‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 189 sur 196 · DANS LE FLEUVE SÀINT-LAURENT · texte numérisé non relu

DANS LE FLEUVE SÀINT-LAURENT

niMtci u brait, o

t ŒSTORIQUE — 1KEFBS ET Î^HMOIIIN — PRÉPARATION DE SE!

FOUILLES HUILES El CUIRS.

t tin spectacle aussi curieux qu'intéresj, et tout particulier à notre rlpiive et à ses 1 c'est la vue des troupeaux de maria qui viennent respirer et se jouer à ta surde l'eau. Durant les beaux jours, lorsque M Ht calme, et qu'ils ne sont effrayés par *■ " '* " les voit nager autour des embari entend distinctement le sourd Bot de leur respiration.

. . liante blancheur de leur peau contraste O ta vert sombre des flots, et les fait paraître « dei glaçons couverts de neige. Quand û| montrent, on voit d'abord leur tête ronde, ■ma jet d'eau qu'ils lanceut de leur soufflet «louée pieds en l'air, et successivement leur pet leur dos. Quelquefois on aperçoit la fe- ■L portant son petit sur sa queue; celui-ci, leatd'un gris bleu, semble se tenir fermement Moht, comme s'il faisait le vide entre lui et sa ire. Lorsque celle-ci a deux petits, ou les ■t appuyée de chaque côté de ses nageoires.

i reste, ils paraissent avoir la faculté d'adhér solidement sur toutes les parties de leur ère. On observe seulement que, pendant ,'elle 1m allaite, elle se penche d'un côté en grut. Son lait est abondant et épais, il res- Hble assec à celui de la vache, auquel serait ■U vu «ta» forte dose de carbonate de soude ; JâU donne une saveur alcaline.

Su n'est étrange et singulier comme d'en- «bVS) durant le silence de la nuit, leurs puis- ■t» soupirs qui s'élèvent à chaque instant de «les points de l'horizon.

Le marsouin n'appartient pas au genre des «sons. C'est un mammifère de ta famille des ■Bran, et de l'espèce des dauphins, que les toraliitea désignent sous le nom de marsouins Uoeps, ou a tête, arrondie. Comme le dauio, il a deux nageoires; et la queue posée Mentalement. Il ne se rencontre, paraît-il, s dans les parages du Saint-Laurent et de Bais d'Eudson. Sa longueur varie de quinze vingt pieds. On eu a capturé quelques-uns i mesuraient jusqu'à vingt-cinq pieds. Son

oreille est presque imperceptible. C'est une légère cavité qui n'est guère plus grosse qu'une tête d'épingle : cependant il a l'ouïe extrêmement délicate, et le moindre bruit l'effraie.

On croit que les marsouins vivent très-vieux. Du moine, si l'on observe les dents de ceux qui paraissent les plus âgés, tin constate qu'elles sont extrêmement usées, quoique leur émail soit très-dur, et que la nourriture ordinaire du mar-

ia capture de ce superbe cétacé dut tenter l'avidité des anciens habitants de la Nouvelle- France. Aussi voit-on que la pêche du marsouin a commencé à être faite des la fin du ITe siècle. Ce fut le hasard qui fit découvrir aux colons que le marsouin pouvait se prendre dans les tentures de pêche. Les premiers que l'on prit furent trouvés dans des pêches aux harengs, où ils étaient entrés en poursuivant le petit poisson. II 7 a une trentaine d'années, quelques-uns ont encore été capturés de la sorte à la Riviére-Ouelle.

C'est à la pointe formée par cette rivière et par le fleuve Saint-Laurent que furent tendues les ■ premières pêches aux marsouins.

Dans les dernières années du ITe siècle, (entra 1680 et 1699) M. de Vitry, membre du conseil Souverain à Québec, obtint de Louis XIV l'autorisation de construire une pêche à la Rivière Quelle. Il fit, en outre, au roi la demande de deux milles livres de fil à morue, et de la même quantité decordage de un et deux pouces. Après obtenu ce premier don, il demanda et obne somme de cinq cents livres. L'année les mêmes gratifications furent faites de Vi tr y ; mais il parait que son entreprise ne réussit pas.

'Tne nouvelle tentative fut faite en 1705, et fat ronnêe de succès. Depuis cette époque, ou jamais cessé de tendre la pêche aux marins de la Rivière Ouelle : cette entreprise avant toujours été fort lucrative.

La première concession de la pêche aux maruins fut faite, le vingt juillet 1707, à six habitants de la Rivière- Ouelle par l'intendant Baudot. Voici le texte de cette concession:

"Jean Delavoye, Etienne Bouchard, Fier»

in

LA PÊCHE AUX MARSOUINS

" Soucy, Jacques Gagnon, Pierre Bouclier et 11 François Gauvin noua ayant exposé <m' étant 11 habitant* de la Ikmtheillerie, sur la Kiviére- *' Ouclle, proche voisins le» un» des autre*, 11 qu'ils hc neraient unin ensemble pour faire la ! 11 pèche du mur mm in dam* la devanture de leurs 11 lerrcH à la pointe de la dite Kiviére-Ouelle qui 41 eni un endroit trè«-propre pour faire la dite 11 pèche, laquelle même ils ont commencé de- 41 ptiia deux ans, et ce nuivant le droit de pèche 14 qu'ils ont par leur contrat de conce^pion, et " comme quoy qu'ils usent de leur droit, ils *' pourraient être troublés dans l'exercice de 44 la dite pèche, ils nous demandent qu'il nous •' plaide le* autoriser pour continuer la dite en- 41 trtprige. Le Sieur de Itatahébert, seigneur de 44 la dite Terre de la Koutheillerie, entendu, qui " nous a dît que par leur contrat de concession le die droit de pèche leur avait été acconlé et

tiers dans la seigneurie, que les propr!

la pèche lui abandonnèrent le privilc iéme des huiles dont les seigneurs w qu'à nos jours.

Il existe, parmi les papiers de la ' ordonnance du trop fameux intend pour réprimer certains abus, et dot dépositions assez singulières mérit connues :

" Sur les représentations qui w " faites par les seigneurs de la Biv " que le* habitants de la ditecostevo i{ coups de fusils sur une pointe à L " établi nne pèche à marsouin, e 44 même leurs bestiaux, sans aucun d 44 lui cause un tort considérable, atte " poisson s'éloigne de la dite pointe *' sous défense aux habitants du dit '' Rivière-Onelle et à tous les autres c li des coups de fusils sur la dite p< 44 mettre leurs bestiaux, à peine con autorisous l'union faite entre les sus- j 44 trevenans de confiscation des besi 14 nommés pour faire la pèche au marsouin dans j li outre de vingt livres d'amende con •• la devanture de leurs habitatious. détendons ! 4è priétaires des dits bestiaux et conti •" de les y troubler à peine de tout dommage et f * ; seurs. applicable à la fabrique de 1 '■ icterèt. •• Sera la présen:e orioncance iue et

•■ Fait à Québec ce vingt juillet, 1707

" qu'il ne s'opposait point à leur demande, à " laquelle avant égard, — '•Non?

v^gue)

Rai-pot."

" la porte de i'éiriise du îiea.

•« Fait à Québec ie 22 juin. 1752.

•* (Sizr.è.)

J-*# six pne ir.ière» paris de !a pèche passèrent j *ucvess:ve:i:cn: a::x* descendants des proprié- » Quelques specu.a:=urs aurais, e tairez e: :urer: suUiivi?ees rarroi un si £rznl i MM. Lvmburcer et Cra-*:":ri 3ie Quét

t^^icm ie :a:n:'.>s eue. de r.cs vurs. il éiait à î a bail,

le 23

;anv:er . . irr. .a peen

ia

c-ffc*r:s prcpr.eiairss. .;ue la société âe i*\:i* *'*«; v\*isù:v.ef «*jl ccrrcra::c:i 'ejale nar u- *::- i* *.a "e^sLaïur* ie .a Prcvia •* de Québec piss* *- 1>7,\

v- i: : >n-ÀT-;u^r a !a ":;:a::;e ie c?:tr s> c<;* i-e £<*.u-s r us i*~r s.ec'î r.:V.> su:c:s:f.

rar^T- u,- si l**^"' "■ru'crv iiss-jcies. Cfsz un

• — -3" V A -■Ji.. -~ — * — TT — . .C.~* -- *.- — T«

.»" .CU> aàfc». ».V» Ck s« -». •. »■- — -»■»». ■ ■

Les :é?; rires aix:i=-= se Mrré:

r:ir.:e ie la Riv-.èr^Our^T. -«* a^e^îa iev:s ie Q::ê:«. c-:-r^r ■:- It-s az& r«s:ês cèie.rts .:âis !i ner:re :es

^^ .?.*• A-? >.. ..^.— -. ... ...i.CABU

rraye. r^~iar: *.:"i:fz:p.T. If-? ;zzjçbi rtrstiuV.iS'rs. f: r.i";~ st 7*3^:3. rucno à-: c-::" i-i :'r— rc^r in is*?r .«7 ?!"s.f-r^ ii: ei* *rre:=~ Li. f:: j.t:e [f «ri.: i. :r^".rs lit' ..■::£* :: se Tn

x\lt* p«5r\- itrc-s . ^. :iM.e~: 7a*. v.>;:rf r. ë:: f ijres .f ier»ir*: :=s =:. :..;«i

*f ir: : 1= ::*■:!:- i" x: d; ;;-;*:< i^^i ;•■?.■ 1-» 1 :. s-: 1 — -^ - ::: "= * •"- —rK"

r <. * •**■"- ■* "* ■ ■- i.lj ""-in*':!, rs

^1 =..s t=Lr i-i.. :-:

« 7 îfTJSÇï^:^-' : - -

I - .1 -î: i .r* :■•*: ir Trrs : .se "■;■...:. ^ •■■? * - ■-— - ■-.■■: - if. : ~j*^f> :

;.:: t-i ^-Oj* usa

LA PÊCHE AUX MARSOUINS

foées, mais en expiation des scandales

Îl par les étrangers, et pour attirer la produ ciel sur leurs travaux, ils ne manquent 'm de faire bénir la pêche, chaque prinb Leurs pieuses croyances se révèlent ftkpar les croix qui sont plantées ça et là le fa rivage.

'0$ dirons plus loin les luttes sanglantes Kl pécheurs font, sur la grève, contre leurs É< aquatiques. Remarquons, en passant, fctie Pointe n'a pas toujours été témoin de jjfe aussi pacifiques. En 1690 entr'autres, lâchement de la flotte anglaise qui remonfleuve, y avait fait une descente, les habi- ■'aimèrent en toute hâte, et, conduits par fcrave curé, M. de Francheville, armé

• eux du mousquet, ils assaillirent vigounent les ennemis, et les forcèrent à se renier plus vite qu'ils n'étaient venus.

ci la manière originale dont ce fait est radans une relation de l'époque :

es ennemis s'étaient flattés de mettre à «sans opposition. Lorsqu'ils furent aux nrières habitations, ils crurent qu'il n'y ït qu'à débarquer et se mettre à table. Ils tut surpris que, pour la première entrée, on

• servit une salve de coups de fusils. A la kère-Ouelle, le sieur de Francheville, curé,

un capot bleu, un tapebord en tête, un [ en bon état, se mit à la tête de ses parois- 8, firent plusieurs décharges sur les cha- M8, qui furent contraintes de se retirer au b avec pertes. "

iffôrentee époques, on a essayé de prendre rsonin, sur plusieurs endroits de la côte, et uh'èrement aux îles de Kamouraska et .'anse de Sainte-Anne de laPocatière ; mais l de ces essais n'a été assez productif pour xager à les continuer d'une manière per- Dte. H faut cependant excepter l'île aux "es, où l'on a toujours tendu depuis assez xnps, à peu d'interruptions près.

u ces derniers temps, on a fait diverses ira pour noyer le marsouin au moyen de mais le petit nombre qu'on a réussi à rede la sorte n'a pu suffire à donner du

i ce nouveau procédé.

•avants des Etats-Unis ont fait, dans ces ma années, des études spéciales sur notre crin.

1860, la célèbre société américaine, contus le nom de Smithsonian Institute, a éparer et transporter un squelette de marcestiné à son musée d'histoire naturelle ; •e même année elle devait envoyer un de réparateurs, pour faire empailler un spé-

a quelques années des Américains de Bos- U acheté un marsouin vivant qu'ils ont ►orté par les chars, dans une vaste caisse ie d'eau et de varech. Il a été exposé dans i menée bassin construit en verre, où il a

excité la curiosité de la foule ; malheureusement il est mort peu de temps après son arrivée à Boston.

Un autre a été conservé vivant, pendant dixhuit mois, à New-York au musée de Barnum, où des milliers de visiteurs l'ont vu traîner une nacelle dans son aquarium.

La pêche aux marsouins de la Bivière-Ouelle est construite au moyen de perche de dix-huit à vingt pieds de longueur, plantées à environ un pied et demi les unes des autres, sur la grève qui, en cet endroit, assèche à environ un mille et demi de la ligne de la haute marée. La tenture de la pêche exige, chaque année, l'emploi de 7200 perches. Du temps des bourgeois, on liait ces perches entre elles par un double rang de cordes ; mais l'expérience a prouvé que cette précaution était superflue.

Le demi-cercle, que forme la pêche, a trenthuit arpents, ou un mille et un tiers de longueur ; et se termine, à cinq arpents du bout de la Pointe, par une courbe plus rentrante, qu'on appelle le raccroc.

Cette ouverture sert de porte à la pêche. On a coutume de la tendre du huit au vingt-cinq d'avril, époque vers laquelle arrivent le caplan et l'éperlan qui viennent frayer le long de la grève. Comme ces petits poissons forment l'une des premières et la plus abondante pâture du marsouin, au printemps, c'est alors qu'il s'ap-

E roche de terre et se met à leur poursuitel'heure de la marée montante est le moment du fraie ; c'est aussi l'heure de son repas. Il est maigre et affamé, lorsqu'il fait son apparition, et il se gorge d'aliments avec une telle voracité qu'en huit ou dix jours, il acquiert cinq ou six pouces de graisse, et quelquefois jusqu'à huit pouces. Cette graisse le recouvre tout entier' d'une enveloppe que les pêcheurs nomment capot* On explique la promptitude avec laquelle il prend cet énorme embonpoint par la facilité d'assimilation qu'offre sa nourriture, et par le développement considérable de son appareil digestif.

Les propriétés soporifiques du caplan et de l'éperlan sont fort connues ; il n'est donc point surprenant que le marsouin, après s'en être repu, éprouve une langueur et une somnolence qui le rendent insouciant et plus facile à canturer. Les pécheurs redoutent ceux quT '?8

savants ou coureurs de foen*

LA PÈCHE AfX MARSOUINS.

'.lus, vrai" renard» de mer, qui ont fobappi 1 plu d'un danger, el qui passent au perches tani ancu ne crainte. On

: a l'entrée de la pèctiè,

qui .Jim in- ni l'alarme >ui

Étonnante sagacité, et qui HAtivcnl les am-

r'chent île s'y engag-r. S'il ne retinssent pas lea arrêter, ils leur servent de guide, et trop peuvent les entraîne m ;i leur suite au travers des perches. Ces nieont» ne peuvent être capturés que lorsqu'ils sont devenu! extrêmement gras et stupides par l'exoèi ils leur gloutonnerie. Laapecutele qu'offrent Iw troupeaux de mariture OÙ Us pèchent en côtoyant le

■ intemplé une pareille ■

l'oublie plus.

de mai dernier, plnsieuri personnes de l'endroit en ont été témoins dans les circonstances les plus favorables. La journée qu'elles avaient choisie pour aller se placer sur les rochers du bout de la Pointe, afin d'y jouir Je ce spectacle, était magnifique ; et ces superbes cétacèea se montraient avec une abondance, qui ne ■'était pas vue depuis longtemps : ils fourmillaient dans l'anse de Suinte-Anne, et dans l'embouchure de la Rivière-Ouelle. A la fin du montant, on les voyait doubler la Pointe par bandes nombreuses, en suivant leur course ordinaire ; ils longeaient les rochers, en avalant, avec avidité, le petit poisson, dont l'eau était littéralement épaissie. Comme la mer à peu de profondeur en cet endroit, ils nageaient presque toujours à la surface, et si prés delà grève, qu'il eût été facile de les atteindre d'un jet de pierre. La nappe du fleuve en était toute blanche. Les jets d'eau qu'ils lançaient de leur évent eu poussant leur souffle, retombaient en courbes gracieuses, et se dispersaient en goutte- Jettes qui êtincelaient comme des diamants au

C'est en poursuivant ainsi leur proie, que les marsouins, devenus indolents et endormis, s'engagent, sans soupçonner aucun danger, dans la porte de lapéehe. Dès qu'ils l'ont franchie, l'i . tinct leur fait prendre le large pour chercher l'eau profonde. Ils traversent ainsi la pêche en diagonale, et rencontrent les perches, dont la longue file leur parait comme une muraille, dont les extrémités agitées par le courant, s'i trechoquent et les effraient. Alor3 ils se i tournent et remontent le long de l'aile du large dans l'espoir de trouver une issue. La courbure de la pêche les ramène peu à peu vers le racla quand ils s'en approchent, ils s'a t que, là, l'eau est moins profonde tient donc vers le fond de la pêche, oi) contrent les mêmes obstacles. Dès lors, it complètement écartés, deviennent ef- '; ne se montrent plus guère à la surface Après quelques nouvelles tentatives lejgn, ilà se réfugient Ordinairement dans

endroits les plus plate et la vinre-rrtme.

ment, et. selon l'expression de* p

'avancent plus qu'a la mnde. i i-irip-, la marée ->■ rettn

A l'époque des grandes mers, les . et il est trés-fanile de li durant les petites mers, l'eau baissa ï moins, el ils peuvent nager S étendue. Alors la chasse que leur Uv 'leurs est un spectacle des pins \ hommes qui font le quart sur le irement au nombre de sis canots en suivant le bord i pèche. Ils franchissent les perches do O large, et se mettent à la poursuite des c Quand ils sont en grand nombre, il faut te tuer pour ne pas être surpris par la ni - — a pris antrt

t la

même t

Il y a

même marée par quatre homme* " est regardé comme un explot 'attendant pas à t

t pas eu le temps d'envoyer clien

e retirer, i

Les pécheurs sont armés de harpons el oontons. Le harpon est un dard « lettes qui s'ouvrent quand on veut 1 est long d'environ deux pieds et a courroie. Il se termine par une douille d laquelle en enfonce un manche de bois t L'esponton est. un dard ordinaire fisc à un m che de sept ou huit pieds, lancent le harpon parfois à une bonne disti et l'enfoncent dans le flanc du marsouin, ci se sentant piqué, bondit à la surface de plonge et se roule pour se débarrasser i qui le blesse, et s'enfuit de toute sa ' traînant à sa suite le canot par la c un bout est fixé au harpon, et l'autre estn par un des harponneurs du canot.

Une course effrénée s'engage en < le canol, emporté avec violence, t peine la surface des flots qui bouillon 1 les énOrmes coups de queue du monstre «i 1 L'eau, en peu d'instants, devient toute ru car le marsouin aune quantité prodigk" sang qui varie de huit à dix gallons, commence à se fatiguer ; alors on s de lui en retirant dans le canot une corde. Le harponneur, debout s lance l'esponton, dès qu'ils ee voit i portée. Poussé par une main vigouri»

exercée, le trait perce parfois Tanin en paît, et le sang rejaillit jusqu'à el pieds hors de l'eau. Malgré le marsouin s'agite encore longten pirer, si ses blessures n'ont pas attaqué la m épiniére. Le moyen le plus expèditif p tuer, est de lui enfoncer Vespocton im

t bouillonnent «o

LA PÊCHE AUX MARSOUINS

HT

* : mnt en arrière du soufflet, ce qui lui rompt 'jf épine dorsale.

£■ Qu'on se figure, si l'on peut, l'animation que présente la pêche aux marsouins, lorsqu'il y en ft» «ne centaine dans les mares, que vingt-cinq * OU trente hommes sont à leur poursuite, que cinq £ ou six canots traînés, par les marsouins, sillon- \nent la pêche en tous sens, que les espontons ► acnt lancés de toutes parts, et que les hommes sont tout couverts du sang qui jaillit à flots. Au « milieu des clameurs des combattants et des site- .ment* plaintifs que poussent les marsouins blesf,*6e> quelques harpon neurs sautent sur leur dos, '.'d'autres s'élancent à la mer jusqu'aux épaules, et brandissent les espontons, semant partout le carnage et la mort. L'enceinte de la pêche ressemble, à la fin de cette lutte, à un lac de sang.

Il y a quelques années, les passagers d'un Steamer européen furent témoins d'une pareille scène, et manifestèrent leur enthousiasme en faisant tirant une salve de coups de canon.

Le marsouin ne cherche jamais à se défendre il ne songe qu'à fuir, et comme il est de nature essentiellement moutonnière, il ne se sépare point du troupeau. Si parfois il renverse un canot, ou quelques hommes, d'un coup de queue, ce n'est que par hasard et dans sa fuite.

On a été souvent témoin, au milieu du massacre de ces pauvres animaux, de scènes de dévouement maternel vraiment touchantes : des mères, dont les nourrissons étaient enfermés dans la pêche, se sont laissées échouer et tuer en dehors des perches, plutôt que d'abandonner leurs petits.

Ou cite comme un fait exceptionnel un accident arrivé à l'un des harponneurs : il fut mordu à la jambe par un marsouin blessé, et traîné à une distance considérable : mais sans doute l'animal à l'agonie n'avait saisi cet objet qu'au hasard.

Un autre harponneur, après avoir frappé de son arme, s' étant obstiné à la retenir, fut lancé en l'air par 13 marsouin qui se retourna subitement et le fit retomber dans l'eau la tête la première, aux grands éclats de rire de ses compagnons.

Aussitôt que tous les marsouins ont été tués, un signal convenu est fait du large aux hommes du rivage pour leur indiquer le nombre de marsouins capturés, afin qu'on leur expédie les chevaux nécessaires pour les traîner à terre sur de grosses menoires. Pour y attacher les marsouins, on leur perce la queue d'un trou d'environ deux pouces de diamètre, par où l'on passe des courroies. Il faut se hâter dans ce travail ; car la marée commence déjà à monter. Si l'on n'a pas de chevaux, ou si le temps manque pour emmener tous les marsouins à terre, on a recours à un ancien mode d'ancrage appelé Barbe de Chatte. Il consiste à fixer dans la vase huk à dix perches, formant une croix de

Saint-André, sur laquelle sont liés les marsohios r où ils restent jusqu'à la marée suivante.

Lorsque toutes les charges sont formées, profitant du flottage de la marée, chacun des chevaux, dirigé par des passes connues, traîne depuis un jusqu'à cinq marsouins, si les conducteurs ne sont pas effrayés par la rapidité du montant qui facilite leur marche.

L'opération du dépècement se fait immédiatement sur le sable du rivage. Le marsouin est tourné sur le dos, et quatre dépéceurs, armés de longs couteaux, le fendent depuis la queue jusqu'au cou. Une coupe transversale est faite autour de la tête. De larges incisions séparent le lard de la chair. Le squelette est ensuite rejeté de côté et le capot, ainsi séparé, est fendu en deux dans sa longueur. On enfonce des crochets de fer aux extrémités de chacune des ' parties qui sont traînées par des chevaux jusqu'à proximité des hangars. Un plan incliné reçoit ensuite le capot que des crochets, fixés à un rouleau, retiennent par l'extrémité inférieure. Un dépéceur détache le lard de la peau qu'on replie autour du rouleau. A mesure que le lard retombe sur le plan* incliné, on le coupe en larges morceaux auxquels on donne le nom anglais dejîake ; et ou les jette dans des vaBtes cuves. L : huile qui coule sur le plan est reçue dans des auges.

Les pauvres ne manquent jamais de venir quérir leur part de la pêche j et la chanté proverbiale de la société ne les renvoie jamais les mains vides : chacun s'en retourne arçec une Jlique dans sa chaudière, ou accrochée au bout d'uue petite branche. Les associés sont convaincus que le succès de leurs travaux dépend des largesses qu'Us font à Dieu ; et leur générosité mérite réellement ses bénédictions.

Les morceaux de graisse sont subdivisés en petites parties au moyen d'une machine, et jetés dans les bouilloires. L'huile qu'on en retire est fort recherchée à cause de sa limpidité, et surtout de ses qualités lubréfiantes. Elle est encore excellente pour l'éclairage : un lampion flottant brûle jusqu'à soixante-douze heures sans s'éteindre.

A défaut d'un nombre suffisant de futailles pour recueillir les huiles, on se servait autrefois d'une espèce d'outrés confectionnée avec l'estomac des marsouins préparé à cet effet, et qu'on nommait ouiskouis, sans doute d'après un mot sauvage.

Un marsouin donne jusqu'à trois cents pots, (une barrique et demie) d'huile.

Dans les années de grande abr md

il y avait deux et trois cents m' à la fois sur le sable de la grèi

L'ANCIEN RÉGIME AU CANADA

Tout semble inviter à se confier à cette séduisante nature; toutefois, bien imprudent aurait été le voyageur qui se fut aventuré sans arme, dans le labyrinthe de ces forêts, qui se fut endormi sans crainte, sous leurs frais ombrages. Plus d'un être dangereux ee glissait sous la feuillée, se cachait au fond des caverne? inconnues. Derrière l'angle des rochers était tapi le farouche Iroquois, prêt à lancer sa flèche, ou à se précipiter sur sa proie, le tomahawk à la main, en poussant son terrible cri de guerre.

Le livre de M. Parkman a quelque chose de la fascination et des dangers de notre antique nature. Le lecteur prudent ne doit s'y engager ni sans arme ni sans boussole.

Quant au critique qui juge au point i catholique, quelle impression recueille cette lecture? Après avoir lu, étudié, n il ferme le livre, avec un soupir, l'esprit j entre un sentiment d'estime et de regret time pour l'auteur dont il ne peut s'em d'admirer le caractère et le talent j de reg songeant que tant de brillantes qualité mises au service d'une cause hostile au liciame.

Rivière-Ouelle, Mars, 1S75.

Page 1