RECKLEBEN (Johann Diiîttuch) (1766-1851). Médecin
allemand; l'ut en 1700 nommé prosecteur à l’École vétérinaire de Berlin, alors qu’il était encore étudiant à l’Université de cette ville. En 1803, il fut reçu docteur en médecine et en chirurgie à l’Université d’Erl'urlh, avec une thèse intitulée : De ruminatione animalium. L’année suivante, il fut nommé professeur à l’École vétérinaire et enseigna successivement les matières les plus diverses. Il fit aussi, comme privât-docent, des leçons à l’Université sur les maladies des animaux. 11 prit sa retraite en 1843.
503. REICH (Gottfried Christian). Médecin allemand, né en 1769, professeur à l’Université d’Erlangen, auteur d'un écrit sur la peste bovine : Frei/muelhiye Gedcinken ueber die Riendviehseuche ; Salzbourg, 1797, in-8°, 48 p. ; traduit en hollandais (1799) et en français (1801).
REINA. Voy. LA REINA.
564. RENAULT (Thomas-Eugëne-Éloi). Néle 11 février 1805, à Saint-Ouen-l’Aumône, près Pontoise, où son père était vétérinaire. A la suite d’excellenLes études classiques, il entra à l’Ecole d’Alfort en 1821, se maintint constamment à la tête de sa division eL fut diplômé en 1825. Après un an de pratique auprès de son père, il concourut pour une place de chef de service et fut attaché, sous ce titre, à la chaire de clinique, pathologie et médecine opératoire. Deux ans plus tard, il était nommé, au choix, professeur adjoint du cours de pathologie chirurgicale et manuel opératoire. Enfin, en 1832, un brillant concours lui faisait obtenir la chaire de professeur titulaire de clinique, médecine opératoire et médecine légale.
Comme professeur, la clarté, la méthode, la précision et une remarquable facilité d’élocution étaient ses qualités maîtresses. Absolumentesclave de son devoir, il le remplit jusqu’à son dernier jour sans aucune défaillance.
Nommé à trente- trois ans directeur de l’École d’Alfort, il se dévoua à la prospérité de cet établissement, par l'impulsion qu’il donna à l’enseignement, par la nombreuse clientèle qu’il sut attirer à la clinique, par des améliorations matérielles et par le maintien d’une discipline implacable, qui ne fut pas toujours inspirée par une grande largeur d'esprit. De plus, il concentra tous ses efforts vers l’élévation de sa profession, qui lui doit bien des progrès. Il fit adopter un meilleur programme d’admission aux Écoles vétérinaires. Par d’incessantes démarches, il décida le maréchal Soult, ministre de la guerre, à présenter un rapport ensuite duquel fut rendue l’ordonnance du 18 mars 1843, qui donnait aux vétérinaires en 1er de l’armée le rang et la situation d’officiers. Renault ne s’en tint pas à ce premier succès. Il mit la même chaleur, la même ténacité et le même dévouement à obtenir ce grade d’officier pour tous les vétérinaires militaires : c’est ce que réalisa un décret du Président de la République, en date du 28 janvier 1852, rendu sur le rapport du général Saint-Arnaud, ministre de la guerre.
Un jugement du tribunal de Nérac (1846), confirmé par la cour d’Agen, avait déclaré qu’il était loisible au premier venu de prendre le titre de vétérinaire. On devine quelle émotion une pareille interprétation souleva dans la profession ainsi atteinte. Renault se mit à la tête du mouvement de protestation, rédigea sur la question un mémoire magistral et, grâce à ses efforts soutenus pendant six ans, la Cour de cassation rendit un arrêt qui réserve « aux seuls élèves sortis des Écoles le droit de prendre le titre de vétérinaire ».
Quelques années auparavant (1839), quand les pharmaciens contestaient aux vétérinaires le droit de pré-
biographies vétbri.n \Uh>.
parer el de vendre les médicaments qu’ils employaient dans leur pratique personnelle, Renault, consulté par les magistrats, avait fait un mémoire dont les conclusions devinrent les motifs du jugement rendu parle tribunal de Gorbeil et de l’arrêt de la cour d’appel de Paris.
L’activité de Renault comme écrivain scientifique et professionnel a été considérable. On en trouve de nombreuses traces dans presque chacun des volumes du Recueil de médecine vétérinaire depuis 1826, et dans le bulletin des nombreuses sociétés dont il faisait partie. Parmi ses travaux, on doit particulièrement retenir : Sur la torsion des artères comme moyen hémostatique dans la chirurgie vétérinaire ( Bec ., 1828) ; — Lettres sur le mode d'accroissement et de régénération de l'ongle du cheval (Recueil, 1827 et 1843); — Sur la cautérisation transcurr ente (Rec. , 1828, 1830) ; — Sur le liquide céphalorachidien ( Rec ., 1828); — Traité du javarl cartilagineux; Paris, 1831, ni-8°; — Gangrène traumatique. Mémoire et observations cliniques, etc. Paris, 1840, in-8° (excellent travail, dans lequel l’auteur établit expérimentalement quelles sont les conditions de milieu qui favorisent le développement de la septicémie); — Sur le Irachéocèle consécutif à la trachéotomie [Rec. 1831); — Typhus contagieux des bêtes bovines, Paris. 1860, ni-8° (l’auteur y démontre que toutes les épizooties de peste bovine ont leur origine dans le bétail des steppes de la Russie et que cette maladie n’apparaît jamais spontanément dans l’Europe occidentale); — Sur la rage, le charbon, la morve, le choléra des poules, la peste bovine et autres maladies virulentes (Recueil. passim); — Découverte dans la moelle épinière du cheval d'un canal qui communique avec le quatrième
ventricule (Rec., 1836). — Le Recueil contient encore un grand nombre d’articles de Renault sur des question d hygiène, d agriculture, d’enseignement vétérinaire et surtout de jurisprudence et de médecine légale, matières pour lesquelles les vétérinaires attribuaient h Renault une compétence que les décisions des tribunaux ont assez souvent infirmée.
Renault a été toujours rebelle à 1 idée delà contagion de la morve chronique et ses élèves ont longtemps appliqué sa désastreuse doctrine.
Il avait contribué à fonder la Société centrale de médecine vétérinaire en 1844, et il prit une part importante à ses discussions, notamment à celle de 1857 sur les vices rédhibitoires. Il en fut deux fois le président. Il était membre de l’Académie de médecine, de la Société centrale d agriculture de France, correspondant •Je 1 Académie des sciences, membre d un gTand nombre de comités et de commissions. 11 était officier de la Légion d honneur et appartenait à plusieurs ordres étrangers. En 1860, il fut nommé inspecteur général des Ecoles vétérinaires, en remplacement d’Yvart, qui demandait sa retraite.
La peste bovine avait fait son apparition dans la campagne romaine. Renault voulut profiter de cette occasion pour y compléter ses études sur cette maladie. Il sollicita et obtint à cet effet une mission en Italie. Il y resta deux mois et s’apprêtait à revenir en France quand il lut saisi par une fièvre pernicieuse dont il avait contracté le germe dans les marais Pontins, et il mourut à Bologne le 27 mai 1863.
« Au point de vue scientifique, a dit H. Rouley,
1 œuvre de Renault lui assigne un rang très élevé parmi les maîtres de notre science. Au point de vue profes-
sionnel, elle a été si grande et si féconde, qu elle en fait un bienfaiteur auquel la reconnaissance des nôtres doit demeurer à jamais acquise ».
Voy. Éloge historique fie M. Renault, par Reynal (Mémoires de la Société centrale d’agriculture de France, i 864 4 el Éloge de M. Eugène Renault, par H. Bouley (Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire, 1882).
565. RENNER (Theobald). Né à Brème en 1779, il y fit ses premières études au gymnase et vint à Berlin en 1800 pour y apprendre la médecine vétérinaire. Ses cours terminés, il partit pour la Russie, où le comte Rostopchine, qui devait s’illustrer plus tard comme gouverneur de Moscou, l avait engagé à titre de vétéririnaire pour son haras de Voronovo. Dix-huit mois après, il quittait cette place et s’établissait à Moscou, où il fut chargé, en 1806, du service de l’abattoir. En 1811, il se fait recevoir docteur en médecine et est bientôt nommé professeur ordinaire de médecine à l’Université, conseiller privé et membre de la Société de médecine et de physique. En 1812, il prend du service comme médecin de régiment dans un corps de cosaques de l’Ukraine, et fait avec lui les campagnes de 1812 à 1814. Après la paix, il quitte le service de la Russie, et vient habiter Berlin, où il se livre à des travaux scientifiques. En 1816, il est nommé professeur d’anatomie comparée et de médecine vétérinaire à Iéna, y fonde un institut vétérinaire dont il conserve la direction pendant trente-trois ans et meurt au commencement de 1850.
Parmi ses travaux, on cite: Mémoire sur i épizootie (chevaline) de F année 1805 (Mémoires de la Société des sciences naturelles de Moscou, 1806 ; — Cogitata
quædam circa hijclrophobiæ naturam; th'cse inaugurale, Moscou, 1811; — une traduction du Dictionnaire d’IIurtrel d’Arboval, en 4 volumes, 1830-183G; — « Dissertations pour les amateurs de chevaux et les vétérinaires » (1884), où il faut surtout remarquer le chapitre sur la névrotomie; — « Sur l’élevage du cheval en Prusse », 1846; — Sur le diagnostic de la rage du chien (en collaboration avec Schenk), 1844.
566. RETZIUS (Andréas Adolpii) (1796-1860). Médecin suédois, fils du célèbre naturaliste A. J. Retzius. Il fut d’abord médecin dans un régiment de cavalerie. C’est de là qu’il •entra à l'École vétérinaire de Stockholm, comme professeur d’anatomie comparée en 1820 ; il fut, en 1829, nommé professeur et inspecteur de l’institut Carolin, et enseigna aussi l'anatomie comparée à l’École des beaux-arts. Il était membre d’un grand nombre de sociétés savantes et décoré de plusieurs ordres. Presque tous ses travaux ont pour objet l’anatomie et la physiologie comparées.
567. REUSS (Christian Tiieopii.). Médecin wurtembergeois, né en 1745. Professeur de médecine à l’Université de Tubingue, il y fit aussi des leçons de médecine vétérinaire. Sa thèse inaugurale a pour litre : Diss. economico-medica de .scabie ovum; Tubingen, 1763, in-4°. 11 a publié deux ouvrages, l’un sur la médecine des bêtes bovines (1784), l’autre sur celle du bétail en général (1787).
568. REUSS (Jeremias David). Né dans le Ilolstein, en 1750, il était professeur et bibliothécaire en chef de l’Université de Gœttingue. Il a publié un grand ouvrage encyclopédique : Repertorium commentationum a societatibus litterariis edilarum , secundnm disciplinarum ordinem digessit J. D. Reuss ; Gœttingue, 1801-1821, 16 vol. in-4°. Le seizième volume a pour titre : Ars obstetrica ; cirs veterinaria. Les 80 dernières pages y sont consacrées à l’indication de tous les travaux vétérinaires dispersés dans les recueils des
sociétés savantes ; une table méthodique des matières et unetable alphabétique des auteurs en facilitent l’usage.
569. REVERCHON (Jean-Claude-Hector). Peintre lyonnais, mort en 1851 ; fut pendant dix à douze ans professeur de dessin à l’École vétérinaire de Lyon. Il a publié un bon atlas : Ostéologie et myologie du cheval ; Paris, 1825, in-fol.; 2e édit., 1849(20pl. lithographiées et coloriées, avec légendes).
570. RÉVOLAT (Étienne-Benoit). Médecin principal de l’armée, né à Vienne (Isère), en 1768; mort à Bordeaux, en 1848. Dans les écrits qu’il a publiés se trouvent des observations sur une épizootie (peste bovine ?) (1808) et un Aperçu sur le claveau , rédigé pour le département des Alpes-Maritimes ; Nice, 1807, in-8°, 24 p.
571. REY (Alfred- Augustin). Né le 20 novembre 1813, à Grenoble, où son père, qui exerçait la profession de maréchal ferrant, lui Fit donner une instruction première complète. Il entra à l’Ecole vétérinaire de Lyon en 1830 et y fut diplômé en 1834 après avoir obtenu le premier prix pendant ses quatre années d’études. Un an après, il revenait à cette école comme chef de service à la suite d’un concours. Rainard, appelé à la direction r ayant abandonné la clinique, la chaire de clinique, pathologie externe, chirurgie et maréchalerie fut miseau concours et Rey l’emporta sur ses concurrents. 11 dirigea la clinique de l’Ecole de Lyon pendant trenteneuf ans et fut mis à la retraite en 1880. Il mourut à Lyon le 31 décembre 1890.
Rey a publié un grand nombre d’articles dans le Journal de médecine vétérinaire de l’Ecole de Lyon, dont il fut le rédacteur en chef de 1847 à 1857. Parmi ces travaux, on doit particulièrement citer : Expériences sur la rage ; transmission de celte maladie dans l'espèce
du mouton, 1842; — Injections de teinture d'iode dans les gaînes tendineuses et les articulations du cheval, 1847, 1849, 1857, 1868; — Usage externe du biiodure de mercure, 1850 ; Emploi de la solution concentrée de sulfate
de cuivre dans le traitement des maladies chirurgicales du piecl du cheval et des plaies contuses, 1866. Rey a été 1 un des rédacteurs du Dictionnaire général de médecine et de chirurgie vétérinaires publié par le corps enseignant de l’École de Lyon en 1850. On lui doit aussi deux ouvrages classiques, de valeur moyenne, et dont le succès relatif est dû surtout à l’absence des livres semblables lors de leur apparition: Traité de marèchalerie vétérinaire, Paris, 1852, in-8° (traduit en espagnol, en 1859, par Tellez et Gallego); 2e édition, 1865 (traduite en espagnol, en 1885, par Espejo) ; — Traité de jurisprudence vétérinaire, suivi cl'un Traité de médecine légale, Paris, in-8°; 2e édition, 1875.
l»c\ a\ ait ete fait chevalier de la Légion d’honneur en 1861. Il appartenait a un grand nombre de sociétés vétérinaires françaises et étrangères; il était associé national de la Société centrale de médecine vétérinaire.
REYNA. Voy. LA REINA.
572. REYNAL (Jean). Né à Vic-Fezensac (Gers) le 31 octobre 1816, il entra à l’École d’Alfort en 1834 et en sortit diplômé en 1838, après y avoir occupé le premier rang pendant ses quatre années d’études. Il fut alors nommé vétérinaire en second au 1er régiment de lanciers et, en 1843, vétérinaire en 1er au 6° lanciers. Pendant sa carrière militaire, Reynal fut un collaborateur assidu du Recueil de médecine vétérinaire, dans lequel il publia successivement: Observations et réflexions pratiques sur
l'ovarite aiguë et chronique chez la jument ; — Recherches sur les causes de la cécité ; — Un mot sur les causes de la mortalité des chevaux dans la cavalerie française ; — Mémoire sur la ferrure ci froid ; — Sur la situation des vétérinaires militaires ; — Mémoire contre i empirisme (couronné par la Société vétérinaire du Calvados et de la Manche, 1842).
En 1846, Reynal ouvrit, parmi ses confrères del’armée, une souscription à l'effet d’offrir à Renault un objet d’art comme témoignage de reconnaissance pour ses persévérantes et heureuses démarches auprès des pouvoirs publics en vue d’améliorer le sort des vétérinaires militaires. Cette initiative lui attira une punition ministérielle qui fut portée à l’ordre du jour de tous les régiments de cavalerie. Ce blâme officiel, ses démêlés avec le vétérinaire principal Lacoste, la position subalterne qui lui était faite le poussèrent à donner sa démission et à se présenter au concours ouvert à l'Ecole d’Alfort pour une place vacante de chef de service de clinique. Il y fut nommé le 9 juin 1847. Il occupa cet emploi jusqu’au 21 janvier 1861, date à laquelle il fut nommé professeur de pathologie, thérapeutique, police sanitaire et médecine légale, en remplacement de Delàfond promu directeur. Un décret du 19 janvier 1861 venait de décider qu’à l'avenir les professeurs ne seraient plus nommés au concours, mais choisis directement par le ministre parmi les chefs de service : il parut à tout le monde que ce décret était une gracieuseté faite à Reynal par son puissant ami Renault, inspecteur général des Ecoles.
Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1852, officier le 8 août 1870, Reynal fut nommé directeur de l'École le 2 juin 1871, en remplacement de Magne, qui
fut mis à la retraite, on ne sait sur quelles instances. Le 15 mai 1879, Goubaux remplaçait Reynal, qui avait été officiellement mis en demeure de prendre sa retraite. Dès lors, il vécut dans l’ombre et le silence et mourut le 31 mars 1893, à Dammartin (Seine-et-Marne).
Comme clinicien, Reynal s’est toujours tenu dans la médiocrité; pour les cas difficiles, il ajournait le diagnostic ou paraissait en décider d’après le principe de « pile ou face ». Comme chirurgien, sa technique a été qualifiée par ses élèves d’un terme énergique qui en exprime l’audace aventureuse, inconsciente et maladroite. Il faut cependant lui reconnaître un réel coup d’œil de connaisseur dans l’appréciation du cheval ; aussi la partie la plus importante de sa clinique était-elle alimentée par les ventes de chevaux ou par les transactions qu’elles nécessitent souvent. Le professeur ne faisait pas oublier le praticien: ses leçons étaient mal préparées, mal ordonnées et débitées dans une langue étrange.
Reynal a néanmoins beaucoup écrit. Le Recueil renferme de lui de nombreux mémoires relatifs à la police sanitaire, à la jurisprudence, à la thérapeutique, voire à la physiologie : sur la digitale, l’élasticité du sabot, l’action de la saumure, le tournis, la dartre tonsurante, la géographie médicale de la fluxion périodique, etc. Il fut, d’ailleurs, pendant longtemps, avec IL Rouley, chargé de la rédaction du Recueil. Avec H. Rouley encore, il avait entrepris la publication du Nouveau Diclionnaire cle médecine , de chirurgie el d'hggiène vétérinaires. Dans les neuf premiers volumes, il a signé de nombreux articles relatifs surtout à la pathologie interne et à la police sanitaire. A partir du tome XI (1880), son nom a disparu de cette publication. On doit
aussi à Reynal un Traité cle la police sanitaire des animaux domestiques (Paris, 1873, in-8°) ; quoique mal pondéré, il a rendu de réels services.
Par ses nombreux écrits et la situation qu’il avait su prendre, Reynal s’était acquis une importante notoriété scientifique. Aussi, fut-il, en 1861 élu membre de l’Académie de médecine à la presque unanimité des votants.il était aussi membre de la Société centrale d’agriculture de France et, en 1859, il avait été président de la Société centrale de médecine vétérinaire, à laquelle il appartenait depuis 1848.
Le rôle que Reynal a le mieux rempli a été celui de directeur de l’Ecole d’Alfort. Il s’entendait mieux aux questions administratives et financières qu’aux questions scientifiques, mieux à manier les hommes que les animaux domestiques. Rien ne le rebutait pour arriver à ses fins, car il ne connaissait pas les dégoûts. C’est à lui, à son entregent que l’Ecole d’Alfort doit les magnifiques constructions dont elle a été dotée, les sommes énormes, et même disproportionnées à leur but, qui y ont été englouties. En résumé, sa carrière est un exemple pour ceux qui ne voient dans la science qu’un moyen d’arriver, qu’un tremplin pour atteindre des situations élevées.
573. REYNIER (Jean-François). Médecin à Lausanne, membre de plusieurs sociétés savantes. Il nous a laissé un petit mémoire sur une forme de charbon du bœuf et du cheval : Le loiwet , maladie du bétail; ses causes, ses remèdes et les moyens de le prévenir ; Lausanne, 1762, in-12.
574. RHODES (Jean-Baptiste). Vétérinaire ù Plaisance (Gers), mort en 1857. On croirait qu’il a beaucoup écrit, si on se laissait prendre au titre du journal qu’il avait voulu fonder
A. RICHARD (du Caillai (1802-1891).
•et qui ne paraît pas avoir eu plus d’un numéro : « Le Conservateur de la santé ou l’art de prévenir, sans remèdes ni dépenses, les maladies des chevaux, mulets, bœufs, moulons, porcs et de tous les autres animaux domestiques, ainsi que des personnes, par le vétérinaire J. -B. Rhodes de Plaisance, auteur de différents ouvrages sur la nature, les sciences et les arts », Bagnères, 1838. En dehors de ce très mauvais écrit, nous ne connaissons de Rhodes que Les éga- (jropiles des bêtes à laine , Toulouse, 1824, avec pl. , et Les étangs du Bas-Armagnac, suivi de la céphalite ou fièvre endémique de ce même Armagnac ; Condom, 1842. Bosc a décrit en 1819 ( Journal de physique ), sous le nom de Thelazia Rhodesii , un ver trouvé par Rhodes, à la surface de l’œil d’un bœuf : c’est peut-être la Filaire lacrymale ou môme quelque larve d'insecte.
575. RICHARD (Antoine) (du Cantal). Né à Pierrefort, près de Saint-Flour, le 4 février 1802. Après avoir servi quelques années comme volontaire dans un régiment de cavalerie, il suivit, pendant l’année 1823, les cours de sciences naturelles au Muséum de Paris et ceux de la Faculté de médecine. Il entra ensuite à l’École d’Alfort et en sortit diplômé en 1828. Nommé vétérinaire au 1er régiment d ’a rtillerie , il mit à profit son séjour à Strasbourg pour fréquenter les diverses Facultés de la ville, et fut choisi comme préparateur par Duvernoy, professeur d’anatomie comparée et de zoologie. En 1830, il soumit à la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin un travail sur la morve, et, en 1833, se fit recevoir docteur en médecine avec une thèse sur « la phthisie tuberculeuse chez les mammifères et les oiseaux ».
L’année suivante, Richard partait pour faire campagne en Algérie. Il quitta le service en 1838 et fut alors nommé professeur suppléant chargé du cours de zoo-
technie à l’École d’agriculture de Grignon. Il resta peu de temps dans cet emploi ; car, en 1839, il se trouve dans le Cantal, se livrant à l’agriculture et dirigeant, au nom de la Société d’agriculture de ce département, une revue mensuelle : Le Propagateur agricole du Cantal.
Quand l’École des haras fut fondée en 1840, Richard en fut nommé professeur et chargé de la chaire de zoologie appliquée au perfectionnement des races d’animaux domestiqueset spécialement du cheval. En 1845, il devint directeur de cette école. Il fonda, la même année, les Annales des haras et de l'agriculture, dont il fit paraître trois volumes. En 1847, il publia un traité De la conformation du cheval suivant les lois de la physiologie et de la mécanique (Paris in-8°), ouvrage original, où il répudiait les idées arbitraires de Bourgelat sur les proportions générales et partielles du corps du cheval. Ce livre fit sensation dans le monde hippique. Il eut trois autres éditions (la 4e en 1869), qui n’en sont guère que des réimpressions.
Les publications et, sans doute aussi, les opinions politiques de Richard avaient amené sa révocation en 1847. 11 était d’ailleurs, lié depuis 1832 au parti républicain et s’était affilié à la Société des Droits de l’homme. Aussi, après la révolution de Février, fut-il délégué dans le Cantal comme sous-commissaire du gouvernement. Ses compatriotes l’envoyèrent siéger à la Constituante et lui renouvelèrent son mandat en 1849 pour l’Assemblée législative. Il s’y montra zélé défenseur de l’agriculture, fut rapporteur des projets de loi sur l’enseignement agricole, y agita souvent les questions relatives aux haras et aux remontes et provoqua, en 1850, la réunion d’une commission qui, sous la présidence
de Magendie, fut chargée de l’étude de la péripneumonie contagieuse.
Le coup d’Etat de 1851 mit fin à la carrière publique de Richard. Il se retira dans le Cantal, sur sa propriété de Souliard, où il avait créé une ferme-école, qui futsupprimée en 1852. Voué tout entier aux études agricoles, il publie en 1854 son Dictionnaire raisonné d'agriculture et d' économie du bétail , suivant les principes des sciences naturelles appliquées (Paris, 2 vol. in-8°). La même année, il est, avec Geoffroy Saint-Hilaire, un des fondateurs de la Société d’acclimatation, dont il fut viceprésident, et pendant dix ans il y fait de bonnes communications sur l’hémione, la production animale et végétale des pays des montagnes (1854), sur l’igname de la Chine (1855), sur les races d’animaux domestiques de l’Algérie (1857), sur l’origine du cheval arabe (1858j, etc. A plusieurs reprises, il s’efforça d’éveiller l’attention sur les questions d’élevage, soit par des communications à l’Académie des sciences, soit par des pétitions au Sénat, soit par des conférences publiques. Il s’était présenté sans succès, en 1861, pour une place vacante à l’Académie des sciences dans la section d’économie rurale : IL Bouley était son concurrent et devait naturellement l’emporter sur Richard.
Richard (du Cantal) est mortà Paris, le 18 février 1891, laissantlesouvenir d’un ami de la science, d’un homme honnête, sincère, loyal, inébranlable dans ses opinions politiques. Il est vrai qu’il appartenait à une génération bien éloignée que celle qui l'a vu disparaître.
576. RIEDEL (Joiiann Christoph) (1709-1757). Médecin allemand, professeur ù l’Université de la ville d’Erfurt, sa patrie. Parmi ses écrits, se trouve une étude sur une
Épizootie du gros bétail : Untersuchung derjetzt grassirenden Viehseuche ; Erfurt, 1749, in-4°.
577. RIGOT (Félix-Jean-Jacques). Né le 21 avril 1803, à Château-Gontier (Mayenne), où son père, qui était, vétérinaire, lui donna les premières leçons de maréchalerie et d’anatomie. Ayant quitté le collège à l’àge de dix-sept ans, il entra à l’Ecole d’Alfort et fut bientôt remarqué par F. -N. Girard, qui se l’attacha enqualité de préparateur. En 1822, il était nommé répétiteur d’anatomie et l’année suivante prenait son diplôme, le premier de sa promotion. Il futdésigné, pour suivre les cours de science qui conduisaient au diplôme de médecin vétérinaire et, en 1824, il était nommé chef de service d’anatomie. En 1833, il obtint le titre deprofesseur adjoint, et, en 1838, celui de titulaire, à la suite de brillants concours. Il ne jouit pas longtemps de cette situation : en 1845 un ramollissement cérébral l’éloigna de sa chaire, qui fut mise au concours l’année suivante, et Rigot s’éteignit le 17 janvier 1847.
C’était une brillante intelligence, un esprit fin et délié; très habile anatomiste, excellent professeur, il possédait, de plus, un remarquable talent de dessinateur. Rigot a publié: Traité des articulations du cheval, Paris, 1827, in-8° (c’était, dit-il, le sommaire des savantes leçons professées par F. -N. Girard) ; — Anatomie des régions du corps du cheval , considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie et la médecine opératoire : 6 planches dessinées et lithographiées par l’auteur ; Paris, 1829, in-folio ; — Éléments de botanique médicale et hygiénique ; Paris, 1831, in-8° ; 2° édition (avec Mignon), 1845 ; — Traité complet de l'anatomie des animaux domestiques. Il n’en a fait paraître que quatre livraisons :
Syndesmologie, Oslèologie, Mgologie, A ngèiologie (Impartie); Paris, 1840-1845, in 8°. L’ouvrage a été terminé par À. Lavocat. Il est remarquable par la précision des détails, les recherches personnelles de l’auteur, le style même qu’il y emploie.
Les Comptes rendus de l'École d' Al fort et le Recueil de médecine vétérinaire, de 1285 à 1840, renferment bon nombre de travaux de Rigot sur l’anatomie et la pathologie. Nous citerons seulement : Sur la disposition anatomique du mèdiastin dans le cheval (1827) ; — De /' anévrysme spontané dans le cheval (1827) ; — Sur les lésions organiques du poumon (1828). — Avec Trousseau, il a entrepris des Recherches nécroscopiques sur quelques altérations que subissent après la mort les vaisseaux sanguins, les poumons et la membrane muqueuse gastro-pulmonaire (Archives générales de médecine, 1826-1827).
578. RINGHEIM (David Gottschalksen). Né en 1787 àVost (Norvège), il fit ses éludes à l’École vétérinaire de Copenhague, où il fut diplômé en 1809. 11 servit alors dans l’armée danoise comme vétérinaire ; ses services très appréciés le firent arriver aux premiers grades de son corps et lui valurent de nombreux honneurs. Il a publié dans les journaux vétérinaires du Danemark des articles sur sa pratique dans l’armée, sur les plaies cancéreuses du chien, la maladie du jeune âge, l’épilepsie, l’avortement, la fièvre vitulaire, l’opération de la queue à l’anglaise, la gale, etc.
579. RIQUET (Antoine-Jean-Auguste) (1800-1873). Après avoir obtenu son diplôme à Alfort, il entra dans l’armée comme vétérinaire en second en 1824, et il était depuis treize ans vétérinaire en 1er, quand il fut compris, en 1844, dans la première promotion de vétérinaires principaux. Il fit alors partie de la Commisssion d’hy-
giène hippique, qui venait d’être instituée sous la présidence de l’illustre Magendie, et il prit une part active à ses travaux. A la même époque, il fut au nombre des membres fondateurs de la Société centrale de médecine vétérinaire, et, ce qui est mieux encore, au nombre de ses membres les plus laborieux. Admis en 1852 à faire valoir ses droits à la retraite, Riquet entra au service de la Compagnie générale des omnibus, et s’y fit apprécier si bien qu’il fut nommé directeur de la cavalerie. Il sut apporter d’intelligentes réformes dans l’alimentation des chevaux et réaliser d’importantes économies sans préjudice pour le service.
En 1841 et 1842, Riquet fit partie d’une commission de remonte qui parcourut le Danemark, le Ilolstein, le Hambourg, l’Allemagne, pour y acheter 1600 à 1700 chevaux. Dans 1 e Recueil de médecine vétérinaire (1846), il a donné ses impressions de voyage, parfois inexactes, sur le commerce et la production chevaline dans les pays qu’il avait visités.
Le nom de Riquet est surtout attaché à l’histoire de la ferrure à froid, qu’il appelait ferrure podomé trique, en raison du « podomètre » qu’il avait inventé ( Considérations générales sur la maréchalerie, suivies d'un exposé de la méthode de ferrure podomètrique à froid et à domicile ; Tours, 1840). Il eut à soutenir pour elle, en 1846 et 1847, de vives discussions à la Société centrale de médecine vétérinaire, et, malgré l’opposilion qu’il rencontra chez la plupart de ses confrères civils et militaires, il usa de son influence personnelle pour obtenir du ministre de la guerre, en 1845, une circulaire, rapidement tombée en désuétude, qui ordonnait que la ferrure à froid fût substituée à la ferrure à chaud.
Riquet était tout dévoué à sa profession. Un fait
d armes héroïque lui avait valu la décoration de la Légion d honneur, en 1834, dans la guerre des rues qui avait marqué 1 insurrection de Lyon. H. Boulcy a rapporté que Biquet avait consacré les émoluments accumulés de cette croix à fonder, à l'École d’Alfoi t, une bourse destinée à 1 entretien d un élève pauvre.
o80. RISUENO (Carlos). Né à Daimiel (province de Ciudad-Real ; mort vers 1855. Il fut un des premiers élèves formés par l’École vétérinaire de Madrid. Après avoir servi dans divers régiments de cavalerie et pris part h la guerre de l’Indépendance, il entra en 1817 dans le corps enseignant de l’École vétérinaire où il avait lait ses études, et il y introduisit l’ordre et la méthode. Il fut chargé de la clinique, de la pathologie généîale et spéciale, et de la chirurgie. Ce n était pas une intelligence brillante, mais il possédait une volonté ferme, une grande puissance de travail, une activité extraordinaire et le tact médical à un haut degré. Aussi rendit-il de grands services à cette école, où avant lui la science n’avait pour ainsi dire pas pénétré. Les évènements politiques de 1823 eurent leur contre-coup sur cet établissement et anéantirent le bien qui avait été fait. Quand le calme fut revenu, l’École fut réorganisée et Risueno, nommé directeur, put s’y consacrer pleinement. Il publia : Diccionario de Veterinariag susciencias
auxdiares ; Madrid, 1829-1834, o volumes in-4° ;
Elementos de Pcilologia veterinaria general g especial Madrid, 1834. Dans la rédaction de ce livre, qui fut longtemps classique, Risueno s’est beaucoup servi des Nouveaux éléments de pathologie médico-chirurgicale de Roche et Sanson, alors très réputés en Espagne, et de la Médecine vétérinaire de Va tel. Risueno était
membre correspondant de la Société centrale de médecine vétérinaire de Paris depuis 1849.
581. RIVOLTA (Sebastiano). Né à Casalbagliano, près d’Alexandrie, le 20 octobre 1832; mort à Turin, le 14 août 1893. Il fit ses études professionnelles à l’Ecole vétérinaire de Turin et en sortit diplômé en 1856. Pendant plusieurs années, il exerça son art dans un village; puis, fut appelé, en 1861, par Ercolani, comme assistant de la chaire de clinique médicale à l'Ecole vétérinaire de Turin. Deux ans après, il était chargé d’enseigner la pathologie générale, l’anatomie pathologique, la zoologie et l’histoire de la médecine vétérinaire. En 1864, il était nommé professeur extraordinaire et, en 1868, promu professeur ordinaire de pathologie générale et d’anatomie pathologique. En 1871, il quitta l’Ecole de Turin, pour occuper la même chaire à l’Institut vétérinaire de l’Université de Pise, où s’acheva sa trop courte carrière.
Piivolta a été toute sa vie un serviteur passionné de la science et, sans se laisser rebuter par les circonstances défavorables des premières années de sa carrière, par les mauvaises conditions matérielles dans lesquelles il travaillait et qui ont contribué à abréger ses jours, il n’a pas cessé d’apporter à la découverte île la vérité tout le concours qui était en son pouvoir. De 1855, alors qu’il était encore élève, jusqu’à la lin de 1892, il a publié 173 travaux, dont plusieurs comportent de véritables découvertes, et qui touchent aux sujets les plus divers : anatomie, histologie normale, physiologie, pathologie comparée, police sanitaire, parasitologie, intérêts de l’enseignement et de la profession.
Parmi ces publications se trouvent deux ouvrages