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tome I. L’année suivante, l’Académie des sciences

décernaitle prix Montyon à un travail fait par Toussaint en collaboration avec le Dr Morat sur les Variations de l'état électrique des muscles dans les différentes formes de contraction. Un autre mémoire important traite De /’ intervention des puissances respiratoires dans les actes mécaniques de la digestion-, il a servi à Toussaint de thèse pour le doctorat es sciences (Lyon, 1877).

Cette même année, il entre dans la voie ouverte à la médecine par le génie de Pasteur, et fait paraître une série de notes sur la maladie charbonneuse. En 1879, il se rend en Beauce pour y étudier cette affection et, dans un rapport au ministre de l’agriculture, montre clairement que le sang de rate se communique par les aliments, qu’il n’y a pas de charbon spontané et que l’inoculation est toujours la condition nécessaire de l'apparition du mal. Ses Recherches expérimentales sur la maladie charbonneuse réunissent ses travaux antérieurs et forment sa thèse pour le doctorat en médecine. Renforcée d’un mémoire sur le choléra des oiseaux de basse-cour, où se trouve démontrée la présence du

microbe de cette maladie et l’analogie de celle-ci avec la septicémie, la thèse de doctorat en médecine remporte le prix Bréant de l'Académie des sciences (1880).

Cette année 1880 est la plus brillante et le point culminant de la carrière de Toussaint. Pasteur venait de montrer, sans indiquer son procédé, qu’il est possible de vacciner les poules contre le choléra. Chauveau avait fait connaître l’immunité naturelle des moutons algériens à l’égard du sang de rate. Toussaint s’attacha à communiquer aux bêtes ovines françaises une immunité artificielle en les inoculant avec des cultures atténuées ; et il fut le premier à réalisër cette importante découverte. Le 12 juillet 1880, il adressait à l’Académie des sciences une note qui fit une sensation profonde sur L'immunité pour le charbon acquise à la suite cl' inoculations préventives ; elle valut à son auteur une légitime notoriété et un prix Montyon de l’Académie des sciences.

En même temps qu’il poursuivait ses recherches sur la fièvre charbonneuse, il cherchait à éclairer la nature delà virulence et delà contagion de la tuberculose. Mais les résultats qu'il a annoncés n’ont pas été confirmés et ses dernières séries d’expériences se ressentent déjà de son état de santé.

Indépendamment des récompenses dites plus haut, Toussaint a reçu de l’Académie de médecine le prix Barbier (1882), de l’Académie des sciences le prix Vaillant (1883) et le prix Gegner (1889), de la Société nationale d’agriculture de France le prixBéhague (1885). Ces diverses récompenses, visant les mêmes travaux, avaient évidemment pour but de « reconnaître de beaux services rendus à la science et de contribuer à adoucir une grande et intéressante infortune ».

Toussaint était membre correspondant de la Société centrale de médecine vétérinaire, de l’Académie royale d’agriculture de Turin, du Royal College of veterinary Surgeons de Londres, etc. Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1881.

686. TRÆGER (J. F. Th.). Vétérinaire des haras de Prusse, né en 1801. 11 a écrit un livre sur les maladies du bétail (1832) et un autre sur celles des poulains (1839), tous deux remplis d’excellentes données. Après la mort de Tennecker, il en continua pour l’année 1840 le Jahrbuch fur Pferdezucht. En 1852, il publia ses « Etudes et observations sur la médecine du cheval » ; la seconde édition (1858) comprend, en outre, la pathologie des autres animaux domestiques. Dans le Magazin de Gurlt et Hertwig, Trâger a inséré de nombreux travaux sur la morve, la gourme, la ténotomie, l’obstétrique, etc.

687. TRÉLUT(N.) (1813-1890). Diplômé de l'École de Lyon en 1835; vétérinaire à Vesoul, chef du service sanitaire de la Haute-Saône, président du comité agricole de son arrondissement, Trélut a rendu à l’élevage franc-comtois de grands services, qui lui ont valu en 1885 la croix de la Légion d’honneur. Membre correspondant de la Société centrale de médecine vétérinaire depuis 1847, il en a été deux fois lauréat (médailles d’or) : en 1852, pour un mémoire sur les accouplements consanguins (Mémoires, t. IV, 1859); et en 1870 pour une Statistique des animaux de l'espèce bovine dans le département de la Ilaule-Saône depuis l'an VII de la République ( Mémoires , t. IX, 1877). Le bulletin de cette société renferme aussi un bon mémoire de Trélut sur La Constitution médicale de la Haute-Saône de 1835 à 1882 (Bull., 1883), Trélut a publié à Vesoul, en 1845, un Traité des races bovines comtoises et des causes qui s'opposent à leur amélioration.

688. TRICHTER (Valentin). Écuyer allemand, né entre 1680 et 1690, mort vers 1750 àNordheim, près de Gœltingue.

11 avait été longtemps ecuyer a 1 Université de cette dernière ville. Il a publié : Anatomia el medicina equorum nova , das isl : Neu-Auserlesenes Pferd-Buch...] Francfort et Leipzig, 1715, 2 vol. in-8°, 54 pl. L’anatomie et les planches sont copiées sur le célèbre ouvrage de Ruini ; il en est de même de presque toute la pathologie ; le reste a été pillé ailleurs. Selon l’usage généralement suivi de son temps, il ne cite pas ceux dont il s’est servi.

689. TROUSSEAU (Armand). Célèbre clinicien, né en 1801, à lours, où il fut élève de Bretonneau. En 1839, il prit la clinique de 1 hôpital Saint-AnLoine, obtint au concours la chaire de thérapeutique à la Faculté de médecine; devint en 1850 professeur de clinique médicale et médecin à l’Hôtel-Dieu ; en 1856 membre de l’Académie de médecine. Il mourut en 1867. II a laissé de nombreux et importants ouvrages, que nous n’avons pas à rappeler. Trousseau nous intéresse particulièrement par les recherches qu’il a poursuites a^c Dupuy, avec Rigot, avec Leblanc (voyez ces noms). En collaboration avec ce dernier, il a publié un A //as du Dictionnaire de médecine el de chirurgie vétérinaires (d’Hurtrel d’Arboval) ; Paris, 1828, gr. in-fol.

<>9(>. TRUTTA ( Giovanni Battone). Vétérinaire italien du xmii siècle. La seconde édition de son livre, Il mciriscalco istrmto nella cura dette beshe bovine , a paru à Turin en 1764; il a été réédité plusieurs fois à Venise (1767, 1790). En 1784, 1 rutta a publié La medicina sperimentale ciel cavallo ; Venise, in-8°, recueil de recettes empruntées, dit 1 auteur, aux plus habiles écuyers et maréchaux de l’Italie. Enfin, on connaît encore de lui : Novello giardino delta pratlica , Naples, 1785, in-8° : il y traite de l’élevage, du dressage et des maladies du cheval.

691. TSCHERNING (IIans Christian). Vétérinaire danois, né en 1804. Il avait passé des examens de pharmacien (1822) et de chirurgien (1829). Neveu de E. Viborg, il s’adonna ensuite à la science vétérinaire, fut attaché

à l’École de Copenhague pour l’enseignement des sciences physiques et naturelles, et se fit diplômer vétérinaire en 1836. En 1844, il fut nommé deuxième maître et en 1851 professeur titulaire. Ses connaissances étendues lui permirent de rendre de grands services à son pays et lui firent attribuer une haute situation. Tscherning a publié un nombre considérable de travaux, entre autres sur l’organisation des écoles vétérinaires (1841), sur le pied du cheval (1843), une pharmacologie vétérinaire (1843), des expériences sur l’atténuation de la morve par les inoculations (1858-1859); la gale du mouton en Hollande (1860), la rage du chien à Copenhague (1861), etc.

692. TSCHEULIN (Georg Friedrich) (1763-1832). Vétérinaire wurtembergeois ; apprit sa profession à Carlsruhe auprès de Vierordt et fut en 1804 nommé vétérinaire delà cour et professeur à l’Institut vétérinaire de Carlsruhe. 11 a écrit sur l’inlluenza du cheval (1805), sur le charbon (1812), sur la médecine légale vétérinaire (1815), sur l’élevage du cheval de guerre (1822), a publié en 1823 un Katechismusder Thierarzneikunst , en 1821 une Thierarztliche Polizei, etc.

693. TURNER (James). Vétérinaire anglais, diplômé en 1811, et établi à Londres. Il a publié en 1832 un « T raité du pied du cheval et nouveau système de ferrure » (A Ireatise of the foot of the horse, and a new System of shoeing), où il propose le fer à étampures unilatérales pour prévenir et combattre l’encastelure. 11 a donné, en 1839, A Regisler of experiments anatomical, physiological and pathological, performed on living animais. Ses idées sur la ferrure ont trouvé un vaillant appui en son frère Thomas Turner, diplômé en 1826 et établi è Croydon.

094. TWINING (William) (1780-1835). Médecin anglais, ncà la Nouvelle-Écosse ; étudia à Londres et, en 1812, prit du service dans l’armée. En 1821, il fut envoyé à Ceylan, servit deux ans dans la Compagnie des Indes, lut mis en demi-solde, puis à la retraite en 1830. Dans les 1 ransactions of lhe medical and physical Society of Calcutta de 182 1, se trouve un bon travail de ce médecin sur la filaire de 1 œil du cheval : Observations of lhe filana or tlireadworm in lhe eyes of tlie horse. Il est un des premiers à conseiller la ponction de la cornée pour remédier à cette affection, si fréquente sur le cheval dans les Indes.

695. UBERTUS de Curtenova. La bibliothèque Saint-Marc de Venise possède un manuscrit qui, d’après Molin, date du xve siècle et dont l’auteur, Ubertus de Curtenova, s intitule comte et chanoine de Bergame. C'est une compilation, divisée en quatre-vingt-neuf chapitres, sur les maladies des chevaux et leur traitement. Beaucoup de ces maladies y sont désignées par des noms barbares qu’on ne retrouve pas dans les autres écrits de cette nature.

696. UDEN (Conrad Friedrich). Médecin allemand, qui a exercé successivement à Berlin, à Spandau, àAllona, puis à Tchernigov en Ukraine (1786). Il fut ensuite professeur de thérapeutique et de clinique à l’Université de Dorpat, ainsi qu’à l’École vétérinaire de cette ville. En 1804, il était à Saint- Pétersbourg, membre du Conseil médical et du Comité médico-philanthropique. Les uns le font mourir en 1798, d autres en 1830. On lui attribue un écrit sur la peste bovine (1777) el un autre sur les coliques du cheval (1800).

697. UFFENBAGH (Peter). Médecin du xvu° siècle, né à Francfort-sur-le-Mein ; étudia la médecine en Italie, puis pratiqua son art avec distinction dans sa ville natale el mourut en 1635. Indépendamment de nombreux travaux de médecine, il a publié à Francfort, en 1603, une traduction allemande de F « Anatomie et maladies du cheval » de Ruini .

698. UNTERBERGER (Alexandre). Xc à Riga en 1827; fil ses études à l’Ecole vétérinaire de Berlin, et prit son diplôme à Dorpat en 1851. Après avoir exercé son art à Riga pendant quelques années, il fut en 1859 nommé professeur à l’Institut vétérinaire de Dorpat. Il y enseigna jusqu’à sa mort, survenue le 9 novembre 1875. Il paraît avoir fort peu écrit.

699. UNTERBERGER (Heinrich Friedrich Simon). Frère du précédent et né à Riga en 1810. De 1829 à 1835, il suivit les cours des Ecoles vétérinaires de Vienne, de Berlin, de Munich, de Stuttgart, visitant en même temps quelques haras de l’Allemagne et de la Hongrie. En 1835, il passa son examen de vétérinaire de première classe devant la section vétérinaire de l’Académie médicochirurgicale de Saint-Pétersbourg, et fut ensuite vétérinaire des domaines de l’Etat à Simbirsk, jusqu’en 1849. Il fut alors nommé professeur à l’Ecole vétérinaire de Dorpat, et en devint directeur en 1858. 11 prit sa retraite en 1882 et mourut le 8 juin 1884.

Unterberger a écrit en allemand sur la psychologie des animaux (1850); sur l’intérieur de la Russie, à l’adresse des amateurs de chevaux (1853); sur l'Ecole vétérinaire de Dorpat (1854) ; sur l’hippophagie (1857); sur les inoculations contre la peste bovine (1859); sur les motifs pour lesquels les Ecoles vétérinaires n’ont pas encore eu d’influence sur l’extinction des épizooties (1860); « le cheval ethnique, esquisse hippologique » (1861). En russe, il a publié un mémoire sur le moment le plus favorable à la saillie et à sa répétition (1862).

11 a eu aussi de vives polémiques avec protagoniste des inoculations préventives bovine. Il était conseiller d’Etat cl chevalier

Jcssen, le de la peste de 2e classe

de l’ordre de Stanislas. En 1875,1a Société centrale de

médecine vétérinaire de Paris l’avait nommé membre correspondant.

700. VALLADA (Domenico). Né en 1822 à Dogliani, il fit ses études à l’École vétérinaire de Fossano et en obtint son diplôme en 1842. Quand, en 1847, cette école fut transférée à la Vénerie royale, il fut nommé répétiteur ; l'année suivante, il devenait professeur provincial de médecine vétérinaire et, en 1849, assistant de la chaire de pathologie et de clinique. En 1851, à l’École définitivement établie à Turin, Vallada joignit à son enseignement celui de la maréchalerie. En 1858, il obtenait au concours la chaire de pathologie et de clinique. Enfin, en 1867, il était appelé à prendre la direction de l’École vétérinaire de Naples et la chaire de zootechnie, police sanitaire et jurisprudence. Il quitta cette école en 1871 pour revenir à celle de Turin comme directeur. 11 mourut le 19 novembre 1888, laissant le souvenir d’un excellent professeur et d’un administrateur dévoué. 11 était décoré de plusieurs ordres et appartenait à un grand nombre de sociétés savantes. La Société centrale de médecine vétérinaire de Paris l’avait, dès 1853, nommé membre correspondant.

Vallada a publié de nombreux ouvrages, entre autres des Elemeniide giurisprudenza veterinaria ; un Trailalo di poliziasanitaria medico-veter inaria, qui a eu deux éditions ; un Abozzo d'ippologia; unAbozzo di Taurologici, etc. Dans II Medico velerinario, dont il futlongtemps le rédacteur en chef, il a inséré un grand nombre d’articles sur l’anasarque du cheval, les dartres, l’hydrargyrisme, 1 anatomie du pied, les fistules salivaires, etc.

701 . VALLISNIERI ou VALLISNERI (Antonio). Célèbre naturaliste italien, né le 3 mai 1661, au château de Treselico (Modénois), mort le 28 janvier 1730 à Padoue. Il appartenait à une famille noble et ancienne ; son père était médecin et gouvernait pour le duc de Modène le district de Garfaguana,où Vallisnieri vit le jour. Quand il eut terminé ses premières études, il se rendit à l’Université de Bologne, où il s’attacha avec prédilection aux leçons de Malpighi. Il prit à Reggio le diplôme de docteur en médecine (1685), et étudia encore à Venise et à Parme. De retour à Modène (1689), il s’adonna à la pratique de son art, mais sans négliger les sciences naturelles, pour lesquelles il avait un penchant particulier. Ses succès dans l’une et l’autre de ces deux, carrières le firent appeler en 1700 à Padoue pour occuper une chaire extraordinaire de médecine pratique ; en 1709, il fut chargé d’enseigner la médecine théorique. Son attachement à l’Université de Padoue lui fît refuser la place de médecin du pape et la première chaire de Turin- L’empereur Charles VI voulut le compter au nombre de ses médecins et le duc de Modène le créa chevalier..

Vallisnieri a surtout écrit sur les sciences naturelles ; il appartenait à un grand nombre d’académieset notamment à celles des Curieux de la Nature et à la Société royale de Londres. Tous ses écrits ont été recueillis par son fils ( Opéré fisico-mediche, slampale e manoscritte ; Venise, 1733, 3 vol. in-fol.). Ceux qui touchent à la médecine vétérinaire sont : Dialoghi in~ torno la curiosa origine di molli inselti ; Venise, 1700, in-12 (Il y démontre les métamorphoses des larves d’OEstridés, que Redi croyait encore nées spontanément dans le corps des animaux) ; — Nuove osserval. ed esperienze intorno all'ovaja scoperta ne'vermi londideli uo/no

et de vitelli ; Padoue, 1713 (Il s’agit d’une épizootie sur les veaux; Vallisnieri l’attribue aux Ascarides) ; — De contagiosa lue boum ; Padoue, 1714 (peste bovine).

702. VALLON (Alexandre-Bernard), né à Gap (Hautes- Alpes), le 2 octobre 1819. Il entra à l’École vétérinaire de Lyon en 1837 et en sortit diplômé quatre ans plus tard, après avoir tenu pendant le cours de ses études la tête de sa promotion. Nommé vétérinaire en 2e au 4e régiment de chasseurs d’Afrique , il se rendit en Algérie, et s’y lia d’amitié avec Bernis. 11 prit part à plusieurs combats et y fit preuve d’une telle intrépidité qu’il fut nommé à vingt-sept ans chevalier de la Légion d’honneur. Promu vétérinaire en 1er et bientôt nommé directeur du haras de Mostaganem (1852), Vallon profita de ce repos relatif pour écrire plusieurs mémoires, la plupart excellents : Histoire naturelle du dromadaire ; — Essai topographique de la subdivision de Mostaganem dans ses rapports avec la médecine vétérinaire militaire ; — A ffeclion typhoïde du cheval, etc. Ils ont été insérés dans le Recueil des mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. En 1854, Vallon fut chargé d’une mission spéciale pour la Syrie et s’en acquitta avec une rare sagacité. Au mois d’avril 1855, il était choisi pour occuper le poste envié de directeur du haras d’études, laissé vacant par l'écuyer de Saint-Ange à l’École de cavalerie de Saumur. Il enseignait l’hippologie aux officiers et initiait les jeunes vétérinaires de l’armée aux exigences de la discipline militaire. Il publia alors une Notice sur les chevaux de Tlemcen (1858). En 18G0, il était promu vétérinaire principal ; en 1862, officier de la Légion d’honneur. Il était, d’ailleurs, dé-

coré d’autres ordres étrangers et membre de plusieurs sociétés savantes. Sou Abrège cl' hippologie à l'usage des sous-officiers de l'armée fut le prélude de son important Cours cl' hippologie à l'usage de MM. les officiers cle l'armée , des officiers clés haras , etc., Paris,

1863, 2 vol. in-S. Cet ouvrage, de réelle valeur, n’est pas une pure compilation, mais contient le résultat de l’expérience de son auteur. Il obtint un grand succès et, dans le public spécial auquel il s’adressait, a contribué, en popularisant le nom de Vallon, à relever la considération du corps des vétérinaires militaires. Une seconde édition (1874) a été publiée après la mort de l’auteur. Vallon a été emporté par la tuberculose le 29 novembre

1864. Tous ceux qui l’ont connu rendent hommage à la sûreté de sonjugeiuent, à son tact, à sa bienveillance et à l’élévation de son caractère.

703. VALOIS (Jean). Né à Noiseux, près de Nevers, en 1759. Entré à l’École d’Ali'ort en 1778, il fut pendant son séjour à cette école, du nombre des élèves qu’on envoya dans les provinces pour combattre les épizooties. Il resta quelque temps à Alfort comme professeur d'anatomie, et s’établit ensuite en 1784 à Versailles, où il lut attaché aux écuries du roi. Quand survint la Révolution, il fut vétérinaire du dépôt de remonte de Versailles, puis professeur d'hippiatrique à l’Ecole d’équitation de celle ville, aux Écoles de Saint-Germain et de Saint-Cyr. Membre fondateur, puis président de la Société d’agriculture de Seine-et-Oise, il s’était attiré l’estime et la considération générales. 11 est mort en 1832. Il a publié, dans les Bulletins de la Société d’agriculture de Seine-et-Oise, de nombreux rapports et un mémoire sur la peste bovine {Sur une maladie épizootique qui a régné sur les vaches en 1811, t. IV) ; — dans la Correspondance de Fromage de Fcugré : Mémoire et observations sur le tournis des moulons (1809). Enfin, en 181 1, il a fait paraître un Cours d'hippialrique (in- 12) , qui eut une seconde édi-

lion en 1825 (Voy. Goubaux, Notice historique sur Jean Valois. Bull. Soc. centr. de méd. vétér., 1889).

704. VARRON (Marcus Terentius). Né à Réale en Sabine, vers 1 1 G, mort vers 20 avant J.-C.; le plus savant des Romains, au dire de Cicéron. Il a écrit environ soixante-quatorze ouvrages, dont il ne reste qu’un traité d’agriculture (De ve rustica). Les notions de médecine vétérinaire qu’il donne ne consistent qu’en indications générales et peu importantes, bien que plus nombreuses et plus précises que dans le Traité cl' agriculture de Calon. Il est le premier qui mentionne la présence, en Grèce, de vétérinaires ( medici pecorum ), chargés de donner leurs soins aux animaux malades. On trouve aussi dans son livre les premières notions écrites de jurisprudence en matière de transactions commerciales relatives aux animaux domestiques (Moulé). Le Traité cl' agriculture a été traduit en français dans la collection Nisard et dans la collection Panckoucke.

705. VATEL (Pierre-Isidore). Fils d’un maréchal ferrant, il naquit à Paris, le G mars 1795, et entra à l’École d’Alforten 1812.11 y fut le condisciple et l’ami de Girard lils. Maréchal vétérinaire en 1814, médecin vétérinaire en 1816, il exerça pendant quelques années sa profession à (?) Paris, et obtint au concours en 1821 la place de professeur de maréchalerie à l'École vétérinaire de Lyon. Il vint, en 1823, occuper la même chaire laissée vacante à Alfort par la démission de Barthélemy jeune. En 1825, il fut placé à la tète du service des hôpitaux, comme successeur de Barthélemy aîné. Il se montra dès lors partisan enthousiaste de la « doctrine physiologique » créée depuis peu par Broussais, l’exposa dans

les comptes rendus de l’École d’Alforl et dans ses Eléments de pathologie vétérinaire (Paris, 1828,2 tomes en 3 vol. in-8°), qui ont été traduits en allemand par Pestel (1829). C’est un ouvrage estimable, où se sent toutefois l’absence de maturité médicale chez son auteur. Vatel resta peu de temps professeur à Alfort. Il donna sa démission pour s’établir à Paris et prendre la clientèle de son père adoptif. Il a collaboré au Journal pratique de médecine vétérinaire fondé par Dupuy, et au Recueil de médecine vétérinaire. Il a revu la troisième édition du Manuel complet du vétérinaire de Lebeau (1833). Il était membre fondateur de la Société centrale de médecine vétérinaire. Il s’est éteint le 26 mars 1852, après trois ans de souffrances.

Son fils Jean-Alfred Vatel, diplômé de l Ëcole d’Alfort en 1852, a été vétérinaire à Paris, membre de la Société centrale et est mort en 1874.

706. VÉGÈCE ou VEGETIUS (Publius Renatus). Vivait dans le iv° siècle et a quelquefois été confondu avec Flavius Vegetius Renatus, qui a écrit sur l’art militaire. On ne sait rien de la vie de notre Végèce et l’on ne peut parler que du Traité vétérinaire qu’il a laissé ; c'est non seulement le plus complet et le plus détaillé des ouvrages de ce genre, mais le seul que nous possédions presque dans son intégrité. Il se trouvait en manuscrit dans plusieurs bibliothèques, lorsqu’il fut imprimé pour la première fois ù Bâle, en 1528, sous le titre: Vegelii Renati artis veterinariæ, sive mulomedicinæ libri quatuor, jam primum typis in lucem ædili. D’autres éditions ont paru à Bâle (1574), Leipzig (1735), Mannheim (1781), etc. Une traduction française a été donnée à Paris en 1563 par Bernard du Poy-Monclar :

Quatre livres de Puble Vegece Ttenay, de la medecine des chevaux malades et autres vétérinaires aliénez et altérez de leur naturel, traduits nouvellement du latin en français. Le livre VI de la Traduction d'anciens ouvrages relatifs à l'agriculture et à la médecine vétérinaire, par Saboureux de la Bonneterie (Paris, 1/71-17/5), comprend le Traité vétérinaire de Végèce. Cet ouvrage a aussi été traduit en allemand (1532, 1565, 1601), en italien (1544) et en anglais (1748).

Les quatre livres du Traité de Végèce sont consacrés: les deux premiers (64 et 65 chapitres), aux maladies du cheval; le troisième (85 chapitres), à celles des bœufs; le quatrième (28 chapitres), à quelques notions anatomiques et à la préparation des médicaments.

Végèce connaissait les œuvres des hippiatres grecs et leur a fait de nombreux emprunts, sans cependant les copier servilement. Il dit aussi avoir utilisé les traités d’auteurs latins, qui ne nous sont pas parvenus. Il reproche à Columelle et à Pelagonius d’être trop superficiels, à Chiron et à Apsyrte d être trop coulas et d’avoir un langage vulgaire. Mais lui-même ne se tient pas toujours à l’abri de semblables reproches; et, bien qu’il décrive les maladies en suivant l'ordre des organes qu’elles affectent, sa méthode n’est pas toujours d’une parfaite clarté. Il a toutefois le mérite d’avoir cherché à établir les bases du diagnostic et du traitement; ses formules, bien qu’empiriques, sont souvent rationnelles; il reconnaît que l’anatomie doit être la base de la science, mais ses connaissances en celte matière sont faibles en comparaison de ce que savaient de son temps les médecins de l’homme.

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