‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 84 sur 106 · FOL · texte numérisé non relu

FOL

Raou Holkar survécut peu à cet Wwmmt. Inconsolable d'avoir perdu son fils unique Khandi- Raou, il mourut en 1765, arec la réfutation du chef le plus hardi et le plus habile des llahrattes a cette époque, et laissant des possessions évaluées à soixante-quinze millions de roupies. Son petit-fils, Mali-Raou , encore mineur, fut reconnu par le peïehwah ponr son successeur dans son djaghir ou fief; mats il mourut avant d'avoir atteint sa majorité, et sa mère, Ahiliah-RhaT, veuve de Khandi-Raou, dirigea l'administration, et s'associa Takoudjy Ilolkar, son parent, qui n'appartenait pas à la famille de Molhar-Raou (rojr l'article suivant). A — t.

HOLKAR (Takohdjt oo Tosabot), placé en 1767 à la tête de l'armée des États mahrattes d'Indour, dans le Mnlwah , en fut virtuellement le souverain. Il les gouverna avec autant de talent que de bonheur, et il s'honora surtout par la reconnaissance et les égards qu'il ne cessa de témoigner à sa bienfaitrice Ahiliah-Rhal. Cette princesse, qui avait fini par lut abandonner toute I autorité, après avoir longtemps fait les délices de ses sujets par sa justice, sa munificence et son inépuisable bienfaisance, conserva jusqu'à sa mort , en 1795 , les prérogatives et les honneurs de la royauté , et sa mémoire est encore en vénération parmi les Mahrattes dv Malv/ah. Dès l'année 1770, Takoudjy et d'autres chefs mahrattes (roy. SmoiAii), se joignirent à Nadjib-ed-Daolah , vizir de l'empire moghol et prince de Rohilkend, pour chasser les Seiks de la province de Dou-ab; mais la mort du vizir fit avorter cette entreprise. En 4772 Takoudjy Holkar se joignit encore à Madadjy Sindiah et a d'autres princes de sa nation pour profiter des troubles que la mort de Nadjibed-Daulah avait suscités à Dehly et dans le Rohilkend, où il s'empara d*Etayah et de quelques antres districts. Le nouveau vizir (voy. Chouwaa- En-DoFLAn) appela les Anglais, et à leur approche les Mahrattes se retirèrent après avoir ravagé le Rohilkend. Ils revinrent l'année suivante commettre les mêmes dégâts , et ils s avancèrent jusqu'au Gange, d*nù ils furent repoussés par l'artillerie anglaise. Mais ces invasions hâtèrent la ruine des Rohtllahs et le démembrement de leor pays. En 4774 Holkar lut un des membres du conseil de régence du gouvernement mahratte de Pounah , et il prit part à une nouvelle guerre des Mahrattes contre les Anglais, qui cette fois étaient les auxiliaires de Rakoubah (eoy. ce nom), usurpateur de la dignité de peïehwah et assassin de son prédécesseur, dont l'enfant posthume , Madbnu-Raou, avait été reconnu peïehwah. Une victoire remportée en 1775 près de Pounah , par les Mahrattes, n'empêcha pas la continuation des hostilités , qui ne furent suspendues qnc par un traité de paix , négocié en 1776 par le gouvernement de Calcutta ; elles recommencèrent en 1 778 avec des succès variés. Vainqueurs à Wergaoun I , Holkar et Sindiah furent battus

en 1782 par le colonel Goddard , qui venait de s'emparer d'Ahmed-Abad , capitale du Goudzerât; mais bientôt la guerre rpic les Anglais soutenaient dans la péninsule de l'Inde contre Ilatder-Aly et les Français les détermina a faire la paix avec les Mabrattes. Ceux-ci auraient obtenu des conditions plus avantageuses, s'ils eussent été aussi unis entre eux que braves contre l'ennemi ; ils recouvrèrent néanmoins presque tous les territoires qu'ils avaient perdus par le précédent traité, et l'indigne Rakoubah, qui leur fut livré, mourut peu d'années après dans la forteresse de Koupergong, où il avait été confiné. En 1786 Takoudjy Holkar soutint la révolte du nabab de Savanour contre le sultan Trppou , son suzerain, dont l'armée fut vaincue. En 1792 il introduisit la discipline et la tactique européennes dans son armée et y forma quatre bataillons d'infanterie régulière , commandés par le chevalier Dudernec. Ces corps sauvèrent son armée, l'année suivante, à la bataille de Lackaïri, qu'il perdit contre I Sindiah ; mais ils y furent presque entièrement détndts. Malgré sa défaite, Holkar donna tousses soins à réorganiser ces corps, afin de pouvoir lutter avec moins de désavantage contre son rival (votf. Sindiah et Roicxe). La décadence de la puissance des Mahrattes date néanmoins de l'introduction de l'infanterie et de l'artillerie dans leurs troupes. Cette innovation les entraîna dans des entreprises téméraires et désastreuses. D'ailleurs le caractère et les habitudes de cette nation sympathisaient mieux avec les rapides mouvements de sa cavalerie, qui, même après une défaite, pouvait par ses ravages détruire !<>s ressources de l'ennemi. Holkar dans son organisation militaire avait adopté le système des partisans, où les troupes et les équipages sont la propriété du commandant. Ce système ne valait pas celui de Sindiah , qui se rapprochait davantage de l'organisation européenne. Les affaires de Holkar commencèrent à décliner, par suite de la dernière guerre et des divisions qui éclatèrent dans sa famille. I) était cependant soubah-dar du Malwah, possédait dans l'Hindoustan et le Dekkan une vaste étendue de pays, et pouvait mettre encore en campagne 50,000 hommes de cavalerie et 6,000 d'infanterie, dont le commandant français avait un traitement de trois mille roupies (7,500 francs) par mois. Takoudjy prit part à une guerre des Mahrattes , en 1794, contre Nizam- Aly, soubah-dar du Dekkan ; mais il ne figura point dans la révolution par laqnelle Daulab-Raou Sindiah, neveu et successeur de Madadjy, s'empara en 1796 de la personne du jeune peïehwah, Kadja-Raou, fils de Rakoubah, et lui substitua Appa-Raou , son frère. On l'accusa de perfidie et de trahison; il est plus vraisemblable qu'il ne voulut point servir l'ambition d'un rival qui n'avait pour but que de devenir le souverain de tous les Etats mahrattes. En efTet il contribua à la nouvelle révolution qui délivra Radja-Raou et

HOL

le rétablit sur le trône de Pounah, le 27 octobre 17%, et il fut membre du conseil de régence pendant la minorité de ce jeune prince, qu'on crut regarder comme le dernier pelcbwah. Ilolkar mourut après un règne de trente et un ans , vers la lin de 1797, laissant deux fils légitimes, Khasseb-Raou et Molhar-Raou, et deux fils naturels, Witoudjy ou Ethodjy et Djeswent-Raou , qui furent tous appelés à Pounah, à la mort de leur père. Kbasseh, difforme, méchant, débauché et d'une intelligence très-bornée, fut d'abord sous la tutelle de son cousin Rappou Ilolkar, qui voulait s'en servir pour satisfaire sa propre ambition. Mais les grands méconnurent l'autorité de l'un et de l'autre. Les trois autres (ils de Takoudjy, mécontents de leur partage , firent valoir leurs droits. Sindiah , sous prétexte de défendre les intérêts de l'héritier légitime , s'empara de presque tous les Étals de la famille Ilolkar et les gouverna comme régent au nom du jeune Khan-di-ltaou , dont le père, Molhar-Raou, avait péri dans un combat ou par un assassinat. Witoudjy et Djeswent parvinrent à s'échapper, et l'on verra dans l'article suivant le règne de ce dernier, ainsi que la fin des aventures de tous ces princes et celle de la dynastie Holkar. A— T.

IIULKAR (Djeswest-Raoc), fameux prince mahratte que l'orientaliste Langlès a confondu avec son père dans la Biographie des vivants , et avec son fils dans la Biographie des contemporains , est le dernier de sa famille qui ait été puissant et célèbre. Dès la fin d'octobre 17% il avait par sa bravoure terminé la révolution qui rétablit le jeune Badja-llaou sur le trône de Pounah, en emportant l'épée à la main le dernier poste que défendait le ministre ambitieux qui retenait prisonnier le jeune peïchwah. Echappé avec Wiloudjy au désastre île leur frère Molhar-Raou, ils se retirèrent dans le Dekkan. Wiloudjy, après y avoir mené quelque temps une vie aventurt use et misérable, fut surpris en maraude et conduit à Pounah, où par ordre de Sindiah il souffrit une mort cruelle et ignominieuse, ayant été traîné dans les rues attaché au pied d'un éléphant. Djeswent crut trouver asile et protection à la cour du radjah mahratte de Nagpour, qui le fit

Serfidement arrêter. U parvint à s'évader au bout e six mois et erra pendant plus d'un an. L'énergie de son caractère, que l'adversité ne fit qu'exalter encore , la considération qu'on avait pour son nom et sa famille, lui attirèrent bientôt de nombreux partisans et le mirent en état de signaler la haine qu'il avait vouée au meurtrier de ses frères. 11 commença donc la guerre contre Daulah-Raou Sindiah. La réputation qu'il obtint par ses premier « succès, et surtout par sa brillante valeur, fit passer sous ses étendards, en 1801 , l'armée entière de son frère kbasseb-Raou , et même les

Îuatre bataillons d'artillerie avec leur com manant D idernec. Il se déclara alors régent au nom de soi» neveu Khandi-Raou, qui était entre les

HOL

mains de Sindiah , et il se flatta aussi de à la régence que ce dernier avait usurpée à la cour du jeune peïchwah ; il comptait sur les intelligences qu'il entretenait avec Imret-Raou et sur la coopération de ce fils adoptif du fameux Rakoubah. Après une victoire remportée sur son rival, dont il détruisit presque toute l'infanterie régulière près d'Oudjein , il essuya à son tour une défaite près d'Indour, sa capitale, qui fut prise et saccagée par les vainqueurs. Forcé par la nécessité de faire subsister son armée, il pillait indistinctement amis et ennemis, et il ruina une grande partie du territoire de Sindiah et du peïchwah. Comme ses ressources commençaient à s'épuiser et qu'il craignait la défection ou la révolte de ses troupes, il les mena piller la riche cité de Hutlam, puis le Radjpoutanah, d'où revenant sur ses pas, il dévasta et mit à contribution la province de Candeich; et poussant ses ravages jusqu'aux environs de Pounah, il y gagna le 28 octobre 1802 une bataille décisive sur l'armée de Sindiah et du peïchwah, qui prirent la fuite. Maître de cette capitale, Holkar, prévoyant sans doute qu'il ne pourrait s'y maintenir, fit abattre plusieurs maisons qu'il soupçonnait contenir des trésors enfouis, et en effet il y en trouva beaucoup. Ménageant le palais, il se contenta d'en enlever les effets les plus précieux, les armes et les éléphants. La misère fut si grande dans celle ville , pendant son séjour, et son autorité si faible sur les Afghans qui étaient à son service , qu'ils égorgeaient souvent des bœufs, animaux sacrés pour les Mahrattes et les seuls dont la chair leur soit interdite par leur religion. La prise de Pounah et la retraite du peïchwah à Raçaïn , ville de la présidence de Bombay, avaient mis Holkar en contact avec le gouvernement britannique. La querelle entre ce prince et son rival ne pouvait être indifféren te aux Anglais, qui, n'aspirant qu'à détruire l'empire mahratte, feignirent de s'intéresser à son chef titulaire, afin d'y fomenter la discorde et d'y faire des conquêtes faciles. Ils firent signer au peïchwah , le 51 décembre, un traité d'alliance par lequel ils s'engagèrent à lui fournir six bataillons et le secours de leurs alliés, afin d'affaiblir l'influence de Holkar, dont ils ne redoutaient pas moins l'ambition que celle de Sindiah. Holkar avait déterminé le radjah de Sattarah , issu du fondateur de l'empire mahratte (voy. Sedwadjt et Saholdjï) , à donner l'investiture de la dignité de peïchwah à VenaQi- Raou, lorsqu'un corps de troupes anglaises envoyé de llaïder-Abad , avec un corps de troupes du Nizam, s'élant joint à une colonne partie de Maïssour, sous le commandement d'Arthur Wellesley (depuis duc de Wellington), qui prit le commandement de toute l'armée, s'empara sans résistance de Pounah , où le peïchwah Badja-Raou fit sa rentrée le 6 mat 1803. Holkar s'était replié sur Tchandor, laissant un corps de Mahrattes qui aurait incendié Pounah sans le prompt du général anglais. L'intérêt

HOL

les chefs mahrattes, qui se détestaient, et les engagea à mettre On à leurs discordes et à s'unir contre l'ennemi commun. Holkar, moyennant la cession de plusieurs territoires et l'abandon en sa faveur de la tutelle de son neveu Khandi-Raou par Sindiah, vendit son alliance ou plutôt sa neutralité; car, bien qu'il eût promis sa coopération , il ne prit aucune part à la guerre que commencèrent Sindiah et le radjah de Nagpour, et il apprit sans regret leurs revers et leur paix honteuse. Mais ensuite , soit qu'il craignit la destruction totale de l'empire mahratte, soit qu'il eût la présomption de battre les Anglais après avoir vaincu Sindiah , il fit seul une levée de boucliers, et alla exiger des contributions dans le pays des Radjpouls, cédé par son rival aux Anglais, en attendant l'effet d'une coalition générale qu'il provoquait contre eux dans le nord de l'Inde. Un détachement de leurs troupes, sous les ordres du colonel Monson, s'étant imprudemment avancé dans le Malwah, fut battu, poursuivi et harcelé dans sa longue et désastreuse retraite, en juillet 1804, par Holkar, qui ne renvoya les prisonniers qu'après leur avoir fait couper le nez et la main droite. Encouragé par ce succès, il osa former de plus grandes entreprises, et négligeant de secourir ses États dans le Dekkan et sa famille dans Indour, il tenta de s'emparer de Dehly et de la personne du Grand Moghol (coy. Chah Aalem). Repoussé par la garnison anglaise, il entra dans le Dou-ab, menaçant toutes les possessions récemment cédées par Sindiah au gouvernement britannique. Mais surpris le 17 novembre devant Ferakh-Abad, par le général Lake, après avoir essuyé une décharge de mitraille, il se sauva avec quelques cavaliers, abandonnant son armée, qui t la fuite sur tous les points. Holkar essuya ntôt deux autres revers; il perdit la ville de Tchandor dans le Dekkan et la bataille de Dig, où le général Fraser, vainqueur, fut blessé mortellement. Uolkar s'était réfugié dans la forteresse de Dig, qui appartenait au radjah de Bhurtpour, l'un des principaux chefs des Djâts. Avant que la place fût emportée d'assaut, le 23 décembre , il en sortit , mais il laissa son artillerie. Quoique son armée de 90,000 hommes, dont 19,000 d'infanterie et 7,000 d'artillerie, eût été réduite à 50,000, il continua les hostilités, soutenu par les radjahs de Bhurtpour et de Bundelkand. 11 repoussa dans Bhurtpour plusieurs assauts des Anglais ; mais après une seconde défaite, essuyée le 2 avril 1805, il fut délaissé par ses deux alliés : l'un fit sa paix particulière ; l'autre, écras<f par les Anglais, fut abandonné par ses troupes. Enfin, ne possédant plus que ce qu'il portait sur la selle de son cheval, Holkar s'avança au nord-ouest de Dehly, suivi d'une bande de misérables, vivant de pillage et traînant une soixantaine de canons, la plupart hors de service. 11 arriva dans le pays des Seiks, espérant mettre dans ses intérêts Rundjet-Sing, roi de

HOL Si9

Lahor. Si l'apparition subite de l'armée du général Lake empêcha les Seiks de fournir au prince mahratte des secours d'hommes et d'argent , du moins lorsque, arrêté dans sa retraite à travers le Pendjab par le fleuve Beyah, il eut recours à leur médiation , il obtint la paix, qui fut conclue le 21 décembre à Radjipour-Ghât. Quoique par ce traité il n'eût cédé aux Anglais que Tchandor et quelques territoires maritimes dans le Dekkan , il hésita encore et n'en envoya la ratification que le 6 janvier 1806. De retour dans le Malwah par la route qui lui avait été tracée, il mérita, vu ses dispositions amicales, la restitution de la plupart des pays qu'il avait cédés, et il se serait trouvé à peu près dans la même position qu'au commencement de la guerre, si la perte de ses possessions maritimes n'eût entravé ses relations avec les nations étrangères. Néanmoins les Anglais le craignaient et le ménageaient plus que Sindiah. Bientôt, pour se délivrer de la crainte d'un rival dans la personne de son frère Khasseh-Raou , qui était son prisonnier, il le fit périr, et il ne tarda pas à se défaire de sa veuve, qui était enceinte. Il fit aussi empoisonner son neveu Khandi-Raou, âgé de 1 1 à 12 ans. Il s'occupa ensuite de réorganiser son armée , avec une ardeur, une activité qui altérèrent sa raison. Sa férocité naturelle, augmentée par la vie agitée qu'il avait longtemps menée, rendit son aliénation mentale incurable. Le 1" mai 1808, Mir-Khan, un de ses généraux, s'empara «le sa personne au milieu de son camp et le relégua dans un appartement reculé. L'infanterie régulière ayant manifesté des intentions séditieuses, et pointé ses canons contre le principal corps d'armée, les ministres coururent implorer la protection de Mir-Khan, qui les fit arrêter. La régence de l'Etat et la garde de Holkar furent confiées à Toulsa-Bhaï, sa favorite; cette femme adopta Molhar-Raou, qu'il avait eu d'une autre concubine , et le fit reconnaître souverain. Djcswent-Haou-Holkar mourut à Bampourah, le 27 octobre 1811, Quoique privé d'un œil, ce prince avait la physionomie agréable; sa conversation était animée; ses manières affables et ouvertes contrastaient avec les cruautés qu'il exerçait sur ses prisonniers. Son caractère bizarre et capricieux l'entraînait toujours dans les extrêmes, et il se montrait tour à tour généreux et barbare. Quelquefois il était somptueusement vêtu, resplendissant de perles et de diamants ; un autre jour on le voyait sur son cheval sans selle avec un habit grossier serré par une ceinture. — L'anarchie ne tarda pas à déchirer et à démembrer les États de Holkar. Plusieurs de ses vassaux se rendirent indépendants. Toulsa-Bhaï, détestée à cause de ses vices, fut massacrée dans une émeute en 1817. Molhar-Raou voulut profiter de cette circonslance et de l'invasion des Pindaris (les Cosaques de l'Inde) dans les possessions britanniques pour provoquer une coalition générale contre les Anglais; mai» la défection du peïchwah

530 HOL

et de quelques autres chefs, séduits par îenrs promesses, lui fit perdre la bataille de Mahidpour, puis en 1849 les deu* tiers de ses États et son indépendance, n'ayant conservé le titre de radjah d'Indonr que sons ta suzeraineté de la compagnie anglaise, qui depuis l'en a dépossédé. A — T.

HOLUND(rhwaT), biographe et libraire anglais, sur lequel on n'a que des renseignements trèsincomplets. Kœnig (Ai*/. rHut et nova) le confond avec Henry Holland , théologien catholique, qui se retira dans les Pays-Bas pour y suivre plus librement l'exercice de la religion, et dont on a quelques ouvrages (1 ). Celui qui fait le sujet de cet article était un protestant très-aélé. Désirant, comme il nous l'apprend lui-même, rendre un juste hommage à ceux de ses compatriotes qui •nt le plus contribué à soustraire la Grande-Bretagne au joug de la cour de Rome, il n'imagina pas un meilleur moyen que de publier les vies de de ces illustres personnages avec leurs portraits exécutés par les artistes les plus distingués. Ce fut ce qu'il Ht dans l'onvrage intitulé : Heroologia mgtica , hoc est tlarimmonm et dortistimorum aliqiiot Anglorum qui Jtorwrunt ab auno Chriiti M. I> unjne ad présentent annum M. DC, XX. riva effigies, n/.f et elagùt (Arnheint), petit in-fol. de HO pages, Il feuillets préliminaires et 1 feuillet pour la table. Ce volume rare et recherché' contient soixante-quatre portraits graves par Crispin de Fasse; l'ouvrage ne laisse rien à désirer sous le rapport des gravures; mais H n'en est pas de même du texte, imprimé très-incorrectement. Il est divisé en deux parties ; la première est dédiée au roi Jacques et la seconde aux Académies d'Oxford et de Cambridge. Holland y témoigne le regret de n'avoir pas étudié dans l'une de ces célèbres universités. On connaît un second ouvrage de Holland, ou plutôt publié par ses soins et à ses frais. C'est un recueil des portraits des rois d'Angleterre, depuis la conquête des Normands, intitulé Baiilicotoyia. ti bookof Kings, etc., Londres, petit in-fol. Ce volume contient vingtquatre beaux portraits sans texte. M. Brunei en parle avec détail dans la troisième édition de son Manuel du libraire ; il est encore plus rare que le précédent. Holland est l'éditeur des OEuvres th éologiquet (en anglais) de Richard Greenham , Londres, i(M2, in-fol. W— -s.

HOLLAND (Heîirv Fox, premier lord), homme d'État anglais, père du célèbre C.-J. Fox (voy. ce nom), naquit en t70t>, du second mariage de sir Stephen Fox (2) avee Cbristiana, fille du révérend

les Mi

HOL

Charles Hope. Élevé à Éton avec W . Pitt , devenu depuis comte de Chatham, dont il fut toute sa vie l'antagoniste, même lorsqu'ils se trouvèrent réunis dans la même administration , il se fit distinguer comme PHt par ses connaissances classiques ; il était comme lui cadet de famille et plein d'ambition, quoique à presque tous les autres égards ils fussent entièrement opposés. Fox, doué d'une constitution robuste et vigoureuse, eut une jeunesse peu exemplaire. Après avoir dissipé la plus grande partie de son patrimoine, il se rendit sur le continent pour échapper aux embarras qu'a s'était lui-même créés. A son retour, il obtint en 1735, par le crédit de sa famille, un siège au parlement, où il représenta le bourg de Hendon. A peine entré dans la chambre des communes , il se déclara le partisan enthousiaste de Walpole, qui tenait les rênes du gouvernement, et devint en 1737 inspecteur général du bureau des travaux. Sa réélection à la chambre des communes ne souffrit pas de difficulté, et dans le nouveau parlement, convoqué le 23 juin 1741 , il représenta la ville de Windsor, tout en conservant l'emploi que Walpole lui avait fait donner. B saisissait toutes les occasions de témoigner sod dévouement à ce ministre en défendant ses actes à la tribune. Dans les premiers jours de mars 1712, lord Limmcrick ayant fait une motion pour demander qu'un comité d'enquête fût nommé à Peffet d'examiner la manière dont les affaires de l'Étal avaient été conduites pendant les vingt dernières années, el William Pitt l'ayant vivement appuyée, Fox l'attaqua avec non moins de chaleur , et parvint à la faire rejeter. Il ne fut pas aussi heureux lorsque , quelques jours après , lord Lirnmerick présenta une nouvelle motion dans laquelle il restreignait la demande d'enquête aux dix dernières années de l'administration de Walpole ; car, malgré l'opposition de Henry Fox et des antres partisans du ministère , la motion fut adopt-. e. Walpole , dégoûté de ces attaques sans cesse renouvelées, résigna toutes ses places, et il est probable que l'entrée de ses adversaires politiques au pouvoir força également Foi à se démettre de celle qu'il occupait. Quoi qu'il en soit, ses amis ayant repris, en 1746, les rênes ân

(!) On trouve une notiee sur < lituraireê de Paquet, t. 3, p. 171.

[4 Kir Stephen Fox, né vers 1627 dans lo comté de Wilt, se montra i*lé partisan de» Staart» 8a fidélité envers ton souverain était devenue proverbiale , et ce (ut vainement, dit un biographe anglais, que Crumwcll fit les plu* grand» efforts pour la séduire. A la restauration, Cnarlee II le crwi chevalier, le ttt entrer dans son conseil prisé , cl lui permit d'ajouter i perpétuité i ses armes une fleur de lis détachée de. arme» royales.

, de l'oubli et ! a

rendre ebért à tas compatriote», c'est son excessive bii

Il fonda an effet trou hôpitaux : l'un à Foxlcjr, dan* le emuà de WHt; le second i Brome, dm» le HorfoîV , et le treille i Ashby, dans le comté de Northamptan , il conçut en outre ttds* de l'hospice de Chelsea pour les soldats invalides , « ne pouvant, h disait-il , supporter la rue de pauvres soldats qui avaient u*e m leur» farce» m service du pays demandant l'aumicr de perte « eu porte. » Il a 1 1 c t a près de l'ancien col Irge de Cisciaca quelques terrai ne qni avaient été dévolu» 4 la couronne sou» le rè^se de Jacques I*r et tut lesquels le nouveau cel i<<ge a été construit, et contribua a son étab'.ivaement pour une tomme de treue wiU livre» sttrtinir tplusde &K),flCC- li \.X\ mourut le 28 octobre 171*. i l'âge de ans, universellement regretté, et apte» «voir ea le bonheur de voir terminer l'hospioe du Chcisca, qui lui fiai en 1690, ainsi que le constate l'inscri tion suivante qui existe ea» cure ; u 7a ntottrfiem tt ireuism tmtrtfor-nm seave eVitofe* m /ractontm coiUidif Carolus «citadin, euxii Jacenmt <«..»u dut , ptrficere Guhelmuttt Maria, rtx et rtg ma, M DC. XC » Sir fcHepheas Fox eut de son fécond

, deux fil. ,

gouvernement , après la courte administration de Granville, Fox fut nommé secrétaire de la guerre, et il prêta serment comme membre du conseil privé. Après la paix d'Aix-la-Chapelle (1748), le bill sur les gens de mer (teamen't bill) , présenté par le ministère pour amender, expliquer et réduire en un seul acte du parlement toutes les lois concernant la marine, fut considéré , par les marins surtout, comme calculé seulement dans l'intention de soumettre les officiers en demisolitc à la loi martiale. Us crurent y voir la destruction de leurs privilèges et de leurs libertés; aussi trois amiraux et quarante-sept capitaines signèrent-ils à cette occasion une pétition pour demander d'être autorisés à exposer leurs griefs devant le parlement par l'intermédiaire d'un ronseil. Le ministère, se confiant en ses propres forces et dans l'habileté de YV. Pitt, alors payeur

général, de Littleton et du secrétaire de la guerre enry Fox , s'y opposa vivement , et parvint à la faire rejeter à une grande majorité. La mort du prince de Galles (père de George III) , arrivée en 1751 , fut fatale au bill qui avait été porté à la chambre des communes pour naturaliser tous les protestants étrangers qui s'établiraient dans les domaines de la Grande-Bretagne. Cette mesure libérale, impopulaire en Angleterre, quoique fortement soutenue par le chancelier de l'échiquier, par W. Pitt et par Littleton, fut si vivement combattue par le comte d'Egmont et par H. Fox, secrétaire de la guerre, que le ministère, dont les membres se trouvaient ainsi divisés sur celte question, fut contraint de l'abandonner. Fox soutint au contraire l'administration , lorsque , à l'occasion de l'élection d'un député à Westminster , le grand bailli fut attaqué comme ayant agi avec partialité et contrairement aux lois. Mandé à la barre de la chambre des communes, l'opposition ne voulait pas que le grand bailli fil connaître les auteurs des délais qui avaient entravé l'élection et les causes de ces délais ; mais II. Fox et les ministres prétendaient qu'il devait répondre à la question , sans doute concertée d'avance , qui avait été faite à ce sujet au grand bailli. Ils remportèrent, et le conseil de sir George Vandeput , l'un des candidats , principal instigateur de toutes les manœuvres et accusé d'avoir parlé de la chambre d'une manière irrespectueuse, dut fléchir le genou et fut réprimandé dans cette position humiliante par l'orateur. A la mort de sir Henry Pelham («oy. ee nom), arrivée en 1751, le duc de Newcastle, son frère, lui ayant succède* comme premier lord de la trésori rie, le poste de chancelier de l'échiquier, que Pelham occupait également, se trouva vacant. Henry Fox et W. Pitt, tous deux dans la force de l'Âge, tous deux ambitieux, ayant commencé leur carrière politique presque en même temps, aspirèrent tous deux à diriger les débats de la chambre ties communes. Pitt l'emporta , mais il ne tarda pas à se retirer par suite de dissentiment d'opi-

nions avec ses collègues. Quoique rarement d'accord avec Fox, il se réunit cependant à lui en 1755 pour attaquer presque toutes les mesures adoptées par le secrétaire d'État Thomas Robinson, honnête homme, mais ministre inhabile, qui dut résigner et auquel Fox succéda au mois de novembre de la même année. U occupait ce poste lorsque, en 1756, les Anglais s'étant erapar s es pleine paix et sans déclaration de guerre de deux navires français, M. de Rouillé, secrétaire d'État des affaires étrangères de France, se plaignit vivement de cet acte de violence, demanda la restitution immédiate des bâtiments capturés et de leurs cargaisons, sauf à s'entendre ensuite sur les satisfactions ultérieures qu'il pourrait réclamer. Fox refusa positivement la restitution préalable comme condition préliminaire, et la France paraissant vouloir tenter une invasion en Angleterre, le ministère annonça aux chambres qu'il avait requis de la part du roi l'introduction d'un corps de troupes hessoises, et qu'il avait pris tous les moyens pour leur transport en Angleterre. Cette mesure, que les circonstances nécessitaient, fut non-seulement approuvée, mais Fox fit adopter en outre, à une grande majorité, dans la chambre des communes, l'introduction en Angleterre de douze bataillons de troupes de l'éleclorat de Hanovre, ce que la chambre des lords approuva aussi à l'unanimité. H. Fox, qui en 1756 avait abandonné le poste de secrétaire de ta guerre à W. Pitt , fut nommé en 1757 payeur général des troupes, fonctions qu'il exerça jusqu'à la fin du règne de George II (1766). Pour reconnaître les services qu'il avait rendus à l'État, George III, peu d'années après son avènement au trône (6 mai 1762) , créa baronne Holland Caroline Lennox , fille du duc de Richtnond, que Fox avait épousée en 1741, et, le 16 mai de l'année suivante (1763) , U entra lui-même à la chambre des pairs soas le titre de lord Uolland, baron Holland de Foidey. Dans les dernières années de sa vie, lord Holland s'occupa beaucoup de constructions et fit d'énormes dépenses dans sa villa fantastique de Kingsgate près Hargate. D était aussi lord du conseil privé et clerc ©/ du Petit en blande, emploi lucratif qui lui avait été accordé pour sa vie et celle de ses deux fils. Il mourut à Holland-House près de Kensingtoo, le 1" juillet 1774. Lord Holland était à la fois homme de plaisirs et homme d'affaires, formé pour la société , d'un caractère aimable et plein de franchise. Peu d'hommes d'État ont possédé comme lui le talent de se faire des partisans, qu'il devait moins à des motifs politiques qu'à rattachement qu'il savait leur inspirer par l'agrément de ses relations privées et par le zèle actif avec lequel d s'occupait des intérêts de ses amis. Il n'aurait eu de principes arrêtés ni en morale ni en religion , si l'on en croit lord ChesterueM, qui lui reproche, en outre, de s'exprimer avec trop d'imprudence et de verser souvent le ridi-

HOL

cule sur ces grave* matières. Considëré comme orateur parlementaire, il montrait assez ordinairement de l'indécision dans ses discours ; mais, lorsqu'il était animé par le sujet qu'il avait à traiter, sa chaleur entraînante et sa facile élocution formaient un contraste frappant avec ses précédentes hésitations. Ce qu'on remarque surtout dans ses discours, ce n'est pas une éloquence fleurie, mais un sens droit, une logique serrée et pressante. Il était prompt dans la réplique, piquant dans les reparties, et habile à saisir le caractère de la chambre. 11 écrivait sans effort ni affectation ; ses dépêches publiques étaient nobles et claires, et un style aisé et chaleureux se faisait remarquer dans sa correspondance privée. Quoique rempli d'ambition , il recherchait plutôt l'argent, dit un écrivain anglais, que le pouvoir, qu'il ne plaçait qu'en seconde ligne. On ne sera donc pas étonné s'il fut accusé d'avoir accumulé de grandes richesses par des moyens qui n'étaient pas toujours licites , et en faisant valoir l'argent que ses emplois mettaient à sa disposition. Dans la vie privée, il ne mérite que des éloges, bien qu'on pût lui reprocher trop d'indulgence pour ses enfants. U laissa de son mariage avec la fille du duc de Richmond quatre enfants, dont le plus célèbre est Jacques Fox. D — z — s.

HOLLAND (Henrv-Riciuxd , lord), petit- fils du précédent et fils unique d'Etienne second lord Holland frère atné du célèbre Fox, naquit le 21 novembre 1773, à Winterslow-House dans le Wiltshire. Après avoir terminé ses études à l'université d'Oxford , il visita le Danemarck , la Suisse , la France , où il assista à l'acceptation de la Constitution par Louis XVI; il continua ensuite ses voyages en Espagne et en Italie , étudiant la langue, la littérature, les moeurs et les habitudes de ces divers pays. Rentré en Angleterre en 1796 et pair du royaume par son droit héréditaire, il débuta dans la carrière parlementaire le S janvier 1798, en s'opposant à une augmentation d'impôt proposée par le ministère. Ce début fut trèsremarqué. Après avoir parlé longuement sur la mesure proposée , il n'hésita pas à reprendre une seconde fois la parole pour répondre aux arguments que lord Grenville avait développés contre ses opinions, et dans cette réplique il déploya des qualités oratoires qui même pour les esprits ffminents sont le fruit de la pratique et de l'expérience. Lord Holland embrassa avec chaleur les opinions de Fox, et son nom se trouve mêlé à presque toutes les grandes discussions qui à cette époque agitèrent la chambre des lords (voy. Fox). Il s'opposa à la guerre contre la république française, à l'union parlementaire de l'Irlande et de l'Angleterre {toy. lord Grey) , à la quatrième suspension de l'acte habeas corpus . et ce fut lui qui le premier proposa l'émancipation des catholiques. Après la conclusion de la paix d'Amiens , lord ilolland partit pour Paris. U s'y trouva en même temps que Fox , et fut reçu avec lui par le pre-

HOL

mier consul. Dans la capitale de la France il fut en relation d'amitié avec presque tous les hommes importants de l'époque, entre autres avec Talleyrand, la Fayette, le chevalier d'Azara, le marquis de Lucchesini, etc. Au mois de novembre 1802, il retourna en Espagne. Après avoir passé plusieurs mois dans les environs de Barcelone et de Valence , il se rendit à Madrid en passant par Murcie, Grenade, l'Andalousie et la Manche. A la déclaration de la guerre, il quitta Madrid pour le Portugal , s'arrêta quelque temps à Lisbonne , et enfin, en 1808, il s'embarqua pour l'Angleterre. L'aspect des affaires publiques avait changé. Pitt était au pouvoir, et la guerre ensanglantait l'Europe tout entière. La question des catholiques devait être portée devant 1a chambre des lords le 10 mai: lord Holland se hâta d'arriver pour lui apporter l'appui de sa parole et de son vote. Dans le cours de la session, il appuya la demande d'enquête sur la conduite de lord Melville (voy. ce nom), et protesta contre son acquittement. Durant la vie de Fox, lord Holland n'avait pas été appelé à faire partie du ministère, mais il avait prêté serment en qualité de conseiller privé. 11 fut associé à lord Auckland pour négocier avec les plénipotentiaires américains Monro et Pinckney un arrangement amiable sur diverses difficultés survenues entre les deux gouvernements. Lord Holland rendit à cette occasion des services réels ; les études sérieuses auxquelles il s'était livré, tant en Angleterre qu'en Espagne, sur l'économie politique et sur les questions générales de commerce extérieur et intérieur , le mettaient plus que tout autre peutêtre en position de défendre avec habileté les intérêts de son pays. Les questions qui étaient soulevées: l'enrôlement des marins américains, les droits des neutres, le règlement du commerce anglais avec les colonies, étaient compliquées et difficiles à résoudre. Après de longs débats, uo arrangement qui fixait l'accord sur tous les points en litige fut signé, sauf ce qui concernait l'enrôlement des marins, laissé à la bonne entente mutuelle des deux pays. Le traité qui, par les stipulations qu'il contenait au sujet des neutres, aurait peut-être empêché la guerre qui éclata postérieurement avec l'Amérique, fut annulé, le président des États-Unis, Jeflerson, s'étant refusé à lui donner son approbation. Après la mort de Fox, lord Holland fut membre du cabinet de lord Grey, en qualité de garde des sceaux. Le parti whig était alors sans force réelle ; il ne pouvait se soutenir, il ne fit que passer au pouvoir ; la seule mesure digne d'attention à laquelle lord Holland eut part en qualité de ministre fut le bill pour l'abolition de la traite des noirs. Cependant les luttes que les Espagnols soutenaient contre Napoléon réveillaient toutes les vieilles affections de lord Holland pour ce peuple. Florida-Blanca, Valdez et d'autres personnages émiueuts de U i

HOL

Taraient choisi pour l'intermédiaire de leurs communications les plus importantes arec lord Canning. Lord tlolland, non content de proposer au parlement de secourir ce pays et de garantir ses possessions d'outre-mer, n'hésita pas a se rendre en Espagne, et il débarqua à la Corogne presque en même temps que la division de l'armée anglaise sous les ordres de sir David Baird. 11 parcourut les diverses provinces , autant que put le lui permettre l'état de la guerre, donnant ses conseils et encourageant ses amis à la résistance. 11 ne fut de retour en Angleterre que vers la fin de 1809. Pendant plusieurs sessions il fut l'ardent défenseur des efforts bienveillants mais infructueux de sir Samuel Romilly pour adoucir les rigueurs des coutumes passées par l'usage à l'état de lois. Il prit une part active aux longues discussions qui eurent lieu sur la question de l'émancipation des catholiques, sur la révocation des ordres dans le conseil, sur le bill de la régence, etc. En 1816, il s'opposa au décret qui avait pour but de légaliser la détention de Napoléon comme prisonnier de guerre. Dans cette question il ne fut pas soutenu par son parti ; mais la France lui doit cette justice qu'il protesta toujours contre la conduite du gouvernement anglais et de ses agents envers l'illustre prisonnier de Sainte-Hélène. Le 18 mars 1817, notamment , il prononça un discours mémorable dans lequel il blâmait avec la plus vive énergie les restrictions mises à la liberté de Napoléon et aux relations des personnes de sa suite avec l'Europe. Pendant la longue administration de lord Liverpool (voy. ce nom), lord Ilolland se signala parmi les adversaires les plus actifs et les plus constants de la politique suivie par ce ministre, et de la direction donnée aux affaires publiques. Il prêta son appui à Canning (1827), toutefois il n'occupa pas un siège dans le cabinet. La mort prématurée de Canning ayant amené le duc de Wellington au pouvoir, Ilolland se retrouva dans l'opposition. Lorsque le bill sur le rappel du serment du Test fut présenté à la chambre des lords, il le soutint par le plus remarquable et le plus travaillé de ses discours; aussi produisit-il un grand e0et ainsi que ceux qui le suivirent sur la réforme du parlement. Ces attaques ne furent pas étrangères à la retraite du cabinet de Wellington (voy. Wellington), qui les suivit de près. Lord Ilolland fut nommé, le 22 novembre 1830, ministre du cabinet et chancelier du duché de Lancastre. R a toujours conservé ce poste, sauf dans les courts et différents intervalles où son parti se trouva momentanément aroir perdu le pouvoir. L'éloquence de lord Ilolland était toujours sérieuse, grave, sans passion. Une certaine hésitation dans le débit nuisait parfois à l'effet de ses discours ; mais ses arguments étaient solides, et son instruction variée lui permettait souvent d'avoir recours aux leçons de l'histoire pour éclairer la discussion. Il est mort

HOL 553

| à Londres le 22 octobre 1840. Il a publié: 1° Essai sur la vie et les écrits de Lope de Veqa Carpio. Londres, 1806, in-8°; 2° trois comédies, traduites de l'espagnol, Londres, 1807, in-8°; 3° Vie et écrits de Lope de Veqa et de Guillaume de Castro, Londres, 2 vol. in-8° ; 4° Lettre au docteur Shuttleujorth en faveur des réclamations des catholiques ; 5° Lettre d'un Anqlais à un Napolitain, imprimée pour ses amis en 1818 ; 6° il a été l'éditeur de l'Histoire des premières années de Jacquet II, de.Fox, Londres, 1808, in-4°, à la tête de laquelle il a placé une notice sur la vie de l'auteur. 7° Nous pouvons encore mentionner une longue suite de lettres échangées avec le docteur Parr et publiées dans les OEwcrtt de Parr données par Johnstone , t. 7 , p. 122-161 . E. D — s.

ROLLAND (Georces-Josathas), géomètre et philosophe, naquit le 6 août 1742, à Rosenfeld, petite ville du Wurtemberg dont son père était pasteur. Après avoir terminé ses premières études avec succès, il fut admis en 1761 au séminaire de Tubingue , et il y suivit pendant cinq ans les cours de théologie. Il était encore au séminaire lorsqu'il publia des essais de mathématiques qui révélèrent ses dispositions pour les sciences; et, d'après le couseil de ses mattres, il résolut d'entrer dans la carrière de l'enseignement. Les curateurs de l'université de Tubingue s'empressèrent de lui adresser un diplôme de professeur extraordinaire de philosophie; mais il venait d'être attaché comme sous-gouverneur à l'éducation des trois fils aînés de Frédéric-Eugène, prince de Wurtemberg, et ce titre fut toujours pour lui purement honorifique. En 1769, il accompagna ses élèves à Montbéliard, puis à Lausanne, où les jeunes princes devaient fréquenter les cours de l'académie. Ce fut pendant son séjour dans cette ville que le Système de la nature, qui faisait alors grand bruit (voy. Holbach), lui étant tombé dans les mains, il entreprit de réfuter les sophismes de ce monstrueux ouvrage. La manière dont il s'acquitta de cette tâche lui fit beaucoup d'honneur. En quittant Lausanne, il conduisit ses élèves en Italie, où il reçut des témoignages d'estime des savants et des littérateurs, entre autres de Denina (coy. la Prusse littér., supplém,). Vers la fin de 1775, Ilolland dut accompagner à Berlin les trois jeunes princes, qui venaient d'être admis au service de Prusse. Accueilli par le grand Frédéric, il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre astronome Lambert, et dès lors il entretint avec lui une correspondance, imprimée en partie dans le recueil publié par Bernoulli {voy. Lambert). L'atné de ses élèves, le prince Frédéric-Guillaume, depuis premier roi de Wurtemberg (voy. Frédéric I"), après le mariage de sa sœur avec le grand-duc Paul, étant passé au service de Russie, Rolland fut chargé de l'accompagner à St-Pétersbourg. Présenté à l'impératrice Catherine, il en reçut l'accueil le plus bienveillant; cette princesse, voulant lui donner une marque particulière de son

SS4 noL

estime, le créa baron ellui envoya en mené temps le brevet «le capitaine <lans ses armées. llollaud quitta bientôt la Russie pour rejoindre le cadet de ses élèves, le prince Eugène, auquel il portait la plus tendre afTeciion. fl Tint donc demeurer à Luben en Silésîe, où le régiment du prince était en garnison, et peu de temps après il s'y maria. Sa santé, naturellement délicate, ne tarda pas à l'altérer ; se flattant que l'air natal pourrait la rétablir, il revint en 1783 dans le Wurtemberg; mais la consomption qui le minait était dès lors sans remède. 11 mourut à Stuttgard le 1i avril 178», dans sa 42e année. On a de llolland : i° Traités sur les mathématiques , les principes gévéraux du dessin et les différentes méthodes de calcul, Tubingue, 1764, in-8°; 2° Précis de l'exposition du paralléloqrammi de Xeicton par le professeur Kaestner, ibid., 1763, in-4°. Cet ouvrage et le précédent sont en allemand. 3° Réflexions philosophiques sur le système de la nature, Londres (Ncufchatel), 1772, 2 vol. in-8- ou in-12; 2' édit., corrigée, Neufchatel, 1773, 2 vol. in-8"; traduites en allemand parWetzcl sur la première édition. Cet ouvrage, solide et bien écrit, assure à son auteur une place distinguée parmi les vrais philosophes du 18' siècle. Ilolland cultivait la poésie dans ses loisirs : il a laissé des pastorales et des ! élégies en allemand, où l'on trouve du naturel et de la sensibilité; elles sont inédites. — Rolland (le révérend John), ecclésiastique anglais, d'une secte de dissenters, est mort à Preston en Lancashirc, en 1826, âgé de 65 ans. On a de lui : i » Système de géographie, 1 802, in-8° ; 1 8 1 3, 5* édiL ; 2" Essais sur l'histoire, 1801, in-12; 3° Définitions, maximes et régies (receipts) sur la grammaire, Varithmétique. la physique, la géographie, 1801, in-12; 4° Le recueil des Sermons du réc Balph Harrisou, avec une notice biographique sur l'auteur, 1813, tn-8°. W— s.

TTOLLAR (Wesceslas), dessinateur et graveur, naquit à Prague en 1607, d'une famille noble qui avait perdu toutes ses possessions lors des troubles de la Rohéme et pendant la guerre de trente ans. Il quitta sa patrie pour s'établir à Francfortsur-le-Mein, où il perfectionna son talent sous la direction de Mérian. Destiné à mener une vie errante et à lutter sans cesse contre la fortune, ffollar suivit en Angleterre le célèbre comte d'Arundel, qui le recommanda au roi Charles \tr. Il s'oocupait alors de graver plusieurs pièces du cabinet de son protecteur, lorsqu' ayant été arrêté comme royaliste à l'époque des troubles arrivés en Angleterre, et s'étant échappé avec peine, il alla rejoindre le comte d'Arundel à Anvers : mais ce seigneur ayant quitté les Pays-Bas pour voyager en Italie, Dollar se trouva dans un grand dénûment, et fut forcé, pour subsister, de travailler pour les libraires et les marchands d'estampes, qui, profitant de sa détresse, lui payaient ses ouvrages le inolns cher possible. Cependant, après la mort d'OL Cromwell et l'abdication de Richard,

HOL

Charles H ayant été rappelé, Ilollar retourna en

Angleterre, où il espérait qu'on lui tiendrait compte de son dévouement à la cause royale : mai* son attente fut trompée. Livré de nouveau à h cupidité des libraires et des marchands d'estampe; de Londres, H gagnait à peine de quoi vim Pierre Strut n'eut pas de honte de lui donner trente schillings pour le dessin et la gravure de h vue de Crecnwich, en deux grandes planche*. Hollar termina sa carrière à Londres le 28 mars 1677. 11 eut le sort de beaucoup d'autre* grands artistes : il vécut et mourut dan* la misère ; et , après sa mort, ses estampes se vendirent souvent plus cher que ses planches n'avaient clé payées- Cet artiste est peut-être le graveur qui est parvenu avec la pointe seule à donner le plus de fini et d'effet à ses ouvrages. Il excella dans le talent d'exprimer la finesse du poil des animaux, les insectes, les fourrures, les coquilles , même le paysage. Il a gravé un grand nombre de portraits, en général fort estimés, entre autres celui d'Albert Durer. Ses morceaux d'histoire en grand le sont beaucoup moins; on y remarque des incorrections, et surtout de la rondeur dan* les extrémités. Ses vues et ses paysages sont traités avec beaucoup de goût et de finesse. L'œuvre de tt maître est considérable; on le fait monter à 2K>) pièces. P — *.

IIOLLEBEEK (Ewald), théologien hollandais, qui, de l'académie de Groningue, fut appelé i l'université de Leyde en 17G2, a fait époque en Hollande par la part qu'il a eue au changement de la méthode de prêcher que l'on y a suivie depuis la réformation. C'était une méthode exégttique, dogmatique, polémique, que réprouvaient également les progrès de la raison et ceux du goût : mais on craignait de toucher à l"arcb< sainte ; et quand le respectable Ilollebeex: osa V premier faire soutenir des thèses en faveur d'une méthode, meilleure sans doute que la méthode anglaise, sans être encore la bonne, ce fut itn scandale universel ; l'on voyait déjà les portes <k l'enfer prévaloir contre l'Eglise. Ilollebeek soutint le choc avec calme et courage. L'am-iencr méthode de prêcher est aujourd'hui gênerai* mtiit abandonnée ; et l'on est allé, à coup sur, au delà du perfectionnement ambitionné par le digue professeur auquel nous consacrons cet artieb . Sans le vouloir (car on n'unissait pa* plus de modestie à plus de mérite }, il s'était peint lui-œéar dans sa harangue inaugurale, De tkeologo nom ter. orthodoxo nisi vert pio (cela encore était paradoxe pour beaucoup de gens), Leyde, 1763, in-4". Nommé recteur de l'université en 1761 et en 17éu. (1 prononça la première fois un discours , De «V tinte recetationis in Belgio contempla, atque cotais ejm pracipuis ; la deuxième, De utilitate ex incredalorum contra sacras litteras conamimbus in religtonem christianam redundante. Hollebeek mourut .v Leyde, le 24 octobre 179G. M— os.

U0LL1NG ou HOUNG (Ebmusb), médecin aa>

IIOL

HOL

gtaift, natif du comté d'York, fit ses premières études au collège de la Reine à Oxford , d'où il alla 1rs continuer au collège anglais de Rome. Son goût pour la médecine le conduisit à Ingolsladt : il y prit le bonnet de docteur dans cette faculté, et il y occupa une chaire publique jusqu'à sa mort, arrivée le 26 mars 1612. Il était alors âgé de 58 ans, et s'était acquis une grande réputation par ses leçons et par ses ouvrages, dont voici la liste: 1» De chyhsi. Ingolsladt, 1592, in-8"; *» De talubri studioiorvm victu, ibid.,1602, in -s , 3° Thèses de medii ina; 4° Poemnta varia ; 5D Orationet et epitlolit; 6° Medicamentorum aconomia, Ingolsladt, 1 G10 et 1615, in-8°; 7" Ad epùtolanx quttmdam a Martino Rulando , medico ca>s*reo , de lapide Betoar, et fomite luis Hungaria, Ingolsladt, 1611, in-8». T — D.

HOLLIS (Thomas), né à Londres le U avril 1720, voyagea dans une partie de l'Europe. Sa passion pour la liberté était extrême, il avait sept portraits île Mil! mi et quelques-uns de ses meubles, qirtl gardait comme des reliques. Ce n'était pas au poète qu'il adressait ces hommages, c'était à l'ennemi de l'infortuné Charles K II dépensa beaucoup pour l'intérêt de la cause des Anglo-Américains. Quoique né avec une fortune médiocre, son économie lui donna le moyen de faire de grandes libéralités. 11 mourut le 1" janvier 1774, âgé de 54 ans. Il a donné : 1° en 1760 et 1765 une réimpression de la grammaire de la langue anglaise écrite en latin par Wallia , pour faciliter aux étrangers la connaissance des bons ouvrages anglais; *> en 1761, une nouvelle édition de la l ie de Hilton par Toland, avec son Amyntor. Londres, 2 vol. in-5°; 3° en 1763, une nouvelle édition des OEutrts de Sidnty, plus complète que les précédentes; 4° en 1765 une édition des leU très de Locke **r la Tolérance, d'après les premières éditions, et qu'il collationna entre elles; 5" en 1766 la publication du Confessionnal, ouvrage de François Blackburne ; 0" en 1767 l'£a> ceUenct des États litres, par Marcharaont Néedham; 7° François Blackburne a publié les Mémoires d$ Hollis. Londres, 1780, 2 vol. in-4» avec de belles gravures de Bartolozzi. On y trouve les portraits de plusieurs hommes obscurs, mais lélés défenseurs de la liberté. Au-dessous, on voit toujours (e bonnet de la liberté; et le plus souvent ce bonnet est entre deux poignards. On voit à la fin du premier volume plusieurs esquisses de son caractère ; le deuxième volume contient des observations sur le caractère et les écrits de Hilton avec des remarques sur la vie de Hilton, par le docteur Johnson; un précis sur Algernon Sidney, Hubert Langue!, Bucbanan, etc. Le docteur Disney a publié à Londres, en 1808, in-*», un index pour cet important ouvrage. /

HOLLOWAY (Thomas), graveur anglais, naquit à Londres en 1748, de parents jouissant d'une certaine aisance qui lui firent donner une excellente éducation. 11 était encore dans l'enfance lorsque

son père mourut, à peine âgé de 35 ans, laissant une veuve et quatre enfants. Le jeune liolloway, sous la tutelle de parents estimables, prit de bonne heure l'habitude de se lever de grand malin , en hiver comme en été , pour se livrer à l'étude; et il fit îles progrès rapides sous le professeur de rhétorique Quiu. Ses parents, professant les principes religieux des dissidents, les inculquèrent à leur pupille, qui se décida pour ceux des anabaptistes, dont il ne s'écarta pas le reste de sa vie. Fort jeune encore il avait montré une grande prédilection pour le dessin; les leçons qu'il reçut à l'école fortifièrent ce penchant et le décidèrent à renoncer à une profession lucrative qu'on lui offrait pour entrer comme apprenti chez H. Stent, graveur de sceaux, distingué par son talent. liolloway s'attacha plus spécialement à la gravure sur acier, alors en vogue; et, parmi les travaux qu'il exécuta, une télé d'Ariane lui attira de grands éloges. Après avoir terminé son apprentissage, il abandonna en partie la gravure des sceaux et des médailles, et s'amusa pendant quelque temps à essayer différentes manières de graver sans le secours d'aucun maître sur la pierre et sur le cuivre, aussi bien que sur l'acier. Il passait ses heures de loisir à l'Académie royale, dessinant et modelant en cire, surtout d'après l'antique, lisant dans la bibliothèque de cet établissement, et suivant les cours qu'on y donnait. Il adopta enfin définitivement la gravure sur cuivre. Ses premiers sujets furent d'abord les portraits de particuliers et de ministres, et «les ornements pour des ouvrages périodiques (magaxines). Ses talents n'étaient que peu connus, et son génie n'était pas encore puissamment excité. Hais tout ce qui sortait de ses mains était correct; et, comme il faisait lui-même les dessins, il acquit une sûreté de coup d'oeil et une précision de jugement qui ne lui manquèrent jamais. Le premier ouvrage considérable qu'on lui confia fut la publication anglaise des Essais de Lava ter sur la physiognomonie. Il reçut à ce sujet les encouragements d'un grand amateur des arts qui lui suggéra l'idée de donner les duplicata des sujets les plus intéressants d'après l'antique et d'après les peintures originales répandues en Angleterre, dont Lavater n'avait pas eu l'avantage de pouvoir profiter, convaincu qu'en suivant cette marche la publication serait très-bien accueillie, si d'ailleurs les planches étalent exécutées d'une manière supérieure, liolloway engagea en conséquence le docteur Hunter, ministre de l'Église écossaise de London-Wall , à se charger de la traduction, et, s'associant deux éditeurs, il eut le courage d'entreprendre un ouvrage contenant sept cents planches, et devant former cinq volumes grand inquarto. La traduction fut faite avec autant de délicatesse que d'élégance, et les illustrations graphiques étaient d'un égal mérite. La faveur publique se balança tellement entre le traducteur et l'artiste que quelques personnes appellent ce Lia

536 HOL

œuvre le Larater de Hunier , tandis que d'autres le imminent le Lavât er de Holloway. A la même époque, les inclinations de Holloway se dirigèrent momentane'ment vers la peinture du portrait. Une charmante téte de sa mère par Russel épura son goût et stimula son talent. Il exposa à Somerset-House plusieurs miniatures de lui et quelques portraits au crayon, de grandeur naturelle, notamment le sien et ceux de sa nièce et de son neveu , que l'on compare à ce qui a été fait de mieux en ce genre. 11 réussit aussi dans la peinture à l'huile, et une petite téte de son ami Robinson fut justement admirée. L'ouvrage de Lavater était à peine terminé que Holloway forma d'autres entreprises également avantageuses. Deux estampes du docteur Price et du docteur Priestley augmentèrent sa réputation, la première surtout, faite d'après une peinture de West. Il illustra aussi de ses gravures des publications remarquables de Boydell, Macklin et Bowyer, ainsi que de belles éditions des classiques anglais. 11 s'éloigna une seule fois de ses travaux habituels, à l'époque où l'attention publique fut vivement excitée par la science nouvelle du magnétisme animal. Son frère John en donnait des cours publics et avait obtenu de si grands succès, qu'il ne pouvait suffire à toutes les demandes qu'on faisait pour l'entendre, ses occupations particulières le retenant d'ailleurs dans la ville de Londres. J. Holloway le suppléa quelques instants dans les lieux voisins de la métropole de la manière la plus satisfaisante, et il agit à son égard avec un extrême désintéressement en lui remettant intégralement les émoluments de ses leçons. Nous arrivons maintenant à la période la plus intéressante et la plus importante de sa vie professionnelle. Ayant vu les cartons de Raphaè'l déposés à Windsor, mais pas suffisamment pour pouvoir reconnaître leur immense supériorité sur les copies qu'on en avait faites, il admirait les dessins de Dorigny, qui jouissaient d'une réputation générale et dont il possédait un exemplaire. Ces dessins même lui firent concevoir un travail plus parfait; il désira revoir les originaux, et grâce à l'intervention bienveillante de M. West, alors président de l'Académie royale, le roi l'autorisa à s'en servir comme il l'entendrait. Ce prince donna ensuite des ordres pour qu'on lui fournit des échafaudages et généralement tout ce dont il pourrait avoir besoin, et prescrivit de tenir en hiver des poêles chauffés dans les appartements où l'artiste s'établirait, quelque désagrément qu'il en résultât dans le palais. Holloway ne s'était pas fait d'abord une idée de la grandeur de la tâche qu'il allait entreprendre ; l'enthousiasme du premier moment en avait diminué à ses yeux les difficultés; il avait conçu les espérances les plus flatteuses de la terminer promptement et d'être en peu d'années amplement dédommagé de ses peines. Ce fut avec cette opinion qu'il se rendit à Windsor, enconser-

HOL

vant ses élèves et son atelier dans la maison qu'il occupait dans la ville. Des semaines entières s'était déjà écoulées sans qu'il eût presque commencé. Aussi le roi , qui venait fréquemment k visiter et conversait familièrement avec lui, le plaisantait-il quelquefois sur son apparente lenteur. « Il faut que je vive seulement trois cents « ans si je veux voir la fin de vos travaux , » lut disait-il un jour, et l'observation du monarque avait alors quelque fondement , car l'importance de l'ouvrage et peut-être aussi la trop grande fréquence des visites du roi semblaient avoir abattu la confiance d'un esprit qui montrait rarement de l'irrésolution. Mais Holloway, après y avoir bien réfléchi, ne tarda pas à se convaincre du véritable caractère de l'entreprise qu'il avait conçue, et il changea tout à fait son premier plan, en transférant entièrement son domicile au château de Windsor. L'admiration que la vue de ses magnifiques originaux inspira à ses élèves enflamma encore plus la sienne ; non-seulement ta dessins commencèrent à se multiplier, mai» la gravure de Sl-Paul à Athènes s'avança sensiblement. Ce fut à cette époque que le roi accepta la dédicace de l'ouvrage et le nomma son graveur d'histoire. Bientôt après il s'associa plusieurs de ses élèves, parmi les plus remarquables desquels on doit citer MM. Slann et Webb, ses deux neveux et Joseph Thomson, qui succomba victime de son ardent génie et de son application. La souscription qu'on avait d'abord fixée à trois guinées, prix infiniment trop bas, fut élevée à dix, et on doit rendre cette justice aux premiers souscripteurs que la plupart élevèrent d'eux-mêmes et sans y être forcés la souscription primitive, l'or partie des dessins étaient déjà faits lorsque les cartons furent transportés de Windsor à la galerie d'Hampton-Court, où ils avaient été placés dans l'origine ; ils furent tous terminés après un séjour de quelques années dans ce palais. Pendant ce temps, Jèiut donnant Us clefs à St-Pierre (tbe Charge to Peter), la Mort d'Ananias et AVymas furent publiés et accueillis avec la même faveur que la première gravure. Les conversations de Holloway avec les nombreux admirateurs de Raphaël qui venaient le visiter à Windsor et à Hampton-Court , autant pour voir les cartons que pour entendre ses explications critiques, le dédommageaient des interruptions fréquentes qui en étaient la suite. Il répondait avec une politesse exquise aux différentes questions qu'ils lui faisaient , et tous le quittaient enthousiasmés de son talent comme artiste et de la sagacité de ses explications , qui lui faisaient découvrir dans la chaleur de la conversation des beautés restées auparavant inaperçues à lui-même. Lorsque les dessins furent complètement finis, les artistes, n'ayant plus besoin d'avoir recours que de temps à autre aux peintures originales, se retirèrent dans le charmant village d'Edgeûeld au comté de Norfolk, attirés non-seulement par le charme

HOL

d'une retraite profonde, mais en outre par la diminution de leurs dépenses et par la société dt quelques parents qui habitaient ce lieu. Ce fut là qu'ils terminèrent la charmante gravure de la Pèche miraculeuse, qui ne tarda pas à être publiée et fut aussi bien accueillie que les quatre précédentes. Holloway et ses associés quittèrent Edgelleld pour aller s'établir à Coltisball près de Norwich ; ce fut là qu'après avoir eu le plaisir de voir la sixième gravure presque terminée, et la septième, la seule qui restât encore, commencée, fl s'éteignit au mois de février 1827, âgé de près de 80 ans, sans avoir jamais été marié, laissant la réputation d'un grand artiste et d'un excellent homme. Le cabinet des estampes de la bibliothèque de Paris ne possède qu'une seule gravure noire de Holloway ; c'est un portrait de l'an Dyck. H est à regretter qu'on n'y voie pas d'autre morceau de ce célèbre artiste, dont les connaisseurs considèrent les gravures comme précieuses par le fini du travail et par une admirable gradation dans les touches ; le goût et l'habileté du peintre s'y retrouvent toujours sous le burin du graveur. Le Lavattr de Hunter et Holloway, dont il a été déjà parlé dans cet article, existe au département des imprimés du même établissement; il nous paraîtrait mieux placé au cabinet des estampes. I) — r — s.

HOLLOWAY, amiral anglais, natif de Wells (Somerset), entra en 1760, à l'âge de dix-buit ans, dans la marine, et, après avoir monté divers vaisseaux, se trouva en 1778 premier lieutenant à bord du Prtston. C'était au moment où la guerre de l'indépendance anglo-américaine se poursuivait avec le plus de vigueur. Holloway se lit remarquer de l'amiral Howc, qui se l'attacha particulièrement : il eut part aux opérations dans les eaux de Rhode-Island et de Newport, au combat du Preston contre le Tonnant, à la prise de Ste-Lucie pour laquelle nowc détacha le commodorc Hotham (1778), ensuite aux nombreuses rencontres entre Rodney et M. de Guichen, en 1779. Dans l'intervalle il avait été nommé capitaine en second. Il passa encore l'année 1780 avec Kodney, et fut présent par conséquent aux trois affaires des 17 avril, 16 et 19 mai, à la hauteur de la Martinique, affaires sanglantes et indécises où, plus que jamais , il déploya sous les yeux de Hotham la présence d'esprit et l'intrépidité les plus complètes. H en eut besoin l'année suivante, lorsque, (convoyant avec cinq voiles trente-quatre vaisseaux marchands pesamment chargés, il rencontra l'escadre française de la Molhe- Piquet, laquelle était beaucoup plus forte : ses efforts et iccux de Hotham ne purent sauver que les deux ers du convoi. En 1782, il alla rejoindre la flotte anglaise sur les cotes de l'Andalousie; et bien que son vaisseau, le Buffle, fût en très-mauvais état, il aida au ravitaillement de Gibraltar, puis, quand il fallut céder la place à la flotte combinée espagnole et française, il se maintint en position

HOL

contre la Santùtima Trinidad et deux vaisseaux français au risque d'être pris; finalement il n'échappa que grâce aux ténèbres et en se réfugiant sur la côte barbaresque : il n'eût été possible à personne d'en faire plus, et Howe lui-même rendit justice à sa conduite. Les années suivantes furent moins fertiles en événements; Holloway n'en continua pas moins son service actif jusqu'à l'explosion des guerres nouvelles, c'est-à-dire jusqu'aux armements de l'Espagne et de la Russie en 1790 et 91, et jusqu'aux premières hostilités avec la France républicaine en 1793. Il était toujours avec Hotham , mais Hotham était amiral , tandis que lui-même restait capitaine. En 1795, il assista aux combats livrés par Hotham aux Français les 14marsetl3juillet, et mérita les éloges particuliers de cet homme de mer. EnQn, en mai 1797, s'étant trouvé à Spithead lors de la redoutable insurrection des matelots, il contribua très-efficacement pour sa part à faire manquer l'émeute et à rétablir la discipline compromise. Ce service, joint à ceux qu'il avait déjà rendus, lui valut le brevet si impatiemment et si longtemps souhaité de contreamiral. Les deux ans de guerre qui séparent cette époque de la paix d'Amiens lui fournirent encore l'occasion de montrer ses talents. Mais le suivre dans ses allées et venues serait fastidieux. Pendant la paix , il resta en disponibilité. Le retour des hostilités, en 1803, le fit sortir de ce repos momentané : après avoir stationné à Portsmouth, il eut à veiller sur une partie du littoral qu'on craignait de voir devenir le théâtre d'un débarquement,et notamment sur l'île de Wight. En 1804, il reçut le titre de vice-amiral et en cette qualité servit sous lord Keith jusqu'en 1807. Dans cet intervalle, il présiila (1805) la cour martiale qui jugea les mutins de VHermione. Sa conduite dans ce poste difficile fut celle d'un homme ferme, mais humain et ennemi des rigueurs inutiles. En 1807, il obtint le gouvernement de Terre-Neuve et le commandement en chef des forces navales de ces parages. U y montra en même temps beaucoup d'adresse à se concilier les indigènes de l'Ile, et beaucoup de tact dans toutes ses relations avec le commerce : aussi les regrets dont à son départ, en t809, il reçut la notification solennelle, par une lettre au nom du corps des marchands, ne furent-ils pas comme d'ordinaire le finale comique de drames qui ont coûté du sang ou des pleurs. La même année 1809 vit Holloway promu au rang d'amiral : inscrit d'abord sur les cadres de la Bleue, il le fut en 1819 sur ceux de la Rouge. Mais la paix alors était faite , et il n'eut désormais à participer à aucun de ces événements qui changent de face le sort du monde. Il était trop âgé d'ailleurs pour les fatigues d'autrefois. Il mourut le 26 juin 1826, à Wells, sa ville natale, dans sa 85' année. P— ot.

HOLMA.N (Joseph-George), acteur anglais, naquit aux environs de Bonbury (Oxford) , en 1764. Très-jeune encore, il fit preuve de dispositions

Page 1