l'our c<Hi>arriUut
498 BIUi.llAPHIKS ALSACIENNES.
Voici ce qu'il écrït, le 7 janvier 1817, de ^aris, où il a pu retourner en toute sécurité, grâce à l'ordonnance royale du 5 septembre précédent, qui inaugurait une ère plus libérale:
« J*aî reçu voire lettre avec la force d'Arnold, qui m*a beaucoup fait rire.... dites à Arnold qu'il est impossible de (aire quelque chose qui puisse être plus agréable à un véritable Alsnr ieii . .. vous conviendrez que Glœssler ne joue pas uii mauvais n"'U'. »
Touis if s lecleurs alsori*»n> ont deviiK', df juiiiii.' iihurd. (jn il s'agit ici de la comédie der Pfingstmontag (le lundi fie la Pentecôte), en dialecte slrasbourgeois, qui a n)>t(>nu, même en Allemagne, un succès mérité. On comprend facilement le plaisir infini que cette œuvre remarquable a dû causer au général. Que de souvenirs de première enfance et de jeunesse n'a-i-elle pas dû lui rappeler! et comme il a dû retrouver dans ce caractère de rbabitant du Haut-Rbin (Gbessler) le type de ses meilleurs amis M
Dans la même lettre, le général flagelle le systéino d'avanceiiif iu (jui t'idit alors en usage dans l'armée; je n'oserais tout citer : -v Ne ( roye'/ pas , mon cher Onillafimf , que le rnl partage ces détestables principes; c'est un brave et galant homme qui n'a jamais cessé d'apprécier les services de son armée; mais il est trompé.... de sitdt il n'y aura un bel et bon enthousiasme dans l'armée, par suite des humiliations sans nombre qu'on lui a fait subir.
«Je vis tranquille, retiré du monde, et je n'ai jamais été plus heureux. Si jamais le canon tonne , je demanderai au roi le poste le plus difficile à défendre. Je prouverai que je n'ai
t. Cette eoiieettio& frite à la légitimité de l'eDlbousiasmc de Happ pour ia/aree tt Arnold, qni « nne véritable valeur Ullèraire, el je dirai pcwqu'une sigoiflcalion politique» je prendrai la liberté de faire mes rèservea qoaot à t'elTet heureux ou regrettable produit par eette œurre, que Je discoterai peut-être un Jour, arec tout le reiipect dû à la mémoire d'us maître cbéri.
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jamais été ni un flicbeux, ni un Craiire.... i'ai gagné tous mes grades sur les champs de bataille et pas dans les antichambres....!
Cest le seul mouvement de fierté qui se rencontre dans le earaclére de Rapp. Il est le 61$ de ses œuvres; il méprise les
frén(^raux panenus ^ar l'inlrij^ue: il chcrit les olïiciers et les .soldais qui ont dil, comme lui, leur grade et leurs honneurs à leur sabre et à leur ^in iinre :
«J'ai renvoyé (lettre 2 février 1817 n M. rie Turckheirn) votre titre de chevalier de l'ordre militaire de Bavière à la ^^rande chanceUerïe. Je suis charmé que le roi de Bavière vous ait donné cette marque de souvenir. Cela prouve que ses troupes étaient contentes de la manière dont je les ai fait battre à Dantzig. » On entrevoit fort bien, malgré l'incorrection du langage, le fond de la pensée de Rapp, qui avait renvoyé de Dantzig au roi Mazimflien une troupe, numériquement amoindrie, maïs un modèle en fiut de discipline, d'obéissance mili* taire et de bravoure.
Les souveniis de l'ère républicaine et impériaii ncciiperont désormais, à cot»- de la vie de famille et des soins i iiï.iujues, tous les instants de Rapp ... «Nous avons enlmé ce pauvre Masséna, Fenfant chéri de la victoire, écrit-il le 14 août 1817; ceux qui n'ont jamais aimé nos victoires, ne sont pas v^us à fenteiTement, et nous en étions tous fort aises; ils ont encore une fois prouvé toute leur bétise et leur stupidité^ ainsi que leur peu de tact. Le roi ne laisse jamais passer une occasion pour fiiire savoir à l'ancienne armée, qu'il est du petit nombre de ceux qui apprécient ce que nous avons fiiit pendant vingtdeux ans. il parie de Masséna avec intérêt et rend justice à ses hauts fhits....
«Vous avez bien raison de me féliciter sur mon honlieur inlérieui , je suis le (>lus heureux di .> liommcs; j aime bien sincèrement ma femme, « i j adore mes enfants....»
Celte tendresse, cette sollicitude paternelle, dans on carac-
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tére brooxé comme celui de Rapp sur les champs de bataille, a (pielque chose d*lnfîairoeiit touchant. Dans une lettre du 9 jm'n de la même année, après avoir annoncé à M. de Tiirckheim qu'il passerait Vété à Paris , puis quelques jours à Wil-
denstein, il ajoute qu'il conserve cette terre pour Hans et Adèle, et qu'il prend des arrangenieiils pour assurer l'avenit de ses enfantK léi^itiinés....
•-Noire fils (Max) est l'un des plus beaux enlimls que l'on puisse voir. Dubois prétend qu'il ressemble à ce diable de roi de Aome. J'en suis bien iftcbé; on pourrait fmir par le prendre pour lui. >
Dans la môme lettre, il entre dans beaucoup de détails sur les dispositions économiques qu'il prend dans Tinlérieur de son hôtel de Paris c dont il veut tirer le meilleur parti possible,» car sa fortune est bien réduite, et il t plus d'une infoi*-
tune à soulager
Les habitudes les plus hospitalières ré^niyient au surplus dans la inaiiion de Kapp. Il avait souvent pour romruensaux les généraux Belliard, Campredoa, Bacbelu, et l'iUusU'<^ Desgenettes, l'ami intime de Kléber.
Quelquefois on vit s'asseoir, au milieu des uniformes brillants, quelques anciens camarades alsaciens du général, qui lui arrivaient dans leur costume indigène et rustique. Ainsi le vieux Dottmer (de Meistratsheim), qui avait été le maréchaldes-logis instructeur de Happ, vint un jour le visiter. Retenu
1. Vers la niôinc ôpoqup l'un de mes amis eut t'oicasion d'<*trc pr<î\<cnté au général par M. Jîrrqnes llardnanii. Happ Mail coiirtu' sur soq lit île repos. Dans sa cliaiubre à coucher étaiuul expaséè, sur des patéres d'ur, ies sabres donnés par Mourad-bey, d'aiifres armes coiirjuises en Egypte, et le couteau historique du jcuuc illuoiiné de Schœubrunn. Le beau tableau de Gérard: tÀmtniret Ptyché, aclteté depuis parle musée du Louvre, était suspendu rl9*à-Tis du Ut du général, qui touIBnit dtns ce moment-là de ses bleuures, et qui dit en souriant i ses vislteun: « ie ne auls pas à mon • aise, mais J'ai été plus n»l couché que cela. «
à dlaer, il dil bruaqoement: c Ha foi, Rapp, tu as bien fail de rester sous les drapeaux!» Tous les coofives partirent d'un
franc éclat de nre. Kapp, millement déconcerté, répondit à
Hottiner: «Kl loi, mon vieux, lu as Lieu laiL de relounier à ta charrue! »
En août 1817, Bnpp annonce à sou cher aide-cie-camp qu'il va parUr pour Hheinweiler et la Suisse, niais tout seul. «J'ai fait rac(|uisitioa de Kheinwciler; je n ai pas voulu laisser cette propriété , qui appartient à la famille de ma femme depuis neuf siècles', entre les mains deà juife de Bàle. J*irai y passer trois mois de temps en temps, et autant & Wildenstein. La vie se passera ainsi, puisque je n'ai pu la finir sur le champ d'honneur, f
Il s'était donc réconcilié avec l'idée de résider à liheinwei- Ifr, dont il av dit l;uil ledouté le climat deux ans aupîii .ivaul , coiiinic ;n;iîi pressenlè qu'il y finirait sps jours. Désormais il appliqut'ia lous ses soins à euibelHr ce domaine, adossé contre un groupe de montagnes, sentinelles avancées de la Forét-Notre, et traversées aujourdlioî par le chemin de fer badois.
«Je remue de la terre, dit-il, dans une lettre du 18 septembre; je fiiis et je défiiîs. Si vous voules me voir avec de Tiirekheim le printemps prochain, nous pourrons vous recevoir dignement et vous offrir on petit logement joli, commode, avec une vue au moins aussi belle que celle de Truttenhausen*. Vous serez enchanlé des bords du Uhin.... J'ai loué les terres de lUieiuweiler à 2,200 fr. Jo const-rve des arpents de vio-ne superbes, qui prodtiisent d exceiient vin; l!2 arpents de prairies avec 5 arpents de jardin potager magnifique, et j'ai, en outre, le moulin et les mines de j?ypse que j'espère bien faire valoir, ainsi que 1^ arpents d'Iles du Rhin et quelques rentes
1. Le tfèuëral se trompe; ce n'est guère qu'ù partir de I5ââ que ia famille ée Bolliberf réside A Bhdawdler.