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KAMOURASKA

ASSEMBLEE LEGISLATIVE DE QUEBEC

Voilà un député convu de tous et apprécié diversement comme tous les politiques qui occupent une sphère au-dessus du banal.

Thôse générale, il n'est pas populaire comme il] devrait l'être.

Pourquoi ?

Ces jours derniers, Victor Hugo, en visite dans la Suisse, disait à l'illustre exilé Ruiz Zorilla :

“Ilya deux crimes que les partis corrompus ne pardonnent jamais: la loyauté et la logique dans les idées.”

Jaubert, Périer, ne furent jamais aimés tout justement à cause de cette louable obstination à dire les choses telles qu'elles sont et à remettre chacun à sa place.

On dit du député de Kamouraska, qu'il est violent, irascible, un peu rude dans la forme et rebelle à la discipline.

D'abord, on devra admettre que cette violence de langage qu'on incrimine si fort, était passabiement dans les mœurs ; ea 1878, à l'arrivée de M. Gagnon ; que venant d'un comté doublement intéressé dans l'affaire du coup d'état, le ton gé-

néral des discussions ne pouvait manquer d'être partagé par lui.

Je reconnais au député de Kamouratka un caractère énergique, ioflexible, qui peut passer même pour violent.

Seulement, l'ancienne âpreté a disparu de notre parlement et, ne connaissent bien M. Gagnon, que ceux qui ont suivi les travaux de la dernière session,

Ue député est du bois dont on fait les chefs et je serai toujours fier de marcher À sa suite.

Les cinq ans de parlementarisme, qu’il compte déjà, les études considérables qu'il fait constamment, son expérience consommée dans les travaux de la Chambre, son énergie tranchante et surtout sa réputation politique, le donnent déjà comme un de nos premiers libéraux et lui désignent une place marquante dans l'avenir.

Moi, pour un, je connais peu d'hommes qui promettent plus pour l'avenir que lui.

Kamouraska l'a compris cet homme si difficile à étudier, à saisir.

Comté et député semblent avoir été de

tous temps prédestinés l'un pour l’autre.

Quelle similitude !

ss At

| Le comté est divisé, ardent, énergique, La famille des Gagnon est une des à l'extrême, rétif à l'injure ou à l'asser-| plus anciennes de la province et vient de vissement,. la Vendée.

Voyez le député, vrai reflet du comté.| M. Gagnon fit ses études au collége On a pu craindre un moment que Ka- de Ste-Anne. Elles furent rapides et mouraska allait lui faire défaut. | brillantes.

Certaines divisions, d'autant plus re. | En 1870, il mariait la troisième fille grettables qu'elles originaient ailleurs d'un citoyen éminent du comté, M. qu'en politique, certaines divisions cau- | François Gagnon.

sèrent un exæy0.

Mais, le rachat fut éclatant ; car M.

Gagnon a eu le plus beau triomphe possible. Soixante-et-une voix de majorité, dans Kamouraska c’est l'équivalent de cinq à six cent à Québec-Est.

Je connais plusieurs comtés qui solliciteraient la candidature de M. Gagnon, si ses électeurs lui donnaient congé.

De jour en jour, ce député occupe une place plus grande dans notre pays, dans nôtre parti.

Il s'est révèlé, on l'a compris, on le connaît érudit, sérieux,sans merci et sans dol. On sait qu'il y a disette de ces hommes-là.

À lui seul, que d'hommes il nous a valus depuis deux et trois ans !

Charles Antoine Ernest Gagnon, est né à la Rivière Ouelle, le 4 décembre

Son père était marchand dans cette même paroisse. Sa mère était une sœur de l’hoo. M. Pantaléon Pelletier, ministre

de l'Agriculture dans le gouvernement McKensie.

Il a occupé une foule de positions dans le comté.

C’est ainsi qu’il fut évaluateur du che-

min de fer l'Intercolonial pour la division St-Laurent, de 1863 à 1878 ; receiver of wreck pour Kamoura-ka, de 1874 à 1878.

C’est en 1869, qu'il fut admis à la pratique du notariat.

Le député de Kamouraska est recrétaire de municipalité, secrétaire de la Commission des Ecoles et trésorier de la Fabrique.

Il est de plus Commissaire pour recvoir des affidavits pour la Cour Suprême.

Moins que tout autre, il ne devait s’attendre à rester bien longtemps hors de l’arêne politique.

Tout l'y appelait.

Quand la crise de 1878 arriva, il fut mis en nomination et remporta la victoire.

C'est lui qui, à cette mémorable session de 1878, proposa, secondé par M. Nelson, la réponse au discours du Trône.

En 1881, il fut réélu par une voix; mais un décompte le mit dans l’obligation d'aller de nouveau devant ses électeurs,

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Cette fois, il obtint soixante et une|à trois paroles et que M. F. X Archam-

voix de majorité. bault essaie de faire l'érudit, les passes

Le Purliamentury Companion, par-| d'armes sont magnifiques. lant des opinions de notre ami sur la po-| J'ai dit que M. Gugnon ne s'occupe litique d'Ottawa, dit qu'il est national Le : diberal ; favour of a revenue turif; op-|P%8 beaucoup des affaires de parti en deposed to prohibitive protection, hors de ses stricts engagements.

M. Gagnon vit neuf mois de l'année à Cela n'empêche point qu’il est d’une Rivière-Ouelle; il étudie, vaque à ses|activité insurpassab'e. travaux professionnels et prépare sa ses-| Seulement, ce n'est pas l'activité de la sion. Mouche du Coche.

du Où n'en a que trop de gens à activité preb'ématique, qu'on voit partout, mais dont les œuvres sont invisibles.

M. Gagnon a déjà prêté son nom à

l'Electeur. C'est dans ce temps que l’arti-

M. Gagnon a une spécialité : le droit parlementaire.

Je ne connais personne qui soit plus

retors, plus riche en ressources, plus habile stratégiste que lui, règles de la a ane) Lo El da

Chambre en main. publié. Il fut la victime que Sénécal Il a fait le plus beau tour de force MINE que relate nos anvales. Le député de Kamouraska fait bien

Quand il s’est agi de transférer le|de ne pas user ses forces dans des luttes che‘-lieu judiciaire de Kamouraska à la | stériles et personnelles, de se tenir en de-

Rivière-du-L it à ina!

du-Loup, M. Gagnon avait à hors des combinaisons douteuses et comutter contre le gouvernement, contre la

majorité, contre tout et ce transfert fut | Promettantes. retardé de deux sessions, Qu'elle finesse de jeu, quelle tactique hardie et soutenue.

HS homme exaspéré, c'était l'Hon.

apleau. Chaque fois qu'il pensait i trancher le nœud-gordien fort de sa |" Drogcaptien grande majorité, M. Gagnon se levait, Pourtant, Je:9in: 08e A citait quelques règles de procédure par Le temps n'est pas encore arrivé de ne, forçait le président à remet- | donner une appréciation in extenso de tre le vote, cet homme éminent.

Toute la députation fut unanime à : , ' admirer ce tour de force qui dura plus Il sppèatient à l'avenir. comme. l'are-

d’un an. nir lui appartient et nul plus que moi Quand M. Gagnon soulève une objec- souhaite le voir arriver bientôt au poste tion, que M. Irvine l'appuie de deux | suprême qui lui est réservé.

Le député de Kamouraska devrait occuper un des plus larges places dans

Feu le Dr LABERCE

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