‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 62 sur 196 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Dangers de la colonie— Mœurs admirables.

Cependant ladouloureuse sympathie qu'avaient réveillée la destruction de la nation huronne et la vue de sa sanglante épave, était mêlée d'un profond sentiment d'inquiétude. Jamais l'avenir de la colonie n'avait paru enveloppé de nuages si sombres. La population européenne, à la veille d'être assaillie de tous côtés, ne dépassait guère mille âmes. Québec, fondé depuis quarante-deux aus, renfermait tout au plu3 une trentaine de maisons dispersées sur le sommet et autour du promontoire que protégeaient les canons du fort Saint-Louis. La résidence du gouverneur, 1 l'église paroissiale, la demeure des Jésuites, le monastère des Ursulines, celui des Hospitalières, dans la Haute- Ville ; le magasin de la compagnie des Cent-Àssociés, dans la Basse-Ville, tels étaient les seuls édifices d'importance < le Québec. Quelques groupes de maisous s' élevaient ça et là dans le voisinage, le long de la côte de Beaupré, à l'île d'Orléans, à Sillery. Autour des forts de Montréal et de Trois-Rivières, on commençait de rares défrichements. Le reste du pays n'était qu'une immense forêt hantée par les farouches Iroquois.

Depuis qu'ils avaient jeté aux quatre vents les membres de la nation huronne, leur plus formidable ennemi, l'audace de ces barbares n'avait plus connu de bornes. Alléchés par l'odeur du sang, ils avaient suivi leur proie, espérant envelopper dans la même extermination toute la race européenne. Us apparaissaient partout à la fois, à Montréal, aux Trois-Rivières, a Québec, à l'He d'Orléans, à Tadoussac, rôdant par petites bandes, interceptant les convois de marchandises et de fourrures sur les rivières, brûlant, pillant, massacrant tout sur leur passage 3 . Favorisés

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