‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 80 sur 106 · K HOC · texte numérisé non relu

K HOC

quelle vaine phraséologie répondaient tantôt les , états généraux , tantôt les états de Hollande. Pendant ce temps où des deux côtés l'irritation était montée à son apogée , Hogendorp , au péril de sa vie, continuait plus activement que jamais ses allées et venues, et maintenait en communication les uns avec les autres les divers foyers du parti. Enfin, quand, tout espoir de conciliation évanoui, l'intervention fut imminente, il se rendit à Clèves auprès du généralissime prussien, le duc de Brunswick, qui accélérait les préparatifs de la campagne; il lui prodigua sur le nombre, sur les ressources, sur les dispositions des insurgés des notions de la dernière exactitude; puis il l'accompagna dans cette marche triomphale et pacifique que les Prussiens firent bientôt de Nimègue aux portes d'Amsterdam. Seule, cette ville opposa quelque résistance, et seule Gysbert l'avait dé-

Seinte comme opiniâtre et redoutable. Réintégré ans la plénitude de son pouvoir, et vengé de ses ennemis par la destitution et la sentence d'incapacité lancée sur dix-sept des régents coupables de l'arrestation de sa femme, le stathouder, en faisant usage du droit que lui donnèrent pour cette fois les états généraux de nommer aux

{>ostes vacants, récompensa le dévouement et 'adresse de Hogendorp en l'investissant de la place importante de pensionnaire de Rotterdam. Les pensionnaires des grandes villes de la Hollande avaient toujours joui d'un grand crédit dans la république. Hogendorp usa de toute l'influence de sa position, d'un côté pour atténuer l'esprit de discorde et faire tomber les préjugés des ennemis du stathoudérat, de l'autre pour effectuer des améliorations réclamées également par tous les partis. Il fit ainsi preuve de talents administratifs d'un ordre élevé; il s'acquit l'estime même et le respect des adversaires de la maison d'Orange par l'élévation de son caractère, la netteté de ses conceptions, la ténacité avec laquelle il s'attachait à l'accomplissement de ses plans. On l'eut jugé encore bien plus redoutable, si l'on eût connu chez lui cette inébranlable fermeté qu'il possédait au suprême degré, cette impassibilité que nul revers ne décourage et qui finit par lasser la fortune. Hogendorp, toute exagération à part, était une de ces âmes énergiquemenl trempées que rien ne brise et qui, lorsque le bonheur d'une nation veut qu'elle les ait à sa téte en un jour de crise, la sauvent d'une ruine qui semblait inévitable. Malheureusement pour la maison «l'Orange, il n'avait point entre ses mains le gouvernail, et, quoique son poste à Rotterdam bu donnât moyen d'agir, il tournait toujours dans une sphère subordonnée et partielle : ses efforts isolés ou mal secondés ne pouvaient produire de grands résultats. L'inimitié des antistathoudériens réduite au silence par l'intervention prussienne n'était que comprimée momentanément; le contre-coup de la révolution française ie faisait sentir. Guillaume V ne manqua pas de

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