GG
rechercha et déterminé , d'après 1rs meilleure I auteurs, dans celle liste alphabétique. U est peu de livres par lesquels ou ait mieux mérite de ccL iliome. Adrien Kluil a donné de cet excellent livre deux nouvelles édition», successivement fort enrichies da ses remarques. 9« Une UhMorigue haU>mdaise. posthume ; 10° quelques bonnes biographies de poètes hollandais; 11° on lui doit la belle édition, des Jnni Brot*c.klntsii jtoemata, Amsterdam, 1711, i0r4". — J au. Von HOOGSTBAATKK*
poè'le hollandais, partagea les goûts littéraires de sa Camille. Il a laissé en hollandais : 1° Un llemeti de poésies, 1720; 2° TriomfJie de l'amour dirai, Mil ; 3° et quelques pièces de théâtre; M— os.
11000 VLIET ( Arnold) v poi'te hollandais, né à Vlaardingen , près Rotterdam, le 3 juillet 1087, est surtout connu au Parnasse hollandais par son poème intitulé Abraham U patriarche. Ce poe'iue a la prétention d'être épique ; et l'on a beaucoup écrit en hollandais pour lui assigner son rang, comme tel , à côté des plus célèbres épopées anciennes et modernes. Si un goût sévère peut éprouver des scrupules à cet égard , on ue peut disconvenir de la beauté de la versification, du mérite du style, de la richesse des descriptions et des images. L'ouvrage est en douze chants, et il parut pour la première fois en 1727, in— t* (I). Lors de la composition du dixième chant, le poëte, épuisé par son travail, tomba dans un état de faU Messe qui l'obligea de l'interrompre ; mais le repos et des soins l'ayant rendu a lui-même, il acheva, son ouvrage , qui eut un succès sans exemple et constamment soutenu depuis. Il n'est pas dans la littérature hollandaise de livre honore (pour ainsi •dire) d'une adoption nationale plus prononcée, la première éducation de Hoogvliet ne lut point littéraire : sa destination purement commerciale l'avait laissé étranger à l'étude des langues savantes. Mais à l'âge de vingt ans il vait reconnu ce -vide; et dés 1710 U donna une preuve de ses progrès peu communs dans la connaissance de la langue de L'ancienne Home pas sa traduction, en vers, des Fastes d'Ovide , in-s°. Il était alors employé au luontrde-piété a Dordrecht. On lui Ut espérer une place plus avantageuse à Amsterdam. Il céda à cet appal; mais l'événement ayant frustré son attente, il retourna dans sa petite ville natale et s'y ut caissier,, emploi de finance commerciale tres-considéré eullollande. La deuxième édition, des FasLs parut en 1730. La vogue prodigieuse de son Abraham, fui pour HoogrlicL un motif pressant de former une nouvelle entreprise poétique, il s'occupa d'une: Mcstiade. Il avait presque achevé: l'impression du premier volume,, mais continuel* lement découragé par la. difficulté du sujet ,. par le combat qu'il éprouvait entre les devoirs de l'historien et les droits du poète, U résolut de
(Il Le format in -4» éU»t adapté, peur ]«• «u»re« poétiques •I annll kna.panrtant le iftiriurr tiécifl. L liirti1* 1 est aujc lini'uui.
des morceaux détachés, sous le titre Je Ckois ic mélajigss ècaugéliques , inséré dans U premier w. lume de ses Poésies mêlées. Ce dernier recueil, composé de deux, volumes \a-¥, offre un graod nombre de pièces qui font également honneur i l'homme, au poète, au chrétien. Il y a surtout un poème assez étendu sous le titre ùtZfdkta; c'est la. description pittoresque d'une maison &t campagne de ce nom,, situ Je près d'Ulrecbt (IL et que possédait un ami de l'auteur , David »o Modem. Celui-ci récompensa le poè'le par une médaille d'argent du poids d'une livre et dénie qu'il fit frapper en son honneur. Elle présentait d'un côté le buste du poëte, avec ces mots: Arnold Hoogvliet , al. L1L ilDCCXXXiX; et au revers des armes allégoriques avec celte ikvise : Candtdè et renustè, et six vers signés S. F. (Sibraaa Feilama.l oy l'art. Feitama). L'estimable BMffÉ termina sa paisible carrière à Vlaardinge», «bai sa maison natale, le 17 octobre 1765. Sa mtamt a été «élébrée dans ua volume de Chanu-OKietat. Une société littéraire bollamlaise ayant it manié une biographie de Hoogvliet, celle qu'agit (nesentée M. Jean de KruilT obtint la préuruxt au concours; cette biographie nous a fourni te matériaux de cet article. — Xicohu Udoonin pasteur et professeur à Leyde, y prit posse>v»o d'une chaire de théologie en 1770, par uu dbrouri !><>. oratoris saeri, t* refclLmdit recelait!) w itm cerstt tapioj tlmt, prude Ht ia. On a de lui un autre ils» cours De latione legir puolka, non nnko nitùmt religioni* documenta. U devait prononcer «rfwvtw en résignant le rectorat de l' université de UvJt en 1777; mais la mort le prévint le i'J avril k cette anuée. Le discours a été imprimé, <ui<»qw non prononcé. L'un et l'autre sont iu-l". H-**llVUk ( TuÉQDOAK-L'uouxau}, asseï fécood H très-amusant romancier anglais, fut, dans la fuligineuse patrie des Nuitt d'Young efedeU Mil» eoUe de liurton , un MarlainvhMe,... non u'<h« dire un Rabelais!, car U. lui manque du cariât Meudon l'énergie r la profondeur, la paisnattl» n'est pa6 synthétique , il n'est pas pbilosopoe,il n'a pas et ne se crée pas.de mission, niais il * de* saillies; il n'a ni foudre ni tonnenre, inaùiiidn éclairs r il en éparpille sans cesse. Hook «•! * monde le 22 septembre 178oV la inéaie aonte que Byron , par conséquent, et même il fut son v*disciple a flarnow,... condisciple et non caaurai'. car évidemment ils ne se remarquèrent même pu. |Ce n'est qu'à Cambridge , ce n'est point son te ombrages d*Harrow,que Noël Gordon ëlevaitlov» qu'il destinait an baccalauréat, houllumnru do,n
tti LailiUér*UirahalltMikUM.«t.ricl>« t* patata
de ce genre. U » belle» maisons de campagne qui courut» i: imllandnts ont ete cVtébre>* fort par leur» paanmin, <*> "* d'ault*» j(o«ie* , il-in» de» auvaigm t*. m* yUn ou «*"M dus : témoii. le Zttçvi.ft, du Cal»; le H.'/ieyc*, <Je 0>t^'f Huigsn* ; l'0cA«nWy , de WesfertHUHi; rBnfrtàycK, * PoL Ainsi, Pierre Utiraia* a « chant* en bMa ver» **
noo
Flonk au reste aurait été jaloux et de par laquelle ils auraient noué connaissance; et Hook à son tour •ne commençait a faire un peu retentir les tamtams de la renommée que lorsque Byron, depuis dix ans au ban de l'Ile du « spleen » et du « cant, » allait en Grèce livrer ses derniers combats et mourir.] Nulle parité d'ailleurs entre ces deux hommes, bien que dans la vie de Hook aussi nous distinguions, après ton enfance, trois phases artistiques. ■Les circonstances même de naissance étaient tout autres. Les berceaux d'abord étaient à plus de cinq cents kilomètres de distance : ici i'foosse, pays de poésie et de rêves; là Charlotte-street, Bedford -square , Ixmdres, terre de la prose et du positif. Ici la dot de la mère menée à grandes guides et fondue par le viveur son mari, la géne ensuite, puis, par un raccroc longtemps guigné en vain, un titre de pair en herbe et un « estate » en moisissure ; là la rie unie et légère, sans fossés et sans cahots, sans faste d'un jour et sans misère. Le père de Hosk, très-habile musicien, auteur en vogue de cent quarante oeuvres et de pins de deux mille chants, et dont tiurney aiosi que Parkc citent le nom avec honneur, se rit pendant des années une clientèle nombreuse et choisie et refusait les élèves que tant d'autres ▼ont quêtant. Sa mère , presque de l'aristocratie , réunissait grâces extérieures, esprit et goût , charme -des manières et vrai talent. C'est d'elle qu'est le Double travettiatmenl , petit acte représenté, en 1781, à Drury Lane avec succès. Certes, si les hautes qualités de l'esprit sont un apanage héréditaire , Hook dut beaucoup, en sus de la vie, atix auteurs de ses jours. Éviilemment c'est sous l'influence maternelle que, tout jeune, il prit l'habitude de l'observation morale et de cette sagacité que décrient partout ses écrits, et don t i I faut que des habitudes de la première enfance aient été le point de départ. Auprès de son père il respirait une atmosphère musicale: il rompait ses petits doigts aux prestissimo assai , à la double et à la triple croche; plus tard il s'initiait aux mystères de la fugue et aux fantasmagories du contre-point j et il s'acheminait au moment où , l'écheveau des idées se dépelotonnant sous la voûte du crâne, lesnotes pleuvraientet pulluleraient improvisées sous ses doigts. Son père pourtant ne se sentait , à ce qu'il semble , aucune envie d'en faire un artiste. Déjà un (ils atné, James Hook , qui primait de quinte (ou même de dix-sept) ans le jeune Théodore - Edouard , avait, en dépit de la jovialité de son humeur, manifesté des goûts marqués pour Votita* eitm dignitatt (traduction libre , pour les sinécures bien reniées) de l'Église anglicane, et poussé fort loin déjà des études théologiques qui finirent par le conduire au rouifor laide poste de doyen de Woroester. 1-e maestro n'eut pas été fâché que le second se sentit également voeation pour une carrière sérieuse et sûre. Quidnif If/Ay not? eussent dit en chœur tous les Quelque espiègle qu'il fût, l'entant au gi-
ron maternel apprenait, en se jouant et en jouant, tout ce que l'on voulait. Quand llarrow devint son domicile, tous ses maîtres louèrent son travail «t ses progrès. Avouons cependant qu'il était encore plus le héros de ses camarades que de ses mattres, et qu'il avait plus droit ou premier grand prix de malices et de tours de toutes sortes qu'à l'accessit de vers latins ou de thème grec. Les gentillesses de Gilbert Gurney (1)an collège sont évidemment, et l'amour avec lequel il les décrit le prouve assez , la propre autobiographie de l'écrivain ; ou peut les lire, si l'on veut se faire l'idée de ce qu'était Tchiod (2) tle treize à seize ans. Ses humanités terminées, il mit les pieds à l'université d'Oxford, mais il n'y prit pas racine. Quand, son nom donné au secrétariat, vinrent les cérémonies d'inauguration , de prestation de serment, etc., etc., ne voyant là, lui, que des parades dans le goût de la Réception du « Malade imaginaire » , à la demande du recteur île St- Marc's HaTI en grand costume (c'était le grave Pa ruons de Railiol ) s'il souscrirait aux trente-neuf articles,... «Trente-neuf! > lit Hook, «• quarante, « si vous voulez! » Cette façon légère de prendre son parti du chiffre sembla irrévérencieuse au révérend : il toisa d'un œil sévère le profane et passa aux élèves suivants sans réadresser un mot à Hook; puis, la galerie éloignée, il référa de l'incident à l'assemblée de ses collègues. Le saubéd ri u frémit. Eh ! quoi , l'indifférence en matière de serments allait planter sa bannière dans le sanctuaire d'Oxford ! Le plus érudit prouva que le trop conforme (ovenviliing) jeune homme était pour sûr un non-conformiste caché, un hérétique quelconque, un « latitndinarien » pour le moins; et le nom de .Hook fut « biffé, radié, caneellé » du registre des « Oxfordians. * Oancellé , radié, biffé, « désimmatricalé » en un mot, très -peu désolé néanmoins et très-peu l'oreille basse, Hook revint à la maison paternelle s'inspirer des cavatines et des « scherzi » dont avaient été bercées ses heureuses premières années. C'est alors, et respirant à pleins poumons un air pur de tout miasme scolaslique qu'il fit dans l'art du pianiste et sans leçons nouvelles ces progrès dont par anticipation nous parlions plus haut et dont fut étonné son père. Delà grande indulgence de la part du compositeur pour l'adolescent dont décidément on ne pouvait désespérer malgré le sinistre d'Oxford, et qui, dût-ë n'avoir jamais d'autre corde à son arc, aurait du raoios les Ml ou 1S9 ou 419 du piano (on n'en comptait pas plus en ce temps); delà aussi permission de l'accompagner quotidîenn ornent au théâtre où lui-même figurait comme exécutant à l'orchestre. — Hook n'y vit pas dix représentations qu'il sentit vibrer en lui la libre dramatique; et , après trois ou quatre sujets adaptés puis abandonnés, il donna en 1801, à Uaymarket,
II) H«'r<n d'un de* roman» do lUok : voyez |>lu» la». ^ U' CV»t.à-dhoJ-AAd atmmtioti famtMêro de TrH-odor*
un petit opéra-comique intitulé U Retour du soldat. Nous ignorons ce que lui valurent les droits d'auteur; mais un des libraires qui monopolisaient l'impression des pièces nouvelles lui donna cinquante livres (12;>0 fr.)de la sienne. L'auteur, on le voit, avait alors dix-sept ans. Cette entrée en scène le mit en verve; et le père, entendant de tout côté acclamer et panégyriser son fils, crut voir dans la fabrication théâtrale une Californie où s'enrichirait son fils. Sa femme sans doute n'eût pas pensé de même, et, appréciant ce que le théâtre offre de précaire et de perfide, elle eût détourné son fils de celte voie. Hook, en fin de compte, y eût beaucoup gagné : la fréquentation quotidienne des coulisses et l'intimité de tous les moments avec les lions et les lionnes de la scène, n'eussent pas, à la faveur des succès dont jouissaient et ses excentricités et l'intarissable feu de file de ses reparties, implanté chez lui ce besoin de flânerie qui poco a poco lui rendit et toute vigilance et tout travail impossibles. Mais tout récemment privé de ce guide, il n'eut personne qui l'empêchât de prendre en plein son élan dans les espaces comme la comète au mince noyau et à la chevelure démesurée qui semble vouloir envahir les cieux, tandis que sa diapbanéité révèle qu'elle n'est que vapeur, trillionième peut-être (îe la moins dense de nos vapeurs terrestres. Quoi que l'on opine à ce sujet , toujours est-il que le public amateur des jeux de la scène aurait perdu à ce triomphe de la prudence maternelle nombre de réjouissantes créations que les six ou sept années suivantes virent se succéder rapidement. L'amusante farce Le happe oui pourra (Catch him who can ) ouvrit la marche. Ensuite vint le mélodrame de Tekéli ou le siège de Mongati, dont l'inspiration peut-être doit être cherchée dans un épisode de Pigault-Lebrun, imité lui-même de la Lodoïska de Kaublas, et dont le succès fut assez significatif pour que deux fois encore il remit assiégeants et assiégés à la scène, la première dans son mélodrame de la Forteresse , la seconde dans le Siège de St-Quentin.
Etdetroli!
rons à dU, nous ferons une croix.
Entre Tékéli et la première de ces pièces cependant avait été jouée la Fille invisible, espèce de monologue qu'il écrivit uniquement pour fournir à l'inimitable Jacques Bannister l'occasion de déployer toute la souplesse de son jeu ; et de même, avant le Siège de St~Quentin, mais après la Forteresse, il avait donné le Fou de musique, sujet banal, mais tout à fait à l'ordre du jour, qui vers le même temps inspirait le Mélomane en notre France, en Italie U Fanatico per la mu sim. Tout jusqu'ici s'était passé sans noise entre notre auteur et l'autorité. Celle qui suivit le Siège de St-Queniin n'arriva pas ainsi sur des roulettes aux honneurs de la représentation. Tuer n'est pas assassiner en était le titre. Non content de ce que le sujet par luioffre de scabreux, Hook voulut procéder
HOO
à la façon des comiques de la vieille comédie et ;] introduisit dans son intrigue un ministre méthodiste, immédiatement reconnaissable pour tout, comme le Trissotin des Femmes tantes. Le député Censeur dramatique (car Londres est Awè d'un censeur dramatique , seulement on lui donne un fort beau nom , licenser ou si l'on veut fl?puty Licenser,.... une simple syllabe , // devant censor et le tour est fait), le Censeur dramatique, disons-nous, s'effaroucha de ce moyen irnouvides Grecs, et il mit son embargo sur le cuU réputé véreux. Hook de réclamer, le Licenser de s'obstiner, les journaux de s'épargner d'autant les frais de rédaction en insérant les missives de part et d'autre. Le public, qu'amuse cette comédie sur et pour une comédie, de suivre jour par jour les phases du débat. Finalement Hook fut obligé de s'exécuter, il transforma son ministre méthodiste en Apollon Bel vi, que joua Liston; et grâce au talent de l'acteur , grâce aussi aux désopilantes pochades, bourdes et fariboles du rôle, un succès pyramidal accueillit la farce Tw nest pas assassiner. « Tuer » fut suivi de San il sauf, qui ne produisit ni moins de fous rires dans la salle ni moins de belles et sonnantes guioees en la caisse; puis toujours ajoutant à son (ko* nouvelle variation et La « coda » , il mit le comble à la gaieté de ceux pour lesquels il écrivait (ce qui veut dire des « pantégruélistes et non autres ») par son Ass-astiguation, intraduisible < ribobolo » en jargon de John Bull, dont toute Nil est dans le bizarre calembour du titre, espèce de médaille bilingue dont l'exergue clame assassinat, mais dont le revers (en intercalant le j furtif , g fluidissirae, g évanescent, comme il w plaira de nommer), se traduit par « assigna- « tion du baudet ». La même époque nous fournit encore le Testament et la veure , tableau de geare qui n'est plus de la farce, quoique le cooiiq* y domine toujours, et qui nous montre uueHwt au besoin pouvait tenir les rênes de son génie- A ces dix pièces ajoutons sur-le-champ pour compléter la synopsie du théâtre de Hook, ta» •nie l'ordre chronologique ne les appelle point ici, U Jugemerd par jury et les Tènèbrei ««**'; œuvres remarquables l'une et l'autre comme irritables pamphlets politiques lancés à brùle-poufpoint sur la scène et doublement aristopbanieoDB puisqu'elles nous ramènent, sauf les personnalités, à la vieille comédie et parce que l'espnt conservateur y domine acerbe et inique dénigratcur du présent. Déjà pour lui la phase-pampnw a remplacé la première phase de sa vie d'artiste, l» phase-théâtre. Pendant les sept ou huit premiens années (1805-1812), il n'avait en quelque sorte respiré qu'au théâtre. Les coulisses, le foyer, I orchestre, le trou du souffleur, les combles étaient à tour de rôle animés de sa présence; Covent- Carden, Drury-Lane, Haymarket, les tous les rooms, et notamment les « green-rooms • avaient leur part de ses visites, de se* incarttdtf-
igitized by Googl^
HOO
de ses punt, de ses funs, de ses charges en action; hors de ces asiles de la mimographie, toujours ou peu s'en faut il traînait à sa remorque quelque membre du personnel comique ou bien il donnait le branle, chemin faisant, à quelque scène plus comique que celles qui se jouaient sur les planches. Tous, hommes et femmes, vieux et jeunes, petits et grands, montaient sitôt qu'il paraissait à l'unisson de sa gaieté". Ce n'est pas que ses plaisanteries fussent constamment des plus châtiées. Au contraire même ! Mais l'imprévu, le spontané, l'hyperbolique en même temps hyperdrolatique et hyperalcoolique qui coule de source détendent les fronts les plus ridés. Tout chez Hook (fort joli homme cependant lors de sa jeunesse, à la chevelure luxuriante , à l'œil vif et brillant, à la svelte cambrure, au pas enjambeur) prétait à rire, plastique, mimique, rhytbmique : sa voix prenait des inflexions à pouffer, Potier aurait envié sa façon de porter les mains, les coudes. Acteur de profession, il eût souvent fait salle comble, liais il ne jouait qu'à ses heures et quand le caprice l'en prenait. On se souvient encore de l'effet qu'il produisit sur toute la salle, y compris les acteurs, quand un soir que l'on jouait un grand drame sentimental, Oowton en étant au plus sérieux ou au plus pathétique de son rôle, il se présenta sur la scène à la place d'un figurant subalterne, une lettre à la main, mais dans un accoutrement, avec un air, avec des gestes qui frappèrent à tel point de stupeur le pauvre Dowton qu'il en resta la bouche béante, ne pouvant émettre un son de son gosier, tandis que toute la troupe étouffait de rire. Un autre jour, dans le mélodrame d'Une heure sonne ou le Démon des bois de Lewis, ayant déniché un deuxième portevoix dans le bric-à-brac du théâtre , il alla se cacher dans les frises, et quand l'acteur jouant le Démon chantait à tue-tête :
Ma proie 1 ma proie I
il ripostait en soufflant dans le cornet n° 2 quelque chose comme ,
j'ai
«a diable : il faut que mon
Le directeur faillit se fâcher et menaçait de mettre à la porte le comparse ou l'acteur coupable du méfait. Mais tout le monde avait trop ri, et du vers, et de la mine de l'acteur auquel était prêtée cette expression d'un formidable appétit, et, quand on eut découvert le délinquant, de la sincérité des convictions qu'il énonçait, lui, gros mangeur, épris des fines tables, des déjeunera passant minuit et des soupers sur lesquels se levait l'aurore : on croyait le voir les narines dilatées, les lèvres souriantes, la langue happant au palais, flairer un lointain fumet de soles frites ou de bécasses truffées en répétant :
Ma proie! ma proie I Ut que
Et qui se fût décidé à consigner Hook ? qui l'eût souffert? Aussi n'cut-il garde de se refuser le plaisir de la récidive ; et dans un moment où la fièvre des élections dressait des hustings jusque dans les boudoirs et où le oui et le non se croisaient avec fureur relativement à la candidature de Burdelt, pit. boxes and galleries ouïrent-elles, au beau milieu d'une scène mélodramatique où un gigantesque héraut allait délivrer au jeune premier quelque communication énorme et dont on frémissait d'avance, ouïrent -elles, disons-nous, une tonitruante vocifération , Burdett/or ever! Mais où cette immixtion indemandée fut le plus du goût du public , ce fut lors de la célèbre représentation de la Poste au doigt, l'accompagnement de guimbarde dont il s'avisa d'embellir la romance de Liston : la romance était plaintive, la mélodie touchante ; criards, aigrelets et maigres, les sons de la guimbarde contrastaient avec ces deux éléments fondamentaux. Mais ils contrastaient si étrangement, mais invariablement ramenés au bout de chaque vers, ils coupaient si risiblement la pensée musicale du compositeur, mais ils s'étalaient si ingénument comme aspirant dans leur niaiserie à la fioriture , dans leur gaucherie à la roulade, que tous les John Bulls furent dans l'enchantement, et qu'ils firent bisser les couplets au profond ébahissement du chanteur lui-même, qui céda de bonne grâce à l'universel « encore I encore ! », sans apercevoir d'où pouvait venir cet hétéroclite accompagnement avec lequel ne l'avaient familiarisé ni la répétition ni la partition. Quelque interloquantes que fussent plus d'une fois ces bouffées de la folle du logis, à tout prendre, Hook arrivait toujours à bon port, et de sa part tout passait; pour lui le sacramentel shocking n'existait plus : l'éblouissante verve faisait glisser sur ce que le formalisme ailleurs aurait trouvé répréhensible. Dans des milieux aristocratiques même il trouvait des applaudisseurs, des apologistes et des amis. Lord Feversham était un d'eux et le plus ardent peut-être; par ce lord il fut introduit auprès de mislriss FiUherbert; par mistriss Filzherbert il fut présenté au régent, et il lui plut. Son allure de pianiste fantaisiste et improvisateur, lui valait le même gracieux accueil dans nombre de maisons. Nul risque, avec lui, que la conversation tombât; il savait, il contait avec des détails, des inflexions, des airs de visage et des poses qui n'étaient qu'à lui toutes les anecdotes, au besoin il en eût inventé ; et s'il noua est permis en cette grave biographie de nous laisser aller à l'esprit du hookisme, c'est-à-dire de sacrifier au démon du calembour, grâce à lui , jamais le canard ne manquait. Nul besoin sans doute de remarquer que Hook , au milieu de cette vie gaillarde et de la joyeuse société dont il s'environnait, hsthis lime, lost his monty. nous pourrions ajouter la monnaie des autres. Non content de dépêcher ses droits d'auteur sur les pièces en train de se jouer, il escomptait ceux des pièces
noo
encore dan» les limbes de son cervenn. H menait ainsi grand train poar un capitaliste dont tout l'avoir /tait sous ses pariétaux ; et l'on eut dit qu'il lui couvait de par le inonde, à Singapour ou à la Jamaïque, on de ces nababs d'oncles dont fourmillent les vieilles comédies et dont le propice décès ou l'arrivée vient au moment propice sauver leur fripon de neveu. Sans avoir un de ces bonheurs, il eut pourtant un matin un beau coup de fortune. Ce fut au moment où l'escompteur commençait à se lasser de ses renouvellements ; les traites avaient fait place aux billets à ordre, et ceux -ci aux lettres de change; sa signature n'avait plus cours sur la place que fort au-dessous du pair. Et vainement 11 demandait à sa féconde Imaginative de quel bois faire flèche. 11 avait songé aussi à trouver une heire$t ; et même une fois ou même deux il fut épris, au point de tomber presque dans le sentimental. Mais ni l'un ni l'autre des objets de son choix ne fut touché de son sacrifice ou ne crut à son éternelle résipiscence. — H en était là quand , par la faveur de l'Altesse que désopilaient ses bons mots, lui tomba des nues un poste commode, honorable, passablement lucratif et qui de plus dépistait les créanciers, les huissiers et toutes sortes de fâcheux dossiers, îl est vrai qu'en même temps il fallait s'éloigner et des clubs Garrick , Marshall et autres et des jçais luncheons de Londres.... Ce poste c'était celui de comptable (actovntanf) général à Maurice, ce qui ne valait pas moins de deux mille livres sterlings (soit 30,000 francs). Il fallait un calculateur pour cet emploi, ce fnt Hook qui l'obtint. Cétait le temps où l'on nommait général en chef le duc d'York. Tout concordait; et dans la grande comme dans la petite nomination on reconnaissait la politique qui brassait ses plans entre Manchester Square et Carlton llouse. Le résultat de la plaisanterie fut ce que l'on pouvait, ce que fon devait attendre, un déficit dans la caisse coloniale, déficit qu'un beau jour il devint impossible de dissimuler, impossible de combler. Alors fondirent sur l'infortuné trésorier les imputations de toutes sortes, et les plus graves furent celles qui furent le plus avidement adoptées d'abord. Hook était un concussionnaire, était un autre Verres. Est-ce bien de concussion qu'il était coupable? ou bien n'était-ce que de dilapidations et folles dépenses, que d'emprunts sur trop large échelle ou trop réitérés à la caisse?, n'était-ce que d'imparfaite tenue des livres et de négligence? C'est pour ces dernières hypothèses qne nous penchons, bien qu'à la négligence aient pu se mêler quelques épisodes picaresques et que sans doute il ait cru pouvoir de loin en loin mettre en pratique le vieil axiome de la naïveté gauloise, « Il est permis de pirater au delà de la ligne. • De quelque façon que les choses aient pu se passer, toujours est- il que le mécompte avéré, la position de Hook n'était plus tenable. Heureux de n'être pas poursuivi criminellement , ce qu'il ne dut qu'à la haute in-
fluence de la royale Altesse qui l'avait fait trmrier, il envoya sa démission, qu'on s'emprao d'agréer, et se reconnut redevable d'an reliquat considérable, sur lequel, on le pense bien, H « donna jamais que des à-compte. Son retour» Angleterre ne fut pas triomphal ! il y a pus, il n'osa pas même d'abord habiter ne fat-ce ou'un des quartiers morts de Londres, et 11 alh kcuqueururer à Sommerstown; puis, après avoir r»gné un peu d'argent par la scène à Putocy me les deux dernières pièces que nous avons sommées à part, et dont les titres trahissent s* bw les préoccupat'ons de l'homme broutHe" tw h justice et dé l'astre éclipsé, la mort de George III vint le mettre à même de sortir avec édat de « nuage qui l'occultait. A peine l'Altesse rtnk amie de Hook s'était-elle installée sur le triée, sous le nom de George IV, que sa femme, tourneuse Caroline de Hrunswick, vint reveodiquer, en personne, les droits et 4e titre de reine- On sait quels grotesques et scandaleux debaU ••> suivirent, donnant au monde, qui devenait depl«* en plus irrespectueux des rois, le specUclc de Majestés se traînant mutuellement dans la f»p Hook saisit l'occasion par les cheveux; rtrretrouvant, se sentant dans sou élément quand la comédie agitait ses grelots avec fureur paroi b sommités politiques, sAr que le monarque, iwsgk par l'irritation et le dépit de ne pas trionpto d'emblée, ne verrait jamais rien de tropdaaub coups qui tomberaient sur sa nomade éposM se mit à jouer du fleuret satirique sur I» bwtv question du jour, et ne pouvant de prime atari s'en prendre à la princesse, il promena son soJprl sur l'alderman W'ood qn'H anatomisa en tout»» non sans éclaboussnre pour la royale protre* de l'alderman. Le Tentamen (on sait ce que spfie, ce que promettait par conséquent et titre était un vrai brûlot de guerre qui mit k fe» » l'escadrille des arguments mis en ligne par te avocats de la reine , et dont le succès extraordinaire ravit les torys, si ce n'est en leur facilitai"! un triomphe complet, que d'autres rai»es> rendaient impossible, du moins en leur donnant, p« l'inexorable et irréparable démonétisât*» *» adversaires, la consolation de triompher à ite"1 Funeste triomphe pour la cause monarchique « Europe! Mais ni le torysme en général ni rM n'étendaient si loin le vol de leurs pensées: H** surtout, qui, toute sincère que fût sa libre «** cussion du célèbre problème , n'était au font <p< l'ami du prince de Galles et Vinsoucietjx nmrr .Ce pamphlet, plus lu que les lettres de Junios.devenut par sa vogue même un engagement : rofewk « torysme par la force des choses, il ne aVœ*™* plus que de se voir bâcler un petit fortm en h« propice à l'embuscade d'où périodiquement»^ lancerait sur l'ennemi. Le premier où s'insralïrreu. ainsi les gentlemen conservateurs fut f dont immédiat» ment on put juger la délicatcssert l'urbanité par la pièce de début, dont voici lef-
tre : « Carrmn attiouM, ou i. liant d>'été ponrJ.-Sam. Hobbouse. esquire, aujourd'hui détenu dan» la prison de S. M., à Newgate. » Ce coup de boutoir au captif, pour ne pas dire ce coup de pied de... L'animal qui foisonne en Arcadit , n'attira pas les abonnés sur lesquels sans doute avait compté le satirique; et à cet accueil glacial de tous, du high U/e comme de ceux qu'il nommait ttupid. i rabbUr il comprit qu'il fallait sinon changer de | note, du moins en faire semblant, et préalable* ment il changea de titre- John. Bull, tel fut celui qu'il adopta, et cette fois il capitula juste autant qu'il le fallait avec ce qu'exige la décence publique. Il mit pourtant suffisamment ou même trop , de dièses à la clef. La maladie de la reine, dit-on, devint aigui? de chronique qu'elle était; son impatient* des sarcasmes de l'écrivain» exaltée jusqu'au paroxysme , détermina ou accéléra sa mort. Que llook ait eu ou non la triste gloire d'Être de nos jours un Lycambe , toujours est-il qu'à partir de ce dénoûraent John Bull ne battit plus que d'une aile. John Bail, à beaucoup d'égards, n'avait été que la continuation du Tcntamtn; il avait joui de plus de succès encore ; la vente , au bout de six semaines, s'en montait à dix mille exemplaires, et l'on fut obligé de réimprimer les premières feuilles. Mais quand il n'y eut plus ni lutte ni semblant de lutte, quand le glas funèbre eut sonné sur la victime , quand le rancunier et ridicule époux n'eut plus en face de lui qu'un tombeau , quel thème restait au pamphlétaire? Il n'avait plus qu'à réinstaller ses traits au carquois , et k , bec naguère acéré de sa plume s'énoussait die soi-même, tous peine de susciter un toile plu* furieux que Le Carmen aulieum. Les recettes faiblirent donc au John Bull, qui toutefois tint, bon, quoique « scemando » llook n'abandonna pas le sloop qui naviguait eu calme plat Mais comme , tout roi du pamphlet qu'on le saluai, sa liste civile était éthique, U voulut relenter le terrain de ses anciens succès, le théâtre; mais le « Tenlamcn » cette fois fut comme la voix qui crie dans le déscrL Us Cerbères du comité se , laissèrent peu charmer. On ne lui fermait pas encore la porte , mais d'autres fournisseurs étaient en titre; et aux green-rooms même, bien que son humeur, son entrain, sa réserve d'anecdotes | et de saillies ne fussent point en baisse, il n'exhalait plus comme jadis le gai exhilarant ,. il n'inspirait pas la réplique, tout rieur et viveur et jaseur et gabeur qu'il restai;, il était marqué au front du T. F. politique :
■ Vous n'êtes plus... Punch ItooltJ »...: 'lit a tlattsman, Ut tu fie». — Ici commence pour llook la troisième phase de sa carrière littéraire celle qui prolongera le plus longtemps son souvenir. Ne comptant plus sur le débouché dramatique, et voyant tarir pour lui le placer du journal-pampbiet , à force de porter k* jeux sur tous les
coins et recoins de la littérature facile, il se demanda s'il ne ferait pas bien de réescalader le roman. U avait risqué l'assaut quelque quinze ans avant (en 180£), mais très en petit, mais 1res em passant, comme un haut et puissant baron qui daigne avoir envie un moment du castel voisin, et qui, ne l'obtenant pas d'emblée et dès son premier mot, passe outre. En ce temps-là Téhéii llorissait, on faisait queue pour entendre k Siège d<- Sj-Quentin. llook, donc, lorsqu'il faisait une infidélité au théâtre, ne procédait que par passades, ne don* nait que se» rognures, n'attendait que des appoints aux batikuoles émanant de Iiaymatket. C'est ainsi qu'alors des Magazines reçurent de loin en loin quelques articles de lui, et de plus un petit roman, disons plutôt un bout de nouvelle, bien que a nocel s'applique au roman de longue baleine comme à la nouvelle de trois ou quatre colonnes. Nouvel k ou roman, k morceau loin d'être goûté , wot but a failurt, comme k disait volontiers llook en cas semblable soit des autres, soit de lui. Trouvant ainsi les raisins trop verts r il reconvok aux drames, farces et opérettes, ses première», amours. A présent que le temps des premières amours u oeer, les raisins vont-ils avoir mûri? llook se mit gaiement à l'œuvre , utilisa sa. vieille nouvelle, dont il n'avait pas bourré sa pipei (qu'on dise après cela que c'était un prodigue I), et tirant de sa crrvelk un peu de « bacho ; 1) » pour combler les vides du « sadr » à « l'ibada » au< bout de quelques jours il se vit à la tête d'un manuscrit de taille assez mince , mois dont k libraire Colburn lui donna généreusement six cents livres sterling (soit 13 000 fr.L Ce manuscrit était la première partie des Snyings and Doings (les Dires et les Actes). L'édition fut en» levée en uu moment , et la suivante , puis une autre encore ; et Coliuan non-seulement accrut*, de quatre cents livres sterling (10 000 fr.) la rémunération primitive,, mais U lui demanda au même prixde mille (chez nous 23 000 fr.) J'j bor d un second tome, ensuite un troisième : total soixante-quinze mille francs pour les trois parties, qui se succédèrent de février 182 la bâties 18*28. llook avait presque retrouvé son office d'oeawn~ tant général, et il u'avait guère d'autre peine que de fouiller dans les caskrs toujours garnis de sa mémoire et de passer à L'endos de ses héros , soit les iucid.uts dont sa fréquentation incessante du monde l'avait rendu témoin» soit les épisodes de sa propre vie. Et il était à Londres au lieu de résider à Maurice ! Il avait découvert une Californk. nouvelle à côté du Pactole uq peu maigre du John. Bull! il n'avait plus qu'à l'exploiter, la libeairk aidant. Le vent alors était au roman. La foctune de Scott avait mis en appétit tous les littérateurs, tout ce qui maniait un peu légèrement la plume ; toutes les éludes toutes les observa-
(T) On apparie dan» fa rcrsitlcatlon arabe tadr le pied Initial d'an premier heamUche, \iti4m le pied initial du aecood, h ceu-à-iixe . iea^lm*«» „ le» ti«U lalounediairw.
608 HOO
lions , toutes les idées pouvaient s'épancher, se laminer dans ce genre où l'auteur se donne ses coudées franches, où la personnalité a le droit de laisser percer le bout de l'oreille, où nulle limite, nulle dimension ne contraint la fantaisie. Hook pour couler en moule des rames de copie n'avait qu'à lâcher les écluses; et sans peine il eût bâclé ses cent volumes en dix ans. 11 n'abusa pas si fort, soit de la ductilité de la fonte, soit de la longanimité des lecteurs, qui se laissent servir cent fois la même histoire pour peu qu'on débaptise ou qu'on dépayse les héros; Il faut l'en louer peut-être; d'autres regretteront le résultat, et nous sommes, nous, de ceux-là. Douze ans à peu près, en partant de la troisième partie des Sayings and Poings, lui suffirent pour produire douze ouvrages : Maxwell (1830), Amour et orgueil (1833), la Fille du reeteur de paroisse (même millésime ) , Gilbert Gurney (183S), Jacques Brag (1837), Gurney marié (1 839), les Préceptes et la pratique, les Pèret et les Jils, Pascal Bruno, le Théâtre-Français, Pierre Priggins (1840), le Clerc de paroisse. Personne, certes, ne verra là de la stérilité; mais évidemment, pour qui comprend Hook, ce n'est pas là non plus la mesure de sa fécondité. Sa veine était loin d'être tarie, son sac d'aventures loin d'être épuisé, le bec de sa plume en fer loin d'être rongé de rouille. Mais la flânerie, cet oïdium de l'intelligence, le dominait de plus en plus; puis il essayait, ne disons pas de se créer un nom ( il n'était que peu sensible à cette chimère), mais de relapisser le fond , hélas ! trop peu garni de sa caisse , en élucubrant d'autres productions que ses romans pour sa providence le libraire. Delà ses Mémoires de Michel Kelly (l'acteur) , Londres , 1832; delà sa Vie de sir Darid Baird , Londres, 1832. Delà enfin son projet d'écrire l'Histoire de la maison de Hanovre. Le projet, il est vrai, ne fut jamais exécuté : il y a plus, jamais il ne fut sérieusement en voie de réalisation. A mesure que la propension au niente far envahissait tout son être, les fatigues matérielles du travail lui devenaient plus impossibles; et pour comble de maux ses embarras et ses besoins pécuniaires augmentaient. Le reliquat de sa dette de Maurice avait été converti en annuités dont, pour lui , le retour périodique et prompt était plus qu'un cauchemar, c'était une chaîne, c'était une plaie. Il ne payait ni ponctuellement ni totalement. Que de récriminations dès lors ! , que de persécutions!, que de gênes! Voilà pour le moral ; quant au physique, les longues veilles avaient ruiné sa santé. Non pas, on le devine de reste, les veilles studieuses à la lueur de la lampe de travail, mais les veilles bachiques , fébriles et tumultueuses de la taverne. Car c'est là qu'il allait « par principe d'hygiène » à la suite des plantureux dîners où, tout en lançant à pleine Tolée ses pétards et ses fusées de bons mots, il •'escrimait de la fourchette et des dents weU,
HOO
quirk and xrhile, se faire servir le thé avec accompagnement de rhum, de rack et tutti qu<mti, ;puis, quand grâce aux amis qu'il y rencontrait, et qui provoquaient cette conversation électrique sur f»das y otras muckas cosas qui l'épuisait, éprourait indéfiniment le besoin de réfrigérants d'abord, de réconfortants ensuite, coupant et corrigeant les uns par les autres , soupant , il avait atteint minuit, une heure, et que tous les habitués, ses fidèles eux-mêmes, prenaient leurs hait et leur} stick t, lui seul, toujours « par principe d'hygiène », il restait craignant l'air froid de la nuit , et pour ne pas rester inconsolable, comme Calypso, du départ des inconstants, il refumail, il rehumait, assez souvent il resoupait. Tom Hill et Camion lui disaient bien quelquefois : « Tu sacrifies trop à l'hygiène, Tchiod! » Mais Tchiod répondait par I des lazzis, pasquinades et calembours, et continuait son régime avec la sereine immobilité du stoïcien.
Sifractu» illabatur orbif.
disait Horace. Nous nous imaginons eottuére Hook s'écrier,
Si colon inlringetur excor»,
et à ce dernier coup de pinceau,
se substituerait,
Ce régime eut pour suite une nique des plus intenses. Est-ce le pylore qui refusa le service?, est-ce le jéjunum? Nous ne le savons ; mais insensiblement il tomba, lui, mortd de si robuste digestion, dans un de ces mélancoliques états qu'énumère Molière , la bradypepsie, la dyspepsie, l'apepsie. Aux mots près, c'était k sens de ses plaintes, quand la surveille de sa mort il s'écriait d'un ton élégiaque devant un ami. qui ne s'imaginait pas encore lui faire sa dernière visite : « Voilà cinq jours que je n'ai mangé, > quand il récapitulait son état devant un autre pu ce peu de mots , « Je meurs de faim , > bien autrement expressifs en anglais, / /terre, qw»d, s'asseyant à table avec un troisième, qu'il imit*' à sa modeste fortune du pot, il boudait aux borsd'œuvre, se taisait aux entrées, soupirait aux foies d'oie qu'il laissait passer, tentait en vaio de déguster l'aile de canard, et ajoutait, « Voilà mon repas « de tous les jours! » nothing, nothing, noAfj, « sauf quelques menus de pharmacien, quelque* « drafts » au lieu de porto. Ah! les drafua'eol « toujours porté malheur. » 0rw/ï/(ou<ir«<J'Hrt langue anglaise, signifie « potion» et « traite.» Sa jeunesse en effet avait souvent heurté contre ces brisants dont est hérissée la mer de l'escompte , et les frais de poursuite à ses draugktsit «* avaient écrémé ses profits. Son déclin à prf^Dt était en face des pilules, des lochs, des sels d'tysom et de Glauber: c'était le tour desdw*#dl1
Codez. Le « pun », on le toit, n'avait pas encore perdu ses droits, et la langue conservait l'élasticité qu'avait perdue le pylore. Au total cependant et malgré ces étincelles que laissait jaillir parfois le tison en train de se faire cendre, la vie au milieu de tant d'amères tribulations n'était pas tenable. La mort enfin vint mettre un terme aux angoisses de Hook. Il expira le 24 août 1841, à Fulbam, où depuis longtemps était son domicile. Comme ses créanciers et l'Etat étaient toujours impayés, on vendit au profit de qui de droit tout ce qu'il avait : meubles , argenterie , vaisselle , joyaux, curiosités. Le tout produisit une somme assez rondelette , le nom de Hook , en dépit de tous ses écarts et de ses « failures, » ayant souvent donné du prix aux moindres bagatelles. Rien n'en fut donné aux cinq enfants qu'il laissait, nous ne pouvons dire de ses mariages. Ceux-ci, et surtout les deux jeunes personnes, se seraient trouvés sous peu dans le dénùment, si quelques amis n'avaient eu l'idée d'ouvrir une souscription pour la famille de Hook. Le roi de Hanovre à lui seul donna cinq cents livres sterling (12 500 fr.), et
Régis ad exemptai
la souscription obtint certain succès : soixantequinze mille francs purent être comptés aux héritiers. Certainement ils eussent touché davantage si tout le parti qu'avait servi sa verve s'était uni pour témoigner sa reconnaissance à ses mânes; mais justement c'est de ce côté que se montrèrent les plus tièdes, les plus récalcitrants même, dès qu'il fut question de corriger ainsi la mauvaise fortune à l'égard des enfants d'un de leurs porte-bannières. On allégua tout ce qui dans sa conduite était « impmper » et « shocking », ses excentricités, son irascibilité, son immoralité, sa comptabilité. Soit! mais récriminer en ces termes après avoir glissé vingt ans sur tous ses méfaits, après avoir chassé ou navigué de conserve avec leur auteur, et justement à l'instant de débourser, parut à tous les gens sensés infiniment plus « improper » que toute la vie de Hook, et les sifflets ne manquèrent pas aux « right honourables ■ qui récusaient ainsi leur ami politique depuis qu'il ne pouvait plus défendre la brèche. Un dit que la démocratie est ingrate. Elle n'est pas seule à l'être. — A peine daus la tombe, Hook a trouvé un biographe, le révérend docteur Barham, dont la Vie de Hook (Londres, 1849, 2 vol. in-8°) s'est enlevée rapidement au moment où les cendres du héros étaient encore chaudes, où les coutemporains se posaient en gais conteurs, en punners, en familiers de la Bohême en narrant les excentricités du payeur de Maurice. Il s'en faut de beaucoup que toutes aient été recueillies : dix volumes à peine y suffiraient. Sa conversation n'était qu'une improvisation de tous les moments: il eût fallu un sténographe, disons quatre sténographes, autour de lui ; il leur aurait à tous taillé de l'ouvrage : c'était un Colertdge, le
ROO
grandiose et l'héroïque à part. Un Hookiana complet équivaudrait, si pour l'imprimer on usait des procédés de soufflage modernes, à une petite bibliothèque de poche ; ce serait le pendant britannique des Hilaire Legay, bien autrement intéressant, puisque ce ne serait pas un « Omniana », et que l'on y verrait en quelque sorte se déployer, luxurier, chatoyer, puis, hélas! tel est le sort de toutes les choses humaines, tourner à l'éclipsé, tourner au fossile, tourner au néant une existence réelle, actuelle, et qui dès lors nous captive invinciblement comme tout ce qui n'est ni chimérique ni incompréhensible. Autour de ce premier rôle gravitent nombre de sommités, de notabilités, de médiocrités, de nullités avec lesquelles il boxe ou polke, selon les instants, selon les personnes,... mais n'est-ce pas là la vie? Pour écrire les Mlemoirt of Hook. comme il a écrit les Memoirt of Mieh. Kelly, il eût fallu réunir, quand tous les détails étaient encore frais dans leurs mémoires, ses amis de coulisses , de clubs et de tavernes , les Cannon, les Tom Hill, les Hatthews aîné, les Dubois le plaidant (0. the hamster) , les Judkins et vingt autres, sans compter les amphitryons chez lesquels il avait ou se conquérait le couvert, les admirateurs dont il se moquait, les passants ou les premiers venus qu'il persiflait, comme ce client de nous ne savons plus quel « eating- « bouse » près duquel il vint s'asseoir sans autre raison que son caprice, débutant par n'importe quelle question saugrenue, continuant par des but, des well, des if, mêlant ainsi les interrogations, les objections, les hypothèses, amenant la conversation sur toutes sortes de matières à mille lieues les unes des autres , le vin du Cap, la simarre du lord-chief justice, Singapour, le procès de la reine, l'arbre de Shakespear, le tout entremêlé de You don't drink si pressants, qu'à chaque fois le pauvre interlocuteur, ne fût-ce que pour reprendre haleine au milieu de ce flot de paroles, vidait son plein verre de porto. Ce n'est pas nous qui vanterons l'idée fort peu neuve, ce nous semble, de ce « hokussage » (à proprement parler, c'est l'acte d'enivrer quelqu'un pour le mettre hors d'état de voter) d'un pauvre hère qui finit par lumble (c'est le mot classique pour ■ tomber sous la ■ table »), d'autant plus qu'il eût pu dire: «Voila « comme je serai dimanche! » mais le fait est que le jour dont nous parlons, sa fallacieuse bonhomie et, avec ce sautillement incessant d'un sujet à un autre, le perpétuel retour de ce refrain diversement encadré: Wky tir, you don't drink!... Vet, metkinkt, you don't drink,... Sirrak, my old felloxv. you don't drink,... Perkapt f m guiliy. I, tkat you don't drink, etc., etc., joints à l'air décontenancé de l'interlocuteur bénin qui avait la simplicité de répondre, ne pouvaient manquer de produire, même chez le désapprobateur sévère, ce rire inextinguible dont parle Homère. Ajoutons qu'il n'était, en général du moins, pas plus anacréontique avec les femmes, qu'attique avec les