Relations des Jésuites
TROISIÈME ÉPOQUE
; mais elle recommanda en même temps t enfermé dans une petite boîte toute \t non polie, que F on remplirait de terre e chaux vive, afin qu'il fût plus prompsonsumé. Il devait être porté en cet état glise des PP. Jésuites, et enterré sous le •pied de l'autel/ où reposait le Saint- Mit, afin d'y être réduit en poussière et en holocauste au pied de la Majesté
: jours après, 4e 17, son médecin lui qu'elle ne passerait pas le lendemain.
in de s'en effrayer, elle accueillit cette » avec allégresse, et pria celles qui l'enit de ne plus lui parler que de l'éternité.
kvez-vous donc aucun regret de mourir, ftnda une des religieuses qui l'assistaient?
non ! reprit-elle vivement ; j'estime mille S le jour de ma mort, que toutes les de ma vie. "
û réservait à ses derniers moments une t délicate consolation. Le grand servi- Dieu, le protecteur dévoué qui lui avait le chemin de sa vocation, et qui avait i si large part à la fondation des Ursuf. de Bemières, revivait en Canada, ites ses vertus, dans un de ses neveux.
ri de Bernières, grand vicaire, et curé >ec, était en même temps supérieur des es ; ce fut de sa main que Madame de ie eut le bonheur de recevoir les onctions 68, '< avec des sentiments de componction amour et de suavité, disent les Relations.
ait ses chères filles, qui étaient toujours d'elle, de lui remettre souvent en mé-
premier verset du psau me 121, Lœtatus hia quœ dicta sunt mihi : in domum
iibimua." Enfin elle entra en agonie en Heu, et expira doucement deux heures mr les huit heures du soir, le dix-huit re 1671.
ademain, ses obsèques furent célébrées* ie grande pompe dans le monastère des es. Le gouverneur général, M. de Courl'intendant Talon, et tous les citoyens de ion de Québec et des environs voulurent
1 de leur présence la cérémonie de ses les.
i le service funèbre, le clergé, suivi des îortels de l'illustre défunte, entra dans ir des religieuses, pendant que les derïcents de la psalmodie lugubre se promt sous les arceaux dujcloître. Le corps, \ dans un cercueil de plomb, fut descendu caveau.
cérémonie fut suivie immédiatement de slation du cœur de la fondatrice. La ie relique, voilée sous un crêpe noir, rtée par un des principaux citoyens de i précédé du clergé. Le gouverneur, ant Talon, et la foule fermaient la markXlivée devant le portail de l'église des
Jésuites, la procession s'arrêta; M. de Bernières 8*avança alors, portant la relique, et la remit entre les mains du supérieur, qui alla la déposer au pied des marches du grand autel, qu'on avait eu le soin d'orner des décorations, dont Madame de la Peltrie elle-même l'avait enrichi pendant sa vie.
La religieuse piété des Ursulines nous a conservé le portrait de leur sainte fondatrice. Toute sa personne offrait le type de l'aménité et de la douceur. Sa figure, d'un bel ovale, était remarquable par l'harmonie des ligues et la perfection des formes. Un nez légèrement aquilin, une bouche bien dessinée et toujours souriante, un regard limpide, voilé sous de longs cils, que l'habitude de la méditation tenait à demi baissés, imprimaient à sa physionomie une douceur exquise.
Quoique sa taille frêle et délicate ne dépassât pas la moyenne, et que tout en elle respirât la modestie et l'humilité, sa démarche était néanmoins pleine de dignité et de noblesse ; on reconnaissait, en la voyant, la descendante de ces hauts et puissants châtelains, de ces preux chevaliers, dont la vaillante épée avait soutenu le trône et l'autel. A travers la plus charmante simplicité, perçaient toujours ce grand air du dix-septième siècle, et cette distinction parfaite, traditionnelle parmi les vieilles familles de France. Mais ce majestueux ensemble était tempéré par un air de recueillement et d'onction attractive qui donnait à sa conversation un charme infini, et lui avait conquis l'estime et l'affection de tous ceux qui avaient eu le bonheur de la connaître. Telle était la fondatrice des Ursulines, Marie Magdeleine de Chauvigny de la Peltrie, une des gloires les plus touchantes, un des plus beaux noms que la Nouvelle-France ait gravé au frontispice de son histoire. •