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GILBERT (François-IIilaire). Ce savant proies

seur de l’École d’Alforl naquit à Châtellerault (Vienne) le 18 mars 1757. Il fît ses premières études dans sa ville natale, puis vint à Paris à l’âge de quatorze ans pour entrer au collège de Montaigu, qu’il quitta bientôt pour celui du Cardinal-Lemoine. Son père, qui était procureur à Châtellerault, le plaça chez un de scs collègues de Paris; mais il ne tarda pas à quitter ce dernier pour se livrer, dans un état voisin delà misère, à l’étude des sciences naturelles. La lecture de Buffon lui inspira le vif désir de connaître en détail l’organisation du cheval. Ayant appris qu’il existait des Écoles vétérinaires, il se présenta au ministre Necker, qui, sur un rapport demandé à un intendant des finances, lui fit donner une place gratuite à l’École d’Alfort. Il y fut bientôt nommé répétiteur, et, au bout de trois années d’études, professeur; il en devint plus tard directeur adjoint.

La question des prairies artificielles était de celles qui préoccupaient alors les agriculteurs; plusieurs sociétés savantes la mirent au concours. Gilbert remporta les prix proposés par l’Académie d’Amiens, par celle d’Arras, par la Société royale d’agriculture ; son remarquable travail fut vivement recherché et eut de nombreuses éditions. Lors de la création de l’Institut national, il fut nommé dans la section d’économie rurale. Le gouvernement lui avait confié la mission d’organiser les établissements agricoles de Sceaux, de Versailles et de Rambouillet. Ses efforts ne purent réussir qu’à sauver ce dernier; il y consacra tous ses soins à l’éducation des mérinos, dont il appréciait l’importance pour l’industrie française. Des diverses missions qui lui furent attribuées, la dernière et la plus importante fut provoquée par lui-même. Un article du traité de Bâle donnait à la France la faculté d’acheter

en Espagne quelques milliers de moutons mérinos. En 1797, le Directoire chargea Gilbert de procéder à ces acquisitions, en lui promettant de mettre un million à sa disposition. Mais, en arrivant à Madrid après mille fatigués, il ne trouva qu’une somme de trente mille francs et il engagea son propre patrimoine pour faire honneur aux dettes qu’il avait contractées au nom de son gouvernement. Malgré l’abandon dans lequel on le laissait, il s’efforçait de se rendre utile et envoyait au ministre de l’intérieur des semences et des plantes qu’il croyait capables de s’acclimater en France et d’y rendre des services. Abreuvé de chagrin, épuisé parles privations, il mourut d’une fièvre maligne le 8 septembre 1800, dans le village de Signoriolano, près de Saint-Ildefonse. Il était membre d’un grand nombre de sociétés savantes, et, peu de temps avant son départ, il avait été élu membre du Corps législatif. Homme d’une intelligence vive, d’un ccepr ardent, savant praticien, écrivain au style agréable et châtié, il a jeté un grand lustre sur sa profession.

Gilbert a publié de nombreux mémoires ou articles dans La Décade, le Magasin encyclopédique, le Cours cl' agriculture de Rozier, la Feuille villageoise, les Annales ci agriculture française, etc. Ses principaux travaux sont les suivants :

Traité des prairies artificielles, 1790; 6e édition, par A. Yvart, 1826; — Recherches sur les causes des maladies charbonneuses, 1795 (traduites en italien et en allemand); — Instruction sur le vertige abdominal, 1795; — Instruction sur le claveau clés moutons, 1798; 2e édition,1807 (traduite en italien par Buniva); — Instruction sur les moyens les plus propres à assurer la propagation des bêles à laine de races cl' Espagne, 1797 ; 2e édition,

1799 ; — Mémoires sur la tonie du troupeau national de Rambouillet, 1797.

(Une Notice sur Gilbert a été lue par A. -P. Silvestre à la Société d’agriculture de la Seine, le 30 fructidor an IX, et une autre par G. Cuvier à la séance publique de l’Institut, le 15 vendémiaire an X.)

282. GIRARD (Jean). Une des gloires de la médecine vétérinaire française, il naquit au village de Fohët en Auvergne, le 19 mai 1770. Son père, cultivateur aisé, le mit au collège de Clermont-Ferrand, où il fit toutes ses études. A l’âge de vingt ans, il entra comme élève boursier à l’Ecole d’Alfort. Pendant le cours de ses études vétérinaires, il fut distingué par Chabert, alors directeur, et par Flandrin, professeur d’anatomie. Celuici fit nommer Girard répétiteur et prosecteur; il l’associa à tous ses travaux et contribua à développer en lui le goût des études anatomiques.

En 1793, la chaire d’anatomie et de physiologie étant devenue vacante par la retraite anticipée de Flandrin, Girard, qui venait de terminer ses études vétérinaires, fut chargé de l’occuper comme suppléant. Deux ans après, il en était nommé professeur titulaire. Pour donner à son enseignement une base aussi scientifique que possible, il suivit les cours de l’Ecole de médecine de Paris, qui venait d’être réorganisée, et particulièrement celui de Chaussier, le célèbre anatomiste. Après cinq ans de recherches personnelles, il publia son Tableau comparatif de l anatomie des animaux domestiques les plus essentiels à i agriculture, Paris, an VII (1799), in-8°. Les ouvrages de Ruini, de Garsault, de Lafosse fils, de Bourgelat, etc., ne traitaient que de l’anatomie du cheval ; Vitet, Daubenlon, Camper

s’étaient occupés de la structure du bœuf, du mouton, du porc et du chien; mais l’anatomie comparée des animaux domestiques restait à faire; Girard remplit cette tâche difficile. En même temps, il avait introduit dans ses ouvrages et ses leçons la nomenclature rationnelle de Chaussier, nomenclature qui ne fut guère suivie dans la médecine humaine et que Girard imposa pendant quarante ans à la médecine vétérinaire. Ce ne fut qu’en 1807 qu’il fît paraître son Anatomie clés animaux domestiques (2 vol. in-8°), son ouvrage le plus considérable. La 2e édition prit le titre de Traité d'anatomie vétérinaire ou histoire abrégée de l'anatomie et de la physiologie des principaux animaux domestiques (1819-1820 ; 3e édition, 1830 ; 4° édition, 1841). Cet ouvrage a été traduit en allemand, en italien et en arabe.

Attaché, à diverses époques, à la chaire des hôpitaux d’Alfort pendant plusieurs années, Girard put faire contribuer son esprit scientifique au progrès de la chirurgie et de la médecine vétérinaires. Les deux ouvrages qui résument ses études cliniques les plus importantes sont : le Traité du pied considéré dans les animaux domestiques (1813; 3e édition, 1836), qui fut traduit en allemand, en italien et en anglais ; et le Traité des hernies inguinales dans le cheval , 1827.

En 1812, Girard fut associé à Chabert comme directeur adjoint de l’École d’Alfort, et il lui succéda en qualité de directeur titulaire en 1814. En 1820, il devint membre de l’Académie de médecine; il était depuis 1810 membre de la Société centrale d’agriculture et son associé ordinaire depuis 1818. En 1829, le roi Charles X le nomma chevalier de l’ordre de Saint-Michel, ordre composé exclusivement de cent membres choisis par les nota-

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