‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 116 sur 196 · Viscovery ofthe Gi-eat Wuty · texte numérisé non relu

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FRANCIS PARKMAN

" Par son nom, dit-il, par sa position géographique, et par son caractère, chacune des deux colonies était le remarquable représentant de cet antagonisme: la Liberté et l'Absolutisme, la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle France. " x

Or, T œuvre de M. Parkman offre le plus éclatant démenti à cette assertion. Il n'y a que Fembarras du choix, parmi les preuves qu'il fournit lui-même, pour démontrer quelle était celle des deux colonies qui apportait avec elle» la civilisation, et par suite, la liberté. Fidèle an dessein de ses rois, fidèle au principe de son fondateur, Ghamplain, qui proclamait que " le salut d'une âme vaut mieux que la conquête d'un empire," la domination française en Amérique n'a été qu'un long dévouement à la race indigène. Son ambition a toujours été de civiliser les sauvages en les convertissant ; c'est pour atteindre ce but que ses missionnaires ont versé leur sang, que les héroïnes de ses cloîtres ont consumé leur vie.

Tandis que les Puritains de la Nouvelle-Angleterre pendaient leurs hérétiques ; que, renfermés dans leur étroit égoïsme, ils n'étaient préoccupés que de leur progrès matériel ; qu'ils ne songeaient qu'à refouler les tribus indiennes, à les anéantir, ne leur montrant jamais que le canon de leurs fusils, ou une bouteille d'eau-de-vie, trafic ou destruction : que faisait la Nouvelle- France? Ecoutez M. Parkman.

11 Paisibles, bénignes et bienfaisantes furent les armes de sa conquête. La France cherchait à soumettre non par le sabre, mais par la croix ; elle aspirait non pas à écraser et a détruire les nations qu'elle envahissait, mais à les convertir, à les civiliser et à les embrasser dans son sein comme ses enfants. " 2

Ailleurs, après avoir raconté la destruction ■des missions huronnes, M. Parkman ajoute:

" Si les Jésuites avaient pu fléchir ou convertir ces bandes féroces, il est à peu près certain que leur rêve serait devenu une réalité. Des Sauvages apprivoisés, — non civilisés, car cela était à peine possible, — auraient été distribués en sociétés au milieu des vallées des grands lacs et du Mississipi, gouvernés par des prêtres selon les intérêts du Catholicisme et de la France. Leurs habitudes d'agriculture auraient été développées, et leurs instincts d'égorgements mutuels réprimés. Le rapide déclin de la population indienne aurait été arrêté, et elle serait devenue, par le trafic des pelleteries, une source de prospérité pour la Nouvelle-France. " 3

Nous le demandons, quelle -est la nation qui ne se glorifierait pas d'avoir conçu et préparé un aussi noble projet?

Or, voulez-vous savoir quelle étrange conclusion M. Parkman tire de ces réflexions ? Lisez :

" La Liberté peut remercier les IroqooU d'avoir, par leur furie insensée, réduit à néant les plans de ses adversaires) et de lui avoir épargné un péril et un malheur. " M x

Un exemple tiré de M. Parkman lui-mêmi va nous faire voir où était la meilleure sauf» garde de la Liberté, dm côté de la Nouvelle-» gleterre, ou du côté de la Nouvelle France.

Un siècle plus tard, quand la France, vaincu^ eut repassé les mers, quel fut un dea promus actes du nouveau conquérant? Tandis que d'nsf main il essayait de nous étouffer^ de l'autre fl cherchait à exterminer par U poison les tribr sauvages.

En 1773, Sir Jeffrey Amherst écrivait an colonel Bouquet : '

" Ne pourrait-on pas essayer de répandre ij petite vérole parmi les tribus révoltées des Indiens ? Nous devons en cette circonstance ujjf de tous les stratagèmes en notre pouvoir potr les réduire. " "■

Bouquet lui répondit :

" Je vais essayer d'inoculer la— —au morj» de couvertes qui pourront tomber entre leutf mains, et je prendrai garde de ne pas contracta 1 , la maladie moi-même. Comme il est déplorable d'exposer contre eux de braves gens, je détirfr rais faire usage de îa méthode espagnole^ kfc chasser avec des chiens anglais, supportés psjf les rangers et quelques chevaux agiles qn pourraient efficacement, je crois, extirper Ott éloigner cette vermime. "

Amherst se hâta de lui répondre: ' if Jdé ferez bien d'essayer d'inoculer les Indiens tt moyen de couvertes, aussi bien que 6^ employer tout autre moyen qui pourrait servir à exterminer cette exécrable racé. Je serais tres-oontent si votre projet de lèB chasser avec des chieaa pouvait s'effectuer, mais l'Angleterre est à ane trop grande distance pour penser à cela maintenant. " a

Quelques mois plus tard, la petits vérole faisait d'affreux ravages parmi les malheureuses tribus.

La Nouvelle-France avait apporté la vie; la Nouvelle-Angleterre apportait la mort.

Où était la Civilisation ? où était la Liberté?

Ah 1 M. Parkman, si la France fût restée maîtresse en Amérique, vous n'auriez pu écrire votre Histoire, de la Conspiration de Pontiac; car la France n'eût jamais, par sa politique inhumaine, attiré sur elle ce formidable orage*.

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