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Wierix (i). Elles figurent dans le Catalogue raisonné de l'œuvre des trois frères Jean, Jérôme et Antoine Wierix, publié en 1866, par M. L. Alvin.
Cet auteur en mentionne une quatrième, inconnue aux précédents (2). Le catalogue de la célèbre collection Winckler nous foit connaître, en outre, trois estampes gravées d'après van Balen, par Théodore Matham, Crépin van den Queborn et Corneille Galle, le vieux. Elles sont décrites ainsi: « 116. La Vierge à mi-corps allaitant l'Enfant Jésus. Au bas quatre vers latins. H. van ^alen inv. Theod. ïMatham se. in-4. — 117. La 'Njitivité ou l'adoration des bergers. Au bas quatre vers latins. //. van 'Balen inv. Crisp. van den Queboren (sic) se. gr. in-fol. — 118. Le Martyre de 5' Sébastien, un ange lui apporte la palme et la couronne du martyre. H. van 'Balen inv. Corn. Galle sculp C. Collaert exe. in-fol. (3). »
Corneille Galle , le vieux , a gravé, d'après notre maître, une planche de grande dimension, représentant le Triomphe du S^ Sacrement Elle est mentionnée de la manière suivante, dans le catalogue de la superbe collection du Rév. Pierre Wouters, prêtre, chanoine de l'église collégiale de S' Gommaire, à Lierre, trésorier et bibliothécaire de Sa Majesté Apostolique, etc. : « n° 1888 S' Norbert et S' Waltman debout, tenant à 2,
(i) Manuel des curieux et des amateurs de Fart. Zurich, 1801, T. VI, p. 144, nos 7 à 9.
(2) Op. cit., 1105485, 1182, 1199 et 1216.
(3) Michel Huber et G.-J. Stimmel. Catalogue raisonné du cabinet d'estampes de feu Monsieur Winckler, banquier et membre du Sénat, à Leipii^. T. III (école des Pays-Bas), p. 27. Leipzig, 1801.
la S'^ Eucharistie, grand morceau en hauteur, d'après H. van Balen, par C. Galle, J. Galle exe. (i).
Nous allons décrire cette belle estampe, d'après une épreuve qui s'en trouve dans la collection de feu notre honoré beau-père^ M. Pierre-Théodore Moons van der Straelen. S' Norbert et le bienheureux Waltmann, premier abbé de S' Michel, à Anvers, tous deux debout, tiennent Tostensoir qui renferme la S'^ Eucharistie. A côté du saint est représenté un ange qui porte sa mitre. L'hérésiarque Tankclm et le démon sont étendus à ses pieds. Derrière Waltmann sont figurés une courtisane et l'impur Cupidon. Une belle gloire d'anges apparaît dans le ciel. On remarque, au fond, dans la partie inférieure de la planche, une vue de l'abbaye de S' Michel, dont deux anges tiennent plus bas les armoiries.
Les inscriptions suivantes se lisent au haut de l'estampe :
Hi sont dva olmc et dvo candelabra in conspectv Domini terra stantes. x4poc. IL ).
Henr. van Balen figuravit. — Cornélius Galle scnlpsit. — loannes Galle excudit.
Cette œuvre d'art de grand mérite fut dédiée aux chanoines réguliers de S' Michel, par Théodore Galle, frère de Corneille, le vieux. C'est ce qui résulte de la remarquable légende suivante :
ReligiosissimcC Candidissinuaj . Prcenionstratensium Canonicorum in S. Michaele Antverpice Congregationi, vitce ac luorvm probitate conspicva, sapienticc et ervditionis lavdc l'enerahili, quce anle qvingentos annos cvm Sancto dvce svo Korbertû et B. P. Waltmanno Adamiticam et Sacranienta-
(i) N.-J. T'Sas. Op. cit., Bruxelles, 1797, p. 173.
riam Tauchelini hœresim profligavit, Avgvstissimvm Alîaris Sacramentvm magnificè propvgnnvit , proscriptasq. Romance Fidei aquilas Antverpiensi rvrsvs Ecclesîœ intvlit, necnon traditam sibi a maiorihvs suis spatiain, qva pielate qua dodrina eliamnvm egregiê exornat ; gloriosvin hvnc eivsdem 55""' Sacramenii irhnnphvni piœ observantice ergo Theodorvs Gallœvs L. M. D. C. O.
Jean Galle, fils de Théodore et de Catherine Moerentorf ou Moretus, qui imprima cette planche, avait été reçu, en 627-1628, comme fils de maître, dans notre gildc de S' Luc. Le mot figiiravit placé à la suite du nom de van Balen, ne permet pas d'affirmer si la gravure tut exécutée d'après un dessin ou d'après un tableau.
Nous devons ajouter à cette énumération une petite planche assez rare, gravée d'après notre maître, par Marin van der Goes, qui, d'après son habitude, l'a signée de son seul prénom de Marinus. Elle représente, à mi-corps, la S"" Vierge qui tient sur son bras gauche l'Enfant Jésus qu'elle écoute parler et vers lequel elle penche la tète. Le divin Sauveur soulève une pomme de la main droite. Le dessin de cette estampe se distingue par la belle expression des figures, la morbidesse des chairs de l'Enfant Jésus, le bien-rendu de ses raccourcis et les magnifiques draperies de la S" Vierge. Cette planche, dont l'exécution fait le plus grand honneur au graveur et dont le dessin dénote que van Balen ne put pas se soustraire à linfluence de son ami Pierre- Paul Rubens, est signée ainsi : Henr. van Balen invent. — Marinus sciilp. L'auteur de cette biographie en possède un exemplaire.
Avant de parler de la mort de Henri van Balen, le
vieux, nous tenons à dire un mot de son écriture. D'après le spécimen que nous en avons vu dans le registre des Romanistes, le maître traçait rapidement ses syllabes et les mots qui sortaient de sa plume ne sauraient passer pour des modèles de calligraphie.
Notre maître décéda le 17 juillet 1632 et fut inhumé dans son église paroissiale de S' Jacques. Le journal de la fabrique annote, au 15 août suivant, une recette de 16 livres 10 sous d'Artois, pour la sonnerie de première classe du matin, les tentures du chœur et le droit de place audit chœur, de la bière de l'artiste (r). Van Balen fut enterré dans la nef méridionale, non loin des fonts baptismaux.
Sa veuve lui fit ériger, à droite du grand portail, un beau monument de marbres divers, parmi lesquels le noir domine. Il est surmonté d'une tête d'ange qui sert de support à une console sur laquelle s'étale un beau vase à fruits ; des festons, également de fruits, se détachent au-dessous des ailes de la tête d'ange. Deux lampes sépulcrales complètent cette partie de la décoration. Deux têtes d'anges ailés entourent l'encadrement, tandis que des guirlandes de fruits descendent de la plaque à inscription. Ces sculptures ont été exécutées avec beaucoup de talent, par Jean van Mildert (2). La partie cen-
(i) Liggeren cités, T. I, p. 371, note i.
(2) En voici la preuve tirée de l'état de biens dressé après le décès de Marguerite Briers, veuve de Henri van Balen, qui nous a été indiqué par M. F.-Jos. van den Branden :
« Item, betaelt aen de weduwc van wylen nieester Jan van Meldert {sic ; lege: van Mildert) ovcr tgene hem quam per reste van dmacken der sépulture van d'ouders in desen, in Sint Jacobskercke gestelt, luyt heure quitautie, j'^ Ixiiij guld. » Ainsi tombe l'indication d'un
traie du monument est ornée d'une ^surrcciion du Sauveur à laquelle il est consacré, et qui fut peinte sur panneau, de la manière suivante, par Henri van Balen, le vieux. Jésus-Christ, tenant la croix triomphale, plane majestueusement au-dessus de son tombeau et s'élève dans les airs. Une draperie rouge voltige autour de son divin corps, qui est en grande partie découvert, et qui se détache sur une lumière surnaturelle. A la gauche du Seigneur se montrent quelques anges qui dissipent les ténèbres de la nuit. Trois soldats représentés au plan inférieur de ce côté, sont saisis d'effroi à la vue de l'éclatante clarté qui se dégage du Sauveur ressuscité, et prennent la fuite. Un quatrième placé à distance, est plongé dans un lourd sommeil. A droite, un cinquième guerrier se réveille en sursaut et plein d'épouvante, tandis que deux de ses compagnons sont endormis profondément.
Ce tableau, qui se distingue par la beauté du dessin et la magnifique harmonie de son coloris, est compté à bon droit parmi les chefs-d'œuvre du maître. Son exécution prouve, de la manière la plus évidente, que van Balen, comme la plupart de ses contemporains, a subi l'influence de Rubens. Le trop difficile Josué Reynolds l'appelle son meilleur ouvrage (i).
artiste qui nous a fait avancer dans notre 'N^otice des œuvres d'art de l'église S* [acques, que ces sculptures avaient été exécutées par André Colyns de Noie, erreur répétée ailleurs.
(i) Œuvres complètes du chevalier Josué Reynolds. — Voyage en Flandre et en Hollande en M.DCCLXXXI, T. II, pp. 301-302'. Paris, 1806. L'auteur, tout imprégné de théories exclusives, juge parfois, sous leur impression, les œuvres d'art qui se présentent à sa vue et ne dit mot souvent de tableaux des plus remarquables. On peut l'excuser toutefois, sous ce dernier rapport, en admettant que plusieurs
Cela n'a pas empêché feu le docteur G. -F. Waagen d'écrire les phrases suivantes : Henri van Balcn « est froid, maniéré et vitreux. Dans les nus toutefois il présente quelque charme ; il se distingue, entre autres, par le soin de l'exécution et par un empâtement très fin. Ses tableaux religieux, par exemple la Résurrection, à l'église S' Jacques à Anvers, sont les moins remarquables. Dans les sujets mythologiques, dont les paysages sont dus parfois au pinceau de Jean Brueghel, il atteint de meilleurs résultats (i). »
Lorsqu'on lit de pareilles singularités, on se demande si M. Waagen a bien vu le tableau dont il parle, sinon il faudrait en concure qu'il en a jugé comme un aveugle ferait des couleurs.
La Résurrection est surmontée des portraits en buste de Henri van Balen et de Marguerite Briers, peints de profil sur une plaque ovale de marbre. Tous deux sont vêtus de noir. Le mari, dont la figure est empreinte de bonhomie, porte les moustaches frisées et l'impériale. Son col blanc rabattu se détache sur son habillement. Ses traits trahissent l'empreinte de la maturité de l'âge. Une fraise tuyautée entoure le col de Marguerite Briers. Celle-ci est une femme posée, dont la physionomie résolue est tempérée par une expression de bienveillance.
Ces figures admirablement modelées et supérieure-
de ceux-ci étaient couverts d'une crasse tellement épaisse, qu'il était difficile de les bien distinguer. Un manuscrit contemporain nous tait soupçonner que c'était bien réellement le cas.
(i) DvCanueJ de l'histoire de la peinture. — Ecoles allemande, flamande et hollandaise. Traduction par MM. Hymans et }. Tetit, — Bruxelles, 1863, T. II, p. 148.
ment bien peintes, sont l'œuvre de Henri van Balen, le vieux, quoi qu'en disent certains auteurs qui les attribuent erronénient à Antoine van Dyck (i).
Les connaisseurs s'arrêteront toujours avec plaisir à considérer la belle oreille de van Balen (2).
L'inscription suivante fut placée en lettres d'or, dans la partie inférieure de ce monument :
Christo Resurgenti Sacr,
Integra: vit;i: viro,
pictori eximio,
Hhxkico van Balen, cvivs virtvtem prvdens
imitabitvr posteritas, penicillvm mirabitvr
longior a.'tas, Margareta Briers conivgi
17 Ivl. 1632 denato Poss et obiit 23 October (3) A''. 1638
Horvm tviqve te memorem
vvlt bénigne lector
beata spes
mortalivra.
(i) Ce grand artiste a peint le portrait de son premier maître. Il le représenta, à mi-corps, debout, la main droite posée sur une tête antique de femme, et la droite sur sa poitrine. Cette effigie qui parait avoir été exécutée, vers la lin de la vie de van Balen, a été gravée par Paul Pontius, et porte les inscriptions suivantes :
Ilenricus van Baelen pictor Anlvcrp. hvnianarvin Jlo^viaivin vcivslatis cvUor. — Ant. van Dyck piiixil. — Paul, du Pont sluIik — Cnm prîvileoio.
(2) Deux cornes d'abondance masquèrent jusqu'en 1865 la partie inférieure de ces merveilles. Elles furent ôtées à cette époque, et le cadre non achevé dont elles tenaient lieu à distance, fut complété, tandis qu'un simple motif de feuillage, qui n'intercepte nullement la vue, vint les remplacer. Ce changement fut exécuté par M. Jean-Baptiste de Bock, sur les indications du peintre Pierre-Antoine Verlinde.
(3) Sic. Cette faute est l'œuvre du peintre et doreur Jean Schut, qui compléta l'inscription, après le décès de Marguerite Briers, et
Une seconde inscription placée sur la tombe du maître rappelait autrefois sa mémoire, celle de sa femme, de leur fils Jean et de l'épouse de cet artiste. Elle était conçue ainsi :
Sépulture van den eersamen
HENDRICK VAN BALEN sterft
den 17 July A°. 1632
ende de eerbare MARGARITA
BRIERS syn huysvrouwe sterft
den 23 October A°. 1638
ende JAN VAN BALEN haerlieder
sone sterft den 14 Meert A°. 1654
ende JOANNA VAN WEERDEN syn
huysvrouwe sterft den 6 April
Bidt voor de sielen (i).
Il résulte de ce qui précède que Marguerite Briers survécut plus de six ans à son mari. D'après un poste du journal de l'église S' Jacques, en date du 9 janvier 1633, elle avait perdu une de ses filles, vers cete époque, puisque la fabrique toucha une somme de 10 livres 10 sous d'Artois, pour les tentures du chœur et le droit de place de sa bière, à l'endroit cité (2). Le nom de l'en-
toucha de ce chef la somme de 2 florins 8 sous, d'après l'état de la mortuaire.
(i) Sépulture de l'honorable Henri van Balen, décédé le 17 juillet 1632, et de la vertueuse Marguerite Briers, sa femme, morte le 25 octobre 1638 ; de Jean van Balen, leur fils, mort le 14 mars 1654, et de Jeanne van Weerden, sa femme, trépassée le 6 avril 1643. Priez pour leurs âmes. — Inscriptions funéraires et monumentales de la profince d'Anvers, T. II, p. 214.
(2) Liggeren cités, T. I, p. 571, note i.
tant décédée n'est, du reste, pas autrement désigné.
Jeanne van der Ryt, veuve de Gaspard Briers et mère de Marguerite, avait survécu de longues années à son mari. Comme ses infirmités ne lui permettaient plus d'administrer convenablement ses biens, elle en lit l'abandon à ses enfants, pour se les partager entre eux, de son vivant, à de certaines conditions, qui se trouvent relatées dans un acte du 14 mai 1633, reçu par les échevins Guillaume Despommereaux et Henri van Halmale (i). Les enfants désignés étaient Gérard Briers, écoutète d'Eeckeren, Philippe, lieutenant d'une compagnie ordinaire au service de Sa Majesté Catholique, et leur sœur Marguerite.
Celle-ci vendit, le 28 février 1636, à l'échevin Henri de Clerck , la maison nommée le Lis rouge , située dans la longue rue Neuve, à l'ouest de l'hospice S''' Barbe, et acquise en 1604, par Henri van Balen, le vieux. L'acte reçu par les échevins Henri van Halmale et Jean Snyers, nous apprend que cet immeuble appartenait en propre à la vendeuse, en vertu du testament réciproque qu'elle avait fiiit avec son mari et qui contenait institution d'héritier en sa faveur. Il nous fait connaître, en 'outre, que Marguerite Briers venait d'assurer le même jour, la part de ses enfants dans les biens de leur père et leur alimentation, aux termes de leur testament réciproque et mystique, déposé le 3 février 16 17, parmi les minutes du notaire Jean van Waerbeke (2).
(i) Protocoles scahinaux, 1653, vol. 5, p. 63 v^o. Communiqué par M. F.-Jos. van den Branden.
(2) Protocoles scabinaux, 1636, vol. i, p. 197 v^". Communiqué par le même.
C'est ce qui eut lieu par un acte reçu par les mêmes échevins. Il en résulte que la veuve du vieux Henri van Balen avait encore, à cette époque, quatre enfants en vie (nous en donnerons les noms plus loin). Elle hypothéqua, en garantie de leurs biens paternels et de leur alimentation, la maison de la longue rue Neuve, nommée l'Homme sauvage. Celle-ci n'était plus grevée à cette époque, que d'un cens foncier de 6 sous, appartenant au chapitre de la cathédrale et d'un cautionnement d'une rente perpétuelle de 49 florins 4 sous et un liard, en faveur des pères Jésuites (i). Cette rente, au capital de 2000 florins, fut remboursée antérieurement au 4 novembre 1638, et très probablement, du vivant de Marguerite Briers.
Celle-ci, sentant approcher sa fin, fit appeler le notaire Henri van Cantelbeck^ le vieux, et lui fît rédiger un nouveau testament, le 15 octobre 1638. Elle y lègue 12 florins à la fabrique de l'église S' Jacques, et semblable somme, soit 60 florins, à cinq de ses autels, outre 24 florins, es mains des aumôniers, en fliveur des pauvres honteux. Tous ses biens quelconques sont laissés à ses enfants survivants, qui en auront l'entière et libre disposition. Marie van Balen, sa fille, femme de maître Théodore van Thulden, ayant d'après quittance, reçu lors de son mariage, plus que sa part des biens paternels, fera rapport de ce surplus ou en laissera déduire le montant sur ce qui lui revient dans la succession de la testatrice. Quant aux habillements qui ont été confectionnés, à cette occasion, en faveur de ladite Marie, et
(i) Colle;tio;i citée, 1636, vol. i, p. 198 v5o. — Communiqué par le même.
au montant de ses repas de liançailles et de noces, la testatrice entend qu'ils lui soient et restent alloués.
Après avoir institué héritiers ses enfants, elle nomme tuteurs de ses mineurs, son fils Jean van Balen et maître Théodore van Thulden, son gendre, au survivant desquels elle accorde le droit de s'associer un cotuteur, autant de fois qu'il le jugera convenable.
Ces dispositions de dernière volonté furent arrêtées dans la maison de Vlionuiie. sauvage, longue rue Neuve, qu'une erreur de rédaction transporta dans la longue rue du Chevalier {lange Ridderstracte). Le célèbre peintre Ambroise Brueghel et Henri Maes, également peintre, furent témoins à la passation de l'acte (i).
Nous avons vu ci-dessus que la veuve de Henri van Balen, le vieux, mourut le 23 octobre 1638. L'inventaire de ses biens fut dressé les 4 et 5 novembre suivants, dans sa maison mortuaire de l'Hoiiiiiie sauvage, longue rue Neuve, par le notaire Henri van Cantelbeck, le vieux. Ce document constate que la défunte laissait pour héritiers ses quatre enfonts survivants : 1° Jean, majeur et jouissant de ses droits (il était né, comme nous l'avons vu, en 16 11); 2° Gaspard, âgé de 23 ans; 3° Mademoiselle Marie, âgée de 20 ans, femme de maître Théodore van Thulden ; et 4° Henri van Balen, âgé d'environ 16 ans.
L'acte fut dressé à la requête et en présence de Jean van Balen et de sa sœur Marie, assistée de Théodore
(i) Protocoles du notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, année 1638, aux archives communales d'Anvers.
Le peintre Henri Maes ne figure pas, en ou avant 1638, dans les Liggereu, soit comme apprenti, soit comme Iranc-maître.
van Thulden, agissant en noms propres ; les deux artistes comparaissaient en outre, en qualité de tuteurs de leurs frères et beaux-frères mineurs. Henri van Cantelbeck, le jeune, bachelier ès-droits, et Jean de la Barsc, peintre sur verre de mérite et ami de van Thulden, furent témoins à Tinventaire.
Nous avons transcrit ce document, d'après la minute, soit littéralement, soit par analyse. Il en résulte que Marguerite Briers était restée en possession de toute la succession de son mari. Leur maison était abondamment garnie de meubles de toute espèce, ainsi qu'on le verra dans l'acte lui-même, qui est d'une grande importance pour l'histoire domestique de la société de cette époque. Toutefois, comme cette pièce renferme assez confusément l'indication des œuvres d'art délaissées par van Balen, nous allons en extraire l'énumération de celles-ci, où nous ne laisserons figurer les plâtres que par exception. Dans la grande cuisine se trouvaient quatre toiles, peintes à l'huile, et dont deux représentaient des oiseaux, et les deux autres, des fruits. On y trouvait encore un Sauveur lavant les pieds des apôtres, grisaille sur panneau, encadrée, et un 'Baccbus, peint à l'huile, sur toile, comme presque tous les tableaux de cette place.
La chambre au rez-de-chausssée, près du jardin, était ornée d'un Enlèvement de Troserpiiie sur toile et d'un Massacre des innocents, ce dernier peint sur panneau, par Henri van Balen, le vieux, outre une réduction sur panneau du susdit Enlèvement, qui pourrait bien avoir été exécutée par notre maître, car le texte ne nous paraît pas très clair en cet endroit, et une petite Madone représentée au milieu d'une guirlande de roses.
Tous ces tableaux étaient encadrés, aussi bien qu'une
'Bataille de Lépatite, sur toile, un panneau représentant 'Bacchus, Cérès et une troisième figure nommée Thyrès dans l'acte, et que nous soupçonnons être Vénus, et une T^êche de 'Diane, également sur panneau. Le document signale encore l'effigie sur panneau du roi régnant de France, qui était à cette époque Louis XIIL
Trois portraits de famille décoraient, en outre, l'appartement. C'étaient ceux de Henri van Balen, le vieux, lui-même, et de sa femme Marguerite Briers, peints sur panneau et encadrés. Le troisième était celui de Gaspard Briers, l'aïeul de Marguerite, qui n'est pas autrement mentionné. Il est à regretter que l'inventaire ne nous fasse pas connaître l'auteur ou les auteurs de ces effigies. Celle que van Dyck avait peinte, d'après le maitre, était-elle du nombre ? Ce grand artiste avait-il aussi reproduit celle de la tcmme de son premier professeur ? Il ne nous est pas possible de résoudre cette question.
Dans une chambre donnant sur la rue, au rez-dechaussée, se trouvaient une toile représentant VHistoire d'Ulysse et un tableau de perspective de Gerbrand (Gcerbrant), panneau encadré. Nous avons vainement recherché quel était cet artiste, qui devait être en renom à cette époque, et qui nous paraît simplement indiqué ici par son prénom. L'ameublement artistique de cette place comprenait encore un 'Paysage de de Momper, sans nul doute de Jossc de Momper, le jeune, le collaborateur de Henri van Balen, l'ancien, deux Fues chanipclies de Pierre Snayers, un Christ en croix, peint par van Balen lui-même, un Ensevelissement du Sauveur, dont le maître n'est pas indiqué, et surtout une petite composition de Pierre-Paul Kubens, représentant la
5'" Vierge, 5' Joseph et S' ^iiloiiie. Tous ces tableaux étaient peints sur bois et encadrés.
Le corridor était orné d'une petite ÎSCadouc, également peinte sur panneau et encadrée. L'inventaire signale en cet endroit un petit candélabre de cuivre, dans lequel brûlait indubitablement tous les samedis une lumière en l'honneur de la S"' Vierge, d'après la pieuse coutume des Anversois.
Une chambre au-dessus du bureau donnant sur le jardin et qui renfermait l'encadrement de bois d'un autel, contenait une Ojjyaiidc des Irais î]Cai^'es, sur panneau, cinquante-sept esquisses peintes sur la même matière et onze autres sur toile. Qiiinze autres esquisses sur panneau se trouvaient dans la chambre, à côté de la précédente.
Dix autres, tant sur bois que sur toile, turent annotées dans une chambrette, au-dessus de la galerie qui régnait le long d'une cour.
On y voyait aussi une esquisse en grisaille de Jean Rottenhammer, ayant pour sujet V^ssomptioii de la ^■te Vierge.
L'inventaire signale encore quarante-sept esquisses sur toile et sur panneau, dans une autre chambrette, audessus de ladite galerie.
L'appartement situé au-dessus de la grande cuisine était orné, entre autres, de deux portraits de Henri van Balen, le vieux, de ceux de tous ses enfants, représentés sur un seul panneau , des effigies de leur mère, de Guillaume van Balen, père de Henri^ et de Madeleine Briers, sa belle-sœur. Toutes étaient exécutées sur bois. Celle du bon paysagiste Martin Ryckaert, qui décorait la môme chambre, était sur
toile (i), tandis que celle du roi d'Espagne Philippe III, père du roi régnant Philippe IV, était sur panneau. On remarquait, en outre, au même endroit, le Sauveur déposé de la croix, petit tableau à deux volets, probablement un antique, un Christ eii croiXy trois léopards, sur toile, deux visages (troniën) (2) sur un seul panneau, et enfin le Jugement de V^idas, également sur panneau.
Dans une chambre située au-dessus de celle du rezde-chaussée, qui donnait sur le jardin, on trouva quatre petites esquisses de visages d'hommes et d'enfants, peintes sur toile et une petite plaque de marbre sur laquelle avait été ébauché un Crucifix.
L'inventaire mentionne les tableaux suivants dans la chambre, située au-dessus de la grande, qui donnait sur la rue : quatre petits Paysages en grisaille, par Paul Brueghcl (sic^. Ceci nous paraît une erreur évidente : nous croyons qu'il s'agit ici d'un des trois Pierre Brueghel, et probablement du vieux ou du jeune. Une Chasse de 'Diane, quatre copies représentant les Saisons, une autre ayant pour sujet une Fête de 'Bacchus, un Enlèvement de Troserpine, une T)ianc endormie dans un paysage, au milieu de ses chiens : toutes ces peintures étaient exécutées sur panneau. Les suivantes l'étaient sur toile : une j\iCadone, T)aniel dans la fosse aux lions, des Cardons, un Lièvre, des Herbes vivaces et des 'Poissons. Enfin vingtsix petites esquisses, tant sur toile que sur bois.
(i) On sait qu'Antoine van Dyclc a peint le portrait de Martin Ryckaert et que cette œuvre d'art a été gravée par Jacques Neeffs. Il n'est pas probable que c'est celle-ci que mentionne notre inventaire.
(2) Le mot tronie signifie visage dans le sens ordinaire du mot et trogne, quand celui-ci est pris dans une mauvaise acception.
Dans une chambre, à côté de la précédente, furent trouvés neuf cartons de verrières, grands et petits, exécutés par Richard à la jambe de bois. Cet artiste est désigné par Charles van Mander sous le nom de Rychacrt ^ierts^, ojt Ryck metter stelt, (Richard, fils d'Artus ou d'Arnould, ou Richard à la jambe de bois). M, le chevalier Léon de Burbure a trouvé qu'il s'appelait en réalité Richard Robbesant. Son fils Lambert est, du moins, cité ainsi dans des actes échevinaux, et nous ne doutons pas que ce ne soit là le véritable nom de Richard (i).
(i) D'après van Mander, Richard Aertsz, fils d'un pêcheur, est né en 1482, au village de Wyck op Zee. Une de ses jambes ayant dû être amputée, par suite d'une grave brûlure, il fut obligé de la remplacer par une jambe de bois. Ses dispositions artistiques lui valurent d'être mis en apprentissage à Haerlem, chez Jean Mostert ou Mostaert. Il devint un habile maître, mais les Iconoclastes détruisirent, en Hollande, la plupart des preuves de sentaient. Van Mander ne pouvait pas citer un seul de ses tableaux, qui existât encore, lors de la publication de son Schilder-Bocck (1604). Cet auteur rapporte que Richard vint s'établir à Anvers, où, par amour du repos, il ne s'occupa plus, à !a fin, qu'à peindre, moyennant un prix modique, les nus dans les compositions d'autres artistes. Van Mander n'a pas su qu'il exécutait des patrons pour des verriers. Il se trompe, du reste, ainsi que M. de Burbure en a déjà fait la remarque, lorsqu'il avance qu'il ne destina aucun de ses enfants à la carrière des arts. En effet, un seul de ceux-ci nous est connu, Lambert Robbesant, et les Liggeren nous apprennent qu'il fut reçu dans la gilde anversoise de S*^ Luc, en 1555-1556, comme peintre et fils de maître. Les registres cités mentionnent ses deux élèves, Everard Delfs, admis en l'année citée et Ewald Eeuwoutsen, en 1 561-1562; ce dernier devint franc-maître peintre en 1 564-1 565. Lambert Robbesant avait épousé, d'après les recherches de M. de Burbure, Catherine van der Weyden, fille du peintre Roger, le jeune, et d'Anne Manaerts, qui lui apporta une certaine fortune.
Van Mander était bien informé, lorsqu'il rapporte à l'année 1520, la réception de Richard Aertsz dans la gilde anversoise de S' Luc. Il l'était également, lorsqu'il ajoutait que François Floris, le vieux.
On inventoria, dans la même chambre, dix cartons de vitraux exécutés sur papier par maître Henri van Balen, le vieux, un dessin à la sanguine, également sur papier et encadré de noir, représentant les Israélites mordus par les serpents : c'était une œuvre du vieux François Floris. Les autres objets d'art mentionnés au même endroit, se composaient d'un second dessin sur papier ayant pour sujet une Façade de style italien, une Visitation de la S^"" Vierge, un Banquet des dieux, à l'état d'ébauche, àiÇ:s Singes, tous les tableaux sur panneau, et des Oiseaux peints sur toile.
On annota aux greniers, une face ébauchée de 5' François, une Lucrèce, un visage et deux petits panneaux, non autrement désignés.
Parmi les statuettes, plâtres, etc., qui garnissaient la chambre située au-dessus de la petite cuisine, nous ne citerons qu'une figure anatomique de plâtre du célèbre statuaire Jean de Bologne, un bassin de pierre orné de figures, par maître Robert Rogiers, dit l'inventaire, qui entend parler ici sans doute du ciseleur renommé Théodore Rogiers. Et enfin quatre figures de cire, en basrelief, d'après Pierre-Paul Rubens.
On y trouva aussi un dessin figurant Vliivention de la Sainte Croix, d'anciens cartons de vitraux et une Façade, dans le goût italien, enluminée.
peignit sous ses traits, S^ Luc exécutant le portrait de la 5'« Vierge. On sait que ce tableau orne actuellement le Musée d'Anvers.
Richard Aertsz mourut vers le mois de mai 1577, à l'âge de 95 ans. Il avait épousé Catherine Diericx.
Van Mander, op. cit., p. 247. — Lig^eren, T. I, pp. 94, 193, 194, 228. — Chevalier Léon de Burbure, 'Documents biograpJnques inédits sur tes peintres Gossuin et Tipger van der JVeyden, le jeune. Bruxelles, 1865, pp. II, 12, 13, 22, 23, 24, 25, 26, 28, 29.
Les tableaux suivants ornaient cette chambre : une Madone, sur cuivre, par maître Henri van Balen, le vieux, un portrait sur toile de Léopold l'ancien, une ébauche sur cuivre d'une ^Descente du Sauveur aux limbes, cette dernière de la main de notre peintre, une autre petite Madone, le Sauveur et la S^" Vierge, sur deux plaques diverses,, une troisième Madone ébauchée^ une petite 'Diane endormie, un 'banquet des dieux, quarantehuit esquisses de visages et autres, sur panneaux, quatre autres, sur toile, un petit Tianquct (probablement une table chargée de mets), un Triomphe de la paix, un ^ctéon, d'après Jean Rottenhammer, sur papier. Non seulement cette peinture, mais aussi les deux autres nommées en dernier lieu, étaient des copies.
Il est probable que toutes les esquisses et ébauches citées, sans nom d'auteur, dans l'inventaire, sont l'œuvre de Henri van Balen, le vieux.
Ce document énumère des couleurs et préparations trouvées dans la maison habitée jadis par Henri van Balen, le vieux. On y distinguait une certaine quantité d'outremer, de diverses qualités, substance toujours si chère, de la laque de Florence, de l'émail, etc.
Dans la chambre dont nous venons de parler, se trouvait la majeure partie de la bibliothèque du maître. Elle se composait de livres importants relatifs à l'architecture, aux costumes et à d'autres branches des beauxarts. L'histoire, surtout celle de la Belgique, y occupait une bonne place.
Lors de la clôture de l'inventaire, il fut déclaré qu'une somme de trois cents florins, tant en or qu'en argent, avait été trouvée dans la maison mortuaire.
Il résulte aussi de cette pièce, que Marguerite Briers
avançait de l'argent à des personnes qui s'occupaient du commerce des toiles et que celles-ci lui remettaient de leurs marchandises en nantissement. De là le nombre considérable de lingeries mentionnées dans l'inventaire.
L'état ou décompte de la succession fut présenté le 8 septembre 1639, devant le prédit notaire Henri van Cantelbeck, par Jean van Balen, à maître Théodore van Thulden, époux de sa sœur Marie et cotuteur de ses frères Gaspard et Henri (i). Nous allons analyser cet acte important auquel nous avons déjà fait quelques emprunts, en réservant pour leurs biographies respectives certains détails concernant Henri van Balen, que nous nommerons le jeune, puisque son autre frère Henri, qui fut reçu, en qualité de peintre et de fils de maître, n'atteignit pas l'âge de dix-neuf ans.
Les tableaux et autres objets d'art, ainsi que les meubles, à l'exception d'une partie de l'argenterie, furent vendus publiquement, le 16 mars 1639. Ils rapportèrert 2128 florins 15 sous; toutefois cette somme doit êtic réduite à celle de 14 14 florins 4 sous et 10 deniers. Elle comprenait, en eftet, 331 florins 2 1/2 sous, produits de tableaux, que Jean van Balen et Gaspard, son frère, avaient fait présenter en vente, pour leur compte, dans la mortuaire ; 62 florins 9 sous i liard, prix île deux peintures, qui avaient appartenu exclusivement à Jean van Balen; 146 florins 10 sous, provenant de tableaux que maître Théodore van Thulden avait fait présenter aux enchères ; 154 florins 18 sous, d'autres
(i) Protocoles du notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, anq6e 1639, ^^'^ archives communales d'Anvers. Cet état nous a été signalé par M. F. -Joseph van diia Branden.
tableaux que Barthélemi Bolognino (i) avait obtenu de faire vendre dans la mortuaire ; 2 florins i sou et i liard, prix d'adjudication d'une estampe ayant appartenu à une demoiselle de Haze; i8 florins étaient le montant d'un achat fait par Jean-Baptiste Immenraet et porté abusivement deux fois en compte. Tous ces postes réunis formaient un total de 714 florins 4 sous et 10 deniers.
Un tableau représentant VEîilèveinent de Troserpine, fut vendu de la main à la main, après les enchères, à un journalier , moyennant 25 florins et 5 sous. De façon que le produit net de cette vente s'éleva à 1439 florins 9 sous et 10 deniers.
Notre document nous fait connaître les moyens qui furent mis en œuvre pour parvenir à ce résultat. Il nous apprend que le messager de la gilde de S' Luc alla prévenir, à deux reprises, la nation ou corporation des peintres {de natic van de schildcrs), que les œuvres d'art de l'ancien doyen Henri van Balen seraient vendues publiquement. Ces courses lui rapportèrent i florin et 12 sous; on lui paya 12 autres sous, pour le droit qui lui revenait à cause de la vente même. Les hommes de paille, comme on dit vulgairement, étaient déjà connus à cette époque. L'état ou décompte de la succession contient, en eff"et, un poste de 6 florins, dont furent gratifiés les artistes qui s'étaient rendus à la mortuaire, dans le but de faire monter les enchères des tableaux.
(i) Ce Barthélemi Bolognino était peintre. Il fut inscrit en 1617- 1618, en qualité d'apprenti d'Abraham Janssens, le vieux, et reçu franc-maître, en 1621-1622. Voyez les Li^geren cités, T. I, pp. 541 et 576.
L'argenterie qui fut vendue à main ferme, produisit 172 florins et 4 sous.
Nous avons vu qu'une clause du testament de Marguerite Briers enjoignait à Marie van Balen, femme de Théodore van Thulden, de faire rapport à la succession de sa mère de ce qu'elle avait reçu, lors de son mariage, au-delà de sa part des biens paternels, à moins qu'elle ne préférât laisser déduire ce surplus de ce qui lui reviendrait dans la mortuaire de la testatrice.
L'état présenté par Jean van Balen nous apprend que la part des biens du vieux Henri van Balen, qui revenait à sa sœur, montait à 1200 florins, tandis qu'elle en avait touché 4000, lors de son mariage, d'après une quittance délivrée à cette époque (1635), par Théodore van Thulden. En vertu de l'option qui lui avait été laissée, elle rapporta à la succession de sa mère, les 2800 florins, qu'elle avait touchés au-delà des 1200. Son mari remboursa, en outre, 102 florins, dont il était redevable à la mortuaire (i).
Nous avons vu ci-dessus que- Henri van Balen fut un des tuteurs des mineurs de Jean Brueghel, de Velours. On bonifia à la succession de Marguerite Briers une somme de 200 florins, qui hii revenait d'Ambroise et de Claire-Eugénie Brueghel, par suite d'un décompte que l'état présenté par Jean van Balen expHque longuement et sur lequel nous croyons inutile d'insister.
Ce document nous apprend que la maison à l'enseigne de VHomme sauvage, longue rue Neuve, qu'avait habitée
(i) On voudra bien se rappeler, que pour se rendre compte de la valeur de l'argent à cette époque, comparée à la nôtre, les sommes mentionnées dans cette biographie doivent être multipliées par 5.
la veuve d'Henri van Balen, fut présentée en vente publique, au marché du Vendredi (i). Elle fut retenue, faute d'enchères suffisantes.
La maison S'^ Anne, située dans la rue des Béguines ou Breedestrate (rue large) et acquise, en 1582, par les parents de van Balen, fut vendue par le fripier-crieurjuré Henri Wildens, moyennant la somme de 1624 florins, laquelle, après déduction des rentes dont elle était grevée, revenait à 924 florins.
L'état mentionne encore un tiers de 126 arpents de terre, situés à Ettenhoven et à Austruweel et qui étaient en partie inondés. Ces biens provenaient des parents de Marguerite Briers et avaient été administrés par son frère Gérard, écoutète d'Eeckeren et d'Ettenhoven. Celui-ci avait été actionné en partage de ces 126 arpents, restés indivis, par son frère Philippe et sa sœur Marguerite, et ce procès paraissait terminé par une sentence arbitrale, lors du décès de cette dernière. Qu'il nous suffise, du reste, de dire ici que ces immeubles ne furent pas vendus, pour compte de sa mortuaire.
Les recettes montèrent à 9007 florins 6 1/4 sous ; mais nous avons vu, qu'outre les biens sis à Ettenhoven et à Austruweel, la belle et importante propriété de la longue rue Neuve était restée en commun.
Les dépenses de la succession s'ouvrent par celles auxquelles donna lieu l'administration, le service funèbre et l'enterrement de la défunte. On verra que les particularités qui les concernent sont des plus intéressantes pour la connaissance des usages de cette époque. Ainsi
(i) C'est là qu'avaient lieu à cette époque et bien plus tard, les ventes d'immeubles.
nous lisons qu'on remboursa à Théodore van Thuldcn, l'honoraire d'un florin et quatre sous, qu'il avait avancé lorsque Marguerite Briers fut munie des Saints Sacrements des mourants. Le rez-de-chaussée de la maison de la défunte fut tendu d'étoffes funèbres, le jour de l'enterrement. Le chœur de l'église de S' Jacques fut également tendu de baïette, à cette occasion. Deux prieurs d'enterrements vêtus d'une queue traînant jusqu'à terre, précédaient la famille de la défunte. Il s'y joignit un troisième qui avait été, en semblable attirail, inviter au service funèbre les amis et connaissances de Marguerite Briers et des siens. On se présenta trois fois à l'oftrande ; celle de la flimille, fut d'un florin lo sous, pour la première lois, d'un florin 4 sous pour la deuxième, et de 13 sous pour la troisième, ce qui fait un total de 3 florins et 6 sous.
Cette coutume est tombée actuellement en désuétude à Anvers, où la famille des défunts et leurs amis ne se présentent qu'une fois au baisement de la patène, mais elle reste en vigueur dans quelques villages de l'archidiocèse de Malices.
Les personnes étrangères qui avaient assisté au service funèbre reçurent, de la part de la mortuaire, leurs deniers d'offrande du cirier Matthieu de Reyger, qui avait été chargé de toutes les fournitures relatives à sa profession et qui toucha, de ce chef, ainsi que de ses avances prédites, la somme, considérable pour l'époque, de 214 florins iS 1/2 sous.
Les droits payés au clerc ecclésiastique de S' Jacques, Daniel van Maldergem, s'élevèrent à 43 florins J2 sous. Rendons ici en passant, hommage à la mémoire de ce digne homme, qui, dans ses registres d'enterrements.
eut soin d'indiquer hi profession des artistes qu'il y mentionnait.
Les ordres mendiants, à savoir les Dominicains, les grands Carmes (J^icve-Vrouwe-Broeders), les Bogards, une des branches de l'ordre de S' François d'Assise, et les Augustins assistèrent à la cérémonie funèbre et reçurent chacun i florin, pour leur comparution.
Les pauvres aliénés et enfants trouvés touchèrent une aumône de i6 sous^ pour un semblable motif.
Nous sommes persuadé que toutes ces cérémonies et celles qui vont suivre, ont été observées, lors des derniers devoirs qui furent rendus à Henri van Balen, le vieux.
Le prêtre Laurent Gillis célébra, pendant six semaines, la messe pour le repos de l'âme de la défunte et toucha, à cette occasion, un honoraire de 21 florins. Pendant le même espace de temps, un simulacre de bière, revêtu d'un drap funéraire, fut placé dans l'église et gardé par Josine Noirots, qui reçut pour ce service une rémunération de 9 florins.
La fabrique de S' Jacques toucha 6 florins pour la grande sonnerie du jour de l'enterrement et 10 florins 10 sous, pour celles des tentures du chœur qu'elle avait fournies directement et pour le droit de place du simulacre de bière, dont nous venons de parler. Les sonneui s reçurent, en outre, une gratification de 5 sous.
Les doyens de la gilde de S' Luc furent invités à venir rendre les derniers devoirs à la veuve de leur ancien confrère, et la personne chargée de ce message s'en acquitta, moyennant un florin.
Le graveur Jean Galle, doyen en exercice en 1638, donna quittance des 4 florins de la dette mortuaire de
Marguerite Briers, ainsi que des 24 florins qui avaient été assignés aux chefs de la corporation pour être dépensés entre eux, le jour du service funèbre (i).
Les marguilliers de S' Jacques accompagnèrent le corps de la défunte, qui avait fait à leur église un legs de 25 florins (2).
Ce que nous venons de narrer prouve suffisamment qu'on fit à la veuve d'Henri van Balen, le vieux, un service funèbre de première classe.
D'après l'ancienne coutume, la famille de la défunte se réunit à un repas, le jour des funérailles.
L'état de la mortuaire mentionne, à cet égard, une dépense de 12 florins, pour frais divers, outre une de 2 florins et 10 sous, montant du salaire du maître d'hôtel, qui avait préparé les mets.
L'état de maison de Marguerite Briers fut continué sur l'ancien pied, pendant les six semaines qui suivirent son décès, et sa succession paya de ce chef 86 florins et 17 sous,
Jeanne van der Ryt, veuve de Gaspard Briers, parait
(i) La recette des 3 florins 8 sous de la dette mortuaire d'Henri van Balen, le vieux, est mentionnée dans le compte de la gilde de 1631-1632 : celle de 3 florins 4 sous {sic) de la même dette de Marguerite Briers, dans le compte de 1638-1639. Li^geren cités, T. II, pp. 32 et 108.
(2) Nos pères avaient l'habitude de faire un legs à leur église paroissiale. Le chevalier Jacques Dassa, ancien premier bourgmestre d'Anvers et échevin en charge, étant venu à décéder en 1615, la fabrique de S' Jacques toucha, le 3 janvier 16 16, de sa mortuaire la somme de 25 florins, à cause que ses marguilliers, revêtus de leurs toges, avaient accompagné le corps du défunt, lors de son enterrement. Il fut acte dans le journal de l'église de 1613 à 1618, que ces 25 florins tenaient lieu de legs. Et cela fut peu à peu observé généralement ainsi.
l'avoir précédée dans la tombe, puisque les enfants de Henri van Balen payèrent, d'après l'état prédit, un tiers, soit 2 florins et 8 sous, pour la célébration de son anniversaire. Ils soldèrent aussi le restant de ses frais funéraires.
Marguerite Briers était restée débitrice envers Guillaume CoUaert (i) de la somme de 365 florins, pour fourniture de petites gravures ou images sur parchemin (percqiuDuiilc belchcus). Les héritiers lui payèrent un à compte de 156 florins; ils restaient donc redevables de 209 florins.
Ce poste et d'autres encore prouvent que la liquidation de la mortuaire ne fut complète que pour certains articles. Des biens et des dettes restèrent indivis.
La grande quantité d'images vendues par Collaert nous donne à présumer que la veuve d'Henri van Balen en faisant commerce, tout comme un poste des créances irrécouvrables, nous semble prouver que son mari faisait le négoce des tableaux, ainsi que plusieurs de nos anciens maîtres. En effet, d'après l'état présenté par Jean van Balen, Guillaume Wittebroot, fabricant de bas et marchand d'objets d'art (2), restait redevable de la somme de 717 florins, pour achat de tableaux, et le poste qui le concerne, provient évidemment, par la place qu'il occupe, de la mortuaire d'Henri van Balen, le vieux.
Parmi ces créances désespérées en figurait une de 61 florins et 6 sous, due par obligation en date du 29
(i) Graveur, reçu dans la gildc de S^ Luc, comme fils de maître, en 1627-1628. — Liggeren cités^ T. I, p. 650.
(2) Il fut reçu, en 1600-1601, franc-maître de S* Luc, comme marchand d'objets d'art. La gilde l'autorisa, en 1621, à faire une vente publique de tableaux. Liggeren cités, T. I, pp. 412 et 572.
décembre 1625, par Guillaume Neeffs, ancien élève d'Henri van Balen, le vieux, que nous comptons faire connaître de plus près dans une autre biographie.
Nous réservons à celle d'Henri van Balen, que nous avons nommé le jeune, les détails que notre document renferme au sujet de ce maître.
Nous dirons donc, pour terminer, que la masse à partager de la partie liquidée de la succession montait à 3517 florins et 19 sous. Il revenait par conséquent à chacun des quatre enf:ints suivants de Henri van Balen, le vieux, et de Marguerite Briers, 879 florins 9 3/4 sous.
Quiconque voudra comparer notre travail avec ceux des auteurs qu'on appelait encore, il y a peu d'années, les biographes des peintres flamands, pourra juger de la différence qu'il y a entre rédiger d'après les documents authentiques, ou d'après les mémoires des amateurs. Qiiant à la valeur artistique de notre maître, nous devons à nos devanciers la justice de reconnaître qu'ils l'ont mieux appréciée que quelques écrivains de notre temps (i).
(i) Cette notice est datée du 13 novembre 1872.
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Jean VAN BALEN
(en flamand Jan VAN BALEN)
ean van Balen, fils d'Henri van Balen, le vieux, |et de Marguerite Briers, naquit à Anvers, ainsi ique nous l'avons dit dans la biographie de son père, et y fut tenu sur les fonts, le 21 juillet 161 1, dans l'église S' Jacques.
Nous avons fait connaître, dans la vie citée, les noms de ses répondants de baptême.
Il apprit la peinture de son père et voyagea, comme lui, en Italie.
C'est ce que nous apprend l'inscription placée audessous de son portrait, publié en 1649, par Jean Meyssens dans ses Images de divers hommes d'esprit sublime, qui par leur art et science devront vivre éternellement et desquels la louange et renommée faict estonner le monde.
Il est certain que Jean van Balen a été reçu dans la gilde de S' Luc, en qualité de fils de maître. C'est ce que prouve sufiisamment le paiement de sa dette mortuaire et de celle de sa femme. Et pourtant ni les Liggeren ni les comptes de la corporation ne mentionnent son admission.
Est-ce une omission, comme celle d'André Lanckmans, élève du sculpteur Fursi Cardon, en 1603, et inscrit
seulement en cette qualité, en 1616-1617 (i), est-ce un oubli ?
Nous ne saurions résoudre cette question.
Les singularités de ce genre ne sont pas très rares, du reste, dans les Liggeren, et nous les avons rencontrées plus d'une fois, notre collaborateur M. Philippe Rombouts et nous, en préparant la publication de ces documents.
Nous avons dit, dans la biographie d'Henri van Balen, le vieux, que sa veuve Marguerite Briers avait désigné leur fils Jean van Balen, en quaHté de co-tuteur de leurs enfants mineurs.
Nous avons vu aussi que cet artiste avait rendu compte, en 1639, de la succession de sa mère, dont une partie, tant de l'actif que du passif, était restée indivise.
Parmi les postes qui étaient restés en commun, en figurait un de 1200 florins, qui avaient été assignés à notre maître, pour sa part des biens paternels, d'après le testament mystique de ses parents. Cette part avait été hypothéquée par sa mère, comme nous l'avons rapporté ailleurs, sur la maison à l'enseigne de l'Homme sauvage {de Wildeman), longue rue Neuve, dernière demeure des auteurs de ses jours.
Le 9 septembre 1639, notre peintre passa une procuration, devant le notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, en faveur de son beau-frère Théodore van Thulden, qui, comme nous l'avons vu, lui avait été associé dans la tutelle de ses frères mineurs Gaspard et Henri van
(i) Les Liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Sailli Luc, transcrits et annotés par Ph. Rombouts et Tii. van Lerius, avocat, T. I, p. 529.
Balen. Il l'autorisa à administrer, en son nom et au leur, les biens qu'il possédait en commun avec ceux-ci et leurs consorts, et cela de la manière la plus ample. 11 lui donna aussi les pouvoirs les plus étendus, pour sortir d'indivision avec son oncle maternel Gérard Briers, écoutète de la seigneurie d'Eeckeren. Van Thulden fut chargé également de transférer à Claire-Eugénie Brueghel, fille de Jean Brueghel, de Velours, et de Catherine van Marienbourg, une rente perpétuelle de 4 florins 2 sous un demi denier, argent de Brabant, qui lui revenait du chef de la tutelle d'Henri van Balen, le vieux. Il fut enfin rendu habile à répondre, au nom du constituant, aux procédures pendantes entre lui, ses consorts et ledit Briers, à celles qui pourraient surgir d'ailleurs, et reçut pouvoir de se substituter d'autres procureurs (i).
Jean van Balen était entré dans sa vingt-neuvième année, lorsqu'il passa l'acte que nous venons d'analyser. Il n'est dit nulle part dans ce document que l'artiste fut malade ou indisposé, de façon qu'on peut se demander si ce n'est pas en 1639 qu'eut lieu son voyage en ItaHe. Quoi qu'il en soit, notre peintre se trouvait à Anvers, le 9 septembre 1641, comme le constate un acte reçu, ce jour-là, par le notaire Guillaume le Rousseau.
Il s'agit dans ce document du transfert de la moitié d'une rente de iioo florins et des arrérages d'icelle, depuis 1628, hypothéquée sur certaines terres, alors
(i) Minutes du notaire Henri van Cantclbeck, le vieux, aux archives communales d'Anvers. Cette pièce nous a été signalée par M. F.-Joseph van den Branden.
inondées et sises à Austruweel. Jean Brueghel, le jeune, et David Teniers, le jeune, en leur qualité de tuteurs d'Ambroise Brueghel et de Claire-Eugénie Brueghel, enfants de Jean Brueghel, de Velours, et de Catherine van Marienburg, firent ce transfert à Jean van Balen et à Théodore van Thulden, comme époux et tuteur de Marie van Balen, tant en leur nom qu'en qualité de tuteurs de leur frère et beau-frère Henri van Balen (i). C'est vers cette époque que notre artiste résolut de s'étabUr : il avait recherché Jeanne van Weerden, fille de Pierre, jeune fille appartenant à une famille considérée d'Anvers, et ses vœux avaient été agréés. Aussi leur contrat de mariage fut-il reçu le 8 mai 1642, par le notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux, dans la maison de son futur beau-père, située dans la. ^eyerstraet. Van Balen y comparut, assisté de Théodore van Thulden, son beau-frère, de Jean van Ceulen (2) et du célèbre peintre Jean Wildens, ses bons amis. Jeanne van Weerden contracta en présence de son père, de Josine Nys, épouse de celui-ci, et, par conséquent, belle-mère de la jeune fille (3), de Jean van Weerden,
(i) Protocoles du notaire Guillaume le Rousseau, aux archives communales d'Anvers.
(2) Jean van Ceulen, issu de Barthélemi (Jan de Barlholotneo van Ceulen), remplit en 1636, les fonctions d'aumônier d'Anvers. Ce respectable corps s'est toujours recruté, comme on sait, parmi les familles les plus distinguées de notre ville. — Dry-honderd-vyftigjaerige Jubilé van den dienst der agtbaere Heeren Aelmoessenieren der stcid Antwerpen, qevierd den vyfden van Wintermaend MDCCCVIII, bl. 60.
(3) Pierre van Weerden, fils de Jean et de Jeanne Bruynincx, fut baptisé dans la cathédrale, le 17 juin 1585. Il épousa Josine Nys, dans le quartier sud de ladite église, le 20 novembre 16 18. Nous
son oncle, à cette époque receveur général et plus tard échevin et second bourgmestre (binnen-burgemeestef) d'Anvers (i), de Jean Olimaers, son oncle par alliance,
n'avons pu découvrir l'acte de baptême de Jeanne van Wcerden.
Pierre van Weerden avait été l'associé de son frère Jean, dans le commerce des draps de soie. Ils liquidèrent en 1637, et Pierre reçut, entre autres, pour sa part, la grande maison à l'enseigne des trois Taupes (de dry MoUen), au Kipdorp, un jardin avec une maison de plaisance et cinq habitations, nommé Kaltenher^ (mont aux Cliats), dans la Meyerstraei (eencii criiydthûff met speeJhuys en vyff ïuootim^en) et une grande maison connue sous la dénomination de l'Aigle d'or, dans ladite Meyerstract. C'est probablement celle qu'il habitait en 1642.
Pierre van Weerden était, en 1637, aumônier d'Anvers; il avait été élu en cette qualité, l'année précédente. — Trotocoles scahinaiix de 1637, vol. I, fol. 238. — Communiqué par M. Fr. -Joseph van den Branden. Voyez aussi l'opuscule cité, page 60.
Notre Pierre fut reçu membre de la chambre de rhétorique de la Giroflée (Fwîiere) en 1648-1649. Liggeren, T. II, p. 204.
(i) Jean van Weerden, frère du précédent, fut baptisé dans la cathédrale, le 2 mars 1589. Il se maria au quartier sud de cette église, le 8 juillet 1617, avec Marie van Severdonck. Leur fille Ursule- Claire fut tenue sur les fonts de Notre-Dame, sud, le 1 5 novembre 1634, par le célèbre peintre Gérard Zegers et Ursule Bonnecroy, famille dont le nom n'est pas inconnu dans l'école anversoise du XVII*; siècle. Jean van Weerden, frère de la précédente, baptisé dans le même quartier de la cathédrale, le 28 janvier 1621, rempUt les fonctions d'échevin de sa ville natale, en 1665. C'est en cette annéelà que le peintre de mérite Jean Peeters lui dédia des vues de villes barbaresques, gravées sur ses dessins, par Luc Vorsterman, le jeune, en le qualifiant de Mécène perpétuel des peintres.
L'ancien second bourgmestre Jean van Weerden, qui avait été anobU, décéda le i décembre 1664 et fut enterré dans l'église de St Jacques, dont il avait été chef-marguillicr (opperkerkmeester). Sa femme l'avait précédé dans la tombe le 19 septembre 1661 et avait été inhumée dans le même temple. La porte d'entrée méridionale du chœur de S' Jacques y conserve le souvenir des deux époux. Ce portique de marbre, oeuvre du statuaire Sébastien van den Eynde, lui fait plus d'honneur sous le rapport de l'architecture, que sous celui de la sculpture.
de Jeanne van Weerden, femme du précédent et tante de la future, et du Révérend Augustin Nys, curé de Rumpst, frère de Josine N3's. Jean van Balen et Jeanne van Weerden, déclarèrent d'abord qu'ils avaient décidé de s'unir en mariage, à la gloire de Dieu^ si leur projet pouvait être mené à bonne fin, du consentement de leur mère la sainte église catholique. Ils ajoutèrent qu'ils s'étaient mis d'accord, à l'égard de leurs biens nuptiaux, dont il devait être dressé un bon et pertinent état, avant la consommation du mariage, état qui serait suivi, lors de sa dissolution. Dans ce cas, les biens de chacun des futurs ou leur valeur devaient retourner à la famille dont ils provenaient. Si la future survivait à son fiancé, elle avait droit à une somme de 3000 florins, en guise de douaire. Van Balen devait toucher pareille somme, en cas de prédécès de sa femme. Le survivant était autorisé, en outre, à retenir ses vêtements de soie, de linge et de laine, ses joyaux, ses bagues et bijoux et, en général, tout ce qui servait à l'ornement et à la couverture de la tête et du dos Çsic). L'artiste avait droit, en outre, dans ce cas, à la conservation de ses armes. Les acquêts devaient être divisés par moitié entre le survivant et sa postérité. A défaut de celle-ci, les parents du prémourant prendraient leur place (i).
Le 31 mai de cette même année 1642, Jean van Balen et Jeanne van Weerden reçurent la bénédiction nuptiale, dans l'église S' Georges, en présence de Pierre van Weerden et de Théodore van Thulden. Ils n'eurent qu'un enfant, Pierre, tenu sur les fonts de ladite paroisse.
(i) Minutes du notaire Barthélemi van don Berghe, le vieux, 1642, p. clxxvj, aux archives de la ville d'Anvers,
le 28 mars 1643, par son aïeul Pierre van Wecrden et Marie van Balen, sa tante, femme de Théodore van Thulden.
Il est plus que probable que la naissance de ce fils coûta la vie à sa mère^ puisque celle-ci décéda le 6 avril suivant, c'est-à-dire neuf jours après le baptême. Jeanne van Weerden fut enterrée à S' Jacques, auprès des parents de son mari. La recette de sa dette mortuaire figure dans le compte de la gilde de S' Luc de 1642- 1643 (i).
Nous ferons connaître plus loin ce que nous avons pu découvrir relativement à son fils.
Jean van Balen survécut un peu plus de onze ans à sa femme. Il décéda le 14 mars 1654 et fut inhumé près d'elle à S' Jacques (2). Son service funèbre de première classe fut célébré dans la cathédrale, le 17 mars suivant, après quoi son corps fut transporté à sa dernière demeure. Le clerc de S' Jacques annota que toutes les cloches de cette église furent mises en branle, lors de cette triste cérémonie^ et accuse une recette de 15 florins 7 sous, du chef de cet enterrement. Il nous apprend aussi que le clergé alla prendre le cadavre de l'artiste dans la V^eyerstraet, dont il change par erreur le nom en ïhCeyslraet. Il est donc probable que Jean van Balen est mort dans la maison habitée, en 1642, par son beau-père Pierre van Weerden et où fut passé son contrat de mariage. Sa dette mortuaire est renseignée dans
(i) Liggcren cités, T. II, p. 142.
(2) Nous avons donné l'inscription de leur pierre sépulcrale, dans la biographie d'Henri van Balen, le vieux.
le compte de la gilde de S' Luc de 1653-1654, au jour même de son décès (i).
Le maître a peint lui-même son portrait, qui fut gravé par Wenceslas HoUar, pour l'ouvrage de Jean Meyssens, dont nous avons parlé, et reproduit dans le Gulden Cabinet de Corneille de Bie (2). Van Balen tourne vers le spectateur sa figure spirituelle, qui est ornée de moustaches et de quelques poils ras au-dessus du menton. Ses cheveux sans apprêt lui descendent jusqu'au cou. Sauf un col blanc rabattu, il est entièrement vêtu de noir, et retient son manteau de la main gauche.
Nous savons donc que notre artiste était peintre de portraits. L'inscription placée au-dessous de son effigie, nous dit qu'il exécutait non-seulement des oeuvres de grande dimension, mais aussi des tableaux de chevalet.
Jean-Baptiste Descamps (3) assure que son principal talent réside dans ceux-ci. Il ajoute que sa manière se rapproche tellement de celle de son père, qu'on a de la peine à distinguer leurs travaux. Nous savons de bonne part que cette remarque est fondée ; nous savons aussi que le fils traita les mêmes sujets qu'Henri van Balen, le vieux. Le peintre-auteur français reconnaît à Jean van Balen un pinceau agréable, des couleurs vives et brillantes et des airs de tête dans le goût de l'Albane. Il termine, en affirmant que son séjour en Italie n'a pas rendu son dessin plus correct.
Jean Immerzeel junior, que son commerce étendu
(i) Liggeren cités, T. II, p. 256.
(2) Page 119.
(3) La vie des peintres flamands, allemands et hollandais, T. II, p. 195. Paris, MDCCUV,
d'œuvres d'art avait mis à même de beaucoup voir et comparer, porte un jugement très favorable du talent de notre maître. Après avoir dit qu'il acquit un bon goût de dessin en Italie, il ajoute qu'il se distingua dans la peinture des petits enfants^ des cupidons et des nymphes, dont il étoffa fréquemment ses compositions. Ses tableaux, poursuit-il, sont d'une bonne ordonnance, son feuiller touché prestement, et ses fonds ornés agréablement de plantes et de troncs d'arbres, exécutés avec esprit. La carnation de ses figures se distingue par son ton argentin et sa fraîcheur , son coloris est, en général, transparent, et ses airs de tète font songer à ceux de l'Albane.
On conviendra sans doute avec nous, que l'auteur hollandais a mieux étudié les œuvres de Jean van Balen que Descamps.
Les deux volumes de catalogues de ventes de tableaux, publiés au siècle dernier, par Gérard Hoet et Pierre Terwesten, ne mentionnent aucune production de notre maître. Le tome troisième, que le dernier de ces peintres fit paraître, en 1770, ne contient pas, non plus, le nom de Jean van Balen. Nous croyons cependant qu'il signale quelques-unes de ses œuvres. Il énumère, en effet, à la page X de sa table et à la suite d'un nombre considérable de compositions d'Henri van Balen, le vieux, trois tableaux peints dans sa manière, et nous avons vu que celle de Jean en tenait beaucoup.
Ce sont : 1° Vénus et Ciipidon, qui valurent 25 florins, lors d'une vente qui eut lieu à la salle de la confrérie des peintres, à la Haye, le 3 mai 1729 ; 2° Le bain de Diane, finement exécuté, adjugé à 26 florins, à Amsterdam, le 2 avril 1754 ; et 3° un Taysage avec figures.
vendu i6 florins, à Bruxelles, le 22 mai 1758, lors de la dispersion de la belle collection de M. Martin Robyns. Le paysage de ce tableau étant attribué à Jean Brueghel, de Velours, avec qui Jean van Balen n'a jamais pu associer son talent, il faudra songer ici à Jean Brueghel, le jeune. Nous croyons superflu de faire observer ici, que tous ces tableaux ont été vendus à des époques auxquelles les œuvres d'art étaient généralement aliénées à bas prix.
La galerie du Belvédère, à Vienne, possède de notre maître deux peintures exécutées d'après Pierre-Paul Rubens. En voici la description, selon le Catalogue de M. Albert Krafft, publié dans ladite ville, en 1853 * « La Madone avec l'enfant Jésus endormi sur son sein, est assise sous un berceau devant un bâtiment magnifique ; devant elle, S' Jean jouant avec son agneau et deux autres enfants. Derrière elle, S' Georges avec un drapeau, et deux saintes femmes. Au fond, un paysage avec S' Joseph qui dort appuyé contre un arbre. — Cuivre, h. i'4 1/2" 1. l'io 1/2", » mesure de Vienne. — « Pièce de conversation connue sous le nom de Jardin de r amour. Il y a Rubens lui-même avec ses deux épouses et plusieurs autres personnes qui s'amusent dans un jardin, près d'une fontaine. — Vingt-quatre petites figures. Bois, h. 2^4" 1. 3'4", » même mesure (i).
Notre artiste avait eu, en 1635, l'honneur de travailler avec son frère Gaspard à la galerie de la place de Meir et à l'arc de triomphe du pont S' Jean, érigés à l'occasion de l'entrée solennelle du cardinal-infant Ferdinand.
[i) Catalogue cite, pp. 114 et m.
Ils avaient eu pour associés dans ce travail les célèbres peintres Théodore van Thulden, leur futur beau-frère, Jean de Labare et Érasme Quellin (i).
Le musée d'Anvers ne possède aucun tableau de Jean van Balen.
Au décès de ce maître, son fils Pierre aillait atteindre la fin de sa onzième année. Nous voyons dans un document concernant la succession d'Henri van Balen, le jeune, oncle de l'enfant, que notre mineur eut pour tuteurs Augustin Nys, curé de Rumpst, frère de Josine, femme de Pierre van Weerden, son aïeul, et Théodore van Thulden, également son oncle. Nous ferons connaître dans la biographie d'Henri van Balen, le jeune, les singuliers emprunts que celui-ci avait faits à son neveu.
Un autre document nous fait savoir qu'en i66r, Pierre van Balen apprenait les langues latine et française, qu'il était membre d'une des sodalités érigées chez les Pères Jésuites, sans doute de celle des étudiants, et qu'il recevait l'éducation d'un enfant de bonne maison (2).
Les registres de S' Georges mentionnent au 7 juillet 1665, le mariage de Pierre van Balen et d'Adrienne- Anne Creyns. Il fut contracté avec dispense de deux bans, et après que les futurs époux eurent fait serment qu'il n'existait entre eux aucun empêchement canonique. Jacques Jordaens^ peut-être le célèbre peintre de ce
(i) ^ntwerpsch .yirchievenblad, T. VII, pp. 47, 48.
(2) Minutes du notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, aux archives communales. Ces deux pièces nous ont été communiquées par notre ami, M. Pierre Génard, archiviste communal.
nom (i), et Jean Boeckhorst, dit Jean le long, {lange /a;/), artiste de grand talent, furent leurs témoins.
Nous présumons que cet acte se rapporte à notre Pierre van Balen, nous en aurions la certitude, si un seul des témoins appartenait à sa famille, ce qui n'est pas le cas.
Nous avons consulté les tables de tous nos registres de baptêmes de 1666 à 1685, sans avoir découvert aucun enfant issu du mariage que nous venons de citer. Au reste, depuis 1665, nous n'avons plus trouvé nulle part mention de Pierre van Balen (2).
(i) Nous en doutons, parée qu'il existait, à cette époque, à Anvers, plus d'un Jacques Jordaens. En outre, le célèbre peintre de ce nom avait apostasie, au moins en 1660. C'est ce que prouve le serment qu'il fit à Anvers, cette année-là, entre les mains de Philibert Schoyte, commissaire du conseil de Brabant, lors d'une enquête tenue par ce magistrat. Le maître y prit seulement Dieu à témoin, rejetant ainsi l'invocation des Saints. Si le curé de S' Georges a été informé de ce fait, qui, sans doute, n'aura pas été isolé, il est certain qu'il n'aura pas admis Jordaens comme témoin d'un mariage. — Voyez L. Galesloot. Un procès pour une vente de tableaux attribués à i.4ntoine van Dych. — 1660- 1662. annales de l'^cadèniie d' archéologie de 'Belgique. T. XXIV. — 2'^ série, T. IV, p. 6ûi .
(2) Cette notice est datée du 2 décembre 1872.
Gaspard VAN BALEN
(en flamand Gaspar ou Jaspar VAN BALEN) (i)
•Sj^^i^^^ e peintre fut le second fils de ce prénom f iÊiwÉ d'Henri van Balen, le vieux, et de Marguerite (c?^^^ Briers, Comme nous l'avons dit, dans la vie de son père, il naquit à Anvers, et y fut baptisé dans l'église de S' Jacques, le 12 mai 161 5. Il apprit probablement son art de l'auteur de ses jours, mais nous en sommes réduit, sous ce rapport, à des conjectures. Quoi qu'il en soit, Gaspard van Balen fut reçu, en 163 1- 1632, dans la gilde de S* Luc, en qualité de fils de maître (2).
Au décès de son pèrc^ notre artiste était entré dans sa dix-huitième année ; il avait dépassé sa vingt-troisième lors de la mort de sa mère. Celle-ci, comme nous l'avons vu ailleurs, lui donna pour tuteurs testamentaires Jean van Balen, son frère, et Théodore van Thulden, son beau-frère. D'après nos coutumes, Gaspard ne devait atteindre sa majorité qu'à l'âge de 25 ans révolus.
Nous avons rapporté à la fin de la biographie d'Henri
(i) On écrit aussi Gasper ou Jasper, et même parfois Caspcr.
(2) Les Lig^eren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, transcrits et annotes par Ph. Rombouts et Th. van Lerius, t. II, pp. 24, 50.
van Balen, le vieux, que des tableaux appartenant à son fils Gaspard, furent présentés en vente publique, en 1639, à la mortuaire de la mère du jeune maître. Celuici étant encore mineur à cette époque, il n'est pas probable qu'il était propriétaire de peintures exécutées par d'autres artistes. Il faut donc croire que les œuvres offertes aux enchères, pour son compte, étaient des produits de son pinceau. Nous regrettons d'autant plus qu'elles n'aient pas été spécifiées, qu'elles nous auraient renseigné sur les sujets traités par Gaspard van Balen, que nous ignorons complètement.
Parmi les sommes restées indivises, en 1639, entre les enfants van Balen-Briers, en figurait une de 1200 florins, qui revenait à notre maître, pour sa part de biens paternels, aux termes du testament mystique de ses parents. Elle était hypothéquée sur la maison à l'enseigne du Sauvage {de Wildemmi), longue rue Neuve.
Gaspard van Balen , comme tant d'autres de nos maîtres, avait tenu à visiter l'Italie. Il y est décédé peu avant le 26 avril 1642, ainsi que le constate un acte reçu^ ce jour-là, par les échevins d'Anvers Jean Snyers et Alexandre Goubau (i).
Comme nous l'avons vu dans la biographie de son frère Jean, Gaspard van Balen fut employé, en 1635, avec d'autres artistes, à la peinture de la galerie de la place de Meir et à celle de Tare de triomphe du pont S* Jean, (2) érigés à l'occasion de l'entrée solennelle du cardinal infant Ferdinand, dans nos murs (3).
(i) Protocoles scabinaux de 1642, vol. II, p. 28. Communiqué par M. Fr. -Joseph van den Brandcn.
(2) Antwerpsch ArchievenUcid, T. VII, pp. 47, 48.
(3) Cette notice est datée du 6 décembre 1872.
Henri VAN BALEN, le jeune
(en flamand Hendrik VAN BALEN, de jonge)
enri van Balen, le vieux, et Marguerite Briers eurent, en 1620, un fils, qui reçut, au baptême, lie prénom de son père. Il fiit admis, en 163 1- 1632, dans la gilde anversoise de S* Luc, en qualité de fils de maître (i), quoiqu'il n'eût atteint, à cette époque, que l'âge de 11 à 12 ans. Notre Henri van Balen était décédé antérieurement au 4 novembre 1638, comme cela résulte de l'inventaire authentique de la mortuaire de sa mère. Rien ne prouve qu'il ait été un artiste précoce, c'est pourquoi nous avons réservé à son fi'ère Henri, le deuxième de ce prénom, parmi les enfants van Balen-Briers, la qualification de jeune.
Cet Henri van Balen, comme nous l'avons rapporté dans la biographie de son père, naquit à Anvers et y fut tenu sur les fonts baptismaux de S' Jacques, le 16 janvier 1623. Il n'avait pas atteint l'câge de 16 ans, au décès de sa mère veuve, qui lui avait assigné en qualité de tuteurs testamentaires son frère Jean van Balen et son beau-frère Théodore van Thulden.
(i) Les Lig^eren et autres archives historiques de la ^ilde anversoise de Saint Luc, transcrits et annotés par Ph. Rombouts et Th. van Lerius, avocat, T. II, pp. 23, 30.
La liquidation partielle des biens de Marguerite Briers nous apprend que, comme tous les enfants d'Henri van Balen, le vieux, notre Henri avait droit à une somme de 1200 florins, pour sa part de la fortune paternelle. Cette créance continuait, en 1639, époque de cette liquidation, à grever la maison à l'enseigne du Sauvage {de JVildenian), longue rue Neuve.
Le document cité nous apprend aussi que, d'après les volontés dernières du vieux van Balen, la masse de sa succession devait pourvoir à l'entretien de son fils Henri. Aussi y voyons nous figurer une dépense de 5 florins et 8 sous, pour la couture de douze de ses chemises et la fourniture de dentelles qu'on y avait adaptées. Une autre de 2 florins, pour une paire de souliers de deuil, de 4 florins et 4 sous, pour un chapeau, de 2 florins et 2 sous, pour une paire de bas, de 2 florins et 16 sous, pour achat de linge, destiné à la confection d'habits courts de deuil, etc. Ses frais de nourriture étaient taxés à 200 florins, l'an, somme considérable pour l'époque, La masse en paya un à-compte de 160 florins, à partir de la Noël 1638 jusqu'à la Saint Bavon 1639.
Notre Henri fit son apprentissage dans l'art auprès du célèbre Jean Wildens, grand ami de son frère Jean van Balen. Il entra à son atefier, à la mi-avril 1638, par conséquent avant le décès de Marguerite Briers, qui eut lieu le 23 octobre suivant. Faisons observer ici, en passant, que Jean Wildens n'a pas peint que les paysages, ainsi qu'on le croit généralement. Il a aussi produit des tableaux de fleurs et de fruits, et si ses productions champêtres furent étoffées plus d'une fois par d'autres maîtres, il les a ornées souvent lui-même de spirituelles
figurines.
Nous avons la preuve de ce que nous venons d'avancer.
La première année d'apprentissage d'Henri van Balen, le jeune, échue à la mi-avril 1639, fut payée à son maître, moyennant la somme considérable de 50 florins. Il est à remarquer que ni les Liggeren, ni les comptes de la gilde de S' Luc ne mentionnent notre van Balen, en qualité d'élève. Au reste, il paraît que cette manière d^agir était passée en coutume, à cette époque, quant aux fils de maîtres.
Quoi qu'il en soit, Henri van Balen, le jeune, fut admis en 163 9-1 640, à la franc-maîtrise de la gilde^ comme fils de maître, sous le décanat de son beau-frère Théodore van Thulden (i). Il avait atteint l'âge de 16 à 17 ans.
Nous avons rapporté dans la biographie de Jean van Balen, que ce maître et son beau-frère Théodore van Thulden, époux et tuteur de Marie van Balen, et l'un et l'autre tuteurs d'Henri van Balen, le jeune, acceptèrent, le 9 septembre 1641, le transfert de la moitié d'une rente d'un capital de iioo florins, avec les arrérages d'icelle depuis 1628. Nous avons ajouté que cette acquisition se fit, entre autres, en faveur d'Henri van Balen, le jeune.
Il acquit, à la date du 26 avril 1642, la moitié de la propriété de la grande maison le Sauvage {de Wildeman) habitée jadis par ses parents et située dans la longue rue Neuve. L'autre moitié en revenait à son frère Jean, le tout par suite du décès de leur frère Gaspard et de
(i) Liggeren cités, T. II, pp. 109 et 320, note 4, rectifiant la note 4 de ladite page 109.
la renonciation faite en faveur de Jean et de Henri van Balen, par leur sœur Marie, femme du célèbre peintre Théodore van Thulden, qui déclara avoir reçu, en d'autres biens, le tiers qui lui revenait tant dans la succession de ses parents,, que dans celle de Gaspard (i).
Le compte de la gilde de S' Luc du i8 septembre lééo au i8 septembre 1661 mentionne le payement de la dette mortuaire d'Henri van Balen, le jeune (2).
Nous voyons dans une pièce datée de 1661 et conservée parmi les minutes du notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, que notre peintre était de retour, vers cette époque , d'un voyage en France , et que ses affaires se trouvaient dans une situation lamentable. Le document en question, dont nous devons la connaissance à notre ami, M. Pierre Génard, archiviste d'Anvers, est un sommaire de l'état de la mortuaire d'Henri van Balen, le jeune. Il fut dressé à la demande et d'après les déclarations d'Augustin Nys, curé de Rumpst, et de Théodore van Thulden, en leur qualité de tuteurs de Pierre van Balen, fils de feu Jean et de Jeanne van Weerden, et neveu du défunt. Le curé et l'artiste tenaient sans doute à délibérer à bon escient, relativement à la résolution qu'ils auraient à prendre quant à l'acceptation ou à la répudiation, au nom de leur mineur, de la succession du défunt.
L'actif de celle-ci s'élevait à 4772 florins et 9 sous. Nous voyons au passif qu'Henri van Balen était débiteur envers une demoiselle van Weerden, sans doute une
(i) Lettres échevinalcs à la date citée au texte et rappelées dans la biographie de Gaspard van Balen. Communication de M. Fr. -Joseph van den Branden.
(2) Liggeren cités, p. 320.
parente de son neveu^ d'une somme de 1364 florins, pour solde de frais de nourriture. Il était redevable à son beau-frère van Thulden, de 125 florins, pour cinq mois de fournitures de bouche, qui lui avaient été faites par celui-ci, depuis son retour de France, à raison de 300 florins, l'an. Van Thulden était, en outre, son créancier d'une avance de 10 florins. Henri en dev.iit 25, à titre d'obhgation, à Arnould de Cock. Il avait ùùt à une certaine personne qui n'est pas désignée^ un emprunt de 200 florins, et donné en nantissement deux tableaux, dont l'un était sa propriété et l'autre appartenait à la succession de son père.
On avait trouvé dans la mortuaire de l'artiste neuf billets du mont de piété, de l'import de 418 florins, non compris les arrérages, et découvert que les objets qu'il avait donnés en gage avaient été, en majeure partie, empruntés à son neveu Pierre van Balen. Il avait vendu, en outre, pour 256 florins et 15 sous, cinq cents perles flnes, qui appartenaient à ce dernier, et on constatait de plus qu'on ne retrouvait pas une boîte à poudre d'argent et une médaille d'or. Nous n'avons pas besoin de qualifier une semblable manière d'agir.
Enfin Henri van Balen avait levé une somme de 1400 florins sur sa moitié de propriété de la maison à l'enseigne du Sauvage et restait redevable d'environ 150 florins d'arrérages de la rente qu'il avait laissé prendre sur cet immeuble.
Le passif montait à 5885 florins 18 1/2 sous. Déduction faite de l'actif, il restait un déficit de 1113 florins 9 r/2 sous.
Dans le passif n'étaient pas compris les 150 florins environ d'arrérages mentionnés ci-dessus, les frais funé-
raires et de dernière maladie, le loyer de la maison occupée par le défunt, et d'autres dettes courantes.
Le document constatait, en outre, qu'Henri van Balen, le jeune, était intéressé dans un procès important, engagé tant à Anvers qu'à Eeckeren, contre les curateurs à la mortuaire de son oncle Briers.
Finalement il était dit que le peintre Jean-Baptiste Borrekens, veuf de Catherine Brueghel, prétendait droit, à charge du décédé, à la somme de 600 florins, tant du chef de capital que d'intérêts arriérés.
Nous voyons, dans une pièce subséquente, également datée de 1661, et qui nous a été indiquée aussi par M. P. Génard, qu'Henri van Balen, le jeune, a été quelque temps administrateur de biens qui lui appartenaient en commun avec son neveu Pierre.
Notre document nous apprend aussi que le magistrat d'Anvers avait nommé Théodore van Thulden curateur à la mortuaire d'Henri van Balen, le jeune. Il lui adjoignit, en la même qualité, Augustin Nys, curé de Rumpst. L'un et l'autre étaient, comme nous l'avons vu, tuteurs de Pierre van Balen.
Van Thulden présenta à son collègue le compte d'administration, auquel le défunt était tenu, depuis celui qui lui avait été soumis le 10 juin 1655, par le curé Nys, par devant le notaire Henri van Cantelbeck, le vieux, et en présence de l'avocat Henri van Cantelbeck, représentant de Théodore van Thulden.
D'après notre document, le peintre Jean van Balen avait commencé la régie des biens restés en commun entre les enfants van Balen-Briers. Elle fut partagée par Théodore van Thulden, dont le compte reconnaissait le premier de ces artistes créancier de 2292 florins 14 sous
12 mites, et Henri van Balen, le jeune, de 931 florins 6 sous 12 mites.
Nous voyons dans cette pièce que la maison à l'enseigne du Sauvage (de JVildemari) dont il a été si souvent question dans les biographies des van Balen, était louée, depuis 1653, à un membre de la famille de Palma Carillo, moyennant 324 florins l'an.
Nous y voyons aussi que le procès concernant certaines terres sises à Ettenhoven et à Austruweel, était terminé, puisque ces biens furent adjugés publiquement à Jean-Baptiste Huaert, ancien aumônier et négociant de notre ville^ au prix de 3767 florins et 10 sous.
Enfin nous y lisons qu'Henri van Balen, le jeune, conclut, le 3 décembre 1660, un accord pour la construction d'une digue.
Notre maître étant décédé à l'âge de 37 à 38 ans, aura laissé un nombre plus ou moins considérable de tableaux. Il serait intéressant d'en faire la recherche, tant en Belgique qu'en France, puisque l'artiste y a résidé, comme nous l'avons vu (i).
Sources : Archives de la ville d'Anvers. — Registres des paroisses et actes de l'état civil d'Anvers. — Ph. Rombouts et Th. van Lerius.L^^ Liggeren et autres archives historiques de lagilde anversoise de Saint Luc. — Recueil des inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers.
(i) Cette notice est datée du 12 décembre 1872.
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Jacclues van DER LAMEN (1584-16.. ?)
|e véritable nom de la famille de l'artiste à qui [nous allons consacrer cette notice, est van der !Lamen, comme le prouve sa signature relevée sur un acte authentique que nous avons sous les yeux. Corneille de Bie qui parle de son fils, sans communiquer aucune particularité biographique qui le concerne, est l'auteur de la mauvaise orthographe van der Laenen (i).
Son erreur provient de ce qu'il a confondu la famille des peintres van der Lamen avec celle des négociants en lin van der Lanen ou van der Laenen, dont un membre, chose singulière, portait le prénom de Christophe, comme le peintre, fils de Jacques van der Lamen et qui vivait également à Anvers (2).
Jacques van der Lamen était fils de Gérard et de Martine van Erpst, que son père avait épousée à S' Jacques, en vertu de dispenses, le 20 juin 1586, en présence de Gilles Haeck et de maître Bernard Haeck. Nous avons lieu de croire que l'octroi de ces dispenses
(i) Voyez son Giilden Cabinet, p. 159.
(2) Protocoles du notaire Barthélemi van den Berghe^ le vieux, aux archives communales d'Anvers. Actes des 29 mars 1610, 21 février 1614,4 ^^'^'^^ 1615 et 31 janvier 1617. D'autres van der Lancn encore habitaient notre ville au XVIl^ siècle.
avait pour objet de régulariser un mariage contracté antérieurement dans des conditions qui laissaient à désirer, et dont nous n'avons pas découvert l'acte de célébration. Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est la mention du baptême de Jacques vanderLamen. Cette collation du premier des sacrements eut lieu dans la paroisse de la cathédrale (i), le 15 novembre 1584, c'est-à-dire plus d'un an et sept mois avant le mariage relaté dans les registres de S* Jacques. L'enfant figure dans l'acte sans la moindre note de bâtardise. Il eut pour parrain Antoine van Herp, pour marraine Martine Elincx. Nous avons rectifié le nom de sa mère, qui est écrit van Empst dans le baptistaire ; le testament de Paschasie van der Lamen, fille du premier lit de Gérard, reçu le 27 janvier 1609, par le notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux, nous a permis de corriger cette erreur.
Jacques van der Lamen eut deux sœurs germaines : Anne, dont nous n'avons pas trouvé l'acte de baptême, mais dont le testament cité nous prouve la filiation, et Marie. La première épousa, à S' Georges, le 24 avril 1626, en vertu d'une commission et d'une dispense de l'évêque d'Anvers, le peintre Paul Ryckaert, fils de David, le vieux, et de Catherine Rem, qui lui rendit ainsi l'honneur. Car Anne s'était oubliée avec cet
(i) Soit en secret, dans la maison paternelle ou ailleurs, soit en public, dans la chapelle de Notre-Dame du Refuge, située dans la rue du Cimetière, actuellement marche aux Souliers. La magistrature gueuse qui dominait notre ville avait laissé cette chapelle aux catholiques, par ordonnance du i juillet 1581, pour y administrer seulement les sacrements de baptême et de mariage. Voyez J.-C. DiERCxsENS, %Anlverpia Chrislo iiascens clcrcscens, 1773, T. VI, p. 57.
artiste, comme le prouve la date de la naissance de leur fille Hélène, qui fut tenue sur les fonts de l'église S'^ Walburge, le 12 septembre de ladite année 1626 (i).
Leur mariage eut pour témoins Pierre Adriaenssen, batelier ou patron de bateaux, à Anvers, qui avait épousé Paschasie van der Lamen, sœur consanguine d'Anne, et Paul van der Lamen, frère germain de celle-ci.
Quant à Marie, elle fut tenue sur les fonts de la cathédrale, le 3 octobre 1593, par Dominique Wouters, fondeur de caractères, franc-maître de la gilde anversoise de S* Luc, en 1 593-1594 (2), et par Anne Janssens.
Jacques van der Lamen fut apprenti à Anvers, d'un peintre que le registre des inscriptions des peintres de Bruxelles nomme Henri Leuvcns, mais que nous croyons être plutôt Henri Leunis ou Leunens, le vieux, qui faisait partie de notre gilde anversoise, en 1596-1597 (3). Quoi qu'il en soit, Jacques van der Lamen fut admis à la franc-maîtrise, dans notre ville, en 1604-1605 (4). Il comptait, à cette époque, 20 à 21 ans à peu près. Nous ne savons quel genre de peinture fut le sien.
Cet artiste ouvrit en 1609-1610 son atelier à Armand Jaspers ou Gaspus, et à Gilles van den Broecke^ qui passèrent maîtres tous deux en 162 3-1 624 (5).
(i) Elle le fut par son oncle, le célèbre paysagiste Martin Ryckaert, et par Paschasie van der Lamen, sa tante, sœur consanguine de sa mère.
(2) Ph. Rombouts et Théod. van Lerius, avocat. Les Liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, T. I, p. 369.
(3) Liggeren cités, T, I, p. 395.
(4) Ibidem, T. I, p. 426.
(-5) Op. cit., T. I, pp. 458, 459, 598.
Jacques van der Lamen devait à la gilde, en 1610léii, la somme de 12 florins, pour l'obtention de l'autorisation de faire une vente de tableaux, au pont de Meir (i). On peut conclure de ce fait, qu'il exerçait le commerce des œuvres d'art.
La somme en question, quoique portée en compte, ne fut pas payée de suite comme le prouve la liste des obligations dues à Théodore Galle, à cette époque doyen de la gilde de S' Luc. Elle n'était pas soldée en 16 13-16 14, lors du décanat du graveur Jean-Baptiste Collaert, le vieux, qui la transféra à son successeur Jean van Keerberghen (1614-1615). Depuis il n'en fut plus question, ce qui prouve qu'elle fut enfin liquidée et que la position financière de Jacques van der Lamen n'était pas des plus brillantes (2).
Cet artiste reçut deux nouveaux élèves, en 1611-1612, Pierre Looff et Jacques Lemmens (3). Nous n'avons pas rencontré leur promotion à la franc-maîtrise.
Jacques van der Lamen était, à cette époque, et probablement plus tôt, l'époux d'Anne Dirckx. Celle-ci lui donna, en eff'et, le 7 avril 16 14, une enfant qui fut baptisée à S' Georges, et nommée Jacqueline. Elle fut tenue sur les fonts par le Signor Gisbert Fytens et Jacqueline Marines.
Le célèbre peintre Christophe-Jacques van der Lamen dut aussi le jour à Jacques van der Lamen, et si celui-ci n'a contracté qu'une seule fois mariage pendant qu'il habitait Anvers, à Anne Dirckx.
(i) Op. cit., T. I, p. 473-
(2) Op. cit., T. I, pp. 512, 674, 676.
(3) Ibid., T. I, pp. 478, 480.
Nous avons vainement recherché le baptistaire de cet artiste dans les registres de toutes nos paroisses, y compris celle de la citadelle. Mais nous devons faire remarquer que les actes de baptême font défaut à S' André, à partir du 21 août 1606 exclusivement jusqu'au 29 mars 1607 inclusivement. Et puisque ce maître est né à Anvers, c'est entre ces deux époques que doit être fixée la date de son entrée dans le monde.
Jacques van der Lamen s'est donc marié en ou vers i6o5, et qu'on n'objecte pas qu'il n'avait que 21 ans, à cette dernière époque, car nous répondrions que le célèbre graveur sur bois Christophe Jegher n'en avait que 17, lorsqu'il devint l'époux de Marie Jacobs.
Jacques van der Lamen alla s'établir à Bruxelles, ou il acquit le droit de bourgeoisie : il s'y fit recevoir le 10 mars 1616, dans le métier des peintres (i). Une fille lui naquit dans cette ville et fut baptisée à S" Gudule, le 30 octobre 16 17. On lui donna le nom d'Elisabeth, d'après sa marraine Elisabeth Doms. Le nom de Jacques van der Lamen est changé en van der Lanen, dans cet acte. On y désigne sa femme sous le nom d'Anne Lammens, ce qui prouve que celle-ci était fille de Thierry, en flamand Dirk Lammens, d'où le Dirckx de l'acte de baptême de S' Georges, du 7 avril 16 14.
Jacques van der Lamen et son frère Paul avaient un noble cœur. C'est ce que prouve un acte reçu à Anvers, le II février 1620, par le notaire Barthélemi van den Berghe, le vieux. Il est dit dans ce document, que les deux frères avaient renoncé, en faveur de leur sœur
(i) Liggeren cités, T. I, p. 426. Communication de M, Alexandre Pinchart.
Anne, à tous les biens provenant de la succession de leur mère Martine van Erpst. Ces biens consistaient en divers meubles et ustensiles de ménage, que Jacques et Paul cédaient à Anne, en récompense des bons soins et des services incessants qu'elle avait, pendant de longues années, prodigués à leur mère, qu'elle avait aidée et assistée dans ses affaires.
Cette pièce est signée ainsi : Jaques van der Lamen. T*auwels van der Lamen.
La date du ir février 1620 est la plus récente que nous ayons trouvée relativement à Jacques van der Lamen. Nous ignorons à quelle époque est décédé cet artiste, (i)
(i) Cette notice est datée du 20 décembre 1873.
CHRisTOPHE-jAcauEs VAN DER LAMEN (1606-1607 ? à 1651-1652).
^1^ OLis avons vu dans la biographie de Jacques van der Lamen, que le célèbre peintre de conversations Christophe-Jacques était fils de cet artiste et probablement d'Anne Dirickx. Nous avons dit qu'il naquit à Anvers et que nous avons vainement recherché son baptistaire dans les registres de toutes nos paroisses, y compris celle de la citadelle. Mais nous avons fait remarquer que les actes de baptême manquent à S' André, à commencer du 21 août 1606 exclusivement jusqu'au 29 mars 1607 inclusivement. Et nous avons conclu de cette lacune et du fait que Christophe-Jacques était Anversois, que la naissance de notre peintre doit être fixée entre ces deux dates.
Notre van der Lamen eut probablement son père pour maître. Quoi qu'il en soit, il fut admis, en 1636-1637, dans la gilde anversoise de S' Luc, en qualité de peintre et de fils de maître (i). Les Ligi^creii et le compte de la corporation mentionnent uniquement le premier de ses prénoms. Le registre cité en dernier lieu écrit fautivement van der Lanen, au lieu de van der Lamen.
(i) Ph. Rombouts et Théod. van Lerius, avocat. Les Liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Z./;t:, T.II,pp. 79 et 87.
L'année même de sa réception à la maîtrise, il ouvrit son atelier à Jérôme Jansscns, l'élégant peintre de figurines, qui devint franc-maître à son tour en 1643- 1644 (i).
Van der Lamen était marié, à cette dernière époque. Il avait, en effet, épousé à S' Jacques, le 15 février 1642, Marie Michielsen. La bénédiction nuptiale leur fut donnée avec dispense des bans, en présence du peintre Paul Ryckaert, oncle de l'artiste, et d'Adrien Michielsen. Les six enflmts qui suivent leur durent le jour : 1° Pierre-Jacques, tenu le 24 décembre 1642, sur les fonts baptismaux de S* Jacques, par Pierre Adriaenssens, batelier ou patron de bateaux, grand-oncle de l'enfant, et par Elisabeth Robyns. 2° Philippe-François, baptisé le 19 août 1644, à S' Georges, comme tous les suivants. Il eut pour parrain le peintre François de Momper, qui fut reçu dans notre gilde de S' Luc, comme fils de maître, en 1629-1630, et dont la dette mortuaire fut payée en 1660-1661 (2). Sa marraine se nommait Marie- Anne Nys.
3° Marie, le 14 avril 1646, tenue par Guillaume Verspreet, ancien aumônier de cette ville C3), et Marie- Anne Robyns, femme du sculpteur Servais Cardon. Elle épousa dans la cathédrale, quartier nord, le 6 avril 1669, Pierre Slootmaeckers, marchand de papier, francmaître de la gilde anversoise de S' Luc, comme fils de
(i) Liggeren cités, T. II, pp. 86 et 145.
(2) Liggeren cités, T. II, pp. 2, 9 et 319.
(3^ Il figure, en 1639, ^'^'^ ^^ ^'^^^ ^^ '-^^ hommes de bien. Voyez: T)ry-honderd-vyftig-jaeiige jubilé der herugie instellingc van den dieu s t der agthaere Heeren Aehnoesscnieren der siad ^nhverpeii , gevitrd den vyjden van Wintermaend MDCCCVIII, bl. 60,
maître, en 1 668-1 669 (i). Leur mariage, qui fut contracté avec dispense de deux bans et du temps clos, eut pour témoins le prêtre Adriaen Michielsen, sans doute un des parents de la mariée, et François Croock.
4° Catherine, le 8 janvier 1648; parrain, Melchior Lunden, fils de Melchior et de Catherine van Soit, ancien aumônier de cette ville (2) ; marraine, Marie van Praet.
On voit que notre peintre avait de bonnes relations.
5° Claire-Angèle, tenue le 3 mars 1650, par Jean de Lanie et Claire-Begge Michielsen.
6° Jeanne, le 22 septembre 165 1, par Adrien Michielsen et Jeanne-Françoise Cardon, fille du sculpteur Servais Cardon et de Marie Anne Robyns. Elle avait été baptisée dans la cathédrale, quartier sud, le 13 février
Nous connaissons maintenant la famille de Christophe- Jacques van der Lamen. Il est temps par conséquent de nous occuper de plus près de l'artiste. Celui-ci exécuta avec beaucoup de talent et en petites dimensions, des portraits et des conversations entre personnes des deux sexes. Ces dernières peintures sont parfois erronément attribuées à Antoine Palamedes. La réputation de van der Lamen doit avoir été considérable de son vivant, puisque David Teniers, le jeune, ne dédaigna pas de le posticher, comme le prouve un tableau du musée de Bruxelles, qui représente les Cinq Sens.
(i) Lig^eren cités, T. II, pp. 385, 392.
(2) Il fut appelé, en 1620, à ces fonctions que son père avait, exercées en 1601. — Voyez : Dry-bonderd-jaerigc jubilé, etc., bl. 59. L'aumônier de 1620 avait épousé Catherine Bosschaert. Cfr : Inscriptions funéraires et mon iimeiiUUes de la province d'Anvers. Cathédrale, p. 295.
M. Edouard Fétis décrit ainsi cette œuvre d'art : Cinq figures sont groupées autour d'une table, au centre de la composition : une femme en robe d'un ton de laque, vue de dos ; à sa gauche, un homme vêtu de noir, se faisant servir à boire par un page ; à droite, une femme en robe bleue, respirant le parfum d'un citron ; de l'autre côté de la table, un cavalier jouant de la guitare et un autre chantant. A droite, au fond, un couple amoureux. A la droite de l'avant-plan, une chaise sur laquelle sont placés un habit rouge et un chapeau de feutre gris ; à la gauche une table chargée de verres et de pots en grès ; à terre, un panier rempli de pains et un singe enchaîné à un boulet de fer (i).
Lorsqu\m connaisseur voit pour la première fois à distance ce tableau qui porte la signature du maître, le premier nom qui se présente à sa mémoire est celui de Christophe-Jacques van der Lamen. Ce n'est qu'en y regardant de plus près qu'il discerne le faire d'un des peintres les plus renommés du XVIP siècle.
Van der Lamen a exécuté aussi en de petites dimensions des tableaux religieux, ce qui est peu connu. M. Pierre-Antoine Verlinde, peintre établi à Anvers, a possédé de lui une Sainte Famille, qui a passé en France.
Il est assez étonnant qu'un coloriste du talent de notre artiste soit représenté dans si peu de collections publiques. On rencontre néanmoins de lui un Bal éléganl à Anvers, peint sur bois en 1630, et qui faisait partie, en 1857, de la galerie royale danoise de Chris-
(i) Catalogue descriptif et historique du Musée royal de Belgique (Bruxelles), 1869, p. 412, n» 324.
tiansborg (i). Le maître figure aussi aux musées de Lille et de Dunkerque, au premier, par un tableau représentant le Jeu, qui porte la signature apocryphe d'Antoine Palamedes, au second, par un panneau de Joueurs de trictrac, provenant de l'abbaye de S' Winoc, à Bergues, qui a été aussi attribué à Palamedes (2).
L'auteur de cette biographie possède trois tableaux de van der Lamen. Le premier représente de la manière suivante , une Partie de musique. Dans une chambre ornée d'une haute cheminée sculptée et d'un tableau, une jeune fille se tient debout à une table couverte d'un tapis vert, et pince de la guitare. Deux autres, dont l'une chante à livre ouvert et dont l'autre entoure de son bras gauche l'épaule de la musicienne, sont assises à cette table, à l'extrémité de laquelle se tient debout à une chaise de cuir couverte d'un coussin, un jeune homme qui s'efi"orce d'attirer les regards d'une des demoiselles. Un autre jeune homme vêtu d'une veste de satin blanc d'un effet superbe, qui se détache sur un haut-de-chausse rouge, est assis sur un tabouret sculpté garni d'un coussin, il y appuie la main droite, tandis que, de la gauche, il tient un grand verre rempli de vin. Cet amateur tourne le dos au spectateur et regarde le jeu de la guitariste. A terre, près de la cheminée, est
(i) Catalogue des œuvres de peinture de ta Gâterie royale de Chiistianslorg, no 274, Copenhague, imprimerie de Bianco Luno (F. S. Mublc). 1857. — Voyez aussi: Fréd. Thaarup. Manuel des Heaux-^irts et des curiosités à Copentiague. — Copenhague, 1823, p. 104, n" 90.
(2) Ed. Reynart. Catalogue des tableaux bas-reliefs et statues exposés dans les galeries du Musée des tableaux de la ville de Lille. Lille, 1875, n» 309. — Catalogue des ouvrages de peinture et de sculpture exposés au Musée de la ville de Dunkerque, en i8jo. Dunkerque, 1879, n" 81.
posé un pot de grès et, :ui tond, une porte donne accès à l'appartement.
Ce tableau se distingue par la beauté et l'expression des physionomies, Télégance des costumes et le fini des accessoires. Il est dessiné et peint avec talent. On y lit le monogramme du maître, mais cette signature nous paraît apocryphe. Cette œuvre d'art exécutée sur bois, mesure environ 46 centimètres en hauteur sur à peu près 63 en largeur.
Le second tableau représente de la manière suivante une 'Partie de trictrac. Près d'une large cheminée ornée de deux cariatides figurant des Turcs coiffés de leurs turbans, sont assis en tace l'un de l'autre, un officier et une jeune demoiselle. Une table couverte d'un tapis vert les sépare, et sur cette table est posé le trictrac dont la jouvencelle médite les combinaisons. Le militaire, le chapeau sur la tête, suit des yeux et avec beaucoup d'attention la marche du jeu. Il est superbement vêtu et tient dans sa main droite un mouchoir garni de dentelles qu'il a dérobé adroitement à sa partenaire, et, dans la gauche, un verre à moitié rempli de vin. Son manteau de couleur brune doublé de rouge est étendu sur sa chaise. Près de lui est posé à terre un rafraîchissoir de cuivre ciselé, dans lequel se trouve un carafon rempli de vin et plonge un sarment de vigne. Derrière la jeune personne qui est habillée avec beaucoup de goût, se tient debout un second officier qui suit aussi attentivement le jeu. Il a également le chapeau sur la tête et n'a pas quitté son manteau.
On remarque, près de la table, une chaise garnie de cuir et sur laquelle repose un coussin. Une mantille de couleur bleu tendre est déposée sur son dosier, derrière
lequel est debout une jolie blonde qui vient de se lever et qui est vêtue d'une robe de satin rose à reflets. La jeune personne est en conversation avec un troisième officier, qui tient les yeux fixés sur elle et reste couvert, comme ses camarades. Une porte pratiquée dans la muraille et sui montée d'ornements d'architecture se trouve non loin de ce groupe et donne accès au salon dans lequel se passe la scène.
Cette œuvre d'art toute empreinte, comme la précédente, de l'influence de Rubens, se distingue par l'expression des figures, d'heureuses oppositions de couleurs et des attitudes bien étudiées. Elle est peinte sur bois et mesure en hauteur 46 centimètres sur 62 en largeur.
Le troisième tableau exécuté sur cuivre est un Portrait de jeune homme. Il est représenté en buste, sur un fond rougeâtre, la tête découverte et garnie de cheveux blonds, qui descendent jusqu'à l'oreille. Il a l'air pensif. Son long col blanc est rabattu sur son habit jaune orné de passementeries et sur lequel se détache le baudrier de son épée.
Cette œuvre de mérite est haute de 4 centimètres et large d'autant.
La collection de feu notre beau-père M. Pierre-Théodore Moons van der Straelen renferme un autre Portrait de jeune homme, peint par Christophe-Jacques van der Lamen. Il est figuré en buste de la manière suivante. Coiffée d'un chapeau noir, les cheveux blonds bouclés, la mine souriante. Son col plissé est rabattu sur son habit jaune.
Cette œuvre de mérite est haute de 25 centimètres et laro;e de 21.
Les anciens catalogues nous renseignent sur les prix qu'atteignaient autrefois les peintures de notre maître dans les ventes publiques. Ainsi nous voyons qu'à celle du comte de Fraula, qui eut lieu à Bruxelles, au mois de juillet 1738, un tableau de conversation de notre artiste fut adjugé à 40 florins de change. Une autre Conversation valut 17 florins, à la vente Joseph Sonsot, qui se tint dans ladite ville, le 20 juillet 1739 (i).
Nous trouvons les œuvres suivantes mentionnées dans les catalogues publiés par Pierre Terwesten : à la vente dlgnace van Brée et de sa femme Cécilienne Jaegers, qui eut lieu à Anvers, le 30 mai 1741, furent présentées deux Conversations de van der Lamen. Elles furent adjugées l'une à 30 florins de change, l'autre, à 32 fl. 10 sous. A une vente tenue à Malines, le 26 octobre 1756 parurent cinq petites peintures de notre maître ou dans sa manière : elles rapportèrent 22 florins et 10 sous de change et représentaient les Cinq sens. Une assemblée assise à table et une Tartie de trictrac sont mentionnées dans le Catalogue du chevalier Augustin de Steenhault, pour avoir produit à Bruxelles, le 22 mai 1758, l'une 26 florins 10 sous de change, l'autre 16 florins 5 sous. Deux Conversations furent payées ensemble 85 florins de change à la vente du nonce Molinari, qui se tint à Bruxelles, le 15 juillet 1763. Une autre Conversation fut vendue 20 florins 10 sous de change, à Bruxelles, le 23 juillet 1767 (2).
(i) Gérard Hoet. Catatogus of naainlyst van sclntdeiycn, met dericlver pry^en, :(ederd ee?i tangcn reeks van jaaren xpo in Holtand al:, op anderc plaatien in het openbaar verkogt. 's Gravcnhage, M.DCC.LII, T. I, p. 548, 110 343, 594, no 77.
(2) P. Terwesten. Cataîogus of naamlysi van scliilderyen, met
La collection de M. Pierre-André-Joseph Knyff, chanoine noble gradué de la cathédrale d'Anvers, qui fut vendue en cette ville, au mois de juillet 1785, renfermait une production de notre artiste. Elle fut adjugée au prix de 51 florins de change et comprenait dix figures, cinq jeunes filles et un jeune homme jouant à colin-maillard, et quatre personnes qui les regardent.
Au mois d'août 1785, eut lieu également à Anvers la vente des œuvres d'art délaissées par le peintre Jean- François Beschey. Il s'y trouvait une composition de van der Lamen, représentant six jeunes filles, deux hommes et un domestique portant un verre de vin. Elle fut adjugée moyennant 24 florins i o sous de change.
La galerie de M. André Baillie Bosschaert présentée aux enchères, à Anvers, en avril 1862, comprenait également une œuvre de notre maître. M. Etienne le Roy, qui l'acheta au prix de 115 francs, la décrit ainsi dans le Catalogue de cette vente : « 32. Scène d'intérieur. — Dans un salon décoré de tableaux, sont réunis plusieurs personnages distingués, dont deux sont assis auprès d'une table : un cavalier se dispose à servir une tranche de pâté à une jeune dame placée à sa droite. Un valet verse à boire à un gentilhomme qui porte un manteau sur le bras ; une jeune femme et une servante chargée d'un plat complètent cette composition, d Cette peinture exécutée sur cuivre était haute de 49 centimètres et large de 64.
Rien dans ces tableaux ni dans d'autres que nous
der^elver pryseti, enz. 's Gravenhage, 1770, p. 34, n» 47, p. 168, n" 41, p. 198, nos ôo en 61, p. 347, n» 56 en p. 627, n" 92.
avons vus de van dcr Lamen ne vient confirmer l'accusation d'avoir souvent traité des sujets peu décents, que lui adresse le baron Joseph van Ertborn (i).
Scetsélon de Bolswert (Schelte van Bolswert) a gravé un bel intérieur, d'après notre maître. C'est une composition de cinq figures réunies dans un vaste salon. On y remarque une large cheminée surmontée d'un paysage dans lequel se meuvent deux figures et dont on n'aperçoit que la partie inférieure. Elle est ornée, en outre, d'une seconde peinture représentant un berger et deux bergères dans une campagne boisée, et une porte richement sculptée. Le feu flambe au foyer. Près d'une table chargée, entre autres, de quelques fruits^ d'un plat de dessert et d'un verre de vin, est assise une belle jeune fille : elle écoute pensive, les protestations d'amour que lui adresse un gentilhomme qui a pris place à sa droite. Une servante debout à quelque distance, est attentive aux propos échangés et s'apprête à emporter une corbeille chargée d'un fromage et d'une assiette à beurre. En face du couple assis se trouve debout un autre gentilhomme, qui, la tête couverte, donne la main à une jeune fille : elle met la sienne dans celle du cavalier, dont elle écoute avec un grand sérieux les déclarations d'amour. Près de ce groupe se trouvent leurs chaises à dossier de cuir d'Espagne garnies de coussins.
Cette estampe du plus bel effet et qui fait autant d'honneur au peintre qu'au graveur, porte les inscrip-
(i) Dans ses Recherches historiques sur V Acaâéi)iie d'Anvers, 2^ édition, Liège, 1817, p. 31. L'auteur ne paraît avoir guère vu de tableaux de van der Lamen, puisqu'il l'indique comme un peintre de kermesses ou fêtes de villasjes.
tions suivantes : Christophorus Jacohi van der Laemcn pinxit (i). — S. à T^olswert sculpsit. Gillis Hendricx excud. KÂniverpice.
Antoine van Dycl<; a exécuté le portrait de van der Lamen, et son œuvre fut gravée par Pierre Clouwet. Christophe-Jacques y est représenté à mi-corps : des moustaches relèvent sa figure mélancolique. Ses longs cheveux lui descendent sur les épaules. L'artiste appuie sur une bordure sa main gauche gantée, sur laquelle repose sa droite nue. Il est vêtu d'un pourpoint boutonné de haut en bas et pourvu de manches à crevés. Son large col blanc est rabattu sur son manteau. Une draperie est tendue à la droite du maître.
Les inscriptions suivantes se lisent au bas de cette effigie : Christophorvs van der Lamen KÂniverpiensis, pictor consortii ivvcniJis. — Àntoniiis van Dyck invcnit. — Petr. Cloikt sculpsit (2).
On ne dirait pas à l'aspect de ce portrait, que c'est celui de l'auteur de tant de compositions badines, mais bien plutôt celui d'un austère moraliste.
Cette effigie a été insérée, entre autres, dans un ouvrage intitulé : Iconographie ou vies des hommes illustres du XFII" siècle écrites par M. V** avec les portraits peints par le jameux ^Antoine van 'Dyck et gravées (sic) sous sa direclion (i). Elle se trouve en face de la page 89 du tome IL Le M. V**, auteur de ce fatras, nous apprend
(i) Littéralement : Peint par Christophe, fils de Jacques van der Lacmen.
(2) Christophe van der Lamen, d'Anvers, peintre de réunions juvéniles. — Exécuté par Antoine van Dvck. — Gravé par Pierre Cloùct.
(3) Amsterdam et Leipzig, M.DCC.LIX. z volumes in-iblio.
qu'il n'a pu connaître aucunes particularités relatives à la vie de van der Lamen. Il le dépeint, par contre, comme un peintre fort licencieux.
Corneille de Bie, qui ne nous a transmis aucun détail biographique concernant notre maître, le mentionne parmi les artistes décédés antérieurement à la rédaction de son Giilden Cabinet (i), c'est-à-dire entre les années 1661 et 1662. Le compte de la gilde anversoise de S* Luc du 18 septembre 165 1 au 17 du même mois 1652 porte en recette la somme de 3 florins 4 sous, montant de la dette mortuaire de van der Lamen (2). Notre peintre est donc passé de vie à trépas entre le mois de septembre 165 1 et le mois correspondant de l'année suivante. Faisons remarquer ici, en passant, que l'acte de baptême de sa fille Jeanne, daté du 22 septembre 165 I, indique son père comme étant encore en vie.
Van der Lamen qui ne dépassa pas la cinquantaine, a beaucoup peint, mais ses tableaux n'en sont pas moins devenus rares dans sa ville natale.
En écrivant sa vie, nous avons satisfait à un désir que nous avait exprimé feu M. W. Bûrger, qui avait apprécié le mérite de notre maître (3).
(i) Page 159.
(2) Liggeren cités, T. II, p. 230.
(3) Cette notice est datée du 17 octobre 1876.
\is xtf li/ \ij xtf \ii \ij xjtj vb xki \iu xl/ tk/ \tf xii \is xti vk^