna sa reconnaissance dans l'épltre qu'on lit à la tête de l'ouvrage. Le nombre des personnages qui figurent dans ce drame n'est pas moindre de quatre-vingts , et il faut y ajouter le concile de Trente tout entier , le collège des cardinaux , les étudiants de l'Académie de Wittenberg avec leurs professeurs, des courtisans, des jurisconsultes, des Espagnols, des chevaliers, des paysans, et enfin le peuple. Ainsi le théâtre devait toujours être assez bien rempli. Le plan de cette pièce est défectueux et le style en est diffus ; mais les détails piquants dont elle est semée en assurèrent le succès dans le temps et la font encore rechercher aujourd'hui des curieux. Les exemplaires en sont fort rares , même en Allemagne. Freytag en a donné quelques extraits dans l'Apparat, litterar.. t.2, p. 1218-24. On croit pouvoir attribuer à Henri Hirtzwig : Spi*tota ad H ar th. àientxer de pressente gymnattt Uamo-Frmmeafuriani ratione et statu ; le Cotai, de ta Biàùotieta- Bunaviana en cite une édition de Francfort , 1651. in-4». W— s.
HIRZEL (Jean-Gaspard) , ancien sénateur, premier médecin de la ville de Zurich et président de la société physique, naquit dans cette ville le 21 mars 1725. C'est à son zèle et à son activité que sa patrie est redevable de plusieurs établissements de pobee médicale et d'éducation publique. H s'y chargea longtemps et gratuite-
ment de l'instruction des sages-femmes, donna plusieurs cours de médecine théorique et pratique, et fut l'un des principaux fondateurs de la société helrétique créée en 1762, et qui, pendant une trentaine d'années, a réuni presque tout ce qu'il y avait en Suisse d'hommes zélés pour le bien public. Contemporain de Haller et de Gesner, Hirzel , après avoir traduit les ouvrages de Tissot, publia un Traité d'économie rurale. Son goût pour l'agriculture lui faisait rechercher l'occasion d'acquérir dans cet art des connaissances positives. M. Vœgueli le conduisit chez un cultivateur nommé Jacques Gujer (on prononce Gouyer}, natif «le Wermetschweil dans la paroisse d'Uster, canton de Zurich. C'était un philosophe praticien, uniquement livré aux travaux de l'économie rurale et domestique, et s'en occupant en observateur qui se propose de contribuer aux progrès de la science agronomique. On ne l'appelait dans le pays que Myiogg (Petit-Jacques). Le spectacle qu'offrit sa famille au médecin Hirzel lui inspira l'idée de recueillir et de publier une série de faits et d'expériences sur les diverses branches de l'agriculture. La conduite de Jacques Gouyer, ses principes, ses essais, ses procédés, tels sont les objets décrits dans l'ouvrage auquel l'auteur donna le titre de Socrate rustique, trouvant quelque conformité entre la philosophie du sage d'Athènes et celle du paysan suisse. Ce livre a été traduit dans presque toutes les langues de l'Europe : en anglais, par Arthur Young; en français, par Frey Deslandres , officier dans un régiment suisse au service de France , sous ce titre : Le Socrate rustique, ou Description de ta conduite économique et morale d'un paysan philosophe, dédié à l'ami des hommes, 1763, in-12. Dans les dernières éditions, on trouve une correspondance entre le traducteur et M. le marquis de Mirabeau. La meilleure édition de la traduction française est de Lausanne, 1777, 2 vol. in-8°. Hirzel mourut subitement, le 19 février 1803, d'une atteinte d'apoplexie , au milieu de quelques amis qui étaient venus passer la soirée chez lui , et dans le moment où il leur lisait les lettres de son ami, le docteur Zellweguer , mort depuis longtemps. Malgré le» nombreux chagrins que la révolution lui causa sur la (In de sa carrière, il conserva jusqu'à près de quatre-vingts ans toute l'activité de son imagination. Outre le Socrate rustique, le plus connu de ses ouvrages, Hirzel a publié quelques éloges historiques et des entretiens Sur la religion m /•» tolérance . adressés au célèbre Meister. Son Négociant philosophe n'a pas eu autant de succès que son Socrate rustique. Nous en avons une traduction française par M. Doray de Longrais, Paris, 1782, in-8°. D— m— t.
HIRZEL (Heotu), écrivain suisse, né le 17 août 1766 a Weiningen, aux environs de Zurich, parcourut dans cette ville le cercie entier de ses éludes, et après y avoir achevé sa théologie, après avoir reçu les ordres, alla passer plusieurs
années en Italie, tantôt rapide voyageur, tantôt amateur sédentaire. De retour dans sa patrie, il enseigna la logique et les mathématiques, obtint ensuite la chaire d'histoire ecclésiastique et de théologie, et enfin en 1809 se vit pourvu en même temps d'un canonicat et d'une place de conseiller au conseil académique. Il mourut le 7 février 1833. La littérature allemande lui doit entre autres ouvrages les Lettres d'Eugénie, Zurich, 1809 ; 2* édition, 1811 , 2 vol. ; 3' édition, 1820, 3 vol. Cette publication révélait à la fois un beau talent et une belle âme ; l'auteur , tout en décrivant la nature physique avec bonheur, exprime avec un charme exquis les plus douces et les plus pures émotions de l'Ame : l'amour filial , I l'amitié, la douleur a m ère que cause la perte I d'une épouse aimée, tels sont les tableaux qu'aime I à déployer Hirzel ; il s'y montre vrai , naïf et profondément pénétré des sentiments qu'il raconte. Toutefois ce serait se tromper que de s'attendre à trouver chez lui les images subli mes, l'éloquence profonde ou les larmes passionnées de Itousseau. ! La scène des Lettres à Eugénie est toujours ou la i Suisse ou l'Allemagne. On a encore de cet écrivain : 1° Vues de l 'Italie d'après diverses relations de voyages, étrangères et toutes récentes, Leipsick, 1823-24 , 2 vol. in-8" (en collaboration avec plusieurs amis, mais qui firent infiniment moins que lui); 2° plusieurs traductions du français, savoir: 1. de J.-H. Meister, une Esquisse biographique de Larater, Zurich, 1802, in-8»; les Nouvelles suisses, Zurich, 1823, in- • les Lettres à un ami sur la vieillesse. Winterhur, 1811, in-8°; 2. de Lullin de Châteauroux, les Lettres sur f Italie, Leipsick, 1820, 2 vol. in-8°; 3° beaucoup d'articles épars dans les Notices zurichoises de 1811 et a un :es suivantes, dans la Feuille du matin (le Morgenblatt) de Zurich, 1817, dans YAlmanack de la ré/orme pour 1819 et 1821. Ces morceaux décèlent chez Hirzel autant d'impartialité que de goût II ne faut pas le confondre avec les deux personnages suivants. — Gaspar Hirzel, savant de Zurich, né le 11 août 178S, mort le 21 janvier 1823, mais qui ne porta jamais l'habit ecclésiastique, a publié : 1° Nouvelle grammaire française pratique, Aarau. 1820, grand in-8»; t* é'ditioo , 1822; 3" édition, 1824, ouvrage excellent; 2° CEumpa pendant ta troisième période décennale du dix-neuvième siècle, Zurich, 1820, in-8° ; 3° diverses brochures ou compilations grammaticales. — Henri. Gaspar Hmzel , né à Zurich le 3 septembre 1731, mourut à St-Gall le 10 juillet 1817, médecin de la ville de Zurich et conseiller intime de légation du priiiee de la Lippe On lui doit plusieurs ouvrages de médecine, tels que : !• Manne d fart des a-eouchements . Zurich, 1784, in-8"; 2° Introduction à fart de mettre f homme à faon de la gelée et de traiter eeux qui ont été gelés, ibid., 1 789, in-8°; 3° Instruction sur fépiMootie qw fr ppe tes bêles à cornet, ibid., 1790, in-8°, et I lut>o>tv tion à la thérapeutique de celte epiwotte, ibid., 1799,
dont le système religieux esl très-voisin du déisme. L'évéque de Bangor fut transfré à l'évéchê de Hereford en 1741 , à celui de Salisbury en 1723, et enfin en 1754 à l'évéché île Winchester, qu'il occupa plus de vingt six ans. 11 mourut en 1761, âge de 85 ans. Gomme écrivain , son style est clair et énergique; mais il donne à ses périodes «ne longueur désagréable. « Swift , dit Pope , écrit « d'un style «erré; Uoadly fait des phrases d'un ■ mille. » Akenside lui a adressé une ode fort admirée par le» Anglais. Sa vie a été écrite par son fils cadet, «jui donna, en 1775, une édition complète de tes ouvrages théologique* en 3 volume» in-fol. L.
UOADLY ( Bkkumii), médecin anglais, fils aîné du précédent , naquit à Lon tires en 1706. Élevé à prudence crimsnelte] Berlin; I l'université de Cambridge , il fut le plus ikstinftué
in-8° ; 4° Histoire des traraux de la société auxiliaire de Zwick, 1803-1804, in-8° (deux brochures ou discours, 18(13, etc.). Hirzel avait fondé et présidait cette société. Divers articles dans les Zurichois célèbres de L. Meister, dans le Magasin de médecine utile de J.-L. Rahn , 1782-86 , dans le magasin intitulé les Xaturalistes de THrlrétie. 17K7-1789, dans le Calendrier keteétique. 1780- 1798. P-ot-
lliTZIG (Julbs-Édooab») , écrivain et criminaliste allemand, né à Berlin en 1780, mort le 26 novembre 4849, occupa divers emplois importants. On lui doit entre autres ouvrages, tous écrits en allemand : 1" Une traduction de la Chimie ap pi quée aux arts de Chaptal , Berlin , 1808; * Us samiuts à Berlin. Berlin, 1826, 1834;
3° Annales de la jurisL
1828; 4" une Vie dE.-T.-A. Hoffmann, Berlin, 1823 , 2 vol. in-8» ; 5° Traité sur la loi prussienne du 11 juin 1X37, sur la propriété et T usufruit; 6° il a publié les Lettres et écrits d'Adatbert Chammo. son ami, Berlin, 1839 , 2 vol. in-8°. Z.
UOADLY (Bkkjaww), célèbre évêque anglais, né en 1676 à Westerham , tlans le comté de Kent, commença de se faire connaître, en 1706 et 1708, par quelque» écrits contre le docteur AUerbury. Une discussion animée s'éleva entre eux en 1709, sur la doctrine de la non-résistance , à l'occasion d uu ouvrage d'Hoadly, intitulé Mesure de t'vbéissanre. \jt caractère, et le talent qu'il montra dan» et lie controverse lui méritèrent la reconnaissance de la chambre des communes qui , dans une adresse à la reine, représenta les services qu'il avait rendus à la cause de la liberté civile et religieuse ; mais ces mêmes qualités iléchalnèrent contre lui la violence des parti», tellement qu'élevé en 1715 à l'évéché de Bangor, il n'osa jamais en prendre possession , et continua de prêcher à Lomlres en faveur de ses opinions. Ce fut vers ce teuip» qu'il prononça un sermon sur ces paroles de Jésus-Christ, hlon royaume n'est pas de ce wtoude; sermon qui produisit la fameuse controverse appelée lumgorienue , qui occupa la peudattt plusieurs années. Le sens qu'il au leste était que le clergé oc pouvait avoir aucune juridiction temporelle. Le docLur Snape y répondit avec beaucoup de vébéraence; et, dans le cours du débat, l'argument passa insensiblement des droiU du clergé a celui des rois dans le gouvernement de l'£glise. Uoadly soutint avec vigueur les prétentions des rois, mais trouva un victorieux antagoniste dans le docteur William Law. Il eut une autre discussion avec le docteur Bar«- sur la nature de la prière. Sherlok et Potier écrivirent aussi contre lui. Hoadly publia en 1735 son Ou posé du siicremtnt de la Cène, où il acliève de dépouiller ce sacrement du peu qu'y avait laissé Calvin : il n'y voyait qu'une cérémonie extérieure et une formule. Partisan de la plus grande
des élevés du professeur aveugle Sauo.\em»o. La société royale de Londres le reçut fort jeune dans son sein (1726); et le docteur Clarke le lit plot généralement connaître dans le momie savant, en lui adressant une lettre imprimée a l'occasion de la controverse qui s'était élevée parmi 1» mathématiciens , concernant la proportion de vitesse et de force dans les corps en mouvement. 11 fut greffier de Uereford pendant l'épiseopat de wa pere , fut nommé médecin de la maison du roi en 4742, et de la maison du prince de Galles en 4745. Ce prince lui donna en celte occasàoo des marques d'une bienveillance particulière. Uoadly exerça ces deux emplois pendant plusieurs années, dans un temps où les deux branches de la famille royale vivaient en assez mauvaise intelligence ; ce qui est un témoignage bien honorable en sa faveur 11 mourut a Chelsea, le 10 août 1757. Ses ouvrages sont : 1° Trois lettres sur les or* gaj.es de ta respiration, lues au collège des médecins de Londres, en 1737, avec un appendice, 1710. il»-4°; 2" Oratio atiuicerstiria tu theatn colL
btta dit- 18 octobre A. D.. 1742; 3" Le mort *oupçonueux. 1747 , l'une des plus agréables comédie» du théâtre anglais, et qui continue d'y éir. joué* avec beaucoup de succès, il est rare d'allier ainsi de» talents aussi divers. 4° Observations sur nm suite d expériences électriques, par Hoadly rt WiJson , 1756, in-4°. Il eut aussi part a l'Annuité de la beauté, de la composition du peintre Hogoth («». HocsaTB). L.
UOADLY (John), frère du précédent, naquit à Londres en 1711 , fut nommé chancelier de Winchester en 1735, et, étant entré dans les ordres, devint chapelain de la maison du prince de Galles, et ensuite de celle de la princesse douairière. Apres avoir occupé divers bénéfice», il mourut le 16 mars 1776, âgé de 64 ans. On ne parle point de ses sermons; mais on cite de lui plusieurs pièces de théâtre médiocres ; il avait même de l'inclination pour l'état de comédien. On rappelle.
liberté civile et religieuse, il peut être regardé, ' dai.s une notice sur sa vie, i anecdote suivante, avec son ami Clarke , comme le chef «l'une école Jouant un jour , avec ilogsrtlt et Garrick , une pa-
rodie de la scène dn Jules César de Shakspeare , où l'ombre apparaît à Brutus , Ilogarth était chargé de représenter le spectre; mais sa mémoire était si ingrate qwe, bien qne ce qu'il avait à dire se réduisit à quelques lignes, il ne put venir à bout de les apprendre par cœur. On lui suggéra, pour se tirer d'affaire , d'écrire son rôle en gros caractères sur le papier illuminé d'une lanterne qu'il devait «voir à la main en entrant en scène. On a conservé ce morceau d'écriture d'Hogarth , qu'il avait travaillé avec soin , les Anglais mettant un grand prix à tout ce qoi est sorti du crayon de cet artiste célèbre. Les pièces de théâtre de John Hoadly sont : !• Le contraste, comédie représentée en 1731 , mais non imprimée; i° la Vengeance de n,momr, pastorale, 1737; 3" Phabé. autre pastorale, 1748; 4» Jepkté. oratorio, 1737 ; »» la Force de la vérité, oratorio, 1764 , et quelques autres productions du même genre. Il a publié le recueil des ouvrages théologiques de son père en 5 volumes in-folio; et quelques-unes de ses poésies se retrouvent dans le recueil de Dodsley. L.
HOAI-TSONG, quimième empereur de la Chine, de la dynastie îles Ming, portait le nom de Tekouyeou-kien avant de succéder, en 1627, à son frère Hi-tsong, dans les circonstances les plus cri iiques. Des séditions , des révoltes avaient éclaté sur plusieurs points de l'empire, et il avait fallu pour les comprimer recourir aux armes et aux bourreaux sans pouvoir y réussir. Les Tatars-Mantchoux, mat Ire» do Lcao-tong, avaient envahi les provinces du Nord, qui les appelaient de tous leurs vœux pour auxiliaires et libérateurs. La clémence et la bonté de HoaMsong lui gagnèrent bientôt tous les coeurs. Lnnemi de la débauche et du luxe, il tâcha, par son exemple et ses règlements, de rendre aux mœurs publiques cette simplicité, cette pureté qui sont la sauvegarde des États ; mais les vertus de ce prince étaient insuffisantes pour empêcher la catastrophe qui devait terminer son règne et sa dynastie. Trop lent dans ses résolutions, il laissait à l'ennemi tout le temps d'exécuter sans obstacle ses entreprises. Déliant à l'excès, il flottait dans une continuelle incertitude; et, craignant d'être trompé par les bons conseils, il finissait toujours par suivre les plus mauvais. Tandis que les Mantchoux venaient battre une armée chinoise, aux portes de Pékin , l'empereur, ne connaissant d'ennemis que les eunuque* de sa cour qui avaient abusé de leur pouroi r , leur faisait une sorte de guerre et forçait leur chef insol ut a prévenir, par une mort volontaire, le supplice qu'avaient m Jrité ses crimes, fl fit en même temps exécuter publiquement, comme cou|wble de haute trahison , un général qui peut-être fut sac ri fi à une cabale. Cependant Taï-tsong , empereur des Mantchoux, civilisait sa nation et y introduisait les lois et les coutumes de la Chine. Il traitait avec humanité les vaincus , les prisonniers, et, par cette adroite politique, il attirait dans ses États un grand nombre de Chi-
i nois mécontents. Alarmé de cette émigration, HoaMsong, en 1634, publia un manifeste par lequel il accordait une amnistie tres-ample a ceux de ses sujets qui abandonneraient le service du
I prince tatar, et il exhortait aussi les Mongols,
! alliés des Mantchoux, à ne pas croire aux pro-
' messes d'un vassal révolté. Taï-tsong, dans sa réponse ferme, mais modérée, donna des avis salutaires à l'empereur. « A votre cour, disait-il , * tons les hommes en place se tiennent par la » main et vous trompent. Dès que mes troupes ■ approchent de vos terres , les Chinois s'em- « pressent de se faire couper les cheveux à la
I « façon des Mantchoux , et pourtant vos officiers « publient leurs prétendues victoires. Envoyez
I « donc dix mille ou seulement mille de vos sol- « dats, et je les taillerai en pièces avec dix fois
' « moins de monde. » Favorisé par les troubles intérieurs, les progrès des Mantchoux furent tels, en 1633, que Taï-tsong, cédant aux vœux exprimés dans des placels que lui avaient présentés les principaux des trois nations, se fit proclamer empereur de la Chine ; mais sa morty arrivée l'année suivante , et le gouvernement oligarchique adopté par les Mantchoux, parce que ce prince n'avait point laissé de postérité, refroidirent leur ardeur et les empêchèrent de s'emparer de Pékin. La situation de Uoaf-tsong et de son empire en décadence n'en devint que plus déplorable. Le nombre des rebelles qui mettaient les provinces à feu et à sang était si prodigieux qu'ils formaient huit grandes armées, sous différents chefs peu d'accord entre eux. l a plupart de ces corps forent détruits ou dissipés par les troupes impériales, et leurs débris allèrent renforcer les deux chefs les plus redoutables, qui convinrent de se partager la Chine Mais l'un d'eux, faisant la guerre en brigand , se rendit exécrable par ses horribles cruautés. L'autre , Li-tsé-tcbin, moins féroce et plus habile , acquit bientôt une telle supériorité qu'il se vit maître du tiers de la Chine et d'une armée d'un million d'hommes. Il prit alors le titre d'empereur et marcha sur l»ékin. Cent cinquante mille hommes de garnison, des approvisionnements considérables , une artillerie dirigée par un jésuite expérimenté , le P. Adam Schall , natif de Cologne , et la présence du souverain auraient sulli pour faire échouer celte entreprise : mais le malheureux HoaY-tsong acheva de se perdre. Tout occupé de ridicules superstitions dans son palais, lorsqu'on vint lui annoncer l'orage qui le menaçait, il chargea trois eunuques de le conjurer. Ces trois généraux ne se présentèrent devant l'ennemi que |»our mettre bas les armes; et deux d'entre eux, renvoyés par l'usur-
I pâleur dans la capitale pour provoquer l'abdication de lloal-tsong , ou pour introduire les vainqueurs dans Pékin, n'exécutèrent que la seconde partie de leur commission. A cette triste nouvelle, l'impératrice, les reines ou femmes du second rang s'étranglèrent, et l'empereur, après avoir
poignardé sa 011e , alla se pendre dans un lieu retiré de son palais, tandis que les mandarins fuyaient avec les autres enfants du monarque. Avant de se donner la mort, Hoaï-tsong avait tracé ces mots sur un pan de sa robe : « Les mal- « heurs qui m'accablent sont une juste punition ■ du ciel irrité de mon indolence. Je ne suis « cependant pas le seul coupable ; plusieurs des « grands de ma cour le sont plus que moi. Us « m'ont perdu en me laissant ignorer le fâcheux « état de mon empire. Comment pourrai-je pa- « raltre devant mes ancêtres et soutenir leurs « justes reproches? 0 vous qui me réduisez à « cette dure extrémité , mettez mon corps en « pièces, mais épargnez mon peuple; il est inno- « cent et déjà trop malheureux de m' avoir eu « pour maître. » Cette catastrophe arriva le 19 mars 1644. Hoal-lsong avait régné dix-sept ans, et fut le dernier empereur de la dynastie dvsMmg ; car on ne peut guère compter Chitsou-tcliang-ti, qui fut reconnu à Nankin, encore d'autres princes qui furent proclamés aili. Les Mantcboux, secondés par des Chinois vraiment dévoués à leur pays, détruisirent les rebelles; mais la dynastie des Mmg . qui avait été fondée par Iloung-wou (toy. ce nom), et qui avait duré deux cent quatre-vingt-un ans, fut anéantie et remplacée par celle des Tring (voy. Chum-tchj). A— T.
1IOAMG ou HOANGE (Arcade), l'un des premiers Chinois que l'on ait vus en France (1), était né à i, dans la province de Fo-kien, le 15 no- 1679, de Paul Hoatug, chinois converti, impérial des provinces de Nankin et de i, et d'Apollon ie Lasaule (en chinois Leou-sien-yam) , fille du docteur Yan, qui était gouverneur de Kouan-sin, dans la province de Kiam-si. Uoamg fut baptisé six jours après sa naissance par le père Arcade , jacobin espagnol , qui lui donna son prénom. Amené en France, vers 1710, par l'éveque de Rosalie, il demeura quelque temps au séminaire des missions étrangères à Paris, et fut ensuite attaché comme interprète à la Bibliothèque royale pour traduire les livres chinois que les missionnaires y avaient déposés. Il mourut le 1er octobre 1716, laissant pour tous matériaux quatre ou cinq petits dialogues chinois, quelques modèles de lettres, divers fragments de vocabulaires, le commencement de la traduction d'un petit roman chinois , et le Pater, le Credo et l'Ace Murta, traduits en chinois. Mais son séjour à Paris fut surtout utile parce qu'il donna l'idée à Founuont, à Fréret {toy. ces noms), d'étudier cette langue, et leur en fournit l'occasion, quoique lioaiug leur eut été d'un bien faible secours. Ce Chinois s'était marié à Paris, et n'avait laissé
(1) Mi hel Cbln-fo-Uoung, amené en Europe par la P. Couplet en 1687, fut le plut instruit et celui dont on a tiré le plus de lumières. Il était né i Nui lui et igé de trente ara. A «on pacage 4 Oxford il fournit au céi- bre Th. Hyde dea note» aur le* pold» et mesure» dea Chinoia, aur leur» jeux, et quelque» détails
hoa
qu'une fille, liarie-Claude Hoamg, née le A mars 1715, et mentionnée comme vivante dans les notes laissées par Fourroont. A— v.
HOANG-T1, dont le nom propre était Hiommyouan, et le surnom Yeou-kiouttg. empereur de la Chine, est du nombre de ces princes dont l'existence est attestée par la tradition, mais dont l'histoire appartient aux temps incertains qui se sont écoulés entre Fou-hi et le déluge de Yao. 11 monta sur le trône l'an 2698 avant l'ère chrétienne. Parmi tous les événements qu'on rapporte à son règne, il en est beaucoup qui doivent être relégués parmi les fables, d'autres qui semblent offrir un souvenir confus de faits réels, enveloppés de circonstances fabuleuses. Comme les autres princes de la même époque, Uoang-ti passe pour avoir été l'inventeur de tous les arts et de toutes les sciences; et c'est déjà une circonstance capable d'éveiller le scepticisme que de lui voir attribuer une foule de découvertes qui n'ont certainement pas pu avoir lieu dans le même temps, ni être le résultat des méditations d'un seul homme. Quoi qu'il en soit, sans entrer ici dans ces questions obscures , nous suivrons, en l'abrégeant, le récit que nous ont transmis les Pères Prémare, Gaubil, Amiot et Mailla. Si l'on s'en rapporte à ces savants missionnaires, Hoang-ti était fils de Fou-pao, princesse d'une des familles qui se partageaient alors le gouvernement de la Ch'voe : il n'avait que onze ans lorsque les grands de l'État le choisirent pour leur chef. Il fixa sa résidence à Tcho-tcheou, dans la province de Pékin. Il y fit construire un temple, dédié auChang-ti, c'est-àdire au seigneur suprême; mais il continua cependant à sacrifier dans les campagnes suivant l'usage établi. 11 eut bientôt à se défendre contre TcMi-yeou. prince de la race de Chin -»oug; il marcha contre ce rebelle , et après l'avoir vaincu dans trois combats, l'obligea de se soumettre. Suivant une tradition qui mérite d'être ce fut dans cette circonstance que H venta la boussole. 11 s'occupa ensuite de les peuples de son vaste empire; il en divisa les habitants en différentes classes ou tribus qu'il distingua par les couleurs, réservant le jaune pour la famille royale, parce que c'est la couleur de l'élément terrestre, sous l'influence duquel il régnait. De là vint le nom de Hoang-ti, qui signifie Empereur jaune. Il partagea ses Etals en dix provinces, dont chacune se composait de dix ton ou cantons. Chaque canton renfermait dix villes, et chaque ville était formée de cinq it ou rues. Ces divisions et subdivisions sont restées le modèle de tous les systèmes postérieurs; mais on peut bien croire qu'une si grande régularité n'a jamais été suivie à la rigueur. Ce (ut sous le règne de Hoang-ti que l'astronome Ta-nao imagina le cycle ans, par lequel on compte
ou période de soixante i
encore à la Chine. Ce qui est plus important à remarquer, c'est que la série de ces périodes est fixée par les meilleurs cbronologisles à la 6i« an-
poa
née du règne de Hoang-ti , c'est-à-dire suivant le i calcul le plus accrédité, à l'an 2637 avant J.-C. (I). Si l'on s'en rapportait aux Chinois, Hoang-ti lui- I même aurait été très-habile astronome; il chargea ceux de ses officiers qui avaient le plus de connaissances en ce genre d'observer, les uns, le cours du soleil, d'autres, celui de la lune, et leurs observations comparées servirent à démontrer que douze révolutions de la lune n'égalent pas une révolution du soleil, découverte faite 2300 ans après par Méton , et qui a suffi pour l'immortaliser (roy. Mêton). Mais les titres qu'on attribue à tous ces officiers , leur nombre et leurs fonctions sont dans des rapports trop marqués avec les différentes parties du système astronomique des Chinois pour qu'on ne soit pas tenté de révoquer en doute leur existence humaine : d'autres savants, sur le compte desquels il est permis d'àvoir les mêmes soupçons, créèrent si l'on en croit les Chinois, le système des poids et des mesures qui est encore en usage. On inventa aussi des armes plus commodes que celles dont on s'était servi jusqu'alors. C'est encore au règne d'Hoang-ti que les Chinois font remonter l'invention de l'arc , des filets , des chars , de la navigation , de la monnaie et des caractères de l'écriture : mais il ne faut pas oublier que la plupart de ces inventions sont attribuées par les mêmes écrivains à d'autres princes antérieurs ou postérieurs à Uoang-ti ; ce qui peut faire conclure , avec quelque apparence de raison , que ces inventions sont très-anciennes à la Chine, mais que l'origine en est inconnue. Les historiens disent encore qu'il fit fondre douze cloches de cuivre , correspondant aux douze lunes, et qui servirent à indiquer les saisons , les mois et les heures : on le regarde aussi comme l'inventeur de la musique et de plusieurs instruments, dont ailleurson attribue l'honneur à Fou-hi (roy. Foobi). Hoang-ti imagina un instrument composé de douze chalumeaux de différentes grandeurs, et cette idée le conduisit à la découverte de l'octave. (Voyet Montucla, Histoire des matÂémat., t. l«r, p. 470.) Dans sa vieillesse, il créa un conseil de six ministres, pour l'aider à supporter les fatigues du gouvernement. Il apaisa avec leur secours plusieurs révoltes , et continua a faire jouir ses sujets des bienfaits de son administration. Ce prince , toujours occupé du bonheur des hommes, ayant observé que la plupart mouraient jeunes, s'appliqua à rechercher les causes des maladies dominantes; il composa un traité sur leurs signes (2), et ordonna à ses médecins de déterminer les remèdes les plus propres à chacune. Hoang-ti parvint à un âge
11) De Guilies l'ett trompe de soixante ans, en faisant remonter le premier cycle chinois 4 l'an 2ti97, RUtoirt det Huns, t. 1, port I, p. IUI.
a i Nous avons encore le traite dout il eet ici question , oa da moins un ouvrage qui porte le me . . titre. Il est même i la Bibliothèque de Paris. Mais nous doutons qu'aucun Chinois instruit veuille en faire remonter la composiUon au temps de Hosag-U. *- E— T.
très-avancé, puisqu'il mourut, dit-on, à 111 ans (l'an 2577 avant J.-C.), au midi de la montagne King-chan, dans le Ho-nan, où il fut inhumé. Q laissa de quatre femmes vingt-cinq fils, dont les fondateurs des trois premières dynasties se disaient descendus. On a depuis attribué la même origine à la famille de Confucius , et à plusieurs familles de princes qui ont voulu justifier leurs usurpations par' ces généalogies imaginaires. Chao-hao ou Hiouan-hiao, son successeur, était fils de sa principale épouse Lout-tseu, princesse dont le nom est encore en vénération à la Chine. Ce fut elle qui enseigna l'art d'élever les vers à soie et d'employer la matière des cocons à fabriquer des étoffes. Cette invention, qu'on doit peut» être mettre à côté de celles qu'on attribue au prince son époux , a valu à Loul-tseu d'être placée au rang des tlivinités, sous le nom d'Etprù dtt mûriers et det vert à soie. W— S.
I10AR. Voue* Bertie.
HOA RE (PRINCE), artiste et littérateur anglais, naquit à Bath en 1755. Il reçut de son père, le peintre William Uoare, les premiers éléments de l'art auquel on le destinait. Envoyé ensuite à Londres, il profita des leçons données à l'Académie royale, et partit en 1776 pour aller perfectionner son talent à Rome, oû il eut pour professeur le célèbre Hengs , et pour condisciples Fuessli et Northcote. Lorsqu'il fut rentré dans sa patrie, il ne put exercer que peu de temps son pinceau ; sa santé était alors tellement altérée, qu'il se décida à aller chercher à Lisbonne une température plus douce. Après son retour en Angleterre , il se mit à travailler pour le théâtre , débuta par une tragédie qui fut représentée i Bath en 1788, et produisit la même année un opéra -comique qui eut beaucoup de succès i Drury-Lane, et qui continue de reparaître sur la scène. D'autres petites pièces qu'il composa furent bien accueillies , et sont restées populaires. S'il parait avoir tout à fait cessé d'exercer la peinture, il consacra du moins sa plume à traiter des sujets relatifs aux arts du dessin. Ses écrits en ce genre annoncent à la fois beaucoup de savoir, de goût et de sagacité. L'Académie royale lui assigna en 1799 l'emploi honoraire de secrétaire, pour cor respondre avec l'étranger ; et c'est en cette qualité qu'il publia en 1802, in-4°, des Extrait! d'une correspondance avec Ut Académiet de Vienne et de St-Pétertvourg. nr la culture de la peinture, de la sculpture et de t architecture ; ouvrage qui fut continué par intervalles sous le titre m Annales académique!. Le dernier de ses écrits : Estai nr la puissance morale det drames de Shakspeare . où il établit par des raisonnements et par des faits l'indispensable union de la vérité avec toute excellence littéraire, fut lu par l'auteur devant la société royale de littérature et inséré dans ses Transactions. Hoare est mort dans la maison qu'il avait à Brighton le 22 décembre 1834, âgé de 80 ans. U était membre de plusieurs Académies,
IIOB
notamment de cette que nous venons de nommer, et à laquelle il a légué sa bibliothèque. Son portrait a été publié en 1814 dans la collection de Danee. Ses ouvrages sont : 1° Voki ce qui s'est patte" (Such things were), tragédie fondée sur l'histoire des cruautés de Kirke, sous le règne de Jacques II, 1788; 2° quelques petites pièces : Pas de chanson, pas de ton fier, 0|>éra-C0lMque, 1788; la Serrure et la Clrf, 1796; Les Soupirs, OU ta Fille, d'après Kotathue, 1799, in-8°; Clndiscrétion, comédie, 1799, in-8», etc. ; 5" Extraits d'une eorrr/f,oucbrnce, etc., 1802, in-4°; 4" Annales académique*. 1895-1809, in-4»; 5» Rerkereket tur la culture et l'état actuel des arts du dessin en A ngleterre. 1*06, in-8»; 0° l'Artiste, 1809-1810, 2 vol. in-4°; recueil d'essais écrits en grande partie par des hommes du métier, et quelques-uns par l'éditeur même; 7° les Époques des beaux-arts, 1813, in-8» ; 8» les Victimes de l'amour, potfme; 9» Vie de Granritte Shurp. L.
HOBBEMA(Mi:uiD),peintre paysagiste hollandais du 17- siècle, originaire de la Frise, a excellé dans ton genre; et les chefs d'oeuvre de son pinceau sont recherchés et payés à l'égal de ceux de Ruisdaal, dont il parait avoir été l'élève ou l'émule. Il est à regretter que, parmi les biographes des peintres, aucun ne nous ait rien laissé sur la vie de ce grand artiste Sa couleur (dit Lebrun dans sa Galerie des peintres flamands et àolùmdait) est vraie et harmonieuse : il s'est plu à représenter des forêts , des moulins à eau , etc. On a substitué assez souvent en France le nom plus connu de Ruisdaal à celui d'Hobbema. M— on.
HOBBES (Thomas), célèbre philosophe anglais, naquit à Malmesbury, le S avril 1588. Son père était ministre. Sa mère , effrayée par la nouvelle de l'expédition si infructueusement tentée par l'Espagne à l'aide de la flotte invincible , le mit au monde avant terme; circonstance qui n'a pas empêché Hobbes de pousser sa carrière jusqu'à sa 92e année, et d'y déployer une grande énergie de facultés intellectuelles. La vie de ce philosophe explique en partie ses opinions. Jeune encore, il annonça de si heureuses dispositions,
Îu'avant de quitter l'école de Malmesbury il t rail isil en vers latins la hlèdée d'Euripide. Envoyé à l'université d'Oxford, il y étudia pendant cinq ans la philosophie d'Arislote. William Cavendish , baron d'ilardwicke, ensuite comte de Devonshîre, l'appela auprès de lui pour l'éducation de son fils, et Hobbes resta toute sa vie attaché à cette famille. Il accompagna son élève en France et en Italie, et mit or voyage à profil pour se lier avec les savants les plus distingués, observer les hommes et étendre le cercle de ses connaissances. De retour en Angleterre, il conçut un dégoût marqué pour la littérature mo terne, qu'il trouvait trop
r;u utile pour la pratique de la vie : il se livra l'étude des anciens, et de préférence a celle des historiens et des philosophes. Il fut présenté à Bacon, et admis dans son commerce, alors que
cet illustre philosophe s'entourait de gens de lettres et s'aidait de leur secours dans ses travaux. En 1628, Hobbes publia à Londres une traduction latine de Thucydide , précédée d'une dissertation sur la vie et les écrits de l'historien grec ; il l'accompagna de tables et de cartes géographiques. On accusa ce traducteur d'avoir souvent interprété trop librement le texte : Hobbes, dans cette publication, avait eu la pensée d'opposer l'autorité des exemples de l'histoire aux mouvements politiques qui commençaient à agiter l'Angleterre; et cette intention n'échappa point au public. Cependant il avait perdu et son élève, et son protecteur dans le père de son élève, fl fit, en accompagnant le fils de Gervais Cliflon, seigneur anglais, un second voyage en France et en Italie, et commença dès lors à suivre avec ardeur l'étude des mathématiques. En 16M , la veuve du comte de Devonshire le rappela |K>ur lui confier un autre de ses fils, que Hobbes accompagna de même en France. Ce fut à ce troisième voyage qu'il se lia d'une étroite amitié avec le P. Mersenne et Gassendi ; et bientôt après il connut, admira et fréquenta Galilée, a Pise. Vrrs 1637, revenant à Londres, il trouva sa patrie livrée aux agitations qui préparèrent la chute momentanée du trône ; son dévouement à la famille Devonshire autant que son penchant naturel lui firent embrasser la cause de la couronne; la chaleur avec laquelle il la soutint se convertit en une indignation violente contre les opinions démocratiques , et même en one aversion profonde pour toutes les doctrines libérales. Aussi bientôt il ne se crut plus en sùrete en Angleterre, et en 1640 il vint chercher en France un asile qui lui oilrait l'avantage de continuer ses travaux en paix, de les publier en liberté, et où il devait rencontrer une réunion de savants distingués dans tous les genres. Le P. Mersenne le mit en rapport avec Descaries, qui le consulta d'abord sur ses méditations, mais qui bientôt repoussa plutôt qu'il ne discuta ses nombreuses objections, et évita de lui en fournir des occasions nouvelles. Le prince de Galles était alors i Paris; Hobbes fut appelé à lui donner des leçons de philosophie et de mathématiques. En l< '4t . il fit imprimer son traité De cive, qu'il méditait depuis longtemps , et n'en fit tirer qu'on petit nombre d'exemplaires pour ses amis. Cinq ans après , lorsqu'il eut mis la dernière main à cet ouvrage , Sorbière , se rendant en Hollande , et partageant la haute estime que professaient pour ce traité le P. Mersenne et Gassendi, l'y fit imprimer, et l'année suivante, 1648, en pnblia une traduction française à Amsterdam. Des discussions fort animées qu'eut Hobbes, en 1646, avec l'évêque Bramhall, donnèrent lieu aux écrits polémiques qu'il réunit sous le titre de Quetstnmet de libertate, necessitate et casu, contra Bramhallnm episcopum Derrientem, et qui furent publies à Londres en 1656. En 1659, une maladie grave le
mit aux portes du tombeau ; le P. Mersenne fit auprès de lui, sans succès, une tentative pour le gagner a la religion catholique : llohhes voulut être administre' suivant les rites de l'Église anglicane. L'année suivante, il publia, en anglais, son Traité sur lu nature humaine et te corps politique, en tête duquel Wend, depuis évêque de Salisbury , mit une préface : Hobbes y jeta les fondements du système qu'il développa bientôt dans son fameux LvisUhan, nom sous lequel il désignait, comme on sait, le pouvoir populaire. Cet ouvrage arma contre lui tous les théologiens, même ceux de sa propre communion ; il le rendit suspect aux royalistes , et le roi lui-même lui Ut sentir sa défaveur. Plusieurs circonstances autorisent à croire que Uobbes , alarmé des préventions qu'il commençait à rencontrer dans son propre parti , avait cherché par quelques maximes, sinon à s'attirer les bonnes grâces du parti qui triomphait en Angleterre , du moins à en apaiser les inimitiés, et à se ménager la possibilité d'un retour en Angleterre , qu'il exécuta en effet vers 1653 : il se retira de nouveau dans la famille de Devonshire ; et continuant ses travaux, il donna en 16r>6 le premier livre de ses éléments de philosophie , sous le titre De cor/wre. et ses Sex lectionrs ad professores nvithrmaticœ Sacilumot. il compléta successivement le premier de ces deux ouvrages par un second livre De homine, et par un troisième De etntate; essayant ainsi d'embrasser le corps eutier des principes des doctrines humaines. Ses leçons mathématiques, contredisant toutes les maximes et toutes les méthodes reçues, lui attirèrent un nouveau genre de contestations, aussi vives qu'opiniâtres, dans lesquelles il parut avec peu d'avantage; ces querelles, qui commencèrent par une discussion avec le docteur Wallis d'Oxford , ne se terminèrent qu'avec sa vie. L'année 1060 vit rétablir le trône et Charles II rentrer en Angleterre. Ilobbes, se trouvant à Londres sur le passage du roi, fut appelé' par lui, accueilli avec bouté et reçut une pension de cent livres sterling; mais, quoiqu'il eût abordé plusieurs fois le prince dans une sorte de familiarité secrète, il continua de vivre retiré et livré à l'étude : n'ayant pu obtenir de faire imprimer en Angleterre la collection entière de ses œuvres, il en fit faire une édition à Amsterdam, en 1668, en 2 volumes in-4°. Il composa sur le droit municipal ou les lois anglaises un commentaire qui, au dire de son biographe, obtint le suffrage des jurisconsultes les plus distingués, et fut conservé par eux en manuscrit. Cependant chaque jour réveillait les préventions qui s'étaient formées contre lui. Un étudiant de l'université de Cambridge, ayant entrepris dans une thèse publique de soutenir les principes de Ilobbes sur le droit naturel dans toute leur exagération et leur nudité , fut non-seulement chassé par un décret du corps académique, mais Ires-sévèrement puni. Antoine Wood, ayant voulu insérer an éloge du
FOB m
philosophe en vers latins dans les A»'>qniU$ d'Ox/urd , le clergé exigea que la plupart le» louanges qui lui étaient données fussent ou supprimées ou restreintes. Fatigué de ces MMlrarié* tés, il quitta Londres en 1674, et se retira à la campagne. Là. sa vieillesse, quoique avancée, ne
| fut point oisive; ii traduisit Homère entier *>n vers anglais : cette traduction, qui parut en 1675, n'a pas été jugée sans mérite, quoique dépourvue de chaleur ; il la fit précéder d'une dissertation tur /«. conditions du poème héroïque. En 1676, Hobbes publia sa doctrine sur la liberté et le* controvt rses qu'il avait eues à ce sujet arec Laney, évêque d'Ely. En 1678, il donna son Décomrron philusophiqw en anglais, accompagné de sa dissertation sur la rhétorique. Enfin ii écrivit une Histoire des guerres cimles d'Angleterre : il l'o ! rit au roi , sollicita de lui la permission de la faire imprimer et ne put l'obtenir. Un de ses amis la publia à son insu ; Hobbes tremblait d'avoir, par l'effet de cette indiscrétion, encouru le mécontentement du roi, lorsque la mort le frappa le 4 décembre 1679, habitant encore sous le toit des comtes de Devonshire. Peu de philosophes ont eu une vie aussi agitée , et nul homme cependant n'aspira plus constamment à la tranquillité. Si les circonstances troublèrent souvent sa destinée, lui-même appela sur lui des haines violentes par son caractère et par la direction de ses doctrines. Comme homme privé, il avait des qualités estimables -. il était bon ami, bon parent, oflicieux, désintéressé , charitable même , attaché à sa patrie , fidèle à son prince. Quoiqu'il eût aimé dans sa jeunesse le vin et les femmes , il vécut «tans la modération ; il resta célibataire pour conserver une liberté plus entière dans ses études. Dans la carrière philosophique et littéraire, il montra un orgueil intolérable : se jetant dans les opinion* extrêmes, il affirmait d'un ton impérieux, repoussait la contradiction avec aigreur, dédaignait tout
I ce qui l'avait précédé , versait le sarcasme et le mépris sur les doctrines , sur les traditions , sur les institutions mêmes ; et le clergé anglican n'eut pas moins a se plaindre de ses attaques que le clergé catholique. 11 portait en quelque sorte dans le domaine de l'opinion le même despotisme et le même esprit de personnalité qu'il conseillait à la puissance civile , qu'il voulait légitimer dans le domaine politique et religieux. II faisait peu de cas de la lecture , se confiant exclusivement aux forces de la méditation ; et relativement au cercle immense de ses travaux , il avait peu lu : il avait surtout mal lu. Il n'admettait pas qu'on trouve rien d'utile dans les écrivains antérieurs, anciens ou modernes ; il étendait même cette proscription aux ouvrages des géomètres; mais on reconnaît facilement qu'il avait souveut peu compris et les uns et les autres. Ce qu'il nous a donné sur l'histoire de la philosophie n'est presque qu'une suite d'erreurs, sous la forme de sentences. Les mathématiques qu'il n'avait commencé d'étudier qu'à qus-
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rante ans, et qu'il avait prétendu créer le premier et fonder sur leurs seules bases véritables, ne l'ont point reconnu comme leur législateur : dans cette science, où l'épreuve des innovations est facile et sûre, il obtint peu de partisans pour ses systèmes. Hobbea parut à une époque où tous les hommes vraiment distingués et qui avaient la conscience de leur génie sentaient le vice des doctrines de l'école, éprouvaient le besoin de réformer la marche de l'esprit humain , aspiraient à l'indépendance et cherchaient à se frayer de» routes nouvelles. L'esprit audacieux de Hobbes, r r i s'associant à ce mouvement , y porta une impétuosité passionnée et une aveugle exagération. Ses liaisons avec Bacon et avec Galilée auraient du le mettre sur la bonne route; mais il ne sut point prollter de ces grands exemples : il voulut être lui-même et s'égara. Il substitua des hypothèses nouvelles aux hypothèses anciennes, des principes absolus de sa création à ceux que la trailition avait consacrés. Repoussant le flambeau de l'expérience, même dans les sciences physiques, il s'attacha à la synthèse, si favorable aux esprits systématiques. Par un faux emploi des méthodes mathématiques , il s'empara de principes abstraits } en suivit les conséquences avec une extrême rigueur, du moins dans les formes; et comme les maximes absolues , surtout lorsqu'elles sont hasardées , sont ordinairement l'expression de vues incomplètes, on ne doit pas a'étonner qu'il fût si souvent entraîné à des résultats absurdes, et que, rencontrant le* mêmes Idées sous une autre face , dans une autre série de méditations, il tombât souvent en contradiction avec lui-même. 11 se complaisait dans ce langage sentencieux qu'affectionnent les esprits affirmatifs, dont abusent si facilement les esprits faux, qui impose presque toujours aux lecteurs superficiels et à la foule. Souvent il atteint à des expressions hardies, quelquefois a des expressions heureuses; mais une raison sévère ne découvre qu'une logique incertaine sous cet appareil si dogmatique et si sévère. Les systèmes de Hobbes sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en donner aujourd'hui une exposition détaillée. Ils se rapportent à une idée principale : c'est la doctrine de la force. Toute la philosophie de Hobbes est employée à légitimer la force, à la diviniser même, à justifier tout par la force seule. Ce ressort terrible régit seul le monde moral, dans les diverses sphères qui le composent. Lui seul est le principe de la morale, l'âme delà conscience. La justice n'est que la puissance ; la loi n'est que la volonté du plus fort ; j le devoir, que l'obéissance du faible. La Divinité elle-même peut justement punir l'innocent; une nécessité de fer gouverne ses ouvrages, et même les déterminations des créatures raisonnables. La société commence par le droit de chacun sur toutes choses, et par conséquent par la guerre, qui est le choc de ces droits; le pouvoir naît de
HOB
la nécessité de la paix , qui ne peut s'obtenir qu'en soumettant ces droits i un seul arbitre. Cependant Hobbes, en certaines occasions, contredit plutôt qu'il ne modifie ces doctrines, et se trouve forcé d'admettre des pactes et des lois naturelles. Comment n'aurait-il pas matérialisé l'intelligence humaine , puisqu'il matérialise la suprême intelligence ? Aussi n'a-t-il pas échappé aux reproches d'athéisme. Toutefois , il ne faut pas entendre son matérialisme dans le sens vulgaire. Sa matière est une dénomination générale de la réalité qui accompagne une fausse définition de cette réalité. Hobbes a été le vrai précurseur de Spinosa. Ce dernier lui a évidemment emprunté le germe de son système, quoique, averti par l'exemple des censures qui avaient pesé sur son prédécesseur, il ait cherché à mieux s'environner de précautions ou à s'envelopper
! de nuages. Il ne faut certes pas s'étonner si les systèmes de Hobbes ont soulevé d'indignation non-seulement le clergé, les hommes religieux, les partisans des anciennes maximes, les amis de la liberté, mais les défenseurs éclairés des institutions monarchiques et les vrais philosophes, dont les sentiments sont toujours en accord avec ceux des gens de bien : car, en les imaginant à plaisir, il serait impossible de concevoir des doctrines plus sombres, plus lugubres, plus désespérantes, disons le mot, plus épouvantables. Machiavel avait servi le despotisme en lui fournissant des instruments avec une odieuse habileté; Hobbes est bien autrement coupable : car il sert le despotisme en consacrant ses droits. L'un met à Taise la conscience de l'oppresseur ; l'autre lui asservit la conscience des peuples. On aurait plutôt sujet
I de s'étonner que Hobbes ait pu obtenir le suffrage et presque l'admiration d'hommes aussi estimables qu'éclairés (1); mais à cette époque, où l'attention et l'émulation des esprits distingués se dirigeaient essentiellement vers la réforme des études existantes, vers les tentatives nouvelles, où les sy>
■ tèmes jouissaient d'une faveur presque assurée par cela seul qu'ils étaient une création, plusieurs s'occupaient moins de prévoir les conséquences que d'applaudir à la hardiesse des efforts.une témérité condamnable pouvait ne se présenter que comme une preuve d'énergie; et ceux-la surtout étaient disposés à cette indulgence qu'un commerce habituel avec l'auteur avait mis à portée de reconnaître des intentions peut-ftre loua-
I bles sous des hypothèses funestes. Par un heureux concours de circonstances, les opinions de Hobbes n'eurent point de son temps l'influence fatale qu'on en eût pu redouter. La forme sous laquelle elles étaient produites ne leur permettait pas d'entrer dans une région populaire : elles ne pull) Indépendamment des jurisconsulte* et de* philosophes qui Applaudirent i la théorie de Hobbes, nom voyons aussi qu'il reçut de* témoignage éclatants d'estime du grand-duc de Toscane, Cosme de Medicls, ûls de Ferdinand II , si de Ctarles- Louis, électeur palatin.
rent agir que sur le monde philosophique. Là, elles causèrent une commotion prodigieuse, mais plutôt favorable aux maximes salutaires qu'elles tendaient à combattre : elles mirent dans la nécessité de défendre ces vérités avec des armes nouvelles, d'en mieux examiner les fondements; elles ne furent que des objections inattendues et pressantes, des problèmes profonds et étonnants; elles donnèrent ainsi l'occasion et le besoin de fonder sur de bons principes la théorie du droit naturel et des sciences sociales. 11 est des vues neuves et profondes sans être justes. Hobbes en a rencontré un grand nombre dans ses recherches audacieuses : elles ont paru comme de brillants et singuliers météores; elles ont éveillé l'attention et exercé la méditation de tous les hommes supérieurs de son siècle. Nous souscrirons donc au jugement du grand Leibnilz ; nous dirons que les erreurs de Hobbes ont servi aux progrès de la science. Peu d'hommes ont autant remué, en les étonnant , les esprits de leurs contemporains. On a, du reste, excusé Hobbes , en remarquant avec vérité que l'horreur des discordes civiles et des désordres enfantés par l'anarchie, que le zèle pour les intérêts de la monarchie, auxquels le salut de l'État lui paraissait uni , lui ont fait chercher dans ses systèmes plutôt la défense d'une cause que l'investigation de la vérité, lui ont fait illusion sur la tendance de ses opinions ; qu'en avocat passionné , il a appelé l'exagération à son secours; qu'il a calomnié la nature humaine, parce qu'il avait vu les hommes sur un théâtre peu favorable, et parce qu'il en avait beaucoup souffert. Nous ne refuserons point d'admettre ces excuses ; mais nous dirons qu'il est fâcheux pour un philosophe de penser et d'écrire sous l'empire des circonstances, et de convertir en théories absolues des impressions locales et momentanées. En accordant à la mémoire de l'homme une impartialité indulgente, nous croyons qu'il est du devoir de la saine philosophie de flétrir à jamais des systèmes qui dégradent la nature humaine et tendent à anéantir à la fois et la morale publique et la morale privée , c'est-à-dire le premier ressort des bons gouvernements, comme le plus précieux trésor de tous les hommes. On peut voir dans Chaufepié et dans Chalmers la liste de tous les ouvrages de Hobbes, au nombre de quarante-deux. Celle qu'avait donnée Niceron est très-incomplète. Outre ceux dont on a parlé dans le cours de cet article, nous citerons seulement son traité De duplicatione atbi, Londres, 1661, in-*0; et sa propre vie (Vita Tkoma HiMes), en vers latins, Londres, décembre 1679, in-4°; traduite en vers anglais par un autre auteur, 1680, in-fol. Le latin a été réimprimé à la suite du Vita Hobbiana auctarium, qui est précédé de Vita Tkoma Hobbes, écrite par lui-même en prose, Carapolis (Londres), 1681, in-8°; 1682, in-4°. La plupart des ouvrages de Hobbes , à l'exception du traité De
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cite, ont été réunis sous le titre de Moral and potitical Works, Londres, 1750, in-fol. Ceux qui ont été traduits en français sont : 1° Éléments philosophiques du citoyen (par S. Sorbière), 1649, in-8°; 2° J> corps politique, ou Les éléments de la loi morale et civile. 1652, in-12 ; 1653, in-12; 3° De la nnture humaine (par le baron d'Holbach), 1772, in-12. Ce sont ces trois ouvrages qui forment les deux volumes publiés sous le titre de OEutres philosophiques et politiques de Thomas Hobbes . Neufchâtel ( Paris), 1787 , 2 vol. in-8n. D. G — o.
HOBE (Charlotte de), la Sapho mecklembourgeoisc, naquit le 29 novembre 1792 à Chemnitz, résidence de son père, alors maréchal de la cour de Schwérin. Elevée dans la maison paternelle, elle y profita des leçons que donnait à ses frère* un précepteur particulier, homme fort distingué. Grâce à ses leçons et à ses conseils, elle acquit des connaissances très-variées, et révéla de bonne heure son talent poétique par de petites pièces où brillait l'élégance unie à une grande facilité. Ces légers opuscules ne dépassèrent point d'abord le cercle de la famille et ne furent qu'en petit nombre; mais sitôt que Charlotte fit de la poésie non plus un simple et rare passe-temps, et que son talent, loué par les uns, jalousé, critiqué par les autres , devint un sujet de conversation pour les oisifs, ses parents en général virent de mauvais œil sa vocation poétique et s'évertuèrent à la contrarier. On pense bien que Charlotte ne renonça point à son occupation chérie en présence des répugnances provinciales. Mais ces mille petites taquineries de la médiocrité peureuse, cette géne domestique et sa timidité de jeune personne retinrent longtemps ses talents dans l'ombre. Enfin l'obligeance de Mathisson la fit sortir de l'obscurité, en ouvrant à quelques-unes de ses pièces les colonnes de sa Feuille du matin (Morgenblatt). Mais déjà les souffrances physiques et morales avaient abattu son âme : au fond de toutes ses pensées se retrouvait une mélancolie amère et non jouée ; avant d'avoir atteint son cinquième lustre (1817), elle s'imaginait voir fuir, avec les fleurs du printemps, les ternes et frêles joies de sa vie. El te ne comptait avoir un peu chance de vivre que dans la mémoire de ses amis, et dans cet espoir elle réunissait ses rimes éparses et en ajoutait de loin en loin. Ces sombres pressentiments n'étaient que trop réels, et bien qu'elle ait pu encore, tant en prose qu'en vers, en renouveler l'expression pendant onze printemps, ce fut une jeune mort que la sienne. Elle expira le 5 février 1829, n'ayant encore que 36 ans. Elle avait toujours habité Neu-Strelitz avec sa mère. On a d'elle deux recueils : 1° Fleurs du Xord. Berlin, 1818. Ce sont des stances, des élégies et autres pièces semi-lyriques, ravissantes quelquefois de délicatesse et de sensibilité, un peu monotones en revanche, et de temps en temps peut-être péchant par l'indécision des formes, par le terne du
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coloris : peut-être aussi aux yeux de quelquesuns ces défauts mêmes sembleront autant de grâces. 2" Poésies dramatiques, Neu-Slrelitz, 1822. Ce volume contient une tragédie en cinq actes, Pro/ ertia, et un drame en deux parties, le Gondolier. P— OT.
nOBHOUSE (sir Beiuamis), homme d'État anglais né vers 1757, était, suivant l'un de ses biographes, le fils putné de John Ilobhousc du collège de Westbury , dépendant de l'université d'Oxford , tandis que d'autres le font descendre d'une famille de marchands établie à Bristol , où son père aurait fait un commerce fort étendu. Après avoir terminé son éducation au collège de Brazcnose, où il contracta avec M. Addington, depuis lord Sidmouth, une amitié qui ne fut jamais altérée malgré leurs longs dissentiments politiques, Ilobhousc fit à Middle-Temple les études nécessaires pour entrer au barreau, et fut reçu avocat en 1781. Il montra quelques dispositions, même du talent, et eût pu obtenir des succès dans cette carrière; mais il ne tarda pas néanmoins à la quitter. Nous devons remarquer que ce fut à cette époque qu'il se lia intimement avec le célèbre William Pilt, dont il devait être plus tard l'antagoniste. En 1783, Ilobhousc, dont le travaU avait affaibli la santé, fit un voyage en France et en Italie pour la rétablir. Il en a écrit une relation dans laquelle, suivant un de ses biographes, il parle peu de ses aventures, des auberges, des chevaux et des postillons, et d'autres particularités tout aussi intéressantes qui remplissent la plupart des pages publiées par les touristes anglais; l'histoire des pays qu'il parcourt, les monument*, les mœurs et les usages occupant seuls son attention. Cette relation, imprimée à un petit nombre d'exemplaires, n'ayant pas été livrée au public, nous n'avons pu la lire; mais à juger de l'ouvrage par la longue citation qu'en donne le biographe anglais dont nous venons de parler, Hobhouse ne- différerait pas trop, sous quelques rapports, des autres touristes de son pays. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage, rédigé dans la forme épistolaire, parut SOUS le titre de Remarques sur différentes parties de la France, de [Italie, etc., faites (tendant l" années 1783, 1784 eM783, par Benjamin Hotte, avocat, petit in-8°, et obtint un tel succès qu'à la vente de la bibliothèque du dernier marquis de Lansdown, l'exemplaire qu'il avait donné à ce seigneur fut vendu six guinées. A son retour en Angleterre (1783), Hobhouse renonça définitivement au barreau, et il épousa Charlotte Cam, demoiselle qui réunissait, dit un écrivain anglais, à ses agréments personnels l'avantage d'une grande fortune. Il vécut avec elle pendant quelques années dans une terre qu'il possédait au comté de Wilt, et ce fut là qu'il publia plusieurs brochures presque toutes politiques, et un volume de lettres adressées au révérend F. Randolpb sur les querelles des sociniens. Parmi ces écrits nous devons citer ceux qu'il fit paraître en laveur de la
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révocation des lois du tesi, proposée par Fox, qui occupait tous les esprits ; sa correspondance relative aux troubles de Birmingham; son traité sur l'hérésie, dans lequel il discute le statut de Guillaume III contre les blasphémateurs, et enfin ses recherches sur ce qui constitue le crime de comploter et de concevoir la mort du roi, suivant le statut d'Edouard III. Dans tous Hobhouse déploie une connaissance approfondie des lois de son pays, et se montre le champion de la liberté civile et religieuse et l'ami de la reforme. Après la mort de sa femme, arrivée en 1791, et qui laissa cinq enfants à sa charge, il épousa une sœur du docteur Parry, célèbre médecin de Bath; et, encouragé par quelques amis, il se présenta en 1796 pour représenter au parlement la cité de Bristol. Son concurrent, beaucoup plus riche que lui, paraissant avoir des chances de réussite, Hobhouse n'hésita pas à se retirer avant la fin du ballottage ; mais il répara bientôt cet échec, car il fut élu presque immédiatement par Bletcbingiy, et introduit dans la chambre des communes, au mots de février 1797, par Whitbread et W. Smith. Dés son entrée dans le parlement , Hobhouse se déclara l'adversaire du ministère, et il soutint avec énergie et souvent avec talent les principes du parti dont Fox était le chef. Il sut toujours conserver néanmoins cette honorable indépendance, dont on s'écarte également en adhérant indistinctemrnt aux whigs comme aux tories, à l'opposé lion comme aux ministres. Ce fut le 28 février 1797 que Hobhouse débuta à la chambre des communes par un discours sur la suspension des payements de la banque, dans lequel il soutint avec chaleur, mais sans succès, l'amendement de Shéridan, qui proposait une enquête sur les causes de l'ordre du conseil du 20 du même mots. Il ne fut pas plus heureux en défendant la motion de Fox pour une adresse relative aux troubles d'Irlande. 11 s'éleva avec force la même année contre la traite des nègres, et demanda la suppression de ce honteux trafic, qu'il considérait comme une tache à l'honneur de la nation. U résuma k 19 mai toutes les charges contre les ministres, et blâma surtout la manière dont ils s'étaient conduits depuis le commencement de la guerre contre la France, et leur refus constant d'écouter les | propositions de paix faites par ce pays. « Vous ! « avez augmenté de six millions sterling, leur « disait-il à cette occasion, les taxes qui pesaient | « sur le peuple, et prodigué le sang des Anglais « sans avoir atteint aucun des objets que vont « annonciez être cependant la seule cause de la « guerre. Est-ce en effet pour protéger la Boi- « lande que vous avez tiré le pce ? Non-seulement « elle n'est plus votre alliée, mais elle marche « contre vous avec vos ennemis. Est-ce pour le « rétablissement de U) monarchie française que : « vos armées sont entrées en campagne? Hais j « vous avez été forcés de solliciter la paix de la « république de France, et d'offrir de vous roroo-
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* cMicr avee les hommes qui ont trempe-' leurs « mains dans le sang de leur souverain, dont - vous tous montriez si ardents à venger la mort. « Une seule de vos menaces a-t-elle produit de « l'effet ? Un seul de vos projets a-t-il été aeeora- " pli ? Une soûle de vos prédictions s'est-elle vé- « rifiée? Vous vouliez marcher sur Paris et vous » saisir des membres de la Convention, et tous en « êtes réduits à défendre vos côtes. Vous encou- « ragiez la nation à poursuivre la guerre, en as- « surant que les Français étaient aux abois et
* menacés d'une banqueroute publique; mais, « hélas! quel est l'état de vos propres finances?
* Combien notre crédit est tombé par l'interruption « des payements en argent de la banque !... » Hobliouse passa ensuite en revue la conduite des ministres dans la direction intérieure des affaires, particulièrement en ce qui concernait l'Irlande : Il trouva que leur administration méritait sur tous les points les reproches les plus sévères; qu'ils avaient montré enfin la plus complète incapacité. Il termina son discours en faisant un appel à ses collègues pour demander le renvoi des ministres. Quelques jours plus tard il critiqua la motion de Pftt relative à la révolte de la flotte au Nore; mais, comme Shéridan, il appuya néanmoins les mesures adoptées par le gouvernement, se réservant la liberté de s'opposer au bill lorsqu'il arriverait à la seconde lecture. Il l'attaqua en effet alors dans un long discours fondé sur le principe qu'une loi trop rigoureuse engendre plus de crimes qu'elle n'en prévient, parce que dans ce cas les jurés se décident avec peine à prononcer la culpabilité; qu'ainsi l'espérance de l'impunité augmente le nombre des criminels, et que la nation devient de plus en plus corrompue. Il prouva ensuite , en s'appuyant sur des exemples nombreux, puisés dans l'histoire, que les périodes pendant lesquelles les lois sanguinaires ont régné avaient été les moins favorables à la liberté. Ce qui ne laissera pas que d'étonner, c'est que la voix seule de Ilobhousc fut en faveur de la motion. Ce furent surtout les matières de finance qu'il traita plus spécialement. Dans ces discussions il donna des preuves non-seulement d'un grand talent, mais de connaissances pratiques fort étendues, ce dont il est facile de se convaincre en étudiant ses nombreux discours. L'un des plus remarquables est celui qu'il prononça au mois de décembre 1797, contre la proposition du ministère de lever les subsides au moyen de différentes taxes. Il s'y montra à la fois financier profond, orateur éloquent et plein d'élégance. Son opinion cependant ne prévalut pas; mais plus tard le ministère fut obligé de reconnaître lui-même les vices de son système financier et la solidité des objections de son habile adversaire. Peu de questions furent soumises à la chambre des communes pendant le cours de la session de 1798, sans que Hobhouse se fit entendre , presque toujours pour •'opposer aux vues des ministres. C'est ainsi qu'il
attaqua les projets de bill sur la vente de la taxe territoriale, sur la suspension de VHabent rorput, sur la taxe du revenu. Avant d'examiner cette dernière question, il passa en revue les divers projets de Pitt et prouva qu'il avait été forcé d'en modifier une partie et de reconnaître que d'autres étaient incomplets ou mauvais. Le projet d'union de l'Irlande avec l'Angleterre, présenté en 1799, trouva aussi en lui un véhément adversaire, ce qui n'empêcha pas cette union d'être adoptée définitivement par la chambre des communes, et sanctionnée par le roi le 2 juillet 1800, après l'adoption de la chambre des lords. Hobhouse ne s'opposa pas moins vivement , mais sans plus de succès, au bill de confiscation en matière de trahison (Ireanm forfeiture bill), présenté également en 1799. Après en avoir discuté les principaux points, il dit en terminant : • Voulez-vous empé- « cher l'esprit de trahison et de sédition de faire « des progrès? Vous y parviendrez, non par des « lois coercitives, non par des peines rigoureuses, ■ mats en corrigeant les abus , en redressant les « torts, par la douceur du gouvernement. C'est « en agissant ainsi que vous arracherez des mains • des ambitieux, des gens désespérés, tous les « instruments avec lesquels ils exercent de l'in- « fluence sur les dernières classes du peuple. Il « n'y a pas de vérité dont je sois plus convaincu « que de celle-ci , qu'aucune insurrection popu- « laire pour changer la forme du gouvernement <* ne peut faire de progrès dangereux , lorsqu'on « respecte la liberté des citoyens et que personne « n'a è craindre d'être opprimé. » Sir Francis Burdett, Hobhouse et huit autres membres furent les seuls qui s'opposèrent jusqu'à la fin à l'adoption du bill. h'n 1800, le gouvernement français ayant renouvelé ses propositions de paix, Pitt rejeta ces ouvertures et fui vivement censuré par Hobhouse, qu'on voit la même année défendre avec chaleur la liberté religieuse et en particulier la cause des catholiques romains. Une nouvelle proposition de suspendre YHabcat corpus ayant été présentée, il la combattit encore, et s'opposa de tout son pouvoir au projet d'adresse proposé par le ministère au commencement de 1801 ; mais il ne parvint pas à faire adopter ses opinions par la majorité. Le ministère de Pitt touchait cependant a sa fin ; ce grand homme d'État abandonna au mois de mars de cette même année la direction des affaires publiques (voy. Pitt), et fut remplacé par un cabinet à la tête duquel fut mis Addington. Quoique son ami, Hobhouse, qui ne partageait pas ses opinions , refusa d'abord d'accepter une position sous son administration, tant que les bills qu'il considérait comme subversifs des justes droits des citoyens n'auraient pas cessé d'être en vigueur, et qu'on n'aurait pas mis un terme à Pétat de guerre avec la France. Mais les négociations entamées ayant amené la signature des préliminaires de paix (1«* octobre 1801 ), il adressa au gouvernement des félicitations sur la
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marche nouvelle qu'il paraissait vouloir suivre. . Plus tard un traité de paix ayant été conclu à Amiens entre les deux nations belligérantes (2 mars 1802), et Hobhouse ayant reçu l'assurance que les bills qu'il réprouvait resteraient sans exécution, il se prononça tout à fait en sa faveur, ou du moins il ne lui fut plus contraire. Il accepta même, au mois de novembre 1803, le poste de principal secrétaire du bureau du contrôle, qu'il résigna en 1804, lorsque Addington fut forcé de se retirer après la rechute de George III; événement qui plaça de nouveau les rênes de l'État dans les mains de W . Pitt. Hobhouse avait été nommé avant la chute du ministère Addington l'un des commissaires pour la vérification des dettes du nabab du Carnatic, et la manière dont il exerça cet office lui valut plusieurs fois les éloges de la compagnie des Indes orientales. Il paraîtrait qu'il l'occupait encore à sa mort, arrivée le 14 août 1851. Pendant une carrière longue et active, où il fut placé dans des situations élevées, quoique la plupart du temps on le voie figurer dans les rangs de l'opposition, Hobhouse se distingua par une grande connaissance des affaires de son pays, particulièrement de ses finances, et par son talent oratoire. Il lutta souvent avec Pitt, ne fut pas toujours éclipsé par ce grand homme d'État, et obtint la confiance générale par la pureté de ses vues et son désintéressement politique. La société d'agriculture de Bath et de l'ouest de l'Angleterre, dont il avait été douze ans le président, lui vota, en 1817, un buste de marbre qui fut exécuté par Chantrey et placé dans la salle de ses séances; et celle du Fonds littéraire, aux travaux de laquelle il concourait, fit exécuter son portrait par J. Jackson, membre de l'Académie royale de peinture , pour reconnaître les services qu'il lui avait rendus pendant sa présidence de l'un des comités. Un autre portrait de Hobhouse a été peint par T. Philipps, et gravé par P. Audinet. Il avait été élu, au mois de décembre 1798, membre de la société royale. D — z — s.
HOBIER (Ituier), littérateur, était né vers la fin du 16e siècle probablement dans le Berry, dont St-lthier ou Ylhier est un des patrons. Il remplissait en 1621 la charge de trésorier général de la marine du Levant ; et dès cette époque il employait ses loisirs à la culture des lettres. Plus tard il devint président des trésoriers de la généralité de Bourges. C'est à ce titre que Balzac lui écrivit en 1631 pour lui recommander sa sœur, qui avait un procès contre les receveurs des deniers publics. Le même Balzac, dans une lettre à Chapelain, du 30 août 1639, le charge de faire savoir à cet excellent ami qu'il met son amitié au nombre des choses qui lui sont le plus chères en cette vie; puis il ajoute: « Qu'il y a de sagesse « et de bon sens dans H. Hobier ! que sa diction
• est sage et réglée ! il me semble que la déflni- « lion du vir bontu dietndi peritut a été faite exprès
• pour lui, et que tous ses mots sont marqués du
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« caractère de la vertu. » {Lettre à Chapelain, t. 4, p. 17.) Hobier vivait encore en 1644; mais on peut conjecturer que cette année fut celle de sa mort. On a de lui : 1° Traité de la construction d'une galère et de son équipage. Paris, 1622, in-8°; & la Vie d'Agricola, trad. de Tacite, ibid., 1639, in-12, rare. « Je n'ai pas, dit Balzac {ibid.), été plus avant que « la préface, qui mérite d'être considérée avec soin, ■ à laquelle je me suis arrêté avec plaisir. Nous « parlerons donc une autre fois de la vie d'Agrib cola (1). » 3° Tertullien , des litres de la pitience et de l'oraison, trad. en franç., ibid., 1610, 4° Les quatre livres de F Imitation de Jésus-Christ, trad. en franç., ibid., 1644, in-12; 1653, in-12; 3e édit., Saumur, 1661, in-12. C'est moins, suivant Barbier, une nouvelle traduction qu'une révision de celle de Marillac (voy. Examen critique des dictionnaires, p. 449). L'épltre dédicaloire à Henri de Mesmcs, au nom de l'imprimeur, la veuve CamusaL, est du célèbre Patin ; elle a été insérée par Richelet dans le Recueil des plus belles lettres des muil~ leurs auteurs. W — s.
HOBSON (Edward), naturaliste de Manchester, mort le 7 septembre 1830, à l'âge de 48 ans, ne reçut d'autre éducation que la connaissance de l'écriture et de la lecture; et, quoique absorbé par les soins qu'il donnait en qualité de contre-maître à une vaste usine, il était parvenu, à force de patience et de travail , à devenir un habile botaniste, un minéralogiste, un géologue et un entomologiste distingué. Son ouvrage intitulé il us ci brilannici lui mérita l'approbation des plus habiles naturalistes, llobson était un homme simple, modeste, laborieux, dont la vie entière a été consacrée à l'industrie et à la science, qu'il honorait. Z.
HOCÉLN, fils d'Ali et de Fatiméh , fille de Mahomet , est regardé par la secle musulmane des chytes (coy. l'article Ali) comme le troisième imam ou chef légitime de la religion, ayant succédé à llaçan son frère. Ce personnage s'était retiré à Médine, et y vivait dans le repos. Hais Yéayd, fils et successeur de Moawyah, l'ayant pressé de le reconnaître pour khalife, Hocéin et sa famille se retirèrent à la Mecque. Dans le même temps le peuple de Koufah, qui avait toujours été affectionné pour Ali, fit un mouvement en faveur de son fils, et l'invita à se rendre dans la ville, promettant de le saluer khalife et de prendre les armes pour sa défense. Ces heureuses dispositions changèrent bientôt, par l'habileté d'Obéid-allah, gouverneurde Koufah pour Yézyd. Quoique Hocéin pût peu compter sur un peuple inconstant et sans aucune résolution déterminée , il n'en quitta pas moins la Mecque, et se mit en route pour Koufah. Les troupes d'Obéid-allah le rencontrèrent dans la plaine de Kerbelâ; il n'avait pour toute suite qu'une centaine de personnes. Le lieutenant de
(I) Balxac n'y e«t cependant pu retenu , du mciai dana mm Utitu imprimée* à Chapelain.
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Yézyd, bien disposé pour Hocéin, le ménagea, ainsi que les siens, et l'aurait volontiers laissé libre de retourner à la Mecque s'il eût voulu reconnaître Yézyd. Mais le Ois d'Ali, préférant la mort à cette honteuse soumission, résolut de vendre chèrement ses jours, et après avoir longtemps résisté aux troupes d'Obéid-allab , il succontba , ainsi que tous les siens. Sa tête ayant été portée à Yézyd, celui-ci la chargea d'injures, et permit avec peine qu'on l'enterrât à Damas, d'où elle fut ensuite transportée en Egypte, sous les khalifes fatimites, qui la déposèrent au Caire dans une mosquée appelée Mecched Hoctïn {Sépulture d' Hocéin). Son corps fut inhumé dans la plaine même de Kerbelâ, où Adbad-eddoulah , sultan boulde, lui fit élever un somptueux monument, que les chytes visitent encore avec une grande dévotion. Hocéin périt le 10 de moharrem 61 de l'hég. (10 octobre 680, de J.-C), et celte époque est parmi les chytes un jour de deuil et de larmes. On trouve dans Chardin et d'autres voyageurs les détails de cette célèbre commémoration , dont la pratique fidèlement observée contribue à entretenir la haine religieuse qui règne entre les Turcs et les Persans. J — w.
HOCÉIN, surnommé Alwaêt. le prédicateur, Mkachéfu. parce qu'il est l'auteur d'un commentaire persan sur l'Alcoran, n'avait point d'égal, selon Khomlémir, dans l'art d'écrire et dans l'astrologie. Il peut, en effet, être regardé comme l'un des écrivains les plus élégants et les plus purs qu'ait produits la Perse. Hocéin Waifz était à la fois éloquent , doué d'un bel organe et habile à interpréter le Coran ; aussi jouit-il d'une grande renommée, comme prédicateur, dans la ville de llérat, où il habitait. Cet écrivain y mourut en 910 de l'hégire. On lui doit : l°un célèbre commentaire sur l'Alcoran, intitulé les Pierret préeieuiei de {explication , et composé pour l'émir Aly-Chyr. Il est précédé de prolégomènes, dans lesquels l'auteur traite de la science du tefsyr (interprétai ion). 2° Roudheh et chouadd {Jardin des martyrs), ouvrage religieux; 3° Anvar Sohahiti [les Lumières de Canop). Hocéin publia sous ce titre une nouvelle rédaction persane du livre célèbre de Caltlah et de Dimnah. Son but principal était de rajeunir la version persane précédemment publiée par Nasr-allah. « Mais il ne s'est « pas contenté, dit Sylvestre de Sacy, de suppri- « mer ou de changer tout ce qui pouvait arrêter « un grand nombre de lecteurs; il a encore ajouté « au mérite primitif de l'ouvrage, en y insérant « un grand nombre de vers empruntés des divers « poètes, et en employant ce style mesuré et ca- « dencé , ce parallélisme des expressions qui,
* joint à la rime, constitue la prose poétique des « Orientaux , et qui, ajoutant un charme inexpri- " niable aux pensées justes et solides, diminue « beaucoup ce que les idées plus ingénieuses que
• vraies, les métaphores outrées, les hyperboles « extra vagau tes, trop fréquentes dans les écrits
« des Persans, ont de rebutant et de ridicule « pour le goût sévère et délicat des Européens. « Quoique le style de Hocéin ne soit pas exempt « de ce défaut, on lit et on relit avec un plaisir « toujours nouveau son ouvrage , comme le Gulis- ■ tan de Sady. » Hocéin a fait subir plusieurs changements au livre de Calilah et de Dimnah; il lui donna un nouveau titre par lequel il faisait allusion au nom d'Amed Sohiiili, vizir d'Aboul Hocéin Béhadur-Kan. Cet excellent ouvrage a été imprimé à Calcutta , en 1805, in-fol. 4° Akhlac Mohsèni (Mœurs de Mohsen); traité de morale ainsi intitulé, parce qu'il est dédié à Mirza Mohsen, ben Hosséin, ben Béicara. M. Lumsden en a donné des fragments dans ses Persian sélections. J — H.
HOCHE (J.-C), savant allemand, né dans le comté de Hohnstein , à Gratzungen , le 24 août 1763 , avait débuté par une éducation particulière, puis quatre ans durant avait donné des leçons dans la ville d'Halberstadt , lorsque en 1799 il alla occuper la chaire évangélique à Rœdinghauscn. Bientôt de cette ville du comté de Itaveosberg il passa en qualité de deuxième prédicateur à Groningue , dans la principauté d'Halberstadt ; après y avoir été nommé premier prédicateur en 1804, et surintendant en 1805, il reçut en 1812 le litre de conseiller du consistoire, titre qu'il garda jusqu'à la dissolution du consistoire, en 1816. Sa mort eut lieu le 2 mai 1836. Indépendamment de beaucoup de sermons imprimés séparément et de nombreux articles épars dans des recueils périodiques, on doit à Hoche divers ouvrages d'un intérêt moins exclusif et moins fugace. Ce sont : 1° Histoire détaillée du comté de Hohnstein, des seigneuries de Lohre et de Klettenberg. des deux couvents d'Uefeld et de Watkenried, avec une description statistique de la portion de ce comté appartenant à la Prusse, HaUe , 1798 ; 2« Re. cherches historiques sur tes colonies néerlandaises de l'Allemagne inférieure et notamment sur celles des Hollandais et des Flamands, Halle, 1791; 3° Histoire du stadhoudérat dans tes Provinces-Unies, depuis son origine jusqu'aux temps les plus modernes, Brème, 1790; 4° Courte histoire du jubilé papal, Halberstadt, 1823; 5° Lettres sur la fièvre de lectures dont sont atteints nos contemporains , Hanovre, 1791; 6» La fille du bailli de Lùde. Werthériade, Brème, 1797; 7° Adélaïde de WUdenstein. Brème, 1798; 8° Voyage eu Ostfrise et dans le pays de 6'roningue, par Osnabrùk et le pays bas de Munster. Hoche a rédigé en collaboration avec J.-C. Nachtigall un ouvrage de morale qui eut beaucoup de succès, et qui a pour titre : Heures de repos pour assurer la sérénité de l'dme et la paix domestique, Brème , 1798-1800 , 3 vol. P— ot.
HOCHE (Lazare), général français, ne dut qu'à lui-même son élévation, et sous ce rapport fut un des hommes les plus étonnants de la révolution française. U naquit le 24 février 1768 à Montreuil, près Versailles, d'un garde du chenil dt
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Louis XV, et entra, à quatorze ans, comme palefrenier surnuméraire aux écuries du roi. Resté presque aussitôt sans ressources par la perte de ses parents, i) ne trouva quelques secours qu'auprès d'une tante, fruitière à Versailles, qui de temps en temps lui donnait de l'argent pour acheter des livres ; le jeune homme les dévorait. Porté par son inclination à l'art militaire , il s'engagea , à seize ans, dans le régiment des gardes françaises. On le vit dès lors monter des gardes, et se livrer à toute espèce de travaux pendant le jour, afin de pouvoir se former du fruit de ses peines une petite bibliothèque, au milieu de laquelle il passait une partie des nuits, sans négliger toutefois l'exercice des armes , auquel le rendaient très-propre sa belle stature et sa vigueur naturelle. S'étant battu en duel, en décembre 1788, dans les carrières de Montmartre, avec un caporal , il reçut au visage un coup de sabre , dont la cicatrice, qu'il conserva toute sa vie, faisait ressortir davantage son air martial. L'année suivante il fut entraîné par son ardeur dans la défection des gardes françaises, qui , se mêlant au peuple de Paris , donnèrent à la révolution l'appui de la force armée. Il fut cependant distingué par la Fayette parmi les défenseurs du château de Versailles dans les journées des 3 et 6 octobre. Hoche passa ensuite dans la garde soldée de la capitale, dont on forma quatre régiments; il fit partit dû quatrième, et s'étant fait remarquer par sa bonne tenue et par son instruction, il parvint rapidement au grade d'adjudant sous-officier. En 1792 il obtint du ministre Servan le brevet de lieutenant dans le régiment de Itoucrgue. 11 étudia dès lors avec beaucoup de soin la tactique militaire, se distingua au siège deThionville, et passa ensuite dans la division de Levcneur, qui le prit pour son aide de camp. Hoche était avec ce général à la bataille de Nerwinde, et il le suivit à Paris après la défection de Dumouriez. Là il se présenta au comité de salut public, où l'assurance de son maintien et la précision de ses plans de campagne, qu'il savait très-bien exposer, frappèrent les membres du comité. Ils lui donnèrent le grade d'adjudant général, et lui confièrent la défense de Dunkerque, menacé par le duc d'York. Hoche, par ses discours et par son exemple, enflamma tous les esprits, mit par un camp retranché la ville à l'abri de toute insulte, et repoussa toutes les attaques. Battus à Hondschoote , les Anglais furent contraints de lever le siège. La défeuse de Dunkerque appela Hoche aux premiers grades militaires. Nommé bientôt général de brigade et général de division , il s'empara de Furnes, et fut moins heureux devant Nieuport. 11 désirait dès lors vivement un commandement en chef; il obtint celui de l'armée de la Moselle. Hoche n'avait alors que vingt-quatre ans. La fortune, l'éducation, la naissance, n'avaient rien fait pour lui. En deux campagnes il venait de passer par tous les grades, et chacun avait été le prix
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d'une action d'éclat. L'armée dont il devenait le chef avait langui jusqu'alors. Hoche lui inspira son ardeur guerrière, et lui imprima un mouvement rapide et décisif. Son but était de faire lever le blocus de Landau , et de rejeter les Prussiens hors de l'Alsace. Mais il avait à combattre les troupes les plus manœuvrièrts de l'Europe , commandées par le duc de Brunswick Hoche l'attaqua dans la position de Kaïserlaulern ; après avoir fait pendant trois jours des prodiges de courage et de sang-froid , il dut reculer sur la Sarre. Hoche inébranlable proposa un autre plan , et en moins de quinze jours il reprit l'offensive. Laissant une division sur la Sarre pour observer les Prussiens et masquer son mouvement , il se porta à travers les Vosges, par un temps et des chemin* affreux, sur l'extrême droite de l'armée autrichienne du général Wurmser, qui avait envahi le Bas-Rhin, tandis que Pichegru, manœuvrant de concert, devait agir contre la gauche et le centre de /'enne mi. Cette opération, en isolant les Prussiens, réunit la masse des deux armées françaises contre la seule armée autrichienne. Hoche commença son mouvement le iZ , et le 23 décembre Wurmser , pris en flanc par l'armée de la Moselle, fut contraint de reculer. Le 20 Hoche, ayant pris k commandement en chef des deux années rv'uniei, attaque et bat Wurmser près de WeissemLourg , et deux jours après il débloque Landau , s'empare de Gernrsheim , Spire , Worms , et rient à bout de chasser les Autrichiens de toute l'Alsace. Mais le jeune vainqueur, il avait alors vingt-six ans, devait payer cher son triomphe. II trouva en Pichegru un rival envieux et dangereux. Ce général, qui devait plus lard trahir la république, et qui peut-être la trahissait déjà, ne cessa d'entraver, et par son inertie, et par ses intrigues auprès des représentants en mission près de l'armée du Khin, l'exécution des plans. Ces représentants étaient deux des membres les plus influents et les plus terribles du comité de salut public. Celait Saint-Just et Lebas. Ils se laissèrent entièrement capter par les manifestations du patriotisme exagéré de Pichegru, tandis que Hoche, fier et loyal, ayant la conscience de la pureté de son mente, dédaignait le métier de courtisan. Cependant le comité de salut public subordonna dans les opérations de la campagne Pichegru à Hoche , malgré les préférences de Sainl-Just , et dès lors la perte du libérateur de Landau fut résolue dans la pensée de l'orgueilleux montagnard. Dans ce but les rapports de Saint-Just et de son collègue attribuèrent à Pichegru tous les succès obtenus dans l'attaque des lignes de Weissembourg , ajoutant qu'il était entré le premier dans Landau. Hoche s'indigna, protesta devant le comité de salut public et les pièces à la main n'eut pas de peine à confondre ces rapports partiaux et mensongers. Saint-Just et Lebas n'étaient point ses seuls ennemis dans le comité. Son impétueuse franchise y déplaisait, et comme il avait acquis l'amour
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autant que la confiance de ses soldat», on Tarait représenté à l'ombrageuse inquie'tude de Robespierre comme pouvant nourrir des pensées de dictature. Il en fallait moins pour décider sa chute. Mais on jugea qu'il pouvait être dangereux de frapper ce jeune général au milieu d'une armée dont il était l'idole, et qu'il avait si brillamment conduite à la victoire. On le rappela de l'armée de la Moselle , sous prétexte de lui donner le commandement de l'armée d'Italie. Mais l'ordre de son arrestation l'attendait à Nice, et cet ordre fut exécuté parle vieux général Dumorbron (1). U fut d'abord conduit à Paris, dans la prison des Carmes, puis transféré à la Conciergerie , d'où il eût monté à l'échafaud sans la révolution du 9 thermidor (27 juillet 4794). Hoche recouvra sa liberté aussitôt après la chute de ses persécuteurs. Il avait employé le temps de sa captivité à s'instruire, travaillant avec une nouvelle ardeur, et faisant durant ce court espace de grands progrès dans l'étude des lettres et dans l'art de la guerre. U parvint aussi à maîtriser son caractère impétueux; il devint réservé, taciturne, et choisit lui-même cette devise*: Det chotet tt non des mots (2). La convention l'ayant appelé au commandement de l'armée des cotes de Brest , il s'y prépara à combattre les royalistes de l'Ouest, dont les forces étaient encore redoutables. Ce fut dans cette guerre qu'il déploya les talents du guerrier et de l'homme d'État. Successeur de tant de généraux par lesquels cette guerre civile n'avait fait que s'aigrir et s'étendre , il jugea que c'était à l'adresse plutôt qu'à la force qu'il appartenait de la terminer. Ses proclamations aux royalistes furent modérées. Alliant la fermeté à la douceur, il employa contre eux des moyens conciliateurs, avant même que la convention eût songé à pacifier ces contrées ; mais son commandement était encore trop borné pour qu'il pût y exercer une influence décisive. Deux autres armées étaient employées contre les royalistes, et Hoche, subordonné aux délégués de la convention , commandait la plus faible. Toutefois il se bat* de réprimer les désordres, et de rétablir la discipline. Il substitue au système des cantonnements celui des camps retranchés. Ces innovations et la justesse de ses vues décident le comité de salut public à le porter au commandement des deux armées réunies des côtes de Brest et de Cherbourg, qui ocru pait-nt le pays depuis la Somme jusqu'à la Loire. Hoche, après avoir conféré avec divers chefs royalistes, et préparé la première pacification,
flf Lm. c-ormpondanee du général Menuet , aloro «Impie offljer et aide d* camp de I loche, noua apprend qu'à mm urieée 4 ■iiee , Mita même te donner le temps de M déboîter, ton général « fit apporter ln carte de la tiaute Italie ; et après avoir passé rea d'une lieure à l'étudier : a Cent de l'autre col* da ce» meo- Lagne-a , dit- il en montrant la chaîna des Al pce, que ta trouve le véritable) champ de batailla oo la queatlon doit m vider avec J '.Autriche. « Cétait comme le premier présage de agne d'Italie que devait concevoir et exécutât oient atre capitaine da même Ige que Hoche
J2> VoicS l'un de sa* précepte* militaire* : « La l artx et. la foudre dait caecale*. •
ne trouva dans les délégués conventionnels que tles maîtres absolus, dont 1rs opérations contradictoires le jetaient dans une continuelle indécision. Il s'éleva contre les conditions de la paix, qu'il considérait comme impolitiques, et péné» trant les projets des royalistes, il demanda contre eux des mesures vigoureuses; mais les délégués ne virent en lui qu'un ambitieux qui cherchait à dominer par la guerre; il fut au moment d'être rappelé. Cependant le comité de salut public sentit qu'il avait encore besoin de Hoche. La guerre s'étant rallumée comme celui-ci l'avait prévu, il mit ses troupes en mouvement , et par des dispositions énergiques, déconcerta les plans des royalistes de Bretagne. Au moment de la descente d'un corps d'émigrés à Quiberon (juin 1795), H conserva seul , au milieu du trouble général , le sang-froid qui maîtrise les événements. Il réunit avec une grande rapidité ses cantonnements épars, et voyant les royalistes stationnaires, il emporta la position d'Auray, et les enferma dans la presqu'île. Le 16 juillet il repoussa l'attaque du comte d'Hervilly (roy. Hervillv). Des transfuges étant venus dans la nuit du 21 lui proposer de s'emparer du fort Penthièvre par surprise , il assemble un conseil de guerre, et dit aux officiers qui regardaient l'assaut comme téméraire : « Que sont • les règles de l'art dans celte circonstance? U « nous faut de l'audace; l'armée manque de tout; « l'insurrection s'étend ; si on hésite , je ne réa ponds plus de mes troupes. > Le fort Penthièvre est enlevé l'épée à la main, et les royalistes, acculés à la mer, sont forces de parlementer. Hoche, dans les pourparlers, avait refusé à M. de Sombreuil de permettre le rembarquement des royalistes; mais d'autres généraux avaient promis qu'on épargnerait tout ce qui mettrait bas les armes. Prenant d'abord la défense des chouans prisonniers, Hocbe écrivit au comité de salut public qu'il serait cruel et impolitique de songer à détruire six à sept mille familles entraînées à Quiberon. Quant aux émigrés, il fut d'avis de ne sacrifier que les chefs ; c'était aussi le vcea de son armée. Sans y avoir égard , la convention ordonna le supplice général. Hocbe, indigné, remit le commandement da Morbihan au général Lemoioe, et se porta avec le reste de ses troupes vers Saint- Halo. Le gouvernement directorial ayant été établi peu de temps après, Hoche fut chargé de réduire Charette et toute la Vendée. Le vainqueur de Quiberoo renaît d'y passer avec 14,000 hommes. Vers la fin de décembre le directoire lui conféra le commandement des trois armées de l'Ouest, réunies sous le nom d'armée de l'Océan. Hoche, investi de pouvoirs iUimités, assujettit tous les départements de l'Ouest à l'état de siège et à la police militaire. Aucun général, depuis la révolution, n'avait eu autant de puissance dans l'intérieur. Hoche s'empara de tous les points militaires de la Vendée; il rassura les habitants des campagnes par le maintien de U
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discipline; il ménagea et flatta les prêtres, affaiblit et désunit les royalistes, employant contre eux avec beaucoup d'art les colonnes mobiles, qui, ne traînant à leur suite ni bagages, ni canons, achevèrent de soumettre les insurgés, en empruntant pour les vaincre leur propre tactique ; mais il eut à lutter contre l'envie et contre son propre parti. Une puissante et sourde intrigue fut à la veille de lui arracher le commandement. « Je puis braver les boulets, écrivit-il au direc- « toire , mais non l'intrigue ; je demande à me « retirer, et vous prie de me nommer prompte- « mrnt un successeur. » Le directoire maintint son général , qui n'espérait dompter la Vendée que lorsqu'il aurait Charctle en son pouvoir. Il mit tout en œuvre pour s'emparer de cet intrépide chef; il l'isola d'abord de Slofflct; ce dernier, ayant voulu reprendre les armes, fut pris et fusillé. Charettc eut bientôt le même sort , et dès lors la Vendée fut éteinte. Hoche s'empressa d'affranchir ce pays du joug militaire, et voulant mériter le titre de pacificateur, il y établit le régime constitutionnel. Tournant ensuite ses regards vers l'Anjou et la Bretagne, il passa la Loire avec 15,000 hommes d'élite , et employant les mêmes moyens qui avaient assuré ses succès sur la rive gauche, il séduisit les uns, désarma les autres, expulsa les émigrés, et pacifia en même temps l'Anjou , le Maine , la Bretagne et la Normandie. Le 15 juillet 1796, un décret déclara que lui et son armée avaient bien mérité de la patrie. Hoche avait conçu le grand dessein de porter au sein de l'Angleterre la guerre civile , que son gouvernement alimentait en France, et de lui arracher l'Irlande. Ce fut au milieu de ces nouveaux projets que, déjà menacé du poison , il se vit sur le point de périr assassiné. Le 17 octobre le nommé Guillaumot tira sur lui, à la sortie du spectacle de Rennes , un pistolet ebargé de plusieurs balles; le coup , mal assuré, trompa l'espoir de l'assassin. Au milieu du trouble occasionné par cette tentative, Hoche conserva seul sa sérénité, et vint au secours de l'indigente et malheureuse famille de Guillaumot; mais ni le fer, ni le poison , ne pouvaient intimider son âme altière. A Brest , il presse l'expédition d'Irlande, surmonte une multitude d'obstacles, apaise l'insubordination des troupes de terre et de mer, et le 15 décembre met à la toile avec une armée expéditionnaire. Il trompe d'abord la vigilance de la flotte anglaise; mais, séparé de son escadre par la tempête , il arrive seul sur les côtes d'Irlande, et n'y trouve plus ni sa flotte, ni ses soldats. Sans lui les chefs de l'escadre n'avaient rien osé entreprendre (roy. G*ouciit). Hoche, le désespoir dans l'âme, se vit contraint de regagner les ports de France : il n'y aborda qu'après avoir échappé comme par miracle aux croiseurs anglais et aux plus affreuses tempêtes. L'expédition avait été préparée et exécutée dans le plus grand secret. Le gouvernement anglais avoua n'en avoir eu aucune connaissance;
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et Pilt en caractérisa l'audacieuse témérité en disant , pour se justifier, que le général qui l'avait conçue t'était mit tout ta protection des tempêtes. Les efforts que firent les Irlandais pour se soustraire à la domination anglaise attestent qu* dans cette circonstance ce fut plutôt le gouvernement anglais qui fut protégé par les tempêtes. Hoche, à son retour à Paris, reçut du directoire exécutif le commandement en chef de l'arme*- de Sambre-et-Meuse , la plus belle qu'ait jamais t ue la république française ; elle était de 80,000 nommes, et abondamment pourvue. II ouvrit la campagne de 1797 par le hardi passage du Rhin, en présence de l'ennemi, et gagna successivement sur le général Werneck les batailles de Nruwied, d'Ukerath , d'Altenkirken et de BiedorfT, poussant encore l'ennemi à Kleinnister, et s'emparant de Wetzlar au moment où Werneck \e croyait encore très-éloigné. L'armée autrichienne , forcée dans toutes ses positions, avait perdu 8,000 prisonniers et trente pièces de canon. Hoche la poursuivait avec une incroyable activité. En quatre jours, il avait fait faire trente-cinq lieues à son armée , et il avait été victorieux dans trois batailles et dans cinq combats. Rien ne pouvait plus s'opposer à sa marche triomphante au sein des États héréditaires. Il ne fut arrêté à Giessen, sur les bords de la Nidda, que par la nouvelle inopinée de l'armistice conclu entre l'archiduc Charles et Bonaparte. Hoche posa aussitôt les armes, s'arrêlant lui-même au milieu de ses triomphes. La fia de la guerre étrangère sembla donner une nouvelle activité aux dissensions intérieures, lue lutte s'était engagée entre le directoire et les conseils, c'est-à-dire entre les révolutionnaires et les partisans secrets de la monarchie. Hoche, qui n'avait point abjuré les principes de la révolution, avait souvent témoigné néanmoins son éloignement pour ses excès et son horreur pour l'anarchie. 11 jugeait depuis longtemps que la France avait besoin d'un gouvernement capable de comprimer les factions, et de trouver sa sc'eurite future dans la stabilité ; mais soit qu'il craignit une contre-révolution complète, soit qu'il lui parût plus facile de ramener l'ordre par ceux qui avaient l'autorité en main qu'avec l'aide du corps législatif, il pencha pour le pouvoir exécutif dans sa lutte contre les conseils, qui étaient diriges d'ailleurs par Pichegru , l'ancien favori de Saint- Just et son ennemi personnel. Le directoire forma le projet de donner un grand pouvoir à Hoche , en le chargeant de soumettre uu parti redoutable. Lorsque les directeurs eurent réclamé son appui, on l'entendit dire : « Je vaincrai les « ennemis de la république, et quand j'aurai sauvé « ma patrie , je briserai mon épéc. » Ayant accepté la direction du mouvement que méditait le directoire , il fit filer vers Paris quelques corps de son armée; ce qui lui attira des dénonciations violentes de la part des conseils. Le général Willot demanda formellement la mise en accusation
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de Hoche ; mais déjà le directoire , à qui on avait inspiré des alarmes sur la docilité de ce général , et effrayé surtout des clameurs dont retentissaient les conseils, faisait rétrograder les troupes, et prétendait qu'elles étaient destinées à une expédition maritime. Indigné de la faiblesse ou de la versatilité du directoire , Hoche publia plusieurs lettres pour établir qu'il n'avait agi que sur les ordres du gouvernement; il provoqua lui-même l'examen de sa conduite, et sa mise en jugement On sait aujourd'hui qu'il fut écarté par l'influence du parti du général Bonaparte, qui, ne voyant en lui qu'un rival redoutable prêt à se rendre maître du gouvernement et à le gagner de vitesse, fit déférer à Augereau la commission de renverser le parti «les conseils. Hoche, abreuvé de dégoûts, se retira à Welzlar, où il reprit le commandement de son armée ; tout à coup il fut atteint de douleurs violentes , cracha le sang , perdit la voix , et consume d'un feu que rien ne pouvait éteindre, U dit à ses amis : « Suis-je donc vétu de la robe em- « poisonnée de Nessus? » Le 15 septembre 1797, il cessa de vivre : sa mort fut généralement attribuée au poison. L'ouverture du cadavre fit en effet découvrir des traces d'une mort violente. On l'honora de deux pompes funèbres, l'une vers le Rhin, l'autre à Paris. Un monument à sa gloire fut élevé à Weissenthurn. Ses restes furent d'abord transportés de Wetzlar à Coblenlz ; partout les commandants autrichiens rendirent à son convoi les plus grands honneurs; ses cendres furent mêlées ensuite à celles de Marceau à Pélersberg. Mais ce fut à Paris, au Champ de Mars que par l'ordre du directoire on décerna à ce général les obsèques les plus magnifiques. De toules les cérémonies renouvelées des anciens, ce fut celle où l'on imita le plus heureusement les pompes grecques et romaines. Le parti républicain parut donner à la mémoire de Hoche de véritables regrets. Né soldat, général en chef à vingt-quatre ans, Hoche, en cinq années, parcourut une carrière pleine de gloire; c'était un de ces hommes dont parle Montesquieu, qui dans les temps de révolution se font jour à travers la foule , et sont portés au premier rang par leur supériorité naturelle. Fier et ambitieux comme César, il fut souvent comme lui grand et généreux. Sa mort soudaine, en facilitant la grandeur de Bonaparte, changea les destinées de la France. Sa vie a été écrite en deux volumes in-8°, par Rousselin les réimpressions, en un volume in-12,ne contiennent pas la correspondance de Hoche. Plus récemment, M. H. Dourille a donné une Histoire de Hoche, Paris, 1 8 i t, in- 12; et M. Bergounioux un Estai sur la vie de Hoche. Paris, 1852, in-8°, qui est estimé. B— p. HOCHMUTII. Voyt* Gilles.
HOCQULNCOURT (Charles de Mokcby, maréchal d'), né en Picardie en 1599, d'une famille dont la noblesse remontait au 12* siècle, fit ses premières armes en Italie. Nommé maréchal de camp en 1639, il combattit à Morbange, puis en Picardie I
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où il escorta le grand convoi destiné au camp d'Arras. En 1641 il eut un commandement à la batailla de la Marfée , et ensuite dans le Roussillon, où il conduisit avec beaucoup de succès l'arrière-garde du maréchal de la Mothe. Ayant passé à l'armée de Flandre , il se trouva au siège de Gravelines. Devenu lieutenant général, commandant à IVronne, Montdidier et Roye, après la mort de son père, en 1645, il obtint encore la charge de louvetier du Boulonais, et se rendit en Allemagne pour y commander une division. Il se distingua parti-' culièrement à Schorndorff , à Worms, à Tubinguej et à Rethel , où il commandait l'aile gauche sous le duc de Praslin contre Turenne, qui y fut défait. Créé maréchal de France quinze jours après cet exploit (4 janvier 1651 J, d'Ilocquincourt alla commander sur la Loire un corps d'armée que le prince de Condé surprit et dispersa complètement à Blenau. C'est dans cette occasion que Turenne, qui était venu depuis peu prendre le commandement de l'armée royale, et que l'on avait vu tout près de subir à son tour une défaite par suite de ce revers, dit avec tant de noblesse et de modération, quand on lui rapporta que d'Hocquincourt l'accusait de ne l'avoir pas secouru : « 11 est bien permis de se plaindre à un « homme aussi affligé qu'il doit l'être. » Nommé en 1653 vice-roi de Catalogne et commandant en chef des troupes françaises dans cette province, d'Hocquincourt entreprit le siège de Gironne, qu'il fut obligé de lever. La retraite s'exécuta néanmoins en bon ordre , et le maréchal prit sa revanche dans la même année , en conduisant un secours à la garnison de Roses. Attaqué par un corps espagnol , il le défit entièrement , et réussit à pénétrer dans la place. Ayant passé en Flandre l'année suivante, il concourut à forcer les lignes espagnoles devant Arras; mais bientôt (1655), égaré par l'exemple de Condé, il se réunit aux Espagnols. On a dit que dans cette circonstance U céda aux séductions de madame de Châtillon , qui était du parti de la Fronde, et que peu de temps après, entraîné de nouveau par les charmes d'une autre dame (madame de Montbazon), il tenta de livrer Péronne aux ennemis. Ce fut son propre fils , George de Moncby, gouverneur de la place, qui, en faisant tirer le canon sur les troupes que le maréchal conduisait luimême , l'empêcha de s'en emparer. Mademoiselle de Montpensier dit dans ses Mémoires que personne n'a connu la cause de cette défection ; que d'Hocquincourt avait bien eu quelques démêlés avec les gens de la gabelle dans une de ses terres; mais que ce n'était pas là de quoi sortir de France. Ce qu'il y a de sûr, c'est que ce maréchal se laissa souvent entraîner par son penchant pour les femmes. Déjà en 1648, il avait écrit à madame de Montbazon, du parti de la Fronde, un bUlet où on lisait ces mots : Péronne est à la belle de» belles. Les Espagnols lui donnèrent le titre de grand baLUi de Gand avec des appointemeaU
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considérables; mais îl paya bientôt «a faveur» très-cher. L'armée do roi ayant assiégé Dunkerque , occupé par les Espagnols , Dom Juan et le prince de Condé s'approchèrent de la place pour la secourir. Il fallait reconnaître les lignes de l'armée française ; le maréchal d'Hocqnincourt, filant avancé plut que Ut aufret . fut atteint de trois coups de mousquet. « Il alla mourir, une « heure après, dans une petite chapelle où ses « gens le portèrent • (43 juin 1688) (t). On trouva sur lui une lettre de madame de Lignérille, sa parente, qui, l'avertissant qu'il n'avait plus beaucoup de temps à vivre, l'engageait à faire pénitence. Madame de Motte vil U- a tracé en peu de mots le portrait du maréchal : « C'était, dit-elle, « un homme raillant et de grand cœur ; mais
• léger et facile à dégoûter... Il était bon Picard, « franc cavalier et bon ami. » Dans son Prieit det auerret du maréchal de Turenne . Napoléon blâme avec beaucoup de raison la défection du maréchal cTTiocquiacourt; mais, quand il dit avec tant d'aaaertume que sa mort fut une digne punition de tan crime, on voit trop que c'est à Moreau qu'il pense (2). C'élait du reste un guerrier très-brave , mais d'une capacité médiocre et d'une vanité qui allait jusqu'au ridicule. Il doit une grande partie de sa célébrité à Charleval (twy. ce nom), qui l'a mis en scène d'une manière piquante dans sa Convertalion du maréchal d' Hocquincourt avec le père Connue (roy. Cahavr), petit ouvrage satirique inséré dans les œuvres de St-Évremond. La reine, ■tère de LouisXIV, s'amusait quelquefois du maréchal; et l'on raconte qu'un jour où cette princesse l'avait mis sur le chapitre de ses chevaux qu'il aimait beaucoup, elle lui demanda sérieusement auquel il donnait la préférence. « Madame,
* répondit-il avec une gravité tout à fait risible, « si un jour de bataille j'étais monté sur mon
■ cheval pie, je n'en descendrais pas pour monter
■ sur mon cheval bai ; mais si j'étais monté sur « mon cheval bai, je n'en descendrais pas non « plus pour monter sur mon cheval pie. » On conçoit de quels rires cette réponse fut accueillie par les courtisans. Après un moment de silence, on parla des femmes de la cour. Deux passaient pour être les plus belles; Anne d'Autriche demande à Koquelaure son avis. Alors, prenant le ton solennel du maréchal, le facétieux courtisan dit: * Madame, un jour de bataille, si j'étais « monté... » Assez, assez, crie la reine avec vivacité. Et tout le monde de rire aux relata. Cette anecdote a été attribuée récemment à la reine Marie-Antoinette , et M. de Las-Cases la met dans
h Ste-Hélènc, ce qui est une erreur évidente; on peut la lire dans Bussy-Rabutin et dans d'autre* mémoires du temps. — Le neveu du maréchal d'Hocquincourt , connu sous le nom de marquis de Honchy, fit avec distinction les guerres de Flandre sous Luxembourg et Villars. Il contribua par son habileté et sa valeur 1 la victoire de Denain , fut nommé peu de temps après commandeur de St-Louis et lieutenant général. M mourut en 1744 L — »— x.
HOCSEM (Jean de) naquit au village de Hocsem,
fi) Mêvunm&e Buasy-RaboUn , Pari», 1713, t 3, p. 7 et 8. JJsdamc Je Moltcrille fait vi*re encore te maréchal ptndmnl o*£lquti i£U'*fct mademoiselle de Mo:<t|»«ii*lcr,/'- . qutlqtuê nevrr ». Non» avnn* dû préférer la Torsion de Hu»»y-R»butin.
i'2\ Hocquincourt e*t le teoi maréchal de Fronce qui ait été tué dan* le» rang* ennemi» par la main de* I-'rançal». Les maréchaux de Saint- André et d*Aumont luccotnbérctit «ur le champ
près de Hougarde, en 1278. 11 consacra sa jeunesse à l'étude de la philosophie, des sciences et de la jurisprudence , qu'il enseigna ensuite à Louvam et a Orléans. De retour dans sa patrie, étant entré dans les ordres, il fut reçut chanoine de la cathédrale de St-Lambert, et bientôt après nommé grand écolàtre. Hocsem traita continuellement les affaires les plus importantes du pays-, députe par son chapitre , il termina avec habileté différentes contestations soit avec le Saint-Siège, soit avec la cour de France et le duc de Brabant. C'est à sa fermeté et à son courage que l'église de Liège dut la conservation do comté de Looz , que de puissants voisins voulaient lui enlever. Dans une autre circonstance, il démontra au chapitre cathédral que l'intervention du peuple pour l'élection du Uambour du pays était nécessaire. Ce discours plein de logique et de recherches est très-remarquable. Malgré ses nombreuses occupations , Hocsem trouva encore le temps de composer quelques ouvrages dont voici la liste : 1° Getta pontificum leodientium mh Heurico Queldraui utque ad Adulphum a Mareka. 1246-1348, inséré aux pages 271 à SI 4 du second volume d<s <>esta pontificum leodientium de Chapeauville («oy. ce nom). Cette chronique précieuse pour ton exactitude a été consultée avec fruit par t rousart. 2° Floret aurtorum et philotophorum, dont il fait lui-même mention au chapitre 27 de sa chro nique ; 3" Digitut florum utriutque jurit ordme alphabetico, où il étale un grand luxe d'érudition selon un contemporain. Ces deux dernier» ouvrages sont restés inédits. Hocsem mourut a Liegt le 2 octobre 1348. L— l — l.
HODE (le P. la Mo m t., plus connu sous le nom de la), historien médiocre, né vers 16S>dans la basse Normandie, embrassa fort jeune la règle des jésuites , fut chargé de l'enseignement dans différents collèges, et finit par être appelé par ses supérieurs à Paris. 11 était pré/et du
de Louis le Grand dans le temps que le marqui» d'Argenson y faisait ses éludes. Plus tard se développa son talent pour la prédication , et il avec un certain éclat dans les principales ci du royaume : il se trouvait à Rouen en 1715. i un sermon qu'il y proaonça le 20 octobre à la cathédrale, il se permit de critiquer vivement La nouvelle marche de l 'administration. Cette imprudence le ût décréter par corps. Les jésuites
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de désavouer la conduite de leur confrère; el dans une audience qu'ils obtinrent du régeut, ils lui demandèrent ses ordres pour la punition du coupable. Le prince, feignant de redouter de leur part une trop grande sévérité , leur répondit qu'il s'en rapporterait à la décision du parlement et de l'officialité de Rouen (1). Le P. la Mothe fut interdit et relégué par ses supérieurs dans leur petite maison de ilesdin, où il remplissait les fonctions de procureur. Ennuyé de son exil, il s'avisa de demander de l'occupation au marquis d'Argenson, son élève, avec lequel il avait continue* d'entretenir des relations. M. d'Argenson , qui faisait partie de la société de l'Entresol (roy. Voter), avait préparé, pour lire dans ses réunions, une Histoire du droit public ecclésiastique fronçait; il envoya la minute de son travail au P. la Motbe arec une petite bibliothèque de livres sur le même sujet. Quelque temps après, la Mothe s'enfuit en Hollande, où, malgré les remontrances de M. d'Argenson, il publia cette histoire (1737, 2 vol. in-12) (2), et, sous le nom de la Hode, se mit aux gages des libraires (3). Avant de prendre ce parti , il aurait commencé par exercer la médecine, si l'on en croit d'Argens. Il regardait la Hode comme un des auteurs de la Correspondance historique . philosophique et littéraire , publication périodique dont le succès des Lettres juives avait donné l'idée , mais qui ne put se soutenir. D'Aryens lui dédia le sixième volume de ses Lettres juives par une épltre ironique à maître Nicolas, harbter de fi/lustre don Quichotte de la Manche, :t il continua de le harceler dans ses Lettres cabalistiques , au sujet des Anecdotes historiques, galantes et littéraires (la Haye, 1737, 2 vol. in-12},
■ mauvaise compilation que la Hode ou son li- < braire avait fait le déshonneur a d'Argens de lui « attribuer, et dans laquelle on trouve un éloge
■ des Lettres juives plus propre à l'avilir qu'à le
1 recommander (4). » La Hode travaillait depuis dix ans à une histoire de Louis XIV; mais il mourut vers 1740 , avant l'impression de cet ouvrage, tlont la Martioière, son compatriote , fnt l'éditeur. Outre les différents écrits déjà cités dans cet article , on connaît de la Hode : 1° Vie de Philippe d'Orléans , régent de Frauce , Londres (la Haye), 1736 , 2 vol. in-12. Elle sera appréciée par un de nos collaborateurs, à l'article de Philippe d'Orléans. 2° Histoire des révolutions de France . où l'on toit comment cette monarchie s'est formée et Us divers changements qui y sont arrivés par rapport à son étendue et à son gouvernement, la Haye , 1738,
2 vol. in-4° ou 4 vol. in-12, mauvais ouvrage qui n'eut et ne pouvait avoir
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termine ainsi la première partie : « Tant que cette « monarchie sera gouvernée comme elle l'est au-
• jourd'hui , elle n'aura point de révolution à
• craindre, à moins que la branche d'Espagne ne « veuille revenir sur la cession qu'elle a faite de « ses droits aux maisons d'Orléans, de Condé et « de Conti. • La seconde partie contient les fastei des rois depuis Clovis jusqu'à Louis XIV. Le sujet qu'avait entrevu la Hode a été traité depuis avec beaucoup d'érudition et de talent par Gautier de Sibert ; roi/ . ce nom) , sous le titre de Variations de la monarchie française. 3° Histoire de Louis XIV. rédigée sur les Mémoires de M. le comte D...., Baie et Francfort ( la Haye), 1740 el années suivantes, 3 vol. in-i '. « Ce ministre, dit Voltaire, « était un jésuite chassé de son ordre, qui se fit « secrétaire d'État de France en Hollande pour « avoir du pain. • {Des mensonges imprimés). La Hode, comme on l'a vu, n'avait pas été chassé de son ordre; c'est volontairement qu'il s'était réfugié en Hollande, dans l'espoir d'y vivre du produit de sa plume. Obligé de travailler vite , et manquant d'ailleurs d'une foule de documents nécessaires , il fut forcé de s'en rapporter à des écrivains mal informés ou gagés par les ennemis de la France. Aussi commit-il de graves erreurs que Voltaire a relevées dans les notes de son Siècle de Louis XIV, qui devait faire oublier non-seulement l'ouvrage fort médiocre de la îlode , mais tous ceux qui jusqu'alors avaient paru sur cette époque si brillante de notre histoire. W — s.
HODGSON (Bernard) , théologien anglais, principal du collège de Hertford à l'université d'Oxford, mort le 28 mai 1805, a publié les traductions suivantes de Salomon : 1° le Cantique des cantiques, 1783; 2° l EccUsiaste . 1788 ; 3» Us Proverbes. 1701 , le tout in-4°. L.
HODGSON (le révérend Uekbi), ecclésiastique et médecin anglais, né en 1733 près de Market- Rasen, fit ses études dans un des collèges de l'université de Cambridge, et, ayant reçu les ordres, officia pendant quelque temps comme vicaire (curate) dans le lieu de sa naissance. 11 avait probablement montré quelques dispositions pour l'étude de la médecine, puisque le docteur Jebb l'engagea à s'y livrer. Après avoir suivi les cours et obtenu le doctorat à Edimbourg, il revint à Jlarket-Rasen , et y exerça le saint ministère. Hodgson n'était pas instruit seulement en théologie et en médecine, il savait les langues classiques ainsi que le français, l'italien, l'espagnol et l'allemand. Indépendamment de quelques brochures écrites, pendant la guerre contre les colonies et ensuite contre la république française, en faveur des idées de liberté , on a de lui : 1» Lettrée è mis tris s Kinder sUu sur f esprit du papisme, 1778, in-8°; 2° Sermons sur Us limer illance universelle, 1778, ln-8»; 3° Effusion du cœur et de l imagination. 1779, ln-8°. U est mort en novembre 1813. L.
HODiERTiAotl ADLERNA (Jeaj-Baptists), célèbre
astronome, naquit en 1597, à Raguse en Sicile. Après avoir terminé ses études avec une rare distinction , il embrassa l'état ecclésiastique , et fut pourvu de l'archiprétrise de Palma. Il consacra dès lors ses loisirs aux sciences, et y (il des progrès si rapides que son nom fut bientôt répandu dans toute l'Italie. Convaincu que les connaissances humaines ne peuvent avoir d'autre base que l'observation , il employa ses talents pour la mécanique à fabriquer des instrum^ts plus parfaits que ceux qu'il avait pu se procurer. Il vérifia ensuite la position des étoiles fixes, et détermina celle de plusieurs qui n'avaient point encore été signalées. À la demande du grand-duc de Toscane , il entreprit la rédaction d'épbémérides astronomiques d'après un nouveau plan , et y consigna le résultat de sa découverte de la marche des satellites de Jupiter. La noblesse de son caractère lui mérita des amis et la protection du duc de Palma, qui le nomma son mathématicien. La vie de ce savant fut tranquille et heureuse. Il mourut à Palma, le 6 avril 1660, universellement regretté. On doit à Ilodierna une foule d'observations intéressantes et curieuses. Ce fut lui qui analysa le premier l'œil de la mouche ; ce qui le conduisit à reconnaître la forme singulière de cet organe dans les insectes : il décrivit aussi la dent rétractile de la vipère, laquelle lui sert, comme on sait , à introduire une liqueur corrosive dans ses mon»urcs. Il reconnut que la reine des abeilles pond seule tous les œufs : enfin s'il n'a point précédé Newton dans l'analyse de la lumière, ainsi que les Siciliens le prétendent, il est certain du moins qu'il a connu l'usage du prisme. Les ouvrages d'Ilodierna sont très-nombreux ; on se contentera de citer les plus importants : 1° Vniversa facultatu dirtetorium physieo-theoricum opus attronomicum , in quo de promitsorum ad significatores proyressionibus physice agitur, Palerme, 1629, in-4° ; 2° Thaumantia miraculum , ttu de cautit quibia objecta tingula per Irigoni vitrei transpicuam tubttantiam visa, elegantittima colorum varietate ornata cernuntur, ibid. , 1652, in-4°. C'est un traité d'optique, et le premier où soient décrits le prisme et une partie de ses propriétés; 3° Âledicaorum ephemeridet nunquam apud mortales editœ, ibid., 1656 , 4 part. in-4°. Ce sont des tables des satellites de Jupiter, appelés alors, comme on sait, astres de Médicis. 4° De syttemate orbit cometicideque admirandiscœlicharacteribut, ibid., 1656, in- 4° ; 5" Protêt calettU tertiginet teu Saturni systema, ibid. , 1657 , in-4° ; 6° Denti$ in vipera rirulenti anatomia. ibid., 1646, in-4» ; 7» L'occkio delta moica, diteorto Jisico , ibid., 1644, in-4° , réimprimé la même année dans un recueil d'opuscules d'Ilodierna , et inséré dans le Mmeo de Boccone ; 8° Archimtde redieivo con la Hâtera del momento dote s'intrgna il modo di teoprir le fraudi ne lia fabricazione dell' oro e delf argento , ibid. , 1644 , in- 1 . Il a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages qui étaient conservés dans sa famille, et dont on
trouvera la liste dans la Bibliotk. sinla de Mongitore. La ressemblance des noms l'a fait confondre avec Jean-Baptiste Hodierka , jurisconsulte de Naples , son contemporain , dont on a : Controttersiœ forenies de tecundii nuptiis. Naples, 1653; Genève, 1677, in-fol. , et des additions au recueU publié par Surdus ou Sordi, des Décisions du conseil de Mantoue. W — s.
HODIZ, comte allemand, remarquable par ses goûts singuliers, né le 16 mai 1706, mourut le 17 avril 1778 à Potsdam, où le roi de Prusse lui avait donné un asile. Hodiz avait, dans sa jeunesse, voyagé et même séjourné quelque temps en Italie : il y avait perfectionné son goût naturel pour les arts, surtout pour la poésie et la musique. II connaissait la plupart des langues de l'Europe, composait de jolis vers, et s'était plu, dans sa retraite de Roswalde en Moravie , à ressusciter les jeux et les plaisirs de la vallée de Tempé. Celte nouvelle Arcadie, qu'il avait créée vers 1740, et qu'il n'avait cessé d'embellir , réunissait des sites charmants et variés , des bergeries , des fermes, des cascades, des bois, des vallons, des théâtres, des orchestres , des bergers , des musiciens et des acteurs. Jouissant d'environ 60,000 lir. de rente, le seigneur de Roswalde s'était plu à faire de sa demeure une sorte de féerie , et à s'entourer des délices de la ville et des champs : il est inconcevable qu'avec une fortune assez bornée il eût opéré tant de merveilles. Sa féconde imagination créait sans cesse , et sans cesse avait besoin d'occupation et de jouissances. Il employait tout ce qui était sous sa dépendance à seconder ses rues. Ses vassaux , ses domestiques étaient ses architectes, ses décorateurs, ses acteurs, ses danseurs, ses musiciens , ses arcadiens , ses druides , ses ermites. A table , assis sur un lit antique , couronné de roses , servi par des nymphes charmantes, il rappelait, autant par son costme et ses goûts que par le noble profil de sa téte grecque, Anacréon chantant, la lyre à la main , le vin , les belles et la volupté. On faisait à Roswalde une chère exquise ; on y assistait à la représentation des meilleures pièces des théâtres allemand , italien et français, dans leur langue originale ; on parcourait délicieusement les belles eatu d'un canal de plusieurs milles sur une flottille de gondoles, dont quelques-unes portaient des musiciens et des chanteurs ; on s'égarait avec enchantement dans les bosquets, les fermes, les vallons, habités par de jolies bergères et des bergers aimables; on visitait des collections curieuses de livres , de tableaux , d'estampes , de statues , d'armures antiques , d'objets d'histoire naturelle ; on conversait dans des jardins et des villa très-variés et très-pittoresques; une grande partie des nuits était même agréablement occupée par les ballets, les danses et la musique. La plus belle ft'tc qui ait eu lieu à Roswalde fut celle que le comte Hodiz donna au grand Frédéric, qui la trouva merveilleuse. En effet, rien n'avait été négligé
pour recevoir dignement le héros de la Prusse, qui fut surtout enchanté d'une promenade nocturne sur le canal : des sirènes et des tritons, dans toute la sévérité du costume, poussaient les gondoles , en faisant retentir les airs de leurs chants en l'honneur du monarque ; la musique était au loin répétée par les échos ; l'éclat des lampions se multipliait à l'infini dans les ondes constamment agitées par les gondoles et les nageurs. Une petite ville que bien entendu on appelait Lilliput, défendue par plus de cent petits enfants, soutenait un siège contre des géants, qui prirent la fuile à l'aspect de Frédé rie. Ces jeux et beaucoup d'autres l'amusèrent , et même lui inspirèrent de l'attachement pour un vieillard aimable , qui avait tiré un si grand parti d'une fortune médiocre, en comparaison de ce qu'il avait fait, et qui charmait avec tant de grâce les douleurs de la goutte et de la pierre. Le roi poète adressa à Hodiz une épltre qui commence ainsi :
O ïlngulicr Hodii , touj nul, né pour la cour, Aye, fui, jeune encor> ce dangereux aejour. Libre de. préjugé, qui trompent le Tolg.irc, etc.
On trouve dans cette épltre des détails bien rendus sur les créations et les amusements de l'Arcadie de Roswalde. Hodiz avait perdu depuis longtemps une margrave de Bareith qu'il avait épousée et qui ne lui donna point d'enfant». Peu de temps avant sa mort , sa fortune éprouva un échec fâcheux. Frédéric vint à son secours : il lui procura un asile honorable à Potsdam, où, toujours fidèle à ses goûts , et ne pouvant d'ailleurs supporter d'autre manière de voyager, le moderne Anacréon arriva , avec quelques-uns de ses compagnons, sur un de ces bateaux élégants qui avaient sillonné tant de fois les ondes de Roswalde. Le roi le reçut comme un ancien et fidèle ami et lui monta une maison «ligne de tous deux. Ce fut là que le comte mourut comme il avait vécu, au milieu des souffrances de la pierre et de la goutte, adoucies par les jeux, les chants, les ris, la musique, tous les arts et tous les plaisirs qui trompent la douleur. Ces détails sont tirés en partie d'une lettre de Sulzer, de quelques notes d'un Anglais, et d'un article inséré en 1780 dans un journal français. On a publié à Brunn, 1827, 7 vol., les OEueres posthumes du comte Hodiz, comprenant, entre autres choses, ses Lettres écrites de Silène, et un Abrégé de l'histoire de Silésie et de ses hommes célèbres. D — B — s.
HODY (Hcmphred) , en latin Hodius . naquit le 1* janvier 1659, à Oldcomb, où son père était recteur de l'église paroissiale. En 1676 , il entra I dans l'université d'Oxford, et, ayant été, en 1684, nommé associé du collège de YYadham , il donna au public, comme essai et preuve de ses études, une dissertation latine où sont réfutées victorieusement les fables ridicules d'Aristée sur la version des Septante. Ce travail fut loué par les savants les plus distingués. Mais Isaac Vossius, qui voyait avec quelque chagrin un si jeune homme attaquer et détruire ses opinions favorites , répondit , et,
| au Heu de bonnes raisons qui lui manquaient, employa l'épigramme et presque les injures. Dans la préface de cette dissertation, Hody promettait deux ouvrages , l'un sur les textes hébraïque et grec de l'Ancien Testament, l'autre sur l'histoire et la chronologie des Ptolémées d'Egypte. Le premier a paru avec une seconde édition de la dissertation sur Aristée, sous ce titre : De bi~ bliorum textibus originalibus, Oxford, 1708, in-fol. ; l'autre , qu'il se proposait d'étendre jusqu'à en faire un Trésor des antiquités civiles et ecclésiastiques d'Alexandrie , n'a jamais vu le jour. Chilméad était mort en 1643, sans avoir mis la dernière main à une édition de Malela qu'il avait préparée. Les curateurs de l'imprimerie d'Oxford prièrent Hody d'y ajouter les prolégomènes qui manquaient : il voulut bien se charger de ce soin, et l'édition parut en 1691 , ornée d'une savante préface de Hody et d'une lettra encore plus savante et tout autrement intéressante de Bentley au docteur Mill. Hody, dans ces prolégomènes, annonce comme achevées deux dissertations latines : l'une sur divers auteurs grecs tant profanes qu'ecclésiastiques ; l'autre sur les écrivains des choses de l'Egypte : mais elles sont restées inédites. Dans cette même année 1691 , il mit au jour un traité grec anonyme qu'il crut pouvoir attribuer à Nicéphore Calliste ; il y joignit une traduction latine, et il en publia séparément une autre en anglais. Ce traité , qui roule sur une question de droit ecclésiastique, a pour objet de prouver qu'un évéque dépossédé, même injustement , ne doit pas se séparer de la communion de son successeur, si ce successeur n'est pas hérétique. C'était toucher une question importante, et qui alors divisait l'Angleterre. Hody fut vivement attaqué; le célèbre Dodwel (roy. Douwm.) se signala dans cette controverse : nous n'indiquerons pas les ouvrages qui furent publiés de part et d'autre ; ces débats sont aujourd'hui d'un très-faible intérêt , et l'on nous saurait peu de gré de nous y arrêter davantage. L'archevêque de Canlorbéry , Tillotson , qui avait succédé à Sancroft, dépossédé comme non juror, se montra reconnaissant du zèle que Hody avait mis à soutenir la cause des seconds évêques , et il le nomma son chapelain. C'était en 1694 : cette année vit paraître une dissertation anglaise de Hody Sur la résurrection du même corps. 11 y soutenait, contre le sentiment de Tertullien , que le corps ne ressusciterait point, et que l'âme seule serait jugée et punie. Cette doctrine fut attaquée avec autant d'érudition que de politesse par Nicolas Bear, dans un ouvrage publié en 1699. Trois ans auparavant, Tenison, successeur de Tillotson au siège de Canlorbéry, avait jeté Hody dans une autre querelle. Perkins et Friend, condamnés en 1693 pour avoir conspiré contre le roi Guillaume, avaient été absous au moment du supplice , quoiqu'ils ne se fussent pas repentis de leurs crimes, par trois ecclésiastiques nonjurors. Une déclara-
tion des prélats réunis à Londres condamna cette absolution comme irrégulière ; Collier , l'un de ces trois ecclésiastiques, écrivit pour la défendre : llu.lv , par l'ordre de Tenison, réfuta Collier, et fut à son tour virement réfuté. En 1698, llody fut nommé professeur royal de grec dans l'université d'Oxford , et pour encourager l'étude du grec et de l'hébreu, il y fonda , au collège Wadham, cinq bourses pour chacune de ces deux langues. Il composa pour ses leçons le traité De grœcis iliustribus lingua greeca litterantmque kirmauiorum inttauratoribus . qui est assurément son meilleur ouvrage , quoiqu'on lui ait reproché une exactitude parfois trop minutieuse : ce traité ne fut publié qu'en 1742, longtemps après la mort de l'auteur, arrivée le 20 janvier 1706. Le docteur Jebb , qui en a donné l'édition , y a joint une notice fort étendue sur la vie et les écrits de Hody. B — 88.
HOEGSTROEM (Pierre), écrivain suédois, fut d'abord, vers 1740, pasteur de Gellivara, dans le Luleo-Lappmark , par delà le 67" degré de latitude boréale, par conséquent au delà du cercle
Claire. Il profita de sa position pour parcourir l.aponie et observer les mœurs de ses habitants. Transféré ensuite à la cure de Skelefteo, située deux degrés plus au sud , sur les bords du golfe de Botnie, la température de ce lieu lui sembla propre à donner des productions qu'on n'en avait pas exigées jusqu'alors. Il planta deux |ardins d'arbres fruitiers, sema des pépins, et, suivant le témoignage de quelques auteurs suédois, parvint à obtenir des fruits. Mais ce phénomène, trop en opposition avec les lois de la nature, ne dut être qu'éphémère. M. de Buch , qui a parcouru les mêmes lieux en 1807, nous apprend dans sa relation qu'à cette époque il n'existait plus la moindre trace du jardin d'Hoegstroem, et que le souvenir en était tellement ellacé que l'on révoquait le fait en doute. Hoegstroem fut admis à l'Académie îles sciences de Suède en 1747, et mourut le 14 juillet 1784. On a de lui en suédois : 1° Description de la La/wnie suédoise, Stockholm, 1747, 1 vol. in-8°, carte. Cet ouvrage fait connaître la singulière nation qui en est l'objet beaucoup mieux que tous ceux qui Taraient précédé. Hoegstroem voit bien les choses, et ne les embellit pas. Il compatit aux maux qu'un climat rigoureux accumule sur les Lapons, et propose les moyens d'améliorer leur sort. Ce livre a été traduit en allemand , Stockholm , Copenhague, Leipsick, 1748, 1 vol. in-12, carte. Il y en a un extrait en français dans le tome 19 de l'Histoire générale des voyages. 2° Plusieurs mémoires dans le Recueil de l'Académie des sciences de Suéde ; ils traitent de l'histoire naturelle ou de l'économie rurale. E — s.
IIOEI-LI, religieux bouddhiste chinois du 7* siècle de notre ère, auteur d'une Histoire de la «te de Hionen-tksano son maître. (Voyez l'article Hiouem-thsuic).
HOEI-TSONG, empereur de la Chine, huitième de la dynastie des Song , fondée par Taf-tsou If, en 960, quitta le nom de Tckao-ki, en succédant, l'an 1100, par le crédit de l'impératrice, à son frère Tché-tsong, époux de cette princesse et mort sans postérité. Hoel-lsong commença son règne par des actes de rigueur. Malgré la reconnaissance qu'il devait à l'impératrice , il rendit ce titre avec toutes ses prérogatives è h première épouse que son prédécesseur avait répudiée, rétablit dans ses fonctions le ministre qui avait pris la défense de cette princesse, et disgracia tous les instigateurs de cette injustice. Mais bientôt la faiblesse et une Inconstance presque sans exemple signalèrent tous les actes de son règne. Passionné pour les choses rares et curieuses, il fut dupe d'un adroit et rosé courtisan, Tsaï-king, qui le séduisit en lui envoyant ce qu'il avait rassemblé de plus précieux en peinture, joyaux, ouvrages mécaniques, etc. Tsaï-king devient premier ministre et favori de l'empereur; plusieurs lois sont changées, l'impératrice est de nouveau dégradée, six cents des premières familles perdent leur noblesse et sont déclarées incapables d'occuper aucun emploi. Mais l'apparition d'une comète, en 1106, effraye Hoeï-tsong; les exilés sont réhabilités , et Tsaï - king renroyé comme un fripon. Rappelé l'année suivante, il se venge cruellement de tous les auteurs de sa disgrâce, et fait même empoisonner un de ses protégés qui désapprouvait sa conduite. L'imposture et la magie déterminent encore le faible empereur à l'exiler, en 1110, et à lui donner un successeur qui abolit les i m pots établis pour les soperfluités de la cour. Hoeï-tsong arait réuni à l'empire chinois le Li-tong ou royaume des barbares du Midi. Contrarié dans ses projets de guerre et de destruction contre les Tatars-leao, d'alliance et de communication avec les Tatarv niu-tchin, il avait besoin d'un ministre qui secondât ses vues; il rappela pour la dernière (ois Tsaï-king, en 1112. Pendant la terrible guerre qui , après plusieurs années , se termina par la destruction de la dynastie des Leao et par la conquête de leurs Etats, l'empereur protégeait ouvertement la secte des Tao-ssé, se livrait i toutes sortes de superstitions avec ces Imposteurs, faisait recueillir et répandre leurs livres, et fondait un temple dans le lieu où il avait cru voir descendre l'esprit do ciel (qui n'était autre chose que des vapeurs). Il fit ensuite bâtir un palais magnifique dont les tr .vaux durèrent plusieurs années, et qu'il nomma palais de la félicité rtmtimm. Mais ce prince, dépourvu de sens et plein de présomption, était parvenu au terme de sa prospérité. Il se brouilla avec ses alliés, les Kin, qui exigeaient la cession de deux provinces et le cours du fleuve Hoang-ho pour limite des deux empires. Découragé par les premiers échecs des armées chinoises, Hoeï-tsong abdiqua la couronne impériale en 41Î8, et se retira dans un antre palass
hoe
pour y mener jusqu'à la fin de se» jours une rie privée el paisible. Mais il n'eut pas cette consolation. Les succès des Kin furent si brillants el leurs progrès si rapides que , dès la seconde année du règne de son fils Kin-tsong, ils s'emparèrent de Kaï-fong-fou, alors capitale de l'empire. Peu satisfaits de la soumission des deux empereurs et des énormes tau es qu'ils en avaient extorquées , H les déclarèrent déchus de leur dignité et les emmenèrent en Tartnrie, ainsi que plus de trois mille personnes de la famille impériale, et avec eux leurs bagages et leurs trésors, noeï-tsong y mourut, en 1133, après huit ans de captivité. Son corps et celui de l'impératrice sa mère ne furent renvoyés en Chine qu'à la paix, qui eut lieu en 1137. A— t.
HOEL I", fils de Budic, duc de Bretagne, se retira en Angleterre, en 809, après le massacre de son père, ordonné par Clovis. Il revint, en 513, revendiquer les États de Budic, avec des troupes que lui avait fournies Arthur roi de la Grande-Bretagne, et parvint à chasser les Frisons qui étaient mattres du pays. Clotaire , apprenant ses succès, l'invite à venir à Paris. Hoel s'y rend, mais n'y est traité qu'en qualité de comte. De retour dans ses États en 841 , il fonda , dans la ville d'Aleth, un évéché dont le premier évêque fut St-Malo, qui, depuis, a donné son nom à la ville. Il mourut en 848, et eut pour successeur son fils aîné. — Hoel II, fils et successeur de llocl I«r, était déjà assez âgé lors des conquêtes de son père pour y avoir eu beaucoup de part ; mais il fut inhumain et sans religion. Il persécuta St- Malo en 540, et fut tué en Si7 dans une partie de chasse par Canor son frère. — Hoel III , d'abord comte de Cornouailles, succéda en 894 ou environ, à Judicafcl, son père, et prit même par la suite le titre de roi; il mourut en 012, à 82 ans. — Hoel IV, comte de Nantes, était fils naturel d'Alain IV, au fils duquel il succéda en 955. I fut tué en 990 dans une partie de chasse. — Hoel V, duc de Bretagne, eut ce titre dès 1066, et mourut le 13 avril 1084. — Hoel VI , reconnu duc de Bretagne en 114» par les habitants de Nantes et de Quiraper, fut, en 1184, battu par Eudes, comte de Porhoet, son concurrent, et en 1180 chassé par les Nantais. C'est la dernière fois qu'il paratt dans l'histoire. Z.
IIOEI.BEKLIN. l'oyez Holderuh.
HOELTY. Voyez Holtt.
HOEPFNER (Jean -George -Ciiréti es) , savant saxon , naquit le 4 mars 1 765 à Leipsick. Ses parents , ruinés par divers événements, ne pouvaient lai faire donner d'éducation. La bienveillance du célèbre Bœhiue y suppléa; puis, par ses succès, $' étant concilié de nouveaux protecteurs, il entra sous leurs auspices dans la carrière ecclésiastique, et fut nommé à divers offices. Mais c'est surtout à l'enseignement académique qu'il eût voulu se vouer. Eu 1787, il obtint l'autorisation d'ouvrir un cours de philosophie dans les bâtiments de
l'Académie. Bientôt après il fut pourvu d'une chaire à Fécole supérieure de Giessen , et il y développa ou enseigna successivement les classiques latins et grecs , l'Ancien et le Nouveau Testament, les langues orientales, la rhétorique, l'éloquence de la chaire, le dogme jusqu'en 1790, époque à laquelle il devint corecteur du gymnase d'EisIeben. Une surdité à laquelle il avait depuis sa jeunesse une propension qu'il tenta inutilement de détruire, le força de quitter pour jamais la carrière de l'instruction publique vers 1800. En vain plus tard fut-il appelé à Gœttingue et à Halle comme professeur, à Kœnigsberg comme conseiller de consistoire, à Bonn comme professeur et surintendant , il lui fallut décliner toutes ces ouvertures. Il ne pouvait au plus que faire des lectures publiques sur divers sujets, ces lectures ne supposant point controverse ou échange de paroles entre un auditoire et lui; aussi en fit-il beaucoup de 1800 à 1827, comme pour se consoler de ne point voir réaliser le plus cher de ses voeux. De plus il menait de front divers travaux de librairie. H rédigea en 1800 la Renommée de la littérature moderne ; en 1801 VAtmanach de la tiltératwe moderne. On lui doit encore entre autres ouvrages : 1° Manuel de la mythologie grecque, Leipsick, 1798; 2" Ejntome theologia ehruliana, lbid.,1804;* édition, 1819 ; 3" Principes et théorie de tort d'élever la jeunette, ibid., 1803; 4° des éditions du Cyelope d'Euripide, 1789, des Trachiniennet de Sophocle , 1 791 , A'iphigénie en Aulide , 1798, des Grenouilles d'Aristophaue , 1797; S" des dissertations, par exemple sur YF.ros (amour) des poètes grecs de la haute untiquité, 1792 ; his a-t-etle été adorée en Germanie , et d'où vient te nom d'Kisleben? 1798; de Origine dogmatis romano-pontificiorum de purgatorio, 1792, etc. Hospfner mourut le 20 décembre 1827. — Hoepvmer (D.-L.), mort en 1830, était pasteur à Ultersen et membre du comité d'examen du grand consistoire à Gluckstadt. 11 a publié des sermons et autres écrits théologiques. P— or.
HOEPKEN (Akdbe-Jeas , comte de) , sénateur de Suède, mort en 1789, entra dans le sénat en 1746, n'étant âgé que d'environ trente-cinq ans, et y resta jusqu'en 1761. Pendant cet espace de temps, il eut part à toutes les affaires publiques, et se distingua surtout par la fermeté de sa conduite, par la sagesse de ses conseils et par son zèle pour le progrès de toutes les institutions utiles. Ayant donné sa démission en 1761, il vécut dans la retraite jusqu'en 1773 : le 4 décembre de cette année , il rentra au sénat à la sollicitation de Gustave III , qui voulait profiter de ses lumières et de son expérience. Le sénateur Hoepken fut consulté par le prince sur la réforme des lois, sur les améliorations que demandaient l'agriculture et le commerce, sur les mesures à prendre pour donner une plus grande extension aux connaissances utiles. Après avoir consacré encore sept années à des travaux importants, il
quitta de nouveau le sénat , et se livra uniquement à l'étude. Les sciences, les lettres et les arts avaient toujours fait le charme principal de ses loisirs. Il connaissait à fond l'histoire, la littérature ancienne et la philosophie. Ce Tut lui qui, avec Linné et quelques autres savants, fonda l'Académie des sciences de Stockholm; et il se chargea même pendant plusieurs années des fonctions de secrétaire. Le comte de Hoepken fut un des premiers qui forma la langue de son pays sur les modèles de la Grèce, de Home, de la France, de l'Angleterre, et qui lui donna de la pureté, de la précision , de l'élégance et de la force. Toutes ces qualités se trouvent réunies dans son Eloge historique du comte de Tessin, dans celui du comte d'Lkeblad, et dans plusieurs discours qu'il prononça aux assemblées publiques de l'Académie des sciences. Toutes les autres sociétés savantes et littéraires de Suède et plusieurs Académies étrangères le comptaient parmi leurs membres. H réunissait souvent à sa table les savants, les hommes de lettres, les artistes de Stockholm ; et il était lié de l'amitié la plus intime avec le savant astronome Wargentin. C — au.
HOESCHEL (David), savant helléniste, naquit à Augsbourg le 14 avril 1556, de parents pauvres; mais ses heureuses dispositions intéressèrent en sa faveur Marc Velser, protecteur éclairé des lettres, qui se chargea des frais de son éducation. Il justifia par ses progrès rapides les espérances de son bienfaiteur; et, après avoir terminé ses études , il fut pourvu d'une chaire au collège de Lavingen. Il en prit possession par un discours en langue grecque, dont le sujet était la Chute du premier homme , et qui réunit les suffrages de son auditoire. Il céda aux instances de ses amis en livrant à l'impression cet ouvrage, qu'il dédia à Velser, par une éptlre dans laquelle il nomme quelques autres personnes dont il avait reçu des secours. 11 revint en 1581 à Augsbourg occuper la chaire d'humanités que lut avait procurée Jérôme Wolff, son ancien maître; il la remplit jusqu'en 1893, qu'il succéda à Simon Fabricius dans l'enseignement de la langue grecque. 11 fut ensuite nommé conservateur de la bibliothèque publique, et quelque temps après recteur du collège de Ste-Anne. Ce double emploi partagea tous ses instants; il enrichit la bibliothèque confiée à ses soins d'un grand nombre de manuscrits précieux : il mourut justement regretté le 20 septembre 1617. Jacques Bruker a publié une lettre : De mentis m rem litterariam preecipue gracam viri celeberrimi D. Ilot s< helii, dans le tome 4 «lu Tempe helvetica. Niceron lui a consacré un article dans le tome 28 de ses Mémoires. Il faut consulter les deux recueils pour avoir la liste complète de ses ouvrages. On lui doit : i° Catalogus eodieum greecorvtm qui sunt in bibltotk. reipubl. August. Vindeiicorum, Augsbourg, 1595, in-4". 11 rédigea ce catalogue à la sollicitation de Velser, qui avait tait don de ta bibliothèque a la ville d' Augsbourg.
HOF
Colomiez dit que de son temps il n'existait pas de catalogue de manuscrits plus docte ni mieux rédigé (roy. Henichs). 2° Les premières éditions de la Bibliothèque de Photius; de plusieurs Oputcuiet de Philon ; de quelques Homélies de St-Basile, de St-Crégoire de Nyssc, de St-Grégoire de Nazianze, de St-Jean Chrysostome et de St-Jean Damascène; de YHlgrique d'Appien ; des Petits géographes; des livres d'Origène contre Celse; des Histoires de Procope et d'Anne Comnène ; 3" quelques Traductions latines, entre autres de la Vie de St- Antoine, ermite, par St-Athanase. Huet lui reproche de substituer quelquefois sa pensée à celle de l'auteur : sans ce défaut , ajoute cet illustre critique, Hoeschel aurait effacé tous les autres traducteurs par son talent à reproduire les beautés et jusqu'aux finesses de style de ses originaux. 4° Des Additions au dictionnaire grec et latin, de Kuland. W— s.
HOEST. CoyuHoST.
I10FACKEK (Charles -Christophe) , jurisconsulte allemand, fds d'un employé wurtembergeois, naquit au château de Bœringsweiler en 1749. Il annonça dans son enfance des dispositions précoces. A l'âge de onze ans, ayant été atteint de la petite vérole et éprouvant un violent délire, il ne fit que citer des scènes de Térence, dont il avait auparavant fait une traduction. Il ne s'en souvint pourtant plus aussi bien après la crise. Au gymnase de Stuttgard il se distingua par ses études ; il en fut de même aux universités de Tubingue et de Gcettingue , où il s'appliqua à la jurisprudence avec l'intention de professer un jour cette science. Le célèbre Putter, à Gœtlingue, le mit à même de répéter ses cours à des étudiants. En 1771 , il prit le degré de docteur, et débuta dans la littérature juridique par l'Esquisse dune nouvelle méthode de professer te droit romain (en allemand). A cet .essai, qui annonçait un jeune professeur peu satisfait de l'ancienne routine, il fit succéder Tabulée synopticœ juris romans . et Institutiones juris romani methodo sgstematiea . 1775. Cette méthode nouvelle, sur laquelle Ilofacker crut devoir insister, éprouva de la contradiction, et il fut obligé d'en publier la justification. II n'avait pas encore vingt-cinq ans lorsqu'il lut appelé à professer le droit à l'université de Tubingue, où il ne tarda pas à se signaler par son enseignement méthodique, clair et philosophique, et par l'affection qu'il témoignait aux élèves studieux. Il publia aussi plusieurs ouvrages de droit qui eurent du succès ; tels sont : Dissettatio mi fragmenta quat ex Alfeni Vari libris XL Digest. supersunt, Tubingue, 1775, in-4« Elément* jwris
11) A l'ocruion de cette dissertation, nom compléteras l'article Alfenu* Varui (coy. ce nom'. C'est d'après âcron. sco- Uaste d'Horace, qu'on * dit qu'Aliéna» avait été cordoarwc 4 Crémone avant de te rendrai Rome. Cette assertion a «té rétaté* par plusieurs savants modernes, principalement par E Ûrto dau sa dissertation : At/enu$ Vortu ab i»}uriu vit mm «t re<*ai>e» ma* libtrattu, dans le tome 6 de son TAesaarss ;.m On n'a Plu» les XL Utim d« Digutu d' Aliénas, mais U s'en txoeve
HOF
avilit Romanorvm . Tubingue, 1783, et Principia fvrit avilit romano-germanici . ibid., 1788. Il avait épousé la fille du jurisconsulte Breyer , auteur du Jutpublicum vurtembergense. Heureux dans le sein de sa famille et estimé de ses élèves, il mena une rie paisible pendant quelques années; mais la maladie longue et cruelle de sa fille et divers accidents troublèrent ce bonheur. II tomba alors (fans la dévotion et devint même un peu visionnaire. Dans l'automne de 1792, il fut atteint d'une fièvre épidémique qui régnait dans la ville de Tubingue, et qui avait saisi plusieurs personnes de sa maison. Ayant acquis la certitude qu'il ne pourrait échapper, il désira voir encore le ciel étoilé, et mourut dans la nuit du 19 au 20 avril 1793. Les élèves de la faculté de droit assistèrent tous à son convoi , et portèrent en son honneur le deuil pendant trois semaines. Son ami et collègue Abel publia un écrit sur la vie et U caractère de Ho/acker, Tubingue, 1793, in-8°. On en trouve un ample extrait dans le Nécrologe allemand de Schlichtegroli , année 1793, partie 2. D— c.
HOFER (Jean) naquit à Mulhausen en Alsace , l'an 1697, et y mourut en 1781. Après avoir étudié la médecine, il exerça pendant quelque temps son art à Bâle, et depuis dans sa ville natale, dont il devint bourgmestre. On trouve de ses mémoires anatomiques et botaniques dans les Actes de la Société helvétique à Bâle. En 1779, il lit paraître un Manuale pharmaceuticum. — Josué Hofer , de la même famille que le précédent, jurisconsulte et syndic de la ville et république de Mulhausen, y naquit en 1721. U fit ses études à l'Académie de Leipsick, et fut élu syndic en 1 718. Envoyé fort souvent en qualité d'ambassadeur à la diète helvétique , il y jouissait d'une grande réputation comme politique. Tendant la révolution française, il fut député deux fois à Paris pour obtenir des arrangements et un traité de commerce pour la ville de Mulhausen , enclavée dans le territoire de la France. Cette ville ayant été contrainte, en 1798, de voter sa réunion, cet événement parut accélérer la mort de Hofer, qui termina sa carrière en 1799. Z.
HOFER (Jeau-Antoise), né le 19 mai 1742 à Kastelrath en Tyrol, entra dans les ordres en 1763, obtint en 1772 une chaire de rhétorique m gymnase de Brixen, dont postérieurement il rut préfet, devint successivement membre du consistoire de cette ville, où il professait alors le
>eaucoup *lc fragments dan» le Digeste romain. Brenkmarm le* ■n a tirés , et le» s publié* sous le Utre d'Al/enuë Varut, riv* " <• n dec ; <r jurit civtlit auetoribui suit il tibrii rtftituti, Amstrra m , 1709, ln-8". Denis GodeTroy a conclu d'un passage d'Alle- ,us que ce jurisconsulte appartenait seul a la secte d'Êpicure, andis que presque tous ses confrères 4 Rome étaient stotdeus. l'est ce qui a engagé Bouchaud à rédiger un M. moire dam leutl on examine, d'apiis la loi 76 au Oiçtttt De judiciis, it U urt<c»n*ul(t Ai/mut Varut était êtoïcien ou l'il fiait ipicuritn. '« mémoire (ait partie du tome 42 des Mtmoirtê dt l'Aeadimie tt i nacriptiont, Auiu-Gellc attribue aussi 4 Alfenui des Catltcxnrm ; Bynkersboek prétend |témérairement, comme dit Bach ans «on Hùtoria juriiprudmti* roman* \ que c'est 4 " n'appartient cet ouvrage.
droit ecclésiastique, membre du conseil gouvernemental d'inspruck et chargé des rapports en matière ecclésiastique près de ce conseil ; et enfin revint en qualité de chanoine à Brixen en 1789, et y remplit derechef les fonctions de professeur jusqu'en 1809. II mourut en 1820. Outre des Sermons en grand nombre, on lui doit : 1° Une Introduction à la géographie det temps anciens et modernes, Brixen, 1774, in-8°; 2° un excellent abrégé du grand ouvrage de van Espen , sous le titre de Zeg. Bh. van Espen jus eccletiasticum universale ad usum auditorum in compendium redactum, Brixen , 1781 , 4 vol. in-8°. — U ne faut pas le confondre avec son compatriote Jean-Êvangélis Hofer , curé des environs de Salzbourg , docteur en philosophie et en théologie, mort le 24 février 1817, et auteur du De Kantiana interpretationu lege, appendice ad Gregorii Mayer intritutionem interprète sacri. Salzbourg, 1808, grand in-8°.P-OT.
HOFER (André), chef des insurgés tyroliens, était né à Passeyer le 22 novembre 1763. Il tenait une auberge dans celte petite ville (située à trois lieues au nord de Méran) , et il faisait en même temps un commerce assez considérable en blé , vin et bétail. La paix de Presbourg avait donné le Tyrol au roi de Bavière ; mais la guerre s'étant rallumée en 1809 , les habitants de ce pays se levèrent en masse pour chasser les Bavarois, et retourner sous la domination de l'Autriche. La richesse d'André Hofer, ses relations habituelles avec les principaux montagnards, sa haute stature, ses formes athlétiques et sa longue barbe , tout concourut à fixer l'attention sur lui, lorsque les insurgés s'élurent un chef. Hofer possédait une connaissance parfaite du pays : elle lui procura plusieurs avantages importants sur les Bavarois, qui, d'ailleurs, étaient en trop petit nombre pour résister. Après la paix de Vienne , qui assurait de nouveau le Tyrol à la Bavière, Hofer mit bas les armes. Il s'était distingué, dans toutes les circonstances, par sa modération et son humanité, et il crut avoir d'autant moins à craindre pour sa personne , que Bonaparte avait solennellement promis qu'il ne serait exercé aucune poursuite contre les insurgés tyroliens. Mais apprenant bientôt que des ordres étaient donnés pour l'arrêter, l'aubergiste de Passeyer se réfugia dans les montagnes. Bonaparte mit sa téte à prix , et le malheureux Hofer lui fut livré : on le trouva au milieu des neiges sur un pic presque inaccessible. Conduit à Mantoue, il parut pour la forme devant un conseil de guerre , qui avait reçu l'injonction de le faire fusiller. 11 mourut avec la plus grande fermeté. On a voulu comparer Hofer aux plus illustres héros de la Vendée : il est loin de mériter cet honneur. Jamais il n'alla au feu ; et bien plus , jamais il ne livra un combat en personne. Son esprit était sans culture , comme son coeur sans ambition ; et la politique lui était aussi étrangère que la science des armes. 11 n'eut de commun avec les chefs vendéens qu'un zèle ardent
pour la religion. Ses compatriotes le regardaient | comme un saint; et depuis sa mort tragique , ils ; le révèrent comme un martyr. En 1819, Tempe- | reur d'Autriche flt faire par un artiste distingué , d'Allemagne une statue en marbre d'Hofer des- ; tlnée à être placée dans l'église des franciscains, à lnspruck , près du tombeau de l'empereur Maximilien î»*, avec l'Inscription : Au Tyroî et aux Tyroliens. Cette statue a été inaugurée en
mi. s— t— s.
HOFF ( Charles-F i< n k st- A r>oi r in de), savant et homme d'État, naquit le lw novembre 1771, à Gotha, et après avoir reçu sa première éducation dans la maison paternelle par des maîtres particuliers, visita les universités d'Iéna , de Gœttingue, pour y clore ses études. Suivant le vœu de son père, il suivit avec ardeur les cours de droit ; mais parallèlement à cette science, qu'au reste H aimait, il fît marcher l'étude de l'histoire naturelle, pour laquelle il puisa chez Blumenbach le goût le plus vif, et dans laquelle il fit bientôt de grands progrès : un voyage pédestre minéralogique et géologique dans les montagnes du Harz (1791) aviva encore en lui cette passion. De retour dans sa ville natale, Hoff entra comme secrétaire de légation à la chancellerie secrète, à la section des archives, en 1792, et prêta serment entre les mains de son père. La même année, il accompagna le ministre de Saxe-Gotha , ThQmmel , à Francfort-sur-lr-M. in , lors de sa mission auprès des agents prussiens , à l'effet de régler les contingents dus par son souverain. Ce fut en quelque sorte son début dans la diplomatie. Douze ans après, Hoff allait à Berlin, puis à Kœnisberg, puis i Posen, s'acquitter d'une mission bien différente. Toutes ces villes avaient alors été successivement les quartiers généraux de Napoléon , et le secrétaire de légation allait enfin, au nom du duc son maître (Ernest II), apposer sa signature à l'acte de la confédération du Rhin , et conclure avec le maître de l'Europe occidentale le traité de Posen. Il remplit encore diverses missions secondaires les années suivantes. Ainsi, en 1807, il flt partie d'une ambassade envoyée à Berlin et à Dresde pour règlement de limites, d'échanges et d'indemnités en exécution ou par suite des arrangements de Posen et de Tilsitt. En 1808, il fut un des envoyés de Saxe-Gotha à la cour deCassel, et bientôt après il assista au congrès d'Erfurt. Ces affaires extérieures faisaient en quelque sorte diversion au fastidieux des affaires intérieures dont le reste du temps il était chargé, et qui n'étaient pour l'ordinaire pas moins difficiles qu'ennuyeuses. Telles furent, par exemple, la régularisation de la succession de la femme du prince héréditaire (1801); le partage des archives communes de YVittemberg; celui des biens de la succession privée d'Ernest II (1804) entre ses deux fils , etc. II est vrai que le choix de Hoff pour tous ces objets prouvait la haute estime dans laquelle on le tenait. Ses services en toutes ces circonstances lui
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valurent enfin le titre de conseiller de rie (1813). Alors nouveau revirement. Le duc de Saxe-Gotha ne pouvait sans vouloir sa chute rester fidèle au traité de Poseu. Ilofl courut à Fraocfort'Sur-le-Mein comme plénipotentiaire accéder à la coalition contre Napoléon , et comme tant d'autres diplomates détruire lui-même son ouvrage. En 1817 et 1818, il fit plusieurs voyages et un long séjour à léua, où, conjointement arec Colta, le délégué de Weimar, il dirigea la réforme de l'université. L'extinction du rameau ducal de Saxe-Gotha, par la mort d'Auguste en 1822 et par celle de Frédéric IV, son frère, eo 1825, modifia la position de Hoff. Les possessions de ces princes durent être partagées entre les rameaux collatéraux au nombre de trois : Gotha arec son territoire devint le lot du rameau de Cubourg- Saalfeld , qui prit dès lors le nom de Cobourg- Gotha. Hoff garda ses fonctions sous le titre de conseiller de conférence au ministère secret, il fallut qu'il vint résider à Cobourg. U n'y qu'un an, au bout duquel ayant donné sa sion , (1 revint à Gotha présider le consistoire supérieur. Cinq ans après, il fut nomme' codirecteur des collections de sciences et d'arts. Ses connaissances profondes en minéralogie et en géologie le rendaient éminemment apte à cette place, qu'il occupa jusqu'à sa mort , arrivée le 24 mai 1837. Jamais Hoff, au milieu du labyrinthe des affaires et des intrigues , n'avait cessé de sacrifier à son amour de l'histoire naturelle, unissant ainsi 1a science de l'invariable à l'étude de ce qu'il y a de plus variable au monde , la diplomatie , et se délassant en quelque sorte de celle-ci par celle-là. Tout ce qu'il pouvait se réserver de loisir, il l'employait à se tenir au courant des nouvelle* découvertes. Il explorait lui- 1, ru je , il faisait de nombreux voyages dans un but scientifique , ou bien il faisait tourner au profit de la science ceux que nécessitaient les affaires politiques ou le soûl de m Santé ; il consignait les résultais de ses recherches dans divers recueils, et il a de cette manière contribué réellement au progrès des sciences géognostiques. Si d'autre part ou songe qu'U trouva aussi du temps pour la statistique, et qu'il a pris rang dans celle classe de savants d'un autre ordre, on appréciera toute l'activité d'un cerveau qui embrassa tant d'objets différents. On a de Boff : 1» Description du Thuringerwald sous tous ses rapports, Gotha, 1807-1812, 2 vol. en 4 parties. Cet excellent travail, qui l'occupa de 1792 à l'époque de la publication, est tout entier le résultat d'observations faites sur place : les monts, les eata, les carrières et les mines de la Thuriage araieot été longtemps l'objet favori des pensées et des pérégrinations de l'auteur. H eut quelques coflaborateurs et principalement son ami Guill. Jacobs pour la rédaction de la partie botanique et technologique; mais tout ce qui se réfère à la minéralogie et à la géologie est exclusivement de lui 2° Histoire des changements que la tradition ou Us
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écrivains nous attestent être survenus à la surface de h terre, 1822-1834, 5 vol. La société de Gœttingue couronna cet ouvrage, qui vraiment était un besoin de la science , et qui sera longtemps sans doute le manuel classique de 1' histoire de la terre dans les temps modernes. Il s'en faut de beaucoup que Lyell, an reste plus dogmatique qu'historique, soit aussi complet. C'est cette histoire à la main qu'il devient évident que, des grandes révolutions dont nous entretenaient les anciens géologues, la plupart ne sont guère que la sommation d'une infinité de changements on de catastrophes partielles, telles que chaque jour en produit depuis les temps historiques. Ce qni donna naissance à l'ouvrage de HofT, ce fut l'apparition d'une Ile nouvelle dans le Havel (1807): il s'empressa d'aller étudier ce phénomène, et II consigna le résultat de ses recherches dans le recueil de la société des curieux de la nature de Berlin : les ayant reprises ensuite, il les étendit
{>ar des comparaisons avec la foule des faits anaogues ou collatéraux , et il se trouva dès lors entraîné à les recueillir en forme d'histoire. 5° Hagasin pour la minéralogie, lit géognosie et la géographie minérale. Leiprick, 1800; 4* Tableau de la constitution physique 4e la Tkuringe, notamment des formations géologiques de ses montagnes Erfurt , 1812 ; 9* Remarques géognosiiques sur Carlebad, Gotha , 1823. Sa santé le conduisait souvent aux eaux de Carlshad. C'est pendant ces séjours forcés dans cette ville ou aux environs qu'il recueillit les matériaux de cet ouvrage. 6° Mesures de hauteurs en Tkuringe et aux environs de la Thuringe, Gotha, 1833 ; 7° L'empire germanique avant la révolution française et la paix de LunéviUe. Gotha, 1801 et 1805, 2 vol. Cette compilation, parfaitement rédigée, est certainement une des plus substantielles et des plus commodes qu'on puisse avoir sur cette époque si remarquable. Aux détails géographiques et statistiques, si essentiels par eux-mêmes, elle ajoute beaucoup de renseignements sur les institutions et les gouvernements. 8° Description statistique et topoqrapkique des pays saxons, W'eimar, 1820; 9° Développement historique des principes suivis dans la maison ducale de Saxe, relativement à l 'ordre des cohéritiers de succession provenant d'un collatéral. Gotha, 1828 (brochure mise au jour au moment du partage de la succession de Saxe- Gotha eutre les trois rameaux collatéraux restants). 10" Divers articles dans la Correspondance de Zach, le Taiekeubuch (ou almanadi) de Léonard , les Annales de Hoggendorf , la PaJlas de Rûbl de Lilienstern, les Méntoirrs des curieux de ta nature de Berlin, etc. On doit regretter qu'aucun des ouvrages de HofT n'ait été traduit en français. P»— ot.
HOFFBAUER (Jbss-Chsistophe) , savant allemand, naquit le 19 mai 1766 à Bielefeld. Après avoir achevé ses études à l'université de Halle, il y obtint à titre provisoire, puis à titre définitif,
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une chaire de philosophie, qu'il occupa avec beaucoup de distinction. Il était de plus docteur en droit, et ses connaissances en jurisprudence exercèrent sur ses Idées philosophiques une influence remarquable. Son extérieur était mesquin, il avait l'oreille dure, et par tous ces motifs il évitait soigneusement de paraître dans le grand monde. L'histoire de sa vie est par conséquent très-peu remarquable. Il mourut le 4 août 1827. On a de lui, entre autres écrits t !• Analytique des jugements H des résolutions. Halle, 1792; 2° Traité du droit naturel, 1793 (2* édit., 1798; 9* 1804); 3° Éléments de la logique. 1794 (2* édit.. 1810); 4» Recherches sur les objets les plus essentiels du droit naturels, 1793; 3» Théorie naturelle de l'éme, 1796; 6° Traité de droit politique universel, 1797 ; 7* Éléments de philosophie morale, 1799; 8n Des périodes de f éducation, 1K00; 9* Recherches sur les maladies de l'âme. 1" partie, 1802; 2« 1803 ; 3» 1807» 10" Histoire de l'université de Halle jusqu'en 1X03; 11° La psychologie dans ses applications principales à l'étude du droit, 1808; 12° Essai sur tapplicatiom la plus simple et la p'.us sûre de l'analyse à la science philosophique. 1810 (couronné par l'Académie royale des sciences de Prusse); 13° Le droit naturel et la morale examinés sous le double rapport de leur dépendance réciproque et de leur indépendance, 1816; 14° (avec Dabelow), laCauUe de jurUprndence, 1819, etc. (voy. Dam low). P — ot.
HOFFMAN (François-Benoit), littérateur et critique distingué, né à Nancy le 11 juillet 1700, était (ils de François Hoflman , ancien officier as service d'Autriche. Son grand-père était huissier de la chambre du duc de Lorraine, Léopold (1), qui l'affectionnait vivement. Use nommait Ebrard; mais le prince , trouvant la prononciation de ce nom trop rude, le lui Qt changer en celui d'Hoffman (homme de eour). François-Benoit lit avec le plus grand succès ses études au collège de sa ville natale. Ses classes terminées, il fit son cours de droit à Strasbourg, où son père, que sa tete trop ardente avait brouillé avec M. de la Galaisière , intendant de Lorraine , subissait un emprisonnement qui fut promptement adouci. Le jeune Hoffman, au lieu de suivre la carrière du barreau, que lui interdisait au moins pour la plaidoirie un bégaiement fort pénible , s'engagea dans un régiment qu'il rejoignit en Corse. Un de ses parents occupait une place supérieure à l'intendance de cette lie , et il eut par son intervention la j liberté de la parcourir seul. Sa famille l'ayant i bientôt dégagé , il retourna à Nancy , où divers morceaux de poésie légère révélèrent ses talents et le firent accueillir dans plusieurs maisons où les lettres étaient en honneur, principalement chez la célèbre marquise de Boufflers (voy. ce nom), qui avait tenu si longtemps à Lunéville la cour
(l) El non l'«mr*r*ur Léopokt , comme le dit Caatel, aulear de la Notice mite en téu de» OKivrt d Hofmn*. Il n'y a oo que deux empereurs du nom de Léopold ; l'un , Léopold !•', «tait lWle du due de Lorrain* doat il a agtt Ici, et l'autre, Léopold It, «tait toa petit-Sla.
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aimable et spirituelle du roi de Pologne (toy. Stanislas). Un prix de poésie qu'Hoffman remporta à l'Académie de Nancy , et peut-être quelques secours pécuniaires de ses amis, le mirent en état de se rendre à Paris , en 1784. Peu de temps après qu'il y fut arrivé , parut une sorte de caricature représentant un monstre , qu'on disait avoir été trouvé au Chili , et qui dévorait les taureaux, les boeufs et les vaches. Il était, poursuivait-on, de l'espèce des harpies, qu'on avait regardées jusqu'alors comme des animaux fabuleux. C'était une assez mauvaise plaisanterie qui fut attribuée à Monsieur, comte de Provence, depuis Louis XVIII. Ce prince avait voulu prou- Ter, dit-on , combien il est aisé d'en imposer aux sots et aux ignorants qui sont en si grand nombre dans la société. Cette caricature fournit à Hoifman le sujet de l'épigramme suivante, qu'il intitula les
A Malbrough on rit succéder
Ce Figaro que l'un admire ; Figaro , la» de commander, A ion tour va quitter l'empire, Qu'a la harpie il va céder.
A la harpie on t* tout fiire :
Ruban», lévite» [tarir de roie\ et bonnet». Mndame» , votre goût s'éclaire :
Voua quittez le* colifichet»
Pour le» habit» de caractère.
On crut aussi dans le temps que le conte de la barpie était une allusion critique sur la reine Marie-Antoinette (toy. Louis XVIII). Quoi qu'il en soit , ces bruits provoquèrent, de la part du frère de Louis XVI , une invitation au Journal de Paris de supprimer tout ce qui pourrait se rapporter à ce sujet. En conséquence le rédacteur de cette feuille refusa, en indiquant le motif de son refus, d'insérer un article par lequel Hoffman répondait à quelque attaque dirigée contre lui. La nomination de Sedaine à l'Académie française, en 1786, excita l'indignation de plusieurs jeunes littérateurs, qui oublièrent que c'était plutôt l'auteur du Philosophe sans le savoir et de la Gageure imprévue, que celui d'une foule d'opéras-comiqties mal écrits, il est vrai, mais remplis d'intérêt, qu'on faisait asseoir dans le fauteuil académique. Hoffman, qui partageait ce sentiment, composa une épigramme qui , toutefois , ne courut que manuscrite :
Ami». Apollon nous menace De faire aplanir le Parnaane; Dr» demain il doit le ajper, Et il plat 11 saura le rendre Que Sedaine y pourra grimper, Et qu'il noua y f
11 semble que dans la suite Hoffman ait voulu se punir lui-même de s'être permis un tel sarcasme. En 1785, il publia un recueil de ses poésies, dont plusieurs journaux firent l'éloge : « Tous ces mor- « ceaux , dit V. innée littéraire , qui était remar- « quable par sa sévérité, sont écrits avec une fa- « cilité élégante, et l'on peut mettre M. Hoffman « au rang de nos poêles les plus agréables. » Peu de temps après ce succès il fut invité a traiter pour l'Opéra le sujet de Phèdre, le person-
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nage le plus dramatique qu'il y ait au théâtre, et que la célèbre Saint-Huberti, qui était à la fois grande actrice et grande cantatrice , désirait représenter. Se rendre à une lettre d'invitation, c'était faire un sacrifice ; Hoffman , dépourvu de fortune , fut forcé de s'y résoudre. Toutefois sa pièce était plutôt une imitation de YHippoluU d'Euripide que de la tragédie de Racine, à laquelle il ne déroba aucun vers, quoique l'exemple lui en eût été donné par le bailli Durollet (coy. ce nom). L'Opéra de Phèdre fut représenté à Paris le 21 novembre 1786 , après l'avoir été au précédent voyage de Fontainebleau (1) , et il eut dans la capitale un succès soutenu. Celui qu'il avait obtenu i la cour fut moins positif , ce qui n'empêcha pas le roi d'accorder à l'auteur la gratification d'usage. Elle lui servit à faire le voyage d'Italie , où il passa un an , visita en naturaliste le Vésuve et l'Etna, et rapporta un grand nombre d'échantillons de laves dont il fit présent à son beau-frère. Ce fut peu de temps après son retour qu'il donna Nephté. opéra en trois actes dont le sujet est le même que celui de la Camma de Thomas Corneille , qui l'avait emprunté à l'Axioste. Le rôle principal était aussi destiné à madame Saint-Huberti (roy. ce nom) ; mais la fatale résolution qu'elle prit d'émigrer , pour joindre son sort à celui de d'Entraigues, l'y fit renoncer. Privé de l'appui du talent de cette actrice, Hoffman ne lui en dédia pas moins la pièce, dont la première représentation eut lieu le 15 décembre 1789: elle obtint un succès complet et mérité, tant par l'intérêt du sujet que par la manière dont il est traité. L'opéra d'Adrien devait suivre presque immédiatement. La révolution avait éclaté , et la commune de Paris, qui avait alors l'administration de l'Académie royale de musique, s'étant imaginé que l'auteur, en représentant l'entrée triomphante de l'empereur romain sur un char traîné par des chevaux blancs qui, disait-on, avaient appartenu à la reine , voulait rendre hommage à l'empereur d'Allemagne , frère de cette princesse , demanda la suppression de cette partie de la pièce , ainsi que divers changements. Hoffman, qui n'avait pas eu l'intention qu'on lui prétait, et qui d'ailleurs était doué d'une grande fermeté de caractère, rejeta la proposition , et jura que jamais il ne remettrait le pied à l'Opéra, dont à cette occasion plusieurs chanteurs et musiciens lui avaient donné de graves sujets de plaintes. 11 tint parole, quoique ensuite , et lorsque les temps furent moins fâcheux , il ait consenti à la représentation t\' Adrien, mais sans aucun changement et tel qu'il l'avait d'abord composé. Ce fut la querelle occasionnée par cet ouvrage qui lui fit porter à l'Opéra-Comique sa pièce à'Eupkrosine, dont le principal rôle était encore destiné à madame Saint-Huberti.
(1) La pièce avait d'ado rd été répétée dans une terre qw I de Scrllly, trésorier général de la guerre, poeaédait en Bourgogne, et où furent conduit» tous le» chanteur* de l'Opéra nécu*aire« pour la représentation. On volt que ai le* financier» dPaatfefoi»
Cette actrice se proposait d'y écraser sa rivale, mademoiselle Maillard, qui aurait joué le rôle de la comtesse d'Arles. Euphrosine eut un grand succès , surtout lorsque l'auteur des paroles en eut changé le dénoûraent, ce qu'il fit plusieurs fois, et que de cinq actes il l'eut réduite à trois. Cette pièce fut promptetnent suivie de Stratoniee, comédie héroïque en un acte, écrite en vers comme la précédente. Cependant la révolution devenait chaque jour plus menaçante pour ceux qui comme Hoffman s'en étaient déclarés les ennemis. La conduite qu'il avait tenue au sujet de son opéra d'Adrien lui Al surtout courir de grands dangers. Il ne fut point arrêté toutefois, et il eut quelques soupçons qu'il en avait l'obligation au trop fameux Vadier , membre du comité de sûreté générale. Il fut aussi protégé de la manière la plus généreuse par un membre du comité ré- | volutionnaire de sa section , nommé Gabriel (1). Le désintéressement de cet homme , qui n'était qu'un simple blanchisseur, fut tel qu'il refusa toutes les marques de gratitude qu'Hoffman voulut lui donner et même une somme de cinquante louis , qu'une dame , qui avait des relations de société avec ce littérateur , lui offrit elle-même. Le seul sacrifice qu'Hoffman fit à la révolution, ou plutôt à sa propre sûreté, fut son drame héroïque de Caltias, ou Nature et patrie. Mais H s'en dédommagea lorsque la terreur fut passée, en composant le Brigand , sujet tiré de l'histoire d'Angleterre sous Jacques II, et que lui fournit la conduite atroce du fameux colonel Kirck. Iloffman continua d'enrichir de ses pièces le théâtre de l'Opéra-Comique , jusqu'à l'époque où Étienne, nommé rédacteur en chef du Journal de P Empire, l'eut invité à concourir à la rédaction de cette feuille, qui avait alors le plus brillant succès. Se défiant de ses forces, quoiqu'il eût anciennement fourni quelques articles au journal de Deux-Ponts, et que plus tard, c'est-à-dire sous le directoire, il en eût donné d'extrêmement piquants au âf«*- 'eur, journal dont l'existence eut peu de durée ?t qui fut enveloppé dans la proscription du 18 fructidor, il voulut s'essayer, et écrivit les Lettres champenoises, dont le succès lui fit signer le la lettre initiale de son nom les articles qu'il tonna au Journal de f Empire. Cependant, après ine interruption de son travail à cette feuille, il fit paraître ses articles sous la lettre Z. Les uns ;t les autres furent remarquables par une scru- >uleu$e impartialité , par la justesse du raisontement , par l'attachement aux principes d'une aine littérature , par la finesse et le bon ton de a plaisanterie, par des formes ingénieuses et rès-vartées. On remarqua surtout ceux qu'il sur la Crmiologie du
il Si M. Ca»tcl Itwy. la première nota) avait été moins jeune, I aurait peut-être iu que Calvet n'était point membre de la condition , et que par conséquent il ne pouvait être du comité de al ut publie, qui, de plui, ne mandait point de simplet partleuer» à sa barre. C'était le comité de sûreté générale qui -
usé.
ettm attribuUon , dont il a ai largement
le Somnambulisme . sur les Martyrs par Chateaubriand (1) , sur les nombreux écrits de M. de Pradt et sur les jésuites ( 2 ) , qui furent les derniers qu'il publia. Il se proposait d'en ajouter beaucoup d'autres sur ce même sujet , quoique peut-être il en eût déjà trop donné , lorsque la mort vint y mettre un terme, le 25 avril 1828. Cette mort fut telle qu'il l'avait désirée , c'est-àdire prompte et sans douleur : il fut frappé d'une apoplexie foudroyante. Sa mauvaise santé l'avait fait souffrir presque toute sa vie , ce qui avait contribué à son instruction, loin d'y nuire. Presque entièrement privé de sommeil, il passait les nuits à lire ou à composer des pièces de théâtre ou des articles de journaux. Ses lectures n'étaient pas moins immenses que variées: ouvrages scientifiques , historiques ou simplement littéraires , il dévorait tout , et sa mémoire prodigieuse ne lui laissait rien oublier de ce qu'il avait lu (3). C'est ainsi qu'il s'était mis en état de traiter tant de sujets si opposés les uns aux autres , qu'on aurait pu croire ses articles de plusieurs rédacteurs différents. II retirait aussi de ses lectures un autre avantage : c'était le charme de sa conversation, que son bégaiement , quelque fort qu'il fût , ne pouvait détruire , et qui l'aurait fait rechercher par les sociétés les plus aimables , s'il ne leur avait préféré la solitude où il vécut presque toujours , soit à Passy , soit même lorsqu'il habitait Paris. Hoffman avait épousé la fille de Boullet, l'un des plus habiles machinistes qu'ait eus l'Opéra. 11 la perdit jeune ; mais elle lui laissa deux fils, dont l'alné, jeune homme de la plus belle espérance , était officier de chasseurs. Blessé à Waterloo, il fut fait prisonnier par les Anglais. La paix étant conclue, il allait retourner en France ; déjà même il était embarqué ; mais le vaisseau qui le portait fit naufrage dans le port où il devait mettre à la voile. Le jeune Hoffman fut jeté sur la côte et il y expira au bout de quelques instants. Son père n'apprit ce malheur que par les journaux, et, bien qu'il l'ait supporté avec un grand courage , l'auteur de cet article peut affirmer qu'il
ousce* , qu en trinquant tel uutrage viirurr xiuii-
k l'impulsion du gouvernement impérial. Ce qui Uque un peu amère , ce lut la sujet, qui »»' <*eplal- *il osât l'avouer. Toutefois il ne lut pas tout k lait
(1) Quelques personnes ont pansé dana le temps, mais ont été
bientôt désabusée* , qu'en critiquant c -t ouvrage c*lêbre Hoffman cédait rendit sa critique i sait sans qu'il osa
injuste, puisque Chateaubriand a profité de ses ob pour une seconde édition.
(21 Hoffman , homme de sens et de raison , s'était cependant laissé entraîner 4 ce ridicule soulèvement qui, aux derniers temps de sa vie , éclata contre l'ombra daa Jésuites, et dont se sont ensuitc moqués ceux mêmes qui l'avaient excité dans des vue» bien autres que le* intérêt* de la religion. Hoffman écrivit sur cela, dans le Journal du Débat; des article» dont plus tard il aurait certainement rougi, il parlait alors et il écrivait sur cette question i peu prie comme Monttosier \voy. ce nomi et tant d'autre* écrivains du parti révolutionnaire. A la An de la discussion il «a était venu au point que Henry, auteur da cette notice, la rencontra un Jour dans les Champs- hlysées, tenant un béton i la main et irappant sur le* arbres, disant qu'il cherchait un jésuite pour le corriger. Le bon Henry, qui nous a raconté le jour même cette anecdote, en était fort affligé, croyant que son ami avait tout à lait perdu la tête. M— D j.
(SI Malgré cet avantage, H faisait sur las ouvrages dont U
y tut infiniment sensible. Les œuvres d'Iloffman ont été recueillies en 40 volumes in-8°, plan qui notait pas le sien ; car il ne voulait donner en tout que quatre volumes, où il n'aurait fait entrer que quelques poésies. Quoiqu'il fût à peu près sans fortune , il n'a jamais reçu aucun encouragement du gouvernement; il n'en eût même point accepté, à moins que l'on ne considère ainsi la décoration de la Légion d'honneur , qui lui fut envoyée en 4821 , sur la recommandation de M. A lis san de Chazet , son ami. On lui offrit aussi le fauteuil académique, en l'exemptant des visites d'usage. 11 ne jugea pas que , soit comme auteur dramatique , soit comme critique , il eut mérité cet honneur. Outre les pièces dont il a été question dans le cours de cet article , voici les principales de celles (1) qu'il a mises sur la scène. Hoffman a donné au Théâtre-Français detix comédies en un acte et en vers, f Original et le Roman d'une heure: elles ont eu peu de succès, surtout la première ; mais la seconde s'est relevée et se joue fréquemment en province. Hoffm;in a fait représenter sur le théâtre de la rue de Louvois. dirigé par Picard, Grimoldi, ou le Dépositaire infidèle, comédie en trois actes et en prose. Le théâtre Feydeau a donné de lui Médée. opéra en trois actes, dont le style offre des beautés. En 1810 , il consentit (2) à ce que l'Opéra représentât A6el, tragédie lyrique en trois actes, dont le dénoùment est le même que celui de ta Mort d'A ia<!:, par Gaillard , qui parut l'avoir emprunté à Hoffman, dont la pièce avait été reçue la première ( 3 ) , et qui déduisit ses raisons dans une lettre qu'il rendit publique. Le reste de ses pièces ut porté à i'Opéra-Comique. Ce furent , outre D'Iles que nous avons nommées, le Jochei, le Secret . opéras - comiques en un acte ; la Femme de quarante-cinq ans, qu'Hoffman fit imprimer avec cette phrase : Comédie sifflet pour la première et dernière foi* , dédiée aux sigleurt ; Ariodemt, opéra ; le Jeune sage et le Vieux fou, comédie mêlée de musique ; Bim . opéra ; le Trésor iupposé, ou te Danger d'écouter aux portes ; Lisistrain , ou les Athéniennes, imitation d'Aristophane (la pièce ne fut jouée qu'une fois, le public ayant montré de la pruderie) ; le Rtndei-oout bourgeois. Enfin Hoflman a laissé en manuscrit Arbore, opéra imité de Métastase el dont le sujet est le même que celui de YArtaxerce de Detrieu fil l'avait traité bien avant ce dernier); la Tante jmloute, le Pares*eux, la Revanche, le Faux homme de lettres, la Conspiration. Silcia et Silcia, elle Directeur de spectacle , qui a été mis sur la scène sous le titre du Dilettante d'Avignon. En ouvrages polémiques, Hoffman a publié: 4» Réponte à M. Geoffroy relativement à son article sur
11) On en
(21 Consentit eet le mot propre , car il ne voulut •Miater aux répétition*, pour ne pas manquer à m «émettre jamau le» pictia »ur le Uwatxe de l'Opère.
Adrien (4) ; 2» Fin du procès des Deux Gendres, ou Histoire philosophique et aérait de f< bon et de t apothéose de Conaxa ; 5* critiques, ou Résumé de discours, diseus fions . etc., deux éditions. En 4802, il avait donné un volume
Intitulé Mes souvenirs. OU Recueil de poésies fugitive». H— T.
HOFFMANN (Gisr-a»), médecin allemand, naquit
à Gotha eu 1572. La modicité de sa fortune l'aurait empêché de continuer le* études qu'il avait commencées à Strasbourg, si Matbias Schiller, notaire de Nuremberg, n'eût pourvu pendant sept années aux frais de son instruction. Il consacra tout ce temps à l'étude de la médecine dans l'université d'Altorf, où il fit de si grands propres, qu'il obtint la pension que la faculté accordait aux étudiants distingués par leur mérite. A Padone, il étudia sous Fabrice d'Aquapendcnte. U se vendit ensuite à Baie, y reçut le bonnet de docteur en 4605, et l'année suivante se fit agréger au collège de médecine à Nuremberg. En 4607 il devint professeur de médecine théorique à Y université d'Altorf, et remplit ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 3 novembre 464». Hoffmann fut un savant helléniste; mais il se montra trop attaché aux opinions des anciens, et surtout à celle d'Aristote. Quoiqu'il aimât les ouvrages de Galien, il se déchaîna souvent avec aigreur contre ce médecin, et se fit toujours un malin plaisir de relever ses fautes les plus légères. Le nombre de ses écrits prouve sa grande facilité. Les volumes se succédaient rapidement, et toute» les matières étaient de son ressort. Parmi les vingt-six ouvrages d'Hoffmann dont les bibliographes nous ont laissé la notice, on cite celui qui a pour titre: Apologia apologies pra Germanis contra G mien um . Amberg, 1626, in-i°. L'auteur y discute, entre autres points, dans quelles maladies on doit préférer la tmgnée à ta pnrgatim. Dans son commentaire De thorace ejusque partslms, Francfort, 1627, info!., son principal objet est de concilier les sentiments d'Aristote avec ceux de Galien; mai» m partialité l'emporte toujours. On remarque, en général, que les ouvrages de ce médecin lui donnent un air d'érudition qu'il ne doit qu'aux fruits de ses lectures : car, de même qu'il a parlé d'anatomie sans avoir manié Je scalpel , il a beaucoup écrit sur la pratique, quoiqu'il n'ait guère vu de malades. Tel est du moins le jugement qu'en porte le célèbre Haller. D — v — l.
HOFFMANN (Maurice), médecin allemand, naquit en 4622, à Fursienwald en Bnndebonrg. Aucune étude n'occupa ses premières années; mais, en 1638, ayant perdu son père et sa il entra chez son oncle Noèstler, qui médecine dans la ville d'Altorf. 11 y Qt rapidement ses humanités, et se rendit ensuite à F il y cultiva principalement l'anatomie et ht
flt UMfépbque intitulée i:i,ir l#Ç m a» gnmmé
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nique. Thomas Bartholin lui attribue la découverte du canal pancréatique. Hoffmann, s'amusant à disséquer un coq d'inde, trouva le conduit du pancréas, qu'on ne connaissait point encore. Il le fit voir à Wissungus, anatomiste de Padoue, chez lequel il demeurait : celui-ci chercha ce conduit chez l'homme, et l'avant découvert, il en donna la démonstration publique ; et c'est de M que cette partie a reçu le nom de «anal de Wùtungu*. En 1043, Hoffmann prit le bonnet de docteur dans l'Académie d'Aï tnrf ; et, en 1648, il obtint la chaire d'anatomic et de chirurgie. C'est à ses soins que l'université d'Altorf doit la création «l'un jardin botanique, d'un laboratoire chimique, et d'an amphithéâtre snatoiuique. Ln 1665, Hoffmann fit ses premières démonstrations d'anatomic en public. Malgré ses divers emplois, il eut une pratique fort étendue; et plusieurs princes d'Allemagne le choisirent pour médecin. Il mourut d'apoplexie le 20. avril 1698. On connatt treiee ouvrages de cet auteur, trois sur l'anatomie, trois sur la médecine et sept sur la botanique. Le plus intéressant a pour titre : Fiora AUdorfina De tir ne tgbeeeret, Altorf, 166Î, in-4«— Sou Ois, /rua- Maurice Horr- HAjm, né en 1653, dans la petite ville d'Altorf, s'y fit recevoir docteur-médecin en 1673. En 1684, l'Académie des curieux de la nature se l'agrégea «mis le nom d'Héiiodore I, et il y monta, en 1721 , ■u rang de directeur. La réputation dlloffmann x>mme praticien s'étendit si loin qu'il se vit recherché par tes personnes du premier rang. Il fixa son séjour a Anspach, où il mourut le 31 oclobre 1727. Ce médecin a laissé sept ouvrages i il i continué les Detieia hortenset AttdorJJinœ de son >ère, Altorf, 1703, in-8*. On trouva parmi ses pa- >iers un manuscrit, qui parut à J -Il - Schulze un issez bon abrégé de médecine pour qu'il prit soin le le faire imprimer, en 1742, in-8». D — v— t.
HOFFMANN (Ixan-Jacqces), philologue, naquit i Bâle en 1633. Son père, professeur en droit à 'Académie de cette ville, lui inspira de bonne icure le goût du travail, et le dirigea dans ses •remiéres études. Le jeune Hoffmann Ht ses cours le philosophie et de théologie avec beaucoup de listirn i ion . et fut promu au saint ministère. La ai Messe de sa santé ne lui permettant pas de uivre cette carrière, il se consacra à l'enseignelient ; et après avoir donné pendant plusieurs nnées des leçons particulières, il fut pourvu , en 667, de la chaire de grec à l'Académie : il obtint elle d'histoire en 1683, la remplit avec un zèle nfatigalde, et mourut de marasme le 10 mai 1706, ans avoir jamais quitté sa patrie. Le plus connu le tous ses ouvrages est le Lexieon univertale, hit» yrico- géographie* » ckroAologico - poetieo - jihihlogium. Bile, 1677,2 vol. in-fol.; supplément, 1683, ; vol. Ce livre eut peu de succès dans le principe. lolTmann, ne pouvant déterminer son libraire à n donner une seconde édition avant que la première fût écoulée, traita avec Hackius, qui en .ublia une nouvelle ( Leyde, 1698, 4 vol. in-fol.),
dans laquelle les suppléments lurent refondus et augmentés. Le libraire de Bàle, éprouvant parla une perte considérable, poursuivit Hoffmann, qui lui promit, pour le dédommager, de lui abandonner le profit d'une troisième édition qu'il projetait; mais elle n'a point para. Ce dictionnaire est rédigé sur un plan très- étendu; mais presque tontes les parties laissent beaucoup à désirer. Les articles de géographie ancienne passent pour le* meilleurs. Le titre du livre annonce les diverses synonymies des noms géographiques tirés de vingt langues différentes. Les articles d'histoire sont superficiels et inexacts. L'auteur ne laisse échapper aucune occasion de déclamer contre la religion catholique et contre la France. On a encore d'Hoffmann : 1° Des Thètrs en très-grand nombre, mais sur des matières peu intéressantes ; 2" un recueil de vers (Poenota)t Raie, 1684, in-12; 3° Epilome metrica historiée wtivertaKt cititis et sn~ cra mb orbe cvndHo. ibid., 1686, in-12. 1*8 vers sont médiocres. Chaque pièce est suivie d'une explication en prose; 4° Hntoria 2 vol. in-12 : elle est écrite avec peu de modération; 8° Deux Mémoire, dans les MùceUanem Berok- MSfS» JL-b.
HOFFMANN (Chrétici*-Gooefroi), savant jurisconsulte, naquit en 1692 à Lauban, ville de L osa ce, où son père remplissait les fonctions de recteur du gymnase. Le moyen le plus sur de l'apaiser dans son enfance était de lui mettre un livre entre les mains , et ses parents en tirèrent nn heureux augure pour la suite. A l'âge de cinq ans, il fut placé sous la direction de Christophe-Jacob Gnnther, habile maître, qui lui fit faire de rapides progrès dans les langues anciennes. 11 suivit son père, nommé recteur à Zittau, et continua ses études en cette ville avec un grand succès. Quoique fort jeune encore, on le chargea de mettre en ordre la bibliothèque publique , négligée depuis longtemps; et il s'acquitta de cette commission de manière à mériter les éloges du conseil. Il se rendit en 1711 à Leipsiek pour faire son cours de droit ; et à la fin de l'année scolaire, H y prononça un discours très-savant : De sente eruditorum. Il avait le projet de visiter les écoles les plus célèbres de l'Europe; mais la mort de son père l'obligea de changer de dessein. H se chargea d'acoompagaer en Hollande les princes de Galit» zin ; et il profita de cette circonstance pour entendre les leçons des plus habiles jurisconsultes. Il prit ses degrés à Halle en 1716, et revint i Leipsiek, où il professa le droit naturel avec beaucoup de réputation. II succéda en 1719 à Henri de Cocceii , professeur à l'université de Frandbrtsur-COder, se montra digne de marcher sur les traces de son illustre devancier, et mourut , à 43 ans, le 1" septembre 1735. Son frère Jcan-GuiN. Hoffmann prononça son éloge public. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages en latin et en allemand. On se contentera de citer les principaux : 1» De uiiltlale ex lectione epistoUrum rirorum doc»
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torum kaurienda. Baie, 1716, in-8°. Cette dissertation précède le recueil de lettres choisies de Christ. Weis». 2° Scriptores rerum Lusaticarum aHliqui et recentiores, Leipsick, 1719, 2 roi. in-fol. Cette collection renferme des pièces assex curieuses, et devenues rares; elle est estimée. 3° Hist or m furis Romano-Justinianei ckronologica, ibid., 1720; t. 2, 1724, in-4°. On a réimprimé le 1" volume en 1734, avec des additions considérables. 4° Commeniatio juris canonici de cttmeteriu ex urbibus totlendù, ibid., 1729, in-8° ; nouvelle édition, publiée par Jean-Louis Uhl, Francfort, 1775, in-8°; 5° Sova scriptorum ac monumentorum partim rarissi m uru m, partim iueditorum roilectio, ibid., 1731-
33, 2 vol. in-4°; 6° Bibliotheca jurit publiei Germanici. tecundum materiarum argumenta, Francfort, 1734, in-8°. Il y a des exemplaires de format in-4°. Ce n'est point ici, dit Struvius, un catalogue dressé d'après d'autres ouvrages du même genre. Hoffmann ne parle que de livres qu'il avait lus et examinés : il détaille les pièces qu'on trouve dans les grandes collections, indique les auteurs anonymes qu'il est parvenu à découvrir, et ajoute a chaque article des notes littéraires et bibliographiques qui en augmentent l'intérêt. On doit regretter qu'il n'ait pu terminer cet utile travail. Le premier volume ne contient que l'indication des ouvrages qui traitent du droit public de l'Allemagne, des lois fondamentales de l'Empire, et de l'élection des empereurs. On doit encore à Hoffmann une excellente édition des traités de Pancirole et d'autres auteurs, De elarù legum interpretibus, Leipsick, 1721, in-4° (voy. Ficharu), et de nombreuses Dissertations sur différentes questions de droit. On peut consulter pour plus de détails son Éloge dans les Aeta eruditorum, anno 1736, p. 235 et suiv., et dans la Bibliothèque germanique, t. 34, p. 216. W— g.
HOFFMANN (Tvcbo), biographe, né en Danemark dans le 18' siècle, parvint au poste important de secrétaire garde des sceaux. Il était membre de la société royale de Londres. On a de lui : Portraits historiques des hommes illustres de Danemarck, remarquables par leur mérite, leurs charges et leur noblesse, avec leurs tables généalogiques, 1746, six parties en 2 volumes in-4°. Ce recueil rare et recherché est enrichi de gravures des plus célèbres artistes de Paris, de Londres, de Hollande et de Leipsick. Le papier dont on s'est servi pour les différentes parties n'est ni de la même grandeur, ni de la même qualité ; ce qui fait conjecturer qu'elles n'ont pas été imprimées dans la même ville, ni à la même époque. On doit trouver à la fin du second volume un cahier séparé, intitulé Mémoires du ci-devant grand chancelier de Dattemarek, comte de Griffenfeld, de V amiral Adeler et du vice-amiral Tordentkiold, trois hommes qui de l'état le plus humble s'élevèrent par leurs services aux premiers emplois dans leur patrie. L'ouvrage d'Hoffmann a été traduit en danois, Copenhague, 1777-79, 3 vol. in-4<». Celte édition,
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écrite dans une langue peu répandue , a sur la première l'avantage de quelques additions ; mais elle lui est inférieure sous le rapport des gravures, dont les épreuves ne peuvent qu'être très-latbles. W — s.
HOFFMANN (Frédéric), célèbre médecin de l'université de Halle, en Saxe, naquit dans cette ville en 1660 : ses parents lui firent apprendre les mathématiques; et c'est à cette science qu'il a toujours attribué ses progrès beureax et rapides en médecine. En 1680, il s'établit à Erfurt pour y étudier la chimie sous Gasp. Cramer; et l'année suivante il fut reçu médecin. Dégagé des études académiques, il se consacra tout entier au travail du cabinet. Son coup d'essai fut le traité De cinnabari antimonii, qu'il mit au jour en 1682. Cet ouvrage, réimprimé à Leyde, 1685, in-12, fonda sa réputation d'habile chimiste, qu'il accrut ensuite en professant la chimie dans les écoles de Iéna. C'est à lui que l'on doit la préparation si connue sous le nom de Liqueur anodine d' Hoffmann. remède placé au nombre des meilleurs calmants. Frédéric III, électeur de Brandebourg, ayant fondé l'université de Halle en 1693, Hoffmann fut nommé professeur primaire, et rédigea seul les statuts de la faculté de médecine. Sa renommée se répandit bientôt dans toute l'Allemagne, et de là chez l'étranger. L'Académie des curieux de la nature, celles de St-Pétersbourg et de Berlin et la société royale de Londres l'agrégèrent à leurs corps. Pendant sa résidence à Halle, il partagea tout son temps entre l'enseignement, la clinique et le cabinet; mais il interrompit plus d'uue fois ses travaux par les voyages qu'il fit dans plusieurs cours d'Allemagne, où ses succès lui procurèrent des honneurs, des titres et de grandes récompenses. Sollicité par le roi de Prusse de se fixer à Berlin, il préféra sa patrie, où il mourut le 12 novembre 1742. Hoffmann entreprit, à soixante ans, son grand ouvrage intitulé Medicina rationalù sgstematica, Halle, 1730,9 vol. in-4°, dont Bruhkr d'Ablaincourt a donné la traduction sous Je titre de Médecine raitonnée d'Hoffmann. 1739, 9 vol. in-12. Le même médecin a traduit du latin d'Hoffmann un Traité des fièvres, Paris, 1746, 3 vol. in-12; la Politique du médecin, ibid., 1751, in-12; et des Observations sur la cure de la goutte et du rhumatisme. L'édition complète de ses œuvres a été publiée, avec une vie de l'auteur, sous ce titre: Hoffmanni opéra omnia medico-phusica cum suppléments, Genève, Détournes, 1740 à 1753, onze parties in-folio. On trouve des observations intéressantes dans cette énorme compilation , où l'on » recueilli fort inconsidérément des thèses acadé-
était d'un caractère doux et modéré. Ses disputes littéraires avec Stabl, autrefois son ami, et depuis son émule, ne le firent jamais sortir des bornes de la politesse. Il soutint hautement la doctrine du mécanisme, que n'approuvait pas son adversaire; mais il la soutint avec celte aménité qui
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devrait toujours régner parmi les gens de lettres. On lui reproche <l'avoir un style lâche et diffus, d'exposer fort longuement des choses triviales, et d'être sujet à se répéter, même dans les traités dont il a dirigé l'impression. Malgré* ces défauts, Hoffmann mérite jusqu'à certain point la réputation qu'il a obtenue. Il connaissait à fond la médecine; et de plus, il était grand praticien. On doit lui saroir beaucoup de gré de ses aveux en faveur des remèdes simples et domestiques. « J'af- « firme avec serment, dit-il, que dans ma jeunesse « je courais avec ardeur après les remèdes chimi- « ques ; mais avec l'Age j'ai été convaincu que « fort peu de remèdes, bien choisis, tirés même « des substances les plus viles en apparence, sou- « lagent plus promptement et plus efficacement * les malades que toutes les préparations chimi- « ques les plus rares et les plus recherchées. • Lorsqu'il était consulté par ces personnes inquiètes qui se médicamentent pour éviter des maladies, il leur disait: Voulet-vous conserver votre santé? Fuye* ht médecins et Us remèdes. D — v — l.
HOFFMANN (Christophe-Louis), né en 1721 à Rhéda, en Westphalie, d'abord médecin de l'évêque de Munster et de l'électeur de Cologne, passa, en 1787, dans la même qualité, auprès de l'électeur de Mayence. Ce prince lui confia la direction du collège de médecine. Lorsque l'électorat eut cessé d'exister, Hoffmann se retira dans la petite ville d'Eltviel sur le Khin, où il mourut le 28 juillet 1807. Il a laissé plusieurs écrits qui jouissent en Allemagne de l'estime des savants. Le système qu'il cherche à y établir est d'autant plus remarquable, qu'il s'écarte presque entièrement de ceux de Boerhaave, de Stahl et de Frédéric Hoffmann. Une de ses idées favorites était de former un tout de la réunion de la pathologie humorale et de la pathologie nervale. II prit pour base de son système la sensibilité et l'irritabilité des parties solides, et la corruption des humeurs comme principe d'irritation. Q voyait dans la fermentation ou la putridité des humeurs, la source de la plupart des affections morbifiques. La putridité, principalement, est, selon ce médecin, la cause première de toutes les fièvres malignes et même inflammatoires ; c'est elle qui attaque les entrailles dans l'hypocondrie, les os dans le scorbut, et les articulations dans la goutte. Les gens de l'art trouveront d'amples développements du système l' Hoffmann dans ses ouvrages, écrits presque tous ■il allemand : 1° De la sensibilité tt de Cirritation Us parties malades; 2° Du scorbut et de la maladie Ténérienne; 3° Des vertus médicales du mercure; 1° Traité de la petite vérole, 2 vol. m -8°; 5° le Magnétiseur (der Uagnetist), Francfort, 1787, in-4°. >d trouve encore diverses dissertations de Chrisophe Hoffmann dans les Mémoires du collège de nédecine de Munster (en latin). S — v — s.
HOFFMANN (Jeah-Godetrot), écrivain et homme l'État allemand, naquit à Breslau le 19 juillet 763. Après avoir fait ses études de droit à Hall XSL