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ment de tracer la manière de faire un senta». et a la bonté d'entrer à ce sujet dans les pi» grands détails. On jugera qu'elle reconnaissais on lui doit pour une si officieuse sollicitude Quant è la forme du Febronius. la premier* é&tion est en 656 pages, et comprend ont epttr dédieatoire aux papes, aux évêques et aux princes, où l'auteur expose son plan et son système, k corps de l'ouvrage, divisé en neuf chapitra, n des extraite de trois dissertations de BartbeJ, professeur de droit canonique à Wurtrbourg. El 17675 fauteur en donna une deuxième édition augmentée de trois Appendix, où il prétrndisl répondre aux écrits publiés contre lui : il »a> puyait principalement des suffrages de BarlM. d'Oberhauser. de Zallwcin , eanonistes eonlcaporains. Il modifia, dans cette édition, une «dm assertions que ses meilleurs amis avaient blaïnées dans la première ; mais il laissa subsister le fond de ses principes et la couleur de son lin*. Datait rencontré cependant une opposition qui aurait pu effrayer un homme moins détermine. Arment XIII , dans un bref du 14 mars 1761, adresse au prince Clément de Saxe , alors évéque de totisbonne , se plaignit que Febronius eût seinlk prendre à tâche de copier les déclamations h protestants et des ennemis déclarés du Saint- Siège. Nous ne parlerons pas des décrets <k l'Index , des 27 février 1764, 3 février 17C6 et Smart 1773, contre différentes éditions du Feirmi L'archevêque de Cologne, les êvêques de Constance, d'Augsbourg, de Liège, de Rausboow. de Wurtzbourg, publièrent la censure du pa^ ou se prononcèrent d'une autre manière conirr l'ouvrage. Joseph Kleincr, jésuite, professeur * théologie à Ileidelbcrg, l'attaqua dans une û& du 13 août 1761, et publia ensuite des oUerulions dans le même sens. L'année suivante, l'aiversité de Cologne porta sur le livre un jugement académique conforme à celui du pape; et Karmans, docteur de celle université, appujJ « jugement par des dissertations. Zecb, professeur de droit canon à Ingolstadl, inscfl dans son Traité des jugements ecclésùutif*i. « 1766, uue digression contre Febronius. CehiKi fut encore attaqué dans une lettre imprùDe* a Sienne, sous le nom de Ladislas, et dan» dite» écrits dTun abbé régulier de Suisse, et feedé» tiques ou de religieux allemands. En ITGS Infatigable Zaccaria publia en italien YAntifthm. 2 vol. in-l", et eu 1772 il fit paraître YAriJ*"; nius rindicatut. 4 vol. in-8", où il réfutait à ht* l'auteur principal, et un de ses défenseurs f s'était caché sous le nom de Theodorut à h-*^ Mus tard le savant Mamachi fit paraître des h à Febronius, sous ce titre : De raùont rtp*<~* christianœ reipublica, deque légitima nxww'jp* ficis auctoritate, 177G, 2 vol., où il réfutait w principes de l'auteur allemand. D'un autre col , le Febroniut obtenait de nombreux suffr-iS*»- *J plaisait à un parti qui parut, à compter Je «*' {
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époque , se fortifier et s'étendre davantage. Les mêmes senlîmenrs qui avaient inspiré l'ouvrage commençaient à dominer à Vienne et ailleurs, et les efforts de l'auteur pour changer l'enseigne' ment et la discipline concouraient avec ceux de Stoch , d'Oberhauser et d'autres canontstes allemands imbus des mêmes idées. C'était le même système qu'un prince entreprenant devait appuyer quelques années après de toute l'ardeur de son caractère et de tout le poids de son autorité. On répandit donc le Febroniut avec zèle , et il s'en fit successivement plusieurs éditions : les unes avouées par fauteur, les autre» en contrefaçon. L'ouvrage, beaucoup augmenté, fut porté enfin jusqu'à 3 volumes in-4»; il pénétra bientôt hors de l'Allemagne. On en fit paraître à Ventse une traduction italienne, et il y en eut aussi une traduction française qui portait le titre de Venise, cher Remondi , 17G7. La même année on en donna une analyse en français , sous ce titre : De fétat de l'Eglise, et de la puissance légitime du pontife romain, 2 vol. in-42. Le livre est dit imprimé à Wurtzbourg et à Amsterdam ; mais il y a toute apparence qu'il le fut en France : l'éditeur anonyme était Jean-Kemacle Lissoire, prémontré, qui a figuré depuis dans l'église constitutionnelle. Le Ftbrunius fut encore imprimé en Portugal, où l'on était aîors brouillé avec la cour de Rome, et on l'on n'était pas fâché de saisir cette occasion de la mortifier. Ce fut peut-êtr* par le même motif que M. de Campomanès en fit l'éloge dans son Jugement impartial sur le bref contre le duc de Parme. Au milieu de ce conflit de censures, de critiques et d'éloges , le nom de l'auteur n'était pas resté longtemps inconnu ; et quoique M. de Honlheim eût pris d'abord quelque soin de se cacher, le secret n'avait pu en être gardé, et le prélat lui-même n'avait point paru fâché que l'on sût qu'on lui était redevable de cette compilation. Toutefois, couvert des éloges d'un parti, il était difficile qu'il se crût entièrement sûr de son fait, et qu'il ne fût pas frappé de toutes les conséquencesrqui découlaient de son système. Le prince Clément de Saxe, devenu électeur de Trêves, cherchait à ramener son suffragant à de meilleurs sentiments. Voyant que l'auteur se prévalait du témoignage et de l'autorité du clergé de France, il écrivit en 1775 à M. de Bcaumont, archevêque de Paris, pour savoir ce qu'on pensait en France du Febroniut. L'assemblée du clergé se tenait alors, et Farchevéque de Paris lui communiquai fa lettre de f électeur. On en délibéra ; et l'assem^ blée déclara fe 7 décembre que l'ouvrage, à peine connu en France, loin d'y avoir aucune autorité, y passait pour favoriser les opinions nouvelles, pour être inexact sur des objets de la pHis haute importance, et pour s'écarter du langage de l'Église gallicane sur la primauté d'honneur et de juridiction du souverain pontife. L'extrait du pro» cès-verbaf fut envoyé à l'électeur de Trêves. La même année , l'abbé Bergier^ consulté apparem-
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ment sur le même sujet par le due Louis-Eugène de Wurtemberg, écrivit à ee prince catholique une lettre où il présentait les principaux défauts de l'ouvrage. C'est cette lettre dont nous avons cîté un extrait an commencement de cet article : elle est datée du 12 octobre 1775, et fait assez bien connaître l'esprit dn Febroniut. Peut-être ces autorités commencèrent -elles à faire quelque impression sur un homme «mi avait prétendu ne suivre que la doctrine dn clergé de France, ef qui n'avait que des Idées très- fausses de nos libertés. D'un autre coté, on s'était occirpé à Rome de son livre ; le pape avait nommé pour cette affaire une congrégation présidée par les cardinaux Boschi et AntoneW. L'atis de cette congrégation fut appuyé par les instances de l'électeur de Trêves, et enfin en 1778 M. de Honlheim parut disposé à revenir sur ses pas. On dit qu'il dressa, au mois de juillet de cette année, une première déclaration qui ne fut pas jngée suffisante à Rome, et qu'il fut invité à donner on acte plus préeis et plus opposé encore à la doctrine de son livrs. Il signa donc le 1" novembre 1778 une rétractation conçue en dix-sept articles, fi y avouait qu'il était tombé dans l'erreur, et il reconnaissait les droits du Saint-Siège, qu'il avait précédemment contestés ou méconnus; il s'exprimait d'une manière assez nette , et ne dissimulait pas ses torts. Pie VI crut devoir donner ipielque éclat à cette rétractation : il tint pour cela, le 25 décembre suivant, un consistoire où elle fut lue, et il félicita l'évêque d'une démarche qu'il regardait comme aussi consolante pour l'Eglise qu'honorable pour le prélat. Les actes de ce consistoire furent imprimés, et envoyés en Allemagne et ailleurs, afin d'effacer par cet acte solennel l'impression que le Febro» niwt avait pu faire. Le 3 février 1779, M. de Honlheim adressa sa rétractation , avee les actes do consistoire , au clergé et aux fidèles du diocèse de Trêves, par une lettre pastorale, on il avoua qu'if s'était laissé entraîner dans des opinions dangereuses , et où il les rétractait de nouveau. Il annonçait même qu'il se proposait de réfuter sou livre. Comme on répandit que ta rétractation lui avait été arrachée par séduction et par menaces, il déclara par un acte du 2 avril 1780, qui fut imprimé dans plusieurs journaux, que cette dé* marche avait été entièrement volontaire, et qu'il espérait la justifier par un ouvrage déjà «om* mencé. Cet ouvrage vit en effet le jour en 1784, avec ce titre : Juttini Febromi , jarireonnUi , eommentariut in suant retracfatioiMmfio VI, pont, meut., kat. not. submittam, Francfort, in«s°. L'auteur y développe su rétractation en trente-huit proposi-tions, qu'il confirme de nouveau quant au fond,, mais à quelques-unes desquelles il donne des interprétations et dès modifications que plusieurs ont jugées contraires à l'acte du l«r novembre 1778. Il y a en effet, dans ce commentaire,, bien des endroits où l'en remarque l'embarras et les détours d'un écrivain qui ne voudrait pas abats»
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donner tout à fait ses premières assertions , qui cherche à retenir d'une main ce qu'il accorde de l'autre, et qui énerve par des restrictions partielles les aveux qu'il Tait et les principes auxquels il semble revenir. On y trouve cependant aussi des propositions qui peuvent recevoir un sens favorable. Il fit insérer à la fin des actes du consistoire du 25 décembre 1778 le bref que lui avait adressé le pape , la lettre pastorale qu'il avait publiée lui-même, et un extrait du livre de Zaccaria, où l'on soutenait la sincérité de sa rétractation. On aime à croire en effet que cette démarche était sincère; sans cela que faudrait-il penser de l'inconstance et des variations d'un vieillard qui aurait joué ainsi tous les rôles, et qui aurait cherché à tromper tout le monde par des explications sophistiques et des protestations simulées? M. de llontheim mourut le 2 septembre 1790, dans son château de Montquintin , au duché de Luxembourg, à l'âge de près de 90 ans. Feller lui-même loue son caractère, sa douceur, et son zèle à remplir les fonctions de sa place. Voici la liste de ses autres ouvrages : 1° Uecat Ugum iUuttrium . Trêves , 1736 , in -fol. ; 2» Historia Tretirenti» dogmatica et pragmatka, exhibent originel Treverica» Gallo-Belgica» , Romanat , Francien», etc. , jus publicum particulare archiepiscopatu» et electoraiut Trevirensit , ted et hittoriam cicilem et ecclesiatticam , ab anno 418, ad annum 1745, Weitheim, 1750, 3 vol. in-fol. ; Augsbourg, 1757, 2 vol. in-fol. ; ouvrage capital , et le plus complet qui existe sur l'histoire de l'évêché de Trêve»; 3° Nova agenda pro arenidiaceti Trevirenii , Augsbourg. On trouve une notice sur ce prélat dans le Nécrologe de Schlichtegroll , 1791 , deuxième partie , p. 359. P— c— t.
HONTHOKST (Gérard de), peintre flamand, connu en Italie sous le nom de Gerhardo delta Motte, parce qu'il excellait surtout dans les sujets de nuit, naquit à Utrecht en 1592. Élève de Blomaert , il travailla d'abord à Rome; il alla ensuite en Angleterre, où il fit pour le roi plusieurs tableaux d'histoire. 11 y peignit aussi les portraits du prince Charles-Louis, électeur palatin, et de Robert , duc de Cumberland , son frère. Sa manière est belle , son dessin correct : à beaucoup d'égards on peut le comparer aux Caravage; son coloris est même plus chaud que le leur. On voit i Rome plusieurs tableaux de Honthorst, qui sont d'un effet prodigieux. On ne connaît pas l'époque de sa mort; mais il vivait encore en 1662. — Son frère Guillaume réussit dans le portrait. Il en a beaucoup fait pour la cour de Berlin , où il était en grande faveur, et où il mourut en 1683. B— «.
HONTIVEROS (Bebnard), cité parmi les théologiens les plus distingues de l'Espagne , était de l'ordre de St-Benolt , et professa la théologie à l'université d'Oviédo. Ses succès , ses talents , sa conduite, le firent parvenir au poste de général de sa congrégation , et ensuite à la dignité d'ére-
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que de Calahorra. Son traité contre les «saisies relâchés est trés-estiiné; il est écrit en latin , et a pour titre : Larryma militantis Ecctctia. Hootiverw mourut en 1662. C— e.
1IOOD (Samuel), amiral anglais, né en 1735 m en 1721, suivant d'autres biographes, à Butlcigh, paroisse du comté de Somerset, dont son père était ministre, est mort en 1816. La situation de son village près de la mer décida sa vocation, et il s'embarqua, dès l'âge le plus tendre, à Lord d'un vaisseau de guerre , comme aspirant de marine. Au commencement de la guerre de sept ans, il fut élevé au grade de capitaine, et obtint bientôt après le commandement de la Vestale, frégate de trente-deux canons, avec laquelle, après avoir quitté Portsmouth sous les ordres de l'amiral Holmes, il s'empara de la frégate française It Bellone, le 13 février 1759, à la suite d'un combat de quatre heures. 11 fut présenté au roi Oorgr 0 par lord Anson, alors à la téte de l'amirauté, qui lui fit donner, comme récompense, le commandement de V Afrique, de soixante-quatre canons, au commencement de la guerre d'Amérique , il se trouvait à la tête de la station de Boston : nomme baronnet et amiral dès 1780, il combattit atec succès le comte de Grasse en février 1782; mais il ne put cependant empêcher la prise de SI- Christophe (voy. Rouillé). L'amiral ilood commandait en second, sous sir George BrydgtSi depuis lord Rodney, au combat mémorable que celui-ci livra, le 14 avril suivant, au comte de Grasse, qui fut fait prisonnier (roy. Grasse). Dans son rapport à l'amirauté, sir George Brydgesfit connaître tout ce qu'il devait au talent et à h bravoure de sir Samuel Hood , qui avait foret l'amiral français à se rendre à lui. Sir Samuel Hood, qui, d'après les ordres de lord Rodney, avait été envoyé au passage de Mona pour intercepter les bâtiments ennemis, s'empara, le 29 avril 1782, de deux vaisseaux de guerre et d'autant de frégates; il alla ensuite croiser devant le cap Français, lie St-Domingue, aTectous les vaisseaux de guerre capables de tenir la mer. La paix de 1783 vint mettre un ternie à ses travaux. 11 fut alors créé pair d'Irlande, mats ne pat se faire nommer, malgré ses désirs, député par la ville de Westminster : il fut plus heureux en 1784- 11 ne fut point réélu en 1788, à cause de sa Domination à la place de lord de l'amirauté et de mu attachement au ministère; ce qui ne l'empêcha pas de représenter encore Westminster en 1790, et au parlement suivant. A peine la guerre se Rnouvela-t-elle avec la France, que les yeuidela nation se fixèrent sur l'amiral Hood. il fut envoyé dans la Méditerranée pour coopérer au rétablissementde la monarchieen France, decooeert vtc la royalistes du Midi, avec l'aide desquels il s'empara de Toulon, qu'il occupa pendant quelques moi*: mais le gouvernement républicain , ayant H <k grands efforts, envoya les généraux Doppel et Dugommier i la tête de forces imposaDto; ce
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dernier occupa les hauteurs qui avoisinent la ville, et secondé par Ricord , Fréron , Barras et Robespierre le jeune, aidés par Bonaparte, alors simple officier d'artillerie, il eut bientôt rendu la place non tenable. Dans ces circonstances, l'amiral anglais résolut d'abandonner la ville ; mais auparavant il fit embarquer sur tes vaisseaux tous les habitants de Toulon qui préférèrent une domination étrangère à celle de leur propre patrie, courbée sous le joug des jacobins : tous les bâtiments en furent encombrés; le Robuste, seul, quoiqu'il ne fût que de soixante-quatorze canons, avait pris à son bord deux mille trois cents Français. (Jn coup funeste fut ce jour-là porté à la marine française par la destruction que l'amiral Hood ordonna de tous les vaisseaux qu'on ne pourrait emmener. Sir Sydney Smith , alors simple volontaire, chargé d'exécuter cet ordre, ne s'en acquitta que trop bien. Les Anglais assurent que sur trente et un vaisseaux de guerre qui existaient dans le port , seize furent la proie des flammes, huit furent sauvés par les Français, trois emmenés par lord Hood , et quatre envoyés à Brest avec des marins réfractaires. Après cet événement , lord Hood quitta la baie de Toulon , et se rendit avec sa flotte aux Iles d'Hyères, où il fut assez heureux pour se mettre à l'abri d'une tempête violente. Il bloqua ensuite le port de Gênes, et tint en bride le grand-duc de Toscane, dont les intentions paraissaient favorables aux républicains. Dans le mois de février suivant, il attaqua sans succès l'Ile de Corse : une deuxième attaque lui réussit mieux ; mais l'Ile fut bientôt reprise par les Français. Cette expédition terminée, lord Hood se retira en Angleterre : il fut nommé en 1796 vicomte et gouverneur de l'hôpital de Greenwich. D — z — s.
HOOD (Thomas), auteur et poe*te anglais, né en 1798 à Londres , était fils d'un libraire de cette ville. Dans sa jeunesse sa santé était faible , et par ordonnance des médecins il fut embarqué sur un bateau pécheur écossais appartenant à un ami de son père à Dundee. C'est dans cette ville qu'il fit ses débuts littéraires dans les journaux de la localité; mais sa famille, n'attachant aucune importance à ses essais, le rappela à Londres et le plaça chez un de ses oncles comme apprenti graveur. Quoiqu'il ait toujours gardé un fonds d'affection pour cet art et qu'il dessinât avec une grande facilité , ainsi que le prouvent les charmantes et innombrables illustrations dont il a enrichi ses ouvrages, ses prédilections les plus vives se portèrent toujours sur les lettres, et la mort de J. Scott ayant fait passer le London magazine, 1 un des principaux recueils de Londres , entre les mains de MM. Taylor et Hessey, il en fut nommé sous-directeur. Dès ce moment son nom commença à être connu du public. H publia en même temps, en collaboration avec son beaufrère, J. Reynolds, un volume A' Odes et épitres : Odes md addressts, qui obtint du succès. Pui» il
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fit paraître successivement : Fantaisies et singularités (Whims and oddities); Contes nationaux (National taies) ; Défense de* fées de ta mi-été (The plea of the midsummer fairies), volume plein d'imagination et de poésie ; les Comiques annuaires (The comic annuals) , auquel il joignit dans une nouvelle édition : Hood 's Own; le Château de Tilney (Tilney-Hall); In Remonte du Rhin (Up the Rhine); Ritarreries (Whimsicalities) , petit journal périodique, etc. Hood eut pendant l'espace d'une année (1849) la direction du recueil la Perte (the Gem), dans lequel il inséra le Songe d'Eugène Aram (Eugène Aram's dream), l'une des meilleures ballades de la langue anglaise. Il devint ensuite l'un des collaborateurs du Puneh , et parmi les productions qu'il inséra dans le Charivari anglais on cite la Chanson de la chemise (The song of the shirt), petit poè*me dont les imitations furent innombrables et l'effet moral immense. Il a aussi publié un recueil portant son nom : Hood's magazine. Hood est mort à Londres le 5 mai 1843. Son talent se distingue par une vive originalité. H est un des humoristes les plus poétiques. Il a à la fois le don de l'imagination et les touches qui s'adressent au cœur. Il sait faire rire et attendrir, n fait tressaillir et pleurer. Il est impétueux, bizarre, plein d'audace, puis tout à coup le burlesque, le trivial, l'excentrique se pressent et s'accumulent. Ses poc"mes ont de la gaieté, de la fantaisie; et en même temps il déploie de hautes et terribles qualités, mêlées d'allusions familières et de sourires grotesques. Il sait plaire à la fois , a dit un critique de son pays , à l'homme ennuyé et au vulgaire, aux gens d'esprit et aux viveurs, à tous en un mot, excepté aux bigots et aux charlatans. Les sarcarmes de Hood ont dû parfois être pénibles à ces derniers , car ils étaient inspirés par une âme élevée. Ses traits, tout joyeux qu'ils sont, percent de part en part. ( Voyez une étude sur Thomas Hood, par M. Forgues, dans la Revue des Deux-Mondes Au 15 novembre 1847). Z.
HOOFMAN (Elisabeth), née à Harlem en 1664, occupe une place honorable au Parnasse hollandais. Son talent se manifesta dès la plus tendre enfance : elle eut le bon esprit de le former par la lecture des anciens, et en essayant de rendre dans sa langue maternelle quelques-unes de leurs productions, de celles en particulier d'Anacréon et d'Horace : elle cultiva même avec succès la poésie latine. Son mariage avec Pierre Koolaart, négociant de Harlem , ne contribua pas à la rendre heureuse. Un goût démesuré que parait avoir eu son mari pour la dépense ruina leur maison. Us se transportèrent à Cassel quand le landgrave de Hesse , en créant le port de Carlshave , eut nommé en 1721 Koolaart directeur du commerce. L'électeur étant mort en 1730 , et Koolaart deux ans après, Elisabeth elle-même termina ses jours à Cassel, dans un état voisin de l'indigence, en 1736. Guillaume Kops, de Harlem , a recueilli les meilleures productions hollandaises et latines de
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sos estimai»* concitoyenne , et les a publiée* en
HOOFFT ( Pierre , ûls de Coasaixi), historien et poêle hollandais, né le 16 mars 1581, nous offre, avec le talent littéraire le plu» distingué, un des caractères personnels les plus recommandants. Son père, bourgmestre d'Amsterdam dans des temps difficiles , alliant la prudence à la fermeté, avait obtenu le surnom de Caton hollandais. Des l'âge le plus tendre, Hoofft donnait les plus belles espérances, et rien ne manqua à son éducation. La langue hollandaise était alors dans l'enfance : il ea devint un des créateur» ou plutôt un des restaurateurs les plus signalés. De bonne heure le goût de la poésie nationale se développa en- lui , et il s'associa à l'une de ces ehembrts de rhétoriciens (1) dans le sein desquelles le feu sacré s'entretenait avec plus de aèle que de goût. En 1508 il voyagea en France et en Italie, et il dirigea sa route par l'Allemagne, pour revenir à Amsterdam, en 1601. Ce voyage lui fut également utile sous 1« rapport de l'instruction et du goût. Il semble avoir appris à Florence à faire des vers hollandais. F ne lettre qu'il adressa de cette ville en 1601 à la chambre des rhétoriciens d'Amsterdam , dont il était membre, si on la compare avec ce qu'il écrivit avant son «lépart , annonce de grands progrès dans la carrière poétique, et présageait dès lors la révolution que , secondé de quelques bons esprit», il a faite dans la littérature hollandaise. La douceur et l'harmonie ont succédé à la rudesse, à l'A prêté : il semblait que le poète eût déposé à Florence celte oreille batave, déjà si décriée du temps de Martial; si toutefois elle ne doit pas être entendue, chea ce poète, dans un sens moral plutôt que dans le sens phvsique, et fonder un éloge plutôt qu'on reproche -, . En 1000, peu après la trêve conclue avec l'Espagne , le stathouder Maurice nomma HooQt drosiard de Moklen (a deux lieues d'Amsterdam), et bailli du Gooiland. L'ambition de Iloofft s'est bornée à cette place; et, quoique appelé aussi bien que d'autres , par sa naissance, par ses moyens et sa fortune, à prendre une part active au gouvernement de su patrie , il préféra son loisir et son indépendance à tous les emplois. Le château de Muiden devint sa résidence principale : il y réunissait, es hommes et en femmes, la. société la mieux choisie. Les passe-temps favoris de ce paisible séjouc étaient la poésie et la musique : les deux soeurs Anne et Marie Visse lier (5),
fll Guillaume Kops a donné un excédent Bnai kittotiqut nr Ut rMetoriaenê àtlett ti kotiamUi; dan» le recueil de* AU* Mtiret de la êocult phtiaioatutit koUtindau* de Lryùt, t. II
(Leyde, 1774, in-4»i, P. 215-351.
fl) Martial, B&r.wfWi
Tu m #», ta. ne, ait, III* MartUU* , Cujaa nequituu jpceaque norat Aurnn cjui modo non habet bataram !
| VxJ. ScrAwer. in hae loco ) (Si Anne et Marie VI <« «cher, auiH que leur yéte , Romain Via> tcher, doivent, a leur tour, trouver place dan* cette Biographie. M Sclielteroa a eonaarré * Iwurméuwire an inWremnt opuscule,
et Françoise Duartc, que Iloofft appelait le AW gnél frewiçmii. en étaient les muses obérés. U te déridaient les fronts les plus graves ; la décence et les bonnes moeurs présidaient aui plaisir»: et qui prouve la pureté de ces habitudes, c'est que la félicité de Iloofft, avec deux épouses, l'une tt l'autre dignes de lut, qu'il associa successivement à ses destinées (1), fut accompli sons le ra^rt moral. Il supporta les chagrins iaséparaMrs de la vie avec courage et résignation ; il répara cru qui pouvaient IV ire avec de l'ordre et de l'ccostmie. Il est à remarquer que Uoofft, qnoque profondément religieux , ne se rangea sou» k bannière d'aucune communion extérieure, ot plutôt qu'il ne se sépara jamais oslensiUcatcit de l'Fglrse catholique , dans le sein Je laquelle il était né, pour se réunir a l'Église proleiuale. Quel qu'ait pu être le motif de sa conduite ictl égard , le fait est réel , et il ne porta point préjudice à la considération dont il jouissait, fiwffl partagea bien vivement les peines de wo ami Grolius ; il loi demeura fidèle dans tons lu temps, et en 1632, quand l'illustre proscrit u fut hasardé à revenir en Hollande (roy. l'article GnoTicsj, Iloofft ne négligea rien pour obtenir qu'il y pût rester, et pour lui assurer ud sert convenable. Grolius avait éveillé sa sollicitude pour un autre proscrit non moins célèbre , fin* mortel Galik'e; et kl tut sérieusement question, à cette époque , d'attirer ce philosophe et dek Hier en Hollande. Depuis sa première producùin poétique, qui parut es 1603 ou 16u3, noufltnr cessa de marquer sa carrière par de nomlreai ouvrages, soit en prose ou en vers, dont oui» allons offrir à nos lecteurs rémunération succincte. U mourut à la Haye, où il s'était rendu pour les obsèques du stathouder Frédéric -Henri, le il mai 1647. Le 27, un immense cortège déposa son corps dans la tombe de ses pères, « chœur de l'église neuve d'Amsterdam, où il Ml été transporté : mais l'on regrette qu'3uruanmv nument n'ait été érigé à sa mémoire. Le ItnJf «*« des obsèques, le Rescius de la scène bol la ndaee, Adam van Sjermesa, prononça en plein iJétut une Oraison fumebre de Huojft, composée par & rard Brandi ; après quoi l'on donna une repre* sentation de sa tragédie de Gérard de IVi»; hommage d'un nouveau genre, ci qui peut-cut n'a pas été renouvelé depuis. Nous rangerons tes ouvrages , tous hollandais, en deux classes, prose et vers : L Iloofft a écrit en prose : 1" ** w * Henri U Grand r roi de Frmnee tt de Xeeerrt, Ansterdanx, 1627, in fol ., l'auteur l'avait conaneoerc dès 1648. Louis XI 11 l'en récompensa p*r te lettre» de noblesse et la décoration de l'ordre dt St-Micbel. 2° L' Histoire de Hetlande, dty**f*b tomeerahteté en fut dévolue à Chories-Q«i»i,jueei la fin à» ïadminiitmlion du (omit de Uxttkr (Kobert Dudley), Amsterdam, 1677, M* Cdlc
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édition , qui est la troisième , mais la première complète, est en vingt-sep* livres. L'auteur y travailla pendant dix-neuf ans : il voulait pousser cette histoire jusqu'à la trêve de 1609; mais , prévenu par la mort, Il ne put exécuter ce projet. En 1641 , on mit sous presse les vingt premiers livres, allant jusqu'à la mort de Guillaume 1", et ils parurent l'année suivante, dédiés au s tat bouder Frédéric-Henri : les sept autres sont posthumes. L'exactitude et la véracité se réunissent dans cet ouvrage à la pureté de la diction et au mérite du style, dont le caractère est la concision et la rapidité. L'auteur s'était formé sur Tacite, et il a mérité le surnom de Tacite hollandais. Il a conservé l'usage des harangues dans le goût des anciens, et il aime à y donner l'essor à son éloquence. Son langage a dû vieillir jusqu'à un certain point : cependant il est toujours en Hollande, ainsi que celui du poerte contemporain Vondel , le type du purisme. Eu 1 BU , on en a donné à Amsterdam , in-8*, une nouvelle édition enrichie de notes par MM. van Capelle, Siegenbeek et Simons. 3° Ut vicissitudes de t élévation de la maison de Uédids ; tableau également riche par les réflexions et les faits, et non moins recommanda Me par la couleur et le style, Amsterdam, 1649, in-fol. 4° Les OEuvret de Tacite traduites en hollandais. Pour mieux s'identifier avec •on modèle , Hoofft l'avait lu Jusqu'à cinquantedeux fois. Gérard firandt publia cette traduction en 1684, in-fol., avec figures. 5° Lettres. Dans le deuxième volume de l'édition de ses oeuvres, il n'en avait guère paru plus de deux cents. Le savant Gérard van Papenbroek en recueillit jusqu'à huit cents, mie Balthasar Huideeoper a publiées en 4738. Elles offrent un grand intérêt pour l'histoire du temps, et pour les détails de la vie privée de Hoofft. M. Scheltema les a bien appréciées sous ce point de vue , et en a donné la quintessence dans un opuscule qu'il a publié à Amsterdam en 4807, in-8*. II. Les ouvrages en vers sortis de la plume de Hoofft sont de plusieurs genres. M. Siegenbeeck , dans une espèce d'Anthologie hollandaise qu'il a publiée à Leyde en 1806, in-8*, sous le titre d'Échantillons de poésie hollandaise du 4T nécle (Préface, p. 14), le représente sententicux comme Euripide, majestueux comme Virgile , sublime comme Horace , gracieux comme Anacréon, tendre comme Pétrarque: 1° ses pièces de théâtre sont: 1. Granida; il n'a pas osé la qualifier de tragédie, mais lui a laissé le nom générique de drame: c'est une espèce de tragi-comédie , mêlée de scènes pastorales ; le sujet est de l'invention de l'auteur : la pièce est en cinq parties, et elle date de l'an 1602 ou 1603; 2. Gérard de Velsen , tragédie en cinq actes : le sujet est tiré de l'histoire de Hollande. Gérard de Velsen , en 1296, assassina le comte de Hollande, Florent V : la scène se passe au château de Muiden , qu'habitait Hoofft. La pièce a quelque rapport avec le mélodrame, ou plutôt avec la tragédie lyrique,
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I par les personnages allégoriques qui y figurent; j tels que la Concorde, accompagnée d'innocence et de Fidélité; la Discorde , ayant pour satellites Dol et Violence : elle finit par un long monologue du fleuve le Vecht, renfermant une magnifique prédiction de la future grandeur d'Amsterdam. 3. ëato. tragédie en cinq actes; le héros passe pour être le fondateur de la Batavte : le sujet est de pure fiction; il y a des scènes de magiciennes, d'esprits infernaux, etc Hoofft l' affectionnait comme soa chef-d'œuvre; il l'avait commencée en 1617 : eMe ne parut qu'en 1618. Toutes ces pièces sont beaucoup {dus calquées sur le modèle de la tragédie grecque , ou sur celui de Sénèque le tragique, qu'elles ne ressemblent à nos tragédies; elles sont accompagnées de chœurs qui, ordinairement, ne sont pas la partie la moins brillante de l'ouvrage : on n'a pas encore cessé de jouer ces pièces. Le mérite de l'auteur fait passer sur la vétusté du langage, il y a encore une pièce intitulée le Ju§ement de Périt: ce ne sont que quelques scènes di al agitées sur ce fameux procès. On a imprimé à Leyde en 1759 Anciennes pièces de théâtre de Hoofft '. 11 parait qu'il avait commencé à s'essayer sur les sujets d'Achille et de Potuxène, et de Thésée et Ariane. Enfin Hoofft a fait pour la scène Wetreaar met de Pot; c'est YAulularia de Piaule nationalisée : elle est restée au théâtre. 2° Les autres ouvrages en vers de Hoofft , recueillis avec ses pièces de théâtre sous le titre de Poésies mêlées par Jacques van der Burg, en 1636, in-12 , consistent en pièces érotiques ou anacréontiques-, son talent s'y est éminemment distingué, et Pootseul a rivalisé depuis avec lui : en cantates, qui peuvent être assimilées aux beaux chœurs de ses tragédies; en | épigrammesou inscriptions, sonnets , choix de j psaumes, etc. Le secret de l'activité de Hoofft se | trouve dans cette devise, tirée de Lucain, qu'il avait adoptée, et que présente encore aujourd'hui la cheminée du salon de sa résidence «le Muiden : I S Mit differrt paratis. I*s manuscrits autographes ou authentiques des œuvres de Hoofft, ainsi que sa correspondance, sont religieusement conservés dans la bibliothèque de l'Académie, dite YAtkéstèe illustre. d'Amsterdam. L'éloge de Hoofft ayant été, en dernier lieu , le sujet d'un concours littéraire en Hollande , le prix a été remporté par M. Jean de Kruyft*, de Leyde, dont nous regrettons de ne pas avoir connu l'ouvrage. Hoofft a I été bien apprécié comme restaurateur de la langue hollandaise, dans l'intéressante histoire | de cette langue qu'a publiée à Utrecbt en 1812 M. A. Ypey, p. 445-474. — Gérard lloorrr ou Hooft, d'une famille patricienne d'Amsterdam , ' se consacra, dès sa plus tendre adolescence, aux | muses latines, sous les auspices de Pierre uurman le second. En 1767 il publia , avec trois de ses camarades (Zacharie-Henri Gouderc, Laurent van ! Santen et Lambert Schepper), un recueil do Jute- I nilta : il fut enlevé par une mort prématurée le
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18 décembre 4768; et en 1770 Jérôme de Bosch a publié séparément ses Poésies latines posthumes, accompagnées de sa vie et de son portrait , Amsterdam , in-8°. Sa jeunesse ne l'avait pas empêché d'être déjà nommé secrétaire de sa ville natale. M ON.
HOOGE, ou HOOGHE (Romain de), dessinateur et graveur, naquit à la Haye vers le milieu du 17e siècle. On connaît peu les circonstances de sa vie. Le roi de Pologne lui accorda des lettres de noblesse en 1675; et le roi d'Angleterre Guillaume III lui donna en 1689 le titre de commissaire inspecteur des mines et douanes du comté de Lingen. On croit qu'il mourut entre 1720 et 1730- Dans ses gravures, son prénom est ordinairement écrit Romeyn ou Romyn. Les ouvrages île cet artiste décèlent une imagination riche, une grande facilité dénuée de correction, des idées gigantesques el peu adaptées au sujet. Il s'est exercé surtout dans le genre allégorique. On a de lui beaucoup de compositions satiriques , dans lesquelles il n'a pas toujours gardé les convenances. Parmi le grand nombre d'estampes qu'il a produites, on distingue : le Massacre des deux frères de WUt ; ['Entrée de Louis XIV dans Dunkerque, le Pillage de Budegrace; la Foire d Arnheim; les Fêtes données tn Hollande à Guillaume II, roi d'Angleterre; la Synagogue des juifs portugais à Amsterdam; Charles II, roi d'Espagne, descendant de son carrosse pour rendre hommage au Saint~Sacremcnt , et y faire entrer le prêtre qui le porte, composition connue sous le nom du carrosse de Komain de llooge; la suite, en neuf pièces, des Réjouissances, Ftuxd'artijice, et Fêtes publiques faites à Bruxelles en l'honneur de l'empereur Léopold après la prise de Bude; cent estampes pour l'édition des Cent Xovoetles-Xouccltes, Amsterdam, 1701, 2 vol. in-8°; les estampes des Contes et Nouvelles en vers de la Fontaine, Amsterdam, 1685, 2 vol. in-8°; celles de l'Heptaméron de Marguerite de Valois, Amsterdam, 1698, 2 vol. in-8°, réimprimées dans les éditions publiées aussi à Amsterdam en 1700 et en 1708 également en 2 volumes in-8° ; celles du Décaméron de Boccace, Amsterdam, 1697, 2 vol. in-8° , réimprimées dans la même ville , le même format et le même nombre de volumes en 1699 et 1712 ; différents sujets et diverses suites île batailles , sièges , sujets historiques , costumes , fables, etc., ainsi qu'un grand nombre de vignettes et estampes pour diverses éditions. On peut citer encore ['Académie de l'art admirable de la Lite, représentée en 71 ligures, avec des instructions claires et familières, Leyde, 1712, in-4° : l'édition originale, Amsterdam, 1764, aie texte en hollandais. P — e.
HOOGERS (Cosun, ou Théophile}, professeur de droit, d'éloquence et d'histoire à Deventer, où il fut le successeur de Grasvius en 1661 , a laissé un petit volume de poésies et de harangues latines, qui caractérisent fortement l'opinion politique qu'il professait, en même temps qu'elles
portent l'empreinte d'un véritable talent. Don de ses discours surtout sont des espèces de plulippii|ues contre le système politique de l'Angleterre et les partisans que cette puissance traitât en Hollande. Un autre discours a pour objet de prouver la tyrannie de Jules-César, et de faire ainsi l'apologie de la conduite de Brutus el de Cassius. Hoogers paraît avoir voyagé dans les principales parties de l'Europe avant de se muer à l'enseignement académique. 11 séjourna pendant plusieurs mois à Caen, où il fut très-lié m Uochart, liuet, Paulmier de Crentemesnil , etc. La tournure que prirent les affaires en Hollande ayant amené sa destitution , l'cslime de ses œocitoyens l'appela, des fonctions professorales, i celles de bourgmestre ; mais il mourut dans a 40e année , le 14 avril 1676. Aux Potmala ;'«»■ lia de Théophile Hoogers , et aux trois discours dont nous avons parlé, on a réuni dans le même volume les Posthuma (poemata) de Jean Hoogers, son frère, qui était ministre du sain! frangik ; ainsi que le Funus Claudn Salmasii et le lier Suecicun de Huet, Amsterdam, Elzevier, 1682, uvli Après la mort de Kabo-Herman Scbele, Théophile Hoogers fut l'éditeur de deux de ses productkm. Libertas publica, et De jure imperii ; celte dernière est dirigée contre les principes de la bftm regia de Saumaise. M-M.
HOOGEVEEiN (Henri), habile helléniste, oajuit à Leyde à la fin de janvier 1712 , de parents et trémement pauvres. Sa mère voulait qu'il apprit un métier ; mais son père, qui avait des seanments plus élevés, désira qu'il reçût une éducaliee littéraire, et le fit entrer au gymnase de Lejdt Pcudant trois ans, le jeune lloogeveen ne nfpoodit aux bontés paternelles que par une appun* lion exemplaire et une ardeur au travail si tu» sive qu'eUc pensa lui coûter la vie : nuis *t* efforts étaient sans succès. Soit que la misère cit arrêté le développement de ses facultés, soit<F l'extrême sévérité du maître qui le dirigea dan» ses premières classes eût étouffé ses mojens rt comme abruti son intelligence , U ne put sortir de la dernière place. Hais arrivé en iroisienne , et confié à un maître plus humain , tout à coup d montra une facilité qu'on ne lui soupçonnait pas, et à la fin de l'année il avait surpassé presque tous ses condisciples , et ne le cédait qu'a Barmatin Second. Ses progrès allèrent toujours croissant, et son nom fut bientôt si honorablement connu , qu'en 1732 il fut nommé corecleur de l'école de Gorinchem, et, neuf mois après, appek à Woerden pour prendre la direction dugjœnase qui venait d'y être fondé. C'était, pow uo jeune homme de vingt ans , une tache un peu forte que de conduire un établissement où twt était à créer : mais le succès couronna son w et son habileté , et lorsqu'on 1739 les magistrat» de Culembourg lui offrirent à des conditions tresavantageuses la place de recteur de leiirgjœn1*' U laissa celui de Woerden dans J'ëlat le
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florissant. En 1743 il quitta Culembourg pour le rectorat île Bréda ; puis , au bout de seize ans, celui de Bréda pour celui de Dordrecht , d'où il fut en quelque sorte arraché par les magistrats de Delft , qui le mirent à la téte de leur école. Il mourut dans cette dernière ville en 1791, arec la réputation de grammairien consommé que lui avaient justement acquise ses Remarques sur Us idiotismes grecs de Vigier. tant de fois réimprimées, et son grand Traité des particules grecques (Leyde, 1769, 2 vol. in-i°). Ce dernier ouvrage est tellement étendu , tellement chargé de détails , que c'est un service à rendre aux lecteurs que de leur dire qu'il en existe un excellent abrégé par M. Schutz. Hoogeveen, quoique grammairien, avait de la facilité, peut-être même du talent pour la poésie. Il a composé , pour les solennités académiques, beaucoup de vers latins, des odes, des élégies, dont Saxius donne les titres et les dates. p. — ss.
HOOCSTRAATEN (Sahcel Vas), né à Dordrecht en 1627, a laissé un bon ouvrage sur la théorie de la peinture , écrit en hollandais. Il céléhra , à vingt-trois ans, dans un recueil de poésies érotiques hollandaises, sa passion pour la belle Rosalie. L'année suivante, 1651, il voyagea en Italie, et fit quelque séjour à Rome, d'où il passa en Angleterre : il avait été antérieurement à Vienne. Iloubraken, son élève, lui a consacré un article assez étendu dans ses Vies des peintres flamands et hollandais, t. 2, p. 155-170. Samuel était luimême élève de son père Didéric ou Thierri, peintre et graveur, né à Anvers en 1596, mort en 1640, à Dordrecht, où il s'était retiré à cause des troubles religieux de la Belgique. Didéric avait un autre fils, peintre, du nom de Jean, frère puîné de Samuel (eoy. sur ces trois artistes, Descamps, Vies des peintres, t. 1", p. 411-413 ; t. 2, p. 385-386; ibid., p. 407 et 408). M— on.
HOOCSTRAATEN (Jacques Van), ainsi nommé de sa commune natale, située dans les environs de Bréda, fut religieux de l'ordre de St-Dominique et reçu maître es arts dans l'université de I n h vain en 1485. Créé prieur des dominicains de Cologne , docteur et professeur en théologie, il se montra l'un des premiers antagonistes de là réformation, et engagea avec Reuchlin une querelle dont il ne retira ni honneur, ni profit, ni satisfaction. Burigny en donne les principaux détails dans sa Vie d'Érasme , t. in, p. 22y-233. Erasme, qui avait conseillé de la prudence à Reuchlin , donna inutilement à Hoogstraaten de» leçons de modération. Il n'en fallut pas davantage pour s'en faire un ennemi déclaré , et il le compte comme tel dans sa lettre à Jean de Lasco (Lettres d'Erasme, 1. 19, p. 13). Ce fut cette affaire de Reuchlin qui donna naissance au fameux livre intitulé Epittolœ obscurorum virorum (toy. Hut- TEx). Hoogstraaten n'y est point ménagé : on y lit son épitaphe faite de son vivant ; car il ne mourut que plusieurs années après qu'eut paru
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cette ingénieuse satire. Il trouva le terme de sa carrière agitée à Cologne, le 21 janvier 1327. Ses ouvrages sont très-profondément oubliés aujourd'hui et ne méritent pas d'être exhumés. Les curieux pourront en voir la liste dans Foppens (Ribliothera belgica. t. 1", p. 517), et d'une manière plus détaillée dans la Ribliotkeea preedicatorum, des pères Quetif et Échard. M— on.
HOOGSTRAATEN (David Van), littérateur hollandais , né à Rotterdam en 1658 , fit ses humanités à l'école érasmienne de cette ville , et manifesta dès le premier âge du goût pour la poésie hollandaise , que , dans le genre moral et religieux, son père , François Van Hoogstraaten , libraire, cultivait avec assez de succès. Il avait le même exemple dans son oncle Samuel Van Hoogstraaten , peintre. L'université de Leyde vil le jeune David au nombre de ses étudiants en médecine. Créé docteur en cette science, il s'établit à Dordrecht, où il parait que son père avait transporté son domicile. Mais le goût des belles-lettres finit par l'emporter chez David sur celui de l'art médical. Les langues anciennes et sa langue maternelle l'occupaient de prédilection , et nommé d'abord précepteur de basse classe à l'école latine d'Amsterdam, il ne tarda pas à y arriver au corectorat. Une maladie grave lui occasionna une surdité qui le rendit incapable de remplir ses fonctions scolaires. L'estime générale qu'il avait su se concilier lui valut en 1722 son éméritat, avec conservation de ses appointements : mais il ne jouit pas longtemps de sa retraite. Le 13 novembre 1724, un brouillard épais fut cause qu'il tomba dans un des canaux de la ville , et il mourut huit jours après des suites de ce funeste accident. On a de lui : 1° Dissertatio de hodierno médicinal statu . Dordrecht, 1683 , in-8° ; 2° des éditions estimées de Cornélius Népos , de Phèdre et de Térence ; 3° quelques traductions de classiques latins en langue hollandaise: on distingue celles en vers des Fables de Phèdre et de FaèYne; 4° un nouveau Dictionnaire hollandais et latin, Amsterdam, 1704, in-4°; 5° Grand Dictionnaire historique universel, sur le modèle de ceux de Moréri, de Bayle et de Buddaeus, et en partie traduit d'après eux, Amsterdam, 1733, 7 vol. in-fol. Hoogstraaten en fut le principal entrepreneur, en société arec Jean-Louis Schuer ; mais sa mort l'a empêché d'y contribuer plus loin qu'à la seconde lettre de l'alphabet, qui fait partie du deuxième volume. 6° Poemata, en onze livres, Rotterdam, 1710, in-8°. Les poésies latines de Hoogstraaten ne manquent ni d'élégance ni de pureté. 7° Un volume in-4» de poésies hollandaises. L'auteur était un grand partisan de sa langue* maternelle : il Tarait étudiée dans les bonnes sources, et l'a surtout prouré par son ouvrage 8° Sur les genres des substantifs hollandais. Le genre, moins facile à fixer dans cette langue qu'en d'autres , et trop souvent variable dans le langage familier , a été soigneusement