I.E GI^NI^RAI. BAÎIO?< DK r.ŒHORN
€ forts de VVeichselmûudc et de Neuiàiii-wasser, où les Russes « avaient débarqué pour venir au secoure de Dantzig, se sont c également rendus, et les Moscovites, après s'être bien battus, «s'en sont retournés sur les vaisseaux qui les avaieut apportés. «Nous leur avons souhaité un bon voyage et commencé aussi- «tôt le nôtre pour retourner à Marienbourg où nous devons «camper.
« Oiioiqu'il n y ail eu que iiiu brigade de loule 1r division «Ouiliiiul (jui (loiiué It,* 15 niai cuiiiljut de \\ eichsel- «miiiulc), jf n'ai |(ir5«(jin' |»a.s rlé expu>é, |iaict.' qia; jai l'ait le «général. Uudiin»t a luit le hussard; it eu a été quitte pour nn «cheval lué souâ lui. Nous Tavons chapitré, et je crois avoir < traité ce sujet avec beaucoup d'éloquence. •
Le (on enjoué de cette lettre est évidemment l'écho de la satisfiiction intérieure qu'éprouvait le vaillant général à voir le succès couronner ses efforts, et la foveur des grands de la terre lui accorder plus que des éloges.
Cette bonne veine ne se soutient pas longtemps. A la date du 4 juin, il se loue encore du bon accueil que lui a fait l'empLicui après une grande revue; mais le lendemuin de la bataille de Friedland . il a de iiouvean une pénible nouvelle à anuonuer à sa famille :
bOQuau, lOjuiu 16U7.
«Ces gueux de Russes mont envoyé unn once de plomb «dans la cuisse, hier à une heure, devant Friedland; on m'a «fait l'extraction de la balle. > Ainsi l'heure du triomphe même loi apportait toujours des avertissements qui Tempéchaient de s'endormir au sein du bonheur.
En 1808, l'empereur lui conféra le titre de baron de l'em* pire ut inie dotation en VVestphalie [lour soutenir sa nouvelle diguitt». Le descendant de riii;/éiii('ur hollandais pouvait i)ieu se vanter d'avoir eouquis, ligiic par li^nic , ses (rrandes It iires de naturalisation en France, et d'avoir ajdiifi' à ses titres héréditaires le brevet d'une noblesse renouvelée par la main
5ti8 BIOGRAPHIES ALSACIENNES.
du plus grand honiuie du :>ieclc et iicellée du 6ccau de la
victoire.
Le court espace de temps qui s'écoula entre 1807 el 1809 forme dans la vie du général <ie (iœlmrn un point culminant c( un lie ces temps d'arrêt que la Providence accorde quelquel'oit» à ses enfants fevorisés pour souder leur cœur dans la prospérité et les préparer à des luttes nouvelles et prochaines.
Si le général de Gœhorn avait, d'une part, obtenu une dotation en Allemagne — fief chanceux et qui devait, cinq ans plus tard, s*écrouler avec le royaume de Westphalie — depuis plusieurs années il avait juis possession, au pied des Vosges, d'une terre plus niodesle, mais moins exposée aux variations de raUinii.p!]ère puliUijue, et située à l'enti'éc de l'un des plus pilloi L'squcb vallons de l'Alsace.
«Lorsque, j)ni une helle journée, vous suivez de l'œil, du «haut des remparts de Sti'asbourg, la chaîne des Vosges, vous • découvrez nécessairement, dans la direction du sud- ouest, « une montagne dont les mamelons, de grandeur inégale, mais c régulièrement décroissants, ne peuvent manquer de capti*
c ver vos regards par leur forme élégante et arrondie*
«Cette montagne, c'est FUngersherg (mont des Hongrois ou (Magyars);» et à ses pieds, au centre d'tm amphithéâtre de vignobles et de forêts qui les surplombent, Yancieime prévôté (VlUenwUlery cntonrce de bouquets d'arbres, de viynes, de chanips et de vastes prairies que sillonnent et que fécondent les eaux vives do rAndiau. C csl dans l'ancien monastère d'iltenvviller, non loin de l abbaye l'ondée |iar sainte Micliarde, que le vaillant général élabht ses pénales et qu'il passa les trop courts instants de repos dans le sein de son heureuse famille. 11 avait ràme ouverte aux impressions poéti(pies; en fixant son choix sur ce domaine, que le musicien Pleyel avait habité pen«
1. Vdr une moDographie de fauteur de cette eiqiiiwe: Ont Mtg d'AlejBandre M et Ut prévôté éTMeHitUlêr. Strasboaig, 1840, in-12.
LE GÉNbliAL UAHUN D£ CŒliURN. 0:29
dami la lourmènte révolutionaairey M. de Gceborn cédait évi> déminent à rattraction d'un dte incomparable et peut-être un peu au charme des souvenirs légendaires et historiques dont ce sol classique de l'Alsace est imprégné. Pour jouir d'une vue ravissante, il n'avait qu'à ouvrir au hasard une croisée donnant sur la montagne, el d'un coup d'œil il embrassait le demi-^tre qui s'étend depuis les mines du Landsberg jusqu'au mont des Magyars; i! entrevoyait au-dessus cl uii luassif du verdure, par delà les auiues de ses prairies, les tours de l'abbaye d'Andlau, et devinait, caché dans les furèls de sapms, le château solitaire de SpesboJirg; puis, cri parcourant les jardins de tla Prévôté,» il rencooU ail pai toui les nun s d'enceinte et les substructions de cet ancien monastère, fondé par la piété filiale, dés la première moitié du douzième siècle\ Si le général, dans ses rooments de répit» avait eu le temps d'ouvrir Schœpflin, ou d'inviter son savant ami Arnold é fiûre des recherches dans les archives épiscopales alors négligées, il aurait pu apprendre que des papes et des prélats s'étaient occupés de la prospérité et de la discipline de ce cloître d'Augustins; qu'Aleiandre Ul , le pontife romain, le vainqueur de Frédéric Barberousse, avait, eii avril 117!l, confirmé les privilèges et les biens dont jouissait l'établisseiHeul de Conrad le chanoiin , (jiie dans ces antiques et inappréciables documents ligui ent dtijà les noms des riches communes, situées soit près du cloître (Saint- Pierre, Molsheim, Ep%), soit sur d'autres points de l'Alsace inférieure; et que cette église de Sainte^Ghristine d'Ittenwiller vécut longtemps au sein d'une rare prospérité; qu'après Alexandre lH, les papes Innocent H! et Honoré 10 hii donnèrent le patronage de l'église de Molsheim^ et que l'exemple du premier fondateur
1. Le couvent d'Ittenwiller « été fondé en 1137, avec l'assenlimeDt de
l'évôque Gucbliard, par un chanoine de Strasbourg, Conrad do noin, qtii Toiilait par cette institution honorer la mémoire do ses parents, Trather et
Berilia, et assurer le salut do leurs ùmcs par des anniversaires.
2. Voir Aixhives déparie Mcnluies du Bm-H/ùh. Gruud-Ghai>Urc.
U'ouva plus d'iuiu fois des iiuitateurs pieux cl libéraux*. Mais, il faut bien en convenir, au commencement du dix -neuvième siècle on ne s occupait point ovec la même ardeur et le même intérêt qu'à présent de l'histoire des temps passés. L'histoire contemporaine absorbait les esprits, et les congés accordés an général Goehorn étaient trop limités pour qu'il pût songer à autre ehose qu'aux jouissances de la vie de ftonille et du propriétaire. Dans une de ces courtes appaiitions qu'il fit àittenwiller, il avait remarqué parmi les prisonniers espagnols, employés, pai* humanité, à la culture des terres, un jeune huiiiuii , niusculeux et bronzé comme un Arabe du désert, et niotilraul pour ces travaux agricoles tout le bi n vouloir d'un exilé qui sait que son sort va dépendre de l'upiziiun favorable qu'il saura inspirer à son patron temporaire. Le général de Cœhom plaça don Diego, né aux environs de Badajoz, dans l'intérieur d'IttenvviUer à titre de jardinier-intendant, et la figure de cet étranger méridional, qui gagna bientôt la confiance de ses maîtres, contribuait à donner une physionomie exceptionnelle à ce charmant enclos et & ses alentours si richement dotés du ciel.
Il fhut nous arracher de cet asile et suivre le général dans sa campagne de 1809, qui va lui foumh* l'occasion d'ajouter une page glorieuse de plus à ses services passés. L'attaque et la prise d'Ebersberg ont (île |)our le général de (^œliom le point culminant de sa vie niilitaire. Nous ailou^ l'aecompagnei- pas à pas, sa correspondance à la main et à l'aide du récit drama-
1. Rn 1454, tttenvrUler tai réuni att coaveat de Saint-Afbogasf A Strubottlg; en 1463, A ceint de Trattenhausen ; plus tard , à la manse épiaoo* ptlsii (SoBCEPFLm-RAVBNBX, V. 355.) — En 1 550 Tabbé de M<irl)ach demanda à rétablir la prévôté d'iltenwlller, supprimée à la suite de la Réforme, et à y envoyer des religieux de l'ordre des Augusliiis. La réponse do i'cvôquc fut alBmiafivc [ n uni;, le procureur liscul de l'évcquc ordonna la réparation du cloUic d lit( ;i\\jllLi, aux frais Ucji hériliers du cardiual-évôque do Strasbourg, ûuUiuumu-Jcigou de t' ilrittenbcrg. — Voir Archives du Bas-Rhin, ioco
cUaio,
LE tiBNÉRAL BARON DM. COSHORK. 5S1
Uquc que l'historien da Cotuulai et de tBmpm a faii de ce combat de géants.
Peu de jours a[>rés la prise de Ratisbonne, le général écrit à sa femille une lettre datée de Straubing :
24 avril.
€ Ma santé sn conserve Ô Ifs fatig^ues excessivos et « loulos les privalioiis aiJXijin'Iles nos man lics terribles don- « ncnt lieu. Les résullals de la journée d'avanl-hier sont oon- «ous; nous n'avons pu arrivei' à temps pour prendre part à «l'aflaire, quoique nous ayons marché de Landshui jusqu'à < deux lieues de Hatisbonne sans nous arrêter.
t ...La division Glaparéde (celle où se trouvait le général) a «été séparée par ces derniers mouvements du corps du maré- «chal Oudtnot et de lui-même; nous sommes sous les ordi-es « du duc de RivoU. »
SOmniL
«Le maréchal (Masséna) me témoigne beaucoup d'estkne
«et de confiance; je puis dire que je suis content de moi; «je me .sin's ahstenu, malgré le grand désir ijue j'en avais, de « iji aiiiii.scr lin peu avec mon sabre au niilien des ennemis.»
On dirait, à lire ecs lignes, qu'il conniience à s'identiliej' avec sa position de général et de père de l'aniille ; je crois qu'il se faisait illusion; nous allons voir le naturel revenir au galop.
Nous touchons à la mémorable journée du 6 mai (1809), au passage de la Traun, au-deS80USd*Ebersberg. Il s'agissait pour Masséna de forcer ce passage, au sortir de Lins, pour empêcher derrière la Traun la réunion de tontes les forces de la monarchie autrichienne.
< ...On voyait devant soi k Traun coulant de droite à gauche «pour se jeter à travers des Iles boisées dans l'immense lit « du Danube. On apercevait sur cette rivière un pont d'une * longueur de :2(JU loiics au moins , puis au delà uu plateau €CM:arpé, an -dessus duquel s'élevait lu petite ville dEbers- «berg, plus haut uncurc le château iorl d Ebersberg, hérissé
53S BIOGRAPUlKb ALSACIEMKËS.
c d'artillerie, et enfin soit en avant du pont, soit sur Tescaipecment du plateau, une masse de troupes qu'on pouvait évaluer «de 36,000 à 40,000 honunes. Il y avait là de quoi modérer c tout autre caractère que eelnî de Masséna ; îE ordonna f at-
ctaquc sur-l<;-champ. » (Tliiers, i. X, ji. 245.)
Voici inainlL'iiant , .î propos de celle allatjue hardie, le brevet djniniortaiite délivré à notre g;éneral {lai' le même auteur:
«Le général de Cœhom, dont nous avons eu occasion de «parler déjà, descendant du célèbre ingénieur Iiollandais, ren- < fermait dana un corps grêle et petit' l'une des âmes les plus < fougueuses et les plus énergiques que Dieu eût jamais don- «nées à un homme de guerre. U était digne d'être l'eiécuteur cdea impétueuses volontés de Masséna.
c ... A peine arrivé sur les lieux, il court à la tête des volti- «geurs de sa brigade sur le village de Kleinmûnchen, s'em- «paie d'ahoid des jardins, puis se jelle dans le^ maisons, «jMcnd ou passt! f)ar les armes tout ce (jui les occupail, passe «au delà du village, se porle à l'entrée du pont chargé de « sapines incendiaires et criblé des feux de 1 tniicuii. Tout autre «que le général Gœhorn se serait arrêté pour attendre les « ordres du maréchal Masséna; mais l'audacieux général, Tépée «à la main, s'engage le premier sur le pont, le traverse au «pas de course, fait tuer ou prendre ceux qui essayent de lui «en disputer le passage; laisse, il est vrai, sur les planches « du pont beaucoup des siens, morts ou mourants, mais avance «toujours, et, le défilé franchi, lance ses colonnes d'attaque «sur le plateau qui était couvert des niasses de Tinfanterie « anlrichienne. Cœliorn, sous une grêle de balles, gravit avec « le même emportement la rampe esrnrpée qui conduit à Ebers- «herg, j)énètre dans la ville, débouche sur une grande place « que le château domine et oblige enfin les Autrichiens à se
1. M. TJiiers parait avoir été mat reoscigné A cet égard. Le gëoértl CœhcHrn» d'après le témoignage de aes cootemporaiiis et de «a famUle, èHlt, aa eoDtrairo, graad, fort , en un mot, d'nne belle taille.
LE GÉRÉRAL BAROK DE CŒHORN. 53d
«ivplier sur Us liniilcms en nrrièro. Malheiireusciiieiil ils <' roii<;ri-vnirnf In clifili'.'iii (^l luiU pleuvoir du liant (h ces mnrs <un teu destnicleui- sur la petite ville devenue notre conquête.» (Thiers, l. X, p. Ml.)
Les deux autres hrij^ades de la division Claparède viennent au secours de la brigade Gœhorn , et une lutte épouvantable 8*eDgag6 dans les murs mêmes d'Ebersbei'g et aux approches du château. 7,000 Français se battent contre S6,000 Autrichiens, prennent» perdent, reprennent 1^ grande place, se retranchent dans les maisons, que les obus du château incendient, et sont enfin secourus, délivrés par la division Legrand, qui passe par les armes la garnison du château, et va camper avec le i rsic df la brigade Gœhorn en dehors des murs de la ville iiicfiKJn'e.
Entendons maintenant te récit du général lui-même, au bivouac entre Ebersberg el Ems :
5 nui 1809.
f La journée d'avant-hier a été bien glorieuse pour ma bricgade. L'empereur est arrivé après le passage de h Traun, f que j'ai effectué de vive force devant 40,000 ennemis. Hier f matin, il m'a fiiit demander pour l'accompagner sur le champ f de bataille. II a paru très-satisfait; il a même dit un mot très- * flatteur : «Ce passaji^e vaut celui du poiil de Lodi.» Un ofïîf cier, que j'avais j)ris pour aide-de-carnj) en rempla('emt'nt rie «celui des iiueiis resté malade de fatigue à Slraubing, a été a tué avec un de mes chevaux qu'il montait. Quant à moi, un cDieu tutélaire m'a conservé; je n'ai eu que deux contusions et c mon meilleur et le plus ancien cheval de bataille tué sous moi.
c L'empereur nous a donné deux jours de repos; une botte c de paille dans la plus mauvaise baraque de joumalî^ fiiit «mon bonheur et mon opulence; ce qui m'a ftit le plaisir le «plus vif, c'est le cri spontané de toute ma brigade, lors- « qu'après avoir culbuté l'ennemi en position en avant du pont, « et avoir coupé une de ses colonnes, forte de 3,000 hommes,
«passant le pont sous une grêle '<le mitraille et de balles, avec
< nos adversaires, soldats et officiers s'écrièrent tous a la fois: 1 Vive iiùire général! Vive le général Cœhom! avec un enthouc siasme si vrai que j en ai ressenti un frisson qui venait du
< fond de râiric.
«Sans compter la colonne coupf'e, dont je n'ai pas eu le «iteujps de m'uccuper, ma brigade a pris un drapeau, deux «pif^ces de canon, 25 caissons attelf^s et 1,800 prisonniers.»
On se demande comment, apr ès un acte d'éclat de cette nature, le général de hrigade, qui en était 1 auteui* priocipal , n'a point été promu sur le champ de bataille même au grade de général de division. La réponse est dans l'opération qui avait été exécutée en même temps que la prise d*Ebersberg. A quelques lieues au-dessus de cette localité, les colonnes françaises passèrent assez facilement; Tordre d*attaqiie donné par Masséna se trouva donc inutile, ou du moins prématuré; on avait versé en pure perte beaucoup de san^»^ j<énéreux, et, sans l'admiration que Na|)()lé(iii professait pour le génie guerrier de Masséna, il aurait sans doute exprimé un blâme sévère. En comparant h: j ii-^ni^re d Klit'r^ljerg h celui de Lodi, r<Mii|M'ieur entendait donuei un témoignage flatteur à l'intrépidité du générai Gœhorn, mais non approuver lattaque prescrite par Masséna. — «C'est une brillante folie, » doit-il avoir dit à quelques généraux de son entourage. Même dans sa plus belle journée de guerre, le général de Gœhorn devait ôtre poursuivi par cette inexplicable et fatale mauvaise chance qui, à plusieurs reprises, vint entraver sa brillante carrière.
Cinq jours après la prise d'Ebersberg, le général arrive avec le gros de l'armée sous les murs de Vienne.
1 1 mai.
«Nous suiiiuies arrivés ii i hier matin à sejtt heures. Il n'y a «plus d'armée, mais la vdie se défeiul ; sous queKpies jours «cependant j'espère que j'écrirai de Vienne. Cesl ma brigade cqui fournit la garde de l'empereur è Schœnbrunn.»
LE GÉKÉRAL BARON DE CŒHORN. 035
VleoDe, le 11 msi.
cJe suis entré hier dans Vienne, à la téte de tous les gre- «nadiers et voltigeurs de la division Gla|iarède.>
Le Si mai, il passe le Danube prés d'Ebersdorf, est de nouveau blessé è la bataille d'RssHngen (22 mai); mais après s*étre lail panser, il suit la brig-ade lmi voiture et se remet à tète.
Le ;J juin, il écrit du jjivonac : « ('ctte campag'ne m'a déjà «beaucoup vieilli; je ne sais j)i)int èlre indillerent; je ne sau- «rais tiansiger avec moi-même. Je viens d'obtenir la récomc pense demandée pour des militaires de tout grade de ma cbr^ade; voilà les miennes jusqu'à présent.»
Deux jours après la bataille de Wagram, il écrit à M*^ de Gœbom: «
f Noos avons g^gné une grande bataille qui a duré deut «jours , pendant lesquels, avec des forces immenses, Tennemi f a employé tout ce que la prévoyance, l'opiniâtreté et le déses- « poir ont pu lui fournir de moyens. Ma brifrade a rempli sa « lâche dans ces deux jonrnées, et les périls d'Eljersberg' ont «été poui' b- niuins l'eiKMivelés... elle a chargé les carrés à la «bnlonneite et les a enlouces. J'en suis quitte pour cinq con- € tusions et un cbeval tué sous moi. Dis à ton ûls que les Fran* cçais sont les premiers soldats du monde.»
Au milieu de cette vie de combats, le général reçoit une lettre autographe de son royal ami Maximilien de Bavière, qui lui envoie la décoration de l'ordre de Max-Joseph: cL*empe- «reur vient de me permettre, mon cher Cœhom, de vous dé- «corer de mon ordre; je désire que vous ayez autant de plai* c sir à le recevoir que moi à vous l'envoyer*, t
C'était au moins un témoignage de satisfaction qui lui arri* vait à travers d'autres mécomptes.
Rentré en Alsace, il escorte, en mars 1810, la jeune impératrice Marie-Louise loi^s de sou passage à Strasbourg et songe
t. Lettre du 10 Join 1809. — à Is date du 1$ novemlm 1808 le ml de 9tt(èfe nomme il. de Oahoin eommoiideor du même ordre.
à Mre quelques efforts pour rétablir sa sanlé délabrée, lors^ qu'il reçoit Tordre de se rendre à Tarmée d'Espagne (jufllet 181 i).
Il se traliic jusqu'à Panipelune, d'où il écrit à la date du 13 août: €Les mauvais temps et les mauvais chemins m*ont
< réduit à Texlrémité : s'il avail fallu couUnuer un jour de plus, «je restais sur les j^rands cbumins. i>
Le 29 août , il jiousst', liu le géiKh'.il courngeiix à outrance, il pousse un cri de détresse ; « J'ai longtemps combattu , aussi
< je suis arrivé au point où tous les intérêts de caicul, d'am- « bition et d'amour-propre disparaissent. > — On lui accorde à la fin un congé impérieusement commandé par tout le corps médical français à PampeluBe, et il se rend à Barbes , où il ne parvient pas à se remettre; il demeure privé de Tusage d'une main et d'une jambe, et considérablement affiûbii, il se réfugie è Tarbes, d'où il adresse, le 24 octobre, au ministre de la guerre une demande réitérée de congé. Je dois croire qu'il lui fut accordé, car l'année 1812 le trouve dans rinlérieur de sa laniiile , suufTrnnt de ses blessures, mais nullement abattu et se préparant à de nouvelles luttes.
Il ne ûiL point partie de rexpédition de Moscou; cette abstention bien involontaire prolonge d'une année son existence déjà si compromise. Lorsqu'au début de la campagne de 1813 un appel de l'empereur vint le trouver dans sa paisible retraite dlttenwiller, il fit ses préparatife d'équipement avec une ardeur juvénile ; aux instances de son ami Arnold qui cherchait & le retenir, à le dissuader, à l'aide de raisonnements puisés dans les incomparables services déjà rendus par le général , dans sa constitution minée par la douleur, dans ses devoii's de jièi'e de famille enfin, Gœborn répondait invariabienicut : t Lhon- € neurme rappelle sous les drapeaux; je marche; si je restais € en arrière, l'empereur y verrait non pas mon épuisement, « mais un esprit d'opposition, au moment où il a besoin de c toutes ses ressources. >