Nom que les sauvagei donnaient m P. dtBretoof
INTRODUCTION
ons apostats joignent l'insulte à la férocité. 'u nous as dit, Echon, s'écrient-ils, que plus souffrait dans cette vie, plus la récompense Bât grande dans l'autre. Remercie-nous donc, aque noua embellissons ta couronne.
Exaspérés de ne pouvoir ni lui arracher le Àndre signe de faiblesse, ni l'empêcher de rler, ils lui tendent la mâchoire en deux d'un up de hache, lui coupent les lèvres, le nez, ae partie de la langue, et lui enfoncent un fer nue dans la bouche. Dans cet affreux état, il niait encore par signe pour consoler et fortifier % autres captifs et surtout le P. Lalemau^t dont 6 soupirs lamentables, les plaintes déchirantes d fendaient l'âme. Nature frêle et délicate, le '. Lalemant n'était qu'un faible e '.' t auprès aP. de Brebeuf, colosse doué d'une organisation ihyeique exceptionnelle. C'était un spectacle tavrant pour le vieux missionnaire de voir son jeunecompagnon, qu'il aimait comme son enfant, se tordre dans d'intolc -J. les douleurs. Au plus fort de ses tourmenta, il joignait les mains, levait les yeux au ciel, et poussait de profonds soupirs vers Dieu," en invoquant son secours. Ses bourreaux le couvrirent d'écorces de sapin et avant d'y mettre le feu le traînèrent devant le P. de Brebeuf; le jeune martyr se jota à ses pieds, et ae recommanda à ses prières en répétant les paroles de l'apotre Saint Paul: "Nous avons kii donnés en spectacle au mondej aux anges doux hommes. "
I?re8 de carnage et de sang, les Iroquois inventèrent contre lui des raffinements de cruauté dignes de l'enfer. Ils lui arrachèrent les yeux et mirent à la place des charbons ardents. Son supplice fut prolongé pendant un jour et une soit entière ; et ce ne fut que le lendemain de sa Captivité, vers neuf heures du matin, que l'un ffeux fatigué -de le voir languir si longtemps, mit un terme à ses maux en lui fendaut la tête d'un coup de hache.
Le P. de Brebeuf avait cueilli sa couronne
avant lui. Il rendit le dernier soupir après trois
heures de tortures. Les barbares lui arrachèrent
b cœur et le dévorèrent entre eux^croyant ainsi
tf»eorporer une partie de son courage. 1
■ ffous ne craignons pas qu'on nous reproche
•I nous être arrêté trop longtemps devant cette
■ Aaioureuse peinture. Le regard de l'historien
>• se détache qu'à regret de ces scènes à la fois
:. déchirantes et radieuses, surtout de cette înajes-
; J*we figure du P. de Brebeuf, qui rayonne
; trow grandeur sans rivale, debout sur les cendres
['Ipiïantes de la nation huronne. Il avait été le
'Aviateur de cette petite église, et il en fut le
nier apôtre j après l'avoir, tenue dans ses
U à 80 n berceau, il l'ensevelit avec lui dans
On conserve encore, ohez les Dames Hospitalières Mbee, le crâne du P. de Brebeuf, enchâssé dans le i Ara batte d'argent, qui fut envoyé au Canada par Mille de l'illustre martyr, dam le bat d';
I précieuse relique.
'y renfermer
sa tombe. La mort du P. de Brebeuf, en effet, sembla creuser un abîme sous ses pas. Le vertige s'empara, de la nation entière, saisie d'épouvante à la vue des cruautés inouïes des Iroquois. Elle se crut perdue. S' imaginant toujours voir derrière elle le fantôme implacable de son ennemi, elle se dispersa dans les «bois où la famine, la guerre, l'épidémie s'acharnèrent à ses pan, et décimèrent ses tristes débris.
Ainsi fut anéantie cette petite chrétienté, enfantée avec tant de douleurs et de larmes, au moment même où elle croissait en grâce et donnait les plus belles espérances. Le Sauveur, au jour de sa visite, n'avait eu qu'une couronne d'épine à poser sur le front de sa nouvelle épouse. Mais la jeune néophyte s'était montrée digne de son bien-aimé j agenouillée et soumise, elle l'avait reçue de ses mains en la baisant avec amour. Elle gravit courageusement tous les dégrés de la souffrance, cette autre échelle de Jacob qu'avaient montée, les premiers, ses glorieux missionnaires. Aussi lorsqu'ils la déposèrent, toute meurtrie et sanglante, au pied du trône de Dieu, sa couronne d'épines avait fleuri sur son front et était devenue la couronne de rose des martyrs.
Selon les vues humaines, les désastres qui avaient englouti la mission des Hurons, avaient détruit en grande partie l'œuvre si laborieusement élaborée de la civilisation et de la conversion des Sauvages. Mais ce qui paraissait la tempête n'était que îe souiHede l'Evangile. Les faibles débris des II lirons, échappés à la mort, en se dispersant de tous côtés, allèrent déposer les premiers germes de ia foi chez plusieurs nations, et jusqu'au milieu de leurs mortels ennemis.' Ain*i Dieu se ph-it à confondre la sagesse de l'homme; ses plus beaux édifices surgissent des ruines; et c'est au moment même où toute vie paraît éteinte pour jamais, que l'oiseau de l'espérance chante sur les décombres l'hymne de la résurrection.
Lorsque les missionnaires, bien des années plus tard, pénétrèrent dans les villages iroquois, ils furent ravis d'admiration d'entendre retentir la forêt des chants sacrés de l'Eglise. C'étaient quelques familles huronnes qui, pour charmer leur exil, psalmodiaient, dans leurs rudes cantiques, les hymnes de Sion. u Je ne pouvais m'empêcher de verser des larmes, dit un des missionnaires, en voyant ces pauvres exilés si fervents, et si constants dans la foi. " Ils avaient formé, au milieu de la gentilité, une colonie chrétienne, et quoique privés de tout secours religieux, ils avaient conservé toutes leurs pieuses habitudes. " Les chants sacrés, la prière en commun, l'enseignement de la doctrine chrétienne se 'perpétuèrent dans les familles. Ces bons néophytes ne se contentaient même pas d'entretenir parmi eux ces pieux sentiments ^ ils avaient le zèle de la foi et cherchaient à la répandre.
ISTRODFrr'
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ti en sainteté à lu lêie de cette ■',. .In Christ qui vinrent dresser .,-; les bois, nu milieu de» sauvas!
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iiiiinti'ri;i ijiu'ilc i-iiui'ité. i],iel amour du sacrifice il 'ii' l'hiitiKilikii.iii, i|iirlk' énergie iiiorale, quelle persévéra ne?, il avait fallu à celte courageuse teinine, et ii *?s compagnes, pour venir s'exiler, sons un ciel nouveau, et consumer leur vie parmi les peuplades, les pins féroces de l'univers, alin de les amener aux pieds de Jétms-Chriat, après les avoir enchaînées par les liens de l'amour divin. Nous verrons la Mère de l'Incarnation initiée d'abord, d'une manière providentielle, à sa carrière apostolique, conduite comme par la main à travers tous les états de la vie, fille, femme, mère, veuve, novice, religieuse, nous la verrons depuis le jour où, abordant la terre du Canada, elle se prosterne et