HÉNON (Jacques-Marie). Né le 17 janvier
à Surgues, en Picardie, il était fils d’un cultivateur peu fortuné. Élève boursier de la nouvelle Ecole d’Alfort, il fut adjoint par Bourgelat au professeur d’anatomie Fragonard, qu’il remplaça en 1774. Il était ami de Ghabert et publia avec lui quelques travaux (sur la cause de l’effusion des larmes chez le cerf aux abois, sur un prétendu cerf-bœuf, sur l’opération de la cataracte chez les animaux domestiques). En 1780, il fut adjoint à Bredin, nommé directeur de l’Ecole de Lyon, et contribua avec lui à relever cet établissement. Il y enseignait l’anatomie, l’extérieur, l’hygiène et la thérapeutique. Il a perfectionné le manuel de plusieurs opérations chirurgicales et enrichi de belles préparations le cabinet des collections. Il mourut, le 7 mai 1809, des suites lointaines d’un coup de pied de cheval.
337. HENZEN (J. G. G.). Inspecteur du haras princier de Saxe-Weimar à Allstaedt.41 a publié un « Essai d’inventaire des livres vétérinaires » (. Entwurf einer Verzeichnisses velerinarischer Schriften... ; Stendal, 1781, in-8°) ; puis en 178.3, comme « Commentaire de cet essai », des « Renseignements sur les ouvrages vétérinaires » (. Nachrichten von veterinarischen Werken ; Stendal, 1785, in-8°). Ges deux livres ont été faits avec soin et méritent d’être encore consultés (Schrader .
338. HERING (E duard Au g i sT von). Directeur de l’École vétérinaire de Stuttgart; naquit dans cette ville, le 20 mars 1799. Il y fit ses premières études et s’adonna d’abord à la pharmacie dans l’officine de son père. En 1819, il se rendit à h Université de Tubingue, y suivit les cours d’histoire naturelle, d’anatomie humaine et comparée, de physiologie, etc., et surtout les cours privés de médecine vétérinaire qui étaient donnés par le professeur Hofacker. En 1821 et 1822, il fréquenta
BIOGRAPHIES Y ÉTKIÎIN AiHE.S.
les Écoles vétérinaires de Vienne et de Munich, et, au printemps de 1822, visita Dresde, Berlin et Copenhague, oii il resta jusqu’à la mort de Viborg, qui l’avait pris en affection. De retour à Stuttgart à la fin de celte même année, il obtint la chaire d’anatomie, de physiologie et de thérapeutique à l’École vétérinaire que l'on venait d’y fonder. Un congé de près de deux ans qu’il prit en 1826 lui permit de visiter successivement l’École d’Alfort, les importantes cliniques de quelques vétérinaires de Paris et de suivre les cours de la Faculté de médecine et de la Sorbonne. Il y fut en relations assez étroites avec G. Cuvier.
Rentré en 1828 à l’Ecole vétérinaire de Stuttgart, il fut nommé professeur de clinique, fonction qu’il conserva jusqu’en 1858, en même temps qu’il faisait la clinique ambulante de l’espèce bovine. Il fut aussi, pendant huit ans, attaché à l’enseignement de l’Institut agricole de Ilohenheim, où il professait l’art vétérinaire élémentaire. D’ailleurs, à l’École de Stuttgart, il eut à faire successivement les cours les plus disparates. Membre de la commission des haras, il fut, sous le roi Guillaume Ier, chargé plusieurs fois de voyager dans les grands pays d’élevage, dans le Nord de l’Allemagne, le Sclileswig, le Mecklembourg, le Boulonnais, la Normandie, le Perche, l’Angleterre, etc. En 1853, la Faculté de médecine de Tubingue lui décerna le diplôme de docteur en médecine honoris causa. Nommé en 1858 au Ministère de la guerre comme conseiller vétérinaire, il quitta la clinique de l’École sans renoncer à l’enseignement, et fut en 1862 nommé directeur, en même temps que conseiller médical supérieur. Il prit sa retraite en 1878 et mourut à Stuttgart le 20 mars 1881.
Peu de vétérinaires ont autant écrit que Ilering et fait preuve surtout d’une aussi grande érudition, servie par la connaissance d’un grand nombre de langues. Avec Gamgee (d’Edimbourg), il fonda le premier congrès international de médecine vétérinaire, qui se tint à Hambourg en 1863 et dont il fut nommé président. Il fonda aussi la Société vétérinaire wurtembergeoise (1838) et fut ainsi l’initiateur des associations vétérinaires de l’Allemagne. L’année suivante, il publiait le premier numéro du Repertorium der Thierheilkunde, dont il conserva la direction jusqu’en 1875. Il y donnait l’analyse exacte de tous les journaux vétérinaires étrangers et y fit paraître près de cent articles ou travaux originaux. Grâce à lui, ce Répertoire de médecine vétérinaire fut, avec le Magazin, le plus important journal vétérinaire de l’Allemagne. De 1846 à 1865, il a publié dans le Canslalï s Jahresberieht un excellent résumé annuel des publications vétérinaires du monde entier.
Ses premiers travaux, extrêmement remarquables pour l’époque, avaient eu pour objet la rapidité de la circulation du sang (1828); il les compléta par des recherches sur le nombre des pulsations et la vitesse du sang (1833), sur les rapports des rythmes respiratoire et circulatoire (1850, 1853). La parasitologie des animaux domestiques, la tératologie, la pathologie des maladies contagieuses lui sont redevables d’importantes contributions.
On lui doit, entre autres ouvrages, une i Physiologie des animaux domestiques, 1832 ; — un Traité de pathologie et de thérapeutique spèciales vétérinaires , 1842 (3e éd., 1858), qui a été traduit en suédois; — une Thérapeutique vétérinaire, 1847 ; 3e éd., 1870 (avec la collabo-
ration de Weiss); — un Manuel de médecine opératoire vétérinaire , 1857 ; 3e édit., 1879, qui a été traduit en italien et en russe; — la révision et la publication du Dictionnaire biographique des vétérinaires... rédigé par Schrader, 1863. Iiering était décoré de plusieurs ordres et membre honoraire de dix-sept sociétés savantes ou académies. Il était, depuis 1865, associé étranger de la Société centrale de médecine vétérinaire de Paris, après en avoir été correspondant pendant seize ans.
339. HERNQVIST (Peter) (1726-1808). Naturaliste et vétérinaire suédois. Il avait étudié la médecine à Upsal et s’était fait recevoir docteur en philosophie à l’Université de Greifswald. A Upsal, il s’était lié intimement avec Linné. Sur les conseils et avec l’appui du grand naturaliste, il obtint une mission et une pension de son gouvernement, pour aller suivre les cours de l’Ecole vétérinaire de Lyon, en vue d’en fonder une semblable en Suède. Il se rendit en France en 1763, resta trois ans à Lyon, suivit en 1767 les leçons del’hippiatre Lafosse, du mathématicien Lalande et fut chargé de classer d’après le système de Linné le jardin du Petit-Trianon. De retour dans sa patrie, en 1769, il fut nommé en 1772 maître de mathématiques à Skara. En 1774, fut fondée dans cette ville, sur un domaine de l’État, l’École vétérinaire projetée; Hernqvist en fut nommé directeur et mourut en fonctions. On a de lui : Instructions sur les remèdes appropriés au bétail, 1773; 3° éd., 1788; — Description de la clavelée , 1774; — Analomia hippiatrica, 1781 ; — un Manuel de ferrure, d’après Weber, et quelques autres publications sur la morve, les épizooties bovines, l’extérieur, etc.
340. HÉROARD (Jean). Anatomiste français, mort au siège de La Rochelle en 1027 ; fut médecin ordinaire de Charles IX et premier médecin de Louis XIII. Peu de temps avant de mourir, Charles IX lui commanda un travail anatomique sur le cheval. C’est le volume qui parut en 1599 sous le titre Jfippostologie , cest-à-dire discours des os du cheval', Paris, in-4°, 28 pages, 1 pi. 11 avait en vue l’anatomie complète du cheval; mais il annonce lui-même que l’Hippostologie est « le seul reste du naufrage que les autres pièces ont faicl durant ces derniers troubles ».
341. HERRERA (Gabriel Alonso de). Agronome espagnol, né à Talavera; vivait dans la première moitié du xvic siècle. Il fut professeur à Salamanque et s’occupa surtout des auteurs grecs et latins qui ont écrit sur la culture des champs. A la demande du cardinal Ximenès, il rédigea sur ce sujet un livre intitulé Obra de Agricultura, copilada de dirersos autores (Alcala, 1513, in-folio), qui eut jusqu’à vingthuit éditions, dont aucune ne reproduit le texte original. Mais la Société économique de Madrid en a donné une nouvelle, conforme à l’édition princeps, dans son Agricultura general , corregida g adicionada , Madrid, 1818, 4 vol. in-8°. Les chapitres relatifs à la médecine vétérinaire paraissent calqués sur ceux de Jordanus Ruffus, ce qui lient à ce qu’il a beaucoup emprunté à Petrus Crescentius, qui lui-même avait largement utilisé l’œuvre de son prédécesseur Jordanus ituffus. Le livre de Herrcra a été traduit en italien par Mambrino Roseo (Venise, 1568, 1577, in-4°).
342. HERTWIG (Ivarl Heinricii). Un des plus renommés professeurs de l’Ecole vétérinaire de Berlin. Il naquit à Ohlau (Silésie), le 10 janvier 1798. Il suivit pendant deux ans et demi les cours de l’Institut chirurgical et fut reçu chirurgien. Puis aux frais de son gouvernement, il fut élève de l’Ecole vétérinaire de Vienne d’abord, de Munich ensuite et enfin de Berlin, où il reçut son diplôme de vétérinaire en 1822. Il fut nommé répétiteur l’année suivante. En 1826. il se
faisait recevoir docteur en médecine, et, en 1833, il était nommé professeur. Il remplit ces fonctions jusqu’en 1877, époque où il prit sa retraite après avoir enseigné pendant plus de cinquante-trois ans. Il mourut le 19 juillet 1881.
Dans sa longue carrière, Hertwig a fortement contribué aux progrès de la médecine vétérinaire. Parmi ses travaux, on consultera ses recherches sur la rage ( Beitrcige zur nâheren Kenntniss der Tollwuth der llunde, Berlin, 1829) ; — son traité de thérapeutique ( Handbuch der Arzneimittellehre, 1833; 5e édit., 1872), où se trouvent accumulées quantité d’études personnelles, longues et minutieuses, sur l’action des médicaments ; — son Manuel pratique de chirurgie vétérinaire, 1850 ; 2e éd., 1859 ; — son Traité des maladies des chiens, 1853; 2e éd., 1880; — son Manuel opératoire (en collaboration avec Gurlt), 1847. On lui doit aussi un Formulaire vétérinaire (en collaboration avec Erdmann), 1856; 4e éd., 1880; et un Petit manuel de la connaissance du cheval, 1851 ; 2e éd., 1878. — Avec Gurlt, il avait fondé en 1835 le Magazin fiir die gesammle Thierheilkunde, qu'il contribua à diriger jusqu’en 1874, et dans lequel il a inséré de nombreux travaux. Il a fourni aussi beaucoup d’articles sur les maladies des animaux au « Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales », publié par les professeurs de la Faculté de médecine de Berlin.
Ilertwig était membre d’un grand nombre de sociétés savantes. La Société centrale de médecine vétérinaire de Paris l’avait élu correspondant en 1849 et associé étranger en 1865.