‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 183 sur 196 · HISTOIRE DE L'ILK D'ORLEANS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'ILK D'ORLEANS

M toute* 1m difficutês, à fores de pre-

eévéranee, et termina son histoire. C'est ce ohannant livre, fruit de quatre années de travail, que nous avons sous les yeux, et que nous von loes faire connaître au public

" L'île d'Orléans, cette fraîche corbeille de verdures et de fleure, Échouée au milieu du courant j—cette heureuse terre où tout semble respirer k calme et le bonheur; — où l'on ne voit de toutes parts que laitage, linge blanc suspendu au boissons, pots de rieurs épanouis aux fenêtres j " 1 — l'île d'Orléans, n'a pas seulement le charme des beautés pittoresques, des gracieuses perspectives, des horizons eplendides : elle est une des contrées du Canada les plut fertiles en souvenirs historiques. " Cette lie s. été le théâtre d'événements remarquables, de drames sanglants, qui intéressent non-seulement ses habitants, mais les Canadiens en général. Grâce, à sa proximité de Québec et à sa grande fertilité, elle fut un des premiers endroits habités par les Français au Canada, et de bonne heure-elle fournit chaque année quelques colons pour le reste dn pays.

Plusieurs de nos hommes les plus êminents ■Ont sortis de son sain ; et un grand nombre de qui occupent aujourd'hui le premier i la société canadienne, comptent pour « de braves habitants de l'île.

Elle a déjà eu ses littérateurs et ses historiens: M. l'abbé Ferland, dont les ancêtres étaient originaires de la Sainte-Famille.— M. H. N. Bowen, l'auteur de l'/fwforïcaZ Sketch of laie oj Orttont,— M. F. A. H. LaRue. l'écrivain humoristique du Voyage autour de l'.lsle d'Orliant, — sans compter le jeune insulaire dont le livre noua occupe. ■

L'île d'Orléans d'ailleurs, par sa position isolée, forme un petit monde à part, avec ses mœurs, ses coutumes, ses souvenirs, dont l'histoire prête plus à un ensemble, à un tout complet, que d'autres parties du pays.

La pensée d'en écrire l'histoire était donc aussi heureuse, qu'elle a été habilement exé-

Quelquea citations, prises au hasard, nous donneront une idée de la manière de l'auteur :

!' De l'église Saint-Jean à celle de Saint-Laurent, il y a une distance d'un peu plus de deux lieues. Le chemin royal passe au pied des cotes : il est toujours beau et bien entretenu. Grand nombre de bâtisses de pilotes et d'artisans sont construites le long de cette route ; celles des cultivateurs sont toutes bâties sur les côtes, où un chemin privé les y conduit.

" Les scènes les plus grandioses, et les plus variées sont partout répandues à profusion.

Quel plaisir, quel agrément l'on éprouve, dans la belle saison d'été, à parcourir cette route,

p. MB;

ombragée ça et là d'an bouquet d'antiques

érables on de longs peupliers de Lombsrdie, ou bordée de champs oon verts d'une riche moisson et de magnifiques jardins qui entourent une élégante demeure, parfois longeant le riTage couvert de beau sable où les Bots viennent expirer aveo mollesse à quelques pas seulement du voyageur 1 Quel coup d'œif magnifique l'on embrasse encore, si l'on porte ses regards sur le fleuve, sillonné en tous sens par de nombreux vaisseaux, et sur les riches villages de la cola du sud ! Paysage tout à fait enchanteur, que la nature a enrichi de toutes ses merveilles!

Ecoutons maintenant le récit d'une action héroïque :

"Dans l'automne de 1834, trois jeunes pilotes de Saint-Jean partirent, par une tempête des plus terribles, dans une petite embarcation pour aller mettre hors de danger une chaloupe que la violence des flots menaçait de briser. Ile n'étaient pas encore rendus à moitié chemin qu'une immense vague entre dans le faible esquif et le fait chavirer.

sur le rivage. Les parents ei portent en toute hâte sur cette scène de désolation, et remplissent l'air de leurs lamentations et de leurs cris. Tous jugent leur perte inévitable. Maie, heureusement, il se trouve un ami qui s'est dévoué plusieurs fois pour le saint de ses frères : c'est M. Forbes, le bienfaiteur de l'humanité. Il était retenu à la maison par grave maladie ; mais il avait suivi avec un oeil inquiet la faible embarcation. Au moment qu'il la voit verser, il quitte précipitamment son lit de douleur, et se dirige pour porter secours à ses frères. Son épouse, voyant a quel danger il va être exposé, le supplie de rester tranquille, et de suivre les avis de son médecin, qui lui avait ordonné de ne pas s'exposer au froid; et pour plus grande sûreté, elle ferme la porte à clef. Notre héros, sans perdre de temps, ouvre une fenêtre, élance dehors, et arrive comme un éclair sur

" Sans redouter la violence des vagues qui élevaient à nne hauteur prodigieuse et ve- , aient se briser avec fracas sur la plage, il se précipite dans les flots au grand danger de sa vie,

dirige d'abord vers le plus exposé des trois

ramène sain et sauf. Il retourne chercher les deux autres, et après des efforts surhumains il vient les déposer au milieu de la foule, qui passe du plus grand désespoir au comble de la - - T - Tous chargent de bénédictions ce libé-

ir qui tombe épuisé sur le rivage, et le conduisent, au milieu des acclamations, à sa de-

re pour y reprendre son lit de douleur.

On devait s'attendre que la santé de ce brave, affaiblie d'avance, subirait les plus funestes résultats & la suite de cette action, et que ses jours même seraient exposés. U garda bien

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