‹ Biographies d'artistes anversois (volume 2)Chapitre 7 sur 13 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Nous avons décrit, aux pp. 42 et 49, une vignette gravée par Jean-Christophe Jeghers, pour l'imprimerie de Plantin ; nous supposons que son père Christophe travailla également pour cette célèbre typographie. Nous avons, en effet, rencontré depuis deux vignettes signées des initiales du maître et reproduisant la devise : Labore et Constant ia. Celle-ci occupe dans l'une et l'autre le centre de la composition, dans laquelle est figurée la main qui sort d'un nuage et qui dirige le compas , auquel est entrelacée ladite devise. La première de ces petites gravures se trouve à la fin de l'ordonnance royale du 27 mars 1623, relative à la garde bourgeoise

(i) Protocoles du notaire André-François van der Donck, année 1666, p. 261, aux archives de la ville d'Anvers.

(2) Liggeren cités, T. II, p. 376.

(3) Cette notice est datée du 7 juin 1873.

d'Anvers; elle sortit la même année des presses de l'imprimerie Plantinienne. Le cartouche qui l'entoure est orné des figures assises du Travail représenté sous la forme d'Hercule, et de la Constance. Le demi-dieu, vêtu d'une peau de lion, laisse reposer sa massue dans son bras droit et tient de la main gauche, avec la Constance, une couronne de laurier, au-dessus de la devise de Plantin. Dans la partie supérieure du cartouche brille une étoile. La partie inférieure est ornée de guirlandes de fruits et de feuilles. Cette composition est gracieusement exécutée. La deuxième vignette est insérée à la suite de l'ordonnance du Magistrat d'Anvers, rédigée également en 1623, en suite de celle du Roi. Aux deux côtés du cartouche qui entoure la devise de l'imprimerie de Plantin sont debout le Travail, sous la figure d'Hercule, et la Constance. Le premier, vêtu également d'une peau de lion, tient une massue de la main droite et laisse reposer la gauche sur le sommet du cartouche. 11 s'entretient avec la Constance, qui y appuie le bras droit, et dont la main gauche touche un piédestal, qui soutient le cartouche de son côté. Cette petite gravure a du mérite, mais elle n'est pas exempte de certains défauts de proportion (i).

Sources : Registres des paroisses d'Anvers et actes de l'état civil. — Ph. RoMBOUTset Th. van Lerius. Les Liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoisc de Saint Luc. — Arcliives de la ville.

(i) Ce post-scriptum est daté du 3 juin 1874.

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François MUNTSAERT.

(en flamand Frans MUNTSAERT).

^^e 6 octobre 1613 fut béni à S' Jacques le mairiage Je Jean Muntsaert, paroissien de Notre- (Danie, et de Catherine van Breen. Ils eurent pour témoins leurs pères Nicolas Muntsaert et François van Breen.

Huit enfants leur durent le jour : ils furent tenus tous sur les fonts baptismaux de la cathédrale, quartier sud : 1° Marie, le 24 août 1614, par son aïeul maternel François van Breen, et Agnès t'Sas, qui avait épousé dans la cathédrale, le 30 août 1580, Nicolas Muntsaert, et était par conséquent la grand'mère paternelle de l'enfant; 2° Jean, le 22 janvier 1616, par Jean de Mayer et Catherine Peeters ; 3° son frère jumeau François, le même jour, par François le Fever et Catherine Rvff. Nous le retrouverons tout à l'heure. 4° Jean-Baptiste, le 4 janvier 1617, par Jean Saey et Barbe van Sauwen, femme de Jean Verdussen , et future belle - mère du célèbre statuaire Artus Quellin, le vieux; 5° Un second François, le 10 février 1623, par Jean Casier et Marie Saey. Nous en reparlerons. 6° Sara, le 3 novembre 1626, par Jean Piccavet et Sara van Sauwen, veuve do François van Breen et par conséquent aïeule maternelle

de l'enfant; 7° Agnès, le 12 juin 1628, par Sébastien Jacobs et Anne van Papevclt ; 8° Catherine, le 30 mai 1630, par Melchior van Audenborch et Catherine Muntsaert.

Un de ces enfants était destiné à devenir peintre. En effet, le Liggere de la gilde de S' Luc mentionne, en 1 640-1 641, l'inscription comme apprenti de François Muntsaert, et le compte de la même année nous apprend qu'il recevait les leçons de Thomas Willcbrords Bosschart (i). Il fut reçu franc-maître entre le 18 septembre 1641 et le 18 du môme mois 1642 (2). De quel François Muntsaert s'agit-il ici ? Est-ce de celui qui naquit en 16 16, ou bien de celui qui vint au monde en 1623 ? Nous croyons avoir à faire ici au premier, non pas tant qu'en cherchant bien, on ne trouvât des francsmaîtres de S* Luc de 19 ans, mais pour un autre motif. Qu'on veuille bien remarquer que l'élève inscrit en 1640-1641 passe franc-maître dans le cours de l'exercice suivant, et qu'on nous dise s'il est admissible qu'au bout d'une année, un jeune homme d'un peu plus de 17 à 18 ans ait pu en apprendre assez, pour enseigner à son tour. Nous sommes d'avis que non, et que nous nous trouvons ici en face du François Muntsaert né en 16 16, et dont l'inscription, en temps opportun, comme apprenti, aura été omise, fait qui n'est pas sans précédents (3).

(i) Ph. Rombouts et Th.van Lerius, avocat. LesLiggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, T. II, pp. 118 et 124.

(2) Ibid., T. II, pp. 127 et 135.

(3) C'est le cas d'André Lanckmans, apprenti du sculpteur Forci Cardon. Il aurait dû être inscrit en 1603, mais cela n'avait pas eu

Il est probable que le jeune homme, après avoir commencé son apprentissage, aura voyagé pendant quelque temps. De retour chez lui, il sera entré ou rentré pour une année, à l'atelier de Thomas Willebrords Bosschart, et en sera sorti franc-maître l'année suivante.

Nous avons appris suffisamment à connaître François Muntsaert, en 1868, pour lui restituer une des plus belles compositions de l'église S' Jacques, de notre ville. Voici comment. A la vente des tableaux et objets d'art délaissés par feu M. Jean-Baptiste Buelens, prêtre catholique, qui eut lieu le 14 août de ladite année, se trouvait un Repos de la 5'^ Famille en Egypte. Il portait en toutes lettres la signature du maître. Nous pûmes l'examiner à loisir quelques jours avant l'adjudication, et nous convaincre qu'il était de la même main que V^Assomption de la 5"'^ Vierge, qui orne, à S* Jacques, le monument même de la famille Muntsaert. Voici la composition de ce tableau : Le ciel paraît ouvert audessus de la tête de Marie, que les anges transportent au palais du Roi de gloire. La mère de Jésus, vêtue d'une robe de satin blanc, porte ses regards vers l'empyrée : sa main droite repose sur sa poitrine, tandis qu'elle exprime son ravissement de la gauche ; un léger voile voltige au-dessus de sa tête. L'expression de la

lieu. Voulant se faire recevoir franc-maître à Bruxelles, il fit réparer cette omission le 16 avril 1616, demanda et obtint l'attestation de la gilde d'Anvers et de son maître, relativement à ses années d'apprentissage. Liggeren, T. I, p. 529.

Aucun artiste ne pouvait recevoir des élèves avant d'être admis comme franc-maître, et, pourtant nous en avons rencontré qui n'étaient pas inscrits et qui comptaient néanmoins des apprentis. D'où il faut conclure que la non-mention de leur inscription commç francs-maîtres était le fait de la négligence,

face est heureuse et les mains sont dignes d'Antoine van Dyck.

Deux anges ailés^ de grandeur naturelle, sont représentés près de la S'" Vierge. Celui de droite, aux cheveux longs, est couvert en partie d'une draperie de pourpre brunâtre. Il s'efforce de faire monter le nuage qui porte Marie. Le deuxième, aux cheveux bouclés et vêtu de bleu, lui vient en aide. Sa figure est recommandable d'expression ; celle de son compagnon n'est vue que de côté.

Un groupe de trois angelets, dont l'un tient une couronne de roses et de lis, se joue près de celui-ci, tandis que quatre autres , dont un est représenté avec une branche de palmier à la main, s'efforcent de pousser en haut le nuage. Tous ces esprits célestes sont représentés sans ailes, mais à gauche se présente une tète d'ange qui en est pourvue.

Ces petites figures se distinguent par la gracieuseté de leur expression et de leurs poses. Leurs chairs sont d'une morbidesse admirable. En somme, ce tableau attribué à tort, jusqu'ici, à Pierre Thys, le vieux, compte à bon droit parmi les plus remarquables de l'église S' Jacques.

Le monument dans lequel il est enchâssé et qui est orné de quelques anges en bois, porte l'inscription suivante :

Famille

mvntsaert

La pierre sépulcrale rappelant le souvenir des aïeux maternels du maître, de ses parents et de lui-même,

existait autrefois en face de ce monument. Elle est déplacée actuellement et porte l'inscription suivante :

Sepvltvre van. eersaemen

Franchois van Breen sterf

den 26 Mey 1624 ende de

eerbare Sara van Sovwen

syne hvysvrove sterft d

en I April 1632 ende van

eersamen Jax Mx'ntsaert

haer lieden schoon soon

sterft den 31 Martii A° 1665.

ende van eerbare Catharina

van Breen syne hvysvrovwe

sterf den 5 Febrvarii 1 649

ende van eersamen Francies

MvNTSAERT haerliden soone

sterft den 10 Mey 1650

Bidt voor de sielen (r).

François Muntsaert esr décédé par conséquent le 10 mai 1650, dans sa 35'' année. Que de chefs-d'œuvre n'eut-il pas produit, s'il lui avait été donné de vivre plus longtemps !

Le payement de sa dette mortuaire est renseigné dans

(i) Traduction : Sépulture de Vhonorahle Fratiçois van 'Breen décédé le 26 mai 1624, et de l'honorable Sara van Souwen, sa femme, morte le i avril 1632, et de ïhonorâble Jean Muntsaerl, leur fils, mort le 31 mars 1665, et de l'honorable Catherine van 'Breen, sa femme, décédée le S février 1649, ^^ ^'^ l'honorable François Muntsaert, leur fils, mort le 10 mai 1650. Priez pour leurs âmes. — Inscriptions funéraires et monumentales delà province d'envers, T. II, p.

— éo —

le compte de la gilde de S' Luc (i) du i8 septembre 1649 au 17 du même mois 1650 (2).

Sources : Registres des paroisses d'Anvers et actes de l'état civil. — Ph. Rombouts et Th. van Lerius. Les Liggeren et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc.

(i) Liggeren cités, T. II, p. 211.

(2) Cette notice est datée du 10 avril 1875.

Gilles NYTS

(en flamand : Gillis NYTS)

et excellent peintre et graveur à l'eau - forte [^^ est-il né à Anvers ? Quelle est la véritable orthographe de son nom ? Comment écrivait-il son prénom ? Disons d'abord que les Nyts sont des plus rares dans les anciens registres des paroisses de notre ville. Nous avons trouvé dans ceux de S' Jacques, à la date du 22 janvier 1595, le mariage d'Artus ou Arnould Nyts avec Francine ou Françoise Corstiaens. Descendant ensuite jusqu'aux contemporains de notre artiste, nous avons découvert dans la cathédrale, quartier nord, à la date du 23 mars 1654, le mariage de Corneille Nyts et de Marie Stommele (i). Il eut pour témoins Gaspard Verbruggen, qui pourrait bien être l'excellent peintre de fleurs Gaspard-Pierre Verbruggen,

(i) Il va sans dire que le nom de Nyts n'est pas écrit précisément dans ces deux actes, ainsi que nous l'orthographions ici. On écrit Nayts la première fois et Neydts la seconde, ce qui prouve, quant au premier du moins, qu'on ne rendait que le son perçu. Faisons observer ici en passant, qu'Arthur n'est pas du tout synonyme d'Artus ou d'Arnould, ainsi que le croient quelques-uns de nos contemporains.

le vieux, distingué par la Iiardiesse de sa touche, et Jean de Koeter. L'administration du sacrement fut précédée d'une dispense des trois bans et du temps clos, que le futur avait obtenue de l'évêque de Gand, et sa fiancée des vicaires généraux d'Anvers. Corneille Nyts était par conséquent un diocésain de l'évcché de Gand.

Voilà , sauf les actes qui concernent directement Gilles Nyts, tout ce que nous ont fourni nos registres. Son baptistaire y manque, de façon qu'il naquit plus que probablement ailleurs qu'à Anvers. Nous serions plus afErmatifs à cet égard, si les premières années du XVII^ siècle ne présentaient pas de lacunes dans quelques-unes de nos paroisses. D'après la date de son mariage, nous sommes porté à croire que Nyts naquit en 1618, ou vers cette époque (i).

Quant à la véritable orthographe du nom du maître^ nous avons écrit Nyts, parce que les deux tableaux que nous possédons de lui sont signés de cette manière. Ceux qui ornent la galerie royale de Dresde et diverses planches de l'artiste portent la marque Neyts. On peut choisir par conséquent entre les deux orthographes.

(i) Ceci était écrit, lorsque nous avons reçu par l'entremise de M. A. -P. Sunaert, professeur à l'académie royale de Gand, un extrait des registres de l'église S* Nicolas, de ladite ville. Nous y lisons que le 4 avril 1623, le baptême fut conféré dans ce temple, à Gilles Neyt, fils de Josse et d'Anne Heye. Cet enfant fut tenu sur les fonts par Gilles Neyt et Anne Heyse. M. Sunaert nous mandait en même temps qu'à Gand les noms patronymiques Nyts, Neyts, Neyt et même Nys étaient souvent confondus anciennement. Nous n'avons, du reste, aucune certitude qu'il s'agit ici de notre artiste, les actes qui le concernent à Anvers ne faisant mention d'aucun Nyts, soit comme témoin de son mariage, soit comme ayant assisté aux baptêmes de ses enfants.

Nous ferons remarquer ici, en passant, que puisque nos ancêtres se souciaient si peu d'écrire leurs noms de différentes manières, il n'est pas étonnant que ceux qui recevaient leurs actes, se soient octroyé encore de plus grandes licences à cet égard.

Quant à la manière dont l'artiste écrivait son prénom, nous ferons observer d'abord que celui-ci signifie en latin jEgidiiis : aussi l'un des tableaux de la galerie de Dresde est-il signé en abrégé : y£". Neyis (i). Chacun de ceux qui nous appartiennent est marqué /. Nyts. Ce J au lieu de G étant une incorrection, a embarrassé Chrétien Kramm (2), mais nous avons prouvé que celle-ci se commettait parfois jadis, témoins Gillis Tnns et GiHis Bollaert, dont le prénom est écrit Jillis, dans le compte de la gilde de S* Luc de 1628-1629 (3).

Gilles Nyts ne figure pas comme apprenti dans le Liggere de notre corporation de S' Luc : il n'en dut pas moins son éducation artistique à un maître anversois. Le peintre n'est autre que le célèbre Luc van Uden. Il suffit, pour en être convaincu, de comparer ses productions, surtout celles de petite dimension, avec les œuvres de Nyts, qui n'a jamais, que nous sachions, exécuté d'autres peintures que des tableaux de chevalet. Nous sommes persuadé aussi que van Uden a enseigné à

(i) JuLius HùBNER. Ferieichiiiss dcr Kôuiglichen Gemàlde-GaUeiie ■^u T)resden. Dresden, 1872, p. 228, 11° 1026.

{2) T>e îevens en werken der Hollandsche en Vlaamsche hinstschilders, heeldboutuers, graveurs en bouiuineesters. Amsterdam, 1860, T. IV, p. 1196.

(3) Phil. Rombouts et Th. van Lerius, avocat. Les Liggeren et autres archives historiques de la ^ilde anversoise de Saint Luc,T. I, p. 671 , T. II, p. 186.

notre artiste la gravure à l'eau -forte : il ne faut, en efîet, que mettre leurs estampes en regard, pour en avoir la preuve. Au reste, si l'élève eut des points de contact avec son maître, il n'en fut pas moins un artiste fort original,

Nyts se maria, avant d'avoir été admis à la francmaîtrise de S*- Luc, à Anvers. Il épousa dans l'église de S' Jacques de cette ville, le 27 juin 1643, Claire de la Porte. Ils eurent pour témoins Gautier Mertens et Henri de la Porte. Celui-ci était le fils aîné et le premier enfant de Michel de la Porte et de Barbe van Ast ; il fut tenu sur les fonts de l'église S' André le 5 avril 16 18, par Balthasar Bolgaro, qui fut reçu membre de la chambre de rhétorique de la Giroflée (Violierè) en 1623-1624(1) et Anne Dosins. Michel la Porte ou de la Porte qui contracta mariage, à S' Georges, le 22 janvier 1617, figure dans notre L/^^^;'é, en 15 99-1 600, comme apprenti du peintre Jean Haek (2). Jean de la Porte, son fils, baptisé à S' André, le 12 avril 1619, eut pour parrain Jean Cooymans, marchand et amateur de tableaux, francmaître de notre gilde de S' Luc, en 1 607-1 608 (3), et pour marraine Susanne van Eelen, dont le nom patronymique rappelle celui de la mère des célèbres peintres Gilles, Bonaventure et Jean Peeters.

Claire de la Porte, la femme de Gilles Nyts, était-elle fille de Michel et de Barbe van Ast ? Nous n'oserions l'affirmer, faute d'avoir pu trouver son acte de baptême ou tout autre document qui constate sa descendance II est certain, en tout cas, qu'elle leur était apparentée.

(i) Liggeren cités, T. I, p. 605.

(2) 0/7. cit., T. I, p. 410.

(3) Ibid., T. I, p. 440.

Claire de la Porte donna, à Anvers, trois enfants à son mari. Les deux premiers furent baptisés à S' Jacques : I*' Barbe, le 24 juin 1644 ; parrain, François Puttaert ; marraine, Barbe van der Graclit ; 2" Théodore, le i''"' avril 1649 ; parrain, Théodore de la Barge; marraine, Angèle de la Porte, au nom d'Anne de la Porte. Le troisième rejeton vint au monde sur le territoire de la paroisse S^ André et fut tenu sur les fonts de cette église, en 1652, le 4 ou le 6 août (la date du registre est douteuse), par Jean Dielis et Anne Dielis ; on lui donna le prénom de Claire, sa mère (i). Ce Jean Dielis est probablement le brodeur qui fut reçu comme franc-maître dans notre gilde de S* Luc, en 1618-1619. (2)

Nyts eut-il d'autres enfants ailleurs qu'à Anvers, car il a certainement voyagé ? C'est ce que nous ignorons.

L'artiste entra dans notre gilde de S' Luc, comme franc-maître, en 1647-1648 (3). Un connaisseur, qui a vu beaucoup de tableaux, nous a rapporté qu'il avait admiré des paysages de Gilles Nyts, dont David Teniers, le jeune, avait exécuté les figures. Ce maître le mentionne dans le Catalogue des peintres dont l'archiduc Léopold-Guillaume possédait des tableaux. Il écrit son nom Egidius Nijts(j\).

[i) Le nom du peintre est écrit deux fois Nyts et deux fois Neyts, dans les actes invoqués.

(2) Lia^geren cités, T. I, p. 553.

(3) Liggeren cités, T. II, pp 186 et 192. Son nom est estropié et écrit Nyes dans le Liggere et le compte de 1647-1648.

(4) A la suite de l'introduction du Théâtre des peinlvres de David Teniers.

Une demande à ce propos :

Les points qui surmontent parfois Vy de Nyts et qui se trouvent aussi sur les deux paysages que nous possédons de lui, sont-ils la cause de son classement dans l'école hollandaise ? Ce classement a été adopté au musée du Louvre , à Paris, qui ne possède pas moins de neuf dessins du maître (i). Charles le Blanc, sans se prononcer à l'égard de la nationalité de Nyts, est d'avis que ses estampes « rappellent Ruysdael )); il est vrai qu'il ajoute aussitôt: « et surtout Elshcimer (2).»

Si les deux points en question ont exercé quelque influence sur la production de cette erreur, c'est bien à tort, car on marquait l'y de ce tréma aussi bien en Belgique qu'en Hollande, jusqu'au XVIL' siècle. Cet usage fut abandonné pendant le siècle suivant, dans nos provinces, mais il fut retenu par nos voisins du Nord. Au reste, Gilles Nyts ne tient pas plus à l'école hollandaise que Luc van Uden, son maître.

Nous connaissons trois tableaux sur lesquels notre artiste a inscrit une date. Deux de ces peintures, qui portent les plus anciennes, sont notre propriété. En voici la description successive :

Un homme en guêtres, assis à l'avant-plan, au bord d'une eau courante, est en train de pêcher à la ligne : près de lui se tient une personne de condition, la canne à la main, et accompagnée de son chien, qui s'amuse à

^i) Frédéric Raiset. Catalogue des dessins (etc.) exposés au

Musée impérial du Louvre. — 'Première partie : école d'Italie, écoles allemande, flamande et hollandaise, Paris, 1866, Ixxxix.

(2) Ch. le Blanc. Manuel de l'amateur d'estampes. Paris, 1856, T. III, p. III

prendre ses ébats. Une luxuriante végétation s'étale sur cette partie du tableau. Dans le chemin sablonneux où se tiennent nos personnages, passent un homme et une femme, l'un tenant au bras un sac et un portefeuille, l'autre une corbeille. Ils sont sur le point de rencontrer un gaillard qui dort profondément, appuyé à un monticule. La route qu'ils traversent conduit à un ancien château, en partie ruiné, mais néanmoins habité encore, et qui est rendu très pittorcsquement : deux hommes s'entretiennent sur le pont qui conduit à la vieille forteresse. Un troisième qui paraît fort pressé, à en juger par la rapidité de sa marche, semble se diriger vers un endroit assez éloigné où l'on a foit la fenaison. Il apporte sans doute un message à celui qui garde les foins. A gauche de la composition s'étend un bois sur lequel se détache le château, et des montagnes bordent cette partie de l'horizon. La campagne est embelUe, au centre, d'une grande quantité d'arbres fort artistemênt disposés et que borne, à l'arrière-plan, un second bois. A droite de la composition s'étend un rideau d'arbres et d'arbustes qui sont reflétés dans l'eau. Dans le ciel d'azur qui paraît emprunté à l'ItaHe et qu'entrecoupent des nuages ensoleillés, s'ébattent quelques oiseaux. Signé : J. Nijts. 1667. Ce tableau se distingue par la légèreté, la transparence et la manière brillante de son exécution. On y croirait voir les arbres et les autres plantes se remuer sous l'action d'un vent à peine perceptible. Les figurines, dont quelques-unes doivent être vues à la loupe, sont d'une rare élégance et dessinées avec beaucoup de finesse et d'esprit : il est évident qu'elles n'ont été ajoutées au paysage qu'après l'achèvement de cette partie de la composition. Le fond sablonneux de l'avant-

plan a droit également à de grands éloges, aussi bien que la façon délicate dont sont traités le feuillage des arbres et les plantes qui ornent la peinture.

Le second tableau est conçu de la manière suivante. A l'avant-plan d'un paysage, s'avance un pâtre vêtu à l'italienne,, que deux mulets suivent à quelque distance. Derrière eux s'étend une eau qui baigne une élévation de terrain dominée par les ruines, très pittoresques et envahies déjà par la mousse et les plantes parasites, d'une forteresse. Un homme chemine près de là. La vue est bornée de ce côté^ c'est-à-dire vers le centie de la composition et à gauche, par une chaîne de montagnes. L'artiste a représenté la scène après le coucher du soleil. La partie antérieure du tableau est enrichie de plantes de diverses espèces, d'arbustes et d'arbres. Un de ces derniers s'élève sur un tertre et à travers son feuillage brillent les lueurs du crépuscule. Des montagnes moins hautes que les précédentes ferment l'horizon de ce côté. Un ciel d'azur entrecoupé de nuages ensoleillés et dans lequel volent quelques oiseaux, éclaire la composition. Signé : J. Nijts. 1669.

Cette peinture peut, comme la précédente, être comptée parmi les chefs-d'œuvre du maître. Elles mesurent l'une et l'autre 35 centimètres en hauteur sur 48 en laro;eur.

Le troisième tableau daté dont nous avons parlé, est celui de la galerie royale de Dresde. Il représente un paysage montueux, avec des bois et des ruines ; à l'avantplan une dame et deux hommes à cheval^ et un mendiant. Signé : ^. Neyts f. 16S1.

Cette composition est peinte sur toile tandis que les miennes le sont sur panneau.

La galerie de Dresde possède une seconde toile de Gilles Nyts. C'est un paysage montueux avec des arbres et des ruines (i).

Un paysage du maître parut à Anvers, en 1762, à la vente de la douairière de Proli et y produisit 40 florins de change (2).

Le catalogue de la collection renommée du chanoine noble gradué de la cathédrale d'Anvers, Pierre-André- Joseph Knyff, signale, en ces termes, une peinture de notre maître : « La vue de la ville d'Anvers^ où l'on remarque, sur le devant, quantité de belles figures, d'arbres et d'animaux : on admire dans ce tableau le grand soin que l'artiste a donné à l'exécution de la tour de la cathédrale, des bâtiments et des arbres ; car on ne peut rien voir en ce genre de plus vrai et d'un plus beau fini, et l'on ose assurer que cet artiste n'a rien peint qui soit au-dessus de ce morceau. Haut, 21 pouces; large, 31. Toile (3).» Cette œuvre fiât vendue 31 florins de change, au mois de juillet 1785.

Au mois d'août de la même année deux productions du maître fiirent présentées en vente publique, en notre ville, à la mortuaire du peintre Jean-François Beschey. Le catalogue les décrit ainsi : « Deux jolis paysages montagneux, dont l'un est orné de figures et de bestiaux. Le second de bohémiennes qui disent la bonne aventure à un paysan et d'autres figures. Haut, 14 pou- Ci) JULIUS HÙBNER. Op. cit., 228, nos 1026, IO27,

(2) PiETER Terwesten. Catdogiis of naamlyst van schilderyen met derielver prysen ledert den 22 augiisti i']S2, tôt den ji novemher iy6S. Zo in Holland ah Brahand en op andere plaatsen in het openhaar verkogt. s' Gravenhagc, 1770, 277, no 39.

(3) Catalogue cite, p. 33, n" 129.

ces 1/2; large, 20 1/2. Bois (i)». Ces peintures furent adjugées au sieur Bauwens, moyennant 39 florins de change.

Voilà, outre un paysage que nous avons vu, un jour, à Anvers, chez un artiste, tous les tableaux de Nyts dont nous avons pu avoir connaissance. Preuve certaine que ses productions se vendent sous d'autres noms.

Nous possédons de notre peintre un dessin colorié fort intéressant représentant une vue de la ville de Bruxelles, prise du dehors. Elle est exécutée avec beaucoup d'art et étoffée d'un brave homme assis sur un mulet et en train de se diriger sur la capitale du Brabant. Signé : '^eijts.

Un second dessin du même artiste a été exposé, à Anvers, en 1867, par M. Jean-Théodore-Joseph Linnig, peintre-graveur. Il a pour sujet une avenue dans laquelle se promènent un seigneur et une dame, et au second plan, un pont de pierre conduisant à un château. Cette œuvre-d'art de mérite exécutée à la plume et lavée au bistre, est signée : G. ^IsL^^yls f. (2). Elle nous a été cédée par son propriétaire.

Le chanoine de S' Gommaire, à Lierre, Pierre Wouters, ne possédait pas moins de cinq dessins de Nyts. Un seul est décrit en ces termes dans le catalogue de sa collection qui fut vendue à Bruxelles,, en 1797. ci Un

(1) Catalogue cité, p. 21, n°^ 97 et 98.

(2) Catalogue de. . . gravures, livres et dessins, par des maîtres anversais des i^<^, i6^, ly^ et 18^ siècles, . . . réunis par les soins de la Société royale pour l'encouragement des Beaux-Arts, et exposés dans le local de la Bourse, à la Cité d'Anvers, p. 261, n° 155.

très fin petit paysage orné de figures et fables par Gilles Neyts, à la plume et lavé d'un peu de couleurs (i) ».

Quatre compositions de notre artiste faisaient partie de la collection du chevalier]. Cambertyn, de Bruxelles, qui fut vendue à Paris, en 1865 : i" Une vue d'un bois, dessin à la plume lavé à l'encre de Chine et au bistre ; 2° une vue d'une forêt, dessin à la plume, lavé au bistre et rehaussé de couleurs ; 3° pays où l'on voit dans le fond une ville, dessin à la plume, rehaussé de couleurs ; 4° vue d'un pays au bord de la mer, à la mine de plomb sur peau de vélin (2).

Feu M. D. Vis-Blokhuizen possédait également quatre dessins de Nyts : 1° une vue de la ville de Termonde, à la plume ; 2° et 3° deux paysages, à la plume et à l'encre de Chine ; 4" étude de vaches et de chevaux^ à l'aquarelle (3).

Charles le Blanc ne décrit pas moins de 25 gravures à l'eau-forte exécutées par notre maître. En voici l'énumération : 1° Vue de la ville de Lille : larg. 290 millimètres ; haut. 151; la marge 15. — Premier état : avant les vers dans la martre. 2° Le cavalier à o;auche, sur la terre, G. N. Larg. 47 millim.; haut. 27. 3° Tobie et l'Ange ; paysage montagneux. Dans le bas, à gauche, G. Neyts. Larg. 56 millim.; haut., 52. 4° Le Clair de lune. Larg. 58 millim.; haut. 47. 5° Le paysan qui garde une vache et deux chevaux. Dans le bas, à gauche, G. N. Large, 79 millim.; haut. 60. 6" Le talus au

(i) N. J. 't Sas. Catalogue cilc, p. 235, 11° 330.

{2) Catalogue de V intéressante collection d'estampes et de dessins composant le cabinet de feu M., le chevalier J. Caniherlyn, de 'Bruxelles. Paris, 1865, 2^ partie, 218, 11°* 266 p. 269.

(3J Catalogue de la collection de cet amateur vendue à Rotterdam, en 1871, p. 72, n"" 447-449.

vieil arbre. Larg, 79 millim.; haut. 60. 7° Le clocher dans un bas-fond ; sur le premier plan, un homme avec un bâton, et à côté de lui une bête à cornes ou un cheval. Larg. 88 miUim.; haut. 65. 8° L'homme et la femme marchant sur le chemin. Larg. 10 1 millim.; haut. 90. 9° L'étang. Larg. iio millim.; haut. 99. 10° Le chemin dans la forêt. Larg. 115 millim.; haut. loi. 11° Le canal avec une écluse. Larg. 117 millim.; haut. 78. 12° Le pont de bois avec la ville de Dordrecht dans le fond. Dans la marge à droite, G. Neyts. Larg. 117 millim.; haut. 106. Premier état : avec l'adresse : loa. Huyssens ex. Deuxième : l'adresse effacée ; on en voit encore des traces.

Ce Jean Huyssens fut reçu franc-maître de la gilde de S' Luc, à Anvers, en 1630-163 i, en qualité de libraire fils de maître (i). Il résulte de sa signature sur les planches de Nyts qu'il était aussi imprimeur en taille douce et éditeur de gravures.

13° Les chaumières sur le bord de l'eau. Signé : G. Neyts. Larg. 120 millim.; haut. 199. 14° Les ruines d'un amphithéâtre. Larg. 128 millim.; haut. 90. 15° Le chemin garni de grands arbres ; dans le fond, une ville que l'on croit être Dordrecht ; vers la droite de la marge, le nom très légèrement gravé. Larg. 133 miUim.; haut. 90. 16° La tour carrée. Au bas de la droite, en dehors de l'estampe, on lit, en très petits caractères, G. Neyts inc. Larg. 135 millim.; haut. 90. 17° Le village au bord de l'eau. Larg. 135 millim.; haut. 92. Pièce non signée. 18° Le jeune Tobie. Au bas de l'estampe, vers la gauche, G. Neyts /. Larg. 167 miHim.;

(i) Liggercn cités, T. II, pp. 15 et 19.

haut. 124. Premier état : avec l'adresse : loa. Hiiysscns ex. Deuxième : avec l'adresse : F. V. W. ex. (François van den Wyngaerde, graveur et éditeur d'estampes, à Anvers). 19° Le petit pont. Le nom G. Neyts est gravé au bas de la droite. Larg. 167 millim.; haut. 124. Premier état : avant l'adresse. Deuxième : avec l'adresse F. V. W. ex. au-dessous du bord supérieur gauche de l'estampe. 20° Abraham renvoyant Agar. Au bas de la gauche, en dehors de l'estampe, G. Neyts. Larg. 167 millim.; haut. 126. Premier état avec l'adresse : loa. Hiiysscns ex. Deuxième : avec l'adresse F. V. W., dans la marge à droite. 21° Le Cavalier. Les mots G. Neyts sont tracés en caractères presque imperceptibles vers la droite du bas. Larg. 173 millim.; haut. 126. Premier état : avant toute adresse. Deuxième : avec l'adresse loa. Huyssens ex. Troisième : avec l'adresse de François van den Wyngaerde. 22° Le palefrenier. Le nom de G. Nyts in. est vers la gauche du bas en dehors de l'estampe. Larg. 173 millim.; haut. 127. Premier état : avant toute adresse. Deuxième : avec l'adresse loa. Huyssens ex., dans la marge du bas, à gauche. Troisième : avec l'adresse de François van den Wyngaerde. 23° L'homme et son chien. Le nom de G. Neyts est vers la droite du bas, hors de l'estampe. Larg. 176 millim.; haut. 126. Premier état : avant toute adresse. Deuxième : avec l'adresse loa. Huyssens ex. Troisième : avec l'adresse de François van den Wyngaerde. 24° La tentation de S' Antoine. Larg. 234 millim. ; haut. 178. Premier état : avec l'adresse loa. Huyssens ex. Deuxième : avec l'adresse de François van den Wyngaerde.

Nous avons sous les yeux un exemplaire de ce dcr-

nier état. Il est signé, liors de l'estampe, à droite : G. Neyts in.-, à gauche, Franc. V. Wvjn. excudit, et marqué i au milieu de la marge inférieure de la planche. 25° L'arbre isolé au milieu des rochers. Signé : G. l>Lcyts inventor et fecii. Larg. 259 millim.; hauteur 162 (i).

La description sommaire qui précède ne nous permet pas de reconnaître si la planche suivante qui faisait partie de la collection Wincklcr y est comprise : Paysage décoré sur le premier plan, de beaux arbres et de figurines ; sur le second et le troisième plans, de beaux lointains avec deux hommes à cheval diriareant leur marche vers la gauche. Marqué : G. ^nyts (2) inv. F. V. W. exe. petit in-4° en travers (3).

On voudra bien remarquer la faute ISLtiyts. Au reste voici le sommaire placé par Hûber et Stimmel en tête de l'estampe : Nuyt, Nuyts ou Nooit, (G. van der)^ peintre de paysages et graveur à l'eau-forte, des Pays- Bas. Soyez donc un artiste de grand mérite pour être exposé à voir, après votre mort, estropier votre nom de cette manière !

Le Blanc rapporte, sans aucune preuve, que Gilles Nyts travailla en Hollande et en Belgique de 1650 à 1690. Nous avons trouvé l'annotation suivante dans le compte de l'église cathédrale d'Anvers, de la S'^ Bavon 1686 à 1687, au poste des recettes des nouveaux droits d'enterrements : « 1687. Le Signor Neyts, 6 florins o

(i) Ch. le Blanc, o/?-. cit., T. III, pp. 111-112.

(2) Lisez : G. Nyts ou Neyts.

(3) Michel Huber et J.-G. Stimmel. Catalogue raisonné du cabinet iVestampes de feu Monsieur îVinckler, banquier et membre du Sénat, à Leipiig. Leipzig, 1805, T. III, p. 623, 11° 3405.

(sous) (i) )). D'un autre côté le compte de la gilde de S' Luc du i8 septembre 1686 au 18 du même mois 1687 mentionne la somme de 3 florins 4 sous, produit de la dette mortuaire de 'T>Luyts.

Nous avons fait de vaines recherches dans les registres d'enterrements de la cathédrale, conservés à l'état-civil d'Anvers, pour y découvrir le prénom du Nyts décédé en 1687.

Ainsi que nous l'avons fait observer ci-dessus, les Nyts sont très rares dans notre ville, de fliçon qu'il est fort probable que nous nous trouvons ici en présence de Gilles, notre peintre et graveur à l'eau-forte, dont un tableau conservé à la galerie de Dresde porte la date de i68r. Tout doute serait levé, si le compte cité de S' Luc renseignait exactement le nom, car Théodore, le fils de notre artiste, ne figure pas dans les registres de notre gilde, et rien ne prouve qu'il ait suivi la carrière paternelle. Quoiqu'il en soit, trop d'erreurs se sont glissées déjà dans les vies des maîtres, pour que nous ne craignions pas d'en augmenter le nombre par une affirmation non suffisamment justifiée. Nous devons donc nous borner en ce moment à dire que Gilles Nyts est décédé très probablement à Anvers, en 1687 (i).

Sources : Registres de baptêmes et mariages des anciennes paroisses d'Anvers. — Archives de la ville. — Ph. Rombouts et Théodore VAN Lerius : Les Liggereji et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc.

(i) Liggeren cités, T. II, p. 186.

(i) Cette notice est datée du 11 août 1874.

?Y^?Y^rî^fîS?$^f$^?Y^fi^?î^r^

André PAUWELS ou PAULI

(en flamand Andries PAUWELS ou PAULI)

|ne planche de cet excellent graveur figurait, en ff( 1867, sous le n° 585, à l'exposition ouverte à An- ^\-ers^ à la Cité, par les soins de la Société royale pour l'encouragement des beaux-arts, à l'occasion du Congrès archéologique international. Le propriétaire, M. Edouard Ter Bruggen,, dont la collection d'estampes, etc. vient d'être acquise par notre ville, avait feit précéder l'indication du sujet des lignes suivantes : (( André Pauwels dit Paul. Né le 21 mars 1600, reçu dans la corporation de S' Luc en 1627, mort en 1639.» M. Ter Bruggen, à la note 2 de la page 117 du catalogue de l'exposition citée, s'était exprimé, en outre, de la manière suivante : « L'absence d'indication d'un lieu de naissance ou de décès signifie que nous les croyons à Anvers. )) Enfin, à la note de la page 205, il priait les généalogistes pointilleux de vouloir bien mettre sur le compte de la précipitation avec laquelle il avait dû rédiger son catalogue, les erreurs de noms et de dates qui pourraient s'y trouver.

L'année de la réception d'André Pauwels à la maîtrise de S' Luc étant exactement indiquée, sauf qu'il aurait fallu lire 1627- 1628, et celle du décès de l'artiste^ en

1639» beaucoup plus difficile à déterminer, comme nous le verrons, l'étant également, nous n'avons pu rejeter d'emblée la date de naissance signalée si péremptoirement par M. Ter Bruggen. Nous devons avouer, néanmoins, que nous avons recherché en vain dans les tables des anciens registres de baptêmes des paroisses d'Anvers, la confirmation de la date du 21 mars 1600, ou même une date contemporaine. Nous concluons de ce résultat négatif qu'André Pauwels ou Pauli a bien pu avoir vu le jour à l'époque indiquée, mais ailleurs qu'à Anvers. Feu M. Frédéric Verachter, ancien archiviste de cette ville, possesseur d'une partie du fonds d'estampes de M. Ter Bruggen, ayant pu avoir découvert l'indication si positive dont nous parlons, dans un document qui nous est inconnu, nous la maintenons, jusqu'à preuve du contraire.

Nous allons exposer entretemps ce que nous avons découvert relativement aux parents présumés de notre artiste. En 1597, furent publiés, à S' Jacques, les trois bans d'un certain André Pauwels, qui habitait cette paroisse, et d'Hélène van Michils (r), appartenant à celle de Notre-Dame. Les registres de la cathédrale , aussi bien que ceux de S' Jacques, sont muets relativement à la célébration de ce mariage, que nous ne trouvons pas mentionné non plus dans ceux d'aucune autre de nos églises. Il convient toutefois de f;tire observer que ceux de la paroisse de S* Georges, à partir de 1578 jusqu'à 1601, font défaut à la collection de l'hôtcl-de-ville.

Il est certain, en tout cas, que l'André Pausvels que

(i) Heylken van Michils, Il est possible que ces derniers mots signifient simplement fille de Michel et n'indiquent pas le nom patronymique de la future.

nous venons de nommer, épousa Hélène van Michils. Cela résulte des registres de baptêmes de S' Jacques, qui mentionnent au 30 août 1602, celui de deux jumeaux, Anne et Georges, leurs enfants légitimes. Selon la coutume de l'époque, la mère n'y est indiquée que par son prénom.

La petite Anne eut pour parrain Jean Coomans ou Cooymans, marchand et amateur de tableaux, qui fut inscrit en 1607-1608, dans la gilde anversoise de S' Luc, en qualité de franc-maître (i), et qui fut plus tard prince de la chambre de rhétorique de la Giroflée (de VioUcre) (2). Sa marraine est désignée simplement sous la dénomination de Signora Pauwels. Quant au petit Georges, il fut tenu par un certain Bartholomeus, dont nous n'avons pu déchiffrer le prénom, et par Anne Hasen.

Nous allons à cette heure quitter le terrain des probabilités, pour celui des faits positifs. André Pauwels ou Pauli épousa Elisabeth Urbaens. Leur mariage eut lieu en ou vers 1621, mais l'acte n'en figure pas dans les registres des anciennes paroisses d'Anvers. En admettant la date de naissance de 1600, l'artiste aurait eu, à cette époque, 21 ans ou environ. Le graveur Christophe Jegher n'en avait guère plus de 17, en semblable circonstance.

Elisabeth Urbaens donna huit en£mts à son mari.

(i) Ll's Liegercn et autres archives historiques de la gilde anversoise de Saint Luc, transcrits et annotés par Philippe Rombouts et Théod. VAN Lf.rius, avocat, T. I, p. 440.

(2) J.-B. VAN DER Straelen. Geschiedcilis der ,Anliverpsche rederyliliumcrs de Violieren of Violettebloem, p. 58. Uitgave bezorgd door M. P. -Th. Moons-van der Straelen.

Les trois premiers furent tenus sur les fonts de la cathédrale, quartier sud : i° Marie, le 6 juin 1622 par le célèbre graveur Luc Vorstcrman, le vieux, et Gertrude Cau ; 2° Anne, le 3 mai 1624, par Ferdinand Ximenes et Gratia Ximenes. tous deux membres de la noble famille Ximenes-Perette ; 3° Claire, le 23 septembre 1626, par Antoine Francx, imprimeur en taille-douce, reçu franc-maître de la gilde anversoise de S' Luc, en 1613-1614 (i); 4° Catherine, baptisée à S"" Walburge, le 8 octobre 1628 ; parrain, Jean Joyssen ; marraine, Anne de Blye ; 5° Elisabeth, dans la cathédrale, quartier nord, le 23 octobre 1630 ; parrain, Jacques van Loosvelt, brodeur, franc-maître de la gilde anversoise de . S' Luc, en 1 627-1 628 (2); marraine, Marie de Man.6° André, dans la cathédrale, quartier sud, le 8 décembre 1632 ; parrain^ Corneille Adriaenssen ; marraine, Anne Cuypers. Les parents du petit André habitaient, à cette époque, le Marché aux Œufs. Cet enfant devint un artiste distingué : nous lui consacrons une biographie spéciale. Les deux derniers rejetons furent tenus sur les fonts de la cathédrale, quartier nord : 7° Jean-Jacques, le 18 mars 1635, par Jean Cnobbaert, imprimeur, qui publia, cette même année, une planche gravée par André Pauwels ou Pauli (3), et par Christine de la Fonteyne ;

(i) Liggeren cités, T. I, pp. 494, 501, 502, 510 et 676 Le nom patronymique V est écrit plusieurs fois crronément Frans, et le mot drukker (imprimeur), y figure aussi pour plaeldruhker (imprimeur en taille-douce), sauf à la p, 510, où l'appellation et la profession sont indiquées exactement .

(2) Op. cit., T. I, p. 648.

(3) Les Liggeren ont omis d'indiquer l'époque de l'admission de Jean Cnobbaert à la maîtrise, mais les comptes mentionnent le paiement de sa dette mortuaire, Op. cit. T. Il, p. 89.

8" Catherine, le 6 juin 1637, par Godefroid van der Haghen, et Catherine Bouts.

Le nom de notre artiste est orthographié Pauwels dans tous les actes de baptême cités, sans exception.

André Pauwels ou Pauli ne figure pas dans nos registres de S^ Luc en qualité d'apprenti. Il était déjà père de trois enfonts lorsqu'il se fit recevoir comme franc-maître,en 1 627-1 628. Le compte de la gilde le désigne comme graveur à l'eau-forte (i). Nous avons l'intime conviction que Luc Vorsterman, le vieux, le parrain de son premier-né, fut son maître.

Notre artiste était redevable à la corporation de S' Luc, d'une somme de 23 florins, du chef de son inscription. Il en paya huit en acompte et souscrivit une obligation de solder les quinze restants (2). Ceci ne prouve pas que ses finances fussent bien brillantes, en 1627-

QjLioi qu'il en soit, nous allons nous occuper maintenant des travaux de notre maître. Le premier daté est, à notre connaissance, le frontispice qu'il grava pour l'ouvrage intitulé : De générale légende van aile Heylighen des geljeehn jares, door Heer Loys-Joseph d'Huvettere. Anvers, chez César-Joachim Trognesius, 1628. In-4" (3).

Antoine de Bourgogne, qui fut depuis archidiacre de Bruges, pubUa, en 1631, chez Jean Cnobbaert, à Anvers, en format in-i6° oblong, l'ouvrage en vers, intitulé : Lingva vitia & remédia Emhlematice expressa per Illustrem ac %euer. T). ^Antonhima Burgondîa. Antverpîa

(i) Op. cit., T. I, p. 649.

(2) Op. cil., T. I, pp. 649 et 658^

(3) Ch. le Blanc. Manuel de Vamatciir d'estampes. Paris, 1856, T. III, p. 154, 11° 3.

apiid loau. Cuohharum M. DC. XXXI, Il en parut la même année, chez l'imprimeur cité et en pareil format, une traduction en vers flamands, dont le titre est ainsi conçu: Gbchrckcii der tonghe, ende middelen oin die te verbeteren. Uytgebeeldt door dm EdeJcn ende Eenu. Heer H". Anton, van Bourgoigne, t'Antiuerpen hy Jan Cnohhaert M.DC.XXXI.

Cette production, qui valut à son auteur les félicitations du célèbre poète Jacques Wallius, de la Compagnie de Jésus, est ornée de 95 planches, dont 88 sont gravées au burin et à l'eau-forte, par André Pauwels ou Pauli (i). Les 7 autres sont l'œuvre de Jacques Neeffs (2). Nous allons passer en revue et les unes et les autres.

La planche qui sert de titre à l'édition latine n'est pas signée : celle qui orne l'édition flamande porte à droite, au bas de la partie inférieure, la marque AP. fecit (l'A et le P accolés). C'est le monogramme d'André Pauli. Ce sont, du reste, deux petites estampes issues d'une même pensée, mais présentant quelques légères différences d'exécution. La description les fera ressortir: Au

(i) PAQ.UOT, qui ne nomme pas l'artiste, a reconnu la valeur de son œuvre, qu'il trouve gravée fort délicatement. Cet auteur ne signale que 90 emblèmes, chiffre exact si on ne tient compte que de ceux qui sont numérotés sur les pages qui leur font face, mais il faut y joindre la planche de titre expliquée dans la préface et celles qui se trouvent vis-à-vis des pages i, 5, 99 et 191 de l'édition latine, qui renferment autant d'emblèmes que les planches vis-à-vis des pages I, 5, 40 et 377 de la traduction flamande. Paquot cite l'ode IV du second livre des Poésies lyriques de Wallius, p. 353 de la première édition de WalUi poëinata. Elle se trouve reproduite à la p. 280 de Jacohi Waltli e Societate Jesii Poematum llhri novem, imprimée à Lyon, en 1688, aux frais des Anissons, par Jean Posuel et Claude Rigaud. — Paquot. Mémoires littéraires, T . I, pp. 393 et 394, édition in-8°. (2) Jacques Neeffs, d'Anvers, fut reçu franc-maître de la gilde de S* Luc, de ladite ville, en 1632-1633. Liggeren cités, T. II, p. 36.

centre de la composition se trouve un corps d'architecture au milieu duquel se lit le titre latin ou flamand de l'ouvrage. Plus bas, d'un nuage sur lequel trône une langue, sortent deux mains, dont la gauche saisit le pied de la Vie, et la droite la jambe de la Mort, toutes deux debout sur un piédestal. La première est représentée avec une étoile au front et portant dans ses mains le soleil et la lune. Une lampe allumée, posée sur un socle, se trouve au-dessus de la tête de cette figure. La Mort est représentée tenant sa faulx. Un socle, placé au-dessus de sa tête, supporte un sablier. Les textes suivants expliquent le sens de cet emblème. ^Cors et vita in manu Lingua. Prov. iS. T)oodt eiide levai zyn in de handt der Tonghe. Prov. i8 (i). Le milieu du corps d'architecture est couronné par une ourse qui lèche son petit. Au-dessous de la Vie figure, dans un bas-refief, un quadrupède fantastique qui bave son venin près d'un homme effrayé : celui-ci gît à terre dans l'édition latine, et se sauve, dans l'édition flamande. Le bas-reHef audessous de la Mort a pour sujet un oiseau fabuleux qui ouvre un large bec et s'attaque à un homme déjà terrassé. Dans l'édition flamande, la bête est en train de le mordre. A droite de la composition figure un cavalier qui dompte un cheval fougueux ; au fond, une vue de ville assise au pied d'un fleuve, sur lequel vogue un navire. A gauche, à l'avant-plan, un cheval à l'état sauvage ; plus loin, une barque assaillie par une tempête furieuse. Il y a ici quelques minimes différences d'exécution dans les deux éditions, mais elles ne valent pas la peine de s'y arrêter.

(i) La mort et la vie sont dans la main de la langue. Prov. i 8,

La deuxième planche représente l'enfer, où les damnés sont tourmentés de diverses manières, pour le mauvais usage de leur langue. Elle a été exécutée au burin par Jacques Neeffs. Comme toutes les estampes fournies par ce maître pour l'ouvrage dont nous nous occupons, elle est très inférieure à toutes celles gravées par André Pauwels ou Pauli.

La troisième est l'œuvre de cet artiste. C'est un superbe paysage, à droite duquel deux butors s'ébattent dans l'onde. A gauche, un serpent qui est venu ramper au pied d'un arbre, pousse son dard. Près de là, un sanglier court en remplissant l'air de ses cris, un léopard fait entendre ses hurlements, un chien aboie contre un cheval qui s'élance de toute sa vigueur, et un porc se retire en i?ros;nant. Plusieurs oiseaux chantent sur l'arbre ou dans le ciel. Une ferme, au fond, est entourée de ruches d'abeilles.

La quatrième est due également à André Pauwels ou Pauli. On y voit un oiseau, à la langue longue et effilée, planer au-dessus d'un monticule, en jetant des cris perçants. Le fond est un riant paysage, assis au bord de l'eau et orné de quelques f:ibriques.

La cinquième a été exécutée par Jacques Neeffs. Elle a pour sujet un paysan qui lie avec une corde la queue d'une anguille et, plus loin, un pêcheur, debout dans une barque, va jeter son filet; plus loin encore, un autre tend son hameçon. Le fond est un paysage avec des fabriques.

La sixième est l'œuvre du même artiste. Elle représente Sisyphe, qui s'efforce en vain de rouler, au sommet d'une montagne, un quartier de roche. Cette figure est très mal dessinée. L'enfer des païens occupe le fond de la planche.

La septième, gravée par André Pnuwels ou Pnuli, figure un paysan monté sur un cheval et conduisant une charrette chargée de tonneaux et dont une des roues est endommagée. Plus loin, suivent d'autres charrettes. La scène se passe dans un paysage à droite duquel se trouve une habitation rustique.

La huitième, exécutée par Jacques Neeffs, nous montre un gentilhomme debout dans la campagne et élevant la voix dont l'écho lui renvoie les sons.

La neuvième, gravée par André Pauwels ou Pauli, nous représente un pot d'étain dont le couvercle est cassé, posé sur une table, dans un appartement garni de quelques chaises et dont la porte est ouverte. Par une fenêtre, à gauche, on distingue quelques bâtiments.

Les dixième, onzième et douzième planches ont Jacques Neeffs pour auteur. La première nous montre la tour d'une église de village, d'où pend un drapelet pourvu de petites sonnettes, en signe de kermesse. Le fond est occupé par une montagne et quelques bâtiments : au-dessus de l'un d'eux une cigogne posée sur son nid, fait entendre un cri. Quelques oiseaux voltigent dans l'air.

Dans la onzième, un oiseleur, assis dans la campagne, écoute le chant d'un pinson perché sur un arbre, et auquel répondent les modulations de deux volatiles aveuglés et enfermés dans des cages. Fond : paysage avec des fabriques.

La douzième nous introduit dans un cellier, éclairé par une lampe et où se trouvent rangés des provisions de bouche et divers tonneaux. Un de ceux-ci rempli de vin nouveau, a brisé ses liens et laisse échapper la

liqueur. Un escalier, pratiqué au fond de la cave, conduit à la cuisine.

Toutes les planches suivantes sont l'œuvre d'André Pauwels ou Pauli.

Un perroquet bavard, enfermé dans sa cage, fait le sujet de la treizième planche. A travers une porte ouverte on voit une rue de village.

La quatorzième nous représente le grand combat des grues et des pygmées. C'est une scène pleine de mouvement, car les nains sont armés de toutes pièces et font bravement face à l'ennemi. Malheureusement pour eux, l'attaque est des plus vives et les becs des grues font rage, non seulement sur la terre, mais même dans l'air, où un des oiseaux a eu l'irrévérence d'enlever un de ces petits bonshommes. Le fond de la composition est occupé par leur camp.

Un campagnard, la tète couverte d'un voile, bat la mesure sur un plat d'étain pour attirer dans ses ruches un essaim d'abeilles, qui a déserté les siennes. La scène se passe près d'une habitation rustique, derrière laquelle s'étend un paysage boisé et orné de fabriques. Cette planche est la quinzième.

Dans la seizième, une pie perchée sur un arbre, à l'avant-plan d'un beau paysage, fait retentir Tair de ses cris perçants.

La dix-septième nous représente une rue. Un individu y verse flegmatiquement le contenu d'un pot dans un entonnoir que tient un ouvrier, de telle façon que la liqueur se répande sur le pavé. Celui-ci paraît adresser des observations à son maître. Le fond se compose de deux maisons, pourvues chacune à l'extérieur d'un banc

de pierres de taille. Quelques tonneaux ont été roulés dans la rue.

Au milieu d'un appartement orné de belles tentures, parmi lesquelles on distingue la figure d'un fleuve assis au milieu des roseaux, un coffre-fort à secret est posé sur une table couverte d'un superbe tapis. C'est le sujet de la dix-septième planche.

La dix-huitième nous montre un perroquet perché sur le dossier d'une chaise et déclinant dans un appartement, à l'entrée d'une maison, les mots qu'il a appris à prononcer.

Dans la dix-neuvième, une pie dont le bec est plus grand que le reste du corps, est venu s'ébattre sur une branche de pommier, à l'avant-plan. Le fond est un paysage montagneux, orné d'arbres étrangers à notre climat.

A l'avant-plan de la vingtième, un homme tenant une poêle de la main droite, vient de retirer du feu un plat chargé de noir de fumée, qu'il tient de la gauche. Près de lui, un grand pot et des ustensiles servant à serrer la marchandise, posés partie à terre, partie sur une table. A quelque distance, un individu, chargé d'une hotte, parcourt les rues du village où se passe la scène.

La vingt-unième nous représente un gentilhomme faisant retentir dans la campagne sa voix qui est répétée par l'écho. Celui-ci, comme dans la huitième planche, exécutée par Jacques Neeffs, est figuré sous la forme d'un masque d'homme. Mais la petite estampe de Pauli est infiniment supérieure à l'autre. Le fond est un paysage boisé, orné de fabriques.

Dans la vingt-deuxième, un vieillard assis près d'une table chargée d'un pain, s'apprête à en donner une

tranche à un chien qui lèche les plaies de sa jambe gauche.

Dans la vingt-troisième se dresse une panthère qui vient de tuer un lion. La scène se passe dans un désert^ que bornent à l'horizon des montagnes.

Un serpent sorti de son antre fait retentir l'air de ses sifflements. Le fond de cette vingt-quatrième planche est un superbe paysage montagneux, assis au bord de l'eau.

Un marteau frappe le timbre d'une grande horloge, placée sur une table, au milieu d'un appartement. Une porte ouverte y donne accès à un beau jardin, vu au coucher du soleil. C'est le sujet de la vingt-cinquième planche.

La vingt-sixième nous transporte dans une salle, où est établi un théâtre de marionnettes. Celles-ci sont en train de jouer. Deux bateleurs, l'un tenant une épée, l'autre pinçant de la guitare, dansent sur une estrade dressée devant la scène. Un individu en entr'ouvre le rideau, tandis qu'un autre se montre à gauche ; un nombreux public composé d'hommes, de dames et d'enfants, assiste à la représentation. A gauche une femme en prend sa part, derrière les barreaux d une fenêtre.

La vingt-septième nous fait voir une cuisine, où le feu brûle dans l'âtre. A l'avant-plan, sur un dressoir, sont étalées des pommes, les unes saines et d'autres pourries. Les guêpes se sont emparées de ces dernières, et quelques-unes, qui s'en sont trop rassasiées, gisent presque inanimées près de ces fruits gâtés. D'autres font le siège d'une pomme avariée qui a roulé par terre : d'autres encore s'attaquent à des fruits malsains qui gar-

nissent la partie supérieure d'une corbeille. Une armoire, placée près du feu, £u.ipporte un pot et quelques plats d'étain. Plus haut sont appendues quelques cannettes à bière et à vin. Une échappée de vue, à droite, nous montre près d'une maison rustique un cheval malade et couvert de plaies qui sont envahies par les mouches.

A l'avant-plan d'un ravissant paysage, assis au bord de l'eau et qui orne la vingt-huitième planche, un butor a fait entendre un cri, auquel accourt, à droite,, une vache qui s'en vient rejoindre deux taureaux. Une église et des maisons de campagne occupent le fond de la composition.

Un hanneton qui, les ailes étendues, va se repaître d'ordures, est représenté au centre de la vingt-neuvième planche. Le fond est un paysage boisé dans lequel on remarque des habitations rustiques et un ermitage.

Sur un chêne, à l'avant-plan de la trentième planche, se remue un pivert. La vue s'arrête, à gauche, sur un bois : au fond, à droite^ on distingue une ville, que baigne une rivière.

Dans la trente-et-unième, une bombe éclate sur un retranchement, renversant et dispersant les soldats qui le gardent. A gauche , une tour sur laquelle flotte un drapeau et qui est munie de nombreux défenseurs.

La trente-deuxième nous représente un homme assis devant une table garnie de mets et s'aiguisant l'appétit en goûtant de la moutarde. Une fenêtre ouverte donne vue sur un jardin.

A l'entrée d'une maison, à l'avant-plan de la trentetroisième, un enfant égratigné par un chat, fait entendre des cris perçants. Un paysage où l'on distingue, entre

autres, une église, et qui est baigné par l'eau, s'étend à droite de la composition.

La trente-quatrième a pour sujet un éléphant qu'une souris a rendu furieux. Le fond est un paysage.

La trente-cinquième nous transporte dans la cour d'une maison fermée, où des musiciens donnent un concert du haut d'une balustrade. Un léopard qui s'arrête en bas, à ce spectacle, ne peut contenir sa fureur. Une muraille, au fond, est dominée par des arbres.

Un hérisson traversant la montagne, s'arrête courroucé au contact d'un gland qui s'est détaché d'un chêne et tombe sur lui. Fond : un riant paysage orné de fabriques. C'est la trente-sixième planche.

Dans une campagne montagneuse, boisée et ornée de fabriques, que nous présentent la trente-septième, se remuent, à gauche, une anguille, et, à droite, un serpent qui fliit retentir l'air de ses sifflements.

La trente-huitième nous introduit dans un bel appartement, où un serviteur est en train d'allumer les cierges d'un riche lustre, attaché au plafond.

Auprès d'une habitation rustique , sur la porte de laquelle s'appuie un homme, un bûcheron est en train d'exercer sa hache sur un grand et bel arbre fruitier, qui vient d'être abattu et dont les assistants se partagent les branches. Le fond de cette trente-neuvième planche est un paysage boisé.

A l'avant-plan de la quarantième s'élève un superbe pommier, sur l'écorce duquel on a inscrit dans sa jeunesse le mot : niahis (méchant). Le fond est un paysage boisé, en partie montagneux, et couvert de fabriques. Un homme semble y faire un signal, près d'une tour. Un autre s'amuse à pêcher, au bord de l'eau.

Le pommier de l'édition flamande porte le mot : rabavt, qui répond à « capendu », sorte de pommes, aussi bien qu'à « mauvais drôle ». A cela près, les deux petites estampes sont identiques. Un vieux gentilhomme s'arrête, dans une riante campagne, aux aboiements qu'un chien lui fait entendre, à l'entrée d'une petite ferme. C'est le sujet de la quarante-et-unième planche,

La quarante-deuxième nous représente un combat de coqs, auquel assistent de nombreux spectateurs. Un des animaux, qui vient de tuer son ennemi, non sans grand dommage pour lui-même, chante, victoire. Le fond est un paysage avec des habitations de paysans.

Dans la quarante-troisième, un ours malade s'est étendu à l'ombre d'un arbre qui le cache en partie. Il s'est blotti près d'une fourmilière, dont les imprudentes habitantes viennent se poser sans méfiance sur sa langue qu'il a avancée et qu'il retirera tantôt à leur préjudice. Le fond est un beau paysage boisé, qui entoure en partie une église.

La quarante-quatrième nous fait voir un vieillard assis devant une table dans un appartement richement garni et ouvert de deux côtés : le bonhomme est en train de compter ses écus. Un individu de mauvaise mine, posté sur une balustrade en face de l'appartement, et armé d'une longue-vue, suit des yeux les mouvements du maître du logis. Fond : un mur, derrière lequel sont plantés des arbres.

Dans la quarante-cinquième, un chien galeux qui s'est arrêté près de l'étal d'une boucherie, lèche le sang de débris d'animaux déposés dans un panier. A quelque distance est posé un hachoir. Fond : une ferme entourée d'arbres.

La quarante-sixième nous fait assister, à gauche, à un combat furieux : à droite, un trompette à cheval et prêt à emboucher son instrument, se précipite avec deux autres cavaliers vers la mêlée.

Dans la quarante-septième, l'eau soulevée par une tempête épouvantable, s'élève vers le ciel. Au fond, les éclairs sillonnent les nues.

A la droite de la quarante-huitième, deux oiseaux perchés sur des arbres au-dessus d'un monticule, ont mis en fuite trois grues. Le fond est un paysage montagneux, entrecoupé d'eau et orné de fabriques.

Dans la quarante-neuvième, sur une table couverte d'un tapis, est posée une cage renfermant un oiseau apprivoisé. Une porte ouverte, de l'appartement où il se trouve, donne accès à la campagne.

Un musicien frappe des accords sur l'orgue, en présence d'un chanteur qui s'efforce de mettre sa voix à l'unisson. Les deux artistes sont réunis dans une des dépendances d'une église, au fond de laquelle on voit une femme, le chapelet à la main. Tel est le sujet de la cinquantième planche.

La cinquante-et-unième nous transporte dans un appartement, au milieu duquel une jeune mère s'attache, en berçant et en chantant, à endormir son petit entant. La couche d'osier de celui-ci est posée à quelque distance d''un grand feu qui brûle dans l'âtre, et près duquel se trouve le pot à bouillie. Le local est garni d'une table et d'un dressoir, au-dessus duquel sont étalés de nombreux plats et quelques vases d'étain. Une porte ouverte au fond de l'appartement livre passage à une allée.

Au milieu d'une cuisine, représentée dans la cinquantedeuxième planche, un chef est en train de préparer un

pâté de carpes : un de ces poissons est posé près de lui : d'autres nagent dans un baquet. Un bon feu brûle dans l'câtre^ et chauffe un pot. La pièce est garnie, entre autres, d'une table et de deux chaises, d'une cage où babille une pie et d'un cercle de fer auquel sont appendus de petits oiseaux morts.

Au milieu de la partie supérieure d'une tour, dans la cinquante-troisième planche, tinte le tocsin {stormcJocli). Le fond est un ciel nuageux, dans lequel volent des oiseaux.

Le sujet de la cinquante-quatrième est une horloge dont on a ôté les poids. Ils sont posés, comme le meuble lui-même, sur une table, au milieu d'un appartement bien garni.

La cinquante-cinquième nous montre une autre horloge, d'un travail compliqué, placée dans un beau bâtiment. A gauche, une personne monte les degrés qui y conduisent.

Dans la cinquante-sixième, un seigneur à cheval sort de la porte d'une ville fortifiée. Un lépreux assis au bord d'un chemin, agite sa crécelle, pour implorer une aumône. Le fond est un paysage orné de fabriques, parmi lesquelles on distingue une église de village.

La cinquante-septième nous représente deux grands vaisseaux, dont l'un est en train de couler, tandis qu'une partie de son équipage se sauve dans une barque. A gauche un phare : dans le ciel, des oiseaux.

Au milieu de la cinquante-huitième, un homme sale des poissons déposés dans une cuve. D'autres sont étalés près de lui, sur une table, où repose une hache. Le fond est une place publique de village.

Dans la cinquante-neuvième, les Mirmidons montés

sur des béliers, en guise de chevaux, vont en guerre contre les grues. Qiielques-uns de ces oiseaux s'enfuient effrayés, devant eux. Un autre s'élance effaré vers une troupe de ces nains, qui sont occupés à écraser sous leurs pieds les œufs de leurs ennemis. A droite et à gauche sont les tentes des héros.

Un campagnard monté sur une échelle, et armé d'un bâton, détruit les nids que les hirondelles ont étabhs sous son toit. Ces oiseaux s'enfuient en poussant leurs cris stridents. La scène se passe dans une rue de village. Une femme, placée sur une espèce de balcon, regarde ce qui se passe au-dessous d'elle. Au fond, on distingue deux hommes qui quittent la place : plus loin, une maison de paysan et une église. Tel est le sujet de la soixantième planche.

La soixante-unième nous fait voir dans un paysage, un bœuf, un cheval, un cerf et un rhinocéros, qui font entendre leurs ciis. Des oiseaux perchés sur un arbre chantent à s'égosiller.

Près d'une belle maison, de la soixante-deuxième, sont arrêtées deux personnes, dont l'une verse le contenu d'une cruche dans un vase percé de trous de tous côtés. Le fond se compose d'une suite de bâtiments, parmi lesquels il s'en élève un fort remarquable. Quelques arbres terminent la vue, à gauche.

Dans la soixante-troisième, un homme assis au bord de l'eau, dans la campagne, en face d'un château en ruines, fait entendre des sons qui lui sont renvoyés par Técho.

Un homme monté sur une échelle, attache à l'intérieur du foyer d'une cuisine, des langues destinées à être fumées. D'autres, déposées dans une cuve et sur une

table, attendent la même opération. Une porte ouverte, de cette soixante-quatrième planche , laisse voir une maison à quelque distance.

Un gentilhomme, assis près d'une table couverte d'un tapis, non loin d'un pavillon rustique, s'est tellement démis la mâchoire, qu'il ne saurait plus parler. Son compagnon, debout, s'apprête à lui asséner un coup vigoureux sur le menton, pour le guérir de son mal. Le fond de cette soixante-cinquième planche représente une ferme entourée d'arbres.

La soixante-sixième a pour sujet un homme de condition qui paie à un colporteur un achat de noir de fumée qu'il vient de faire. La scène se passe à l'entrée d'une maison, à l'intérieur de laquelle un ouvrier s'occupe à peindre le bas d'un mur. Le fond, à gauche, nous montre la campagne.

Au milieu d'un appartement, dont le centre est orné de marqueterie, se tient un caméléon : les couloirs de diverses pièces se reproduisent sur la partie inférieure du corps de l'animal. Une porte ouverte, de cette soixanteseptième planche donne vue sur la campagne.

Dans la soixante-huitième, un voleur armé et tenant une lanterne sourde, s'eniuit aux aboiements d'un chien^ posté à l'entrée d'une ferme. Le fond, à gauche, est occupé par des bâtiments entourés de bouquets d'arbres.

Le ciel est couvert de gros nuages noirs, au milieu desquels se détache à peine la demi-lune, voilée en partie.

Au milieu de la soixante-neuvième, un crocodile est étendu mort près de roseaux. L'animal est renversé sur son dos, et l'ichneumon qui l'a tué, sort triomphant, par l'ouverture qu'il lui a faite au corps. Un petit oiseau

lui picote la gueule. Le fond, qu'éclaire le soleil, est censé représenter une vue d'Egypte.

La soixante-dixième représente une jeune dame richement parée et assise au milieu d'un vaste appartement : elle fait signe de sortir à un cavalier qui la salue au seuil de la porte. Un luth est posé sur une table couverte d'un tapis.

A l'avant-plan de la soixante-et-onzième, une hyène est en train de dévorer un homme qu'elle est parvenue, par ses gémissements, à attirer dans un endroit bas et écarté. Le fond est un riant paysage orné de fabriques.

Dans la soixante-douzième, un jeune homme s'enfuit en entendant le sifflement d'un serpent qui se dresse devant lui. Le fond est une agréable campagne.

Une personne de condition est étendue malade dans son Ht, vers lequel se dirige un page, qui lui apporte des aliments. L'appartement du gentilhomme est garni de beaux meubles, parmi lesquels une table surmontée de plusieurs vases. Une porte ouverte au fond de la chambre, de cette soixante-treizième planche, donne accès à un bâtiment.

Une belle place publique de ville est représentée dans la soixante-quatorzième : un homme y offre un porc à vendre à une ménagère, qui, à l'aspect de la langue malade de l'animal, refuse le marché.

La brèche étant faite, trois députés viennent de quitter une ville fortifiée, et se trouvent en présence du chef des assiégeants, qui, entouré de quelques officiers, prend connaissance des propositions écrites de capitulation qui lui sont soumises. Derrière lui s'étend son camp que précède la batterie de brèche. Le pont-levis est abaissé, et, à l'entrée d'une porte de la ville, se tient le com-

mandant de celle-ci, environné d'officiers et de soldats. Une partie de la garnison est rangée en armes sur les remparts de la place, qui ont été fortement endommagés par le canon ennemi. Telle est la soixante-quinzième planche.

Dans la soixante-seizième, un essaim d'abeilles, parmi lesquelles on distingue leur roi, qui n'a pas d'aiguillon, vient s'abattre non loin de ruches à miel, près desquelles se tient un campagnard, appuyé sur un bâton. Le fond est un beau paysage orné de fabriques, parmi lesquelles se trouve un moulin.

L'eau ayant rompu une écluse, une inondation s'en est suivie. Un homme, monté sur un cheval, s'efforce de s'échapper à la nage et refuse de prendre en croupe un individu qui lui tend des bras suppliants : un troisième saisit une des cornes de son bœuf pour se sauver avec lui. Une petite église et une ferme sont envahies en partie par l'élément liquide. La droite est occupée par quelques fabriques assises au bord de l'eau, sur laquelle vogue un navire. A l'arrière-plan de gauche, se dessinent des arbres , que domine une église de village. Nous venons de décrire la soixante-dix-huitième planche.

Dans un appartement, de la soixante-dix-neuvième, un homme debout devant une table, chargée de différents mets, goûte de la moutarde qui lui fait venir les larmes aux yeux. Une porte ouverte donne vue sur la campagne.

A l'avant-plan de la quatre-vingtième, un homme s'avance étonné à l'entrée d'un riche portique, qui lui renvoie sept fois les paroles qu'il fait entendre. L'image du soleil est représentée au fond d'un mur, à gauche.

Un gentilhomme, d'âge mûr, armé d'un bâton.

s'apprête à en frapper fortement un beau cheval qui lance une ruade. Son jeune compagnon caresse l'animal et s'efforce de le calmer. Le lieu de la scène de cette quatre-vingt-unième planche est la campagne au fond de laquelle s'élève une église de village.

Dans la quatre-vingt-deuxième, trois poules, dont deux caquettent, sont montées sur un perchoir, près d'une ferme : le coq , en quête de nourriture, leur répond en chantant. Le fond est un paysage terminé par une église de campagne.

A l'avant-plan de la quatre-vingt-troisième, un paysan a dressé son échelle pour tailler la vigne. Malheureusement il a renversé une ruche qui se trouvait près de là : les abeilles en sont sorties et une d'elles l'a piqué d'un coup d'aiguillon, au doigt. La scène se passe dans le jardin d'une ferme.

A gauche de la quatre-vingt-quatrième, un serpent s'enfuit à la vue d'une jeune paysanne qui passe près de lui et suit ses mouvements avec sollicitude. Le fond est une riante campagne, ornée de fabriques, parmi lesquelles on distingue , à gauche, la tour d'une église.

Dans la quatre-vingt-cinquième, un serviteur entrant, le matin, dans un bel appartement, voit le soleil à son lever faire pâUr la lumière des cierges d'un lustre attaché au plafond. Une porte et une fenêtre ouvertes donnent vue sur la campagne.

Le propriétaire d'un arbre abattu adresse une verte semonce à un vieux maraud, qui s'en est adjugé des copeaux. Un jeune gars qui en rassemble également, écoute la leçon : près de lui, un enfant qui le regarde faire. A droite, un autre emportant du menu bois. Le

fond de cette quatre-vingt-sixième planche est un paysage orné de fabriques.

Au milieu de la quatre-vingt-septième, un jardinier pratique l'opération de la greffe à un arbre sur lequel on lit les lettres MA. Le fond est un paysage hivernal, où l'on distingue quelques bâtiments.

Dans la quatre-vingt-huitième, deux bandits se sont arrêtés, à la faveur de l'obscurité, auprès de l'entrée d'une ferme. L'un d'eux brandit son sabre contre un chien de garde qui fait entendre des aboiements. Le second tâche de calmer Tanimal en lui présentant une tranche de pain. Un autre chien s'élance au secours du premier. Le lieu de la scène est un paysage orné de fabriques. La demi-lune, voilée en partie, et les étoiles répandent à peine quelques pâles lueurs dans le ciel.

A droite de la quatre-vingt-neuvième, un coq qui a livré bataille, gît mort, renversé sur le dos, près d'un puits. Un paysan qui vient de sortir de sa ferme, renverse le contenu d'un seau d'eau sur un autre coq qui a tué le premier et dont la fureur n'est pas encore apaisée. Le fond est occupé par un mouHn et d'autres bâtiments.

Un dogue passe tranquillement son chemin dans une rue de village, sans se soucier des aboiements de quelques roquets qui le harcèlent sur sa route. Le fond de cette quatre-vingt-dixième planche se compose de plusieurs fabriques, parmi lesquelles on distingue une église, et, à l'entrée de celle-ci, un religieux. Plus loin, deux personnes se rendent à leur travail des champs.

Dans la quatre-vingt-onzième, un individu monté, au coucher du soleil, sur une terrasse, en face d'une maison de belle apparence, paraît en train de faire le

dénombrement des meubles précieux qui garnissent un appartement ouvert de deux côtés et parmi lesquels se trouvent des vases ciselés d'or et d'argent, outre un coffre-fort. Le propriétaire, qui ne se doute de rien, se tient derrière une fenêtre entr'ouverte qui lui dérobe la vue du curieux. Un paysage orné de fabriques sert de fond à cette composition.

A l'avant- plan de la quatre-vingt-douzième, un gentilhomme s'apprête à tuer, d'un coup de massue, un chien enragé. A droite, le propriétaire d'une brouette chargée d'une génisse, s'arrête à ce spectacle. A gauche, une femme se montre à la partie supérieure de sa porte et considère ce qui se passe auprès de sa maison. Plus loin, un homme, la jambe droite posée sur un banc, paraît occupé à détacher sa jarretière. Le fond est une rue au bout de laquelle se voit un puits.

A l'avant-plan de la quatre - vingt - treizième , est représenté un guerrier, coiffé d'un casque orné d'une couronne : il est censé représenter Godefroid de Bouillon, qui ne voulut jamais la porter, et qui vient de tuer trois oiseaux d'un seul coup de flèche. La scène se passe dans un riant paysage orné de fabriques.

Au milieu de la quatre-vingt-quatorzième, un gentilhomme, les mains crispées, envoie au ciel un crachat qui va lui retomber sur la face. Le fond est un paysage boisé, à droite duquel est assis un homme ; à gauche, quelques bâtiments que domine une tour.

Le sujet de la quatre-vingt-quinzième et dernière planche est un magnifique vaisseau de guerre, près d'entrer au port et naviguant à pleines voiles entre un rocher et un phare. Le fond est une vue de ville.

L'approbation de l'ouvrage d'Antoine de Bourgogne

par Gaspard Estricx, pléban de la cathédrale d'Anvers et censeur des livres, fut donnée dans ladite ville, le i6 décembre 1630.

Le volume, comme nous l'avons vu, fut publié Tannée suivante. On le rencontre rarement.

Il en parut un exemplaire à la vente de la superbe collection d'estampes et de dessins du chanoine Pierre Wouters, qui eut lieu en 1797 (i). Le Catalogue mentionne les quatre-vingt-quinze planches comme l'œuvre de Jacques Neeffs et d'André Pauli, ce qui est exact, comme nous l'avons vu, mais il ajoute qu'elles ont été gravées d'après Abraham van Diepenbeeck. Nous ne saurions partager cette opinion. Nous avons , en effet, sous les yeux, une planche de figurines, exécutée par Pierre Clouwet, d'après le maître que nous venons de nommer (2) et il est impossible, en comparant cette petite estampe avec celles des Lhigiue vitia & remédia, de n'être pas frappé de la différence de style que décèle le dessin de l'une et des autres. Aussi, sommes-nous persuadé qu'Abraham van Diepenbeeck est resté étranger à ces dernières. Pour nous, l'auteur de ces dessins est Théodore Rombouts. Nous avons acquis cette conviction, après avoir rapproché les planches de l'ouvrage cité

(i) Catalogue de la rare et nombreuse collection d'estampes et de desseins qui composoient le cabinet de feu M. Pierre Wouters, en son vivant prêtre, chanoine de l'église collégiale de S» Gomer, à Lierre en Brabant, trésorier et bibliothécaire de Sa Majesté Apostolique, etc..., par 'H.- J. T. Sas, négociant. Bruxelles, l'an V (1797, vieux style), p. 138, no 1489, et p. 335, no 287.

(2) Elle sert de titre à l'ouvrage du médecin anversois Michel BouDEWYNS, intitulé : "Dienstich ende ghemichelijck teytverdryf voor siecken. Antwerpen, 1654. Elle est signée : A. à [Diepenbeke delin. P. Clouwet sculpsit.

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d'un dessin original du maître, que nous possédons, ainsi que de ses tableaux et des gravures qui ont été exécutées d'après lui. Et nous avons vu d'excellents connaisseurs se rallier à notre opinion.

André Pauli grava ces dessins de la façon la plus pittoresque. Ses figures, tant d'hommes que d'animaux, sont exécutées avec une élégance rare, et pleines de vie. Ses fonds sont toujours remarquables et très souvent de la plus grande beauté. Quelques-unes de ses planches peuvent être citées comme des modèles achevés de clairobscur. Nous mentionnerons, entre autres, celle du voleur qui s'enfuit aux aboiements d'un chien (pi. 68) et celle des malfaiteurs qui veulent pénétrer dans une ferme (pi. 88).

Dans l'ouvrage que nous venons d'analyser et dans celles qui vont suivre, André Pauwels ou Pauli s'est montré l'heureux émule du célèbre Jacques Callot. Ces estampes mesurent 7 centimètres de hauteur sur à peu près 6 de largeur. Celle qui sert de titre compte huit centimètres de hauteur sur environ 6 1/2 de largeur. Les figurines de femmes dont elles sont ornées se distinguent par leur grande modestie, comme toutes celles que nous rencontrons dans les livres illustrés par PauH.

Nous avons décrit les quatre-vingt-quinze planches dont nous venons de parler, d'après l'exemplaire latin, et flamand de l'œuvre d'Antoine de Bourgogne, qui fut offert en 1725, à Godefroid Boevaert, religieux de l'abbaye de S' Bernard sur TEscaut et poète de talent, par Thomas Vlaminckx, prieur émérite. Il fait partie actuellement de la bibliothèque de feu notre beau-père, M. Pierre-Théodore Moons van der Straelen.

Nous allons nous occuper, à cette heure, des planches

dont André Pauwels ou Pauli orna V Histoire cvriivse de tovt ce qvi c'est (sic) passé a l'entrée de la reyne mcre dv roy très chrestien dans les villes des Tays l^as ; par le S/ de la Serre historiographe de France. A Anvers, en l'imprimerie Plantinienne de 'Balthasar Moretvs (i), M. DC. XXXII, un volume in-folio.

D'après l'approbation, signée par Zegerus, en français, Siger ou Victor van Hontsum, chanoine et pénitencier d'Anvers, censeur de livres, cet ouvrage était achevé le 26 décembre 1631.

André Pauwels ou Pauli l'enrichit de trois planches, représentant l'entrée de Marie de Médicis , mère de Louis XIII, accompagnée de l'infante IsabelUe, dans les villes de Mons, de Bruxelles et d'Anvers.

La première a proprement pour sujet la rencontre de l'infante et de la reine-mère, à une demi-lieue de la ville de Mons. Isabelle, en habit de religieuse, a quitté son carrosse, pour se rendre au-devant de Marie de Médicis, qu'elle tient embrassée. Les deux princesses sont entourées, à distance, de leurs gentilshommes, dont deux échangent de loin des politesses. Les filles d'honneur se montrent aux portières des voitures. La tète du cortège atteint, entretemps, une des portes de la ville. Ce sont des gens de pied, aux enseignes déployées, et suivis de près par de la cavalerie et les carrosses des deux cours. Les gendarmes de l'infante, commandés par don Philippe- Albert de Velasco, déchargent leurs pistolets en signe de réjouissance de l'entrevue des princesses. D'autres cava-

(i) Balthasar Moretus ou Moerentorf, le vieux, imprimeur célèbre, fut admis, en 1610-1611, dans la gilde anversoise de St Luc, en qualité de libraire. Liggeren cités, T. I, pp. 466 et 473.

liers de l'escorte se préparent à suivre leur exemple. Une foule de curieux assiste à ce spectacle : un d'eux est assis à califourchon sur son toit de chaume, pour mieux le contempler. Le fond représente la ville de Mons et ses environs. On remarque, à l'avant-plan de gauche, un cabaret rustique, avec son enseigne représentant un oiseau : la porte, mal attachée , en est ouverte, et l'intérieur paraît désert en ce moment. Au milieu du ciel s'élance un génie embouchant deux trompettes, qui sont censés rendre ces mots : Vive Marie! A droite, une colombe tenant dans son bec une banderolle ; à gauche , un aigle qui en tient une également ; les mêmes mots y sont inscrits.

Cette planche, non signée, est intitulée : Le triomphe de l'entrée de la Reyne Mère, et l'arrivée de Son Altesse, dans la ville de Mons. Les figurines, au nombre de plusieurs centaines, dont elle se compose, le paysage et le panorama de Mons sont exécutés de main de maître. L'estampe est haute de 24 centimètres et large de 17.

La planche suivante représente Marie de Médicis et l'infante Isabelle, assises dans un carrosse traîné par six chevaux et se dirigeant vers le palais de Bruxelles. Quatre cavaliers et une voiture attelée de quatre chevaux précèdent les princesses. Une troupe de gentilshommes, également à cheval, les suit. Aux deux côtés du carrosse marche une nombreuse escorte de bourgeois, richement vêtus et portant les uns des hallebardes, et les autres, des flambeaux de cire blanche allumés. Des compagnies d'infanterie et de cavalerie sont postées en face de la résidence souveraine. Les bailles de la cour sont éclairées par un nombre considérable de tonneaux à goudron. Une toule immense de spectateurs s'est rangée sur le

parcours du cortège et grossit encore à chaque instant. La pleine-lune, s'étant dégagée des nuages, éclaire de ses pâles clartés la partie brillante du panorama de Bruxelles, où se passe la scène.

L'estampe porte le titre suivant : Le triomphe de l'Entrée de la Reyne Mère du Roy très chrestien , accompagnée de Son Altesse, dans la ville de 'Bruxelles. Elle est signée, à gauche : A. Paulus (VA et le P accolés) fecit, et mesure 24 centimètres de hauteur sur un peu plus de 16 en largeur. C'est une production de l'aspect le plus agréable, pleine de vie et d'animation. Les figurines y sont artistement groupées et touchées avec beaucoup d'esprit et de sentiment ; on y distingue de superbes chevaux. L'exécution des bâtiments et du ciel a droit aussi à de grands éloges.

La troisième planche a pour sujet l'arrivée de Marie de Médicis et de l'infante Isabelle, dans la ville d'Anvers. Celle-ci est vue de la Tête de Flandre, au moment du débarquement des deux princesses, qui se rendirent dans nos murs par l'Escaut. Ce fleuve est animé par de nombreux navires qui déchargent à l'envi leurs canons. La reine et l'infante viennent d'arriver au Werf et y reçoivent les hommages du magistrat de la capitale du marquisat du S' Empire. Près de leur carrosse , se tiennent en armes et enseignes déployées, les serments et la garde bourgeoise , revêtus de leurs brillants uniformes. Un petit pont de bateaux, établi de ce côté-là, est occupé par des personnes de distinction.

Le panorama de la ville, que domine la flèche de la cathédrale, est exécuté avec beaucoup de netteté et de charme. On y remarque, outre l'église S"" Walburge, la grue et les tourelles des métiers, deux des portes

d'Anvers qui donnaient accès à l'Escaut, et, à quelque distance, l'hôtel-de-ville , l'église Notre-Dame et un grand nombre d'autres, toutes faciles à distinguer. La scène est éclairée par le soleil couchant. Les navires de guerre et autres qui sillonnent l'Escaut, sont rendus avec beaucoup d'élégance et montés par nombre de de personnages, représentés très artistement, aussi bien que les deux princesses, leur entourage et les figures placées aux deux rives de l'Escaut. Tout ce monde est exécuté en proportions quasi microscopiques et dans les poses les plus variées et les plus pittoresques. Dans les airs planent un aigle et une colombe, tenant chacun dans son bec une couronne, l'une de lauriers, l'autre, .d'olivier. L'auteur a signé ce petit chef-d'œuvre gravé, comme les deux précédents, en partie à l'eau- forte et partie au burin: A. Pa iil us fecit (VA accole au T). Cette planche compte 24 centimètres en hauteur sur 17 en largeur (i).

André Pauwels s'est servi plus souvent de la forme Pauli, que de celle que nous venons de signaler. Toutes deux sont, du reste, la traduction de son nom flamand.

Les estampes des Lingikc vitia et remédia, celles que nous venons de décrire et bien d'autres encore, permettent de classer cet artiste au premier rang de nos graveuis de figurines.

Nicolas van der Horst est l'auteur des dessins des trois planches que nous venons de passer en revue.

(i) Nous avons décrit ces planches d'après l'exemplaire de l'ouvrage de P. de la Serre, qui fait partie de la riche bibliothèque de M. René délia Faille, d'Anvers. La dernière a pour titre: Le triomphe de l'entrée de la Reyne Mère du î^ojv très Chrestien, accompagnée de Son altesse, dans la ville d'Anvers,

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André Pauli orna d'une petite planche le titre latin de la Delineatio historica Fralrvm 3\iinorvm Provincice Gcrmanice Inférions a Gevsiis in odivm Fidei crvdeliter occisorvm , cxhibita per F. Joannem '^oemrvni eiusdein Ordinis Religiosum. Cet ouvrage de format in-4°, a un double titre, l'un que nous venons de transcrire, le second ainsi conçu en flamand ; Historische af-heeldinghe der Minder-Brocders van de ISLeder-Jajidtscbe Trovincie, die om 7 Gheloof wreedelyck van de Geusen gedoodt :(ijn. — Verthoont ende in 't licht ghehrocht door F. Joannem 'Boejier Minder- Brocder. Antverpice, ex officina Plantiniana Balîhasaris ïKoreti (I). M.DC.XXXV (i).

Ce livre du père Jean Boener, récollet du couvent d'Anvers, était achevé le i'^"' décembre 1634, d'après la dédicace datée de ce jour-là. Celle-ci était adressée à ceux des frères mineurs de l'observance régulière de la province des Pays-Bas qui avaient été convoqués au chapitre provincial, indiqué à Malines au 14 janvier 1635 (2).

La petite planche dont nous avons parlé ci-dessus, a pour sujet S^ François d'assise, agenouillé dans un paysage et recevant les sacrés stigmates. A quelque distance, le frère mineur Léon, secrétaire et confesseur du bienheureux, médite, en tenant un livre ouvert.

Cette composition mesure 6 centimètres en largeur et

(i) Traduction : %cprcseuialuvi historique des Frères Mineurs de ta Trovince des Pays-Has, tués cruellement par les Gueux, en haine de la Foi, mise en lumière par frère Jean Boener, %ccollet. — Anvers, en l'imprimerie 'Plantinienne de Baltha-^ar Morettis (/). M.DC.XXXV.

(2) Une deuxième dédicace datée du 10 décembre 1634, est adressée par l'auteur à sa sœur Agnès Boener, épouse de M. Pierre Coix , licencié es droits , stathouder de la célèbre seigneurie de Dalenbroeck.

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3 1/2 en hauteur. Elle est suivie des armoiries de Pierre Coix, mari d'Agnès Boeiier, sœur de l'auteur, exécutées par André Pauwels ou Pauli. Après celles-ci commence une série de vingt autres , dont la quatrième , la quinzième ainsi que la dernière , sont signées du monogramme André Pauwels ou Pauli, formé d'un A et d'un P accolés, la quinzième suivie de la lette /. Çfecit) et la vingtième de ce mot entier. La première de toutes ces estampes, large de près de six centimètres, et haute d'environ 13, représente le Sauveur mourant en croix et adressant ces paroles à son Père, qui apparaît dans les cieux, entouré d'anges : o. Tater, in nianus tuas commendo spiriîum nieiim )) (i).A droite, dans l'air, un ange éploré portant la couronne de la flagellation, surmontée du coq de S^ Pierre et entourée d'une corde, qui retient une verge. A gauche, un deuxième ange en pleurs, ayant entre ses bras une échelle et une perche, à laquelle est attachée l'éponge imbibée de fiel et de vinaigre, de la Passion. Au pied de la croix, à droite, S' François d'Assise agenouillé, embrassant le bois sacré et prononçant ces paroles, les regards fixés sur Jésus : 'Deus meus et omnia (2). A gauche, le B. Jacopone, franciscain, également à genoux, et contemplant Jésus, à qui il adresse ces mots du Slabat V^Cater dont il est l'auteur présumé : Qiiis non fleret ? (3). Près de là, une tète de mort et des ossements. Au fond, des montagnes

(i) Mon père, je recommande mon esprit entre vos mains.

(2) Mon Dieu et mon tout.

(3) Qui ne verserait des larmes ? Stabat ShCaier, stance 5, vers i. Voyez l'Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, par le comte de Montalembert. Bruxelles, 1846, T. i. Introduction, page 114, à la fin.

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et la ville de Jérusalem. A l'avant-plan, des armoiries.

Après cette planche, qui représente le Christ, roi des martyrs, s'en trouve une deuxième qui a pour sujet le père Jean Amicus (de Vrient ?) frère mineur, blessé par les Gueux d'un coup de mousquet,, dont il mourut au couvent de Louvain, le i8 juin 1569. Composition de cinq figurines, à l'avant-plan ; plus loin un chariot, son cheval et son conducteur ; au fond, la ville de Bergen-op-Zoom , que le religieux vient de quitter. Largeur, sept centimètres sur un peu plus de dix de hauteur.

Les planches suivantes représentent :

La troisième, six frères mineurs d'Alkmaar, pendus devant l'hôtel-de-viUe d'Enkhuizen, le 24 juin 1572, en haine de leur confession de la présence réelle de notre Sauveur dans le S' Sacrement, et précipités ensuite dans le lac de Mutten. Grand nombre de figurines. Au rond, l'hôtel-de-vihe et une vue d'Enkhuizen ; plus loin des troupes en marche. Largeur d'un peu plus de sept centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La quatrième, l'extraction de prison, les tourments infligés au frère Engelbert Terburg, frère-lai d'Alkmaar, et son transfert hors de cette ville, pour être pendu à un sureau, au village de Ransdorp, près d'Amsterdam, le II août 1572. Signée, comme nous l'avons dit, du monogramme du maître. Très nombreuses figurines, et vue de ville. Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La cinquième, les saints martyrs de Gorcum, parmi lesquels se trouvaient onze frères mineurs. Ils furent mis à mort le 9 juillet 1572, par ordre de Guillaume de la Marck, comte de Lumey. Composition de plus de vingt

figurines ; au fond , la ville de Briel. Largeur , 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La sixième, le père Régnier de Linter, frère mineur du couvent de Roermond en Gueldre, maltraité au pied de l'autel et mis à mort par les Gueux. A droite, une vue de l'église des Chartreux de ladite ville, dans laquelle les soldats du prince d'Orange sont en train de tuer un de ces religieux. Composition d'une quinzaine de figurines. Largeur d'au-delà de 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La septième, le père Jean Mahusius, qui avait été désigné comme premier évêque de Deventer, mais qui s'était excusé d'accepter cette charge, mis à mort par les Gueux, près d'Audenaerde, le 4 octobre 1572. Composition de quatre figurines ; au fond, la ville citée. Largeur, 7 centimètres sur environ 10 1/2.

La huitième, le père Guillaume de Gouda, du couvent des frères mineurs de Dordrecht, pendu à la potence, au milieu du marché, à Gertruidenberg, le 3 i août 1573. A l'avant- plan, une scène de massacre. Nombreuses figurines. Largeur de 7 centimètres sur à peu près onze de hauteur.

La neuvième, le frère Jean Cuyper, de Maastricht, cuisinier du couvent de Diest, tué par les Gueux, près de cette ville, et le père Arnould de Halle, blessé mortellement par ces misérables , le 6 mars 1574. Composition de cinq figurines ; au fond, la ville de Diest. Largeur, 7 centimètres sur plus de 10 de hauteur.

La dixième, le frère donné Arnould Knapper, du couvent d'Amersfort, mis à mort par les Gueux, en 1574. Composition de quatre figurines ; au fond, une vue de

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ville. Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de ro de hauteur,

La onzième, le père Adrien Beverloo, prédicateur et confesseur du couvent de Lichtenbergh, près de Maastricht, tué non loin de Diest, aux environs de l'abbaye d'Averbode, en 1576. Composition de quatre figurines, à l'avant-plan. Plus loin, les restes mortels du religieux transportés vers ladite abbaye, qui orne la planche, à droite, par trois personnages. Au fond, une vue de ville. Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La douzième, le frère Nicolas Delfius attaché à la potence par les Gueux, en 1576, dans un village des environs d'Anvers. Composition de 7 figurines : au fond, une vue de la capitale du marquisat du S' Empire Romain. — Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La treizième, l'ensevelissement du père Jean Scheurmans, en l'église de Peer, dans la Campine liégeoise. Ce religieux avait été assassiné par les Gueux, près de cette petite ville, antérieurement à l'année 1580. Au fond, son supplice ; plus loin, une vue de ville. Composition de 7 figurines. — Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La quatorzième, le frère Jean d'Amsterdam, diacre, mis à mort par les Gueux, sur la route de Diest, le 6 avril 1579. Au fond, une vue de ladite ville. Composition de quatre figurines. — Largeur, 7 centimètres sur un peu plus de 10 de hauteur.

La quinzième, le père Jean Gray, Écossais, assassiné à Bruxelles, dans sa cellule, le 5 juin 1579. A l'avantplan, d'autres frères mineurs, égorgés par les Gueux. Un • de ces forcenés poursuit, un mousquet à la main, un religieux qui prend la fuite. Au fond, une vue de ville.

Composition d'une quinzaine de figurines, signée du monogramme du maître, suivi de la lettre f (fecif). Largeur, 7 centimètres sur près de lo 1/2 de hauteur.

La seizième, à l'avant-plan, le père Jean Puteanus ou van de Putte, pendu à un arbre par les Gueux, sur la route de Louvain à Tirlemont, en 1579. Plus loin, une charrette à deux chevaux passant sous un rocher. Au fond, une vue de ville. Composition de 6 figurines. — Largeur de 7 centimètres sur environ 10 1/2 de hauteur.

La dix-septième, à l'avant-plan, les frères mineurs de MaHnes expulsés de cette ville par les Gueux : plus loin, le père Martin Suetens, un de ces religieux, décédé en chemin des suites des mauvais traitements qu'ils lui ont infligés, le 9 avril 1580. Composition d'une bonne quinzaine de figurines. — Largeur, 7 centimètres sur près de 10 1/2 de hauteur.

La dix-huitième, le père Albert de Leiden, tué par les Gueux d'un coup d'arquebuse sur la route d'Anvers à Bois-le-duc, en 1589, ou l'année suivante. Composition de 7 figurines : au fond^ un paysage en partie montagneux. — Largeur, 7 centimètres sur près de 10 1/2 de hauteur.

La dix-neuvième, le père Thomas de Beringen précipité par les Gueux dans un puits du couvent des frères mineurs de Tirlemont, le 27 août 1591. Composition de six figurines : au fond, ledit couvent, plus loin, un jardin. — Largeur, 7 centimètres sur près de dix 1/2 de hauteur.

La vingtième et dernière, le frère lai Joachim de Delft triomphant par la récitation du rosaire, de la malice du magistrat hérétique de Delft, qui voulait lui extorquer un serment impie. Composition de sept figurines. Au

fond, un bâtiment et des arbres. Signé, comme nous l'avons dit, du monogramme de l'artiste, suivi du mot fccit. — Largeur, 7 centimètres sur à peu près de 10 1/2 de hauteur.

Nous reconnaissons encore la main de Théodore Rombouts dans les dessins de ces planches, qui sont gravées au burin et à l'eau-forte. Les armoiries de Pierre Coix, magistralement exécutées, sont l'œuvre d'André Pauwels ou Pauh, y compris très probablement le dessin même. Quant aux autres petites estampes, elles se distinguent, en général, par la beauté des figurines, l'heureux rendu de leurs expressions et de leurs attitudes, et les superbes fonds sur lesquels elles se détachent. La première , celle de l'impression des stigmates à S' François, est une scène d'une tranquille poésie, les autres sont pleines de mouvement. Toutes sont traitées avec une grande sûreté de main et de la façon la plus pittoresque. Par-ci, par-là, une figurine laisse à désirer, sous le rapport du dessin. Nous avons noté ainsi l'individu qui se trouve dans la deuxième planche à côté du mousquetaire, qui décharge son arme sur le père Jean Amiens. Le Gueux qui , dans la quatrième, transperce de sa lance le frère Jean Cuyper. Celui qui, dans la dixième, assène un coup de massue au frère Arnould Knapper. Un de ceux qui, dans la seizième, assiste au supplice du père Jean Puteanus, etc.

Mais ce sont là des exceptions, et cette suite de gravures occupe une place brillante dans l'œuvre d'André Pauwels ou Pauli.

Jean Cnobbaert, le parrain de Jean-Jacques, fils de notre maître, publia, à Anvers, en 1635, la traduction que Jules Chifflet avait faite du voyage du cardinal-

infant Ferdinand d'Espagne, en Belgique. Cet ouvrage porte le titre suivant : Le Voyage dv prince don Fernande infant d'Espagne, cardinal, depuis le doti:(iéme d'Auril de l'an 16^2. qu'il partit de ^Cadrit pour Barcelone avec le Roy Philippe IF. son frère, jusques au jour de son entrée en la ville de Bruxelles le quatrième du mois de 'Novembre de l'an 16)4. Tradvict de l'espagnol de don Diego de ,Aedo et Gallart, Conseiller et Secrétaire de sa ïMajesté, de la Chambre de son Altesse, & Receveur General de Brabant au quartier d'Anvers. Par le S.'^ fvle Chifflet. fils aisné de Messire lean lacqves Chifflet Chevalier, Médecin ordinaire de la Chambre du Roy, & de celle de S. A. S. (i).

Ce volume est orné de plusieurs belles gravures exécutées par Marin van der Goes, plus connu sous son prénom de Marinus. Nous n'avons pas à nous en occuper ici, mais bien d'une planche d'André Pauwels ou Pauli, dont le livre est enrichi également. Elle mesure, sans la légende, 47 centimètres de largeur sur 32 de hauteur, et représente le siège de Nordlingen par les Impériaux, les tentatives faites par le duc de Saxe-Weimar et le général Horn, pour débloquer la place, les préparatifs et le gain de la bataille de Nordlingen, par le cardinalinfant. La scène se passe dans un paysage où l'on remarque la ville investie, plusieurs villages et campements, et un nombre considérable de gens de guerre à pied et à cheval. Ceux-ci, soit que le maître les ait représentés en groupes ou isolés , en repos ou en mouvement, sont pleins de vie et d'originalité, et s'enlèvent on ne peut plus heureusement sur ses fonds, exécutés avec un goût exquis.

(i) Son Altesse Sérénissime.

André Pauwels ou Pauli a signé deux fois ce petit chef-d'œuvre, d'abord de son monogramme ordinaire : A. P., ensuite de la manière suivante : Andréas Tauli F. Cette double marque se trouve à gauche de l'estampe, qui est exécutée à l'eau-forte et au burin, d'après un dessin de Théodore Rombouts. Ce ne fut pas l'unique travail que l'artiste exécuta pour l'imprimerie de Jean Cnobbaert. Celui-ci étant décédé en 163 6- 1637 (i), sa veuve lui succéda. Ce fut elle qui publia, en 1639, l'ouvrage de l'archidiacre brugeois, Antoine de Bourgogne intitulé : Mvndi lapis lydivs siue Vaniîas per Veritateni faisi accusata & connicta opéra D. Anton il a Bvrgvndia Archi-diaconi Brugcnsis. — Typis Vidua loan. Cnohbari KAntuerp. i6^p (2).

Ce volume, in-4°, est orné d'un titre gravé avec talent par Théodore Jonas van Merlen , d'après un dessin d'Abraham van Diepenbeeck et de cinquante petites planches d'André Pauwels ou Pauli. Elles ont pour sujet : 1° une araignée qui tisse sa toile dans un^ superbe palais ; fond, une magnifique vue de ville. 2° Un satyre vidant l'eaa d'une urne de pierre dans une autre ; fond, une place publique occupée, à l'avant-plan de gauche, par l'étalage d'un marchand de miroirs. L'une des urnes est signée du monogramme ^. T. 3° Un ateHer d'imprimerie : sur un banc qui y est adossé à l'extérieur est assis à une table un homme en train d'écrire, tandis qu'un autre debout lit un écrit à

(i) Liggeren cités, T. II, p. 89.

(2) FopPENS, Bibliotheca Belgica, T, I, p. 70, écrit erronément 1636. Cet auteur et Paquot, Mémoires littéraires des Tays-Bas, T. I, p. 394 (éd. in-8°) signalent à tort Jean Cnobbaert comme l'imprimeur du Mvndi lapis lydivs.

haute voix ; au fond un jardin que domine un tournesol. 4° A l'avant-plan, une femme qui bat son mari ; plus loin, deux lutteurs et un cheval lançant des ruades ; fond, une rue, dans laquelle on distingue une éghse. 5° Les ruines d'une prison à droite d'un paysage, où l'on distingue, à l'avant-plan, des vers qui rongent des blocs de bois ; plus loin, un coq dont le chant fait fuir un Hon, un éléphant agacé par une souris, un cheval et un lièvre ; au fond, la mer, et, dans le ciel, des oiseaux. 6° Un jeune homme et une demoiselle, élégamment vêtus, tenant à la renverse une pomme de Gomorrhe ouverte, dont il ne s'échappe que des cendres ; à droite, la ville coupable dévorée par le feu ; à gauche, une église avec son charnier, où l'on remarque des têtes de morts. 7° Une ville magnifique, pourvue d'un port et éclairée par le soleil. 8° Un petit génie donnant la volée à un oiseau attaché par un fil à un hochet ; fond, pa37sage avec fabriques. 9*" Un chirurgien montrant à un gentilhomme blessé le sang qu'il vient de tirer. La scène se passe à l'entrée de l'ofiicine du maître, qui, d'après son enseigne, est également barbier ; près de là un pont, et, plus loin, un duel à l'épée, dans un paysage. Deux bâtiments embellissent cette composition. 10° La boutique d'un changeur ; l'individu qui la tient, cloue à l'entrée des pièces de monnaie qui viennent d'être déclarées de mauvais aloi ; fond, vue de ville. 11° Un gentilhomme, debout devant une table dressée dans un superbe portique, verse sur une pâtisserie le contenu d'un verre à vin ; fond, un jardin orné de bâtiments. 12° Un maçon debout, sur une construction, jetant de l'eau sur la chaux ; fond, paysage avec des fabriques. 13° Le transport à l'église des dépouilles mortelles

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d'une personne de condition, précédée et suivie d'un grand cortège ; fond, vue d'une place publique. 14° A l'avant-plan de droite, des individus pris de boisson, se livrant à toutes sortes de contorsions, près d'une chapelle et d'une maison d'aliénés, dont quelques pensionnaires se montrent à une des fenêtres : plus loin, une troupe de danseurs. A droite, des fous déguisés qui se livrent à leurs ébats. Fond, paysage. 15° Un coupable marqué pour ses méfaits, montre la main que le bourreau lui a imprimée sur le dos : un deuxième qui y porte la lettre B (boosdoenery malfaiteur), est en train de passer sa chemise, près d'un perron surmonté d'un lion qui tient un écu ; fond : à droite, un paysage, à gauche, une place publique. ié° Vue de l'intérieur d'une cuisine : la maîtresse de la maison vient avertir le chef qu'il est temps pour lui de dîner : un des convives qui se présente un plat à la main, lui fait la même recommandation. A droite, une porte ouverte laisse voir l'hôte qui vient de dire ses grâces, et ses invités, à table. 17° Une personne se baissant près d'un arbre, au bord de l'eau, veut y tracer des caractères : les flots les emportent^ à mesure qu'ils sont écrits ; fond, paysage orné de fabriques. 18° Mercure, coifi"é de son casque ailé, chaussé de ses talonnières et tenant son caducée à la main, paraît sur le point de s'élever dans les airs ; fond, un paysage assis sur les bords d'un fleuve. 19° Dans une chambre garnie de trois chaises revêtues de cuir d'Espagne, une table couverte d'un tapis supporte une belle horloge et des poids. Une porte ouverte au fond nous fait voir une cuisine et un morceau de viande à la broche. 20° Un gentilhomme, outré de son mauvais jeu, après avoir jeté à terre ses cartes et un instrument qui s'est brisé.

envoie les rejoindre la clepsydre qu'il tient à la main. Sa femme assise à une table chargée d^un trictrac, de dés, de cartes, d'une boîte, etc., regarde ce manège avec étonnement. La scène se passe dans le pavillon d'une maison de campagne. Fond : beau jardin, derrière lequel on voit l'habitation du maître. 2i° Un noble qui vient reprendre le manteau qu'il avait mis en gage chez un vieil usurier, lui rembourse la somme avancée et y ajoute les intérêts. Une femme se présente à une porte du fond. Composition de cinq figures, signée A. Patili F. 22° Une rade sur laquelle se trouvent quantité de beaux navires. A droite, un pavillon, une tour et d'autres bâtiments. 23° Une huître saisit, en se refermant, la tète d'un crabe qui s'était efforcé d'en faire sa proie ; fond, paysage avec fabriques, à droite, la mer. 24° Près d'une maison, sur une table magnifiquement sculptée, une assiette chargée de beaux fruits attaqués par les vers. 25° Un jeune seigneur prenant l'air devant sa maison des champs : une porte ouverte au fond fait voir un visiteur qui s'avance, le chapeau à la main, vers une personne qui paraît l'attendre. 26° Un mendiant offrant à vendre, dans une place publique, des billets du jour des Rois (i) : un autre en fait de même plus loin. Deux femmes se montrent aux portes de leurs maisons. 27° Une femme richement parée, debout dans un beau

(i) Koniiigshrieven. Le 6 janvier, fête de l'Epiphanie, des enfants pauvres offrent encore annuellement en vente, à Anvers, de petites images à découper, représentant un roi et les personnes de sa cour. On en fait de petits rouleaux et on les tire au sort, pour connaître la personne à qui écherra la royauté de ce jour. On y ajoute une autre image qui a pour sujet une cavalcade de la Sainte Famille et des rois mages.

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