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déplorable , abandonnant tour à tour ses ministre» et ne pouvant s'en passer. Il mourut d'hydropisie à Ravenne le 15 août 423, âgé de 38 ans, sans laisser de postérité, quoiqu'il eût été marié deux fois, à Marie et à Thermantie, filles de Slilicon. Son caractère et son gouvernement avaient formé un contraste continuel. Il était doux, et son règne fut souillé par des cruautés ; il ne respirait que la paix, et l'Occident fut désolé par d'horribles guerres ; il aimait sa famille , et tous ceux de ses parents qui vécurent sous son empire furent ou mis à mort ou bannis; ses lois ne tendaient qu'au soulagement de ses sujets , et ses sujets furent accablés. Sa faiblesse produisit tous ces maux : prince timide , il n'osa rien entreprendre, ne sut former aucun dessein et n'en put comprendre ni exécuter aucun. Toujours gouverné, il ne fit que prêter son nom aux affaires, et son incapacité laissa ébranler les fondements de la puissance romaine. Pendant un règne de vingt-huit ans , il vécut toujours en inimitié avec son frère Arcadius et avec son successeur. De même qu'Arcadius, il publia une multitude d'ordonnances et renouvela presque toutes les anciennes lois : signe de l'inquiétude de ceux qui gouvernent et du besoin de soutenir l'édifice de l'État qui s'écroule. Il eut pour successeur Valenlinien III. B — p.
HONORU S (JULICS). Voytx Ethicus.
IJONORIUS l'a L 1 1 N, écrivain ecclésiastique, florissait dans le 12* siècle. C'est par erreur que quelques critiques modernes ont prétendu qu'il occupa le siège épiscopal de sa patrie. Cette assertion est démentie par le titre de Solitaire qu'il se donna lui-même dans la suscription de quelques-uns de ses ouvrages. Il est plus vraisemblable qu'il avait embrassé la vie religieuse : mais on ne sait à quel ordre il appartenait. Il enseigna la théologie et la métaphysique avec assez de succès pour s'attirer des ennemis; mais il ne se défend pas toujours de leurs reproches avec la mesure convenable à un homme de son état. Après s'être démis de la charge de scoiastique d'Autun, il se retira dans les terres du duc d'Autriche ; et c'est ce qui a fait conjecturer à l'abbé Lebeuf qu'il était né en Allemagne. On ignore la date de sa mort ; mais les savants auteurs de YHiitoire littéraire de France prouvent très-bien qu'elle doit être placée sous le pontificat d'Innocent II, c'est-à-dire de 1130 à 1143. Honorius ne fut point supérieur à son siècle; mais il réunissait des connaissances assez étendues dans toutes les sciences qu'on cultivait alors, les mathématiques, la métaphysique et la théologie. Son style manque de correction et ses ouvrages de méthode. Il a composé un grand nombre d'écril9, dont on citera les principaux : 1° Etucidarium; c'est un abrégé de toute la théologie divisé en trois livres. On l'a pendant longtemps attribué à St-Anselme : d'aulres en ont fait honneur à Abailard, à Guiberi de Nogent, ou
à Guillaume de Cowenlry ; il a été traduit to prose française par Geoffroi de Waterford, dorainicain , et en vers par un anonyme. Il en eibte aussi une version allemande qu'on croit du cornmencementdu 14* siècle, et une italienne, impnmée deux ou trois fois dans le 15e (coy. Y Indu libror. du P. Laire). Cet ouvrage a été inséré «bu les différentes éditions des œuvres de St-Anse une, et imprimé séparément sous le nom de ce saint docteur, Paris, 1560, et Liège, 1566, in-8».i-&potitio in Cantka canticorum Salomonis , dans la Bibliothèque de» Pire* ; 3° SigUlum S. Marie, O logne, 1540, in-8°, et daus la KMtfaéfM èa Pères. C'est une suite de l'explication allégorique que l'auteur avait donnée du Cantique ïet en* tiques. D. Martène en a inséré le prologue tu son Thetaur. anecdotor., t. 1". Martin Delr» faisait un si grand cas de ces deux opuscules tjn'il les a copiés presque entièrement dans les notes de son commentaire sur le même livre. V k pradeitinatione et libéra arbitrio dialugui p ioeritabile dicilur, publié par George Cassander, Bile, 1552, in-8°; plus correctement par Jean Cornu, prémontré, Anvers , 1020, et dans la BiMtotktpt des Pères; 5° Gemma anima", Leipsick, 1514, in-4*, et réimprimé dans différents recueils. C'est on* somme liturgique; elle renferme des détaxes» rieux sur les usages et les cérémonies de relise dans le moyen âge. 6° Saxramentariwm, m Dt cousis et significatu muttico rituum, inséré par le P. Pez dans son Thetaur. anecdotor., t. i ; ? Hatmeron seu Neocasmut de primis tex didus. Cest M commentaire sur le premier chapitre de la Genèse 8° Eucharisticon ; ce traité, divisé en douze chapitres, contient une exposition fidèle de la crojatw de l'Église catholique touchant le dogme de l'Eucharistie. Ces deux ouvrages ont élé publiés par Pez. 9° Cognitio vita de Deo et ceterna tut*. 0» a inséré ce traité dans l'Appentis à l'édition drs œuvres dé St-Augustin donnée par les béoédktins. C'est , dit un critique , de tous les ouvrage* d'Honorius le plus châtié, tant pour la justesse des pensées que pour la méthode et I eloawo. 10° Imago mundi de dispositione orbis. C'est m abrégé de cosmographie tel qu'on peut l'attendre d'un écrivain de celte époque. Il a été impriar plusieurs fois dans le 15* et le 16* siècle eluuér dans la Bibliothèque des Pires. On conserve «* traduction italienne de l'imago mu*<U de inftstione orbis parmi les manuscrits de la bibliotbefK de Paris. 11° De luminaribus Ecclesut liber. Ce n'est guère qu'un extrait des catalogues des écrivains ecclésiastiques, par Stnlérouie, Genuade. Isidore et Bède. Cet écrit, imprimé pour la première fois avec d'autres ouvrages d'Uouorius. baie, 1544, a été inséré dans les colkctions d'écrits du même genre publiées par Suflred Petit* Aubert le Mire et Fabricius, et dans le tome *> de la Bibliothèque des Pères, où l'on trouve hk< les principaux ouvrages d'Honorius. On reo*0K pour plus de détails au Recueil dé distertemt^
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l'abbé Lebeuf , Paris, 1738, t. 1", et à Y Histoire lUtèrairt de France, t. 12, p. 165-184. W— s.
HONTAN (N. baron de la), voyageur français, né vers 16G6 en Gascogne près de Mont-de-Marsan, perdit de bonne heure son père, conseiller honoraire au parlement de Pau, qui s'était ruiné à des travaux pour améliorer le cours des eaux du Béarn. À l'âge de seize ans, la Hontan s'embarqua pour le Canada; il y arriva en novembre 1683, et servit d'abord comme simple soldat. 11 fut ensuite avancé, commanda des forts dans l'intérieur du pays , et le parcourut jusqu'au delà des grands lacs dans l'ouest. Il entreprit , le premier, une course lointaine de ce côté, revint en France en 1691 , et chercha inutilement à rentrer dans les biens de sa famille. Après un second voyage, il fut nommé lieutenant de roi à Terre- Neuve. 11 y arriva le 20 juin 1693, et ne tarda pas à se brouiller avec le gouverneur de l'Ile, qu'il représente comme un concussionnaire. La Hontan, instruit que le gouverneur voulait le faire arrêter, s'échappa furtivement sur un navire marchand, qui le mit à terre, en janvier 1691, près de Yiane en Portugal. Il alla s'embarquer à Lisbonne pour Amsterdam, d'où il gagna Copenhague. L'ambassadeur de France lui donna des lettres de recommandation pour différentes personnes de la cour de Versailles; celles-ci employèrent en vain leurs efforts pour obtenir du ministre que la Hontan justifiât la conduite qu'il avait tenue à Terre-Neuve. 11 quitta donc Paris, et s'en alla dans sa province. Ayant appris que des ordres étaient donnés pour l'arrêter, il passa en Espagne. Après la paix de Hyswyck il essaya de rentrer au service de France, et finit ensuite par se retirer dans le Hanovre, où il vivait encore en 1710. On a de lui : 1° Xouveaux voyages dans l'Amérique septentrionale , qui comprennent plusieurs relations des différents peuples qui l'habitent, la nature de leur gouvernement, leur commerce, leurs coutumes, leur religion, et leur manière de faire la guerre, etc., la Haye, 1703, 1709 , 2 vol. in-12; Amsterdam, 1705, 1742, 2 vol. in-12, cartes et ligures. Plusieurs exemplaires ont pour troisième volume l'ouvrage intitulé Suite du Voyage de r Amérique ou Dialogue de M. le baron de la Hontan tt d'un sauvage de /' Amérique, contenant une description exacte dis mœurs et des coutumes de ces peuples sauvages, avec les voyages du même en Portugal et en Danemarck. Amsterdam, 1704, in-8° (par Gueudcville) {voy. ce nom). Lesdeux ouvrages ont été réimprimés ensemble , Amsterdam , 1728, 3 vol. in-12; ibid., 1731 ,3 vol. in-12, cartes eUigurcs. Outre les objets annoncés dans le titre de ce livre , on y trouve la relation de la course de la Hontan à l'ouest. Il la commença le 24 septembre 1688, avec quelques soldats de sa compagnie et cinq chasseurs outagamis. H partit de Micbillimakinac, gagna le Mississipi par l'Ouisconsin , en suivant la même route que Carrer (coy. Carver). 11 entra ensuite, le 7 novembre, dans une rivière qu'il
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nomma la rivière Longue : ce ne peut être, d'après le volume des eaux , que la rivière Si- Pierre, il la remonta, vit diverses peuplades, telles que les Essénapès et les Gnacsitares, dont les noms ont été entièrement inconnus aux autres voyageurs. H planta chez ces derniers un poteau aux armes de France : ils lui dessinèrent une carte sur laquelle étaient marqués le cours de la rivière Longue et celui d'un fleuve qui prenait sa source dans la même chaîne de montagnes, et qui coulait à l'ouest. Le 26 janvier 1689, la Hontan quitta les Gnacsitares, entra le 2 mars dans le Mississipi, qu'il descendit jusqu'à l'Ouabache ou l'Ohio. Le 9 avril, il arriva à l'embouchure de la rivière des Illinois, et revint par le lac Micbigan à Micbillimakinac. Charlevoix n'hésite pas à décider que ce voyage de la Hontan à la rivière Longue n'est qu'une pure Action; mais, en mettant à part toute prévention, l'on ne trouve pas de motif plausible pour en nier la réalité. Quoiqu'il y ait des erreurs dans les noms des peuplades sauvages et dans la position des lieux , cependant la fidélité de cette relation est garantie par autant de témoins qu'il y avait de Français à la suite du voyageur , et jamais celui-ci n'a été accusé d'imposture sur ce point. Si les inexactitudes d'un ancien voyageur devaient le faire accuser de fourberie, combien s'en trouverait-il qui pussent être justifiés? Le tort de la Hontan est d'avoir attribué aux sauvages des idées raffinées et des sentiments subtils, et d'avoir énoncé des opinions peu d'accord avec l'ordre de choses établi chez les nations civilisées. Il ne voyait que les injustices qu'il avait éprouvées; son esprit ulcéré enveloppa dès lors dans la même proscription les sociétés et leurs institutions civiles et religieuses. Son livre porte pour frontispice un sauvage armé d'un arc et d'une flèche , un pied posé sur un code de lois , l'autre sur une couronne et un sceptre. A l'entour on lit cette inscription : Et leges et sceptra terit; elle annonce le fond des raisonnements de l'auteur, quand il fait parler les sauvages. Au reste, il décrit bien leurs mœurs; il donne de bonnes notions sur le Canada, et ce qu'il dit de la mauvaise gestion des affaires dans ce pays contient des vérités. Charlevoix n'a pu oublier le jugement que porte l'auteur sur la conduite politique des jésuites - cependant jamais la pureté de leurs mœurs n'est attaquée par la Hontan. On peut encore trouver des choses instructives dans le livre de ce voyageur; car il n'est pas difficile, en le lisant, de démêler le vrai de l'imaginaire; c'est ce qu'ont fait les auteurs qui l'ont mis à contribution. Le voyage en Portugal et en Danemarck est peu de chose. Le style de la Hontan est dur et désagréable , il a été corrigé dans les dernières éditions. Ses cartes sont pitoyables. Les voyages de la Hontan ont été traduits en allemand et en hollandais. 2° Réponse à la lettre d'un particulier opposée au manifeste de S. U. de la Grande-Bre*
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U,9ne contre ta Suède. Ce pamphlet fut publié et 1716, in-12», par Leibnitz. E— b.
HONTIIEIM (Jeaw-Nicous m), évêque (in parti* bus) de Myriophite, iuffragant de l'électeur de Trêve» , doyen du chapitre de 8t-Siméon , concilier d'État et ehancelier «le l'université, était né à Trêves le 47 janvier 1701 , et fut fait évêque le 2 décembre 1748. Il est principalement connu par l'ouvrage intitulé Justini Febronii. juriseontutti, de sf.it .i pur scuii Ecclesia et légitima potestate romani pontificis, liber smgularis , ad rcuniendos dissidentes in religione christianos eompositus, dont la première édition parut à Bouillon, chez Evrard, 1763, en 1 volume in-4°. La latinité n'en est pas très-élégante, comme on en peut juger par ce titre seul. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans l'ouvrage, ce sont les principes que professe l'auteur, et la manière dont il les soutient. Il s'était proposé , dit-il , de ramener l'union dans l'Eglise, et 11 semble plutôt y avoir jeté une pomme de discorde. C'était , en effet , un singulier moyen de pacifier l'Église, que de déclamer contre son chef, d'inspirer à des enfants une défiance inquiète et jalouse ponr leur père commun , et de provoquer, d'un ton aigre , des hostilités continuelles contre le siège centre de l'unité. Le Febronius, disait le judicieux abbé Bcrgier, ne saurait faire impression sur des hommes instruits. Ce que l'auteur dit de vrai est emprunté des théologiens français, et particulièrement de Dossuet; ce qu'il dit de faux et d'erroné est tiré des protestants , des jansénistes ou des eanonistes qui cherchaient à chagriner la cour de Rome dans des temps de troubles. Ces divers matériaux , qui n'étaient pas faits pour aller ensemble, ont été compilés assez maladroitement par le prétendu Febronius. Il rapproche des matériaux qui s'entre-détruisent; il tombe continuellement en contradiction; il nie dans un endroit ce qu'il affirme dans un autre. 11 suffirait de comparer seulement les titres des chapitres et des sections de son ouvrage pour demeurer persuadé qu'il ne s'entend pas, ou qu'il n'est pas d'accord avec lui-même. L'abbé Bergier en donnait quelques exemples : il finissait par remarquer que ce n'était pas connaître les sentiments du clergé de France, que de supposer qu'il approuvait les principes du Febronius; et que les libertés de l'Eglise gallicane n'avaient rien de commun avec un système calqué sur les écrits des appelants français, ou même des protestants étrangers. L'n appelant lui-même convenait que Febronius était allé trop loin , et lui reprochait de montrer peu de délicatesse sur l'article de la sincérité. Il aurait pu aussi reprocher à cet auteur le ton de mépris avec lequel il parle des moines : ce n'était pas à un évéque qu'il convenait de copier, sur ce sujet, les plaintes ou les plaisanteries des ennemis de l'Eglise romaine. Mais ce qu'il y a de plus curieux dans le Febronius, c'est le troisième et dernier chapitre , où l'auteur s'occupe serieuse-