‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 71 sur 196 · Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec · texte numérisé non relu

Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec

Aux premiers signes de ce cataclysme, les uns crurent à un vaste incendie, les autres à une attaque subite des Iroquois. Tout le monde se précipita en dehors des maisons, criant au feu. courant aux armes, et se frayant un passage a travers les meubles renversés^ les cheminées écroulées, et l'épaisse fumée qui volait de toutes parts.

Cependant les secousses du tremblement de terre devenant de plus en plus violentes, on se crut transporté à la fin dn monde^ Les femmes tombaient en défaillance, les hommes se prosternaient la face contre terre en se frappant la poitrine, ou élevaient les* mains vers le ciel en implorant la miséricorde de Dieu, croyant à chaque instant que la terre allait s'entrouvrir sous leurs pieds, et les engloutir. Un grand nombre coururent vers les églises, afin de se préparer à paraître au jugement de Dieu.

Cette première secousse dura près d'une demiheure. Cependant les oscillations continuèrent longtemps encore à se faire sentir ; mais avec moins de violence et d'une manière irrégulière, tantôt par des chocs rudes et Raccadés, tantôt par un balancement analogue à celui d'un vaisseau bercé au roulis des vagues.

La consternation fut universelle parmi les Français, comme parmi les Sauvages ; mais ce fut surtout un coup de foudre pour ceux qui se livraient, en ce moment même, aux divertissements du carnaval. Pendant toute la nuit, les églises furent encombrées de fidèles qui entouraient les tribunaux sacrés. D'étonnantes conversions s'opérèrent ; un missionnaire assura plus tard à la Mère de l'Incarnation qn'à lui seul il avait entendu plus de huit cents confessions générales.

Vers huit heures du soir, une seconde secousse eut lieu; les Ursulines étaient alors au.chœor, rangées debout dans leurs stalles et psalmodiant l'office des matines. Le choc fut si fort et si subit qu'elles se trouvèrent instantanément prosternées à genoux.

Les Ursulines passèrent le carême dans des pratiques de mortification extraordinaire. Outre les jeûnes et les macérations qu'elles s'infligèrent, elles couchèrent toutes vêtues sut des paillasses étendues dans la salle de communia^ et à chaque secousse, elles se jetaient à genW* et récitaient le psaume Miserere. x \

C'est ainsi que ces victimes angéliques juraient par leurs veilles pénitentes le courre du ciel, et lavaient de leurs larmes le sang crimes qui criait vengeance.

Pendant sept mois entiers, la nature fut dai] ces étranges convulsions. Dans toute l' étend 1 du pays, la surface du sol fut plus ou mo bouleversée. Des montagnes avaient dispar d'autres s'étaient élevées tout à coup ; des for entières avaient été abattues et englouties di

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