‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 112 sur 196 · MORT DE M. DE GASPÉ · texte numérisé non relu

MORT DE M. DE GASPÉ

" Depuis quelques années, l'aimable auteur des Anciens Canadiens n'écrivait plus, mais sa causerie abondante et spirituelle ne tarissait pas, et les souvenirs d'un passé dont il était presque le dernier et à coup sûr le plus fidèle témoin, revenaient sans cesse sur ses lèvres, La vieille société revivait en lui et la nouvelle admirait ce parfait modèle des belles manières et des mœurs d'autrefois. Québec s'enorgueillissait de l'avoir dans ses murs, et c'est, avec une sorte de respect inélé d'aftection, qu'on le suivait du regard parcourant nos rues, un livre sous le bras, arrêté a chaque pas, non par le ralentissement de l'âge, mais par mille réminiscences irrésistibles. Notre ville était pour lui remplie d'attraits, peuplée de figures familiières ; il avait connu les grandspères de tous ceux dont il voyait les noms indifférents, et il portait intérêt à tous.

" M. de Gaspé était l'exquise personnification de VÎLomme d'esprit d'autrefois. On retrouvait dans sa conversation, dans ses saillies, nn genre à

directement de source, il est plus apprêté et surtout moins gai. Nos pères plaisantaient autrement et s'amusaient mieux.

" Lorsque plus tard l'historien voudra recomposer pour la postérité l'ancienne société canadienne, il placera au sommet des événements politiques la Mère et mâle figure de. M. Papineao, et au-dessus du tableau animé de la Cour et de la Ville l'image souriante de M. de Gaspé. " l

M. de Gaspé est décédé le 29 janvier 1871, à Vâge de quatre-vingt-cinq ans, chez son gendre, l'honorable juge Stuart, qui a entouré sa vieillesse des soins du plus tendre des ûMs.

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