‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 107 sur 196 · LIS ANCÊTRES DE M. DE GASPÉ · texte numérisé non relu

LIS ANCÊTRES DE M. DE GASPÉ

La famille de M. de Gaspé est originaire de Normandie. .Jacques Aubert, ingénieur des fortifications d'Amiens, et commis-général de la compagnie des Indes Occidentales, résidait dans la paroisse de Saint-Michel, d'Amiens. Ce fut son fils, Charles Aubert de la Chenaye, né à Amiens en 1630, qui, le premier de sa famille, Tint s'établir au Canada vers 1655. Il se fixa à Québec, et épousa, en premières noces, Dame Catherine-Gertrude Couillard, fille de Sieur Guillaume Couillard, et de Dame Guillemette Hébert. Madame de la Chenaye mourut en 1664, âgée 'seulement de seize ans, en donnant le jour a son fils Charles.

M. de la Chenaye épousa, en secondes noces, (10 janvier 1668) Dame Marie-Louise Juchereau de la Ferté, petite-fille du premier seigneur de Beauport, qui lui donna neuf enfants. Vent; au Canada avec quelque fortune, il l'accrut rapidement par le commerce ; et obtint successivement les concessions de la seigneurie de Saint-Jean Port-Joli, d'une partie de la Rivière du Loup et de Cacouua (1673), de Madawaska, du lac Témiscouata (1683), de Blanc-Sablon et de Terreneuve (1693). Les services ôminents qu'il ren-

dit à la colonie lui valurent des lettres de noblesse de la part de Louis XIV. Jl reçut pour armes: D'argent à trois pins de rinople, accompagnés en pointe d'un croissant de gueules, et un chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. x

M. de la Ctienaye siégeait au conseil supérieur de la Nouvelle-France, et mourut à Québec le 10 septembre 1702. Par un sentiment d'humilité chrétienne assez fréquent à cette époque, il voulut se faire inhumer dans le cimetière des pauvres de T Hôtel-Dieu.

1. Louis, parla grftoe de Dieu, roi de France et et Navarre, à tous présens et avenir salut. L'attenta particulière que nous avons toujours donnée, dans 1» occasions, à récompenser la vertu, dans quelque état qu'elle se soit rencontrée, nous a porté à donner dsi marques de notre estime et de notre satisfaction, : seulement à ceux de nos sujets qui m sont distingue» dans l'épé© et dans la robe, mais encore à oeux qui sr sont attachés à soutenir et à augmenter le oommem; o'est ce qui nous a convié à accorder des lettres de at* , blesse aux uns et aux autres, et à faire passer à be? postérité les marques de la considération que nous ■ pour eux, afin de reconnaître leurs services, de renos-iJ vêler leur émulation, et d'engager leurs detoeadsotaè , suivre leurs traces. Et comme on nous m fait des Battions très-avantageuses du mérite du Sieur Albert s»/ la Chesnaye, fils du Sieur Aubert, vivant Intendant ssr fortifioetioos de la ville et oitadelle d'Amiens, et ém avantages considérables qu'il a nroourés au eosmssa). du Canada, depuis l'année 1665 qu'il y est établi, um\ avons ora que nous devions le traiter aussi favorabtanest d'autant plus qu'ayant formé, par notre édit de l'i 1664, une nouvelle Compagnie an dit pays, pour la jjt*

Î>agatfon de la Foi, l'augmentation du eommerse st, 'établissement des Français du dit paya et des Ias*ft>ftv a fait avec suecèe des établissements pour la dits 0o«- . pagnie, sous notre Autorité, jusqu'à la réunion du sipays à notre domaine, dans laquelle Compagnie Os travaillé avec beaucoup de suooee : il m même employées} sommes très-considérables pour le bien et l'siiajnsnlsHsi de la Colonie et particulièrement pour le dêfflosesMS* . et la culture d'une grande étendue de terre, sa dirai , établissements séparés, et à la construction de pj us to in belles maisons et autres édifiées ; il a suivi les ffison os la Barre et DenonvUle, ci-devant Gouvernée!! e t as* Lieutenants-Géoéraux du pays, dans toutes les oowssf u'ils ont faites, et dans toutes les

de guerre ou'

il s'est exposé à tous les dangers et a donné des surqui de son courage et de sa valeur, et notamment dsoslef entreprises queoes deux Lieutenants-Générauxont fermées contre les Iroquois et les Sonnontooans, nos sastmis, dans le pays desquels il prit possession, tu vous j nom, des principaux postes et du fort des Iroo)**) ainsi que de toutes les terres conquises par nos ans*; il a eu un de ses fils tué à notre service, et les slsss ■» cinq qui lui restent y servent actuellement et se stat distingués au dit pays. A ces oauses, voulant us» ' envers le dit Sieur de la Chesnaye des mêmes fimsB que nous accordons à oeux de son mérite, de notre gfle»spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous l'enst annubli et annoblissons par oes présentes, signées si notre main, ensemble ses enfants néset à nattre enltf- .j tirae mariage, que nous avons décorés et décorons» titre de noblesse, de sorte qu'ils puissent acquérir et posséder tous Fiefe et terres nobles, et jouir de tous» honneurs, prérogatives ot privilèges, franchises, exemptions et immunités dont jonissent les autres nobles es notre Royaume. Donné a Versailles, au mois de Mil* do l'an de grâce 1693, et de notre régne le oinquantièae»

(Signé) borna.

PHILIPPE A. DE GASPÉ

Son fils Pierre, qui le premier prit le nom de Gaspé, épousa à Québec, en premières noces, Dame Jacqueline-Calherine Juchereau de Saint- Denis ; et, en secondes noces, (1711) Dame Angélique Le Garde ur de Tilly. Ils eurent sept enfants, dont le troisième, Ignace-Philippe, est le grand' père de M. de Gaspé.

Ignace-Philippe Aubertde Gaspé, né en 1717, clievaliex de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, seigneur de Saint-Jean Port Joli, épousa à Québec, le 30 juin 1745, Dame Marie- Anne Cou Ion de Yilliers, fille de Nicolas Goulon de Viliiers etd' Angèle Jaret de Verchères. Madame de Gaspé était sœur du célèbre Viliiers de Jamon ville, massacré par les Anglais au fort Nécessité en 1753.

Soldat comme ses ancêtres, Ignace-Philippe de Gaspé se distingua dans toutes les guerres de ,1a conquête. Il eut l'insigne honneur de commander une des quatre brigades canadiennes à la bataille de Carillon. Ruiné par la prise du pays, il se retira parmi les ruines de son manoir incendié par les Anglais. De toute sa fortune, il ne lui restait que ses argenteries, qu'il avait dérobées aux mains des ennemis en les enfouissant au fond d'un puits.

" II ne songea même pas à réclamer de ses censitaires appauvris, les arrérages de rentes considérables qu'ils lui devaient, mais s'empressa plutôt de leur venir en aide en faisant reconstruire son moulin sur la rivière des Trois- 8anmons, qu'il habita plusieurs années aveo sa frmîlle, jusqu'à ce qu'il fut en moyen de construire un nouveau manoir.

C'était un bien pauvre logement que trois chambres exiguës, réservées dans un moulin, pou sa famille jadis si opulente ! Cependant tous supportaient avec courage les privations auxquelles ils étaient exposés ; le capitaine de Gaspé seul, tout en travaillant avec énergie, ne pouvait se résigner à la perte de sa fortune ; les chagrins le minaient ; et, pendant l'espace de six ans, jamais sourire n'effleura ses lèvres. Ce ne fut que lorsque son manoir fut reconstruit, et qu'une certaine aisance reparut dans le ménage, qu'il reprit sa gaité naturelle." *

JQ mourut à Saint-Jean Port- Joli le 26 janvier 1787, âgé de 70 ans.

Son fila, l'honorable Pierre-Ignace Aubert de Gaspé, père de notre auteur, était le dernier des six enfants et le fils unique du soldat de Carillon. Xarié, à Québec, à Dame Catherine Tarieu de L&uaudière, il en eut sept enfants, dont l'aîné est l'auteur des Anciens Canadiens. Membre du Conseil Législatif, l'honorable Pierre-Ignace de Gaspé partagea sa vie entre les soins de sa famille •*t les devoirs de citoyen, si importants à cette -époque où chacun rivalisait de patriotisme pour *auver du naufrage les épaves de notre nationalité. Grâce aux années de paix dont jouit le Canada

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