‹ Biographies de A.S. Falardeau et A.E. Aubry [microforme]Chapitre 4 sur 9 · ANTOINE BERTANI · texte numérisé non relu

ANTOINE BERTANI

je Fr si ce n’est que j'en suis épris qu’à inthousiasme! C oh! si, en un a jour

| subir L'arrêt fatal de cette loi sule destruction qui pèse sur toute chose ft du la puissance humaine, certes, il

as resterait, pour chercher un soula-

mor no ide * et à lui dinde comme réfé ch

* 4 C’est à Québec, lieu de naissance de M. Falardeau, que cette copie devait être envoyée.” (Mote de l’AKrisrp.) 3

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dans un miroir fidèle, une des plus prodigieuses créations de l’esprit vivifiant .

vieille Italie.” * re Le duc de Parme, Charles IIT de Bourb:

voulut voir cette peinture dont on fais tant de bruit. Don Accompagné de la duchesse de arm de don Carlos d’Espagne, et de shte # rendit visite à l’artiste.

Le prince était excellent connalisseur peinture. | Il fut frappé d’admiration.

—Très bien, très bien, jeune home à Falardeau, vous avez merveillef compris l'original.

Et, après quelques instants de 0 |

—$i cette toile n’est pas achetée, sjouta je la réclame pour moi.

* Voir l’Artiste, revue parisienne, ler février 1852, Dans une note qui précède la lettre de Bertani, ce journal apprécie la copie du Saint Jérôme, peinte, dit-il, avec un sentiment tout à fait corrégien.

—Je regrette de ne pouvoir me rendre au désir de Votre Altesse, répondit Falardeau :

mon tableau n’est pas à vendre. J'ai l’intention de retourner bientôt au Canada, mon pays natal, et je désire l’emporter avec moi.

Et le duc passa outre.

Ce:. adant notre ami n’était pas riche.

Refuser de vendre et de bien vendre son tableau, c'était peut-être mépriser un avantage qu’il ne rencontrerait pas de sitôt.

Tlalla faire part dela proposition de Charles III au direct:ur de l'Académie.

Celui-ci réfléchit et lui donna un conseil qui lui porta bonheur.

Le lendemain, le duc s'étant arrêté de nouveau devant le Saint Jérôme, proposa une seconde fois à l’auteur de le lui acheter.

L'artiste lui fit la même réponse que la veille.

—Cependant, ajouta-t-il, puisque Votre Altesse semble si désireuse de posséder mon

œuvre, j’ose la prier de vouloir bien me permettre de lui en faire cadeau. | \ Il attendit la réponse du duc; mais celui-ci à À s’éloigna sans dire un seul mot. ba Décidément, se dit Falardeau, j’ai trop fait le grand seigneur et le duc m’aura trouvé bien indiscret.

Le lendemain matin, il retourna à l’Académie pour y faire enlever sa toile. Mais Son Altesse l’avait devancé. Le tableau avait déjà disparu.

Quelques heures après, le peintre était assis à la table du duc.

Après le repas, le prince, détachant de son cou une magnifique épingle en brillant, lui ? dit en la lui présentant :

—-CHEVALIER, voilà pour votre cadeau.

Puis il ajouta, en souriant : |!

— Veuillez, je vous prie, passer chez mon chancelier.

Le titre de chevalier que le duc vonait de

lui donner et l’air quelque peu mystérieux

avec lequel il appuya sur ces dernières paroles, intriguèrent vivement notre héros.

Aussi se hâta-t-il de passer chez le chancelier, qui lui remit des lettres patentes en vertu desquelles M. Antoine Sébastien Falardeau était créé chevalier de l’ordre de Saint- Louis.

D’illustres amitiés vinrent alors lui serrer la main.

Dans le salon où la marquise Strozzi réunissait en son honneur l'élite de la société de Parme, il connut le célèbre professeur Toschi,

le directeur du théâtre royal de Parme, Lopez, le professeur Gaïbassi, qui devinrent pour lui d'excellents protecteurs et des amis dévoués. .

En Canada, tout le monde se réjouit de ses succès.

Ceux qui l’avaient connu tout enfant, et dans la position si précaire où il s'était trouvé à son arrivée à Québec, avaient peine à croire les récits qui leur arrivaient d'outre-mer.

ges DA NS ARNaINE E UMP NE EE EE UNE AY AT NES

Le nom d’Antoine Falardeau fut répété de bouche en bouche, et le Canada inscrivit un nom de plus dans les fastes de ses glorieux souvenirs.

La fortune arriva bientôt sur les pas de la gloire.

A son retour à Florence, il reçut d’une seule personne pour $800 de commandes.

La grande-duchesse de Mecklembourg- Schwérin et l’impératrice douairière de toutes les Russies lui demandèrent aussi plusieurs tableaux.

Il allait donc enfin sortir de la gêne où il avait vécu jusqu'alors.

Après tant de travail, de peines, de difficultés, de privaticns, il commençait à respirer un peu, à jouir de la vie.

Les nuages se dissipaient dans son ciel, et le jour éclairait l’horizon.

Quel plaisir, après un bon dîner, de contempler, sous les charmilles, des hauteurs du jardin de Boboli, le soleil se couchant

A. & FALARDEAU 4t

dans une atmosphère de saphir, derrière les marronniers fleuris du Cascine, jetant une traînée de lumière éblouissante sur le cours sinueux de l’Arno, dorant la corniche de marbre du Campanile, les courbes si harmonieuses du Dôme de Brunelleschi, la façade de Santa-Maria-Novella, que Michel-Ange appelait sa fiancée! |

Quel éclat nouveau, quels reflets de lumière rose qu’il n'avait pas encore remarqués, sur les saillies des montagnes, sur les coupoles couronnées de neige des Apennins !

Mais pendant que notre peintre lauréat, dans le ravissement et l’extase, jouissait si délicieusement du farniente, il n’apercevait pas derrière lui une divinité jalouse qui allongeait le bras vers son piédestal et s’apprêtait à l’en précipiter.

En un clin d'œil, les belles visions s’évanouirent. Un crêpe funèbre s’étendit entre lui et toutes choses.

La fièvre au teint jaune, au regard éteint,

tremblante sur son échine, s'était assise à son chevet.

Il fut bientôt entre la vie et la mort.

Sa maladie était compliquée d’une fièvre rhumatismale et d’une pleurésie.

Après lui avoir donné une saignée sur chaque bras, on lui arvliqua des sinapismes aux jambes, et une légion de sangsues sur la poi-

trine.

Le trente-deuxième jour, il y eut consultation entre les médecins, qui tous déclarèrent la maladie sans remède.

C’est peut-être ce qui le sauva.

Laissé pendant quelque temps pour mort, le drap sur la figure, on n’attendait plus que les ensevelisseurs.

Ami lecteur, si vous avez encore pu presser la main de votre brillant compatriote, remer- T

ciez-en le bon Federigo Piccini, le fidèle domestique, qui, jour et nuit auprès de son lit, [| | est parvenu à force de dévouement à l’arra- on cher à la mort. |

La convalescence fut très longue.

D’après l’avis des médecins, on le transporta sur un lit, à Livourne, pour guérir une toux opiniâtre qui menaçait de devenir fatale.

Au lieu de diminuer, le mal y fit des progrès alarmants, et il lui fallut revenir à Florence, où il languit encore pendant plusieurs mois.

En 1853, près d’une année après les événements qui viennent d’être racontés, un jour qu’il s'était traîné péniblement à la galerie des Uffzzi, pour terminer une copie de la Madone de Sasso-Ferrato, * il vit venir vers lui notre autre éminent artiste, M. Bourassa.

Ceux qui ont vécu sur la terre étrangère comprendront seuls le bonheur qu’il y a de presser sur 807n cœur un-compatriote, loin de la patrie.

*, Cette Madone lui a porté bonheur; ce fut aussi le premier tableau qu’il voulut copier à son arrivée à Florence. Une copie de cette Hadone a été achetée par M. Louis Falardeau, parent du peintre.

La visite de M. Bourassa lui rendit la santé.

Après un voyage à l’île d’'Elbe, Falardeau, quoique encore faible, s'était remis à l’ouvrage avec ardeur, car (soit dit en passant) peu d'hommes mènent une vie aussi active et aussi laborieuse.

Il rentrait chez lui, un soir, après une rude journée de labeur.

—Signor cavuliere, lui dit sa vieille servante, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Vous savez, votre beau chat, que vous avez élevé et que vous aimez tant, il va mourir.

Tous les artistes ont leur fantaisie ; le nôtre aime les chats.

En entrant, il aperçut le petit animal, les yeux vitreux, l’écume aux lèvres. Comme il n'avait aucune défiance, il voulut le prendre sur ses genoux; mais aussitôt le chat, dans un accès de frénésie, s’élança et le mordit au doigt.

— Allez chercher le chirurgien vétérinaire,

dit-il à sa servante, en s’enveloppant la main de son mouchoir.

—Votre chat est enragé, vint lui dire le chirurgien.

Et comme il lui voyait le bras en écharpe,

—Vous aurait-il mordu ? continua-t-il avec anxiété... À Dio mio, non ce piu remedio !

Mon Dieu, il n’y a plus de remède!

En entendant ces paroles, Falardeau tomba

sans connaissance.

On le conduisit à l’hôpital, où la plaie fut cautérisée; mais, malgré tous les soins, il tomba dangereusement malade.

—J'étais, racontait-il plus tard, si bien persuadé que j'allais mourir d’hydrophobie, qu’aussitôt que je pus me tenir sur mes jambes, je me hâtai de mettre ordre à mes affaires spirituelles, et de partir pour Bologne et Venise, où il me restait plusieurs tableaux inachevés. Je n’avais qu’une idée: c'était de terminer ces tableaux, et de m’en revenir mourir à Florence.

Les forces lui manquèrent à Bologne. De retour à Florence, il y fut saisi d’un accès de fièvre terrible, accompagné de tous les symp- { V tômes de l’hydrophobie.

A quelque temps de là, lorsqu’il se croyait | en voie de rétablissement, il fit une rechute presque aussi redoutable que sa première maladie.

Le bras, l’épaule, le côté gauche n'étaient qu’une plaie.

Il fallut y appliquer le fer et le feu. Il perdit une phalange d’un doigt de la main gauche.

Bientôt il ne fut plus qu’un squelette, obligé de marcher tout courbé d’un côté, soutenu par son domestique.

Ce ne fut qu’à la fin de l’année 1855 que sa guérison devint complète. f

Depuis lors r étoile n’a pas pâli.

Une dr° es époques de sa vie est l’année , pendant laquelle il entreprit, en compagnie de son fidèle serviteur, Fe-

derigo Piccini, un voyage artistique dans les montagnes.

Le choléra faisait alors de grands ravages à Florence et en Italie.

Notre voyageur, à l’abri de tout danger au milieu de l’air pur et vivifiant des Apennins, cheminait de couvent en couvent, étudiant et copiant les chefs-d’œuvre qu'ont semés les princes de l’art, avec tant de profusion, dans chaque monastère, dans chaque vallon, sur chaque éminence de cette terre fortunée ;—faisant poser les moines pour ses tableaux, —esquissant les splendides paysages, les hautes cimes baignées de cette lumière italienne toute mêlée d’or, d'azur et de

rose, les troupeaux suspendus aux flancs des rochers, avec leurs pâtres assoupis sous les buissons, au chant des cigales,—s’extasiant devant les perspectives sans bornes, les aurores, les levers de soleil éblouissants, les bois penchés sur les abîmes, la neige des torrents, les lacs endormis dans le creux des

vallées, les nuages glissant sur la moire de leurs eaux,—puis, le soir, s'agenouillant de-

vant quelque Madone couronnée de fleurs en sa niche rustique, ou dans quelque chapelle recueillie au sein d’ru cloître.

Le 17 septembre 1861, il laisse un moment sa palette et ses pinceaux pour offrir sa main à une noble fille de Florence, Mlle Catherine Manucci-Benincasa.

Le marquis Manucci-Benincasa, père de Mme Falardeau, compte parmi les gloires de sa famille une des plus grandes saintes de l’Église, sainte Catherine de Sienne.

Sous le premier Empire, il servit longtemps dans l’armée française, eu qualité de capitaine d'état-major de Napoléon 1°, et fut décoré sur le champ de bataille de Bautzen.

Mme Falardeau perdit, très jeune, son père et sa mère (descendante des comtes Rossi), et fut confiée à la tutelle d’un oncle, jusqu’au jour où elle est entrée sous le toit de notre heureux compatriote.

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Il ne manquait plus pour compléter le bonheur de celui-ci que de revoir sa patrie et de venir embrasser sa famille et ses amis.

Il a quitté Florence pour le Canada, le 23 avril dernier, et par une heureuse coïncidence, c’est le matin même de notre fête nationale qu’il mettait pied à terre à Québec.

Ici s'arrête notre tâche.

Nous ne dirons pas l'accueil chaleureux, les patriotiques encouragements qu’il a reçus parmi nous.

L’écho de la voix publique retentit encore à notre oreille.

Nous citerons seulement la charmante pièce de vers que lui a adressée notre jeune poète, Louis Fréchette. C’est une heureuse inspiration de sa muse.

Ainsi, des rives de l’Arno et des bords du Saint-Laurent, la peinture et la poésie canadiennes se sont donné la main.

Quand l’aigle est fatigué de planer dans la nue, | Retraversant l’espace en son vol triomphant, M Il revient se poser sur la montagne nue, e li Qui tressaille d’orgueil en voyant son enfant.

Peintre, tu nous reviens, ainsi que l’aigle immense Qui, faisant trève un jour à son sublime essor, , À

A vant que dans les cieux sa course recommence, LU Se repose un instant pour disparaître encor.

Arrivé tout à coup des sphères immortelles, Où sans craindre leurs feu ‘es pieds se sont posés, | Tu resplendis encore, et l’on voit sur tes ailes \ y La poudre des soleils que ton vol a rasés.

Un jour, jeune inconnu, sentant dans ta poitrine

Couver du feu sacré l’étincelle divine ; Et ton destin se révéler, Î

Tu dis: Quittons ces lieux aux muses trop acerbes! |

A moi le large espace! à moi les monts superbes!

Je suis aigle, je puis voler !

Et tu partis. Longtemps la foule indifférente | Ne daigna du regard suivre ta course errante, \ Comme un oiseau perdu dans l'air, Nos rives t’oubliaient, lorsque la renommée à A ta patrie, encor si tendrement aimée, n Jeta ton nom dans un éclair. |

Enfin, tout enrichi des trésors du vieux monde, Où !a gloire, enchaînant ta palette féconde, T'avait trop longtemps retenu, Tu reviens visiter, après seize ans d’absence, Le vieux foyer béni qui t’a donné naissance:

O peintre, sois le bienvenu !

Mais confiant dans ton étoile, O noble fiancé des arts, Demain tu remets à la voile Pour le vieux pays des Césars.

Tu retournes au champ fertile Où croît le laurier de Virgile, Où dort le luth d’Alighiéri.

Florence, la ville artistique, Réclame ton pinceau magique Et ton talent qu’elle a mûri.

Va! quitte nos climats de neige!

Pour toi trop sombre est notre ciel; T1 te faut le ciel du Corrège,

Le ciel d’azur de Raphaël;

T1 te faut la douce Ausonie,

Ses horizons pleins d'harmonie,

Ses chants, ses échos, ses zéphirs ; T1 te faut ses blondes campagnes, Ses bois, ses fleuves, ses montagnes, Ses chefs-d’œuvre, ses souvenirs!

Va! poursuis ta noble carrière !

Jusqu’au sommet porte tes pas !

Tu ne peux rester en arrière,

Ta gloire ne t’appartient pas!

Ouvrant l'essor à ton génie,

Va cueillir la palme bénie

Qui doit un jour ceindre ton front.

Pars! et nos rives étonnées,

En contemplant tes destinées, Avec orgueil te nommeront !

Au moment de dire adieu à nos lecteurs,

nous allions commettre un impardonnable oubli, et manquer à un devoir essentiel du biographe en omettant de tracer le portrait de notre héros.

M. Falardeau est de taille moyenne, d’une charpente un peu osseuse; il paraît doué d’une organisation que le travail et les maladies, au lieu de l’user, semblent avoir trempée comme l'acier. À l’énersie de ses traits, on voit qu'il est prêt à supporter encore longtemps les balafres de la fortune.

Son menton un peu proéminent et le déve-

loppement du bas de sa figure accusent de la fermeté dans le caractère.

Son œil, légèrement enfoncé sous l'orbite, est plein d’éclairs, et reflète l'intelligence et l'inspiration.

On dirait qu’un rayon du ciel éclatant de sa nouvelle patrie s’y repose encore.

Il y a toujours un sourire, prét : s’envoier, sur le coin de sa lèvre.

Nous admirons beaucoup son talent; mais il est une chose en lui que nous admirons plus encore: c’est sa modestie et la simplicité de ses manières.

La prospérité a souvent plus d’écueils que l’infortune.

Il a été fort contre le bonheur.

A Florence, sa vie est régulière comme celle d’un religieux.

Dès le matin, il est à son atelier. C’est un sanctuaire où personne n’est admis aux heures de travail.

De trois heures à six, il reçoit. L'accueil

aimable, la grâce parfaite avec lesquels il fait les honneurs de son foyer, l’entourent d’un nombreux cercle d'amis, et grâce à lui, Florence, depuis plusieurs années, est le rendez-vous de tous les voyageurs canadiens.

Si jamais la fantaisie vous prend de traverser l'Océan et de faire votre tour d'Italie, n'oubliez pas d’aller frapper au n° 1325, Via de Bardi.

On vous y recevra à bras ouverts, avec cette cordialité, cette bonhomie toute canadienne qui vous rappelleront le parfum de la patrie.

Si vous êtes artiste ou connaisseur, vous aimerez à étudier et à admirer la belle collection de tableaux du peintre.

Il ne nous a pas été donné de voir le fameux Saint Jérôme de M. Falardeau ; mais

d’après celles de ses peintures que nous avons eu occasion d'apprécier, il nous semble que son talent a plus de charme que de fierté, de finesse et d'élégance que de vigueur, de délicatesse exquise et de sentiment que d'énergie,

Il excelle dans la perfection du fini, dans la poésie de l’exécution.

Ses miniatures sont d’une vérité de ton, d’une pureté de lignes, d’une transparence, d’une fraîcheur, d’une harmonie de style et souvent d’une naïveté ravissantes.

Nous avons pu admirer la réunion de ces brillantes qualités spécialement dans un des petits tableaux qu’il a exposés ici.

Nous voulons parler de la copie du portrait de Mme Lebrun d’après elle-même, copie maintenant en la possession de M. P. B. Casgrain, de Québec.

Cette toile est enlevée avec une chaleur de coloris, une richesse de carnation éblouissantes.

Il y a une limpidité dans ces yeux expressifs qui vous regardent, un charme dans cette

bouche qui vous sourit, une souplesse et une

légèreté dans ces cheveux bouclés et flottants,

an abandon, un naturel dans les ondulations le ces draperies, qui rivalisent avec la perfection de l'original.

Pendant ses longues luttes contre les tristes réalités de la vie, qui absorbaïent les grandes énergies de son être, on dirait que tous les sentiments suaves, les frais rayons, les douces pensées, si longtemps exilées de son âme, se sont réfugiées au bout de son pinceau.

Il y aurait dans l’analyse de ce phénomène toute une étude psychologique.

Puisse-t-il maintenant n’avoir plus à soutenir d’autres luttes que celles de son art.

Assez de malheurs ont troublé ses jours.

L’aimable compagne que le ciel lui a donnée, l’ange du foyer, désormais le couvrira de ses ailes pour l’abriter contre les orages, et n’écrira que des bonheurs sur les pages de leur vie.

Québec, 10 juillet 1862,

ène

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