DE LA PREMIÀBE ÉDITION
jes légendes sont la poésie de l'histoire.
>ans elles, l'histoire chemine tristement, comîs prières boiteuses d'Homère, îuand, voyageur solitaire à travers les sièje parcours les solitudes mornes et silencieu-' u passé, où chaque monument, chaque onion du terrain est un tombeau, mon cœur id, mon âme est triste jusqu'à la mort, l'ai besoin, au milieu.de cette nuit, qu'un 1 de soleil, qu'une fleur au bord du chemin 1e consoler mon œil attristé. Il faut, à mon e effrayée de tant de silence, un peu de bruit urmure de fontaines, un gazouillement d'oi-
3e murmure, ce rayon de soleil, cette fleur >rd du chemin, c'est la merveilleuse légende mystérieuse qui change le désert en agrésolitude.
Ah! ne profanons donc pas tant de tombes 9 dépouillant du peu de verdure qui les rere. Jetons plutôt quelques fleurs sur Ces îments funèbres, un peu de vie sur tant enients.
L'histoire, si poétique, de notre pays est ede ces délicieuses légendes, de ces anecdonrieuses qui lui donnent tout l'intérêt du.
te.
D en est encore une foule d'autres qui Bornent au sein de nos bonnes; familles cana»
tes et dont le récit fait souvent le charme >ngues soirées d'hiver.
Hais, si nous n'y prenons garde, elles s'en bien vite s' altérant, se perdant, tant enfin peine pourrons-nous peut-être, dans quelannées d'ici, en recueillir quelques lamcépars.
flfe serait-ce pas une œuvre patriotique de r toutes ces diverses anecdotes, et de conr ainsi cette noble part de notre héritage ique?
fous avons la ferme conviction qu'une pluus vigoureuse mènerait à bonne fin cette nrise ; et c'est afin d'inspirer cette heureuse
idée à quelques-uns de nos compatriotes que nous avons recueilli la légende qu'on va lire/'
Tel est le vœu que nous émettions en publiant notre première légende.
Nous spmraes heureux aujourd'hui de voir notre désir accompli, car le but principal des Soirées Canadiennes est de " soustraire nos " belles légendes à un oubli dont elles sont plus " que jamais menacées, de perpétuer ainsi les " souvenirs conservés dans la mémoire de nos " vieux narrateurs, et de vulgariser la connais- " sance de certains épisodes peu connus de l'his- " toire de notre paya, "
En réunissant en volume les légendes que nous avons publiées à diverses époques, nous croyons devoir renouveler ce que nous avons déjà dit à leur apparition :
Ce ne sont pas des histoires imaginaires ; nous pouvons, au contraire, en garantir l'authenticité.
Si nous y sommes pour quelque chose ce n'est qu'en ce qui regarde la couleur, les détails et la disposition du récit.
Quant à l'épisode des Pionniers Canadiens en particulier, loin d'être une fiction romanes, qire, il est de la plus rigoureuse vérité historique.
D'ailleurs, afin d'enlever tout doute à cet égard, nous avons eu le soin, dans cette éditiond' indiquer les noms des personnages.
Les circonstances particulières où se trouve l'auteur lui ont rendu très-facile la connaissance de tous ces détails, puisque l'événement a eu lieu dans la demeure même de son aïeul, et que la jeune personne, qui joue un rôle dans ce récit est sa grande tante maternelle.
L'auteur s'est, aussi, bien donné garde de retrancher de cette anecdote, le songe, qù quelques-uns n'ont vu qu'une pure invention, mais qui est un exemple frappant du phénomène inexplicable des pressentiments.
Il n'a été que l'historien fidèle d'un de ces drames qui font époque dans les souvenirs d'une famille.
La Légende de la Jongleuse est une vieille histoire dû temps passé, que l'auteur a recueillie, il y a bien des années, sur les lèvres des anciens conteurs de sa paroisse natale.
Elle retrace un de ces actes d'atrocité incroyable que les sauvages d'Amérique commirent si souvent contre les Pionniers de la Foi et de la Civilisation, et (jui semblent avoir attiré sur toutes les races indiennes cette malédiction qui plane encore sur leur léte.
Le sauvage, a dit le comte de Maistre, n'est et ne peut être que le descendant d'un homme dé-
vilisation par u
u grand arbre de la troque. '■
Celte bypothc.se expliquerait la ;
nations indiennes» l'approche des peuples civilisé;.
Mais, Mai recourir 4 ce problème, nouan'hé- .'. attribuer leur anéantissement à cea iiiqiialitijlili.'S kirbaries dont ilsse rendirent tant de fois coupables envers les Missionnaires et les premiers colons qui venaient leur apporter le flambeau <te la Vérité.
La Légende de la Jongleuse se mêle aux premiers souvenirs d'enfance de l'auteur ; et il se rappellera toujours l'effet prodigieux que produisit sur s* jeune imagination le récit de ce drame que l'amour du merveilleux, inné dans le peuple, enveloppait de tout le prestige de l'inconnu.
Aussi a-t-il essayé, dans sa narration, de faire ressortir, en le poétisant, .ce caractère fantastique, afin de conserver à la légende toute eon originalité.
Ne vous êtes- vous pas extasié parfois devant !e sublime panorama de notre Grand Fleuve.
quand, par un beau soir d'été, bien calme, i reflète, dans le miroir limpide de ses grandei eaux, le superbe turban des Laurentides?
Telle est l'idée que nous nous formons de la
LtGKNI)£:
C'est le mirage du passé dans le tlot impressionnable de riiiiapiuikni populaire: lesgraudf ombres de l'jùstcnre n'apparaissent dans tant leur richesse qu'ainsi répercutées dans la naïve mémoire du peuple.
Telle e.-it aumi l'idée que nous avons essayé d'exploiter en esquissant la Légende de la Jongleuse : — d'un côté, le tableau historique, conservé sur des monuments encore existante, — de l'autre, l'image féerique, reflétée dans l'onde po-
Com me preuve historique, — outre le nom de la paroisse de la Rivière-Ouelle a qui lire son origine du nom des deux principaux personnages de ce drame, — nous indiquerons les traces évidentes, laissées sur les lieux même de l'événement, dans les noms qui les désignent encore aujourd'hui.
Quant à la partie légendaire il suffira- d'un seul coup d'ojil du lecteur pour faire la part du merveilleux.
Avant de terminer cette préface, l'auteur cre devoir répondre à certaines objections qui 1 ont éié faite» par des personnes dont il pri trop haut l'estime et la prudence pour se crùi dispensé d'y satisfaire.
—Ce genre de littérature, dit-on, indique ui étude de la littérature romantique moderne.
— A cette objection, nous répondons que i