‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 86 sur 106 · MOL · texte numérisé non relu

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résistance irrita tellement le nabab, qu'au mépris de la parole donnée à Holwell, dans la capitulation pour sa sûreté personnelle, il le fit jeter, avec cent quarante-six autres personnes, dans un cachot de dix-huit pieds carrés, qui ne recevait l'air que par deux soupiraux placés à une extrémité. Ces malheureux demeurèrent enfermés une nuit entière dans ce souterrain devenu fameux sous le nom de Trou noir (Black holc). Le lendemain il n'en restait que vingt-trois en vie. Holwell a, dans un écrit simple et touchant, raconté l'agonie de ses compagnons d'infortune. Au sortir de ce cachot, H fut envoyé chargé de fers à Mourchédabad. Le 31 juillet , la Begoum obtint du nabab, qui était son petite fils, la liberté d'Holwell , sur le témoignage favorable qui fut rendu de la douceur et de l'équité qu'il avait montrées envers les Hindous quand il présidait la cour des Zémimlars. Bientôt Holwell rejoignit les débris de la colonie, et en décembre les Anglais reprirent Calcutta. La secousse que sa santé venait d'éprouver le força de revenir une seconde fois en Angleterre. Ses services éminents et ses talents le firent designer pour succéder à Clive comme gouverneur du Bengale ; mais ce ne fut qu'en 1759 que ce général lui remit le gouvernement. Holwell le remplit d'une manière honorable pour lui, et avantageuse pour la compagnie. Vers la fin de 1760 , U vit arriver son successeur : au mois de février suivant, il se démit de tous ses emplois, et, en mars, s'embarqua pour l'Angleterre, où il eut beaucoup de peine à rétablir sa santé. Il passa le reste de ses jours dans la retraite , jouissant tranquillement de la fortune considérable qu'il avait acquise par de longs travaux, et, ce qui est remarquable, sans avoir donné lieu à aucun reproche. Il consacra tout son temps à l'étude, et mourut, le 5 novembre 1798, à Pinner , dans le comté de Middlesex. Holwell a été le premier Européen qui ait étudié les antiquités de l' Hindous tan. Mais comme il ne savait pas le sanscrit, il a commis des erreurs: il n'en a pas moins le mérite d'avoir indiqué la route à ceux qui l'ont suivi. La prise de Calcutta lui fit perdre beaucoup de manuscrits hindous, entre autres , deux copies des schastras et une traduction d'une partie considérable d'un de ces livres, à laquelle il avait consacré dix-huit mois. Il recouvra ensuite quelques-uns de ces manuscrits; ce qui le mit en état de reprendre ses travaux. On a de lui , en anglais : 1° Relation de la mor* déplorable des Anglais et autres personnes suffoquis dans U Trou noir du fort William à Calcutta, dans le royaume de Bengale, la nuit du 20 au 21 juin 1756, Londres, 1757, 1 vol. in-8». La lecture de cet écrit fait frissonner d'horreur. Holwell dut la vie à l'un de ses compagnons qui lui survécut, et qui l'avait bissé approcher d'un soupirail pour respirer. *> Divers Tnsiiis sur Flnde, Londres, 1763, 1 vol. in- i1. Ils sont relatifs aux affaires de la compagnie. Holwell, à son retour, n'eut pis à

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se louer des directeurs, qui ne firent pas pour lui ce que ses services semblaient exiger : de* pamphlétaires écrivirent contre lui ; il leur répondit. La relation !ju*ecédcnte a été réimprimée dans ce recueil. 3° Événements historiques intéressants rtlrttift au Bengale et à f Hindotutan , suivis ée la mythologie des Gentous et d une dissertation sur la mé-

tempsyeose, Ibid., 1764-1771, 3 vol. in-8°, fig. Le» deux premiers tomes ont été traduits en français, Paris, 1768, 2 roi. in-8». Cet ouvrage contient l'histoire de lUindoustan depuis la mort d'Aurengxeb jusqu'en 4780; on y trouve plusieurs faits curieux : maison y désirerait un peu plus d'ordre. L'auteur expose ensuite les dogmes des Gentous qui suivent les sehastras, donne l'histoire de ces livres, celle de la création de l'univers, etc., mais il se laissa souvent tromper par les pandits , et il accorde trop d'autorité aux sehastras. 4° Détails sur la manière d'inoculer la petite vérole dans ifiindoustan. ibid., 1767, in-8*. Ces détails sont intéressants. 5° Nouveau» estais sur la manière de prévenir tes crimes, ibid. , 1786, in-80. Le moyen que propose l'auteur consiste principalement à

6° Dissertations sur l'origine , la nature et les occupations des êtres intellectuels, sur la divine providence, la religion et le culte, ibid., 1787, 1 vol. m -8°. Ce dernier ouvrage offre des opinions bizarres ; par exemple : le» anges créés par Dieu ayant failli, les moins mauvais sont devenus hommes, chiens, chevaux ; les plus méchants ont «Hé changés en lions, tigres et autres bétes féroces. Il parait que la doctrine de la métempsycose avait fini par s'emparer de la tête de l'auteur. On a mal à propos attribué A Holwell l'édition anglaise du roman chinois Haà Kiéou lehouén, traduit de l'anglais en français (par Kidous ) sous le titre à'Hau kiuu choaan. Ce curieux ouvrage, qui donne une idée plus exacte des mœurs chinoises qu'aucune relation de voyageur a été traduit en anglais et publié par le révérend Thomas Percy, évéque de Droraore, d'après une version portugaise faite par un missionnaire. E— «.

HOLYDAY (Babten), théologien anglais, né vers 1393, à Oxford, où son père était tailleur, se distingua éminemment comme prédicateur. Il devint chapelain du roi et archidiacte d'Oxford. Au fort de la rébellion , il trouva un refuge aux environs de cette ville; mais lorsqu'il vil la défection du parti royaliste, il parut adopter le parti contraire, qui lui donna la cure île Chihon, au comté de tierk. Il rentra néanmoins dans son archidiaconat après la restauration , et mourut à Iflley, le 2 octobre 4 66L. Quoiqu'il eut de son temps de la réputation comme poète, les traductions qu'il a laissées des satires de Juvénal et de Perse sont absolument dépourvues des charmes de la poésie; c'est cependant celui de ses ouvrages qui est le plus estimé aujourd'hui, mais Seulement •pour la fidélité de la traduction et pour le mérite des notes. Dryden , dans la dédi-

cace de sa traduction de Juvénal et de s'explique à ce sujet d'une manière assez plaisante : « S'il se lut agi, dit-il, de rendre presque « vers pour vers le sens exact de ces auteurs, « Bar te n Holyday l'avait déjà fait avant nous; et, « à l'aide de ses savantes notes et de ses éclair- « cissements, on peut comprendre non-seulement « Juvénal et Perse, mais (ce qui est plus obscur ), « les vers mêmes du traducteur. • 11 ajoute qullélyday a saisi le sens de Juvénal, mais que sa poésie lui a toujours échappé. La deuxième édition de la traduction de Perse parut en 4646 , et la quatrième à la suite de «elle de Juvénal en 1673, in- fol. Les autres ouvrages d'Holyday sont : 1° vingt sermom, publiés à différentes époques; 8° Tetnnogamia. ou le Mariage des art», comédie, 1630; elle avait été jouée en 1621, en présence du roi Jacques I", par les étudiants d'Oxford. 3° Phihsophke polito-earàarvs speeimvn , m guo de anima et ejus habilHus intellectuaUmu quarstk aliquot ii bris duohss iUustrantur, 1635, 4° Description du monde, poème en 10 1601, in-8».

HOLYOAKE (Fumas), en latin , comme il ». gnait lui-même, Fruneùeus de Saeru-Quercu , savant anglais, né vers 1967, à Nether Wiiibere,

Oxford et dans son pays natal , recteur de South a m dans «on comté, et membre de la convocation du clergé dans la première année du de Charles hr. Après avoir beaucoup souffert dant les guerres civiles par suite de son attachement à ce prince, il mourut le 13 novembre 1053. On lui doit un Dictionnaire étymologigue des mots lutins, publié en 1006, in-4°, imprimé pour la quatrième fois en 1633, avec des additions.— Thomas Holyoake, son Ois, né près <k Soutbam ea 1616, mort le 10 juin 1675, a composé, plan laissé par son père, un Dictionnaire ■ iatin, et taim-amjtais, publié en 1677, en un gros volume in-folio. L'auteur étudia à Oxford, devint chapelain de «on collège , prit les armes pour h cause du roi , devint capitaine, et rendit de si grands services, que pour 1e .récompenser on il fit docteur en théologie , ee qui parait assez étrange. Après la reddition d'Oxford , il pratiqua la médecine avec succès dans son pays natal jusqu'à la restauration. Alors il prit les ordres, fat recteur de Wbitness, près de Warwiek, et ensuite quelques bénë

HOLZBAUËR (Ignace), habile compositeur èt musique .et conseiller de le chambre des finances de l'électeur palatin, naquit à Vienne -en 1718 : il y reçut les premières leçons du célèbre Faces Il se rendit ensuite à Venise, puis revint à Ti

Ut ensuite a Venise, puis revint a Vienne de son art le rappela bientôt en Italie; 11 séjourna deux ans à Milan. En 4745, H fat nomme directeur du théâtre de la courde Vienne, et se fit connaître avantageusement par un grand nombre de compositions de différents genres. LJ s'attacha depuis au duc de Wurtemberg, qui l'as»

pela à SMIgard et le fit son maître de chapelle. 0 ie fui ensuite à Manheim. En 1736, Holzbauer fit un troisième voyage en Italie, et visita Bologne, Florence et Venise. Il mourut à Manheim, le 7 avril 1783. Ses opéras ont Joui d'une grande réputation en Allemagne et) en Italie. Il fit exécuter il Figli* itUt tek* à Sehwetzingen, en 1783; Atari, à Turin, en 1787 ; Alexandre dan» 1er Mer, à Milan, en 1758 : cette pièce eut trente représentation* de suite. Son opéra de Guntfur de Schmarubourg, composé sur des paroles allemandes, fut esécuté à Manbeim en 1776, et obtint Un bonneuis de la gravure. Holzbauer a publié en outre, à Manbeim, depuis 1760 jusqu'à sa mort, un grand nombre de kl ester, de Jfofefe. de Puante*. d'Oratario, dont la Mort do Jètue. Judith, le Jugement **

^rdée et8Urt0Ut UDe aUemande' fl"' 8*

cet auteur. ' s¥mf »

HOLZER ,JfcAN-RoDOLPHi.). né à Berne, s'acquit de la réputation par son application à l'étude de l'histoire de sa patrie. \l mourut en 17364 On a de lui un recueil des alliances des Suisses avec I» France, publié en 1732, et ua autre des alliances de différents cantons entre eux ,. Berne , 1737, in-4». U— ii

1MI.ZK vi SEK (BARTHéLEMi), né a Langnau, près d'Augsbourg, en 1613, quitta dès ses jeunes ans la maison et la profession de son père , simple Mrdonnier, chargé de onze enfants, pour suivre ioagout qui le portait à l'étude et à la piété. U iliait, dans cette vue, sollicitant des secours sur •a route en chantant des hymnes religieuses. )es personnes charitables s'intéressèrent à son. ort. U fut admis comme enfant de chœur dans me maison fondée pour les pauvres étudiants à ieuLourg.etysuivitsrshumanités.tnsuiteilobtiot i nourriture au collège des jésuites, à ingolstadt. ù il fit sa philosophie. Là, au lieu de se distraire onuue les autres dans les intervalles de se» élues , il aimait à se recueillir, et il lisait l' Imitaon. Un jeune homme riche, son condisciple', attacha à lui , et l'aida à prendre ses degrés en îéologie. Holzhauser avait l'esprit tourné à la mtemplalion, mais ses dispositions étaient bieni santés et actives : avide d'exercer à son tour lté charité dont on avait usé envers lui , il ic reliait à procurer des ressources aux élèves udieux et peu aisés. Ayant reçu le sacerdoce i 1630, il forma le projet de rétablir pour les Vtres la vie commune des temps apostoliques, lté institution différait de celle des frères ercs , établis à une époque où la transcription s manuscrits était l'objet principal de ces oonéga lions (vou. Gésard G no ut). Le but de celle-ci lit de faire des pasteurs. C'est à Tittmoningen , ès de SalUbourg, que Holzhauser, de concert se quelques zélés ecclésiastiques , fonda cet Je établissement: en, même temps il érigea un ninaire dans cette dernière viUe, afin de pré-

parer les jeunes élèves à suivre l'esprit de son institution. Les soins auxquels il se livrait pour la diriger et l'étendre , l'exercice des vertus qu'il recommandait et pratiquait , le firent charger successivement de diverses cures, à Tittmoningen mémo, à Léoggenthal , dans le Tyrol , et à Bingen, près de Mayence, où il mourut en 1688, à l'âge de 48 ans. Le bon Holzhauser, dont l'extrême dévotion épuisait l'activité et les forces, passant les nuits en prière et souvent les jours sans prendre de nourriture, se trouvait fréquemment dam un état de méditation voisin de la rêverie. Dès sa première école a Neubourg, et chez les jésuites d'ingolstadr, il fut sujet à des visions; à Léoggenthal, il eut des révélations; à Bingen, il fit des prédictions. On rapporte qu'il avait annoncé d'avance les malheurs dont l'Angleterre et son roi devaient être frappés , et que sa réputation lui ayant attiré la visite de Charles M , réfugié alors en Allemagne , il le rassura pleinement par ses prédictions. I /auteur anonyme de sa Biograpnie latine, publiée à Mayence en 1757, désigne un assez grand nombre d'ouvrages d'Hohrhauser, qui ne sont pas tous des visions. Nous indiquerons stulement de l'un et de l'autre genre r 1° Comtétutioriet rum ex cm tri s derieorum tcecularmm in eommuni vivent ium , imprimées d'abord àV Cologne en 1662, et ensuite à Saltabonrg, a* Rome, à Mayence , etc. Ces constitutions furent confirmées par le pape Innocent XI, en 1680. 2°Un Traité de l'amour de Oiru (en allemand), composé lors des études théologiques de Fauteurs Ingolstadt1, et un autre De humilitate , du même temps, publié par l'ordre de l'archevêque de Mayence en 1(H>3, et souvent réimprimé depuis. 3° Opuseulum nsionum variante* . La biographie anonyme assure que ce livre de visions, rédigé à Léoggenthal par Holzhauser, obtint I approbation des théologiens d'I ngolstadt , et qu'il le présenta lui-même à 1 ' empereur Ferdinand IN' et è l'électeur Maximiiien , duc de Bavière. Dans ces visions, publiées plus d'un siècle après par appendix à sa biographie , on a rapporte, sur la foi d'une prétendue révélation faite par lui en 1748, une prophétie supposée, en quatorze vers latins, et relaUv.- au père de Joseph 11, empereur d'Allemagne, annoncé comme le restaurateur de la croix et des lis. Mais M. l'abbé Viguier, en montrant d'après l'événement la fausseté du texte moderne de cette prédiction, fait connaître en même temps un texte ancien de Fauteur, qu'il donne en vingt-deux vers élégiaques, sous le titre de la Véritable prophétie du vénérable Holxnauter (Paris, 1818, 1 vol. in-12) , et il l'applique singulièrement aux époques de la révolution et de la restauration dont l'Allemagne, la France et l'Italie ont été les témoins. La biographie anonyme , réimprimée en 1799, ne porte point Vappendtx; mais elle est suivie d'un commentaire sur YApocalypte, attribué à Hblshaiiser, où l'on prédit qu'un monarque puissant doit tout rétablir, et régner en Orient et en Occident. L'époque énon-

cée par les mots qui nostro tœatlo ventwrut eti décèle encore la même imposture dans la prédiction, rapportée soit à l'empereur d'Allemagne, soit au dominateur trop fameux qui commençait à s'élever à l'époque où a paru la nouvelle édition de la biographie d'Holzhauser. C'est ainsi que la flatterie, qui s'autorisait d'un nom 'pieusement accrédité pour appuyer ses prétendus oracles , s'est trouvée de nouveau démasquée et confondue. G— ce.

HOMAIDAH, chéri f de la Mekke, de la dynastie des Katadahides(qui, aprèsune domination de plus de six cents ans, a été dépouillée, de nos jours, par Mohammed-Ali, vice-roi d'Égypte), disputa à ses frères, les armes à la main , Van 701 de l'hégire (1302), la succession d'Abou-Namy Mohammed, dont il était le second fils. 11 finit par s'accorder avec l'atné, Romalthah, et tous deux régnèrent en même temps et avec une égale autorité sur le Hedjaz , dont la Mekke est la capitale. Mais le sultan d'Égypte, Nasser-Mohammed {toy. Nasse» ), dont ils avaient secoué la suzeraineté, les fit arrêter l'année suivante par l'émir Bibars, qui conduisait la caravane des pèlerins dans la ville sainte. Bibars, ayant mis sur le trône leur frère Aboui Ghaïth, emmena au Caire les deux princes rebelles. Ils s'évadèrent en 1305, chassèrent Abou'l Ghaïth et recouvrèrent en commun la souveraineté ; mais au bout de quatre ans, la discorde se mit entre eux, ils se firent la

Serre, et Homaldah, vainqueur, resta possesseur trône. L'an 713 (1314), le sultan d'Égypte envoya des troupes à la Mekke, dans le temps du pèlerinage, pour y rétablir Abou'l Ghaltb et y arrêter Homaldah, qui la faisait gémir sous sa tyrannie. Le célèbre prince et historien Abou'l Feda (roy. ce nom) , qui figurait dans cette expédition comme officier supérieur et comme pèlerin, reçut un ordre direct du sultan pour se rendre maître par force ou par adresse de la personne d'Homaldah; mais le rusé chérif avait abandonné sa capitale pour conserver au moins sa hberté. Abou'l Ghaïth fut donc encore rétabli dans la souveraineté de la Mekke , qu'il ne sut

1>a* garder ; car ayant imprudemment congédié e corps de troupes égyptiennes qu'on lui avait laissé, Homaldah revint brusquement l'attaquer, le vainquit et le fit périr en 1314. Toutefois il eut la prudence de ne rentrer dans la Mekke qu'après le départ de la nouvelle caravane de pèlerins, et en resta maître quelque temps sans opposition. Mais son frère Romalthah s'étant rendu d'Arabie en Égypte pour réclamer le secours du sultan contre le tyran de la ville sainte, Nasser Mohammed accueillit sa demande et le renvoya en Arabie avec un corps de troupes choisies. Homaldah vint à leur rencontre à quelques journées de la Mekke, vers la frontière de l'Yémen, avec douze mille hommes, et après un rude combat, livré à la fin de décembre 1315, il fut mis en déroute et se renferma, avec les débris de son armée, dans 1

une de ses forteresses. 11 y soutint un siège jusqu'à ce que , se voyant réduit à toute extrémité, et craignant de tomber au pouvoir de l'ennemi, il s'enfuit secrètement avec trois ou quatre hommes , abandonnant aux vainqueurs sa famille et d'immenses trésors, et à Romatthah la dignité de chérif. Il se rendit l'année su i vante à la cour d'OldjaYtou, khan mongol de Perse, qui, pour le protéger, donna ordre au gouverneur de Bassora de mettre des troupes à sa disposition; mais la mort du monarque persan roy. Oldjaitoc) et les mesures que prit le sultan d'Égypte firent avorter cette entreprise et aggravèrent la position d'Homaldah. Presque toutes ses troupes auxiliaires désertèrent : il ne restait plus à leur général que trois cents Tartares et quatre cents Arabes, lorsqu'il fut attaqué près de | Bassora par le gouverneur qui lui avait succédé. Après un combat inégal, il parvint à se sauver avec trente-huit hommes. Homaldah échappa aussi au carnage, mais il perdit son harem, ses trésors, et revint en Arabie dans un dénùment absolu. Ses intrigues avec H om ait h ah provoquèrent, en 1318, la disgrâce de ce chérif, qui fut arrêté à la Mekke, emmené en Égypte et remplacé par leur frère Otbalfah. Sans ressources, sans espoir et voyant l'inutilité de ses efforts pour affranchir la Mekke et l'Arabie de la domination égyptienne, Homaldah prit le parti de se soumettre et de venir en personne à la Mekke se livrer à la discrétion de son suzerain; mais son projet contrariait les vues de trois mameluks transfuges auxquels U avait accordé l'hospitalité , et qu'il croyait s'être attachés par la reconnaissance ; ils l'assassinèrent pendant son sommeil, au pied d'un arbre, en juillet 1319, et dans l'espoir d'obtenir leur grâce, ils portèrent sa tête à la Mekke, d'où elle fut envoyée au sultan. Ainsi se terminèrent les aventures d'un prince qui, n'ayant jamais fait que do mal , ne fut regretté de personne. Le sultan pardonna facilement à Romatthah, qu'il ne jugeait pas dangereux, lui rendit la liberté et le renvoya à la Mekke, pour y partager avec son frère Otbalfah les honneurs et la faible autorité do chérifat. a — t.

HOMANN (Xbaji-Baptiste), géographe allemand et graveur de cartes, naquit le 20 mars 1663 à Kamlach , village de la principauté de Mindelbeùn en Souabe. Ses parents étaient catholiques. U voulut d'abord embrasser la vie monastique ; mais bientôt il changea de dessein , renonça au catholicisme, et alla s'établir à Nuremberg. Après y avoir appris la gravure, il tira parti de son talent; et son goût particulier le décida à l'appliquer aux caries géographiques. U travailla, entre autres, pour Sandrart. La réputation qu'il acquit à Leipsick, où il avait coopéré à diverses entreprises, et les encouragements qu'il reçut de quelques savants, lui firent naître l'idée de publier luimême ses cartes et de les vendre pour son compte. U commença donc en 1702, à Nuran-

berg, son établissement si connu dans tonte l'Europe SOUS le nom d'offidna Homanniana. La première carte, qu'il fit paraître cette même année, fut le Théâtre de la guerre en Italie : elle obtint le plus grand succès, et dès lors Homann ne cessa d'en publier de nouvelles. Comme il avait joint l'étude de l'astronomie à celle de la géographie, elles offraient un degré d'exactitude connu jusqu'alors, et que l'on ne trouvait que dans les cartes de Delisle. Il s'efforçait cesse de se procurer des matériaux noumais quoiqu'il ne négligeât rien pour donner la plus grande correction à son travail , ses cartes laissent encore beaucoup à désirer. Il en grava plus de deux cents , dont il forma un

recueil universel sous le titre A' Atlas, auquel il joignit une introduction de Doppelmayer. Il publia ce recueil en 1716, et continua ensuite jus-

ra sa mort à produire de nouvelles cartes pour compléter. U faisait aussi des sphères, des globes, en un mot tout ce qui tenait à la géographie. Il avait formé le projet, de concert avec Doppelmayer, de publier un Atlas astronomique ; il n'eut pas le temps de l'achever, étant mort le 1" juillet 1724. Ses travaux lui avaient valu, en 1715, son admission à l'Académie des sciences de Berlin. L'empereur Charles VI l'honora du titre de son géographe, et lui fit présent d'une chaîne et d'une médaille en or. En 1722 , le czar

Pierre I" le nomma son agent, et le gratifia aussi d'une chaîne et de deux médailles en or. Indépendamment de Y Allas cité plus haut, on en doit à Homann un autre intitulé Atlas methodicus explorandis juventtm profeetUms in studio geograpkieo ad methodum Hubnerianam accommodatus, Nuremberg, 1719, in-fol. Cet Allas, composé de dix-neuf cartes , est précédé d'une introduction explicative en quatre feuilles. Les noms ne sont indiqués sur les cartes que par leurs lettres initiales , afin que les élèves s'habituent a les reconnaître d'après leur position, lia sont écrits tout au long dans l'introduction. Doppelmayer publia Y Allas astronomique commencé par Homann {voy. Doppel MATER). — Jean-Christophe Homann, son OU, né à Nuremberg le 22 août 1705, étudia la médecine, et prit ses degrés à l'université de Halle. U fut nommé médecin de sa vil h' natale, et n'en continua pas moins le commerce de son père. Ses nombreuses occupations et ses infirmités l'engagèrent à prendre Franx pour l'aider. Il lui légua son fonds, et mourut le 22 novembre 1750 (coy. Franz). E— s.

HOMBERG (Guillaume) , célèbre chimiste , né à Batavia le 8 janvier 1652, était fils d'un gentilhomme saxon employé au service de la compagnie hollandaise des Indes orientales : son père le destinait à l'état militaire; mais les circonstances l'ayant déterminé à repasser à Amsterdam avec sa famille , Homberg entreprit de refaire entièrement son éducation, qui avait été fort négl avoir achevé rapidement ses pi

études, il alla étudier le droit aux universités de Iéna et de Leipsick, et se fit recevoir en 1674 avocat à Hagdebourg, ville qui devait aux expériences physiques d'Otto de Guéricke un nouveau genre de célébrité. Quoiqu'il fût alors sérieusement appliqué aux affaires de son cabinet, nomberg ne laissait pas de rassembler des plantes pour en examiner les caractères, et de passer une partie des nuits a observer le cours des astres. Ce fut ainsi, dit Font en elle, qu'il devint botaniste et astronome sans y penser et en quelque manière malgré lui. Le bruit des découvertes d'Otto de Guéricke lui fit rechercher son amitié; et il fut bientôt lié avec cet habile physicien , qui lui révéla ses secrets, ou du moins ne put les dérober à sa pénétration. Son goût pour les sciences naturelles s'accroissait chaque jour, et finit par le détourner de ses occupations. Ses amis voulurent l'y ramener, en le forçant de se marier : il échappa à leurs importunités en partant pour l'Italie. Q étudia à Padoue la médecine, l'anatomie et la botanique; à Bologne, Il travailla sur la pierre phosphorique qui porte le nom de cette ville; à Rome, il apprit de M arc- An t . Celio, bon mécanicien , à fabriquer de grands verres de lunettes. Riche de tant de nouvelles connaissances , il vint en France; mais il ne s'y arrêta que quelques mois, et passa en Angleterre pour entendre l'illustre Ho vie. De retour en Hollande, il suivit les leçons de Graaf , savant anatomiste , et se rendit ensuite à Wittemberg, où il se fit recevoir docteur en médecine. Son père lui écrivit alors pour l'engager à se donner entièrement à l'exercice de sa profession ; mais cet arrangement n'entrait point dans ses vues : plus il savait, plus il se sentait tourmenté du désir d'apprendre. Il reprit bientôt le cours de ses voyages, et visita l'Allemagne, la Hongrie, la Bohême et la Suède, recherchant partout la société des savants , et s'tnstruisant par ses propres observations. Il traversa ensuite la Hollande, et revint en France, oû Colbert, informé de son mérite, le fixa par des offres avantageuses (1682). Homberg perdit peu après son protecteur , et encourut la disgrâce de son père pour être rentré dans le sein de l'Église romaine. Ce double malheur lui fut d'autant plus sensible qu'il n'avait jamais songé à s'assurer une existence indépendante. Il était dans cette situation, lorsqu'un alchimiste de ses amis, voulant le convaincre de la possibilité de faire de l'or, lui fit présent d'un lingot qu'il prétendait avoir fabriqué lui-même; et Homberg avouait que cette tromperie lui avait été faite assez à propos. 11 eut quatre cents francs de ce lingot; et cette somme lui servit pour retourner à Rome (1685), où il pratiqua la médecine avec beaucoup de succès. L'abbé Bignon le rappela en 1691 à Paris, et le Ut agréger à l'Académie des sciences, nouvellement organisée. Homberg était alors connu par ses phosphores, par une machine pneumatique plus parfaite que celle de Guéricke, par ses mi-

croacopes et par une foule de découvertes en chimie. Sa réputation ie fit choisir en 1702, par le duc d'Orléans, pour lui enseigner la physique; et, deux ans après , ce prince le nomma son premier médecin, avec un traitement considérable. Des soupçons planèrent sur lui a l'occasion des empoisonnements qui frappèrent la famille royale et dont le duc d'Orléans fut accuse par le peuple •l'être l'auteur. Le duc d'Orléans, ne pouvant obtenir de Louis XIV qu'on le jugeât, avait obtenu que son médecin et malin* de -chimie , Homberg, entrât à la Bastille pour y être jugé; mais cet ordre fut aussitôt révoque (»oy. Obléism). Homberg avait épousé en 1708 la fille du médecin Dodart, qu'une conformité singulière de goût et d'humeur lui avait rendue chère ; aussi son mariage ne ralentit point son ardeur pour l'élude. Une dyssenterie à laquelle il était sujet depuis quelques années, et qu'il se oonlentait de guérir sans en détruire la cause, l'emporta au milieu de ses travaux le 24 septembre 1715. m Jasais, dit Fou- « tenelle, on n'a eu des mœurs plus douces m plus « sociables. Une philosophie saine et paisible le « disposait à recevoir 6ans trouble les différents « événements de la vie, A celte tranquillité d'âme « tiennent nécessairement la probité et la droi- « ture. » Homberg n'a point publié de corps d'ouvrages; mais il a inaéré dans le ReoueU de l Académie des sciences, années 16» et suivantes, quarante-huit mémoires, tous singuliers, curieux et intéressants. On se contentera de citer les principaux : 1° Manière de faite Se phosphore brûlant de Kunckel, année 1002. C'est le phosphore d'urine aujourd'hui généralement connu. 2° Diverses expériences dv phosphore, ibid.; 3° Réflexions sur i expérience dès larmes de verre qui se brisent dans le ride , ibid. ; 4° Expériences sur la germination des plantes, année 1003; 5" Essais de chimie, années 1702, 1705, ITOU^Oq en trouva

par le miroir ardent , 1702; 7° Analyse du soufre

commun, 1703; 8° Découverte d'une liqueur oui dissout U verre. 1703; »• Observations sur tes araignées, 1707; 40° Mémoire àmrhant les végétations artificielles, 1710; 11" Manière de copier sur le verre coloré les pierres gravées. 1712. C'est à IJomberg qu'on doit cette branche d'industrie, et la multiplication d'un grand eeanx précieux. 12e de l'or d'avec l'argent par la fonte. 1713; 13" Sur différentes végétations métallioms. 16112; — Sur les dissolvants du mercure. 1700; — Sur la génération du fer, 1705; — Sur la vitrification de l'or, 1707. Ho m Ut g s'était beaucoup occupé des métaux, et ■'était pas éloigné de croire à la pierre philosophais On peut consulter, pour plus de détails, CuauftVpié et le P. Niceron. W—s.

HOME (David), ecclésiastique protestant, issu d'une famille distinguée d'Ecosse, fut élevé en France, où il passa la plus grande partie de sa vie. il» l'employa à

s'étaient élevés entre Dumoulin et THenus, ai sujet de la psstificmtaon . ainsi qu'à amener tous kl protestants de l'Europe à une seule forme de doctrine; ce qui (ut reconnu impraticable. Outre quelques morceaux insérés dans les DeUeixr poetmrum Seoiorum et VApohtgia hmulica. seu Machmvelli ingmium examinaient., 1020, ia-4°, qui est son principal ouvrage, on lui attribue les deux ouvrages suivants, écrits en français : !• Le contreassassin, ou Réponse à l'Apologie des je mènes. Genève , 1612 , in-8f; 2° L'aseassmat du rot i , mm Maximes du vieil de la Montagne, pratiquées en 4m personne de défunt Henri le Grand , 1617, iu-8* L.

HOME IU m*.. . lord luîmes . Ecossais également distingué cemme jurisconsulte et comme écrivain, naquit en 1696 à Kami s, dans le comté de Berwick. Le défaut presque absolu de fortune fat un aiguillon qui le poussai rechercher l'ànstruelMJU. Reçu avocat en 1724, il publia plusieurs ouvrages estimables sur la jurisprudence. Bientôt il est une nombreuse clientèle. U se délassait en se livrant à l'agriculture ; et il est le psemier qui ait

ture anglaise. Il fut élu , en 1752, un des juges de la cour de session , et parut en , eu cette

vint, en 1763, un des lords du justicier , inlmnal criminel en Ecosse. Il mourut, le 27 décembre 1782 , à l'âge de 87 ans, regrette pour ses talents, ses qualités sociales et ses vertus. Sa vie, pissée alternativement dans le monde, où il brillait par sa conversation, dans son cabinet, où il faisait succéder la littérature aux sciences les ptas abstraites, et dans les tribunaux , n'offre aucun incident remarquable. Protecteur des lettres, de l'agriculture et «les arts utiles , il a écrit un grawd nombre d'ouvrages; voici les principaux : 4° la*. c nions remarquables de la cour dm i è 1728, 1728, 1 vol. in-fol. ; 2»

sujets de jurisprudence , 1 732 , 1 vol . în-8* ; > « liane de la cour do session depuis sa \ toison jusqu 'à Sonnés 1740. abrégées atl des titres convenables , en forme de 4 1744 , 2 vol. in-fol. ; 4* Essaie sur divers sujets concernant les antiquités britanniques . 1747 , 1 vol. in-8» ; 5° Essais «sr les principes de morale et de religion naturelle, 1751 ; c'est celui de ses outrages dont on a le plus parlé, et qui lui fait peut-être

de la doctrine appelée dessus Xécessité philosophique ; doctrine qui n'avait rien d'étonnant sous la plume de Hobbes, detioltintet de David Hume, mais qui devait exciter un cri d'indignation, étant adoptée par un écrivain jusqu'alors connu par d'excellents principes de morale. On l'attaqua dans divers écrits : dans une subséquente édition de ses Easais . il changea les endroits qui avaient donné lien a la censure , mais n'en conserva pas moins jusqu'à la mort sa façon de penser. D'un autre coté, quelques personnes, même |>armi celles qtlij

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