‹ Biographies et portraitsChapitre 4 sur 31 · C.-M. DE SALABERRY · texte numérisé non relu

C.-M. DE SALABERRY

La plus populaire de nos gloires militaires.

Une belle et majestueuse figure taillée dans le marbre ; les traits délicats, fièrement dessinés; le front hardi, agressif; un teint riche, rose et blanc; des yeux brillants, limpides, pétillants de verve, — des rayons de soleil dans un ciel bleu ; — des épaules larges, solides cgimme des bastions ; une poitrine où les boulets, il semble, devaient rebondir ; un bras qui frappait comme Charles Martel ou Richard Cœur-de-Lion ; des muscles forts et souples comme l’acier; un magnifique ensemble de force, de distinction, de vigueur et de beauté, une puissante organisation débordant de vie et de sève.

Un cœur de lion, une intrépidité à tout oser, à tout braver. Type accompli de ces preux chevaliers qui, de la pointe de leur épée, ont écrit l’histoire de France. Au temps des croisades, il aurait monté à l’assaut de Jérusalem à côté de Godefroy de Bouillon ; plus tard, il eût été l’émule des Gaston, des Bayard et des Duguesclin.

Si le Canada eût appartenu à la France, en mil huit cent, il eût peut-être conquis le bâton de maréchal en se battant comme Lannes et Masséna. Dans la guerre d’Afrique, guerre

de surprises, d’ambuscades et de glorieuses aventures, it eût été à côté de Lamoricière sur les murs de Constantiner et eût couvert sa vaillante épée de gloire depuis la pointe jusqu’au pommeau.

Yif, brusque, impétueux, toujours prêt à venger une injure d’un coup de poing ou d’un coup de'sabre.

Le baron de Rottenburgh l’appelait, dans ses lettres : “ Mon cher marquis de la poudre à canon.”

Bon, cependant, généreux et affectueux, n’attaquant jamais le premier, et pardonnant facilement, une fois l’explosion faite.

Nature de soldat, pleine d’élan et de vivacité, aimant autant à chanter, rire et danser qu'à se battre, aussi vaillant à la table que sur le champ de bataille.

Sévère en fait de discipline, et ne ménageant point les jurons et les punitions à ses voltigeurs qui chantaient :

C’est notre major Qu’a le diable au corps.

Qui nous don’ra la mort.

Y’a pas de loup ni tigre Qui soit si rustique ;

§ous la rondeur du ciel Y’a pas son pareil.

Aimé, pourtant, de ses officiers et soldats à cause de son impartialité.

Tel est le portrait du lieutenant-colonel de Salaberry, cet illustre guerrier dont les Canadiens-Français ont raison d’être liers.

Après avoir loué le mérite et le talent de ceux qui, depuis la conquête, ont soutenu l’honneur et les droits de leurs compatriotes par la plume et la parole, il est juste que je rende hommage à celui dont la vaillante épée a su nous faire craindre et respecter.

Le héros de Chàteauguay avait reçu en héritage des traditions glorieuses.

La famille d'Irumberry de Salaberry, originaire du pays

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