CENT ANS
Plus rare que l'épi laissé dans le sillon, Quand l'avare glaneuse a cueilli sa moisson j Ou que la grappe mûre au cep abandonnée Lorsque les vendangeurs ont fini leur journée f Pèlerin du passé, le vieillard de cent ans Est un hôte oublié sur la barque du temps.
De tous ses compagnons, victimes du naufrage, . Pour dire leur trépas lui seul encor surnage. Sa vie est une époque et plus qu'un monument : Son nom de eiècle en siècle est transmis à l' en- Dans Athènes ravi, c'est le divin Homère j [fant. Aveugle et mendiant, c'est le grand Bélisaire; Dans les bras de Joseph, c'est Jacob expirant. Et l'étranger distrait, passant au cimetière, Sur une tombe lit avec étonnement :
" Ci-git un centenaire. " 100
5 août, .1869.