LES LAURENTIENNES
ti une douloureuse impression en voyant rnement avec lequel un correspondant de zettt de Scrirti-Hyacintfie, qui se cache » pseudonyme de Pékin, se plait à déchie à une chaque page du livre de M. Suite.
lue ligne de cet écrit perce une maligne u dissimule mal la jalousie ou la rancune.
rticle envenimé n'est pas seulement une use critique, c'est une mauvaise action. her ainsi à porter le découragement dans n* cœur plein d'avenir, à flétrir dans sa * fruit qui n'a besoin que d'un peu de so- «r mûri*, c'est faire une œuvre anti-patrio- Une large part de notre avenir national 1 de la conservation de notre langue qui pétaera surtout par la création d'une littéindigène. C'est donc pour tout Canadien roir saoré d'applaudir au talent qui se fait
La ville natale de notre poète a bien compris ce devoir : elle a souri avec amour à ses premiers succès, et, fière de son talent, elle l'a chargé d'écrire cette belle Histoire des trois-rivières, dont la première livraison vient de paraître et que nous apprécierons un jour.
Laissez passer encore quelques années, et vous verrez quelle gerbe d'or, pleine de beaux épis, notre ami portera entre ses bras. Car c'est un rude travailleur que M. Suite: il "va de bon cœur" à l'ouvrage j les longues veillées ne l'effraient pas, et plus d'une fois l'aurore a surpris ce chercheur nocturne courbé sur ses livres.
On demandait à un grand homme : Qu'est-ce que le génie ?
— C'est le travail.
9 mars 1870.
j?.:t:ol'e littéraire. 1
et'
* .Si »
- /*."." -V;t aujourd'hui pour favoriser ce mi v. t- ir développer le goût «fortifier la -e :-«* écrivains, c'est une critique saine r ■;- i-e. oui ne craigne pas «le porter *: '.-? «calpel dans les écrits de nos aul
• ' -s a::a : y?er froidement et librement, * • Tr. sans crainte, les défauts à côlé
• i ;•*•« véritable?.
- :e:r.ps est passé des panégyriques
-i.--- : ces ménagements, ces critiques à fi :- r.'str-î qui avaient leur utilité, qui .'- • é ::e nécessaires il y a quelques années, a ■s -."r^ canadiennes en étaient à leur dé .- s^t-aic-.: fatales aujourd'hui. Ils n'auraient r.fe: ;;e d'endormir nos hommes de lettres •- :••<? ù;sse sécurité, de les faire reposer sur .v;:--.:-* éphémères trop facilement conquit : i ::<* \\\ une vigoureuse critique qui signala» 7 .r-.ivcmcnt leurs faiblesses aussi bien que ton \ :.i!:té.'«, stimulerait leur ardeur, épurerait lwr .- ^ ù:. élargirait leurs idées, en éclairant le jnp «s T'en: les lecteurs.
Chacun déplore cette absence de critiaoej ■".lis personne n'ose entreprendre cette dot : : :*îclo et ingrate. Si quelqu'un hasarde u ••toc do réserve dans une page d'éloges, il w icu:e de scandaliser le public. Telle est l'habv *..:«ie sur ce point, qu'il s'est formé, sans priai ::ta:io:!. parmi ceux qui s'occupent de lettre* i:ie critique d'intimité qui réduit les choses à. ■ >;...t\s ,\i leurs justes proportions, qui apprécie les ho*
'uod et leurs œuvres à leur valeur réelle.
•» .>t otmio, ' t'ouruuoi ne pas fc % ^;v- iv tv- xit tout bas? N'est •a.-* \>.:i .-ù vraie du bon grain, de distingui
.(liant
Nous avons
rres a leur valeur reeue.
as dire tout haut ce que chacal est-il pas temps de séparer Fi 1 tin, de distinguer l'or do clin-
i essayé dernièrement ce genre de la biographie d'un étranger, l'his-
V "Si
»..v.A :fc iv'.tfrsi- .
,«. liu^OvA'A'tt critique dans
* c:u .ipràst lorieu Parkman ; sous une forme bienveillante,
;i. a ;Mt'cuie do : elle contient de dures vérités. Mais nous derom
.t , iwuci. dire, à la louange de l'écrivain, qu'il a rjarfûuy
v.ti.i.iotHLive, meut compris notre pensée : il a été le premier
vv,:«ri.t citer , ù nou* applaudir, et à nous remercier de notre
. sv.. . v»iu *u» ' franchise.
v . iui'o* oui i La littérature américaine, qui date d'hier
'-.s. vv \m car comme la nôtre, a acquis cette virilité qu'on W
*-..*. »\câi. v.V connaît, précisément en donnant à lacritiaBi
> ses coudées franches, en laissant aux juges»
1 te mires le même franc parler qu'ils ont en Sa-
s est venu, croyons-nous, d'agir aftt berté, d'apprécier nos écrivains no»
l .* ie j pas à leur valeur relative, mais à leur valent . .....:-. u..»« iviiihmi I absolue ; non pas entourés de circonstances QjB
*' *'" ^' u, * , l , » , les étaient pour un temps, mais dans l'isole- Ç v s %>..v»' u .4 i'ii "wnt à* l'avenir, alors que leurs œuvres ni* p
ront pour se soutenir que leurs propres forcesr ■*
H- HO* ■ 1* tCm P S
,.t..r«it%>ii« i la ineinelil
CRITIQUE LITTÉRAIRE
Nous n'avons pas la prétention de pouvoir ussir dans cette tentative ardue et semée d'éaeilsj mais nous aurons posé quelques jalons pi marqueront la direction à suivre. D'autres tndront après nous, oui déblayeront le terrain, [traceront, large et lumineuse, la route de la «que.
^L'histoire littéraire du Canada est encore à irt; et l'on ne saurait trop souhaiter qu'elle
" > j car il 7 aurait de fort belles choses à 'force sujet encore vierge. La littérature
"ienne, qui a germé sur un sol neuf, s'est d'une sève nouvelle : elle possède sa vie son caractère particulier, original.
jeune sauvageon, greffé sur le vieil arbre JJa littérature française, épanoui au grand W d'Amérique, étale déjà plus d'une fleur, il d'un fruit que la France ne dédaignera pas cueillir tôt ou tard.
Votre histoire littéraire se divise naturellent en deux parties distinctes : nos origines araires, et notre littérature proprement dite. 1 y aurait une étude, aussi curieuse qu'intélante, à écrire sur nos monuments historiques. culture intellectuelle des fondateurs de la Mue française a laissé dans l'esprit de nos êtres une empreinte qui ne s'est pas effacée, [Ui jpeut être de nouveau mise en relief à le de ce travail.
.u premier rang, figureraient les œuvres de Unplain, qui seraient étudiées au point de 1 de l'art, sous l'aspect du style et de la langue, * que celle-ci subissait sa transformation nitive. Ces œuvres importantes, préseni avec leurs descriptions ébauchées, avec PS récits naïfs, leurs tournures pittoresques, o leurs expressions gauloises ou romanes, titreraient ce grand homme aussi remarquapar ses pensées que par ses actions. A la e, apparaîtraient les lettres de la Mère de carnation exquises de délicatesse et de sentnt, d'un spiritualisme si élevé, viriles corn- Jon caractère et sa vie. Dans les Relations Jésuite*, on ferait observer les écrits du i Le Jeune, qui renferment ce qu'il y a de 'digue de remarque, au point de vue des es, dans cette vaste collection, et qui dent un esprit supérieur et un talent d'écri- I. Chacun de ces sujets formerait la ma- ! d'autant de chapitres qui prêteraient à des çua nouveaux, à des rapprochements matus.
es chants populaires et l'art épistolaire ofFriat ensuite des sources aussi fécondes que es à exploiter, pour faire voir la marche des licences pendant cette période de notre his- , durant laquelle l'action avait absorbé la lée. On connaît déjà nos chansons, sur telles des travaux importants ont été faits.
subsiste un bon nombre de mémoires et une
foule de lettres inédites, où l'on trouve des indices d'esprits cultivés, d'éducation excellente, d'intelligences et de cœurs élevés.
Il serait même facile de réunir et de publier une collection de ces lettres, dont plusieurs serviraient de modèles de goût et de naturel. Quelques-unes, écrites par des femmes, sont de petits chefs-d'œuvre de saillies spirituelles, de grâce et de bon ton. L'esprit de la femme française s'y est conservé dans toute sa fraîcheur et sa vivacité.
On observe qu'à cette époque, l'influence des femmes canadiennes fut particulièrement sensible. Durant ces années d'agitation, les hommes n'avaient guère que le temps de tenir l'épée, de guerroyer contre l'Iroquois, ou l'Anglais : les femmes, plus isolées, souvent laissées seules au logis avec leurs enfants, prenaient parfois, mais rarement, la plume pour consigner, dans des lettres, les nouvelles de la famille, quelques détails de vie intime, l'anecdote du jour, etc. Elles confiaient ces missives aux voyageurs qui allaient les porter à un. père, à un mari, à une famille lointaine, aux soldats en garnison dans les forts de l'intérieur, ou qui faisaient partie de quelque expédition guerrière. Des fragments de ces correspondances ont été conservés, et dorment aujourd'hui parmi les papiers des anciennes familles. L'exploitation de cette mine inexplorée aurait de quoi tenter plus d'un chercheur de trésors, plus d'une plume vaillante.
Enfin un coup-d'œii jeté sur le journalisme compléterait l'histoire de nos origines littéraires»
in
La littérature canadienne est née avec la liberté. Toutes deux, filles du patriotisme et de la religion, ont eu le même berceau. On dirait que la littérature, à peine éclose, s'est hâtée d'ouvrir ses ailes et d'essayer ses premiers accents pour chanter la délivrance de la patrie. Ses premières inspirations sont toutes vibrantes d'émotion et d'amour national. Ne serait-ce pas le contact de cette flamme sacrée qui a fait éclore les plus beaux talents que nous ayons eus?
La première période de notre littérature, qui s'étend de 1840 jusque vers 1860, a eu la rare bonne fortune de produire un penseur comme Etienne Parent, un historien comme Garneau, un poète comme Crémazie. Ces trois écrivains forment, avec l'abbé Ferland, Taché, Chauveau et GérinLajoie, ce qu'on est convenu d'appeler notre premier groupe littéraire.
On n'aurait pas dû oublier d'y ajouter un autre nom, moins connu de la génération actuelle, mais non moins digne de l'être: nous voulons parler de l'abbé Holmes, prêtre du séminaire de Québec, mort en 1852. Américain de naissance, doué de talents supérieurs, d'une imagination incandescentes, versé dans toutes les connaissances humaines, philosophe, écri-
94 CRITIQUE LITTÉRAIRE
Tain, orateur, ce prêtre Yankee a apporté I.
ici Tepprit d'entreprise et Je progrès qui caractérise sa race. Il a eu, par sa parole, par Le Répertoire NattonaL--M.ChaiiT8M.—S«<
«ftn activité * t nar pm écrits une influence deci- Charles Oaénn-Genre de l'ouvrage-Sty
son activité et par ses écrits, une innuence aeci leur loca i EeritI diven.— Conclu»*».
sive sur les intelligences de son temps. Devan- Que] ^ donc ^ ^ halien qui> à
gence au Canada, il a refondu entièrement et ~~ ^ ^ .
transformé le système des études classiques. Il oh F 1 *™» 1 povent* deU aino,
a infiitré un sang nouveau dans cette antique Ohgiovtntu! pnmavara dolU nia,
institution, et imprimé aux intelligences un Tout ce qui, dans la nature on dans
ébranlement qui, ae là, s'est communiqué aux respire printemps ou jeunesse, a le don (
autres parties du pays. voir et de captiver.
Orater puissant, réunissant tous les dons de C'est cette pensée qui me venait, ce n
l'éloquence, doué d'une pensée élevée, d'une l'esprit en ouvrant le premier recueil d
inspiration toute de feu, d'une voix sympathique, littérature — le Répertoire National,
d'une parole vive et colorée, d'un geste savam- humble et imparfait que soit ce recueil,
ment étudié, ses discours rassemblaient autour échappe une fraîcheur de jeunesse, urx
de la chaire de Notre-Dame de Québec, l'élite de printemps, de fleurs à demi-écloses-
de la société canadienne. Les conférences qu'il des champs, fleurs des bois, si tous le vo
apréchéesen 1848-49, et que venait entendre pâles et parfois étiolées, mais dont la v
la ville entière, sont restées dans les souvenirs du bien a l'âme, parce qu'elle fait naître
comme un événement. Publiées en 1850, ces rance. Ces fleurs hâtives annoncent la
spécial*
L'abbé Holmes a été le génie inspirateur de épigraphe, et les écrits sans défaut sont
la plupart des hommes qui appartiennent au à naître. " Cependant ce recueil aura h
groupe de 1850. du prix aux yeux des lecteurs canadiens,
Enfin l'abbé Holmes a terminé sa carrière qu'il renferme les premiers essais de ce
par la plus belle œuvre de sa vie : c'est lui qui, ont été les créateurs de notre littérature,
par .ces lettres éloquentes et persuasives écrites la pensée flottante, vaguement ébauché*
a ses collègues, du fond de sa cellule de l'An- peuple qui se replie, pour la première foi
cienne-Lorette où ses infirmités le tenaient ren- lui-même.
fermé, décida la fondation de l'Université L'enfant qui, au sortir du berceau, ï
I^vaL *.,.,, quelques paroles, entre un sourire et une
Par son influence et par ses écrits, Y abbé a des grâces naïves qu'en vain on lui chf
Holmes a donc droit de prendre place parmi la pi^ tard. Le peuple tout jeune qui nui
pléiade littéraire de 1850. chante, qui pense dans le RépertmrtM
Qu'on ne s'attende pas d'y trouver de grands au * s 008 . f* e sa/oix qu il entend revei
éloges: le répertoire de la louange est épuisé, échos voisins. Il y a, dans les parafa» q
La critique occupera la plus large part: mais **nt *f fles levre8 > ^ ton d wejménea.
elle sera toujours impartiale: bienveillante sans aimable gaucheriei dans ses express»
flatterie, ferme sans passion, et sérieuse dans la naïvetés d'enthousiasme; dans son clu
mesure de nos forces; éclats de voix qui font sourire, mais ai
Au reste, le lecteur sera toujours en demeure . 1X , , ....
de juper par lui-même. Aucune opinion ne sera m °? •>»• <*!** ****** à* jmtoiotum
hasardée sans preuve ; l'éloge, comme la criti- fi <*f e de sentiment, cette dignité na
que, sera appuyé de citation. mais, au-dessus de tout cela, on aime *
c- i ' i i . i î ** * mn* cette foi chrétienne, cette moralité
Si, maigre les obstacles qui nous rendent tout . ^ de iKn ^L MÊ et de toute
travail intellectuel singulièrement long et pem- tf * ^ RiptrUÀre jfatHnud est un <
ble, nous parvenons a mener a bonne fin cette lectureg ^^ ^ Joigne ha^
entreprise, nous aurons lieu d'espérer avoir ^ocipeaetdel'honoenr de iota peapl<
rempli une tache sinon agréable pour nous, du *^ , r . „ . . . . . . * ,.*,.
moins consciencieuse et jitile au public, , c ™ me à V **W» ***"*? £ hi "
* la poésie occupe une large) part dam ee
CRITIQUE LITTÉRAIRE
idmire et chante, avant de raisonner
»8 noms de poètes qui figurent dans le î National, se trouve le nom de M.
dont nous voulons aujourd'hui ètunt. C'est aussi par ses poésies que 9 commencer l'analyse et la critique ta.
ement, il ne faut pas être sévère pour ères pièces de vers : l'auteur s'igno- ) lui-même. Mentionnons seulement ction. les Adieux à Sir John Coli' Union des Canadas, pour indiquer acement de cette dernière pièce, qui isement a le tort de ne pas se soutenir.
e par quelques vers remarquables :
• des banquiers ! Demain sera notre heure.
[Voppression, demain la liberté; l l'on fustige un peuple entier qui pleure, i voit debout tout un peuple ameuté ; l le forfait, et demain la vengeance; i c'est de l'or, et demain c'est du fer; i le pouvoir, et demain l'impuissance ; i c'est l'orgie, et demain c'est Venfer.
st pas à vous, il est à Dieu qui veille, me toujours son brillant lendemain ss nations qu'on maltraitait la veille.
end une cause etc.
le la pièce manque d'inspiration. Elle jpendant d'arriver à des chûtes aussi que les précédentes qui ne résistent ntique.
t des vers tels que ceux-ci :
m fiers la fureur désarmée,
die plus les crimes qu'ils ont faits ?
i, bien loin; ce qtiefut ta clémence,
il que trop, et tes lâches amis,
g des vaincus par toi furent nourris,
duisant bénissent ta démence.
iple, vois-tu, ne s'émeut plus de rien,
qu'on lui fait, que ce soit mal ou bien,
i môme état, le laisse triste et sombre,
nuls méchants, il ue sait pins le nombre,
ent sur lui comme uu glaive acéré,
f, Vont toits froidement lacéré.
naît, voilà, sans qu'un krog cri de joie, ma les airs, etc.
Som, voilà, comment t* peux partir,
au cachot sans forme de justiee, vouloir eateudre et j**s motif aucun,
qui -Btaridtttft pas4e talent 4e leur flaffe- }
En vain prétend ras- tu qu'un effroi salutaire Résulte de ces faits et seul sauve l'état.
Et s'il est des méchants, s'il en est que Von ose Envoyer devant Dieu chercher leurs châtiments : Ceux qui passent la vie à forger des tourments Pour des hommes par eux contraints à la révolte ;
Du bourreau qui criait : J'ai soif, donnez du sang Ou de l'épouse en pleurs, qui pour sauver le père Du fruit qu'elle portait dans son malheureux-flanc, Embrassait tes genoux sur le point cPêtre mère; Qui des deux méritait un dédaigueux refus!
Pourtant, (et sans frémir, on dit que tu h pus,) etc.
Hâtons- none d'arriver aux Joies Naïves, la plus jolie des sept on huit pièces de vers, auxquelles M. Chauveau ait attaché son nom. Elle a été trop souvent citée pour qu'il soit nécessaire de la reproduire.
Détachons-en seulement une des meilleures strophes :
Oh ! qn'on glisserait bien sur tous ces beaux nuages, Qui, l'hiver, sont si blancs ! Je les crois des rivagesx De neige épaisse et dure, et de brillants glaçons Que chez lui, dans le ciel, le bon Dieu nous fait faire, Pour y laisser jouer les bous petits garçons. Tu dis que pour marcher le Seigneur nous éclaire, Et que nous irons là, si nous faisous le bien : Oh ! qu'on glissera bien !
A part quelques rimes insuffisantes, telles que celles-ei : .
Où l'on n'avait jamais de bois ponr se chauffer, Ni rien pour se couvrir, ni de pain pour manger.
et quelques hémistiches faibles, comme les suivantes :
Que Von croirait qu'un ange épand de la farine Pour donner des gâteaux à nous petits enfants M puis, maman, j'en fais des bouhommes tout blancs ; Et j'élève des forts, etc.
il y a peu de fautes à relever dans les Joies Naïve*. C'est une fraîche composition qui exprime une pensée enfantine, en vers simples et naturels, avec des sentiments délicats et touchants.
Dans la poésie de Donnacona, qui fut publiée d'abord dans les Soirées Canadiennes, M.
Chauveau n'a pas été heureux. La délicatesse de la langue française ne se plie pas à certaines oonsonnances barbares. Elle rejette des strophes comme celles-ci :
Cependant il avait la menace à la bonehe, Il «e tournait fiévreux sur «a brûlante-couche Lert&m**nm*l
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.eil, péniblement éclow», la f abdiqua data,
incoo» ramène au pays dea anoêtrea, tsgafa. lasaé da Bénir d'autiea maltrea, A-utà Taigvrvipà.
Bdpïu : AphOK** !
En rénumë, nous croyons que M. Chauveau wm. ~* sa. pM méconnu Bon talent en K livrant de préfa ËJ f «nce à 1a proue. Il aurait pu devenir, avec 1 *n= **m pa et l'étude, un versificateur ingénieux,
Jfati ion Kiitro. •■■ nainant, w l'a pai /ait poète.
T>u iiifiîni, K'» quelques poésies qu'il a pu- "» .» 1 i **M, ni- révèlent pu le génie inspirateur, le -arw.*sn* divini'tr d'Horace, eu souffle poétique qui *irtl«»«mir les c'iiiich, d'uù jaillit la véritable
'I ont* foi a Ira heures, nue H. Chauveau a conm-%*u*irt»+ au* muscs ont été loin d'être inutiles: «• I 1«h ont aiTvi n donner île l'élévation à ses pen- 0.-.é-.*~\ d>. l'élégance & non style, et à aa phrase la «vts (iJrili'KRi: lit le nombre qu'elle a acquis plus f.Mr'l.
M. illtjiuvi-un n'avait pas trouvé cette forme *I«*tiirurivi- d<- H i [.rii.ée, lorsqu'il a composé afJht»rit* tiuirin. Ce roman est l'œuvre de aa ■ «•iiiii-KWj i-i k.,ii (jonp d'essai en prose. Il n'est ■ i '•>■': t*ii étonnant d'y rencontrer les traces d'ii,nt\Âr,v.M:,: ,ji„ ; ,,„„,, avons relevées dans aea
«NJitirrntrnrdann l'analyse de ce livre, oui il'nUiH, qu'il continue bien les tra- '■■ mit™ littérature. Au point de vue rali- i-l di.« principe*, il est digne de «mm du tUjiKTCnre National.
>t ri h driubi, qui, dans ce siècle, s'élève »■■■. |i'uiitn i|n l'horizon, et dessèche toute '■ii nn, Hi-ur. n'a point soufflé sur cette l'un m ii xi A voir que chaque conviction " y wl r.-atée deliout.
nt li-n écrivain* de ce pays toujours ■ i.'i'ii •:"! U-.rHufn de iioa ancêtres, et ne n'iiqinr li-ur plume que dans lea eaux lu vaille.
nr île HhiirUn Guirin a été heureux ■lu»* iln non sujet. Il a su reconnaître i la iiiNuinr* qui lui convenait.
" ail ''aiw'.liarli-afluérin lui drame terri
tt J ii*" t *'* nl » seront bien compléterai
"«**ffj«f,tfiiéii, C'est simplement l'auto
1 d'une famille canadienne comtemporaine i
■l'auteur e'est ' efforcé d'écrire Cerf
' peine s'il y a une intrigue d'amour dans 1' 1 vrage : pour bien dea gens, un prétexte p 1 quelques peintures de mœurs "
Les scènes de vie paisible et douce, les étu de mœurs, les tableaux de genre, étaient, effet, plus conformes à la nature de son tu
Sie les grands effets dramatiques, les coupa éâtre, Tes déploiements énergiques. Si Ctm Guirin avait été publié par l'auteur al'spxj de la maturité de bod talent, il aurait pu de nir une bonne peinture de la vie et du canuti da notre peuple.
Nous croyons rencontrer la pensée de Pi teur aussi bien que le sentiment publisj disant que c'est une composition un peu on Il a manqué à l'auteur des études M des obi valions préalables.
Le lecteur va constater par lui-même I deux défauts Baillante du roman de fitari Guirin: je veux dire les faiblesses destyl* de couleur locale. Afin de laisser i l'ounsj toute aa valeur et mieux faire ressortir les qi lités à côté dea défauts, noua choisirons pu ternie de critique les deux chapitres du lim g sont regardée à bon droit comme les nia touchés: Un coup de Nord- Bit, et, fa M Carême. Le premier chapitre nous aeni comme étude de style, le second comme eau de mœurs et de couleur locale- La description du vent de nord-est qui on le troisième chapitre de Charla Guéri», « excellente de vérité, mais très-faible de strl On voit que, dès s.
rapports intimes t roi du Saint-Laurent:
i enfance, l'auteur a été < -ec notre vent du golfe, <
t pas encore initié ssxi ie cette description, il s'y i de dix phrases qui commsnoe par ' tandis que le même pronom refera i treize endroits différents. L'habitml uruit fait disparaître facilement cet Au reste, la page de Cauri Guirin est soua lea yeux du lecteur.
" Cest pour le district de Québec un vérital "fléau que le vent du nord-est. Cettluiq " pendant des semaines entières, promène d*i " bout à l'autre du pays les brames du goll " C'est lui qui au milieu des journées les pi " chaudes et les plus eèches de l'été, vous i " veloppe d'un linceul humide et froid, et dépc 11 dans chaque poitrine le germe des calant " etdelapulmonie. C'est lui qui interrompt p " des pluies de neuf ou dix jours, tous le t " vaux de l'agriculture, toutes lea promenai " des touristes, toutes les jouissances de la ' " champêtre. Cet lui qui, durant l'hiver, al " lève CU formidables tempêtes de neige qui " terrompent toutes lea co mm u ni ca tio ns et 1
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,chaquehabitantdans6a demeure. C'est nfin, qui chaque automne préside à ces » bourrasques, causes lie tant de nauj ef de désolations, à rfs ouragans répétés >longésqui à cette saison rendent si danses la navigation du golfe et du fleuve
b qu'il commence à souffler, tout ce qui, le paysage, était gai, brillant, animé, té, gazouillant, devient terne, froid, e, silencieux, renfrogné. Un ennui, un fit! décourageant pénètre tout ce qui touche- et vous environne. Uienlôt des es légères, aux formes fantastiques, rasent ■ndissant, la surface du Meuve. Ce n'est 'avant garde de bataillons beaucoup plus dables, qui ne tardent pas à paraître.
■ vous chercheriez en vain un rayon du , un petit coin de ce beau ciel bleu, si de, qui vous plaisait tant. 'Sur un tond nagea d'un gris sale, passent rapides 1e des Hèclies, ces mêmes brunies, qui eeéJent avec une émulation, une opiniâdésolante. Un dirait tantôt la blanche a du canon, tantôt la (uniée noire d'un.
*-à-vapeur. Tantôt elles dansent comme :es capricieuses, aux vêtements d'écume, i «rête des vagues, tantôt elles passent l'air d'un vola* "
x de proie. Quelquefois leur lent se ralentir, irilcs paraissent ireîj^es- déjà vou* croyez entre' ues endroits une lumière viv^, comme du soleil, vous apercevez même à la dégne^t/Êc/tosede bleuâtre qui ressemble muaient, vous vous dites que les brumes ÎMni, que vous allez bientôt en voir la roue vous trompez, elles passeront tou- . Le golfe en contient un inépuisable ïoir."
* journée maussade, quelquefois deux nient ainsi. Puis vient une pluie froide b qui va toujours en augmentant, jusce qu'elle se transforme en véritable it, poussée qu'elle est par uu veut iiu- ;ux. Tout le jour et toute la nuit, et nt plusieurs jours et plusieurs nuits, ce qu'une même orage, uniforme, continu, vérant. Pendant tout ce temps la pluie î comme dans les plus grandes averses, eur du vent se maintient à l'égal des ous les plus terribles. Il semble que le Ire est devenu permanent, que le calme urra jamais se rétablir. Cependant ceUi ; mais alors recommence l'ennuyeuse pluie froide, plus désagréable et plus une que tout le reste. Enfin, un bon Bur le soir, éclate une épouvantable Ite: ce n'est plus le vent du nord-est tous les enfants d'Eole sont conviés à fête assourdiosanle. C'est ce que l'on
ST
"nomme le coup du revers: Cela termine et " Complète la ntuoaîne de inauvais temps,..."
Inutile d'insister davantage sur le style: s'il n'est pas sans mérite, il n'est pas sans défaut.
Passons a l'appréciation de la couleur lo-
' Le chapitre intitulé : La Mi-Carême com-
gronpe d'habitants de la campagne.
" Ecoutez donc, vous autres, eavez-vous que j'avons un grand personnage dans la paroisse?
" — Quoi, c'te p'tite jeunesse que Jacques Lebrun a amenée de la ville!
" — Justement, on dit qu'il vas'iuarier avec Harichette.
" — Pas si bête, Lebrun! d'aller comme ça chercher un mari a sa fille
" — Qu'est-ce q»i saitc'que c'est que c'te trouvaille que son père a été faire en ville ?
" — Après tout, c'est p't'étr' ben rien d'bon.
" — Queuqn' p'tit comrnichon!
" — Queuqn' sauteu d'escalier- I
"—Queuqu' polisson!
"— L'fils de qiieiiqir I ■ an que-nu tier anglais 1
' — Queuqu' restant de la ville.
" — Queuqu' mauvais sujet dont les parents n'saveut qu'en laire!
•' — Queuqu' rien qui vaille!
" — J'allons voir ça tantôt.
" — Vous les avez invités père Morelle, n'estce pas î
'■—C'est bien sûr. Faut-il pas avoir toute sorte de inonde pour s'amuser comme il faut î * "—C'est ça. S'ils pensent faire îles gestes, par exemple, je promets ben que j'ieu-z-eit f ron rabattre un peu.
"—Soyez tranquille voua aut', je les mettrai à leur place.
"—Et moé aussi !
"—Epi moéitoutl
"—Epi inoé d'mêmel "
Le lecteur se demande si ce dialogue n'est pas une Charge contre le langage de nos habitants î Le peuple canadien a le droit d'être fier de sa langue. Nulle part, en France, elle n'est mieux parlée par le peuple des campagnes. L'auteur de cette critique a eu l'occasion d'eu faire l'observation personnelle. Il a parcouru ta France dans toutes les directions, du nord an tnidi, de l'est à l'ouest. Il a observé le paysan français; il a conversé avec lui, et il est revenu avec la conviction que, sous le rapport de la langne, le Canada peut soutenir avantageusement la cornparaisou avec les paysans des provinces où le français est parlé le plus correctement. Notre classe instruite est, à cet égard, inférieure à otre peuple.
Si M. (Jhauveau avait vécu sous le toit de habitant de nos campagnes, il n'aurait pas mis ur ses lèvres le dialogue qui vient d'être cité. I aurait appris que sa conversation. loin d'être riviale, est habituellement digne, correcte, avec
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«un arône d'originalité qu'une demi-instruction fait tn»p souvent perdre.
Veir-jn des modèles du genre? qu'on lise les couvir-ationa du père Michel, dans les Forestiers it Yoyageurs de M. Taché; celle de Jo-é Dubé, dans Jes Anciens Canadiens. Le dialogue du père Romain Choiiinard avec M.
d-j G;i>j«. dan.- 1*?» Mémoires de ce dernier, e>t un chef-d'œuvre de vérité.
Le défaut qui vient d'être indiqué dans les dialogue* que M. Chauveau prèle à nos habitants si- rencontre natuieilpmeut dans les scènes de nniMirs d<* Charles Guérin. L'auteur a bien une c nmais^ame générale «le* habitudes de la campagne ; mais cette connaissance manque de précis-un. On s' aperçoit qu'il l'a acqui.-e par o»:ï-dire. a non pas dt visu. Il n'a pas habiiiic-l'îeiiieiit. comme M. de Ga-pé, comme M. Taché, serré la main calleuse du peuple, partagé son modeste repas, causé avec lui. Il n>ntend pa* résonner à son oreille l'expression populaire. En un mot, il n'a pas vécu avec notre peuple.
Pour suppléer à cette lacune, il lui a fallu inventer : il a chargé ses couleurs ; mais il n'a pas toujours touché juste. Citons, comme preuve, un dernier passage du chapîire de La Mi-Carême :
" Les deux salles, celle où se donnait le repas, 4t et celle où te faisait la tire, prirent bientôt " l'aspect le plus gai et le plus animé. Dans *' l ? une, c'était le choc joyeux des verres «et as- 11 nettes, les bons mots, les saillies heureuses, " les bonnes vieilles histoires et les lionnes vieil- " les chansons du bon vieux temps. Dans l'au- " tre, c'était les éclats de rire des jeunes gar- "çonsetdes jeunes filles qui, tout barbouillés " de mêlasse, se poursuivaient et s'agaçaient " avec les longues jWa**?* de tire, semblables à " des échevaux de fil d'or et d'argent. On se ■ " poussait, on se pinçait, on se jetait de la neige, 41 qu'on allait chercher dehors, on se faisait des " niclies de toute espèce, on se donnait des " chiquenaudes et des coups à rompre bras et " jambes; et plus on s'aimait, plus on se mal- " traitait ; car c'eut ainsi que l'on comprend " l'amour dans nos compagnes."
La lecture de pareilles scènes ne donnerait pas, croyons-nous, une idée flatteuse des habitude* de nos Canadiens. Ils ont cependant raison d'être fiers de leurs mœurs, autant que dfc leur langue.
J/urlriiriité, la politesse de leurs manières ^/f;t d*r venues proverbiales : et leur morale ne **raii pas ausfci pure, si la réserve et la mo~ «Jttdie chrétienne ne régnaient j>as dans leurs réunion*,
\)é> vjuUtn ces critiques, faut-il conclure que le
r'/fuiiii de Charles Guérin soit sans mérite lit-
iértir* t Noum oe Je pensons pas. Il contient
un bon nombre de jolies pages que de retouches rendraient irréprochables.
En résumé, si l'on nous demandai gement définitif sur Charles Guèrii rions que c'est 11112 ébauche, une éti vée de mœurs canadiennes.
Il nous reste à examiner mainU variété d'articles que M. Chauveau long de sa carrière publique. Dé manière est trouvée : le style a la foi pression qu'il gardera. Il est pur, gant sans recherche, ample sans en se prête ton jours avec soup'esse à »
tude de 8iij ts divers qui viennent se la plume du journaliste. La fibre toujours été sensible chez l'auteur; c facilement, et lui a souvent inspiré éloquentes qui seront ses titres en lût
Parmi les plus remarquables, on l'éloge funèbre de M. Garneau, do raison est touchante.
11 Le nom de François-Xavier Gan " lèbre partout où le Canada lui i( connu : il est inséparable de la rei u notre pays: il eût donc été bien ] " celui qui a élevé à notre patrie le " des monuments, n'eût pas lui-même " tu m ul aire sur le sol dont, poëU " chanté les beautés, historien, " héros.
" Poète, voyageur, historien, Fxan{ " Garneau a été, en même temps, t " d'initiative, de courage, d'héroïqn " rance, d'indomptable volonté, de dé " ment et de sacrifice. Une idée ûxe, " que cela, une grande mission à rem; " emparée de tout son être ; il lui a to i( cœur, intelligence, repos, fortune) j " grande tâche, son œuvre, un non " tional à élever, à compléter, àrefc " embellir une fois qu'il fut terminé', * " yeux toute sa vie.
•' Ici vos restes mortels reposeront t " pierre tumulaire. sur ce champ de b " vous avez célébré, non loin de cet " nument que vous avez eu la joie dei " à nos héros, au milieu de cette grau "que vous avez si bien appréciée. ( " pins qui vous entourent conserveroi " honneur leur sombre verdure, et V " d'hiver, sujet d'une de vos poésies, " y gazouiller sur votre tombe. C« " errantes de notre ciel boréal, que " aussi chantées, se réuniront au-dessi " en couronnes aux milles couleurs.
" des héros qui vous entourent, ire " peut-être auprès des vôtres, les d " digènes dont vous avez produit la pi " ront autour de cette enceinte j vous
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tre ces bruits étranges, et vous direz 5 comme en vos vers harmonieux :
rfide illusion, au pied de la colline, C'est l'acier du faucheur 1
te foule religieusement ému va s'écouler ; nce va se faire en ce* lieux; la nuit va idre ; mais à votre égard le silence et la e se feront jamais dans nos âmes ! "
eu, encore une fois, adieu ! "
hauveau a rédigé le journal de l'Ins-
Publique depuis sa fondation jusqu'en Ses revues mensuelles forment un bon de l'histoire de ces onze années. Elles rites avec le calme et la sobriété de n parvenu aux limites de sont talent.
attentif de la critique n'y découvre préoccupation parfois exagérée des transiur lier ensemble des événements et des qui ne se tiennent pas. Cet art ingé- ►oussé trop loin, dégénère en mignardise, ►erdre à la pensée une partie de sa vi- , de sa concison.
, pour conclure cette critique que nous tite aussi franche que bienveillante, ayant
avant tout, l'utilité, nous dirons à M.
au qu'il se doit à lui-même et à la litté- 1e réunir en volumes un choix des pages lemées un peu partout depuis vingt ans.
>nt la meilleure part et l'âme de sa carîblique; elles résument la pensée de sa ais, dispersées dans les journaux et dans ies périodiques, elles ne sont pas d'un ,cile, et courent risque de ss perdre, es, d'ailleurs, au lendemain des événe* elles ont besoin d'être retouchées à loir en retrancher ce qui n'a plus d'actuadifier ce qui manque d'à propos j en un )ur recevoir leur forme détinitive.
M. Chauveau imite, sur notre petite
les modèles européens, les homme poliui ont été, en même temps, des hommes ées, commeM.Guizot, en France, comme aëti, en Angleterre. Ces hommes émint compris que l'histoire de leur action société, écrite par eux-mêmes, était le ent le plus durable de leur vie.
sait quel oubli profond succède à la pinces réputations politiques qui font tant ; lors de leur passage. Celles qui n'ont appui que les passions du moment, dis- ;nt avec elles. Le matin, elles surgisflot popu laite, et, le soir, elles sont encans retour. Ces hommes qui, la veille,
conduisaient le char de l'état, qui se faisaient suivre par un peuple de courtisans avides de faveurs, qui, sur leur passage, écrasaient tout de leur insolente nullité, sont perdus dans la foule, le lendemain de leur chute ; et l'histoire ne mentionne pas même leurs noms.
Quel nombre on en peut compter dans notre pays, seulement depuis un quart de siècle ! Pendant qu'ils passaient fiers et triomphants sur la voie publique, comme ils toisaient de haut cet homme modeste et pauvre qui cheminait dans la foule, le front penché, l'œil pensif. Et si, par hasard, le nom de cet homme montait jusqu'à leurs oreilles, ils haussaient les épaules de pitié, et laissaient tomber, avec dédain, de leurs lèvres, les épithètes de rêveur, de songecreux, de poète inutile. Et pourtant cet homme qui ne se penchait pas pour ramasser leurs faveurs, allait assister à leurs funérailles: cet homme c'était leur juge, c'était lenr maître; car il s' appelait : l'historien ; il avait nom, si vous le voulez : Garneau. Comme ce nom en a déjà enseveli de ces réputations retentissantes ! comme il en ensevelira encore de ces renommées d'un jourl Ahl c'est qu'une page de son histoire est plus utile à la patrie que toutes les stériles agitations de ces meneurs publics.
M. Chauveau a bien eu raison de sucrier dans l'éloge funèbre de M. Garneau:
" Nous pleurons la mort des grands hommes, " mais pour eux plus que pour les autres, n'est-
" il pas bon que cette pauvre vie finisse
" un jour? Car ce jour-là commence la grande " réparation !
"Leur gloire s'élève et va toujours gran- " dissant comme ces merveilleux édifices que le " voyageur voit s'élever et grandir au-dessus " des villes en les quittant et en perdant de vue " tout ce qui les entoure.
" Les générations nouvelles apprennent leurs " noms, et les redisent avec amour, et de tout " le fracas, de toutes les ambitions, et les pré- " tentions, et les intrigues d'une société, tout " ce qui reste, ce sont quelques modestes et " sereines réputations aussi dédaignées pendant " la vie que belles après la mort! ,,
Que M. Chauveau se souvienne de ces paroles. Qu'il n'oublie pas que la part la plus précieuse de sa vie, est sa pensée, et que, pour compléter le bien qu'il a voulu faire, il doit la; léguer à l'avenir.
Québec, 20 avril 1872.
L'ANCIEN REGIME AU CANAI
Les travaux historiques sur le Canada que M.
Parkman poursuit depuis quelques années sont suivies avec un intérêt toujours croissant par nos compatriotes. Accoutumés depuis longtemps à voir la plupart des écrivains d'origine étrangère D'aborder notre histoire que pour Ta travestir, et ne chercher qu'à avilir notre race en répétant des assertions fausses et calomnieuses, nous avons salué avec joie cet auteur américain, dont les écrits attestaient des recherches consciencieuses, et dont les appréciations, toujours étudiées, étaient souvent impartiales. Ce n'est pas encore toute la justice que nous sommes en droit d'attendre; mais c'est un acheminement vers l'entière vérité. Narrateur habile, M.
Parkman a su faire admirer et aimer notre histoire : c'est une conquête qui-en assure d'autres.
Après avoir écrit l'histoire de la fondation du Canada dans un premier volume intitulé: Les pionniers français dans le Nouveau- Monde, il a fait connaître, à son point de vue, l'œuvre des missions catholiques dans la Nouvelle-France sous le titre des Jésuites dans l'Amérique du Nord. H a raconté ensuite les voyages et les aventures de nos grands* découvreurs dans un troisième volume qui a pour titre : La découverte du Grand-Ouest. La vie et les portraits de JoMet, du père Marquette, et de la Salle, y .sont tracés de main de maître.
La suite des événements amenait naturellement l'auteur à raconter l'histoire de l'établissement du système féodal au Canada, et nous savions qu'il recueillait, depuis assez longtemps, des matériaux pour cette nouvelle étude. Elle a paru, il y a quelques mois, sous le titre de Y Ancien Régime au Canada. Cet ouvrage répondil à l'attente qu'il a fait naître? C'est ce que nous allons examiner.
Le système suivi par la France dans la création et le développement de sa colonie offre un caractère original et unique en son genre dans l'histoire de l'Amérique du Nord. Il contrase d'une manière frappante avec le régime auquel furent soumises les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Là fut appliqué, dès l'origine, le système de concessions territoriales en franc aleu qui a prévalu dans toute l'étendue de ce conti-
1 Thb old Rhoimb in Canada, by Francis Parkman, Boston: JLittle, Brown aud Company, 1874, 1 vol. in 8, 448 pages.
nent. La Oîrande Bretagne, assez peu* de sa col unie, lui laissa toujours une liberté d'action. Les colons nommait mêmes leurs gouverneurs et géraient ) faires publiques presque sans contrôle, premiers temps de sa fondation, la H Angleterre posa les bases du gouverne] mocratique qui régit aujourd'hui lesEta
La France suivit au Canada une politi opposée à celle de la Grande-Bretagn monarques français adoptèrent, avec < modifications, les traditions féodales répartition des terres nouvelles. Elle partagées en circonscriptions plusoumo sidérables, et concédées aux principa grants, à titre de fiefs ou seigneuries. La des seigneurs appartenaient à des famille ou influentes. Ils étaient tenus d'habi seigneurie, de défricher une certaine été leur terrain, de construire leur manoii moulin pour les besoins des censitaires a ils concédaient (h^ terres moyennant q redevances, en général, peu onéreuses. 3 se défrichait peu à peu ; les habitants ] paient autour du domaine du nouveau ] taire qui avait intérêt à les attirer et à téger pour augmenter la valeur de easeij Quelques missionnaires venaient les vis* principales époques de l'année, pour eol dans leur cœur les principes de foi et de] chrétienne. Plus tard, une chapelle étai truite; puis une église. Enfin un curé* résider, et la paroisse canadienne était Le nouveau village était ordinairement* d'une palissade pour le défendre cootwJ cursions des Iroquois, si fréquente* I époque. A la première apparition de Fea la cloche de l'église donnait l'alarme aax tants dispersés dans les champs, h* *!l qui était presque toujours un ancien mihtf mettait à leur tête; tandis que le prêtre ï parait au combat. x
L'existence du colon gravitait autour « glise et du manoir seigneurial qui se pfl un mutuel appui. Le prêtre était, aaxji peuple, l'expression de la volonté de PEg le Seigneur, l'expression de la volonté de Les trois ordres de la société, ainsi repd et fortement unis par les liens du patrioti de la religion, avaient une action commt triplait leur énergie. Cette organisation q
1 On trouve encore aujourd'hui dans le long poupte quelque souvenir de ces teuips reculé* on emploio souvent le mot fort pour signifier Aller au fort, revenir du fort.
L'ANCIEN RÉGIME AU CANADA
it aux désastres de la conquête, fut la sauvee de noire nationalité. 1 l'on veut trouver les défauts de notre anrégime colonial il faut aller les chercher une sphère plus élevée, dans l'action ledu gouvernement. Le système adminisfêtait trop compliqué pour les besoins de la ilation qui fut toujours très-faible sous le e de la domination française, et qui était Itninée sur une immense étendue de territ L'autorité était divisée en un trop grand fan de mains, et se paralysait souvent ellele au lieu de gouverner. Il en résultait des iU qui se prolongeaient et s'aggravaient par de î'éloignement où l'on était de la France, a difficultés qu'il y avait de recourir à l'aui royale. Ces luttes intestines qui renaiot sans cesse, entravaient lea progrès déjà lieation. Il faut joindre à ces causes de rde, les habitude? prétentieuses de l'aristoî a et les inclination h processives et tracasa de la race celtique, et particulièrement de ce normande. Si l'on ajoute à cela J'inîance du Cabinet de Versailles, on aura la te tous nos malheurs, et l'explication de la irréparable que la France a laite de sa mdèrance dans l'Amérique du nord.
y a toutefois bien loin entre ces conclusions :les que tire H. Parkuian dans son livre sur
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