‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 85 sur 106 · K38 HOL · texte numérisé non relu

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théâtrales remarquables, et s'il entra m collège de ta Reine à Oxford, ce ne fut pas, comme ses amis le roulaient, pour s'y ensevelir dans la théologie et y prendre les ordres; ce fut pour le quitter au plus rite et se rendre à Londres, où, par un bonheur qui n'est pas donné a tous, il put débuter à Covrnt-Garden (1781); mais il ne réussit que médiocrement : » Hohnan a vociféré Romeo, » disait un journal. L'habitude de la scène, l'exemple, le goût dont il e'tail doue*, le corrigèrent de ce défaut comme de beaucoup d'autres , et il devint un bon acteur, mais sans jamais se voir à Londres classé aux premiers rangs. Il excellait pourtant dans le rôle de lord Townly. et s'il eût tout joué de même , H eût vraiment réalisé sa prétention d'être le rival de Kemble. Mécontent de la tiédeur du public et de la médiocrité de ses appointements, Holraan se rendit à Dublin et ensuite à Edimbourg, dont les habitants se montrèrent plus sensibles aux charmes de son jeu. Holman n'en tenta pas moins de reprendre pied à Londres, et il y parut sur le théâtre de Hay- Market , mais il repartit bientôt après pour l'Irlande, et il devint copropriétaire du théâtre de Dublin , alors en veine de perte , par suite des tristes circonstances politiques du jour. Unmariage qu'il contracta m 1798 avec la fille d'un ministre anglican le mit à l'aise; il la penlit en 1810. Dans l'intervalle, il s'avisa de se rendre aux Êtats-Lnis : il y recueillit force applaudissements et force argent. Affriandé par cet essai, il crut faire une magnifique spéculation en montant un théâtre à Charlestown, capitale de la Caroline du Sud, et il revint en hâte à Londres composer une troupe ( 1812), qui bientôt passa l'Atlantique à sa suite. Mais de durs mécomptes l'attendaiert au débarquement : des cabales au dehors, des jalousies au dedans, des partis dans la ville, l'insubordination dans sa propre troupe , en un mot, toutes les calamités qui peuvent crever sur la tête d'un infortuné directeur de théâtre, et qui sont trop connues pour être ici reproduites avec détail. Pour comble de maux, vinrent les maladies contagieuses que l'automne ramène périodiquement à Charlestown. Malade, il prit avec ses acteurs malades la route de New-York , afin de trouver dans ces contrées, plus septentrionales et plus saines, un soulagement à leurs souffrances ; mais presque tous étaient atteints mortellement. Il expira le 24 août 1817, âgé de 53 ans, à Rockaway, petite ville de Long-Island : deux jours avant sa mort il avait épousé une de ses cantatrices, miss Latimer, qui elle-même le suivit de près au tombeau. liolman était un homme d'esprit autant qu'un homme de théâtre , et il a laissé plusieurs pièces remarquables. Ces pièces sont : 1" trois opéras-comiques intitulés Dehors et chez soi, 1796, in-8"; Quelle brioche l 1800; la Gaxette extraordinaire. 1814, in-8°; 2° deux comédies intitulées l' Amant de la dot (Votary of the wealth), 1799, in-8°; C Amour qui donne l'alarme, 1804, in-8»;

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3" un drame, intitulé les Chevaliers de la Croix- Rouge, 1799, in-8°. P — or.

HOLMSKIOLD (Théodore de), médecin et naturaliste danois, fut d'abord simple chirurgien et ensuite professeur de médecine à l'Académie de Soroe. La faveur de la reine douairière, Juliane- Marie , lui ouvrit la carrière des honneurs ; il fat anobli et' devint conseiller des conférences, chevalier de Danebrog, grand mattre de la cour de la reine douairière, etc. Son nom doit passer à la postérité, grâce à un magnifique ouvrage sur les Champignons, pour lequel il a recueilli des matériaux pendant toute sa vie. Cet ouvrage, qui n'a été tiré qu'à un très-petit nombre d'exemplaires, est intitulé Beata raris otia fungis Dankù impensa à Th. Holmskiold, 2 vol. petit m-fol. Le premier volume, publié par l'auteur en 1790, comprend les clararia et les ramarke, que Holmskiold voulait réunir dans l'espèce unique de corypheei. Le deuxième volume, publié après la mort de l'auteur en 1799, par M. VnSorg, savant naturaliste, renferme les espèces nidularia, peziza, heloella, merulinus, boletus . tycoperdon et agaricus. Les planches , au nombre de trente-deux dans le premier volume et de quarante-deux dans le deuxième , sont d'une exécution qui place cet ouvrage bien au-dessus de tout autre du même genre. Les champignons y sont figurés dans toutes les phases de leur existence, depuis le plus petit houton jusqu'à l'état de mort. Le texte latin et danois est plein de recherches et d'aperçus intéressants : on y trouve, p. 110, à Partlde Clmvaria militaris, l'explication du prétendu insecte têgétal, sur lequel Torrubia , llill , Ruchner, Edwards et autres ont écrit , et qui a fait faire à M. Pinkerten une assertion si singulière. C'est tout bonnement un champignon qui croit dans le corps de quelques mouches , et qui se trouve même en Sélande. Holmskiold, dont le nom patronymique était Holm, mourut en 1793. M. B — 5.

IIOLMSTROEM (Israël), potte suédois, secrétaire de Charles XII et conseiller de guerre, accompagna ce héros en Pologne , et l'amnsait par ses saillies. Charles lui dit un jour qu'il ne valait rien pour être officier : « Je pourrais cependant, « répondit Holmstroem, trembler dans une paire « de grosses bottes, aussi bien qu'un certain gé- « néral de notre connaissance. » Ce général était un favori ; mais le roi pardonna la plaisanterie du poêle, et passa à un autre sujet. Holmstroem mourut en 1708, en Lithuanie. Parmi ses vers, qui la plupart sont pleins d'esprit et de grâce, on distingue fépitaphe du chien favori de Charles XII , nommé Pompe ou Pompée. Celte épitaphe a été traduite en latin de la manière suivante :

Rrgalte lerti catolut qml pat* iweptw Pompius , Am>iU ouafidelia etmU

Eccc umen terno fricto» , U«Mj»que Ti&rum

HOLOBOLUS (Maîsuix) vivait dans le 13' siècle, sous Midi cl Paléologue et Andronic son fils. H fol grand protosyncelle et orateur ou rhéteur de l'église str - Sophie. La fonction de l'orateur, comme noua Tarons déjà dit à l'article Ewstatbe, était d'expliquer l'Écriture sainte. 11 parait qu'Holobolus se délassait de ses graves devoirs dans k commerce des Muses. On a de lui des vers adressé» à l'empereur Michel et à son fils (ils sont encore inédits) , et des scolies sur le second Autel de Doaiadas. Walekenaer lésa publiées le premier dans le douzième chapitre de sa Diatribe; et dopais, Jacobs les a réimprimées dans son coinaire sur les A » alerte s de Brunck. Ces scolies fort utiles pour l'intelligence de ce poème '; et, comme il est presque impossible qu'an tique grec du 1 " siècle ait eu assez d'érudition pour les composer, on peut sans trop craindre de se tromper admettre l'idée de Valckenacr, qui suppose qu'Holobolus a copié quelque ancien manuscrit, ls. Vossius a prétendu que Saumaise, dont il existe un commentaire sur Dosiadas, avait dérobé à Ilolobolus tout ce qu'il y a de passable dans ses remarques. Il ne faut pas se presser de croire Vossius , homme téméraire et passionné ; mais il est juste pourtant d'observer que Fabricius l'a fort mal réfuté. « Il est très- • vrai , dit-il dans sa Bibliothèque grecque ( t. 3 ,

> p. 812), que Saumaise n'a point nommé Holo- « bol us ; mais il parle sans cesse des scolies grec-

> ques : il avoue qu'elles lui ont été utiles ; et « moine assez fréquemment il en cite le texte. » Le fait est que Saumaise, dans ses notes sur le second Autel, ne fait aucune espèce de mention ni directe ni indirecte des scolies grecques. On doit conclure de ce silence, non pas qu'il ait voulu se les approprier , mais qu'il ne les connaissait pat. Un savant tri que Saumaise n'avait pas besoin de voler quelques explications à un chétif grammairien, et pouvait bien de lui-même trouver ce qu'un ilolobolus avait su découvrir. B — ss.

UOLONIUS (Grégoire), poète latin, naquit à llollogne, village aux environs de Liège, dans les premières années du 16* siècle. Ayant acquis des connaissances étendues dans les littératures grecque et latine, il occupa une chaire au collège Bartlioloméen. Les succès qu'il y obtint engagèrent le baron de Berlayinont à loi confier l'éducation «le ses enfants. Étant allé à l'université de Louvain avec ses élèves, il y fut reçu licencié en théologie et prit ensuite le bonnet de docteur dans une autre faculté. Selon Corneil Callidius , il .parvint à quelques dignités dans l'Église de Liège. 11 vivait encore en 1380, mais la date précise de sa mort est restée inconnue. On lui doit : 1° Laurent tas , trammdia de martyno Constantisstmi ievitat D. Laurent ii, lia ma sub Dttio /*>/«', Anvers, 1536, i»-8» ; 2° Calhurima , traqeedia de fortissimo S. Cn- ; karma virgimis , dorions et mmrtyrit, certamin- . Anvers, 1556, in-8»; 3" Lamberhai, tragœdia de

elrsiœ, qua ttttnt Leodimm translata est , episeopi et martyr g 'onosisiimi , Anvers, 1356, in-8". Ce» trois tragédies, que l'on trouve souvent réunies, quoique d'éditions différentes, sont écrites d'un style grave, convenable au sujet, et elles offrent quelques beautés. L — l — l.

HOLOI'IIEHKE. Voyaiuvnu.

HOI.OI'HIKA, épouse d'Orchan, est célèbre dans l'histoire des Ottomans par l'événement qui la fit entrer dans la famille du fondateur de leur empire, à peu près comme les Sabines devinrent mères du peuple romain. Un gouverneur grec de Biiejiki en Natolie était père d'tiolophira, et se préparait à célébrer ses noces avec un jeune homme de sa nation. Othinan, la tige des sultans, souverain encore faible, mais brave, entreprenant, objet de jalousie et de crainte pour les gouverneurs grecs , dont les territoires étaient mêlés avec ses possessions concédées ou usurpées, Olhman fut Invité à la féte solennelle qui devait signaler ce mariage. (In commandant grec, dont il avait acquis la bienveillance , l'avertit qu'en l'invitant ses voisins n'avaient cherché qu'à le surprendre et à le faire tomber dans un piège où il devait laisser la vie. Othman opposa la ruse à la ruse, et pria le commandant grec de recevoir en dépôt dans le château de Biiejiki ses femmes et ses trésors, affectant de craindre une invasion hostile pendant qu'il serait absent de ses propres domaines. Les fêtes nuptiales devaient se passer en pleine campagne : Othman envoya à Biiejiki ses chariots couverts , qui étaient censés contenir ses effets les plus précieux, mais qui ne renfermaient que des armes et des flambeaux : sur les chariots se trouvaient quarante personnes cachées sous de longs voiles; ces prétendues femmes étaient des soldats déguisés. Tout ce convoi ne fut pas plutôt introduit dans le château de Biiejiki , qu'Othman parut , aecompagné de peu de gens; mais près du lieu de la fête il avait disposé en embuscade cent hommes déterminés , prêts à paraître au premier signal. Les soldats déguises jetèrent leurs voiles, et saisissant leurs (lambeaux et leurs armes, Us incendièrent le château et égorgèrent la garnison sans défense. A la vue de l'embrasement, l'embuscade se montra ; Othman, à la tète de ses soldats, fondit sur tous les convives, dont il ne punissait que la perfidie. Le gouverneur de Biiejiki fut tué; la belle Holopbira, sa fille, tomba au pouvoir d'Othman , qui là donna sur-le-champ pour épouse à son fils Orchan. ilolophira devint mère du prince Soliman, qui passa le premier en Europe, et d'Orchan, qui succéda à Othman I". Cet événement eut lieu vers l'an de l'hégire 698, ou 12 i I de J.-C. S— t.

HOLSTK1N , l'une des plus illustres maisons de l'Allemagne, a donné des souverains au Danemark , à la Suède et à la Hussie (voyez Y Art de wérifter les dates, t. 5, p. 473 et suivantes). — Charies-Frédérie. duc de Holsteik-Gottorp, neveu de Charles XII, roi de Suède, né à Stockholm le

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9 avril 1700 , succéda à son père Frédéric TV, lué d'un coup de canon à la bataille de Clinow en 1704. Le Holstein était depuis longtemps gouverné en commun par ses ducs et par les rois de Danemarck : Christian III l'avait ainsi réglé lors de son élection au trône de Danemarck ; mais ce traité, qu'avait dicté l'amour fraternel , devint la source de guerres dont les ducs de Holstein furent presque constamment les victimes. Charles XII mit beaucoup de chaleur à défendre les États échus à son neveu; mais, accablé lui-même par la fortune, il ne put les garantir d'un envahissement général. Le traité signé à Stockholm en 1720 détacha du Holstein le Sleswig pour le réunir au Danemarck. Le jeune duc vit avec peine cet arrangement; et appuyé de l'empereur de Russie, qui lui destinait la main de sa fllle , il réclama contre son exécution : mais la mort de Pierre le Grand ne lui permit pas de faire valoir ses droits par les armes. L'impératrice mère prit à son tour la défense du duc de Holstein , et le roi de Danemarck s'obligea en 1732 à lui payer un million de rixdales pour l'indemniser du duché de Sleswig. Charles-Frédéric refusa d'accepter cette condition, espérant que des circonstances plus favorables le mettraient à même de recouvrer ses Etats ; mais il mourut dans l'intervalle, le 18 juin 1739. Il laissa de son mariage avec Anne, fllle de Pierre le Grand, un fils nommé Charles-Pierre Ulric, qui succéda à sa tante Elisabeth sur le trône de Russie, sous le nom de Pierre IH (coy. Pierre III). W— s.

HOLSTEIN (Jean-Louis de), comte de Lethrabourg, ministre d'État en Danemarck, naquit en 1694 d'une famille très-ancienne, originaire du llecklembourg. Après avoir fait de bonnes éludes, d'abord à Hambourg , sous le savant J -Alb. Pabricius, puis à l'université de Kiel, il acheva de développer dans ses voyages le goût naturel qu'il avait pour les sciences et pour les lettres. De retour dans son pays, il y occupa successivement les postes les plus importants et les plus honorables, mérita la confiance des rois Frédéric IV, Christian VI, Frédéric V, jouit de l'estime de ses concitoyens , et se montra , dans tous ses emplois, le protecteur éclairé autant que xélé des sciences, de l'instruction publique, de la religion. Il eut, avec le célèbre Gram (roy. ce nom), une grande part à la fondation de la société royale des sciences de Copenhague en 1742, et il e n fut le premier président. U établit à Copenhague pour le Groenland , et à Drontheim pour la Laponie , des écoles de missionnaires destinés à porter dans ces pays sauvages les bienfaits du christianisme. On publia sous ses auspices des dictionnaires et des grammaires de ces deux langues. Il possédait à quelques lieues de Copenhague la belle terre de Lethrabourg, lieu fameux dans l'histoire du pays : ce lieu fut , au temps du paganisme, la résidence des rois, sous le nom de t.tire , et il conserve encore quelques festiges de cette ancienne époque. C'est là que le

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comte de Holstein avait rassemblé une bibliothèque considérable, des collections de cartes géographiques, de médailles, etc., etc.; et, dans ses jardins, des statues, des inscriptions, des monuments, disposés avec intelligence , qui retraçaient successivement à la mémoire les principaux événements de l'histoire du Nord. Il a laissé en manuscrit une traduction de Tacite et des mémoires français sur la vie de son père Jean- George de Holstein, et sur la sienne propre, jusqu'à l'année 1727. 11 mourut d'une maladie aiguè" le 29 janvier 1763. M — s — d.

HOLSTÉNIUS (Lcc), dont le nom allemand était Holste, et non Holstein. naquit en 1396. Quand il eut achevé ses études dans le gymnase de Hambourg, sa patrie, il se rendit à Leyde. Vossius, Meursius . Ilcinsius, Se ri vérin s , faisaient alors l'ornement de l'université de cette vUle. Il suivit exactement leurs leçons; et, après avoir été leur disciple , il devint leur ami. Vers le même temps, il se lia avec le célèbre Cluvier, qui le prit pour son compagnon de voyage lorsque, vers 1618, il parcourut à pied l'Italie et la Sicile. Ce voyage fini, Ilolsténius revint à Leyde , où il reprit le cours de ses études; et, pour suppléer à son peu de fortune, il se chargea d'une éducation particulière. Une plus belle carrière sembla , peu de temps après, s'offrir à ses talents. Une place vaquait dans le gymnase de Hambourg; il la demanda : son mérite était incontestablement plus grand que celui de ses concurrents ; d'ailleurs ils étaient étrangers, et l'on ne doutait pas que le sénat ne s'empressât, pour l'honneur et l'avantage de l'école, de favoriser Holsténius, ou plutôt de lui rendre justice. Mais il en fut autrement. On le rejeta pour lui préférer un homme inconnu. Profondément sensible à ce déplaisir, Holsténius renonça dès lors pour jamais à sa patrie, et résolut de consacrer aux étrangers des talents qu'elle dédaignait. Ses liaisons avec Cluvier lui avaient inspiré le goût de la géographie savante ; et il avait formé le projet de donner un recueil complet de tous les petits géographes grecs et latins. En 1622 il passa en Angleterre avec l'intention d'y recueillir, dans les bibliothèques publiques et particulières, des matériaux et des secours pour l'exécution de ce grand travail. Après deux ans de séjour a Londres et à Oxford, il se rendit à Paris, où il fut bientôt admis dans la société des frères Dupuy et de tous les hommes distingues par l'érudition. Le président de Mesmes, touché de son mérite, lui confia la garde de sa bibliothèque : emploi doux et commode , qui le mettait au milieu des livres | qu'il aimait. C'est vers cette époque qu'il faut placer sa conversion à la religion catholique. Quelques biographes ont attribué son changement de communion au ressentiment qu'il avait conservé de l'injuste préférence donnée à ses concurrents par le sénat de Hambourg. Hais cet événement était déjà trop ancien pour que Holsténius pût en garder alors un souvenir bien vif. M. Brc-

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dow a prétendu qu'il ne s'était fait catholique que pour avoir un libre accès dans les bibliothèques d'Italie, qu'il avait le projet de visiter. Ce motif n'est ni plus chrétien , ni plus vraisemblable que l'autre. Les bibliothèques d'Italie n'étaient pas plus alors qu'à présent fermées aux protestants; et il ne fallait pour y entrer ni 'soutane ni billet de confession. Il vaut mieux en croire Holsténius lui-même sur les motifs de sa conversion. « Depuis le moment , écrit-il à « Peiresc, où je commençai , fort jeune encore, « à goûter la philosophie platonicienne dans les •< ouvrages de Maxime de Tyr, de Chalcidius et " d'Hiéroclès, je sentis naître en mon âme un vif « désir, d'abord d'approfondir, puis d'éclaircir et « de propager, autant qu'il serait en moi , cette « divine méthode de philosophie. L'utilité infinie « que je retirai bientôt de ces recherches me « confirma singulièrement dans cette pensée. « En effet, voyant que Bessarion, Steucbus et « d'autres philosophes confirmaient, par les « écrits des Pères, la doctrine de Platon, je « m'enfonçai tout entier dans la lecture des ou- « vrages où ils ont traité, soit en grec, soit en « latin , de cette théologie contemplative et mys- « tique, par laquelle l'âme s'élève vers Dieu. Cette « lecture me conduisit à admirer de toute mon ■ âme la manière solide et divine dont les Pères r philosophent; et je me vis placé, à mon insu, « presque dans le sein de l'Église catholique. St- « Augustin, dans ses Confessions, fait de lui- « même un semblable récit. Ces contemplations « divines élevèrent tellement mon âme à la con- • naissance de la vérité, l'affermirent tellement, « que désormais elle ne se tratna plus autour de « ces petites questions, et de ces minutieuses dif- « Acuités dont les novateurs ont coutume d'em- « barrasser l'affaire de la foi. » On a dit que les jésuites, et particulièrement le P. Sirmond, avaient eu une grande part à la conversion de Holsténius , et que la société fit beaucoup d'efforts pour se l'attacher. Cela est avancé sur des indices qui ne sont pas des preuves. Nous avons quelques lettres de Holsténius au P. Sirmond; mais elles sont très-postérieures à l'époque dont il s'agit , et il n'y est parlé que de littérature. « J'ai toujours « évité avec le plus grand soin, écrit-il à Peiresc, « d'offenser en rien quelqu'un de cette société, « qui change en causes publiques les causes parci tlculières; mais je la cultive avec toute sorte « d'honnêtetés et de bons offices, et je reconnais « que je ne lui ai pas de médiocres obligations. » Cette lettre est de 1634, huit ans environ après la conversion de Holsténius ; et les obligations dont il est question peuvent s'entendre des démarches que le général de la société faisait alors auprès du cardinal Barberini pour faire obtenir à Holsténius quelque place stable et lucrative. Au reste , si nous avons remarqué qu'il n'est pas bien prouvé que les jésuites aient opéré le changement de religion de Holsténius, ni qu'ils aient voulu lui faire prendre

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leur habit, c'est uniquement par esprit d'exactitude : car il serait fort vraisemblable et fort naturel qu'ils eussent tâché de gagner à la communion catholique et à leur société un homme de ce mérite. Les frères Dupuy avaient inspiré au célèbre Peiresc une grande estime pour le jeune Holsténius. Peiresc, qui fut toujours plein d'un zèle ardent pour les lettres et les littérateurs, le recommanda fortement au cardinal François Barberini, qui , à cette époque, était en France, avec le titre de nonce du pape Urbain VIII , son oncle. EnlG27, Holsténius partit pour Borne, et il vécut dans le palais du cardinal , qu'il appelle justement son Mécène, son patron , son bienfaiteur. Il fut bientôt lié avec les hommes les plus distingués par leur rang dans les lettres et dans le monde : on le cherchait, on allait au-devant de lui. Enfin , il ne réussit pas moins en Italie, qu'il ne l'avait fait en Angleterre et en France. La bibliothèque du Vatican lui offrit beaucoup de secours pour son projet favori d'une édition des pelUs géographes. 11 se plaignit souvent des obstacles que lui opposait le peu de complaisance du gardien , qu'il compare au dragon des Hespérides. C'était alors Contiloro qui exerçait cette fonction. A Contiloro succéda Horace Giustiniani , dont il n'eut pas à se louer davantage, et dont il se plaint aussi, quoique avec moins d'amertume. L'étude des platoniciens, qu'il avait toujours aimés, le détournait un peu de ses géographes. Peiresc lui avait fait présent de plusieurs ouvrages inédits de Iamblique, de Proclus, d'Olympiodore, d'Hermias, deDamascius, de Théon, de Psellus; et, dans son zèle, Holsténius rêvait qu'il pourrait donner au monde savant le recueil de tous ces philosophes traduits et commentés. A ces deux grands desseins, il joignait celui d'une collection considérable d'homélies inédites de Pères grecs, recueillies par ses soins dans les différentes bibliothèques des pays qu'il avait successivement habités. Il avait même déjà, en 1627, contribué utilement à l'édition de St-Athanase publiée par les libraires de Paris. U était en même temps fort occupé de géographie positive. H avait fait, pour son cardinal, une carte de tout le territoire de Home , qui avait eu beaucoup de succès, et qui devint pour lui l'occasion et la cause de travaux très-considérables sur les voies romaines et sur les provinces appelées Suburbicaires. U méditait un ouvrage où il aurait consigné ses recherches , redressé les nombreuses erreurs de Cluvier, et où il aurait, d'après les passages des auteurs étudiés soigneusement sur le terrain et la mesure à la main , établi les véritables positions des lieux. Cet ouvrage n'a point paru ; mais il reste quelques-unes de ses observations dans des notes sur Cluvier, que nous indiquerons plus bas , et dans les cartes de la galerie géographique du Vatican, qui fut, en 1632, restaurée sous sa direction. A cette époque, l'existence d'Holsténius n'était pas encore fort brillante. U est vrai que son cardinal lui avajt

obtenu la prévôté de l'église de Hambourg; deux canonicats, l'un dan» l'église de Brème, l'autre dans celle d'Eutin ; une prébende et deux bénéfices simples dans celle de Lubeck. Mais la guerre de trente ans, qui désolait alors l'Allemagne, ne toi permettait pas d'en prendre possession; et plus lard, la paix, en confirmant les droits des luthériens, lui ôta de ce côté tout espoir de fortune, fl semble au reste qu'il était vers le même temps chanoine de Cambrai et de Cologne; et ces deux bénéfices n'étaient pas, comme les autres , au pouvoir des protestants. 11 fut , en 1020, chargé d'une mission qui lui fut très-avantageuse. Le pape l'envoya porter à Varsovie le chapeau de cardinal au nonce Santa-Croce, qui lui fit un présent considérable , et dont il s'acquit Pesthne et la bienveillance. Il revint à Rome, ayant encore augmenté ses collections littéraires; car il avait dans toutes les villes visité les bibliothèques, et recueilli partout des matériaux et des secours pour les grands travaux qui l'occupaient , et qu'il ne terminait pas , parce qu'il attendait toujours quelque pièce importante qui lui manquait ( Denys de Byzance, par exemple, dont P. Gilles avait eu un manuscrit que l'on ne pouvait retrouver), ou parce qu'il ne pou» Tait jamais réussir à se contenter; peut- être aussi parce qu'il craignait les jugements du public, et surtout parce qu'il était, à ce qu'il semble , de ces esprits laborieusement paresseux, qui aiment à changer d'occupation , à passer d'une étude à une autre, et qui, commençant dix ouvrages immenses, finissent par ne laisser que des recueils et des notes. A ses projets déjà si vastes H en joignit bientôt un autre , celui d'un recueil de tous les monuments, de tous les actes qui concernent l'histoire des papes. One lecture critique (PAnastase le Bibliothécaire , écrivain très-utile et trop négligé, l'avait jeté dans cette nouvelle élude. 11 s'aperçut bientôt qu'Alph. Chacon, Pan- ▼inio , Platina et les autres biographes des souverains pontifes laissaient beaucoup à désirer, et «'étant mis à chercher dans 1rs bibliothèques de Rome , il trouva un nombre immense de documents inédits de la plus grande importance : mais If recueillit et ne puhlia rien. La critique de la Bible, les monuments anciens l'occupèrent aussi. 0 coll.it ionn a des manuscrits de Y Ancien Testament; il fit un recueil considérable d'inscriptions. Mais ces travaux furent, ainsi que tous les autres, perdus pour le public. Balzac, dans une lettre à l'abbé Bouchard , a critiqué agréablement cette manie de llolsténius d'amasser toujours et de ne rien publier, ou de ne donner que de trèscourts morceaux. Cet abbé Bouchard vivait à Rome dans l'intimité de Holste'uius. « Je ne doute « point, lut dit Balzac, des grandes richesses de « M. llolsténius; je me plains seulement t'.e son « bon ménage. Que sert l'abondance sans la libé- « ralité?... Il faudrait qu'il possédât moins, ou « qu'il donnât davantage. Et quoique je sache qu'il

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« amasse pour la postérité, et qu'il enrichira nos « neveux, il me semble qu'A ne devrait pas ce- « pendant nous déshériter, ni garder la meilleure « partie de sa gloire pour un avenir qu'il ne verra « point. » En 1G36 le cardinal s'attacha plus particulièrement llolsténius : il lui confia la garde de sa bibliothèque, que quittait Suarès , promu à Pévéché de Vaison ; et Payant fortement recommandé au pape Urbain VTU, il obtint pour son protégé un canonicat du Vatican. Le successeur d'Urbain, Innocent X, ne témoigna pas moins de bienveillance à llolsténius; il le fit garde de la bibliothèque du Vatican , et avait même l'intention de lui donner le chapeau , en reconnaissance du zèle avec lequel il s'était employé pour accommoder les différends qui existaient entre lui et les Barberini. llolsténius fut aussi dans la faveur d'Alexandre VII, qui porta la tiare après Innocent. Alexandre le fit son commensal ; il le chargea de plusieurs grandes affaires. Ce fut Uoht :nius qui fui envoyé à Inspruck, auprès de la reine Christine, pour recevoir son abjuration, et l'admettre dans la communion catholique. Cette distinction tenait très-probablement au même motif qui l'avait fait choisir pour le voyage de Pologne, à sa connaissance de la langue allemande, que personne à la cour de Borne n'entendait et ne parlait. Cest ainsi qu'il avait été employé à la conversion de Frédéric , landgrave de Darmstadt, qui se fil catholique en 1G57. Depuis il employa son éloquence , avec un égal succès, à la conversion d'un grand seigneur danois nommé ilanzaw. Quoique catholique très-zélé , Holsténius s'opposa autant qu'il fut en lui à la censure , souvent trop rigoureuse , que la congrégation de Yhidex exerçait contre les ouvrages des réformés. Il obtint que le livre de Grotius , Sur la liberté de la *er, pût se vendre publiquement à Rome. Il défendit aussi Y Aristarqve tacré de Dan. (leinsius auprès de son cardinal. A cette occasion nous traduirons un passage d'une de ses lettres : « Un des cardi- « naux les plus distingués , qui se croit et à qui » beaucoup de gens croient un esprit peu com- « mun , se trouvait, il n'y a pas longtemps, a la « congrégation de la censure des livres, où il « était question tVexpttrger la bibliothèque de « Gesner, et comme les noms de tant d'écruains « lui donnaient de l'impatience , il dit tout haut « que s'il en était le maître il brûlerait la plus « grande partie des livres, et particulièrement « jusqu'au dernier ceux qui traiteul de Iittéra- « ture et d'érudition littéraire; en un mot qu'il « ne conserverait qu'un petit nombre de théolo- « giens et de jurisconsultes. » Le savant bibliothécaire avoue qu'il n'osa pas prendre en ce moment la défense des lettres contre un si injuste préjugé; mais il témoigna suffisamment ce qu'il en pensait en s'abstenant dès ce jour de paraître aux assemblées de cette congrégation. Ce qu'il faut encore remarquer et louer dans le caractère de Holsténius , c'est un extrême éloigue-

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ment pour certaines minutieuses difficultés qui embarrassent la théologie , et ont produit bien des schismes. Dam une congrégation qui eut lieu en 1639 pour le rapprochement des Grecs et des Latins , il ne craignit pas de dire que cette dé- [ plorable dissension qui sépare l'Église d'Orient de celle d'Occident doit élre principalement attribuée à ces hommes qui , par un rata amour de dispute, mettent tout en controverse, qui jugent arec témérité de choses qu'ils connaissent mal , et qui , au lieu de citer l'Écriture , les conciles ou les Pères , n'ont à présenter que de frivoles el faibles arguments. Dans l'été de 1639, Holsténius fut attaqué d'un mal de reins fort grave, et après diverses alternatives de santé et de rechutes, il mourut le t février 1661, à l'âge de 65 ans. Tl institua le cardinal Barberini son légataire universel , et dans la distribution de différents legs particuliers , il n'oublia pas la ville de Hambourg, a laquelle il fit présent d'un assez grand nombre de manuscrits grecs. Mats son neveu Lambecius fut oublié. Le caractère de Lambecius lui avait beaucoup déplu , et il avait même eu à lui reprocher un tort très-grave. Lambecius, qu'il avait pendant deux ans traité à Borne, moins comme un neveu que comme un fils, avait eu le projet de lui dérober plusieurs manuscrits. Son oncle en fut instruit, et ne lui pardonna jamais cette ingratitude et cette bassesse de cœur. Pour ne pas enfler cet article, déjà bien long, de détails importants, et que F on peut voir d'ailleurs la Cimbria litterata de Mol 1er, nous passerons à l'indication rapide des ouvrages de Holsténius. L'on trouve dans le Proelus d'Elmenhoret, publié à Leyde en 1617, une petite pièce de vers ïarabiques adressée par Holsténius à l'éditeur. C'est, à ee qu'il semble, la première fois que son nom parut en public, n fit imprimer, dans la même année, une élégie latine sur la mort d'Éric Sandmann, fils d'un médecin de Hambourg; et en 1627, époque de son arrivée à Rome, il célébra, par un épithalame en vers pbyleuques , le mariage de Taddéo Barberini et d'Anna Côlonna. Malgré la gravité de ses études, Holsténius aima toujours la poésie latine, et la euhiva même avec succès. On trouve dans ses Lettre* fpag. 89 , 461) quelques vers qui ont du mérite et de la facilité, fl en avait fait d'autres, qui sont perdus, ou que du moins nous n'avons pu trouver. Nous avons , par exemple, inutilement cherché ceux qu'il composa, à la demande de Peiresc, sur la mort de l'orientaliste Schickard. En 1621 il avait fait réimprimer l'Institution péripatétique de Nunuesius. H contribua utilement, comme nous l'avons déjà dit, par la traduction latine de sept homélies , à l'édition de SaintJAthanasc donnée à Paris en 1627. 11 ne fut pas moins utile à celle iTEusèbc , que le P. Vigier publia en 1628, en corrigeant sur un manuscrit île la bibliothèque du roi le traité contre Hiéroelès, et en y joignant de bonnes remarques. Elles ont été réimprimées par Oléarius, qui a

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placé ce traité d'Eusèbe à la suite de la Vie d'Êpollonius par Philostrate. Un ouvrage plus important, c'est l'édition grecque et latine qu'il donna à Borne , en 1630, de la Vie de Pythagort et du traité de l'Antre des Nymphes par Porphyre. H y joignit une dissertation sur la vie et les écrits de Porphyre, que l'on peut appeler un chef-d'œuvre de critique et d'exactitude. Holsténius, dit Buhnkenius au commencement de sa Vie de Longia, « Holsténius, homme d'une grande et profonde « érudition , a traité de la vie , des études et des « ouvrages de Porphyre avec une telle diligenct, « qu'il a laissé un modèle de la manière d'écrire » la biographie savante. » Les différents éditeur! de Porphyre ont réimprimé le travail de Holsténius, et Fabricius a inséré la Vie de Porphyre dans 1e 4« volume de sa bibliothèque grecque. C'est un des morceaux que l'on peut regretter de ne pas trouver dans l'édition de Harles. Holsténius mit au jour, en 1638, les Pensées de Démocrate, de Déraophile et de Sccundus, en grec et en latin. Ces courts et minces opuscules n'avaient pas encore été imprimés. Gale les a redonnés depuis dans ses Opuscula mytfiologica ; et il a conservé les petites notes du premier éditeur. Dans la même année, Naudé donna le traité de Sallustiua, sur les dieux et le monde , traduit par Léo Allatius , avec des remarques que Holsténius lui avait communiquées. On les trouve aussi dans le recueil de Gale, que nous venons de citer. En 16(1, Holsténius envoya à Elzevir quelques notes sur Apollonius de Rhodes. Il les avait extraites des marges de son exemplaire. Elzevir les mit à la Ga de Y Apollonius de Ikfltzlin , où elles ne remplissent pas tout à fait six pages, et valent peut-être autant que les 360 pages du commentaire de HBltzlin. Crauioisy imprima en 1644, à Paris, le Traité de la chasse d'Arrien, avec la traduction latine de Holsténius ; Sarrau la trouvait fort mauvaise. « Qui pourrait, écrit-il à Saumaise, soupn çonner qu'il y ait tant de fautes dans une n traduction faite par un si habile homme? • Blancard , dans sa collection des Opuscules d'Arrien , a conservé la version de Holsténius , mais en y faisant quelques corrections. En 1655 Holsténius fut l'éditeur des Antiquités de Prénetle par Suarès. En 1660 11 voulut publier à Rome un recueil d'actes pontificaux, connu sous le titre de Liber diurnus pontijicum Romaiiorum. L'ouvrage fut supprimé sur-le-champ par le pape Alexandre VII; mais vingt ans après le P. Garnicr l'imprima librement à Paris. En 1661, année de la mort de Holsténius, parut à Borne son édition des règles données par les anciens pères 3ux moines et aux religieuses. Il n'eut pas le temps de mettre la dernière main à ce recueil (Codrx regularum. etc.), qui reparut à Paris trois ans après. Le cardinal Barberini, héritier de ses manuscrits, Qt paraître à Rome, en 1662, une collection de synodes et autres monuments ecclésiastiques, dont Holsténius avait commencé

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l'impression. L'année suivante, la passion de St-Boniface , et celle de Ste-Perpétue et de Ste-Félicité, et des remarques importantes sur le martyrologe de Baronius, furent publiées i Rome d'après ses manuscrits. H. de Valois joignit, en 1673, à son édition de l'histoire d'Évagre, trois dissertations sur des matières ecclésiastiques, que Holsténius avait composées autrefois pour l'Académie Basilienne. On appelait ainsi une réunion littéraire fondée par le cardinal Barberini , et dont les assemblées se tenaient dans le couvent de St-Basile. C'est peut-être aussi pour cette Académie qu'il composa la description d'un Xymphaum, la dissertation De Pila Staffilari, et une remarque sur le Milliaire d'or, que Graevius a insérées dans le 4e volume de son Trésor des antiquités romaines, et que Rickius avait déjà imprimées à la suite des notes de Holsténius sur Ëtienne de Byzance. Ces notes, l'un des plus importants ouvrages de Holsténius, et celui qui donne la plus haute idée de son érudition géographique, furent mises en ordre et publiées en 1679 par Rickius , à qui le cardinal Barberini les avait remises. Il y joignit un éloge de Borée , badinage que Holsténius avait composé pour l'Académie des Humoristes, et qu'il eût peut-être mieux valu ne pas tirer de l'oubli. Le cardinal Barberini rendit un meilleur service à la mémoire de Holsténius et i l'érudition en se chargeant lui-même de publier de nombreuses remarques sur la Géographie sacrée du P. Charles de St-Paul , sur l'Italie de Cluvier et le Trésor d'Ortélius , que Holsténius avait en mourant confiées à ses soins, et qui sont le résultat de travaux considérables et d'une lecture infinie. Ces remarques furent publiées à Rome, en 1666, à part, et sans le texte des auteurs; ce que nous remarquons, parce que l'on a dit, à l'article de Chaules de St-Paul, que sa Géographie avait paru à Rome , celte même année, avec les notes de Holsténius, ce qui n'est pas exact. M. Boissonade a publié à Paris, en 1817, in-8°, un recueil assez considérable de lettres de Holsténius, adressées à Peiresc, Boni , Nicolas Heinsius, Lambecius, Sirmond, Dupuy, et autres savants hommes de ce temps. Elles sont au nombre de 114, dont 48 étaient inédites. Presque toutes sont intéressantes, et contiennent sur la vie de Holsténius, sur ses travaux et sur l'histoire littéraire de cette époque des rensei-

Sements que l'on chercherait vainement ail- 1rs. B — ss.

HOLT (Frascis-Lcdlow) , jurisconsulte anglais, mort à Kensington le 29 septembre 1844, était fils d'un ecclésiastique. Reçu au barreau le 27 janvier 1809 , il sut se former une nombreuse clientèle, et en 1826 il fut nommé vice-chancelier de Lancashire, poste qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il a publié en anglais plusieurs ouvrages de droit assez estimés , et parmi lesquels nous nous contenterons de citer : 1° Loi sur la diffamation (the Law of libelj , outrage contenant l'historique

général de cette loi dans les anciens codes, 1812, in-8° ; 2» Traité sur la loi et C usage du parlement dans le cas de privilège et d'abandon, 1819; 3° Système de la législation maritime de la Grande- Bretagne, 1820 , 2 vol. in-89, auquel il ajouta un Supplément en 1 824 ; 4* Recueil des procès jugés en Nisi Prius dans les Common PU as de 4815 à 1823 ; 5» De la loi sur la banqueroute, d'après U nouvel acte de George IV. ck. 6, 1827, in-8", trois parties. 6° On lui doit une ou deux pièces de théâtre et une comédie intitulée U Pays où nous vivons, imprimée en 1806. Holt a été pendant plusieurs années le directeur du Messager de la semaine (the Wcekly messenger). E. D — s.

HOLTY (Louis-Heiou-Christophe) , poète allemand, naquit à Mariensee, dans l'électorat de Hanovre, le 21 décembre 1748. Ses heureuses dispositions furent secondées par son père , auquel il dut sa première instruction : à dix -sept ans il se rendit à l'école de Celle pour y achever ses études , et à vingt ans il se rendit à Gœtlingue pour y étudier la théologie et acquérir toutes les connaissances nécessaires aux fonctions de pasteur, auxquelles il se destinait. Mais son goût dominant le ramenant vers les belles-lettres, il se livra en même temps avec plus d'ardeur à l'étude des anciens , et acheva d'apprendre les langues modernes. Gœttingue vit se former alors une société littéraire , dont les membres principaux étaient Fliilty, Voss, Burger et les deux comtes de Slolberg. Ces jeunes poètes se réunissaient tous les samedis pour s'entretenir d'objets de littérature et juger leurs travaux respectifs. HOlty, dont le père ne pouvait subvenir aux frais de son entretien à Gœtlingue, se mit à donner à des étrangers des leçons de grec et d'anglais , et i traduire des ouvrages de celte dernière langue. Mais sa constitution naturellement faible ne ré* sista point à ses travaux multipliés , et il mourut d'une phthisie pulmonaire, le 1CT septembre 1776, à l'âge de 28 ans. 1161 ty était d'une douceur inaltérable dans le commerce ordinaire de la vie, d'une grande simplicité , très-sérieux et enclin à la mélancolie. Les scènes riantes de la nature et de la vie champêtre, les sombres forêts et les cimetières, le retour du printemps, l'amour, l'instabilité des choses humaines, la mort, inspirèrent alternativement à sa muse des chants tristes ou gracieux. Une grande sensibilité règne dans ses ouvrages, et Pon y rencontre partout les sentiments d'un homme vertueux. U a souvent la simplicité d'Anacréon , et quelquefois la philosophie d'Horace, dont il n'atteint que très-rarement l'élévation. Son style se distingue en général par la facilité et la pureté, ainsi que par l'abondance des images. Toutefois le volume qui renferme ses œuvres, composées d'idylles, d'odes, de chansons et de ballades, aurait pu être réduit, plusieurs de ses pièces étant peu remarquables pour le fond et même pour le style. Ses ballades sont loin de valoir les modèles de ce genre qui existent

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dans la littérature allemande. 11 réussit mal à

r'ndre les vices des hommes et les ridicules de société, et il manie sans succès l'arme de la plaisanterie ; mais il n'en est pas moins, dans son

Senre, un poète classique et national. Vingt-neuf e ses pièces ont été recueillies dans l'Anthologie lynqne de Matthisson , et dix-huit ont été mises en musique par Reichhardt : enfin plusieurs sont devenues des chansons populaires. La dernière et la meilleure édition de ses œuvres est celle qui a été revue par son ami Voss, sous le titre de Points deL.-H.~C. H&lty, Hambourg, 1814, in-8«. Hoïty a aussi traduit de l'anglais les ouvrages Suivants : 1° le Connaisseur, feuille hebdomadaire par Towe, Leipsick, 1778, in-8°, dont il a retranché tout ce qui était d'un intérêt purement local et national ; 2° Dialogues politiques et moraux, de Hurd, Leipsick, 1775, in-8u; 3* OEuvres philosophiques du comte de Shafterbury, l« volume, Leipsick, 1776, in-8°. Les 2* et 3* volumes furent traduits par Voss, après la mort de Htflty. D — u.

IIOLWELL (Jean-Sopbome), écrivain anglais et membre de la Société royale de Londres, naquit i Dublin en 1711 ; mais il reçut son éducation en Angleterre. Son père , qui le destinait au commerce , l'envoya en Hollande : un travail excessif causa au jeune homme une maladie , dont il ne

Sérit que par les conseils de Boerhaave , et qui inspira un dégoût insurmontable pour les affaires mercantiles. Alors son père le plaça comme élève chez un chirurgien de Londres. Holwell , après avoir exercé son art dans les hôpitaux, s'embarqua pour le Bengale en 1732. Des voyages qu'il fit aux golfes Persique et Arabique lui fournirent l'occasion d'apprendre l'arabe , et à Calcutta il étudia l'hindoustani et les divers jargons en usage dans les Indes. Après plusieurs courses dans l'intérieur du pays en qualité de chirurgien de régiment, il fut nommé dans la même qualité au comptoir de Daca. Rendu à une vie sédentaire, il commença ses recherches sur la théologie des Hindous. U passa ensuite à Calcutta comme médecin et chirurgien principal de cette résidence , et parvint au rang de maire. Sa mauvaise santé le força de revenir en Angleterre en 1 749. U obtint l'approbation des directeurs de la compagnie pour divers plans de réforme , et, à son retour au Bengale, en 1751 , il les mit à exécution. Les directeurs furent si satisfaits de sa conduite , qu'ils rélevèrent à une jlace supérieure dans le conseil. En 1756, il en .tait la septième personne. Au mois de juin , Sé- ■adje-êd-lVoulab, nabab du Bengale, vint attaquer Calcutta. Le gouverneur et les anciens du conseil ivaienl abandonné cette ville : les membres resants, les habitants et les troupes déférèrent in anime me nt le commandement à Holwell. 11 se Dontra digne de leur confiance ; car il soutint ou rageusement le siège , jusqu'à la dernière exrémité , avec une garnison faible et une place oal fortifiée, contre un ennemi implacable. Celte

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