‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 93 sur 106 · BON · texte numérisé non relu

BON

srcs, dit le 9evne, né a Londres, en 1580, fut supérieur à son frère. Sa minière est fer» m piquante. Tl a gravé prusiesrs rosrceaui 4V • mm positron , et d'autres d'sprrs les Bieilkr! maîtres flamands. On ignore répaqoe précise àfi mort : mais son estampe de FCylerûpierAd'aam Lucas de l.eyde, est datée de 1644, et l'an ami croire qu'il a vécu peu au delà de cette éaoaat.l'ii a de lui : 1° Prerstantitsimormm d/ienrf tketof»** ■ Hum effigier <m t<r. la Haye. M, b>

fol.; 2» Thentnm honoris in q*o p>Omm Bdfamgnfortrm imaginer, etc., Amsterdam, H$to,iaM 5° Pompa funebris Caroti V, imp.. Bnuint ctktrata. la Haye, 1619, in-fol. ; 4" fhstihimaU f fer rpre tire , en flamand ( traduite en Ira»!»»;.' A. G. S.}, la Haye, 1045, ouvrage dontoaui»! cas , mais qui a élé surpassé dépôts. — OmHam Hovonm, son fils, né à la Haye en 1 601 , aparit d? son père les principes on dessin. Il i'etaèlrt I Dantzig, et s'appliqua partrcwlierrHinri 1 grm le portrait. On estime surtout ceux qu'il a «totrv d'après van Dyck. Cet artiste , dosé At swa»j' d'intelligence, rendait la nature arec inx cn*> ■ vérité. *-».

ROM (Williau), écrivain anglais, si à Bâta ta 1779, fat d'abord destine par ses parents» l'étal' des lois, qu'il abandonna bientôt pour s'etaai' imprimeur-libraire è l/ondre» (IHOUj. Lalortofut loin de lui sourire. Il éprouva des parte «:• «derables et un incendie détruisit en partit M établissement. Il résolut alors de ebrrritr taies lettres les ressources nécessaires à lai ri 1 sa famille, lu 1806a publia son premier cw> Jardinier de» bosquets iShawsCardeoer),ausM nom ne commença à attirer l'attention du pi* qu'après 1816. Cette année il donna uDeiénitl' satires politiques dont l'une, intitulée U Mm* podtiqne conttntite par Jacques (PoliHeal boirvtlui Jack built), n'eut pas moins de eiarjuanlr BsUau, Sou Krund uuoeés vint peut-être aies fpm(iC bois qu'y dessina George (irtrioksliiok, dont m talent fat OU reste popularisé par crtte œowt * Mnisvn politique de Hone , comme tout « (■ ' île la vogue à l.ondres, rit naître auttorarilt une Ion le de publications rivales du me»rpw. mais il n'en continua pas moins ses *atiro,d»i queltpaes-unes sont dans le genre laarresfa- .1 ne d'eMes, écrite contre le guuvrrnejueoL, ajpfaaal d'une parodie sur la Uturgie, fat l'osjet Jr pMrsuites devant les t rilumaux. Mont preatak *• méane sa oufense, «fui fat fart geéux du aawVet il fat acquitte par le jnrv . Après avoir*» en 1825, an Uvrc très-ctarieus : * ancien* sngstèret, il commença ea IBaî 1» f*1"' cation de r£oary day's Book. ie livre tl( t*"» 1 1 jours, revue «clhiomatlaire intéressante et slructive, mais qui n'eut pas assci de débit p«« le mettre à l'abri du besoin lui et sa (anuUc-* composant alors de dix enfants Arrêté pj dettes, il coDlmua dans sa prison r*ViV|"l' , puis peaaaet les années làtî, Ut» *

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1820, il ûl le Table Book et le Ytar Book. Tant de travaux pourtant ne suffirent point à le sortir de la misère. Ne pouvant entreprendre de nouvelles publications, il se mit aux gages des éditeurs et travailla pour les reçues et magasins jusqu'à sa mort, arrivée le G novembre 1813. On trouve dans tous les écrits de Hone une grande variété d'études et des recherches sérieuses et approfondies. E. D— s.

HONERT ou ÏIOXAERT (Roch van des), chevalier, né à Dordrccht vers la fin du 16* siècle, remplit dans sa patrie les premières charges administratives et diplomatiques, et se fit également considérer par la noblesse de son caractère et par l'étendue de ses connaissances. Envoyé en 1027 comme ambassadeur dans le Nord pour travailler à le pacifier, il a publié le journal de celte ambassade dans un volume in-i° de format oblong, enrichi de gravures d'Abraham Boot, Utrecht, 1632. Hooft, à mesure qu'il avançait dans son travail, lui soumettait les cahiers de son histoire; et il est difficile de rien imaginer de plus honorable que cette confiance, floncrt cultivait aussi avec distinction la poésie latine, et il a laissé deux tragédies dans cette langue, savoir : 1° Thamar, Lcyde, 1611 ; 2° Moïse brisant Us tables de la loi (Moses nomochstes), ibid. II mourut le 30 janvier 1038, âgé de près de 66 ans. — Jean et Taeo-llajo IIo.xert, théologiens protestants, de la même famille, et professeurs à l'université de Leyde, morls l'un en 1740, l'autre en 1758, ont laissé de nombreux écrits dans le genre polémique. M-on.

IÎONESTE (Saint), né à Nîmes, au commencement du 3» siècle, fut retiré de l'idolâtrie, éclairé des lumières du christianisme et ordonné prêtre par St-Saturnin, l'apôtre de la Narbonnaise, qui devint e'véque de Toulouse. Le disciple alla prêcher l'Évangile dans la Navarre et dans la Biscaye ; il convertit St-Firmin à Pampelunc et l'associa dès lors à sa pieuse mission. Honeste mourut en Espagne, l'an 260. Toulouse et Paris prétendaient posséder son chef, et un grand nombre d'églises de France s'étaient partagé le surplus de ses reliques. V. S. L.

IIONIGER (Nicolas), philologue allemand, élait né dans le 16* siècle, à Ronigshoven, petite ville de Franconie. Il consacra sa vie à la culture des lettres avec beaucoup de zèle ; mais ses utiles et nombreux travaux n'ont pu garantir son nom de l'oubli. Cité pour quelques-unes de ses traductions par Fries dans son abrégé de la Bibliothèque de Gcsner, il l'a depuis été par d'autres bibliographes qui ne nous ont transmis que les titres de ses ouvrages sans y joindre aucun renseignement sur l'auteur. C'est à lui que l'on doit Pédition du Dictionnaire grec de Budé, Bâlc, 1585, in -fol. y avec des corrections. Il a traduit en allemand: i° Description de l 'empire ottoman, avec l'histoire des Turcs, Baie, 1573, 1583, 3 vol. in-fol.; 2° une histoire abrégée des papes (Spéculum papa romani), ibid., 1586, b>4°; 3» Examen du conciU

I de Trente, par Innocent Gentillet, ibid., 1587, in-4" ; 4° Histoire du nouveau monde, de Jérôme Benzoni (roy. ce nom ). Cette version fait partie de la Collection allemande des grands voyages publiée par Isaac et Théodore de Bry. Les curieux recherchent de Honiger l'ouvrage suivant : Tropugnaculum rastitatis ac pudicitia, fortitudinis constantia-que fam virginum quam uxorum. Baie, 1551 ou 1575, in-8°. Les deux éditions de ce livre sont également rares (roy. le Manuel du libraire, par M. Brunei). W— s.

HONORAT (Saijit), treizième évéque d'Arles, issu d'une famille illustre originaire de Rome , et qui avait donné des consuls à l'empire, naquit peu après la première moitié du 4' siècle, probablement vers les confins de la Lorraine et de la Champagne. St-Loup , qui depuis fut son disciple et devint évêque deTroyes, avait épousé sa sœur. Honorât reçut une éducation conforme à sa naissance , et fut instruit dans les lettres humaines. Quoique né d'un père païen , il se sentit de l'attrait pour les vérités de l'Évangile et reçut le baptême. Il résolut même de renoncer au monde, et Venance, son frère atné, partagea ce pieux dessein. Après avoir vendu leurs biens, et en avoir distribué le prix aux pauvres, tous deux partirent pour Marseille, où Us s'embarquèrent avec un saint vieillard nommé Caprais, qu'ils prirent pour leur directeur. Ayant abordé en Aehale après une navigation fatigante, Venance mourut à Mt thone, aujourd'hui Modon, dans la Morée. De retour dans les Gaules, les deux voyageurs s'arrêtèrent quelque temps près de Fréjus, et, de l'avis de Léonce, évéque de cette ville, allèrent s'établir à Lérins, Ile alors déserte et remplie de bêtes venimeuses. Ils y fondèrent un monastère, depuis devenu fameux. On fixe l'époque de cette fondation entre les années 400 et 410. Peu de temps après, Honorât fut ordonné prêtre. Cependant le monastère florissait, et de nombreux disciples , parmi lesquels on compte St-IIihirc d'Arles, y affluaient. Honorât leur donna une règle, en partie tirée de celle de Sl-Pat0me, et dont les auteurs du terni * louent la sagesse. Il y avait trente-cinq ans qu'Honorât gouvernait cet établissement en qualité d'abbé, lorsque le clergé et le peuple d'Arles le demandèrent pour évêque. Ce ne fut qu'avec répugnance qu'il se rendit à leur vœu. Il n'occupa ce siège qu'un peu plus de deux ans, étant mort en 429, le 14 ou le 13 de janvier. Le martyrologe romain marque sa fête le 16 du même mois. En 1301 ses reliques furent transportées à Lérins. 11 ne nous reste rien de ses écrits, quoiqu'on ait lieu de présumer qu'ils étaient nombreux. St-llilaire, qui lui succéda sur le siège d'Arles , et qui a composé sa vie , parle de ses lettres de manière à en faire regretter la perte. Cassien lui avait adressé sept de ses conférences. — St- Honorât, septième évéque de Marseille, né vers l'an 420 ou 425, était disciple de St-IIllaire d'Arles. Quelques-uns reculent son épisco-

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pat jutqu'en 483. On ne sait de lui que ce qui en est écrit dans le dixième chapitre des Hommes illustres de Gennade, si toutefois c'est à Gennadc qu'il faut attribuer ce chapitre. Honorât y est peint comme un grand et saint évêque . parlant arec une extrême facilite' des choses de Dieu, rompant le pain de la parole non-seulement aux ouailles qui lui étaient confiées, mais encore aux habitants des Tilles voisines et à de nombreux auditeurs qui venaient de loin pour l'entendre. Sa bouche, suivant l'expression de l'auteur, était connue un vaste magasin de toutes les richesses contenues dans les divines Écritures; Os suum quasi arnvirium Scripturarum. Le pape Gélase Ier l'avait en grande estime, tant pour la pureté de sa foi que pour son éloquence ; ce qu'il lui témoigna en lui adressant un resrrit honorable. Ainsi ce saint évêque vivait encore du temps de Gélase, c'est-à-dire de 492 à 496. De beaucoup d'homélies et de vies de saints qu'il avait composées, il ne nous reste que la Vie de Saint-Hitaire, son maître. Le P. O'iesnel l'a fait imprimer à la fin du premier volume des OEucres de St- Léon. L — T.

HONORÉ, pape. Voyez Hokomus.

HONORÉ DE SAINTE-MARIE (Blaise Valzelle, plus connu sous le nom de Pire), religieux carme déchaussé, naquit à Limoges en 1651. (1 embrassa la vie monastique à Toulouse , et fut chargé par ses supérieurs d'enseigner aux novices la théologie et la philosophie. Son zèle pour la propagation de la foi lui faisait désirer vivement d'être employé dans les missions du Levant, et il reçut avec une joie inexprimable l'ordre de s'y rendre. Il demeura plusieurs années à l'Ile de Halte, fut promu à son retour à différents emplois , et mourut à Lille en 1729, Agé de 78 ans. C'était un homme savant et laborieux. Il a publié un grand nombre d'ouvrages, dont on trouvera la liste détaillée dan? la Bibliothèque des carmrs. On se contentera de citer ici les principaux: 1° Traité des indulgences et du ju/tilè, Bordeaux, 1701, in-12; troisième édition augmentée, Malioes, 1725, in-12; 2» Problème proposé aux savants touchant Us livret attribués à St Dcnys l'Aréopagite. Paris, 1708, in-8°. Le Journal des savants le cite avec éloge. 3" Tradition des Pères et des auteurs ecclésiastiques sur la contemplation, Paris, 1708, 2 vol. in-8° ; traduit en italien et en espagnol ; 4° Des motifs et de la pratique de f amour de Dieu, ibid., 1713, in-8°. Ce volume fait suite à l'ouvrage précédent. 3e Réflexions sur les règles et sur l'usage de la critique, touchant Chistoire de l'Église, les ouvrages des Pères, les actes des anciens martyrs, les vies des saints, etc., Paris, 1712-1720, 3 vol. in-4°. C'est l'ouvrage le plus important du P. Honoré, et celui qui a eu le plus de succès. 11 a été traduit en latin, en italien et en espagnol. L'auteur y établit les règles d'une saine critique, également éloignée de la faiblesse qui craint d'examiner et de l'audace qui ose attaquer les chose» les plus respectables :

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mais on trouve qu'il n'a pas toujours su faire luiniêra - une sage application des régies qu'il mit tracées. 6° Dissertations historiques et ttWfm sv la chevalerie ancienne et moderne, séculière H rip Itère. Paris, 1718, in-4° avec figures. Il y a de l'endition etdes recherches curieuses dans retournât. 7° La VU de St-J. an de la Croix, Tourna) , ITT, in-12 ; elle fut écrite à l'occasion de la canonisation de ce saint par le pape Benoit XIII. 8» 0> serv/itions sur l'Hittoire ecclésiastique de >7«rj (Malioes), 1726, 1727, 1729, m 12, 4« édition a 1 740 , sous le titre de Dénonciation de Ikttoirt. Les autres écrits du P. Honoré sont relatif* an jansénisme et à la huile Unigenitus . et par conséquent n'offrent presque aucun intérêt aujourd'hui. Il préparait une édition des Vies des patruries de l'Orient, par Flodoard, et il a laissé en manuscrit quelques autres ouvrages que l'on conservait dans la bibliothèque de son coûtent i Lille. M'-s.

HONORIA (Justa-Grata) , fille de l'empereur Constance et de Placidie, naquit à Raieune a 417. Elle n'avait que trois ans lorsque soo père mourut, et elle demeura sous la tutelle de PUcitlie , femme vaine et ambitieuse , plus occupé d'intrigues et de plaisirs que de l'éducation Jt sa fille. Honoria était douée d'une rare beauté; mais son titre d'Auguste ôl ait aux jeunes grnsqvi l'entouraient l'espoir d'obtenir sa main. Ole se crut condamnée au célibat , et céda au peocbiot qu'elle ressentait pour Eugène , l'un des chambellans de l'empereur. L'imprudence de Plao*iic instruisit le public de la honte de sa fille. Hoooria fut envoyée à Constantinople, où elle pas quatorze ans, sous la garde des sœurs de l'empereur Théodose, uniquement occupée de pratique» religieuses, et tellement surveillée, qu'aucune & ses démarches ne pouvait être secrète. L'ennui qui la consumait lui fit prendre une résolut*» bien extraordinaire : instruite des succès d'Attila, et quoique ce barbare ne lui inspirât «foc de l'horreur , elle osa solliciter sa prolectioo pour sortir de la captivité où elle gémissait. Elle lui fit remettre par un eunuque une bague pour gage de sa foi , et l'invita à la réclamer won* son épouse (voy. Attila). Sa correspondance awt le roi des Huns ayant été découverte, Uowni fut enlevée de Constantinople , mariée à un particulier obscur et reléguée au fond de \1tifo> où elle acheva dans un cloître une vie, dit *" bon , qui aurait peut-être été exempte de cri»» et de malheurs si elle ne fût pas née k A* d'un monarque. On ignore la date précise àt » mort, mais elle ne doit être placée qu'âpre» l'année 453. Il existe une médaille d'or frappe* en l'honneur de cette princesse; elle porte»11 revers le monogramme du Christ , arec cette lf gende : Salus rei publtca.

HONORIUS I~, élu pape le 14 mai (SU, w ■»» et dix-huit jours après la mort de Boni»** > auquel il succédait, était originaire de uup»n*

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et fils du consul IVtrnne. L'Église était affligé alors par l'hérésie du monothélisme, dont les sectaires ne voulaient attribuer qu'une opération et une volonté à Jésus-Christ, quoiqu'ils reconnussent en lui deux natures. C'était détruire le mystère de l'Incarnation. Sergius, patriarche de Constantinople, était le chef de cette doctrine. Il l'exposa dans une lettre qu'il écrivit à Honorius , en lui faisant observer que cette opinion avait rallié beaucoup de schismaliques , surtout parmi les eutychéens, qui s'empressaient de rentrer dans le sein de l'Église. L'empereur Héraclius favorisait aussi cette opinion : le pape se laissa séduire, et donna son approbation à Sergius. Le moine St-Sophrone, qui fut depuis évéque d'Alexandrie, écrivit avec force pour combattre cette erreur. Sergius revint à la charge , et Honorius persista dans les mêmes sentiments. Le sixième concile de Constantin l'i'lf, tenu en 680, condamna cette doctrine et analhématisa la mémoire d'Honorius. Cette sentence fut confirmée , en 767 , par le second concile de Nicée. Honorius mourut en 658 , la même année que le roi Dagobert , et i l'époque où la puissance de Mahomet commençait à devenir redoutable. Son pontificat avait duré douze ans et près de cinq mois. Le pape Jean IV et St-Maxime entreprirent son apologie. S'U est vrai qu'à parler rigoureusement il fut coupable d'erreur, il parait qu'il eut aussi des qualités estimables : il fit des largesses considérables aux églises, en bâtit quelques-unes, en répara beaucoup d'autres, et renouvela tous les vases de St-Pierre. Il contribua avec zèle à la conversion d'Êdewin, roi de Northumberland. On trouve de ses lettres dans la collection des conciles, dans la bibliothèque des Pères, et dans Ughelli. Le P. Merlin, jésuite, a publié un petit volume sous le titre d'Examen exact et détaillé du fait d'Honorius. H eut pour successeur Séverin. D— s.

HONORIUS II, élu pape le 21 décembre 1124, succédait à Calixte II : il se nommait Lambert de Fagnan, et était né dans une condition médiocre, au comté de Bologne, dont il avait été archidiacre. On lui avait reconnu de l'instruction , et le pape Pascal lui avait donné l'évéché d'Ostie. Son élection fut assez vivement disputée. Une partie des évéques et des cardinaux avait déjà élu et revêtu de la chape rouge Thibaud , cardinalprêtre du titre de Sainte - Anastasie , lorsque Robert Frangipane et les gens de sa faction se mirent à crier: Lambert, évéque d'Ostie , pape! et le revêtirent des ornements pontificaux. Le tumulte fut d'abord assez considérable, mais Thibaud , qui avait déjà pris le nom de Célestin , se démit volontairement. C'est cet antipape d'un jour que Lenglet-Dufresnoy a nommé mai à propos Calixte. Honorius eut, à son tour, du scrupule sur la validité de son élection. Il se dépouilla des marques de sa dignité : mais les cardinaux le réhabilitèrent solennellement, et la paix fut rétablie entre les partis. Honorius voulut mécon-

HON m

naître les droits de Koger, comte de Sicile et duc de Pouille et de Calabre, sous prétexte qu'il n'avait pas reçu de lui l'investiture. Il lui opposa Robert, prince de Capoue, et Ht la guerre à Roger ; mais celui-ci , plus habile guerrier que son compétiteur, fut enfin reconnu par le pape. Honorius prit part à la querelle de l'évêque de Paris, contre lequel son clergé s'était révolté, à cause de la réforme qu'il voulait y introduire. Louis VI s'était laissé prévenir contre l'évêque , et celui-ci, inquiet des dangers dont il était menacé , avait mis les terres du roi en interdit. Honorius avait d'abord annulé les actes de l'évêque, mais Sl-Bernard prit avec chaleur son parti, et le pape changea d'opinion. L'évêque de Paris triompha. Honorius favorisa la conversion de la Poméranie, entreprise par St-Olhon, évêque de Bamberg, et sollicitée par le duc de Pologne, Boleslas. Il donna aussi, de concert avec le patriarche Élienoe. l'habit blanc aux Templiers, dont l'ordre venait d'être nouvellement établi. On trouve plusieurs lettres de ce pape dans la collection des conciles, et dans le recueil de D. Martène, d'Achery et d'Ughelli. Honorius mourut au monastère de St-André, le 14 février 1130, et fut enterré dans l'église de Latran , après un pontifleat de cinq ans et deux mois. H eut pour successeur Innocent IL D — 6.

HONORIUS III fut élu pape à Pérouse le 18 juillet 1216, deux jours après la mort d'Innocent III, auquel il succédait. Le nouveau pontife s'appelait Cencio Saveili. Il était Romain de naissance t sa capacité dans les affaires l'avait fait distinguer dès le temps de Clément III , qui l'avait nommé camérier de l'Église romaine. Il s'était élevé peu à peu jusqu'à la pourpre, et était devenu successivement cardinal-diacre du titre de Sle-Luce, et depuis cardinal-prêtre du titre de St-Jean et de St-Paul. Son premier soin fut d'écrire au roi de Jérusalem pour l'assurer de son zèle en faveur des croisés, ensuite aux évêques de France pour relever le courage des pèlerins, puis à l'empereur de Constantinople pour lui promettre son appui contre les schismatiques et les Grecs, enfin, au patriarche latin, en l'exhortant à conserver l'union avec l'empereur, sans préjudice des droits de l'Église. Honorius s'occupa ensuite de l'élection de Pierre de Courtenay, qu'il couronna empereur d'Orient, et qui fut pris bientôt après par Théodore Comnène, et jeté en prison, où il mourut. Les affaires d'Angleterre exigèrent bientôt toute l'attention du pape. Jean Sans-Terre était mort, et laissait à son successeur, Henri III, le fardeau d'une guerre contre le prince Louis, Ois de Philippe-Auguste, qui prétendait à la couronne, et soutenait son parti à la tête d'une armée. Ce prince s'était jeté en Angleterre, comptant sur la protection d'Innocent III, qui avait d'abord persécuté le roi Jean , et lui avait depuis rendu son amitié. Honorius, animé des dernières pensées de son prédécesseur, négocia avec le prince français. Il employa tour à tour les prières elles menaces,

éerivi» aux baron* et aux évéqurs anglais que la mort de J.-hti leur était tout prétexte de révolte, rahorta dans le même sens l'arehevrque dtr Bordeaux et les seigneurs de Guyenne à rentrer dans lenr devoir de sujets Mêle», et parvint enfin r susciter contre le fil» du roi «le France un parti auquel re prince dut céder. La croisade de Palestine occupait encore lotis les esprits. Horion us y mettait tout son zèle. H avait engagé le roi ilr Hongrie à joindre ses forces à celte» des croisés. Mais le Portugal et l'Espagne étaient désolés par les armes des Maures. Des divisions de familles s'étaient élevées pour la succession aux trônes île Castille el de Léon. Le midi de la France était affligé de la guerre contre les Albigeois. Honorius rbereha à triompher de tonte* ces dfflfcidtès, en

ïniilKVAniMl .Indu I ■ m* ,. „ ri n n I t *- " 1 , — . » | Z »

mu i venant «lans tontes ces querelles, ou il mettait toute l'ardeur de son caractère et le p

autorite. Son but principal était de donner an k la croisade; et ce fut dans cette

vue qu'llonorius couronna empereur d'Allemagne Frédéric II, qu'Innocent III avait déjà reconnu comme roi des Romains. Ce prince, qui devait i l n- tourmenté si cruellement par les successeurs d'Honorius, était roi de Sicile, et rendit en cette qualité hommage au pape. Le nouvel empereur promit arec serment de se transporter sous deux ans au ptus tant en Palestine, et le pape reçut celle promesse avec joie. Cette bonne intelligence fût cependant altérée dans la suite par iraelques prétentions d'Honorius qui blessaient l'autorité dn roi relativement à la nomination des éveques, qne le pape voulait instituer comme seigneur suzerain du royaume de Sicile; et ce fut là le germe de ces fatales divisions qui éclatèrent sous les pontificats de Grégoire IX el d'Innocent IV. En France, les relations dw pape eurent pour objet principal la guerre contre les Albigeois Honorius, qui protégeait la maison de Moiilfort contre les comtes de Toulouse, avait plus d*Une fois pressé Philippe-Auguste de prendre part dans cette querelle et de soutenir Simon de Montfort. Le pope renouvela les mêmes instances auprès de LouisVtN, successeur de Iliilippe. Louis était occupe' alors à poursuivre en Poitou le recouvrement de* provinces confisquées sur le roi Jean, père dn roi d* Angleterre Henri NI, a cause du meurtre d'Arthur. Le pope essaya de le détourner de cette entreprise, en l'exhortant à se croiser contre le» Albigeois. Louis soutint la justice de son droit ; mais enfin il céda, laissa respirer Henri et alla mourir au siège d* Avignon. C'est ainsi que les papes prétendaient se rendre les arbitres des querelles des souverains, changer leurs guerres politiques en guerres religieuses sons le prétexte que, la plupart dès guerres étant injustes et par conséquent autant de péchés, le chef de l'Eglise avait le droit d'en juger les motifs et d'en interdire l'exécution, Ce système avait été inventé depuis la naissance des croisades. On ne voyait qu'armements de celte espèce. Outre la croisade de la Syrie , M y

en avait contre lrsVaudoi» et les Albigeois; os en avait vu une d'enlaats sous Innocent M, et sous Honorius de» croisés tournèrent leurs i contre les païens de la Prusse et de la 1 Tous les peuples étaient croises, même ceux «le l'Asie qui étaient dan* la communion d< liait. La* reine de Géorgie dépota des ambassadeur* i Honorius. pour lai témoigner son impatient» «renvoyer ses soldats à la terre sainte, dans l'espoir d'obtenir les secours de* chrétiens contre 1rs fartai » , qui ravageaient l'Asie sous la coodaiu ih terrible Gcngis-Khan. Cependant la puissance Je* papes commençait à décliner. Malgré les instances et le* menaces dltonorius, le cointe de Scbwc rin s'empara de la personne du roi de Danenurd. W aldetnar II , et le retint en prison pendant trot» ans. Grégoire VII «ût été miesix obéi. Après **r écrit de nouveau à Frédéric pour lui reprocher n lenteur à acquitter la proenesse qu'il avait uiit de porter ses arme» dans la Palestine (t), Hos* rius 111 mourut le 1S mars 1227, après ta pt**" ficat de dis an* et huit mois; il eut pour wcttsseur Grégoire IX. La plus grande partie des Ittlrrt d'Honorius ont été publiée» à Toulouse par Innocent Ciron , sous le titre de QutnUi tompiktit dtcrttal. , uw.k ia-fol. avec de» notes de l'eûtes/- Os en trouve aussi dan» la Collection des conctks, dans les Recueils de Baluze, de Wad«lia#, *? IX M ar tene, de d'Achery, d'Ughelb, etc. Lob on a publié sous le nom dé ce pape uoe iodigrtk rbapsopie intitulée Grimoire du p i/nHotoruu l'ai une de ces misérables compilations, fruits it l'ignorance et du charlatanisme, comme l'Ea* cbiridion du pape Léon , les Secrets du (uwi Albert , etc. La pi** ancienne édition iniuquK par Lcnglet Dufresnov (Becmeil tnr les apptntiw. 2,2, 255) est intitulée S. />. Hmorii pafm U adeemt teueàrarnm principe*» et ejut angeltu (**• juratiomer; cxtraeUr cr orig anna 11 >■*.>.

HONORIUS IV, élu pape le 2 avril litfi, sut*dait à Martin IV. U s'appelait Jacques Savem. noble romain, et était cardinal du litre ut Ht- Marie, de la nomination d'Urbain IV. La gonttr. qui l'ineomrrodait vivement aux pieds et nu mains, lui rendait irès-difikjW la célébration or la messe, en sorte qu'il était obligé de se sernr de certains instruments. Sa nomination est beo à Pérouse. Dan* la circulaire où U l'mnonre. il observe qu'elle s'était faite librement, et sans que les cardinaux fussent enferme* , comme cela « pratiquait depuis la constitution de Girgoirt I Honorius IV confirma les décimes accordes p*f son prédécesseur au roi de France Philippe l« Hardi , pour faire la guerre à Pierre d'Iraq»qui retenait en prison Charles II, rot de Sidk et neveu de StvLems» Le pape , fidèle aa sysléstf

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