‹ Biographies vétérinairesChapitre 24 sur 34 · II.-J.-A. RODET · texte numérisé non relu

II.-J.-A. RODET

des services, pour la prospérité et le bon renom scientifique de l’établissement confié à sa vigilance, et il y a contribué selon ses désirs. Il est mort le 24 octobre 1875, laissant le souvenir d’un homme de bien, d’une nature d’élite par la noblesse du caractère et l’élévation de l’intelligence. Son buste en marbre a été élevé à l’Ecole de Lyon avec le produit d’une souscription publique.

589. RODRIGUEZ (Bernardo). Vétérinaire espagnol, né vers 1756. Il fut envoyé à Alfort en 1778, pour s’y perfectionner dans sa profession et, à son retour, fut nommé vétérinaire des écuries royales (mariscal mayor de las realescaballerizas). Très dévoué aux progrès delà médecine vétérinaire, il fit don de sommes importantes à la Société d’agriculture de Madrid (1786, 1787, 1788) pour être distribuées en prix dans des concours sur des questions relatives à la science qu’il pratiquait. C’est à son instigation et sur son plan qu’une Ecole vétérinaire fut fondée à Madrid, après quoi deux vétérinaires militaires, Malais et Estevez, furent envoyés à Alfort pour y suivre les cours.

Rodriguez a publié à Madrid en 1790 une brochure anonyme in-4°de 88 pages, intitulée : Catalogo de algunos ciulores espanoles que han escrito de Veterinaria , de Equitacion g de Agricultura. Cet ouvrage est précieux, non seulement par ses indications bibliographiques, mais parce qu’il montre que la profession vétérinaire eut de bonne heure, en Espagne, une période de prospérité qui la mettait bien au-dessus de ce qu’elle offrait dans les autres pays de l’Europe. Une ordonnance royale de l’an 1500 réglementait déjà le recrutement et l'instruction des « albey tares », et un

grand nombre d'autres ordonnances ont, jusqu’en 1750, 1762, 1784, spécifié les privilèges des vétérinaires.

590. ROHLWES (Johann Nicolas). Né en 1755 à Hildesheim, il y fit ses premières études et se rendit ensuite à Brunswick, puis à Gœttingue pour s’y initier à l’art vétérinaire. Dans cette dernière ville, il suivit les leçons du célèbre écuyer Ayrer et s’y instruisit particulièrement en anatomie. Il s’y attira aussi la précieuse sympathie de Blumenbach. Ses cours terminés (1780), il entra comme vétérinaire dans un régiment hanovrien de cavalerie, s’y fit remarquer par son zèle et son savoir, et, devenu l’élève de Kersting, se perfectionna de plus en plus auprès de cet excellent maître. Après la mort de celui-ci, il publia, en 1787, d’après les leçons qu’il en avait reçues, deux ouvrages successifs sur les maladies externes du cheval, puis sur ses maladies internes. La même année, il fit paraître aussi un travail sur le cancer de la langue. 11 quitta alors l’armée, et fut attaché comme vétérinaire en chef au haras royal de Frédéric- Guillaume, à Neustadt-sur-Dosse (Prusse), où il resta jusqu’en 1802.

En 1799, il commença la publication d’un journal trimestriel (Magazinfür Thierheilkunde), qui ne dépassa pas sa quatrième année. L’année 1802 vit paraître son Traité de pathologie du bétail (Allgemeines Vieharzneibuch, Berlin, in-8°), dont les nombreuses éditions se succédèrent jusque bien après la mort de l’auteur (16e édit, en 1842); il a été traduit en hollandais (1810). Celte môme année 1802, Bohlwes quitta le haras de Neustadt et vint s’établir ù Berlin comme praticien. 11 était sur le point de partir pour Dorpat, où il eût enseigné la médecine vétérinaire, quand une pension que le roi de

Prusse lui accorda le retint dans les États de ce prince. De 1804 à 1808, il vécut à Prenzlow et passa ses treize dernières années à Strasburg (en Uckermark), où il mourut en 1823, entouré de l’estime générale.

Indépendamment des ouvrages cités plus haut, Rohlwes en a publié un grand nombre qui ont rendu son nom populaire parmi les habitants des campagnes, auxquels ils étaient destinés : un Manuel d’hippiatrique (1804), l’Élevage du cheval en Prusse (1806), la Clavelisation et le Traitement du tournis (1806), Livre de recettes pour les moutons (1814), Signes et traitement des maladies des animaux (1816), le Vétérinaire des campagnes (1816), le Conseiller du propriétaire de mou tons (1819-1823), l’Élevage des oiseaux de basse-cour (1821), une Encyclopédie vétérinaire en quatre volumes, continuée par Tennecker (1822-1825).

591. R0L0FF (Friedrich IIeinricii). Né en 1830 à Badersleben (Saxe prussienne), il fit ses études à 1 École vétérinaire de Berlin et, ayant obtenu son certificat professionnel en 1851, il alla s’établir dans sa ville natale, puis à Calba et enfin à Groningue, où il resta sept ans. Il fut ensuite nommé vétérinaire de district en \V estphalie (1860), puis en Saxe, et, en 1862, il entra à l’École vétérinaire de Berlin comme répétiteur; il occupa cet emploi jusqu’en 1865. Il publia alors une excellente thèse « Sur l’instinct des animaux », grâce à laquelle il fut reçu docteur en philosophie ù l’Université de Gœttingue, nommé professeur extraordinaire à l’Université de Ilalle, « docent » de médecine vétérinaire à l’Institut agricole de cette ville, vétérinaire du cercle de Ilalle et du district de Merseburg.

En 1877, Boloff s’était acquis par ses travaux une

grande notoriété. Il revint à Berlin avec le litre de membre du Conseil impérial de santé, de vétérinaire départemental pour le cercle de Postdam et de professeur de pathologie et thérapeutique spéciales à l’Ecole vétérinaire de Berlin. Peu de temps après, Gerlach mourut et Boloff fut nommé directeur de l’Ecole vétérinaire. L’état de sa santé ne lui permit pas de répondre, dans celte situation, à l’espoir que les vétérinaires allemands mettaient en lui. La tuberculose pulmonaire l’emporta le 22 décembre 1885.

L’activité scientifique de Bololf a été considérable. Les articles qu’il a publiés ont paru dans le Magazin de Gurlt et Hertwig (1855 à 1868), dans YArchiu de Berlin (1875-1884), le Zeitschrift de Piitz (1873-1874), YArchiu de Virchow(1865-1869), le Zeitschrift de la Société d’agriculture saxonne, etc. Parmi ses travaux, nous rappellerons sa monographie sur l'inoculation delà péripneumonie ( Impfung cler Lungenseuche, Berlin, 1868); — sa Connaissance du cheval et du bœuf ( Beurthei lungslehre des Pferdes und des Zagochsen, Halle, 1870) ; — La peste bovine (Der Rinderpest, Halle, 1871 ; 2° édition, 1877); — ses Becherches d’anatomie pathologique sur l’ostéomalacie, le rachitisme, la tuberculose, la psorospermose, etc. Bappelons encore que pendant quatorze ans il a publié, en collaboration avec Millier, puis avec Schütz, les importantes Mittheilungen aus der thierarztlichen Praxis im Preussischen S tua le.

592. RONDEN Aîné. Maréchal et hippiatre renommé du xvine siècle. Il exerçait à Paris et était attaché à la grande écurie du Roi. Vitet cl Ituzard en parlent comme un des meilleurs vétérinaires de son temps. lia publié ; Observations sur des articles concernant la maréchalerie , insérés (par

Bourgelat) dans le Dictionnaire encyclopédique; Paris, 17. >8, in-8°, 96 pages; 2e édit., 1759, 1 10 p.

593. ROSSIGNOL (Pierre) (1800-1874). Né à Saint-Cyr-les- Colons, il fil ses études à l’École d’Alforl, où il fut nommé répétiteur de maréchalerie. Il en sortit en 1825 avec le diplôme de médecin-vétérinaire. Après avoir exercé quelque temps dans son pays natal, il vint s’établir à Paris (1827),. y végéta péniblement pendant quelques années et se vit enfin à la tôle d’une belle clientèle. Il fut, en 1844, un des fondateurs de la Société centrale de médecine vétérinaire, et pendant vingt ans son trésorier. Il assistait régulièrement à ses séances, prenait somment part aux discussions, y fit maints bons rapports et d’intéressantes communications sur les boutons hémorragiques (1844), sur le tic (1854), sur les fractures (1855), sur l’helminthiase intestinale des poules (1858), etc. C’était un excellent praticien, un habile maréchal et un homme de cœur.

594. ROUGEMONT (Joseph-Claude). Médecin français, né à Saint-Domingue (1756), reçu docteur à Bonn, département du Rhin-et-Moselle (1786), établi à Cologne, où il jouissait d’une importante notoriété et où il mourut en 1816. La plupart des travaux qu’il a laissés sont écrits en allemand. Parmi eux se trouve un mémoire sur les suites de la morsure des animaux enragés (Ueber die Folgen des Bisses wüthender Thiere, 1793), qui a pendant longtemps fait autorité et avaii valu à son auteur le prix dans le concours institué sur ce sujet par l’Académie des sciences d’Utrecht.

595. ROUVRAY (René Baret, sieur de). Auteur du Traité des chevaux (Paris, 1623, in-4°), qui a eu six ou sept éditions, avec des titres différents. Celle de 1654 est intitulée : La Maréchalerie française ou Traité de la connaissance des chevaux, etc. ; — celle de 1661 : La parfaite connaissance des chevaux et jugement de leurs maladies , etc. Solleysel faisait grand cas de cet ouvrage.

596. R0Y0 (Domingo). Vétérinaire espagnol de la ville d’Almunia, « prolo-albéilar » de la reine d’Aragon, auteur

de Llave de Albeileria\ Saragosse, 1734, in-folio. La plus grande partie de ce livre est sous forme de dialogues, selon l'usage adopté par beaucoup d’auteurs vétérinaires espagnols. Celui-ci s’est largement inspiré de la médecine humaine. Son ouvrage offre cependant des particularités intéressantes : il est le premier qui, en Espagne, accorde un chapitre spécial à la pathologie bovine ; il parle de la transfusion du sang et en représente la technique en une de ses planches; il conseille l’injection des médicaments dans les veines contre les maladies chroniques, la morve, par exemple, et il leur attribue une action plus rapide que par les voies digestives.

597. ROZIER (François). Né à Lyon en 1734. Par déférence pour sa famille, il embrassa l’état ecclésiastique, mais s’intéressa surtout aux sciences d’observation. Après la mort de son père (1757), il devint régisseur d’un domaine appartenant à son frère et situé à Sainte- Colombe, sur les bords du Rhône. Il y fit de l’agriculture raisonnée et scientifique et il avait à peine ébauché ce qu’il appelait sa vie expérimentale, qu’on le citait déjà comme un heureux novateur. Quand, en 1761, Bourgelat fonda à Lyon la première Ecole vétérinaire, l’abbé Rozier vint prendre place parmi les élèves et ne tarda pas à conquérir l’amitié du maître, qui utilisa son zèle et ses connaissances. Aussi lorsque, en 1765, Bourgelat quitta Lyon pour aller à Paris, l’abbé Rozier fut, sur son conseil, nommé pour le remplacer à la direction de lEcole vétérinaire. Mais ce fut pour peu de temps; car Bourgelat, mécontent de la manière dont son successeur comprenait l’enseignement vétérinaire, provoqua sa révocation (1769).

On s’accorde à attribuer à Rozier les Démonstrations élémentaires de botanique « à l’usage de l’Ecole royale vétérinaire», Lyon, 1766, 2vol. in-8°; ouvrageanonyme,

et qui marqua dans son temps (4° édit., 1796, 4 vol. in-8° et 2 vol. de pl.). Après diverses vicissitudes, Rozier avait acheté, près de Béziers, le domaine de Beauséjour (1780). C’est là qu’il composa presque entièrement son encyclopédie rurale, qui mit le sceau à sa réputation: Cours complet d'agriculture théorique , pratique, etc. ; Paris, 1781-1793,9 vol. in-8°. Cetouvrage, traduit en italien et en espagnol, a été étendu, avec l’aide de plusieurs auteurs, jusqu’à 12 vol. (1800-1805, t. X à XII). Rozier a publié, d’ailleurs, un grand nombre de travaux sur diverses questions agricoles. A la suite de démêlés avec son évêque, l’abbé Rozier revint à Lyon (1782) et y fut nommé directeur de l’Ecole pratique d’agriculture. Il applaudit avec chaleur à la révolution de 1789. Pendant le siège de Lyon, il fut tué dans son lit par une bombe, la nuit du 28 septembre 1793 ; son corps ne fut retiré des décombres, par lambeaux, que trois jours après.

598. RUDOLPHI (Carl Asmund). Né à Stockholm, de parents allemands, en 1771, il alla étudier la médecine à Greifswald, où il reçut les grades de docteur en philosophie (1793) et de docteur en médecine, pour deux thèses très remarquées sur les vers intestinaux ( Obser valiones circa venues intestinales ; Greifswald, 1793-1795. 2 part., in-4°). Il y fit alors des cours particuliers de médecine, et le succès qu’obtint son enseignement lui valut, en 1797, d’être adjoint et prosecteur à la Faculté de médecine. Le gouvernement ayant décidé la création d’une chaire de médecine vétérinaire et d’un institut pratique à l’Université, Rudolphi fut désigné pour être le professeur de l’une et le directeur de l’autre. Dans ce but, il lit, en 1801, un grand voyage, passa six mois

à Berlin, demeura à Amsterdam, à Leyde, à Bruxelles, à Paris, visita les établissements scientifiques importants, entre autres l’Ecole d’Alfort, et revint en passant par Lyon, Montpellier, la Suisse, Vienne et Prague. Il publia ses « Remarques sur l’histoire naturelle, la médecine et l’art vétérinaire, faites pendant un voyage... » ( Bemerkungen aus cleni Gebiete der Naturyeschichte, Medicin und Thierarzneikunde; Berlin, 1804-1805, 2 vol. gr. in-8°).

Après avoir occupé la chaire qui lui était destinée, Rudolphi prit, en 1808, celle de médecine. Ses nombreux travaux ayant répandu au loin sa réputation de naturaliste et de physiologiste, la faculté de Berlin l’appela en 1810 à la chaire d’anatomie. Il y passa le reste de sa vie, entouré d’élèves qui portaient dans toute l’Allemagne sa renommée et ses doctrines. Il mourut le 29 novembre 1831, dans un âge encore peu avancé, laissant un grand nombre d’écrits qui attestent son rare mérite. Les plus connus sont relatifs aux helminthes : Entozoorumhistoria naturalis, Amsterdam, 1808-1810, 3 vol. in-8° ; et Entozoorum synopsis , Berlin, 1819, gr. in-8°. Il décrivit 993 espèces, tripla ainsi le nombre des helminthes connus de ses prédécesseurs et surtout fonda sur des bases nouvelles la systématique et l’anatomie de ces groupes.

599. RUEFF (Adolph). Né à Stuttgart en 1820, il ébaucha d’abord des études de médecine à Tubingue, puis revint à sa ville natale pour être élève de l'Ecole vétérinaire, où il ne passa ses examens probatoires qu’en 1845, après avoir fait des voyages d’études vers les écoles vétérinaires, les haras et les bergeries d’Allemagne, d’Autriche et de Russie. Il reprit alors ses pé-

régrinations, qu’il dirigea vers la France; puis, en 1846, il fut nommé professeur de zoologie et de médecine vétérinaire à l’Institut agricole de Hohenheim, et se fit recevoir docteur en philosophie de l’Université de Tubingue. Il resta vingt-trois ans professeur à Ilohenheim. Quand Hering eut pris sa retraite, Ruefflui succéda comme professeur et directeur de l’École de Stuttgart (1869). En cette place, il ne sut pas se concilier les sympathies de ses collègues, et il fut obligé de se retirer en 1874; il prit sa retraite définitive en 1878 et mourut le 9 octobre 1885.

Rueff était un homme d’une grande activité : tous les ans, il allait à l’étranger pour son instruction ou pour le service de son pays. C’était aussi un auteur d’une extrême fécondité. 11 a surtoutécrit sur l’hippologie et la zootechnie, et a donné une forte contribution au Manuel d’élevage et de médecine vétérinaire rurale de Baumeister. Il en a extrait un Manuel d’extérieur du cheval (Anleiluny zur Kenntniss des Aeussern des P fendes), dont la 6e édition a paru en 1870; un Manuel d’obstétrique, qui a eu sa cinquième édition en 1869; d’autres sur la connaissance du bœuf, sur l’élevage du cheval, sur l’élevage el l'hygiène du porc. Il a enfin imaginé un grand nombre d’appareils et d’instruments ingénieux de chirurgie et d’obstétrique.

G00. RUEL (J ean)ouDuRuel ou Ruellius. Né à Soissons vers 1 i74; reçu docteur de la Faculté de Paris (1502), dont il fut doyen deux années de suite (1508-1510). François Ier l’attacha quelque temps à sa personne. Après la mort de sa femme, il entra dans les ordres et mourut chanoine de Notre-Dame de Paris en 1537. Il a voué sa vie à traduire, commenter, rétablir en leur vrai texte les anciens auteurs de médecine, principalement Dioscoride, Actuarius, Ilippo-

RIOGRAPIIIES VÉTÉRINAIRES.

craie, Galien, Euclide, Celse et Pline. Son ami Budéel’appelle 1’ « Aigle des interprètes ». C’est lui qui, sur l’ordre de François Ier, a donné la première édition latine de l’ Hippiatrique d’après les manuscrits grecs : Velerinariæ medicinæ libri duo Johanne Ruellio Suessionensi interprète , Parisiis, apud Simonem Colinæum , 1530. Elle contient deux livres, le premier divisé en 58 chapitres, le second en 64. Au commencement se trouve un glossaire scienlifique des termes employés. Il a été établi par Pierre Ruel, frère de Jean, sans doute. Une édition grecque, faite également sur les manuscrits, a été donnée à Bâle en 1537 par Simon Grynæus. Elle renferme quelques chapitres qui ne se trouvent pas dans l’édition de Ruel.

601. RUFFUS (Jordanus). Célèbre écuyer, né en Calabre au xne ou au xme siècle. Dans divers manuscrits ou éditions, il est appelé Giordan Ruffo, Giordano Rasto. Noble de naissance, il s’adonna, comme la plupart des gentilshommes de son temps, à l’étude du cheval, à son entretien, à son dressage et au traitement de ses maladies. Il s’acquit bientôt en cet art une grande réputation, et l’empereur d’Allemagne, Frédéric II, célèbre protecteur des sciences, l’attira à sa cour et le nomma maître de ses écuries ( Imperialis Marescallus major). On peut juger de l'importance de sa situation par ce fait qu’il souscrivit, de la façon suivante, le testament de l’empereur, mort en 1250 : « Ego Jordanus magnus justitiarius Rulfus de Calabria imperialis Marescallus major interfui bis et suscribi feci. »

Son livre De medicina equorum fut composé vers 1250, d’après Molin; vers 1240, selon d’autres auteurs, Ruffus reconnaît l’avoir fait d’après les conseils de l’empereur Frédéric. Il était écrit en latin, mais il fut de bonne heure traduit en italien et môme en sicilien.

En 1818, le professeur Molin (de Pavie) en a publié une édition latine d’après un ancien manuscrit ( Jordani Rufî calabriensis hippiatria; Padoue, in-8°). Dans une bonne introduction (latine) de 63 pages, il apprécie les manuscrits encore existants, ainsi que les traductions qui en ont été faites. Il montre que Rufïus était un praticien sagace, observateur de la nature, exempt de la plupartdes grossiers préjugés de son temps, et qui paraît avoir tiré de sa propre expérience, et non des hippiatres grecs ou latins, tout ce qu’il expose. Son livre a, pendant près de quatre siècles, été supérieur à la pratique de ses successeurs, et il a inspiré nombre d’écrivains qui se sont gardés de le citer. Bien des dénominations de maladies, qu’il empruntait à l'italien, en les latinisant, sont passées dans les langues allemande et anglaise, surtout dans le français et l’espagnol. Le catalogue de la bibliothèque d’Huzard comprend plusieurs manuscrits et des traductions italiennes de l’œuvre de Ruffus. Dans un manuscrit du xive siècle, le contenu est indiqué ainsi : 1° de crealione et nativitate equi ; 2° de domalione et captione ipsius ; 3° de custodia et doctrina ; 4° de cognitione pulchritudinis corporis, membrorum et fractionum illias; 5° de infirmitatibus ; 6° de medicinis ac remediis.

602. RUINI (Carlo). On sait peu de chose de la vie de cet homme illustre; on ignore la date de sa naissance. Quand on a dit que son grand-père jouissait à Bologne d’une grande considération comme professeur de droit à l’Université, que lui-même avait aussi étudié le droit, qu’il était sénateur de Bologne, qu’il y a construit et possédé le splendide palais deRanuzzi, qu’il est mort le 2 février 1598, on a épuisé à peu près les détails authen-

tiques sur sa vie. Ce qu’il importe de connaître, c’est le livre qu’il a laissé et qui a paru après sa mort : Dell' Anatomia e delï Infirmita ciel ccivallo, imprimé pour la première fois à Bologne en 1598 (en 1590, d’après Ercolani), in-folio; puis à Venise en 1599, 1602, 1618; traduit dans presque toutes les langues, notamment en allemand par Ufîenbach, en français par Jean Jourdain : Lavrayecognoissance cia cheval, par J. J. D. E. M, avec l' Anatomie de Rayai... Paris, 1647. Le livre est dédié à César, duc de Vendôme, fils de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées. Cuvier déclare que c’est le premier bon ouvrage sur l’hippiatrique qui ait été publié.

Dans un grand nombre d’ouvrages ultérieurs (Voy. Francini, Gibson, Saunier, Snape, Trichter), on areproduit plus ou moins exactement les 62 belles planches gravées sur bois qui se trouvent dans l’original et que Jourdain dit avoir été faites d’après les crayons du Titien.

La seconde partie, relative aux maladies du cheval, est tirée de Jordanus Ruffus et d’autres auteurs. Mais la plus importante est la première, consacrée à l’anatomie. Schrader a tenté d’établir que l’auteur n’enestpas Ruini, mais un jeune médecin qui l’aurait faite sur son conseil et avec son secours pécuniaire pour les gravures. Ercolani a énergiquement combattu cette opinion. Il a voulu montrer, en outre, ainsi que Prangé (Documents pour servir à l'histoire de la circulation du sang ; Paris, 1855), que, longtemps avant Harvey, Ruini connaissait la circulation du sang. « On y voit (chap. xii du2° livre), dit Chéreau, une description du cœur d’une exactitude surprenante... Le fonctionnement de ces diverses parties de l’organe central de la circulation ne laisse non plus presque rien à désirer. Ruini explique très bien les

dilatations et les contractions alternatives du cœur, Je jeu des valvules, le cours du sang dans le cœur même , son envoi dans les poumons et à la périphérie du corps ; 1 apport d’un autre sang qui vient des poumons; il distingue aussi clairement deux espèces de sang, un sang excrémentitieux, fuligineux, et un sang spiritueux, lé^er et aere. Mais il suffît de lire attentivement ce chapitre xii de YAnatomia del cauallo pour se convaincre que le sénateur de Bologne n’a pas l’idée de la circulation entière , telle que l’a définitivement établie Harvey ; qu il ne sait ce que devient le sang envoyé par l’aorte a toutes les parties du corps ; que le retour de ce sang modifié par le travail de l’assimilation est pour lui lettre morte ; qu'il ne sait ce que sont les veines, encore moins leurs valvules, découvertes pourtant plus de vingt ans avant lui par Fabrice d’Aquapendente ; que, pour Ruini, le cercle est interrompu, d’un côté aux radicules pulmonaires, de l’autre aux radicules périphériques ; qu il ne saisit pas la continuité qui existe entre les ramifications de l’artère pulmonaire et celles des veines pulmonaires, entre les radicules artérielles et les radicules veineuses. Ce n’est pas encore le cercle entier de la circulation si admirablement tracé par Harvey, en 1628, trente ans après. » Ruini doit néanmoins prendre rang avec les Servet, les Columbo, les Césalpin, les Fabrice, qui ont préparé la découverte de la circulation.

603. RUMPELT (Georg Ludwig) (1729-1785). Vétérinaire allemand. J1 était chirurgien de la cour de Saxe quand à la mort du vétérinaire en chef Weber, il fut envoyé auŸ frms du gouvernement, dans les pays étrangers pour etudier I art vétérinaire. Il fut l'élève do Kersling à Hanovre et parcourutla Hollande, l'Angleterre et la France II donna

la relation de son voyage dans un ouvrage posthume qu’on lirait encore avec intérêt. 11 avait publié quelques traductions d’ouvrages latins et français, et, peu de temps avant sa mort, un ouvrage de maréchalerie dont la 2e édition a paru en 1813.

604. RUS Y GARCIA (Alonso). Maréchal aux gardes du corps du roi d’Espagne. Auteur de : Guia veterinaria original, Madrid, 1786-1792, 4 vol. in-8° ; 3° édit., 1819. Le tome IV, paru en 1792, a pour titre : Los aforismos de la medicina y cirurgia veterinaria.

605. RUS Y GARCIA (Fr ancisco). Frère du précédent, comme lui maréchal aux gardes du corps; a publié : Adicion a la Guia veterinaria original ; Madrid, 1788, in-8°.

606. RUSIUS (Laurentius). Hippiatre italien, qui vivait à Rome dans le milieu du xve siècle (de 1288à 1347, d’après Ercolani) et était un familiaris du cardinal Napoléon des Ursins. Il a laissé un travail sur l'hippiatrique, écrit en langue latine (vers 1365 d’après Yenturi), dont les principaux préceptes sont tirés de Jordanus Ruffus, delà collection des hippiatres grecs, de Theodoricus et, comme le titre l’indique, d’Albert le Grand ; Hippocrate et Galien y ont été aussi mis ouvertement à contribution. Il reste encore de cet ouvrage quelques manuscrits, dont un très beau se trouve dans la bibliothèque de la famille Malatesta de Gesena. La première édition, aujourd’hui très rare, imprimée à Rome, probablement en 1490, a pour titre : Incipit tabula omnium capitulorum libri presentis dénatura, eleclione, educalione, gubernatione ac omnium morborum equi cognitione et curatione .Laurencii Ruzonis multaexperientia elsollicitudine edocti.... Le manuscrit Malatesta porte un titre différent et bien plus court. L’édition de Paris (1531)

est intitulée : Hippiatria siue Marescalia Laurentii Rasii... 11 en a été faitet publié de nombreuses traductions en français, en italien, en allemand. La première édition française est nommée : La Mareschalerie de Laurens Ruse, translatée de latin en français, « en laquelle oultre plusieurs salutaires remedes de diuerses maladies, ont été imprimées maintes figures de mors, par les quclz on peult secourir, ayder et guarir tous vices de bouche que pourrait auoir vng cheual » ; Paris, 1533, in-folio. D’autres éditions de Paris sont datées de 1541, 1563, 1583, 1610.

607. RYCHNER (Johann Jacob). Né à Aarau en 1803, il commença ses études à l’Ecole vétérinaire de Berne et les termina à celle de Munich en 1824. Après avoir pratiqué à Aarau et à Neuenburg, il fut nommé prosecteur (1834), puis professeur extraordinaire (1839) à l’Ecole de Berne. Ilest mort en 1878. Ce fut un écrivain extrêmementfécond. Sa Bujatrik, parue à Berne en 1835, fut un des premiers ouvrages consacrés à la médecine bovine ctrépondaità un réel besoin ; aussi eut-elle deux autres éditions (1841 , 1851). Avec Im-Thurn, Rychner fit paraître une « Encyclopédie » en 4 volumes (1836-1838). En 1840, il donna un Traité de pathologie et de thérapeutique générales ; en 1842, une Hippiatrique en 2 volumes; en 1854, une Pathologie spéciale en 2 volumes. Il a, en outre, été collaborateur ou directeur de journaux vétérinaires suisses et particulièrement du Schweizer Archiu, a écrit dans de nombreux journaux d’agriculture, publié des manuels à l’usage descultivateurs et fait montre en toute sa carrière d’une grande activité. Il fut en son temps le représentant le plus important de la médecine vétérinaire en Suisse.

G08. RYSS (August) (1779-1836). Né à Pôrnbach (Ba vière), il fil ses éludes à l’Ecole vétérinaire de Munich, puis visita aux frais de son gouvernement les Ecoles de YS * 7ienne, de Dresde et de Berlin. En 1803, il devint professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Würzbourg et directeur de l’Institut vétérinaire decette ville. En 1810, il se fit recevoir docteur en médecine à Würzbourg. En 1817, il fut nommé conseiller médical du cercle et conserva cette charge jusqu’en 1826, où il donna sa démission. Il fit alors pendant plusieurs années des leçons sur l’économie rurale. A sa mort, il était conseiller médical du gouvernement. Il a publié une médecine légale vétérinaire ( Gerichtliche Thierarzneikiinde, Würzbourg, 1807), un programmed’organisation de l’Institut vétérinaire de Würzbourg (1808), un autre programme de renseignement vétérinaire (1810), un travail sur la suppression de la gale des moutons (1816). Sa Thérapeutique (. Handbuch der prciktischen Arzne'imitiellehre fur Thierarzte ; Würzbourg, 1812, in-8°) a eu sa cinquième édition en 1832. Le Jahrbuch der Staatsarzneikunde (de Kopp) de 1813 contient des observations de Byss sur la clavelisation : Beobachtung der Maseru der Schafe and Erfolg ihrer Einimpfung.

<309. SAB0UREUX de la Bonneterie (Charles-François) (1725-1781). Avocat au Parlement de Paris et agrégé de la Faculté de droit. Outre la traduction des Constitutions des Jésuites (17G2), il a donné une bonne Traduction d'anciens ouvrages latins relatifs à l'agriculture et à la médecine vétérinaire , avec des notes (Paris, 1771-1775, G vol. in-8°), où

l'on trouve les traités de Calon, de Varron, de Golumelle, de Palladius et de Végèce.

610. SACCO (Luigi). Médecin italien du commencement du siècle, l’émule de Jenner. Reçu docteur à Turin en 1795, il s’établit à Milan en 1797 et y devint successivement directeur général de la vaccination, médecin consultant du seivice central de santé, premier médecin et doyen du grand hôpital de Milan. Nommé en 1835 chevalier de l’ordre impérial autrichien de la Couronne de fer, il mourut le 25 décembre 1836. Sacco s’est surtout occupé de vaccine et de vaccination, et a fait sur ce sujet d’intéressantes observations. 11 voyait l’origine de la vaccine dans les eaux-aux-jambes du cheval. Son principal ouvrage a pour litre : 7 rattato di vaccinazione , con osservazioni sal giavardo e vajuolo pecorino] Milan, 1809, in-4°, avec un portrait et 4 pl. Il a été traduit en français par J. Daquin : Traité de vaccination , avec des observations sur le jcivart et la variole des bêtes à cornes, Paris, 1811, in-8° ; 2° éd., 1818. Sprengel a donné une traduction allemande de cet important ouvrage.

611. SAGAR (Johann Baptist Michel). Médecin russe, né en 1701 à Pœllands (Ukraine) ; fut médecin pensionné du cercle d’Iglau, en Moravie, et membre de l’Académie impériale des naturalistes de Moscou. Il est surtout connu comme disciple de Sauvages, dont il adopta le système nosologique, en multipliant, encore plus que le médecin de Montpellier, les genres de maladies. lia étudié les épizooties avec le plus grand soin, et c’est un des premiers auteurs qui aient tenté un rapprochement entre la médecine humaine et la médecine vétérinaire, en vue de les éclairer l’une par 1 autre. Nous avons à citer de lui : Libellus de aphthis pecorinis anni 1764, cura Appendice de morbis pecorum in Moravia ; Vienne, 1765, in-8°, 64 pages; — Libellus de morbo singulari ovium anni 1765, cum Appendice de cultura earumclem ; Vienne, 1765, in-8°, 71 p. ; — A bhandlung von den Mehlthau a Is der grôsstcn Ursache der Hornviehseuche and derselben Curart ; Leipzig, 1775, in-8° (La

rouille comme cause clés épizooties) ; — Von rien wahren Kennzeichen der Hornviehseuche.; Leipzig, 1782, in-8° (Symptômes des épizooties bovines).

612. SAGE. Ancien élève de l’École de Lyon, où il avait été répétiteur. Il fut plus tard vétérinaire de première classe des haras. Il a publié un Traité sur la morve chronique des chevaux (Paris, 1838), dont il a donné une autre version sous le titre : Traité complet de koiradaimatisme du cheval , vulgairement connu jusqu'à présent sous le nom impropre de morve chronique , considéré dans tout ce qui g a rapport.

613. SAINT-AMANS (Jean-Florimond Boudon dei ( 1 748- 1831). Professeur d’histoire naturelle à l’ancienne École centrale d’Agen, naturaliste distingué, membre de nombreuses sociétés savantes. Parmi ses écrits se trouve un Rapport sur les maladies carbunculaires auxquelles les bestiaux sont sujets ; Agen, 1793, in-8°.

SAINT-BEL. Voy. VIAL.

614. SAINT-CYR (François). Né le 31 janvier 1824 à Ambérieux-en-Dombes (Ain), il fit de bonnes études préparatoires et entra à l’Ecole vétérinaire de Lyon en 1842. Il en sortit diplômé quatre ans après, et s’essaya d’abord dans la clientèle civile ; mais ses goûts le portaient vers l’enseignement. Dès 1850, à la suite d’un concours remarqué, il revenait à l'Ecole de Lyon comme chef de service de clinique. Il resta seize ans dans cetle situation; car ce ne futqu’en 1866 qu’il fut nommé à la chaire de pathologie interne, clinique et anatomie pathologique. Il l’occupa jusqu’au mois d’octobre 1885. Alors, fatigué, la vue affaiblie par le travail, il demanda sa retraite et fut nommé professeur honoraire. 11 a succombé le 12 j uin 1892 à une attaque d’angine de poitrine.

Saint-Gyr a été un professeur consciencieux, un Ira-

railleur infatigable, un chercheur opiniâtre. Son œuvre écrite est considérable. Il fut pendant douze ans rédacteur adjoint ou en chef du Journal de médecine vètèrinaire et y a donné un grand nombre d’observations cliniques et de travaux originaux. Nous citerons seulement : Note sur la régénération des tendons (1850) ; — Mémoire sur les solutions de continuité des muscles et des tendons chez les animaux domestiques (1854); — Étude sur la bronchite du chien au point de vue de la pathologie comparée (\NM) ; — Recherches anatomiques, physiologiques, et cliniques sur la pleurésie du cheval (1858-1859);. — Preuves expérimentales de la contagion de la morve chronique (1863), un des meilleurs et plus importants travaux de Saint-Cyr, où il démontre, contre Renault et Bouley, que la morve chronique est contagieuse et transmet la morve aiguë par inoculation; — Statistiques sur la rage à Lyon (1863, 1867) ; — Le rouget , gale rouge, gale folliculaire (1867 et 1876); — De la teigne faveuse du chien et du chat (1867) et Note complémentaire sur la teigne faveuse ( 1868), excellente étude et riche en données nouvelles. Saint-Cyra publié en 1874 un Traité d obstétrique vétérinaire dont on a fort apprécié la méthode, le fonds et le style ; la 2e édition, confiée aux soins de Th. Violet, considérablement augmentée, a paru en 1888 ; on s’accorde assez généralement à regretter que Violet soit intervenu. Le Manuel de l'exploration de la poitrine des animaux domestiques (Paris, 1879, in-12) est encore un excellent livre sous tous les rapports.

Saint-Cyr était membre des diverses sociétés savantes de Lyon, correspondant de l’Académie de médecine et de la Société d agriculture de France, associé national de la Société centrale de médecine vétérinaire. Il était

lauréat de l’Institut et chevalier delà Légion d’honneur. (Voy. sa notice nécrologique, in Journal de médecine vétérinaire, 1892.)

615. SALCHOW (Ulrich Ciiristoph). Médecin prussien, né en 17 22 dans file de Rugen, mort en 1787. Il était établi à Berlin depuis un an, quand, en 1755, le gouvernement le chargea d’étudier une épizootie qui sévissait sur les bêtes bovines dans le Priegnitz. 11 alla ensuite enseigner la chimie à l’Université de Saint-Pétersbourg, rentra en Allemagne en 1760 et finalement se fixa à Meldorf. Il a publié en 1755 son rapport sur l’épizootie du Priegnitz, et, après son retour en Allemagne, il eut plusieurs lois l’occasion d’étudier la peste bovine et d’écrire sur ce sujet (1779-1780).

616. SALLE (Jean-Baptiste-Victor). Né à Vézelise (Meurthe) en 1826, il entra à l'École d’Alfort en 1846, et passa, après le licenciement de 1848, à celle de Toulouse, où il fut diplômé en 1851. Il exerça la profession vétérinaire à Nancy pendant quelques années et entra dans l’armée en 1856. Il s’y fît remarquer par de nombreux travaux, par sa collaboration au Journal de médecine vétérinaire militaire et par les récompenses qu’il obtint du ministèrede la guerre, de l'Académie des sciences et de diverses sociétés savantes; il reçut trois fois la médaille d’or de la Société centrale de médecine vétérinaire, qui l’élut correspondant en 1867. A deux reprises (1866- 1870), la question des affections typhoïdes du cheval ayant été mise au concours par celte société, Salle obtint le premier prix par deux mémoires dont Bouley a fait un grand éloge. Deux autres fois encore, scs travaux furent récompensés par celle société (Sur les lymphangites farcinoïdes , 1888; — Des allures naturelles du cheval , 1890). Enfin, il fil souvent d’intéressantes communications qui révèlent son sens pratique et ses qualités de clinicien. Salle prit sa retraite en 1881, se retira à Dellys (Algérie) et, jusqu’à sa mort (1895), s’y dévoua aux progrès de la colonisation, à l’amélioration de l’élevage et de l’agriculture.

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