‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 182 sur 196 · LES MORTS · texte numérisé non relu

LES MORTS

ras vos tombeaux voua dormes solitaires, >ortez plus le fardeau des misères onde où nous rivons, i eiel n'a plus d'étoiles ni d'orages, s, de parfums, l'horizon, de nuages, leil, de rayons.

t froids dans la fosse profonde,

landei pas si les échos du monde

listes ou joyeux;

ntondei plus les vains disooura des hommes

at le cœur et qui font que nous sommes

ants et malheureux.

% douleur, le souffle de l'envie,

is dessécher, comme au jour de la vie»

rëllede vos os;

rez ce bien au fond du cimetière,

vainement notre existence entière,

trouves le repos.

ions allons, pleins de tristes pensées, tout le jour nos âmes oppressées»

Bt silencieux, chanter les voix du sanctuaire

ment d'en haut et passent sur la terre

©monter aux oieux.

andez rien à la foule qui passe

seulement aux tombeaux qu'elle efface

irme, un soupir;

andez rien à la brise qui jette

mbaumée à la tombe muette,

ien qu'un souvenir.

luptés oh notre âme se mâle,

s pour vous un souvenir fidèle,

lumôrie du cœur,

b réchauffer votre froide poussière,

3 nom, gardé par la prière,

ne du Seigneur.

avenir que l'amitié vous donne, meurt avant que le corps n'abandonne

te monts de deuil,

; vivants, pesant plus sur votre tombe,

oharnés plus lourdement retombe plomb du cercueil !

goïste au présent seul se livre,

18 en vous que les feuillets d'un livre

m a déjà lus;

aimer dans sa joie ou sa peine

i serviront son orgueil ou sa haine :

>rts ne servent plus.

3ns, à nos plaisirs futiles, oudreux vous êtes inutiles t .

'eus donnons l'oubli.

Que nous importe à nom ce monde de souffrance Qui gémit au-delà du mur lugubre, immense Par la mort établi?

On dit que souffrant trop de notre ingratitude» Vous quittez quelquefois la froide solitude»

Oh nous vous délaissons; Et que vous paraisses au milieu des ténèbres En laissant échapper de vos bouches funèbres

De lamentables sons.

Tristes, pleurantes ombres, Qui, dans les forêts sombres»

Montrez vos blancs manteaux»

Et jetez cette plainte Qu'on écoute avec orainte Gémir dans les roseaux;

lumières errantes!

Flammes étinoellantes, Qu'on aperçoit la nuit Dans la vallée humide, Oh la brise rapide Tous promène sans bruit;

Voix lentes et plaintives, Qu'on entend sur les rives Quand les ombres du soir Epaississant leur voile Font briller chaque étoile Gomme un riche ostensoir;

Clameur mystérieuse, Que la mer furieuse Noua jette avec le vent, Et dont l'écho sonore Va retentir encore Dans le sable mouvant;

Clameur, ombres et flammes, Btes-véus donc les âmes De ceux que lejtombeau, Comme un gardien fidèle, Pour la nuit éternelle Retient dans son réseau ?

En quittant votre bière, Cherchez-vous sur la terre Le pardon d'un mortel ?

Demandez-vous la voie Oh la prière envoie Tous ceux qu'attend le ciel?

Quand le doux rossignol a quitté les bocages',

Quand le ciel gris d'automne, amassant ses nuages,

Prépare le linceul que l'hiver doit jeter

Sur les ohamps refroidis * il est un jour austère,

Oh nos cœurs, oubliant les vains soins de la terre.

SurceuxquihesontprutimeiiKàmMihiEt.

LE MOUVEHENT LITTÉRAIRE

C'eit 1« jnnr où 1m snortl aliauJ'innaEt Icnn mm bol, Comme on voit s'envoler de j«ya»«rs colombes. S'échappent un instant le tan froides pris'in? ; En booi apparaissant, ils n'ont rien <]tii repousse ; Lear ospeet est rtve'ir et leur Egare est doute, Et leur œîl fixe et creux n'a pu de trahisons.

Quand ïli viennent ainsi, <|U»nd leur regard oontemplo

La foule qui pour eux implore dans le temple

Le, olémenoo du ciel, un sciai: de bonheur.

Pareil au pur rayon ijnî brille aar l'opale,

Vient errer un instant sur leur front eaUne et plllo

Et dan» leur cceur glacé verse un pou do chaleur.

Tous les élus du ciel, toute; les finies suinte?. Qui portent lotir fardeau rima murmure etsans plaintes Et marchent tout le joui sons le regard do Dieu, Dorment toute lu nultions la garde des anges, Bana que leur oeil troublé de visions étrange» Aperçoive en retent des abtmea de feu ;

Tous ne ni doot le cœur pur n'éeont» sur la terre

Que les éebos du ciel, qui rendent moins amèro

La douloureuse voie où l'homme doit marcher,

Et, des biens d'ici-bas raconnoiesant le ride,

Déroulent leur vertu comme un lapis splondids.

Et marchent sur le mal snne jamais le toucher;

Quand les hOtes plaintif* de la cite pleur m te,

Qu'en on révo sublime entrevit lo vieux Dante,

Paraissent parmi nous en ce jour solennel,

Ce n'est que pour ceux-là. Seuls ils peuvent entendre

Lee secrets de In tombe. Eux seuls savci

Cbi pales mendiants qui demandent le oie

Les cantiques sacres du bt/de de Solyme.

Et la son de l'airain, plein de sombres nln

Jette i

Pour les spectres

Donnez donc en eo jour, où l'église pleurante.

Fait entendre pour eux une plainte touchante.

Pour calmer vos regrets, peut-être toi remords

Donne!,

Dne fleur à la tombe, une prière il

Ces deux parfums du ciel qui consi

Pries pur

impagoant .

I Prie» otioor pont ceux dont lai iuui bleuies, loi-bas n'ont ounuu que les sombres pensées Qni font les jours «mis joie elles nnjl

pour ces pariai do la famille humaine, lourdement chargés de leur fardeau depoini Ont monté jusqu'au bout l'échelle de dnulear.

in ce moment terrible et plein d'alarme os jours le terme enfin sera vend, im, répété par la reconnoissanee, dont vous aurei abrégé la souffrance, ant là-haut ne Eoitpnsincormu.

tôt ce tribut, un ange aux Manche» ails ! le porter aux sphères éternelles,

notantes fleurs du sombre eimetièr».

L'inconloslal'Ie i pièce nous dispense de b remarquerons seulement (

Y Harmonie de H. de Ltuiiai

i'ei- 'ijiii.' l 'ii. dan? tout l'éclat de son gai alors d'atigèlîgve, il n'était pa= cette pente fatale d'où il esl toml ■ .

c-lmte, jusqu'à la, Chute d'un Ange. 1 part, on bb tromperait eî l'on o'irc qué l'élégie des Morts de M. Crétuai»

chef-d'œuvre isolé au milieu J.;grande valeur. Le vieux soldat __.

Un soldat de V Empire,— A la mémoire:

de Fenauitltt, sont des pièces faon l'élau lie la pensée, le souffle lyrique, avec l' éclat du rliythvne et la per(L style. Le ciiaut intitulé Castelfidardo, qualile par l'ampleur et la concepiii phique, se termine par deux striiplie AprêB avoir montre la papauté) ««saillie

Expira sans entendre une parole amie.

fi la vie, isolé dans sa mort, i d'un* larme a la M m bt étrangère I a l'iucunau qui sous la terra dort ï

AU CANADA

Et quand le vieux monde en ruines Sombrait dans les gouffres ouverts, Debout sur les saintes collines, Ta voix bénissait l'univers.

Et dans cette nuit sans aurore Que feront les soleils mourants, Seul tu resteras encore Pour fermer les portes du Temps I

2 serait facile de continuer ce parallèle et ce» iprochernents, à l'honneur du génie national; 18 ceux que nous venons de faire prouvent 'abondamment que la veine intellectuelle est î d'être tarie au Canada. Si nous avons dé longtemps à diriger notre attention vers la ture des lettres, c'est qu'après de faibles nmencements, des guerres interminables, au demain des désastres de la conquête, nous ons tant de précieuses choses à sauver du ufrage ! notre foi, notre langue, nos lois, ites nos libertés, la patrie tout entière. Il y ieu même de s'étonner des progrès qui ont » faits, malgré tant d'obstacles. 1 linsi rien ne justifie les prévisions sceptiques certains esprits superficiels, à l'égard de ,re avenir littéraire. Au fond, ce sentiment md sa source dans une pensée antipatriotique, on n'ose s'avouer ou proclamer : on ne croit ! à notre avenir intellectuel, parce qu'on n'a

i foi dans notre avenir national Mais,

ireusement, ces voix isolées ne trouvent point

cho.

STous pouvons donc l'affirmer avec une légi-

16 assurance, le mouvement qui se manifeste

tellement, ne s'arrêtera pas, il progressera

ydement, et aura pour résultat de glorieuses

.. 81 l'on voulait faire l'historique de nos origines entres, il y aurait une étude curieuse à écrire sur flaenee qu'ont exercé, sur les lettres canadienne*, les emes écoles qui se sont succédé on France, depuis vieille école du dix-huitième sièole, en passant par kn-Baptiste Rousseau et Delille, alors que l'on ne trait composer un vers «ans avoir un diouonnaire de tfcologie sous son chevet, jusqu'à celle de Chateauand et de Lamartine, qui ont renversé de leur piédes- Ytrmoulu les vieilles divinités de l'Olympe, et n'ont uté que les inspirations de la muse catholique. On urait suivre, avec une transparence parfaite, toutes évolutions de la pensée, depuis les premiers oouplcts s chantaient, sur les remparts de Carillon et d'Osweles chansonniers canadiens, jusqu'aux inspirations MM. Lajoie, Vieet, LaRue, Grémasie, etc., ete, autres entreprendront un jour ce travail intéressant. «s ne pouvons que jeter, eu passant, quelques fleurs m morte lies sur deux tombes qui se sont fermées trop ;, celle de M. Patrice Xiaeombe, l'auteur de La Tèrn UenulU, observateur délioat, écrivain spirituel, que soucis de la vie ont arraché aux lettres après ses Maiera essais ; et celle de M. Leooir, ce talent si apathique, et parfois si énergique.

[I y aurait aussi ^une étude spéciale à faire sur les >gMS du cTôttntcftmt. Nommons seulement deux de i jp lus vaillante champions, awjoufiPhul retirés de rêne, MM. 8. Parent 4t J. «C. Taché.

conquêtes dans la sphère des intelligences. Oui, nous aurons une littérature indigène, ayant son cachet propre, original, portant vivement l'empreinte de notre peuple, en un mot, une littérature nationale.

On peut même prévoir d'avance quel sera le caractère de cette littérature.

Si, comme il est incontestable, la littérature est le reflet des mœurs, du caractère, des aptitudes, du génie d'une nation, si elle garde aussi l'empreinte des lieux d'où elle surgit, des divers aspects de la nature, des sites, des perspectives, des horizons, la nôtre sera grave, méditative, spiritualiste, religieuse, évangélisatrice comme nos missionnaires, généreuse comme nos martyrs, énergique et persévérante comme nos pionniers d'autrefois; et en même temps elle sera largement découpée, comme nos vastes fleuves, nos larges horizons, notre grandiose nature, mystérieuse comme les échos de nos immenses et impénétrables forêts, comme les éclairs de nos aurores boréales, mélancolique comme nos pâles soirs d'automne enveloppés d'ombres vaporeuses, — comme l'azur profond, un peu sévère de notre ciel, — chaste et pure comme le manteau virginal de nos longs hivers.

Mais surtout elle sera essentiellement croyante, religieuse; telle sera sa forme caractéristique, son expression ; sinon elle ne vivra pas, et se tuera elle-même. C'est sa seule condition d'être ; elle n'a pas d'autre raison dîexistence; pas plus que notre peuple n'a de principe de vie sans religion, sans foi ; du jour où il cessera de croire, il cessera d'exister. Incarnation de sa pensée, verbe de son intelligence, la littérature suivra ses destinées.

Ainsi sa voie est tracée d'avance : elle sera le miroir fidèle de notre petit peuple, dans les diverses phases de son existence, avec sa foi ardente, ses nobles aspirations, ses élans d'enthousiasme, ses traits d'héroïsme, sa généreuse passion de dévouement. Elle n'aura point ce cachet de réalisme moderne, manifestation de la pensée impie, matérialiste; mais elle n'eu aura que plus de vie, de spontanéité, d'originalité, d'action.

Qu'elle prenne une autre voie, qu'elle fausse sa route, elle sèmera dans un sillon stérile j et le germe, qui est déjà déposé, mourra clans «on enveloppe d'où il s'échappe à peine, desséché par le vent du siècle, comme ces fleurs hâtives qui s' entr' ouvrent aux premiers rayons du printemps, mais qne le souffle de l'hiver flétrit avant qu'elles aient eu le temps de s'épanouir.

Heureusement que, jnsqu'à ce jour, notre littérature a compris sa mission, celle de favoriser les saines doctrines, de faire aimer le bien., admirer le beau, cpnnaître le vrai, de moraliser le peuple en ouvrant son âme à tous les nobles sentiments, en murmurant à son oreille, avec les noms .cners i ses souvenirs, les - action* cç& lèsent Tendu* &ç&& fa-fro^ vo. ^massuBaR*»

Lfc! MOUVEMENT LITTÉRAIRE

leurs VOtlU rie mu uaUlt,

sentiers qui ménerii É

Voilà pourquoi nous avoua loi dans son avenir.

Quelle action la Providence nous réserve-telle en Amérique? Quel rôle nous appelle-!elle â r eiercer ! représentants de la race latine, en face de l'élément anglo-sason, dont l'expansion excessive, l'influence anormale doivent être . ■(■.! même qu'en Europe, pourleprogrès de la civilisation, notre mission et celle des sociétés de même origine, éparses but ce continent, est d'y mettre un contre-poids eu réunissant aoe forces, d'opposer au positivisme anglo-américain, i ses iustinet? matérialistes, à son égoïsme grossier, les tendances d'uu ordre plus élevé qui sont l'apanage des races latines, une supériorité incontestée dans l'ordre moral et intellectuel, dans le domaine de la pcnséiî.

"Une nous semble point être dans la destinée du Canada," dit avec beaucoup de justesse M.

Rameau, '■ d'être une nation induslriells ou commerciale; il ne faut point forcer sa nature et dédaigner des aptitudes réelles pour en recheri 'injures; non pas^qu' il faille pour cela négliger le nécessaire ; on peut, comme nous le taisons en France, s'adonner aux sciences et aux beaux arls, et cependant entretenir un mouvement d'industrie et de commerce proportionné à l'importance de son pays. Mais en attribuant le premier rang à l'agriculture, à la science et aux arts libéraux, lus Canadiens auront plus l'ait pour la consolidation de leur nationalité et l'extension de leur inllence, qu'ils ne pourraient obtenir iiwo de grus^'H armées et de riclies trésors. Tandis qu'aux Etats-Unie les esprits ni avec une préoccupation épuisante dans te commerce, dans l'industrie, dans l'adoration du veau d'or, il appartient au Canada de n'approprier avec dérii nié russe ment et une noble fierté le côté intellectuel, scientifique et artistique du mouveineat américain, en s'adonnant avec préférence au culte du sentiment, de la pensée et du beau. C'est en effet à cette prééminence de l'esprit que la France doit la meilleure part de sou influence en Europe."

Tel est aussi le partage réservé à la France américaine; telle est l'action spéciale qui nous est départie par la nature de notre esprit, les tendances ^piritualistes de uos croyances catholiques, nos inclinations artistiques, la puissance de généralisation de notre intelligence, aussi bien que par les circonstances de lieux et de relations dans lesquelles nous sommes placés. Et, certes, nous n'avons pas à nous plaindre ; Car c'est en quelque sorte la meilleure part de celle de la poétique Marie, en optelle de Marthe l'affairée. L'iufe- * du nombre et de la fortune n'empêche

■ ou tard devient toujours la première. ■

Car dans la lutte de deux puissances, l'ïdé finit toujours par l'emporter sur la force, a ' nue qui s'entendait en puissance n empereur Napoléon premier. ' lins d'une de ces réactions soi dont on n'aperçoit aucun indice, ce vaste « chi d'hommes, qui s'appelle le peuple an lêr autres principes de ipides, s'écrasera sous son proijui Dons dit qu'alors le seul pi Amérique du Nord, (tout r"' — aujourd'hui,) qui possède la

histoire, a.

eue natra avenir moral et iniolloctuol. Après uni étude attend vi> de» œuvres du génie américain at il nos débuta littéraires, ii a romaruuéBn nous lai germa d'ane supériorité intellectuelle, qui set bien proprai nous fuira augurer fjvumbl ornent des destinées de la littérature canadienne. " C'est a peine, dit-il, i petit peuple, abandonné an 1700 dan

ectueue, tandia qu'il j

uo leaEtui,.i

mnivenite, savei-vous ce quoj'admîra le pli

le monde'! C'ast ruiipuitsunco de la force pour organiser quoique choaB. Il n'y a que donx puissance! dam le monde, te Eabre et l'esprit. J'ontendf

[iar l'esprit les institutions civiles et religieuses. ongue, le sabre oit toujours battu par l'esprit."

AU CANADA

vivre,les principes immuable d'ordre et de moralité, ne s'élèvera pas comme une colonne radieuse au milieu des ruines accumulées autour de lui? Que reste-t-il aujourd'hui de ces empires primitifs, qui ont tant pesé jadis sur l'Afrique et l'Asie, les colosses de Babylone et d'Egypte; tandis que l'éclat immortel, dont brillèrent les , petites républiques de la Grèce, se projette jusque dans l'avenir ?

Utopie ! Chimère I s'écriera-t-on ! — Mais n'y eut-il que l'espoir de réaliser une faible part de ce rêve légitime, ne serait-ce pas déjà un mobile suffisant pour enflammer le patriotisme d'une jeunesse enthousiaste, studieuse et intelligente ? Ah ! s'il nous était donné de nous adresser à la jeune génération qui voit l'avenir souriant lui tendre les bras, nous lui dirions avec l'accent de cette affectueuse émotion que l'on éprouve au sortir d'un âge auquel on vient de dire adieu :

—Vous avez devant vous une des plus magnifiques carrières qu'il soit donné à des hommes d'ambitionner. Issus de la nation la plus chevaleresque et la plus intelligente de l'Europe, tous êtes nés — à une époque où le reste du monde a vieilli— dans une patrie neuve, d'un peu-

ple jeune et plein de sève. Vous avez dans l'âme et sous les yeux toutes les sources d'inspiration : au cœur, de fortes croyances ; devant vous, une gigantesque nature, où semblent croître d'elles-mêmes les grandes pensées; une histoire féconde en dramatiques événements, en souvenirs héroïques. Vous pouvez, si vous savez exploiter ces ressources inépuisables, créer des œuvres d'intelligence qui s'imposeront à l'admiration, et vous mettront à la tête du mouvement intellectuel, dans cet hémisphère.

Souvenez-vous que noblesse oblige, et que c'est à vous de couronner dignement le monument élevé par vos aïeux, et d'y graver leurs exploits en caractères dignes d'eux et de vous. Mais souvenez-vous aussi que vos pères n'ont conquis le sol de la patrie que par les sueurs et le travail, et que ce n'est que par le travail et les sueurs que vous parviendrez à conquérir la patrie intellectuelle. D'une main saisissant les trésors du passé, de l'autre ceux de l'avenir, et les réunissant aux richesses du présent, vous élèverez un édifice qui sera, avec la religion, le plus ferme rempart de la nationalité canadienne.

Québec, Janvier 1866.

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