Histoire du Uraulines ds Québec
3. Une première oonoaulou avait éW faits en 1637, pour favoriser "le deuelu d'un personnage <ie qualité •t nngnlièra piété de eontribusr à l'ftabliuamant et dotation d'une maison de Beligianiei a Quinte, ont snswnt soin d'élever les jeunes Allas dsa Seuvsgetet die ~ îoai» qui résident en la HouTells-Franoe. " BU*. Ûrrdinn dt (/uiitt.
LA MÈRE DE L'INCARNATION
Mais monastère
is avant le jour où pour habiter ce nouveau
«stère, la Mère de l'Incarnation devait quitter
le pauvre séjour de la Basse-Ville, autre étable de Bethléem, témoin de la naissance de la vie monastique en Canada, 1 que d'épreuves, de tribulations, de déchirements intérieurs allaient assaillir son austère existence 1 Que de larmes silencieuses dans le secret de l'oraison ! Que de nuits sans sommeil sur son âpre couche, après de longues journées de labeur et de fatigues ! Il semble cependant, au premier abord, que la Mère de l'Incarnation n'avait plus rien à délirer. En possession du trésor qui faisait depuis tant d'années Tunique objet de ses vœux; au milieu d'un peuple de sauvages, à qui du matin au soir elle annonçait le royaume de son Epoux ; au centre de la plus fervente chrétienté qui fût peut-être alors dans l'Eglise; dans le continuel exercice de ce que la pénitence offre de plus austère et la charité de plus éminent- rien ne 6e présentait à son esprit ni à ses yeux qui ne fût capable de la ravir dans l'admiration des miséricordes de son Dieu. Que pouvait-elle envier aux anciens anachorètes, aux solitaires de la Thébaïde, vivant du fruit de leur travail, sous les palmiers du désert, entre les jeûnes et les prières ? Reléguée comme eux aux extrémités du monde, au fond du désert des forêts, comme eux elle partageait ses jours entre les sublimes contemplations et les plus rudes pénitences. Mais le repos n'est pas de cette viej la jouissance n'est qu'au terme; et le Seigneur doit, ce semble, à sa gloire, à son Eglise, et à ses élus, de fournir sans cesse de nouvelles occasions d'agir et de souffrir pour son amour à ces grandes âmes, qui, par leur fidélité, leur courage et leur pureté, sont parvenues à cet heureux état, où tout se convertit pour elles en mérite. a
Telle fut la conduite qu'il tint plus que jamais à l'égard de sa servante ; la prédiction lui en avait même été faite dans une extase prophétique. iy abord la paix dont elle avait joui jusqu'à son départ de France prit un caractère différent. il Paix solide et profonde ; mais quoiqu'en moi, éloignée de moi; d'autant que pour sa subtilité, je ne la voyais que comme dans une région fort éloignée ; ce qui était très-pénible à la nature, et crucifiait fort l'esprit ; car les puissances de l'âme demeurèrent comme mortes et attachées à la croix. L'on conçoit dans cet état ce que c'est que servir Dieu à ses dépens.
" De cette disposition, j'entrai dans une autre bien plus crucifiante encore. Je me voyais dépouillée, ce me semblait, de tous les biens de la grâce, et de tous les talents naturels extérieurs
1. Les Récollets n'ayant séjourné qu'en passant au Canada, avant les Jésuites* et ceux-ci étant plutôt un ordre de missionnaires qu'un ordre monastique proprement dit, les Unulines et les Hospitalières peuvent être regardées comme les fondatrices de la vie monastique en Canada.