‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 142 sur 196 · LA LAMPE DU SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LA LAMPE DU SANCTUAIRE

Cependant le "frêle esquif, poussé par deux vigoureux avirons, descendait le fleuve avec rapidité.

Léger comme une écume, il glissait sans bruit sur les flots, laissant à peine un pâle sillage derrière sa proue.

Les voyageurs gardèrent le silence pendant quelque temps ; et rien ne troublait le sommeil de la nature autour d'eux, si ce n'est le bruissement des flots sur les flancs de la légère pirogue, et le chant monotone et cadencé de la vague sous les avirons.

Bientôt l'obscurité de la nuit confondit les teintes indécises des divers édifices de la ville dans une nuance uniforme, et ils ne distinguèrent plu 8 derrière eux qu'une ligne onduleuse découpant en noir, sur le ciel, les contours du Cap Diamant.

De fois à autres, le clapotis de la vague sur les galets de la rive, ou Je grincement d'une girouette, agitée par le passage subit d'une brise nocturne, parvenaient encore à leurs oreilles.

Mais bientôe tous ces bruits s'éteignirent.

C'était l'heure solennelle de la nuit où tout repose dans la nature, et les bétes carnassières revenues de leurs chasses nocturnes, et l'oiseau caché sous la feuillée, et l'homme fatigué des soucis et des travaux du jour.

Le torrent lointain même semble voiler ses sanglots, et, sous la brise expirante de la nuit, la forêt exhale à peine de son orgue immense un faible soupir.

Cependant la jeune femme, les yeux tournés vers la ville endormie, contemplait attentivement une lueur presqu'imperceptible et immobile sur la côte.

On eût dit qu'elle redoutait le moment où elle allait la voir disparaître entièrement, tant il y avait d'anxiété dans ses regards.

Ce n'était pas la lumière de la lanterne qui depuis longtemps avait disparu.

Cette faible étincelle, qui venait scintiller au bord de sa paupière où tremblait une larme, jaillissait d'un foyer autrement mystérieux, autrement consolant.

C'était la pâle clarté de la lampe du sanctuaire de la vieille église, — holocauste virginal, emblème touchant de l'éternelle prière.

Pendant qu'elle contemplait cette chaste étoile, sa bouche murmurait une fervente prière.

La prière 1 invisible vestale qui veille incessamment, une étoile au front, dans le temple sans tache de l'âme pieuse»

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— Oh! il bit biei ir, dit Lout bu l'miiint à

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Si je n'étais pae si près de vous, ma chère petite oaunAD, ju trois que j'aurais bwn pwt

Pourquoi soin mes- no us partis si promptemeut 7

Je dormais si bien dans mon lit quand vous.

Allons-nous arriver bien vite ?

Et l'enfant, .^aisi d'un frisson involontaire, ipprochaiL instinctivement de sa mère, coin tur chercher uni; prétention contre les fantômes "t iaït sautill-.-r de\ ant l'imagination de

l jeune te] unie poussa un soupir, et sans répondre à. ses questions :

— Couche-toi sur mes genoux, Harold, lui dit-elle, lu as encore besoin de dormir.

Fais un bon somme tandis qu'il t'ait noir; — je te réveillerai quand il aéra jour, el tu verrat se lever le beau soleil.

Alors tu n'auras plus de peur,

L'enfant obéit sans rien dire et posa sa tête aur les genoux de sa mère.

— Maman, murmura-t-il à voix baaae après quelques minutes, voyez-vous là-bas cette gr femme blanche qui marche sur l'eau ? Bill vance vers nous, — elle me regarde, — elle me fait signe d'aller vers elle.

Entendez-vous, maman, comme elle chante?,

Coui prenez-vous ce qu'elle dit?

Et l'enfant indiquait du doigt le fantôme qu'il croyait apercevoir,

— Maman I continua-tri 1 d'une voix tremblante,

j'ai peur I j'ai peurl Retournons-nous ce

chez nous. Elle va venir me prendre.

Et il cachait sa figure aur les genoux de sa mère en é ton il 'a m un sanglot.

■a donc, enfant, ne craina rien; il n'y a poiut de danger.

le tache blanche que I ..- un fantôme ; — c'est la chute

qne tu entends, c'est C qui lombi

Dors tranquillement; ta maman veille auprèl .le loi

— Ilo-hou ! — interrompît ige, tirant de sa poitrine ceti^ ■ gutturale ordinaire aux Indiens poi la surprise et Téton ne ment, — MtiIsM Shovito!

Ces paroles en langue sauvage, ; demi-voix, semblèrent paralyser" les bras do eau-

Pendant quelques instants, son aviron

Puis, aur oo signe du Sanrags, ils

ma deux à ramer vigoureusement, ml

i moins de bruit possible.

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