G. BOURGELAT
langage. L’idée des futures écoles vétérinaires y perce déjà : « Jusqu’ici les épreuves auxquelles ont été mis ceux qui se destinent à cultiver l’hippiatrique ont été proportionnées aux lumières des maîtres qui leur ont accordé leurs suffrages, lumières qui ne s’étendront point et qui ne recevront aucun degré de perfection, tant qu’on ne formera point d’établissement et qu’ils ne pourront point s’instruire dans des écoles : mais considérer les avantages qu’elles procureraient à l’Etat, ce serait vouloir suggérer des idées qui n’échapperont pas sans doute à des génies qui ne se conduisent que parles vues supérieures du bien public. » Les Eléments d'hippiatrique eurent un grand retentissement et valurent à leur auteur le titre de correspondant de l’Académie des sciences de Paris, puis de l’Académie de Berlin (1763).
Convaincu de l’insuffisance des ouvrages antérieurs sur l’art auquel il s’adonnait et de la nécessité d’étudier directement la nature, Bourgelat se mit à faire des dissections et des autopsies de chevaux et d’autres animaux domestiques sous la direction de deux membres du collège de chirurgie, Pouteau et Charmeton. Il se préparait ainsi au rôle qui devait plus tard lui être dévolu, en même temps qu’il se pénétrait davantage de l’utilité d’une école où l’on donnerait aux futurs hippiatres une instruction méthodique. Les excellentes relations qu’il avait su se créer dans la plus haute société facilitèrent singulièrement la réalisation du projet qu’il caressait depuis si longtemps. Elles lui firent d’abord attribuer la place d’inspecteur de la librairie de Lyon (1760), et ce fut une amélioration à sa situation de fortune, qui était fort modeste et bien au-dessous de la considération dont il jouissait. Son ami Berlin,
contrôleur des finances, qui avait été intendant de la généralité du Lyonnais, aida de tout son pouvoir à la création de l’école dont il ne pouvait méconnaître la haute utilité. Un arrêt du Conseil d’Etat du roi du 4 août 1761 accordait à Bourgelat la somme de 50000 livres, payable par fractions en six années, « pour subvenir aux frais de l’établissement et entretien de l’école pour les maladies des bestiaux ». L’école fut établie dans le faubourg de la Guillotière et s’ouvrit au commencement de l’année 1762. Bourgelat ne prit pas une part effective à l’enseignement, selon ce que rapporte Abildgaard; car, « d’après les préjugés existant en France, il ne convenait pas à un homme du rang de M. Bourgelat de remplir les fonctions de professeur ». Le succès de cette école, les services que ses élèves rendaient dans les épizooties firent décider le roi à la « décorer du titre d’Ecole Boyale vétérinaire » par arrêt du Conseil d’Etat du 3 juin 1764. Deux jours plus tôt, Bourgelat avait été nommé « directeur et inspecteur général de l’Ecole Boyale vétérinaire de Lyon et de toutes les Ecoles vétérinaires établies ou à établir dans le royaume ». Conformément aux instructions indiquées par ce décret, une nouvelle Ecole vétérinaire fut fondée à Alfort, et Bourgelat, chargé de présider à cette création, quitta Lyon le 15 avril 1765 pour se fixera Paris. Il fut bientôt après nommé commissaire général des Haras du royaume.
La même année, il fit imprimer à Lyon sa « Matière médicale raisonnée ou Précis des médicaments considérés dans leurs effets , à l’usage des élèves de l’Ecole Boyale vétérinaire », in-8°, dont il y eut six éditions (la sixième de 1805-1808). Ce n’est certainement pas son meilleur ouvrage. Il est loin de posséder les qua-
lités d’un livre classique; les erreurs et les omissions y sont trop nombreuses. Ce fut le commencement d’une série d’ouvrages qui parurent successivement sous le titre commun Éléments de l'art vétérinaire et qui comprennent :
1° Zootomie ou Anatomie comparée , 1766-1769, dont les cinq éditions suivantes portent ce titre : Précis anatomique du corps cia cheval (6e éd., 1808), et se sont accrues de chapitres additionnels. Vicq d’Azyr disait de cet ouvrage qu’il était le mieux fait et le plus exact de tous ceux du même genre qu’il connaissait.
2° De la conformation extérieure des animaux ,
2 vol. in-8°, 1768, qui devint, dans leséditions ultérieures, le Traité de la conformation extérieure du cheval, fut augmenté de quelques notes de J. -B. Huzard (de la 3e à la 8e, 1832) et fut traduit en ilalien, en allemand, en espagnol. Ce livre est la base de l’Extérieur raisonné du cheval, tel qu’on l’enseigne aujourd’hui.
3° Essai sur les appareils et sur les bandages propres aux quadrupèdes, un vol. in-8°, 1770 (2e éd., 1813), traduit en italien et en allemand.
4° Essai théorique et pratique sur la ferrure, un vol. in-8°, 1771 (3e éd., 1813).
Le Règlement pour les Ecoles rogales vétérinaires de France parut en 1777 et est, en quelque sorte, le testament professionnel de Bourgelat, car il mourut dans les derniers mois de l’année 1778, d’autres disent le 3 janvier 1779.
En outre de ces ouvrages fondamentaux, Bourgelat a fourni à la grande Encgclopèdie de d Alembert et Diderot, avant même la fondation de l’École vétérinaire de Lyon, un grand nombre d’articles originaux sur l’art vétérinaire, le manège, la maréchalerie (voir surtout :
Ebullition, Épilepsie, Farcin, Feu, Gale, etc.). On peut rappeler encore les notes dont il a enrichi le Mémoire de Barberet sur les maladies épidémiques des bestiaux, et son propre Mémoire sur les maladies contagieuses du bétail, in-4°, 1775.
Tout cela ne donnerait qu’une idée incomplète de l’activité intellectuelle de cet homme éminent. Les papiers qu’il a laissés ont fourni des articles intéressants à Y Almanach vétérinaire publié en 1782 par Ghabert, Flandrin et Huzard, et à d’autres ouvrages périodiques. Il entretenait une correspondance très étendue, et l’on cite comme l’ayant consulté les plus grands personnages de son temps, tels que Frédéric le Grand, Voltaire, Charles Bonnet.
Voltaire lui écrivait un jour, à propos de calculs trouvés dans la vessie d’un bœuf : « J’admire surtout votre modestie éclairée, qui ne veut pas encore décider sur la cause et la formation de ces calculs ; plus vous savez et moins vous assurez ; vous ne ressemblez pas à ces physiciens qui se mettent toujours sans façon à la place de Dieu et qui créent un monde avec la parole. Vous avez ouvert une nouvelle carrière par la voie de l’expérience, vous avez rendu de vrais services à la société; voilà la bonne physique. »
Les écrits de Bourgelat sont remarquables par l’élégance, la pureté et l’ampleur magistrale du style. Par leur ensemble, ils ont formé les nouvelles assises delà science vétérinaire et montré aux chercheurs qui sont venus après lui les premiers et plus pressants problèmes à résoudre. Ce fondateur a donc étendu autant qu’il l’a pu les services qu’il se croyait appelé à rendre à l'Etat.
On lui a reproché un certain égoïsme, l’amour de l’argent, un grand orgueil et un caractère autoritaire et
cassant. En cc qui concerne les deux premiers défauts, on peut dire qu’ils se sont toujours effacés devant les intérêts de l’école que Bourgelat fondait; et plusieurs fois, celui-ci n’a pas hésité à faire à cette école, lorsque la nécessité l’exigeait, même de lourds sacrifices. Quant à son autoritarisme, il paraît avoir été une des conditions qui, en maintenant dans l’exact accomplissement de leurs devoirs ses élèves et ses subordonnés, ont contribué au succès définitif du nouvel établissement. Quoi qu’il en soit de ses défauts, il n’est pas douteux que ce sont ses qualités qui lui ont permis de réaliser, sous un règne si peu fertile en œuvres utiles, une fondation pleine d’avenir et que les autres nations de l’Europe n’ont pas tardé d’imiter.
La reconnaissance de la postérité s’est marquée par l’érection de deux statues au fondateur des Écoles vétérinaires, avec le produit de souscriptions publiques : l’une à l’École de Lyon (1876), l’autre à l’École d’Alfort (1879).
(Pour plus de détails, consulter: L.-F. Grognier, Notice historique et raisonnée sur C. Bourgelat, Paris, 1805; — L. Lafosse, Discours prononcé h l'occasion de l'ouverture des cours, etc.: Journ. des vétér. du Midi, 1853, p. 536; — H. Bouley, Delorme, Chauveau, Discours prononcés à l'inauguration de la statue de Bourgelat à l’École de Lyon : J.deméd. vétér., 1876, p. 214; — H. Bouley, Baron, E. Thierry, Discours prononcés à l'inauguration de la statue de Bourgelat à l’École d’Alfort: Recueil de méd. vétér., 1879, p. 1054. — S. Arloing, Le berceau de l'enseignement vétérinaire, Lyon, 1889.)
84. BOUTET (Antoine-François-Daniel) (1820-1891). Né à Neuvy-sur-Loire (Nièvre), diplômé de l’École d’Alfort en 1842; il s’établit quelques années après à Chartres, où, par ses qualités professionnelles et civiques, il acquit la plus grande considération. Il publia plusieurs bons travaux sur le cowpox, la fièvre charbonneuse, l’élevage du cheval per-
cheron, etc., qui furent récompensés par diverses sociétés savantes. Il s’est fait surtout connaître comme rapporteur des recherches expérimentales entreprises sur l’étiologie du charbon par l’Association médicale et la Société vétérinaire d’Eure-et-Loir. Il en communiqua les principaux résultats à l’Académie de médecine en 1852 : identité du sang de rate de mouton, de la fièvre charbonneuse du cheval, de la maladie du sang de la vache et de la pustule maligne de l'homme; généralisation du virus dans tout l’organisme ; persistance de la virulence plusieurs jours après la mort dans les cadavres. Promu officier de la Légion d’honneur pour ses services comme maire de Chartres, il fut aussi élu membre correspondant de l’Académie de médecine.
85. BRACKEN (Henry). Chirurgien et accoucheur anglais (à Lancastre) du xviii0 siècle, grand amateur de chasse et de course, il étudia les écrits des hippiatres et s’occupa de maréchalerie. Ses principales publications traitent de la ferrure ; ce sont des notes sur le « Maréchal de poche » du capitaine Burdon, parues en 1735, et un traité de maréchalerie (. Farriery improv'cl, or a compleat Trealise upon the Art of Farriery, London, 1738), dont la neuvième édition, en deux volumes, a paru en 1763. Il a donné une traduction du Traitement delà morve et de V emploi du trépan , par Lalosse.
BRACY CLARK. Voy. CLARK.
86. BRASDOR (Pierre) (1721-1800). Célèbre chirurgien français, qui s’est livré à quelques recherches intéressantes d’anatomie pathologique dans des cas d’épizootie. Nous avons de lui : Mémoire sur la maladie épidémique des chiens, in Recueil de mémoires des savants étrangers (Académie des sciences, VI); — Conjectures sur la maladie épizootique qui règne dans les provinces méridionales du royaume (peste bovine), in Journal de médecine , 1776.
87. BRASIER (Claude-Joseph) (1739-18..). 11 suivit les cours de l’Ecole de Lyon, en obtint le diplôme de vétérinaire, et se fit recevoir ensuite docteur en médecine. 11 fut
garde-haras à Baume-les-Dames, puis exerça à Saint-Hippoly te (Doubs) et à Besançon. En 1780, il fut nommé membre correspondant de la Société royale de médecine de Paris. 11 a rédigé, dans le Dictionnaire cl' agriculture de l’abbé Rozier, un certain nombre d’articles de médecine vétérinaire, dont plusieurs ont été vivement critiqués par Huzard dans le Journal cle médecine. 11 a publié aussi : Avis au peuple des campagnes sur les maladies contagieuses qui attaquent les hommes et les animaux, Besançon, 1795; — diverses instructions sur les épizooties, 1795-1797 ; — un Projet qui indique les mogens de relever l'espèce des chevaux de Franche-Comté , Besançon, 1790.
88. BRAUELL (F.) (1803-1883). Né à Weimar, où son père était vétérinaire de la cour, Brauell étudia la médecine vétérinaire à l’Université d’Iéna et à l’Ecole de Berlin, puis fut nommé vétérinaire du haras ducal d’Allstaedt. En 1837, il fut appelé par le gouvernement russe comme professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Wilna, d’où il passa à celle de Kasan et, en 1848, à l’Ecole de Dorpat. Il y exerça ses fonctions jusqu’en 1868. Il a écrit sur la déchirure du diaphragme [Zeitschrift de Nebel, 1837), sur l’anatomiepathologique et le traitement de la maladie naviculaire [Magazin fur clieges. Thierheilk., t. XI; ce dernier travail a été traduit dans le Recueil et dans The Veterinarian), sur la fourbure (1861), la faculté d’absorption de l’estomac du cheval, l’action physiologique de l’acide osmique, l’anatomie pathologique de la peste bovine (1862). Le principal titre de Brauell au souvenir de la postérité, c’est d’avoir reconnu le premier l’importance diagnostique et pronostique de la présence de la bactéridie dans le sang des animaux atteints de charbon : Versuche and Untersucliungen betreffencl den Milzbrand (Virchow’s Archiv, 1857).
89. BREDIN (Louis) (1738-1814). Ne à Auxonne (Côte-d’Or), il entra à l’École de Lyon l’année même de la fondation de cet établissement (1762). Pendant le cours de ses études, qu’il termina à Alfort, il fut à plusieurs reprises envoyé par Bourgelat pour combattre des épizooties qui sévissaient dans diverses provinces.
En 1771, il fut chargé d’enseigner à Alfort la botanique, la matière médicale et la pharmacie. En 1780, il était nommé directeur de l’École de Lyon, en remplacement de Flandrin, qui lui léguait cet établissement dans les plus fâcheuses conditions. La Révolution, le siège et la prise de Lyon par la Convention furent pour l’École une période de crise, d’où elle ne sortit que grâce au dévouement et aux sacrifices personnels de son directeur : la commission d’agriculture et des arts déclara authentiquement que L. Bredin avait sauvé l’École vétérinaire. Il n’a rien publié des notes qu’il avait recueillies. On connaît seulement de lui : Observations en réponse au Mémoire de M. Lafosse sur l'Ecole roi), vètér. d' Alfort-, Lyon, 1790.
90. BREDIN (Claude-Julien) (1776-1854). Filsdu précédent. Né à Alfort, diplômé à l’École de Lyon en 1791 (à l’âge de quinze ans), il fut envoyé à l’armée des Alpes comme vétérinaire militaire. En 1798, il fut rappelé à l’École de Lyon pour y remplir les fonctions de professeur d’anatomie et de physiologie. A la mort de son père, il le remplaça dans la direction de l’Ecole. Les troubles qui éclatèrent à Lyon en 1834 furent un prétexte à sa disgrâce et il fut mis à la retraite le 16 septembre 1835. 11 fut remplacé par un certain Maffre de Werdtz, directeur du dépôt d’étalons de Cluny, dont la nomination regrettable, faite au mépris de tous droits et de tous règlements, n’a jamais pu être expliquée. C.-J. Bredin n’a laissé que quelques discours d’occasion, et entre autres, l’éloge du professeur Buniva, son ami. Mais ses élèves et scs
collègues onl loué hautement ses qualités de directeur et d’homme privé.
91. BRERA (Valeriano Luigi) (1772-1840). Savant médecin et professeur italien. A enseigné à Milan, à Padoue, à Bologne, à Pavie, où il était né et où il mourut. Il a laissé de nombreux écrits, entre autres un traité sur les vers intestinaux de l'homme, traduit en français (1804), en anglais, en allemand et qui a été longtemps classique. Nous lui devons: Memorici suit' atluale epidemia de gcrfli] Pavie, 1798, in-8°. Cette maladie épizootique des chats était décrite en même temps à Turin par Buniva.
92. BRIDGES (Jeremiah). Maréchal et hippialre anglais du xviiP siècle, finalement établi à Londres. Il a publié en 1751, sous le titre No foot, no horse (pas de pied, pas de cheval), un petit traité contenant l’anatomie du pied, la ferrure et l’indication des remèdes à employer en cas de maladie. Il a revendiqué contre Lafosse la priorité de l’emploi du trépan dans le traitement de la morve.
BRIE. Voy. JEHAN DE BRIE.
93. BROCKLESBY (Richard) (1722-1797). Médecin anglais très renommé, qui a laissé, entre autres écrits, un petit travail sur la peste bovine : An Essay concerniny the mortality of the horned catlle\ Londres, 1746, in-8°.
94. BR0GNIEZ(A.-J.) (18.. -1852). Professeur à l’École vétérinaire de Cureghem-lez-Bruxelles. Il avait fait ses études à Alfort et avait été nommé professeur en 1832. On lui doit un Traité de chirurgie vétérinaire ( 1 839- 1842-1845) en trois volumes, dans lequel se trouvent décrits un grand nombre d’instruments et appareils nouveaux. Doué du génie inventif et d’une très grande habileté de main, il exécutait lui-même les nouveaux instruments qu’il avait conçus. Beaucoup sont plus
remarquables par leur ingéniosité que par leur utilité pratique. Mais il en est qui sont restés dans l’arsenal courant, tels son rabot odontriteur et son fœtus artificiel articulé pour la démonstration des manœuvres de la parturition. Son Trailè de chirurgie a été traduit en espagnol.
95. BRUAND (Pierre-François) (1710-1780). Médecin de Besançon ; s’est surtout fait connaître par ses travaux sur la peste bovine. Son Mémoire sur les maladies contagieuses et épidémiques des hèles ci cornes (Besançon, 1700, 2 vol. in-12) avait remporté le prix mis au concours par l’Académie de Besançon en 1703. Il a été réimprimé en 1782, avec des additions, sous ce titre : Traité des maladies épidémiques et contagieuses des bestiaux et des animaux les plus utiles à l'homme ; Besançon, 2 vol. in-12.
96. BRUCKMUELLER (Andréas) (1823-1883). Professeur d’anatomie pathologique à l’Institut vétérinaire de Vienne depuis 1853. Il a publié de nombreux écrits, d’importance et d’étendue variées, parmi lesquels des éléments de botanique à l’usage des vétérinaires ( Grundziige der allgemeinen ancl speciellen Botanik fiir Thierarzte, 1850), un manuel de chimie et surtout un traité d’anatomie pathologique estimé ( Lehrbach der palhologisch en A natomie).
97. BRUECKMANN (Franz Ernst) (1097-1753). Célèbre médecin allemand. La plupart de ses travaux ont pour objet l’histoire naturelle. Nous avons à retenir parmi eux, un mémoire sur l’action de lécher le sel par les bœufs, d’autres sur l’emploi du scordium dans le traitement des épizooties, sur la prophylaxie de la rage canine, le ver de la langue des chiens. Sa Bibliotheca animalis (2 vol., 1743-1747) est le relevé bibliographique de la plupart des écrits publiés à un titre quelconque sur les animaux cl leurs parties.
98. BRUGNONE (Carlo Giovanni)(1741-1818). Docteur en médecine et en chirurgie de l’Université de Turin, Brugnone fut l’un des quatre jeunes gens qui, sous le règne du roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III, furent envoyés, aux frais de T Etat, dans les Ecoles d’Alfort et de Lyon pour y étudier la médecine vétérinaire. Il arriva à Lyon en 1764, y reçut les leçons de Bourgelat et, après un séjour de quatre années, en alla passer une à Alfort. De retour dans sa patrie, il fut placé ù la tète de l’Ecole vétérinaire fondée par le roi de Sardaigne et établie par lui dans son haras de Chivasso. Il fut nommé aussi vétérinaire des écuries et des haras du roi.
Brugnone s’était proposé de publier une série d’ouvrages embrassant toute la science vétérinaire. Il commença par donner une traduction du Traité de la conformation extérieure du cheval de Bourgelat, en l’augmentant de nombreuses observations personnelles : ce fut La Mascalcia, o Sia la medicina veterinaria ridotta ai suoi veri principi ; Turin, 1774, in-8°. Vint ensuite un ouvrage sur les haras: Traltalo del razze ■decavalli-, Turin, 1780, in-8° ; il fut traduit en français parBarentin de Montchal ( Traité sur les haras, Paris, 1807, in-8°, 238 p.) et en allemand par Stumpf (1790). Brugnone donna plus tard un petit traité de la conformation extérieure du cheval ( Ippometria ad uso clegli sludenti delta scuola veterinaria-, Turin, 1802, in-8°) et un autre relatif aux bêtes bovines ( Boometria ad uso decjli studenti, etc.; Turin, 1802, in-8°). On lui doit encore un assez grand nombre de mémoires sur la variole des quadrupèdes et des oiseaux (1802), sur l’origine de la vaccine (1802), sur l’École vétérinaire de Turin (1802- 1807), l’angine gangreneuse du cheval (1777), une
épizootie du cheval (1783), des volailles (1790), des bêtes bovines (1795 et 1807), sur la fièvre aphteuse (1810), sur l’introduction des mérinos en Piémont (1803), etc.
Brugnone était professeur d’anatomie humaine et comparée à l’Université de Turin ; c’est à ce titre qu’il a écrit sur la position des testicules dans le fœtus (1786), les vésicules séminales (1788), l’origine de la membrane du tympan (1804), le labyrinthe de l’oreille (1806).
Avec Penchienati, il a publié les œuvres complètes de Bertrandi, en 14 volumes in-8° (1786-1802).
Brugnone était surtout remarquable par sa vaste érudition vétérinaire. Il était membre correspondant de l’Institut de France (Acad, des sc.) et de la Société centrale d’agriculture de Paris.
99. BUCHMUELLER (Anton Léopold) (1782-1850). Médecin viennois, qui, après avoir acquis le grade de docteur, fut élève de l’Institut vétérinaire de Vienne. En 1817, il fut nommé professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Lemberg, et, en 1823, professeur de physique, chimie, pathologie et thérapeutique générales et épizootiologie à l’Institut vétérinaire de Vienne. Il a publié un « Traité systématique de thérapeutique vétérinaire » (1829; 2e édit., 1839); des traités de chimie (1836-1845); et une « Pathologie et thérapeutique générales des animaux domestiques » (1840).
100. BUC’HOZ (Pierre-Josepii) (1731-1803). Médecin français, passionné pour les sciences naturelles, mais adonné à peu près exclusivement à la botanique. 11 a certainement été le plus laborieux des compilateurs, car il a publié plus de 300 volumes, dont 95 in-folio, sans compter un grand nombre
île brochures. Il dépensa plus de 300 000 livres pour la gravure des planches de ses ouvrages. Le tout, dépourvu d’esprit critique, n’est guère qu’un fatras sans valeur. La médecine vétérinaire entre dans son œuvre (?) par les livres que voici : 1° Dictionnaire vétérinaire et des animaux domestiques , G volumes in-8, 1770-1775; 2e édition, 1775. — 2° Médecine des animaux domestiques , 2 volumes in-12, 1783 ; 2° édition, 1785. — 3U Traité ou manuel vétérinaire des plantes , 1 vol. in-8°,1801. — 4° Mémoires vétérinaires sur... les fractures, etc., 1 vol. in-8°, 1806. Tous ces ouvrages ne sont que des compilations mal venues, puisées dans les auteurs vétérinaires.
101. BUNIVA (Michèle Francesco) (1761-1834). Savant médecin italien. Il étudia la médecine à Turin, où il fut reçu docteur en 1781. En 1790, il était professeur des institutions médicales à l’Université de cette ville, et en 1801 il y occupa la chaire de pathologie. Il eut l’occasion d’étudier les maladies épizootiques qui sévissaient sur le bétail. Aussi fut-il, en 1802, nommé, par le gouvernement français d’alors, professeur à l’Ecole vétérinaire de Turin. Deux ans après, la Société centrale d’agriculture de Paris lui décernait le titre de correspondant. L’année 1814 fut pour lui une période d’épreuves : son libéralisme le fit évincer de l' Université comme plusieurs savants de mérite, et l’Académie des sciences de Turin fit preuve de son zèle monarchique en l’excluant aussi de son sein. Il a publié, sur divers sujets, plus de quatre-vingts ouvrages, dont un grand nombre sont relatifs à l’art vétérinaire. Ce sont des mémoires sur la peste bovine (1794, 1797, 1798), sur la morve et la rage (1797), le javart, les eaux-aux-jambes, la vaccine (1805), la clavelée (d’après Chabert) (1808), la fièvre aphteuse (1812), etc. Buniva a puissamment contribué à introduire la vaccination dans le Piémont.
102. BURDON (William). Capitaine del’arméeanglaise, sous le nom duquel parut à Londres, en 1730, The gentleman' s Pocket-Farrier (le Vétérinaire de poche), qui a eu de nombreuses éditions anglaises et françaises, et a été aussi traduit en allemand.
103. BUSCH (Johann David) (1755-1833). Docteuren médecine de l’Université de Marbourg, sa ville natale, et professeur d’hygiène et de gynécologie à cette même Université. Il y fut, en 1789, nommé directeur de l’Ecole vétérinaire, dont il peut être regardé comme le fondateur. Il a beaucoup écrit sur l’art des accouchements et sur la médecine vétérinaire. Pour celle-ci, il n’était que théoricien. Il a cependant rendu un grand service à la profession vétérinaire d outre-Rhin par la création (1829) d’un journal vétérinaire ( Deutsche Zeitschrift fiir gesamte Thierheilkunde), ce qui y avait alors été essayé plusieurs fois, mais sans succès. A sa mort, cette publication fut continuée par Vix. De 1806 à 1809, il fit paraître son « Système de médecine vétérinaire théorique et pratique » en quatre volumes. Le premier, qui contient l’anatomie du cheval, n’est qu’une traduction de Bourgelat.
104. BUTINI (Jean-Robert) (1681-1714). Médecin suisse; a écrit un Traité de la maladie du bétail ; Genève, 1711, in-12.
105. CABANIS (Pierre-Jean-Georges). Né à Salagnac (Corrèze) en 1757; mort à Rueil, près Paris, en 1803. Médecin de la Faculté de Paris, il a laissé la réputation, justement méritée, de littérateur, de philosophe, de savant et d’homme de bien. Il fut, pendant le Directoire, nommé successivement
professeur d’hygiène aux Écoles centrales, membre de l’Institut national, professeur de médecine clinique à l’École de Paris, membre du Conseil des Cinq-Cents. En cette dernière qualité, il fut chargé d’un Rapport sur /’ organisation des Écoles de médecine (séance du 29 brumaire an VII). Dans ce travail, remarquable pour son époque, il insiste surtout sur l’importance des études cliniques ainsi que sur la nécessité de relever l’art vétérinaire et d’en rendre les études beaucoup plus sérieuses. 11 avait bien compris les rapports intimes des deux médecines et toute la lumière que la médecine vétérinaire est destinée à jeter sur la médecine humaine. C'est à ce titre que le nom de Cabanis devait figurer parmi ceux des hommes qui ont le plus contribué à se rapprocher du but qu'il indiquait.
106. CALVO (Fernando). Né à Plasencia dans la seconde moitié du xvi° siècle, il paraît avoir été plutôt un érudit et un antiquaire qu’un homme réellement versé dans la médecine vétérinaire. En 1582, sous le titre : Libro de Albeyteria en el quai se trata del cavallo, y mulo, y jumento, il publia un ouvrage in-folio d’hippiatrie qui n’est qu’une compilation des travaux de ses devanciers et dont la sixième édition a paru à Madrid en 1675. Il donna aussi en 1623 une édition, avec notes et commentaires, de l’ouvrage de La Reyna.
107. CAMORA (Pero Lopez de). Hippiatre espagnol du xvie siècle, proto-albeytar du roi de Navarre. Il a publié à Logroûo, en 1588 : Libro de Albeyteria, que Iracla del principio y generacion de los cavallos, etc. Il y est parlé des maladies du cheval et autres animaux domestiques, de leur traitement, de l’équitation, le tout sous forme de dialogues.
108. CAMPER (Petrus) (1722-1789). Un des plus illustres savants de la Hollande, professeur à l’Université de Franeker, puis à celle d’Amsterdam, et enfin à Groningue. Il a publié un grand nombre de travaux, souvent très importants, sur l’histoire naturelle, la
physiologie, l’anatomie comparée, la paléontologie, la médecine, etc. En 1768, son attention se porta tout particulièrement sur la peste bovine, qui faisait alors de grands ravages en Hollande. Avec le professeur van Dœveren, il fonda une société dont les ressources furent employées à des essais d’inoculation et à des expériences variées. L’année suivante, il fit sur cette maladie une série de leçons, qui furent imprimées en 1771 et traduites plusieurs fois du hollandais en allemand. Ses travaux sur la peste bovine ont été couronnés par la Société des amis des sciences naturelles de Berlin.
109. CANEVESE (Pietro Francesco). Savant compilateur lombard; a publié à Milan, en 1768, une traduction italienne du Grand Mareschal français (autres éditions en 1789, 1792). On lui doit aussi un Compendio di varie Ricelle por medicar Cavalli ; Venise, 1780.
110. CAPT (Jean-Pierre). A publié : Les admirables secrets et remèdes du sieur J. P. Capt , etc., Genève, 1760, qui ont eu plusieurs éditions (dont une à Lyon, 1813, avec l’avant-titre : Le parfait Bouvier ) et ont été traduits en italien en 1798.
111. CARACCIOLO (P asoual). Célèbre écuyer napolitain du xvie siècle, de noble et grande famille, connu surtout par son ouvrage La Gloria del cavallo , Venise, 1566, in-4° de 969 pages. C’est une énorme compilation de tout ce qui avait été écrit sur l’hippiatrique depuis l’antiquité. Elle est divisée en dix livres, dont les quatre derniers traitent des maladies internes et externes du cheval. La Gloria del cavallo a eu plusieurs éditions, les dernières augmentées des maladies du bœuf : telle est celle de 1608.
112. CARAKA, CHARAKA ou TCHARAKA. Un des plus anciens et des plus célèbres médecins de l’Inde. 11 a coin-
posé une soiic d’encyclopédie médicale, comprenant loulcs les parties de l’art de guérir. Celte collection est adjointe aux Védas sacrés, à titre d’appendice. On lui attribue aussi un livre sur la médecine vétérinaire.
113. CARBON DE BEGRIÉRES. Chef d’escadron de cavalerie; a publié : Manuel des Écuyers..., Paris, 1725; réimprimé en 1751 avec un titre un peu différent. C’est un recueil de recettes pour le traitement des maladies du cheval et autres animaux domestiques; la valeur en est faible.
114. CARCANI(Ignazio) (1662-1730). Médecin à Milan, auteur de : 1° Consiclerazioni alcune sopra Vultima epidemia bovina , Milan, 1714, in-8°; — 2e Consiclerazioni su le ragioni, sperienza ed aulorità, ch'approvano l'uso innocente delle carni, pelli et sevo , avanzi dell' Epidemia bovina présente , Milan, 1714, in-8°, 86 pages (sur l’innocuité des viandes, peaux et suifs provenant des animaux abattus pour cause de peste bovine).
115. CARDINI (F.). Lieutenant-colonel de cavalerie, puis •chef de légion de gendarmerie; a publié, en 1845, un Dictionnaire cl hippiatrique et cl'équitation , Paris, 1 vol. in >8°, où il a fait preuve de goût et de jugement dans le choix des auteurs vétérinaires qui ont servi à sa compilation.
1 16. CARLIER (Claude) (1725-1787). Mort prieur d’Andresy, l’abbé Carlier s’occupa avec passion de l’amélioration du mouton et a publié sur ce sujet de nombreux travaux qui lui valurent des récompenses académiques. Son Traité < les bêtes à laine ou Méthode cl'élever , de gouverner les troupeaux aux champs et à la bergerie (Compiègne-Paris, 1770, 2 vol. in-4°), donne une description des maladies des moutons et des recettes pour les combattre ; mais cette partie est extraite de l’ouvrage de Hastfer.
117. CARRO (Johann de) (1770-1857). Médecin autrichien, né à Genève, connu par son enthousiasme et son zèle pour la belle découverte de Jenner. Parmi ses nombreux mémoires, s’en trouve un, en allemand, sur l’existence des
eaux-aux-jambes sur les chevaux, en Arabie; une forme vaccinale de celle maladie y esl bien indiquée. On lui doil aussi une traduction en français des célèbres Expériences sur l'origine de la vaccine , par J. -G. Loy (Vienne, 1802,in-12, et Bibliothèque britannique).
118. CASAS DE MENDOZA (Don Nicolas) (1801-1872). Vétérinaire espagnol, qui avait étudié la médecine de l’homme avant de se livrer à celle des animaux. Vers 1845, il fut nommé directeur de l’Ecole vétérinaire de Madrid. En 1829, il avait donné une traduction du Compendium of the veterinary Art de White. L’année suivante, en collaboration avec G. Sampedro, il publia un Tratado elemental completo de velerinaria (2eéd.l844); en 1832, Elemenlos del ester ior ciel cavallo y jurisprudencia velerinaria (4° éd. 1857) ; — en 1833, Elemenlos de anatomia patologica velerinaria (2e éd. 1848); — Elemenlos de fîsiologia velerinaria , 1834; 2e éd. 1854; — Pharmacopea velerinaria, 1843 ;2e éd. 1848; etc. Il a aussi publié une « Bibliothèque complète de l’éleveur et du cultivateur », en sept volumes, sans compter de nombreux articles dans les journaux vétérinaires espagnols. Son œuvre est très abondante ; mais elle ne contient rien d’original et n’est guère que le reflet des auteurs français du commencement du siècle.
119. CAVERO (Francisco Garcia). Hippiatre espagnol, qui pratiquait à Madrid, dans la première moitié du xviii0 siècle et fut, en 1740, attaché aux écuries royales. G’est un des plus féconds écrivains espagnols en ce qui concerne l’art vétérinaire. Une grande partie de son œuvre esl consacrée à défendre les vétérinaires contre les accusations des médecins ; mais il dut se défendrelui-mêmeplusieursfoiscontre ses confrères. Un
docteur, Francisco Suarez (de Ribeira), dans un ouvrage intitulé Templador medico, ayant parlé des vétérinaires, en termes méprisants, Cavero y répondit par son Templador veterinario de la Furia vulgar, en defensa de la faculdad veterinaria, o medicina de las bestias, ij de los Albeytares peritos y doctos, 1727, ouvrage bien écrit, au dire du professeur Rodriguez (de Madrid). — L’année suivante, Cavero fitparaître Curacionracional de losirracionalesy conclusiones ueterinarias,e le. Dans la seconde partie de cet ouvrage, il s’attache à prouver que tous les principes fondamentaux de la médecine humaine sont les mêmes que ceux de la médecine vétérinaire. — Sa Veterinaria cipologetica (1729) contient une critique du traité de chirurgie du Dr Ant. Monraba y Roca, démonstrateur d’anatomie à Lisbonne. — En 1731, Cavero publie à Madrid : Apendice dogmatico al Templador y conclusiones veterinarias contra la esceptica aprobacion del Dr Martin Martinez al libro de Sande. C’est encore un ouvrage de polémique pour la défense de la médecine vétérinaire outragée.
Un petit Tratado en que se manifiesta la curacion de las lupias tumorosas lui mit à dos plusieurs de ses confrères, entre autres Renavides (de Madrid) et Moraleda (de Séville). Il leur répondit par son Aclicion racional y melodica à la curacion de lupia tumorosa y destierro de ignorancias hyos de los errciclos conceptos de J. A. Moraleda, etc. (1732).
Ses Instituciones de Albeyteria, y Examen de praclicanles de ella (Madrid, 1740) eurent un grand succès et de nombreuses éditions (il en parut encore une en 1830). Son dernier ouvrage, A diciones al libro de Instituciones de Albeyteria (Madrid, 1756), renferme ses observations personnelles sur l’épilepsie du cheval et du chien.
120. CASSIUS (Félix), lin article sur la pneumonie du cheval est inséré sous ce nom dans la collection des hippiatres grecs. Son auteur est, croit-on, le même qu’un célèbre médecin grec qui vivait vers la fin du v° siècle de notre ère.
121. CATON (Marcus Portius), surnommé l'Ancien ou le Censeur (232-147 av. J.-C.). Il s’occupa de toutes sortes de sciences et aussi de médecine populaire. Esprit étroit et routinier, il avait la haine des médecins parce qu’ils étaient Grecs. Sa médecine était celle de nos rebouteurs et reposait surtout sur l’usage du chou, qui convenait, selon lui, aussi bien aux animaux qu’aux hommes. C’est le premier Romain qui ait écrit sur l’agriculture. Son traité De re rustica donne peu de détails sur la médecine des animaux, et ce qu’il dit est sans valeur.
122. CÉZARD ou CÉSAR ( Nicolas) (175 ?-l 814). Vétérinaire français, fit ses études à l’École d’Alfort et fut ensuite nommé, par Bourgelat, chef des hôpitaux et chef d’atelier des forges à cette école. Il s’établit plus tard à Paris et fut maréchal des écuries du roi. Il occupa des emplois importants dans l’armée sous la République et sous l’Empire, fut membre du jury d’examens de l’École d’Alfort. Il a publié un petit opuscule intitulé : Instruction sur la conformation du bœuf de trait , son entretien et son travail , 1794.
123. CHABERT (Philibert). Né à Lyon le 6 janvier 1737, mort à Alfort le 8 septembre 1814. Il était fils d’un maréchal ferrant, qui ne put lui faire donner qu’une instruction première fort incomplète, mais qui, du moins, lui transmit son adresse manuelle et professionnelle. Il vint ensuite à Paris se perfectionner sous Lafossepère. Il fit les campagnes de Hanovre en qualité de maréchal attaché aux équipages du prince de Condé et, quand le traité d’Hubersbourg eut mis fin à la guerre de sept ans (1703), il entra à l’Ecole vétérinaire de Lyon.
P. CIIABERT (I737-I3I4)-
Il avait alors vingt-six ans. Scs études terminées, Chabert fut appelé à Alfort par Bourgelat, qui l’avait pris en estime et en affection, et il remplit les fonctions de chef de la maréchalerie et des hôpitaux (1766). Il devint ensuite directeur des études et prit dans l’enseignement une place de plus en plus importante, si bien qu’à la mort de Bourgelat, il lui succéda dans la direction (1780) ainsi que dans le titre d’inspecteur général des Écoles vétérinaires. Pendant la Terreur, bien qu’il s’efforçât de garder une parfaite neutralité politique, une fausse délation le fit incarcérer comme suspect et sa détention dura plusieurs mois. Quand le calme fut rétabli, il reprit ses fonctions et les garda jusqu’à sa mort, survenue à l’âge de soixante-dix-sept ans.
Chabert avait conquis peu à peu une haute notoriété scientifique, et était entré dans une foule de sociétés savantes. Ainsi, en 1783, il avait été nommé membre de la Société d’agriculture de la Seine. Il fut correspondant de la Société royale de médecine jusqu’à la suppression de celle-ci, plus tard correspondant de l’Institut. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur, à une époque où cette distinction ne s’adressait guère qu’au mérite reconnu.
Ses nombreux écrits, sa situation à l’École d’Alfort lui ont donné une influence prépondérante sur la médecine vétérinaire pendant au moins le premier quart de ce siècle. Il était de ces maîtres dont la parole est avidement écoutée et les conseils aveuglément suivis, d’autant plus qu’à sa science pratique très sûre et très vaste il joignait un solide jugement et une extrême bonté. Voici la liste de ses principaux travaux:
Trailè du charbon ou anthrax dans les animaux. In Journ. de l'agric., 1779. Publié séparément, 1780, in-4°.
Réimprimé avec additions in Almanach vélêr., et enfin seul, Paris, 1783, in-8°. Travail important où se trouvent bien définies, mais comme des variétés du charbon, diverses maladies confondues jusqu’alors et reconnues aujourd’hui comme des entités spécifiques.
Traite clés maladies vermineuses dans les animaux , 1782,in-8°, plusieurs éditions. — Bien qu’empreint souvent d’exagération dans la description des troubles attribués aux parasites, cet ouvrage a fait époque, et il en reste encore des traces ataviques dans le langage de quelques vétérinaires. Il a été traduit en allemand (1789) et en espagnol (1815).
Traité de la gale et des dartres des animaux ; Paris, 1783, in-8°. — Au moins, cinq éditions.
Instruction sur la manière de conduire et de gouverner les vaches laitières; Paris, 1785, in-8°. — 2e éd. avec Huzard, 1797.
Instruction sur les moyens de s'assurer de l'existence de la morve et d'en prévenir les effets; Paris, 1785. — 4° éd. avec Huzard, augmentée de la dernière loi sur les maladies contagieuses, 1787. — Chabert fut longtemps convaincu de la contagiosité de la morve; mais, dans les dernières années de sa vie, il se laissa circonvenir par Chaumontcl et plusieurs autres de ses élèves, nia la contagion de cette maladie et contribua, par sa haute influence, à propager la doctrine si funeste et si coûteuse de la non-contagion.
Du sommeil, 1796, in-8° ; 2e éd., 1800.
Des organes de la digestion dans les Ruminants, 1787, in-8° ; 2e éd., 1797.
Instruction sur la péripneumonie dans les bâtes à cornes, 1795, in-8°.
Des moyens de rendre l'art vétérinaire plus utile en
améliorant le sort de ceux qui /’ exercent ; Paris, 1804.
D'une altération du lait de vache désignée sous le nom de lait bleu ; Paris, 1805.
En collaboration avec Fromage de Feugré, il a publié : Des lois sur la garantie des animaux ; Paris, 1804, in-8°.
Avec Fromage et de Chaumontel : De /’ importance de l'amélioration des chevaux en France, etc.; Paris, 1805, in-8°.
Avec Flandrin et Iluzard : Almanach vétérinaire ; Paris, 1782, in-12. lia été réimprimé et continué par les Instructions et observations sur les maladies des animaux domestiques, 1792-95, 6 vol. in-8°. Les « Instructions vétérinaires » ont été une sorte de journal annuel, où se trouvent recueillis de bons mémoires et de précieuses observations. Il y en a eu quatre éditions et une traduction allemande.
Chabert avait aidé Bourgelat à la confection du Traité des bandages et appareils (1770) et à Y Essai théorique et pratique sur la ferrure (1777). Il avait publié dans le Journal d' agriculture un opuscule sur le claveau, qui est extrait d’un manuscrit de Bourgelat.
Indépendamment de tout ce qu’il a donné dans les Instructions vétérinaires, en particulier sur la rage, la fourbure, le claveau, la pourriture, le fie des bêtes à cornes, la saignée, l’indigestion des ruminants, la péripneumonie, etc., il a fourni des articles à la Feuille du cultivateur, aux Mémoires de la Société d' agriculture de Paris, au Supplément du cours d' agriculture de l’abbé Bozier.
Voy. Éloge de Chabert, par P. Gagny {Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire , 1890).
CHAIGNEBRUN. Voy. AUD0UIN DE CHAIGNEBRUN.
124. CHAMBERT (L.). Diplômé de l’École d’Alfort; fui vétérinaire du dépôt d’étalons de Saint-Jean-d’Angely, médaille d’or de la Société d’agriculture delà Seine (1813). Il a publié : Essai sur l' amélioration des principaux animaux domestiques dans le département de la Charente-Inférieure , applicable, par ses principes , à beaucoup d'autres lieux ; Paris, 1814, 2 vol. in-8°.
125. GHAMBON DE MONTAUX (Nicolas) (1748-1 82G). Médecin de la Faculté de Paris, né à Breuvannes (Haute- Marne), médecin de la Salpêtrière (1780), maire de Paris après Pétion (1792); n’a joué qu’un rôle politique peu important, mais fut un praticien très considéré. Parmi ses nombreux écrits, nous avons à relever : Traité de l'anthrax ou de la pustule maligne ; Neuchâtel et Paris, 1781, in-12. — Traité de V éducation des moulons ; Paris, 1810, 2 vol. in-8°. — Traité complet des maladies des bêtes à laine , pour faire suite au Traité de /’ éducation des moulons ; Paris, 1810, 4 vol. — Traduction du Traité d' agriculture de Columelle , avec des notes extraites des écrits de Caton, Varron, Palladius, etc., 3 vol. — Il a écrit aussi des articles pour le Dictionnaire d'agriculture de l’abbé Rozier.
126. CHANEL(Marie-Josepii)(1793-1859). Élève de l’École de Lyon ; exerça la médecine vétérinaire à Bourges (Ain), sa ville natale, et s’y acquit une grande et légitime considération. Il a beaucoup écrit dans les journaux de son département; fut membre de plusieurs sociétés savantes ; a publié, dans les journaux vétérinaires, plusieurs travaux intéressants, entre autres sur la castration des taureaux par le martelage [Journal pratique de médecine vétérinaire, 1826). Sa Slatisli(jue raisonnée des animaux du département de l'Ain est un bon mémoire, qui fut couronné par la Société centrale de médecine vétérinaire, en 1846.
127. CHARLES (René). Médecin franc-comtois du xvm° siècle; fut professeur, puis recteur de l’Université de Besançon. Il mourut en 1752. Dans ses écrits se trouve : Observations
sur la maladie contagieuse qui règne en Franche-Comté parmi les bœufs et les vaches ; Besançon, 1744, in-4°.
128. GHARLIER (Pierre) (1815-1893). Né et mort à Boult-sur-Suippe (Marne), il était fils d’un maréchal ferrant. Se destinant à la profession de son père, il fit son apprentissage sous sa direction, puis vint à Paris dans l’atelier de Bouley aîné. Celui-ci, cédant à l’estime que Charlier inspira toujours à ceux qui le connurent,, le fit entrer comme élève à l’Ecole d’Alfort. Il pratiqua d’abord à Fère-en-Tardenois (Aisne), et ses observations le portèrent à publier : De l'hgdroèmie anémique ou cachexie aqueuse du cheval , el de la congestion sanguine apoplectique du mouton , Reims, 1845, in-8° ; puis Instructions aux cultivateurs sur les coliques du cheval et sur les météorisations des ruminants . Il fut un des promoteurs les plus actifs de l’emploi de la ponction de l’intestin dans les cas de tympanite chez le cheval. Un de ses principaux titres consiste dans son procédé de castration de la vache et de la jument par le vagin (1849). Si les instruments ingénieux, mais complexes et coûteux, qu’il avait imaginés ont été supplantés par de plus simples, son initiative tenace et désintéressée n’en a pas moins porté ses fruits. Vers 1855, Charlier vint s’établir à Paris, y créa deux établissements de maréchalerie et fut nommé vétérinaire des Petites-Voitures. Il inventa un mode de ferrure, qu’il appela ferrure pèriplantaire et qui est plus connu sous le nom de Ferrure Charlier. Fondée sur les principes de Lafosse, cette ferrure a contribué pour une large part, en France au moins, aux progrès réalisés par la maréchalerie. Charlier était membre titulaire de la Société centrale de médecine vétérinaire, membre cor-
respondant de la Société nationale d’agriculture et chevalier de la Légion d’honneur.
129. CHAUMONTEL (André-Thomas-Jean, comte de). Né à Caen en 1752, il entra à l’École d’Alfort en 1782 et •en sortit en 1787, pour être envoyé en remonte en Normandie. A la Révolution, il suivit les princes en émigration. Rentré en France en 1797, il fut nommé, par le Directoire, professeur à l’École d’Alfort, où il occupa pendant dix ans la chaire de clinique. Il dirigea ensuite une ferme à Créteil, à peu de distance de l’École. Il a publié un certain nombre d’observations dans la Correspondance de Fromage de Feugré et fut l’un des principaux rédacteurs du Cours complet d' agriculture pratique de l’abbé Rozier (1809). La Société d’agriculture de Paris, à laquelle il avait envoyé plusieurs observations cliniques, le nomma membre titulaire. Avec Chabert et Fromage de Feugré, Chaumontel a publié encore : De /’ importance de l'amélioration des chevaux en France, et Projet économique d'un système d' encouragement perpétuel des haras, 1805. A la rentrée des Rourbons, il fut nommé colonel avec le titre de comte, mais il mourut peu après, le 23 octobre 1814. (Voy. la Notice historique sur Chaumontel, par Goubaux : Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire, 1890.)
130. CHAVASSIEU D’AUDEBERT (M.). Médecin de la Faculté de Paris; pratiqua à Versailles et à Paris. Parmi ses écrits se trouvent : Des exanthèmes épizootiques et particulièrement de la clavelée et de la vaccine rapprochées de la petite vérole humaine. Thèse de Paris, 1803, in-8°. — Exposé des températures, ou les influences de l'air sur les maladies et la condition de l'homme et des animaux', Paris, 1803, 3 tableaux
in-folio; — Des inondations... on Traité de l' humidité par rapport à l'homme et aux animaux ; Paris, 1806, in-8° ; — Parallèle entre la peste des animaux et celle de l'homme (Journal général de médecine, 1807).
131. CHIAVERINI (Luigi) (1777-1834). Médecin napolitain. Il jouissait d’une grande réputation quand, vers 1812, le gouvernement de Murat, désirant établir une école vétérinaire, le choisit pour l’envoyer en France étudier celles de Lyon et d’Alfort. En 1815, il fut rappelé dans son pays par Ferdinand IV, qui venait de rentrer à Naples, et fut placé à la tète de l’École vétérinaire tout nouvellement fondée ; il y fut chargé de l’enseignement de la pathologie spéciale. Cliiaverini remplit ses fonctions avec beaucoup de distinction pendant près de vingt années (E. Beaugrand). Parmi ses écrits, nous trouvons : Essai d'analyse comparative sur les principaux caractères... de l'inielligence et de l'instinct ; Paris, 1815, in-8° ; — Fondamenti delta medicina generale o comparative ; Naples, 1816, in-8°, 32 p. ; — Dell' oggello délia medicina comparativa....] Naples, 1818, in-8°, 40 p. ; — Fondamenti delta farmacologia tercipeulica comparaliva ; Naples, 1819, 3 vol. in-8°.
132. CHOMEL (J ean-Baptiste-Louis). Membre d’une célèbre famille de médecins français, mort en 1765. Il fut médecin ordinaire du roi et doyen de la Faculté de médecine de Paris. Il semble s’être adonné particulièrement à l’histoire de la médecine en France. Nous relevons dans son œuvre : Lettre d'un médecin de Paris à un médecin de province , sur la maladie des bestiaux ; Paris, 1745, in-8°, 28 p. (Il s’agit de la peste bovine.)
133. CLARK (Bracy) (1770-1860). Célèbre vétérinaire anglais, né à Londres; un des premiers élèves du collège vétérinaire fondé dans cette ville en 1790 par Vial de Saint-Bel. Après la mort de celui-ci, il fut élève de Coleman et reçut son diplôme en 1794. Il voyagea alors pendant deux ans sur le continent et visita entre autres
Gœttingue et Copenhague. Grand amateur d’histoire naturelle, il fit sur les OEstridés d’intéressantes et bonnes observations, qu’il communiqua en 1796 à la Société linnéenne de Londres [Observations on the genus OEstrus), et qui furent plus tard réimprimées. Après la chute de Napoléon, il fit un long séjour en France et finit même par se fixer à Passy, près de Paris. Avec Grépin, Gruzel, Dupuy, U. Leblanc et plusieurs autres vétérinaires, il fonda en 1830 le Journal cle médecine vétérinaire théorique et pratique. Il retourna à Londres en 1836 pour y rester définitivement. Il eut presque aussitôt avec Youatt une polémique extrêmement vive, qui fit beaucoup de bruit en son temps, et où Bracy Clark manifesta un caractère fort acerbe. Ce fut à peu près la fin de sa carrière active, qui a été marquée par de nombreux travaux portant spécialement sur la physiologie du pied, son hygiène et sa ferrure. Un de ses mérites est d’avoir appelé l’attention sur l’élasticité du sabot, à propos de laquelle il a institué d’ingénieuses, expériences, mais qu’il a fort exagérée.
Nous citerons, parmi les ouvrages qu’il a publiés : Index of the sectional figure of the Horse..; Londres, 1813, in-4°, 24 pages (Index de la figure sectionale du cheval); — An Essag on the Gripes of the Morses \ Londres, 1816, in-4, 24 pages (Sur la grippe du cheval); — Pliarmacopœia equina; Londres, 1819, in-4, 34 p. ; 2e éd, 1823 {Pharmacopée vétérinaire ; Paris, 1829, in-12, 96 p., 2 pl.) ; — On the Knowledge of the âge of the horse ; Londres, 1826, in-4, 16 p. (Age du cheval) ; — A sériés of original experiments of the foot of the living
horse ; Londres, 1809, in-4 (Expériences sur le pied
du cheval); — Stereoplea or the ariificial defence of the Morse' s hoof considered ; Londres, 1817, in-4, 38 p. ;
2°éd, 1832 (Protection du pied du cheval); — Recherches
sur la construction du sabot du cheval ; Paris, 1817,
in-8°; — Hippodonomia ; Londres, 1829, un vol.in-4; — A sport history of ihe celebratecl race-horse Eclipse; Londres, 1827, in-4°, 4 pages.
134. CLARK (James). Maréchal des écuries du roi Georges III, en Éposse, titre purement honorifique sans doute. 11 a publié un traité de ferrure, dont la 3e édition a paru à Edimbourg en 1782 ( Observations on the shoeing of horses..., in-8°) et un ouvrage sur les maladies du cheval (A treatise of the prévention of diseuses incidental to horses... ; Edimbourg, 1888, in-8°). Ce dernier livre mérite l’estime qu’il a rencontrée ; il a été traduit en allemand.
135. CLATER (Francis). Vétérinaire anglais, né vers 1754 dans les environs de Nottingham. Placé chez un maréchal-hippiatre de cette ville, il y resta même après que son apprentissage fut terminé ; mais il paraît s’y être surtout occupé de la préparation et de la vente des médicaments destinés aux chevaux et aux autres animaux de la clientèle. Il continua de s’adonner à cet art quand il s’établit à Newark, puis, en 1784, à Retford. Il tirait quelque vanité de son habileté de pharmacien et son principal ouvrage s’est augmenté de près de cent recettes nouvelles de sa composition. Il n’entendait guère, d’ailleurs, la maréchalerie et n’en parle que superficiellement. C’est en 1783 qu’il fit paraître à Newark son Euery man his own farrier, in-8u (« Chacun son propre vétérinaire »). Ce livre eut un tel succès que la vingtdeuxième édition paraissait en 1813, la vingt-cinquième en 1826 (celle-ci augmentée d’un traité pratique des principales maladies des chiens). Il fut traduit en français par Prétot {Le vétérinaire domestique, ou l'art de guérir
soi-même ses chevaux ; Paris, 1822), en russe et en allemand. C’est une sorte de « Vétérinaire populaire », qui dut sa vogue à sa simplicité et à l’accord qu’il réalisait entre l’ignorance de l’auteur et celle de ses lecteurs. Clater a aussi publié, en 1810, un Fvery mari his own caille clodor, destiné aux propriétaires de bétail; mais le succès de ce livre fut bien loin d’atteindre celui de son aîné.
136. CLÉMENT (E.) (1813-1 888). Élève de l’École d'Alfort; y resta comme chef de service de physique, chimie et pharmacie, sous le professeur Lassaigne d’abord, sous Saunier ensuite. Il fut retraité en 1873, sans avoir produit, dans sa longue carrière, d’autres travaux que quelques analyses chimiques d’occasion et des articles de compilation pour des sujets de chimie dans le Nouveau Dictionnaire de Bouley et Reynal.
137. CLERC (Nicolas Gabriel), puis Le Clerc (1726-1793). Littérateur et médecin distingué, né à Baumc-les-Dames, en Franche-Comté. 11 fut médecin des armées françaises en Allemagne pendant la guerre de sept ans et pratiqua dixsept ans en Russie, où il avait été appelé par l’impératrice Elisabeth. A son retour en France, il remplit d’importantes missions et fut anobli. Parmi ses nombreux ouvrages se trouve un Essai sur les maladies contagieuses du bétail , avec les moyens de les prévenir et d'y remédier efficacement ; Paris, 1766, in-8°, 63 pages.
138. CLOT (Antoine-Bartiiélemy), dit Clot-Bey( 1793-1 868). Docteur en médecine et en chirurgie de la Faculté de Montpellier, il entra, en 1825, au service de Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte, avec le titre de chirurgien en chef des armées. Il fonda l’Hôpital-École d’Abou-Zabel, ù quelques lieues du Caire, et réussit à y adjoindre ensuite une école de pharmacie, une école vétérinaire et une école de sages-femmes (1832). En 1837, cet établissement fut transféré au Caire, où,
après la mort de Méhémet-Ali, il finit par péricliter, puis par disparaître, malgré les efforts de Clot-Eey. Ce médecin actif et habile était décoré d’une foule d’ordres et appartenait à nombre de sociétés savantes de l’Europe (Voy. Hamont).
139. CLOWER (Joseph) (1725-1811). Vétérinaire anglais, fils d’un maréchal ferrant de Norwich; fut lui-même maréchal jusqu’à l’àge de quarante ans, et ne se distingua guère d’abord de ses confrères que par plus de jugement, moins de routine et plus de succès dans le traitement des animaux qu'on lui amenait. Vers 1750, le hasard le mit en rapport avec le savant médecin Ivirwan Wright, qui le dirigea dans l’étude du latin et des mathématiques. 11 y fit de tels progrès ({lie la Société de Norwich pour le progrès des mathématiques et des sciences expérimentales l’admit dans son sein et que sa réputation d’homme instruit dépassa beaucoup le cercle de Norwich. En 1765, il quitta la forge pour se livrer exclusivement à lapratiquede l’art vétérinairejusqu’en 1781 , date où l’affaiblissement de sa santé le contraignit au repos. 11 faisait des conférences de médecine vétérinaire, mais n’a rien voulu écrire. Toutefois le tome II des Cas chirurgicaux de Gooch contient une lettre de lui, dans laquelle il décrit un appareil de son invention pour remédier aux ruptures de tendons et aux fractures des membres chez les chevaux. Dans le bulletin de la Société de Norwich, se trouve aussi une communication de Clower, qui décrit l’évolution du Gaslrophilus equi , faisant ainsi sur ce sujet, bien avant Bracy Clark, les premières observations scientifiques.
HO. G0BB0LD (T. Spencer) (1829-1886). Célèbre helminthologiste anglais. Après avoir terminé ses études à l’Université d’Edimbourg, il fut nommé curateur du musée anatomique de cette université et remplit cette charge jusqu’en 1856, époque où il quitta Edimbourg pour venir se fixer à Londres. Sa notoriété en helminthologie le fit rechercher d’un grand nombre de sociétés scientifiques de la Grande-Bretagne et de l’étranger. 11
était, entre autres, membre de la Société royale de Londres depuis 1864. Il était aussi attaché à l’enseignement médical de plusieurs hôpitaux et, depuis 1872, professeur d’helminthologie et de botanique au Royal veterinary College. Cobbold a fait, sur sa science de prédilection, un grand nombre de communications ou de mémoires qui ont paru dans les publications de la Société linnéenne et de la Société zoologique de Londres, dans The Lancet, The Medical Times, The Veterinarian, etc. Ses principaux ouvrages sont : Enlozoa : an introduction to the study ofHelminthology ; Londres, 1864, in-8°; Supplément, 1869; — Worms : a sériés of Lectures on practical Helminthology ; Londres, 1872, in-8°; — The internai parasites of our domesticated animais; Londres, 1873, in-8°; — Parasites. A treatise on the Entozoa of man and animais ; Londres, 1879, in-8°.
141. C0GR0SSI (Charles-François) (1681-1740). Médecin italien, né à Crème (Vénétie); il fit ses études médicales à l’Université de Padoue, où il fut pourvu d’une chaire en 1710. Dans une lettre à l’illustre Vallisnieri (Nuova idea del malo contagioso de buoi; Milan, 1714, in-12), il attribue la propagation de la peste bovine à des insectes invisibles qui s’attacheraient aux bœufs : il y a là quelque vue théorique de la doctrine microbienne.
142. COLEMAN (Edward) (1765-1839). Originaire du comté de Kent, il fut élève du chirurgien Ivite, à Gravesend, et resta sept ans auprès de lui. En 1789, il vint à Londres pour continuer ses études sous la direction du célèbre chirurgien Cline. Il fit là de bonnes expériences sur l’asphyxie et son mémoire sur ce sujet lui valut une médaille d’une société savante. Au bout de deux ans, il se mit à pratiquer la chirurgie pour son propre compte.
Cela dura peu de temps. Eu 1793, à la mort de Saint- Bel, sur la recommandation de Cline et de l’illustre Hunter, Coleman fut nommé professeur au Collège vétérinaire de Londres. Il eut bientôt surmonté les •difficultés du début, et ne tarda pas à s’affirmer par sa nouvelle théorie sur les fonctions des diverses parties du sabot et le meilleur mode de ferrure qui s’ensuit, théorie qu’il exposa dans l’ouvrage intitulé : Observations on the structure , economy and diseuses of the foot ofthe horse....) Londres, 1798-1802, 2 vol. in-4°. En 1800, il avait publié un mémoire sur le rôle de la fourchette et l’emploi d’une fourchette artificielle : Observations on the formation and uses ofthe natural frog ofthe horse with a
description of a patent arlificial frog ; Londres, in-8°,
22 pages. Ses idées sur la ferrure réunirent de nombreux partisans, mais rencontrèrent aussi des contradicteurs parmi les vétérinaires. Bracy Clark, directement ou par la plume de son neveu Charles Clark, ne lui ménagea pas les critiques. Néanmoins, le système de Coleman •eut la vogue et son auteur ouvrit en trois endroits différents de Londres des ateliers pour l’appliquer sous la direction de vétérinaires instruits par lui. Il réussit à le faire adopter par l’armée anglaise.
La notoriété et la considération qu’il s’était acquises, Coleman les fit servir au développement et à l’amélioration du Collège vétérinaire. Il obtint pour les vétérinaires de l’armée le rang d’officier (1797) et attira ainsi au Collège vétérinaire des élèves de classe plus élevée. Peu de temps après, il fut nommé lui-même vétérinaire en chef de l’armée et s’employa activement à améliorer l’hygiène des chevaux. Il s’attacha à obtenir des écuries plus vastes et plus aérées et diminua beaucoup les pertes causées par la morve et le farcin. Il était
membre d’un grand nombre de sociétés savantes et vivait sur le pied d’une grande familiarité avec les médecins et les chirurgiens les plus célèbres, tels que Jenner, Ch. Bell, Brodie, etc. ; il était aussi lié d’amitié avec Astley Cooper, qu’il avait connu chez Cline. En somme, la vie de Coleman a été utile à la profession, plus qu’à la science vétérinaire, par la grande considération qui l’entourait et par l’activité intelligente qu’il n’a cessé de déployer.
143. COLERUS (John) (15.. .4639). Né à Goldberg (Silésie),, auteur de nombreux écrits populaires, publiés de 1592 à 1599, sur l’élevage des divers animaux domestiques et le traitement de leurs maladies. Ils ont eu, dans leur temps, un grand succès.
144. COLLAINE (Louis-Victor). Vétérinaire français du commencement du xix° siècle ; fît ses études à l'Ecole d’Alfort, et entra ensuite comme vétérinaire militaire dans l’armée qui fit la campagne de Hollande en 1805. Au temps de la domination de Napoléon en Italie, il fut professeur à l’Ecole vétérinaire de Milan (de 1807 à 1813). Il revint ensuite en France pour y exercer à Metz sa profession. Il a publié de nombreux écrits : Sur l'état actuel de l Ecole nationale d'économie rurale vétérinaire d'Alfort, Paris, 1803, in-8° (en collab. avec T. Hérouard) ; — Instruction sur le claveau , Metz, 1814; — Du marasme épizootique. ..., Metz, 1817; — Tableau de La vie du cheval divisée en trois périodes , Metz, 1825; — Essai lippogènèsique et
hipposialique du cheval (lithogr.), Metz, 1828 ; —
Essai sur les races de chevaux, Metz, 1832; — Moyens de conserver la santé des cochons...., Metz, 1840. Mais Collaine est surtout connu par son Compte rendu à la
Société cl acj vieilli ave du département de la Seine d'une expérience tentée et des succès obtenus contre la morve et le farcin cjui infectaient depuis dix-huit mois les chevaux du 22e régiment de dragons ; Paris, 1810. Il prétendait guérir la morve par l’administration du soufre à très hautes doses. Sa méthode reçut l’approbation d’une commission de la Société d’agriculture, composée de Desplas, Huzard et Tessier, et elle fît grand bruit en son temps. Barthélemy aîné avait déclaré que les expériences qu’il avait faites à la clinique de l’Ecole d’Alfort étaient confirmatives de celles de Collaine. Dupuy soutint le contraire, et la méthode de traitement de la morve et du farcin par le soufre tomba dans l’oubli qu’elle méritait.
145. COLUMBRE (Agostino). Hippiatre italien, né dans le quinzième siècle, auteur d’un ouvrage d’hippiatrie intitulé : Incomincia il libro (de Manuschantia) de maistro Augustino Columbre, maneschalcho deSancto Severo, Venise, 1518, in-4. Cel ouvrage a eu plusieurs éditions, qui portent, avec quelques changements, le titre de la seconde : I tre libri delta natura de i cavalli , et del modo di medicar le loro infirmita .(Venise, 1547. 1561, 1622). Rien ne paraît justifier l’opinion de ceux qui ne veulent voir dans Columbre qu'un prête-nom.
146. COLUMELLA (Lucius Junius). Célèbre agronome romain, né à Gadès (Cadix); vivait sous l’empereur Claude. Il avait, dit-on, étudié la médecine dans les écrits de Celse, son contemporain, et il appliqua ses connaissances médicales aux maladies des animaux domestiques. Propriétaire de grands biens, il se passionna pour l’agriculture et ses progrès. C’est le plus savant agronome de 1 antiquité; mais, de tous ses ouvrages, il ne nous en reste que deux : De re ruslica et De arboribus. Le premier, le seul qui nous intéresse, est
divisé en douze livres, dont le sixième etle septième sont •consacrés aux animaux domestiques, à leur hygiène, à leur reproduction, à leurs maladies, aux traitements qui leur conviennent. La partie relative au cheval est fort écourtée ; mais les descriptions des maladies des bêtes bovines sont certainement les meilleures que nous ait laissées l’antiquité. C’est dans le De re rustica que se trouve la première mention du mot veterinarias, appliqué aux personnes qui traitent les animaux domestiques.
147. CONDE (Pedro Garcia). Hippiatre espagnol du xvne siècle, attaché aux écuries du roi Charles II, auteur de Verdadera Albeyterici , Madrid, 1G85, in-folio; 3° édition, Barcelone, 1734, in-folio. Il fut un des meilleurs vétérinaires de sou temps et son livre témoigne d'une expérience judicieuse.
148. CONSTANTIN VII, surnommé Porphyrogénète (905-959). Empereur d’Orient. C’est sous le règne et par l’ordre de cet homme éclairé que fut réunie, par un auteur ignoré, la collection des hippiatres grecs, désignée sous le nom d'Hippicitrique. Nous lui devons donc presque tout ce nous connaissons de la médecine vétérinaire des Grecs. h'Hippialrique est divisée en deux livres, qui comprennent ■environ 1 1 8 chapitres, et elle renferme des fragments de vingtcinq écrivains. Apsyrle est celui dont on a recueilli le plus grand nombre d’articles (121 sur 420 que compte la collection). Puis vient Hiéroclès avec 107 articles. L 'IJippiatrique a été imprimée en latin, en grec, en italien, en français, en espagnol et en allemand. La première édition est en latin ; elle a été faite en 1528 par Jean Ruel, d’après les ordres de François Ie1'. L’édition française est due à Jean Massé et date de 1563.
149. CORVINI (Lorenzo) (1812-1886). Né à Milan, docteur ■en médecine et en chirurgie de l’Université de Pavie ; lit en-
suite ses études de médecine vétérinaire à l’École de Milan, où il fut, l’année suivante (1848), nommé répétiteur. En 1859, il obtenait la chaire de professeur de pathologie générale et d’anatomie pathologique, qu’il quittait en 1870 pour celle de thérapeutique et de botanique. En 1876, il fut nommé directeur de l’École et prit sa retraite en 1880. En 1854, il avait fondé II Velerinario , journal qui parut seulement pendant cinq années ; et, de 1876 à 1878, il dirigea le journal de l'École de Milan ( Archivio tli Medicina velerinario). Dans ces deux publications, il a donné un grand nombre d’analyses de travaux allemands et français. 11 a publié aussi plusieurs mémoires sur la peste bovine (1864), l’inspection des viandes (1856), la trichinose (1866), la ladrerie (1875), etc. Il remplissait à Milan diverses fonctions publiques importantes, en rapport avec ses connaissances spéciales.
150. COTHENIUS (Christian Andréas von) (1708-1789). Médecin prussien, qui a occupé dans sa patrie, et particulièrement à Berlin, des emplois importants etde hautes situations. Il a publié, en 1768 : « Pensées sur la nécessité d'une école vétérinaire , avec des projets sur la manière de l'établir. Dressé à la réquisition du Grand Directoire royal et soumis à l’Académie royale des sciences et belles-lettres. » Il s’écoula vingt années avant que cette idée fût réalisée à Berlin.
151. COZE (Pierre) (1754-1821). Médecin français, qui après avoir longtemps fait partie du service de santé de l’armée, fut professeur de clinique et mourut doyen de la Faculté do médecine de Strasbourg. 1 1 a écrit des mémoires intéressants •sur la topographie médicale, la météorologie, l’agriculture •et la médecine vétérinaire. Ceux qui concernent cette dernière ont pour titres : Recherches sur l'usage des viandes provenant des bœufs atteints de typhus ; — Recherches sur le tabes ou fièvre hectique des vaches. (Mémoires de la Société des sciences, agriculture et arts de Strasbourg.)
152. CRACHET (Pierre-Marie). Vétérinaire français, fils d’un maréchal ferrant de Nilles-les-Bléquin, près de Saint- Omer. Il avait suivi les cours de la faculté de médecine de
Montpellier, mais il ne paraît pas en avoir tiré grand profil. En 1793, il publie à Paris un mémoire in-8° de 60 pages ayant pour titre : « Exposition d'une nouvelle doctrine sur la médecine des chevaux , offrant les moyens de prévenir avec certitude, de guérir malgré leur violence ou leur malignité, des maladies qui avaient toujours passé pour des fléaux, quasi
nécessaires, insurmontables » Il en donna une 3° édition
en 1798. Il s’agit de la morve et des effets qu’il attribue à l’opium dans le traitement de cette maladie; il rapporte le mérite de sa découverte à son père. En 1794, il s’intitule, sur un manuscrit que possédait Huzard : « Inspecteur général des chevaux de la République». En 1802, il publia encore : Des esquinancies simples , malignes, contagieuses el épizootiques, reconnues et observées pour la première fois chez les chevaux, les bêtes ci cornes el les porcs... ; Paris, in-8°, 16 pages.
153. CRÉPIN (Jean-Baptiste) (1788-1866). Vétérinaire français, né à Avensan (Gironde). Sorti diplômé d’AIfort en 1811, il entra dans l’armée et fit, en qualité de vétérinaire, les dernières campagnes de l’Empire. Il quitta le service en 1825 pour s’établir à Paris. Avec Bracy Clark, Delaguette, Godine jeune et U. Leblanc, il fonda en 1830 le Journal cle médecine vétérinaire théorique et pratique. Il y fit paraître un certain nombre d’observations intéressantes : sur les larves de gastrophiles fixées dans l’arrière-bouche, sur l’affection typhoïde, sur la saignée, sur un cancer (?) de l’estomac, sur le tétanos du cheval, etc. Il était depuis 1826 membre de la Société de médecine de Paris et de la Société médicale d’émulation. Un des fondateurs (1844) de la Société vétérinaire du département de la Seine, devenue la Société centrale de médecine vétérinaire, il en devint le secrétaire général en 1845. Il remplit cette fonction jusqu’en 1848, époque où il fut appelé à la présidence. En 1855, il fut nommé membre
de la Commission d’hygiène hippique et décoré un an après. Parmi ses travaux, d’ailleurs peu nombreux, il faut rappeler encore un des meilleurs : son rapport sur la ferrure podométrique ( Recueil de médecine vétérinaire , 1845). Ses écrits sont remarquables par la vigueur du style, la finesse d’esprit et l’intensité d’ironie. (Une Notice nécrologique sur Crépin a été lue par H. Bouley à la Société centrale de médecine vétérinaire en 1867).
154. CRÉQUI (Gaspard de) (1715-1785). Ancien officier de cavalerie, membre de plusieurs sociétés savantes. Lors de l’épizootie de peste bovine de 1745, il fit, sur la propagation de cette maladie, des expériences dont il publia la relation ; celle-ci fut traduite en allemand.
155. CRESCENZIA (Pietro di) (1240-1320). Naturaliste italien du moyen âge, né à Bologne. Sur l’invitation de Charles II, roi de Sicile, il composa, en 1303, un traité d’économie rurale ( Opus ruralium commodorum ), remarquable pour son époque et exempt de préjugés qui étaient encore vivaces trois cents ans après. Il fut traduit en français en 1373, par l'ordre du roi de France Charles V. Ce fut un des premiers livres qui sortirent des presses, lors de l’invention de l’imprimerie. La plus ancienne édition latine est d’Augsbourg, 1471 , in-folio ; une autre parut à Strasbourg la même année. La plus belle est celle de Louvain, 1474, in-folio. La première édition française, faite sur le manuscrit de Charles Y, a pour litre : Prouffits champestres et ruraulx, louchant le labour des champs, vignes et jardins, etc. ; Paris, 1486, in-folio. Au neuvième livre de cet ouvrage, il parle du traitement des bœufs malades; mais, dans ce qu’il dit du cheval, il paraît avoir copié Jordanus Ruffus.
156. CRISTIN (Almerico) (18. .-1891). Professeur de zootechnie à 1 École vétérinaire de Turin et à l’Institut agricole de Florence, puis à l’École vétérinaire de Naples et à l’École d’agriculture de Porlici. Il devint, pendant quelque temps, directeur de ces deux derniers établissements. Il a publié
plusieurs travaux importants sur l’élevage et l’amélioration du bétail des provinces méridionales de l’Italie, un traité d’extérieur et de nombreux articles sur les matières de son enseignement dans Enciclopeclia medica italiana.
157. CRÛS (Giovanni). Vétérinaire lombard, d’origine française, diplômé de l’École de Lyon en 1805. Il fut, sous le régime napoléonien, vétérinaire de la garde du vice-roi d’Italie et professeur d’hippiatrique à l’école de cavalerie de Lodi. Après 1814, il se retira à Milan, où il exerça sa profession jusqu’à sa mort. Il a publié, entre autres travaux, un traité d’extérieur : Dellci conformazione esteriore del cavallo ; Milan, 1824.
158. CRÛS (Carlo). Fils du précédent, diplômé aussi de l’École de Lyon, en 1836, et vétérinaire à Milan; mort en 1852. Il a traduit en italien le Traité du pied de J. Girard, en 1838,. et le Traité de l'ûye de F. N. Girard, en 1845.
159. CRUZEL(Jean) (1798-1874). Vétérinaire français, sorti diplômé de l’Ecole de Lyon en 1820. Il s’établit à Grenade (Haute-Garonne), son pays natal, et y pratiqua la médecine vétérinaire pendant un demi-siècle. Presque dès ses débuts, il prit place parmi ceux qui enrichissaient nos annales de leurs observations. Les siennes portent presque exclusivement sur la pathologie bovine. Un les trouve soit dans le Journal de médecine vétérinaire théorique et pratique , dont il fut un des fondateurs en 1830, avec Bracy Clark, Crépin, Delaguette, etc., soit dans le Recueil de médecine vétérinaire, soit surtout dans le Journal des vétérinaires du Midi. Le résultat de sa longue expérience se trouve exposé dans son Traité pratique des maladies de l'espèce bovine-, Paris, 18G9, in-8°. Cet ouvrage, fruit d’une science médiocre, mais marqué au coin delà pratique rurale, a été fort goûté des vétérinaires. Une 2e et
3e édition, refondues, en ont été données par F. Peucli (1883, 1892). Cruzel avait publié aussi : La loi sur les vices rédhibitoires expliquée et mise à la portée des propriétaires de bestiaux ; Toulouse, 1852, in-12, 208 p.
160. CUSAC PEREZ (Manuel). Vétérinaire espagnol, d’origine française, né à Yecla en 1785, mort en 1861. A publié à Madrid, en 1822, des Elementos de medicina praclica veterinaria, in-8°, 327 p.
161. DAIGNAN (Guillaume) (1732-1812). Médecin distingué, très estime en son temps; fut médecin des armées, puis du roi Louis XVI. Parmi ses ouvrages, très variés, se trouve : Mémoire sur /’ épizootie de la châtellenie de Berg lies ; Paris, 1778.
162. DAMALIX aîné (Claude-Ignace) (1747-1822). Vétérinaire français, né à Rioz, près de Vesoul. Il entra en 1768 à l’École de Lyon et acheva ses études à Alfort en 1772.. Nommé garde-visiteur des haras de Franche-Comté, il conserva cet emploi jusqu’en 1790, où la place fut supprimée. En septembre 1792, il fut attaché comme inspecteur vétérinaire à l’armée de réserve du Midi, puis à celle de Rhin et Moselle. De retour dans ses foyers en 1795, il fut, en 1805, nommé vétérinaire du dépôt d’étalons établi à Resançon, et prit sa retraite en 1818. En 1782, la Société royale de médecine lui avait décerné une médaille d’or pour récompenser le zèle avec lequel il avait combattu quelques épizooties. Il devint, en 1799, membre de la Société d’agriculture du Doubs, nouvellement fondée, et correspondant de la Société nationale d’agriculture de Paris. Outre un grand nombre de mémoires et de rapports adressés au ministère de l’intérieur et à diverses sociétés d’agriculture, on a de lui :
Coup d'œil sur l'élat actuel des haras de Franche-Comté ; Besançon, 1790, in-8°. C’est un plaidoyer de 31 pages, en faveur de l’ancienne administration. (Cet opuscule fut l’objet
<lc critiques mordantes dans un pamphlet attribué à Brazicr et qui a pour titre : Entretien de Lamesia (malaisé) avec Ximalad Liéna (Damalix l’aîné), in-8°); — Notice et observations sur les haras de la ci-devant province de Franche- Comté \ Paris, 1819, in-8° (Biogr. Didot).
163. DAMOISEAU (Louis) (17.. -1832). Vétérinaire français, diplômé d’Alfort en 1792. 11 exerça d’abord sa profession à Chartres, fut plus lard vétérinaire du haras du Pin. En cette qualité, il accompagna la mission envoyée en Syrie avec De Portes, directeur de ce haras, pour y acheter des étalons arabes (1818). Il fit de ce voyage une relation qui fut publiée après sa mort ( Voyage en Syrie et dans le désert par feu Damoiseau ; Paris, 1833, in-8°) et traduite en allemand (1842) dans des journaux spéciaux. A son retour, il fut nommé inspecteur vétérinaire. En 1825, il publia un Rapport sur la maladie épizootique régnante (affection typhoïde). On lui doit aussi des travaux sur différents sujets de médecine vétérinaire dans les bulletins des sociétés d’agriculture.
164. DAND0L0 (Alyise Ou. Francesco). A publié : Tratlato sopra le qualità del buon cavallo , F infermilù che l'occorrono , li remedii in esse sperimentati', Padoue, 1722, in 4°.
165. DAND0L0 (Vincenzo) (1758-1819). Chimiste et pharmacien vénitien distingué. 11 fut nommé gouverneur de la Dalmatie par Napoléon Ier, et occupa ce poste de 1805 à 1809. 11 rendit à son pays d’importants services politiques, s’occupa beaucoup d’agriculture et publia, sur ce sujet, de nombreux travaux. Il fut nommé comte et sénateur, membre de l’ordre de la Couronne de fer, membre de l’Institut italien. Parmi ses écrits, nous relevons les suivants relatifs à l’élève du mouton : Del governo dette pecore spaynole ed italiane ; Milan, 1804,in-8°; — Dette malattie dette pecore , de mezzidi preservarle , edeyli indizi dette loro malattie ; Padoue, 1806, 28 pages.
166. DARREAU (Louis-François) (1806-1858). Vétérinaire à Courtalin (Eure-et-Loir). Inventeur de crochets cl repoussoirs pour obstétrique [Recueil de médecine vétérinaire, 1852).
167. DAUBENTON (Louis-Jean-Marie) (1716-1799). Célèbre naturaliste français, né à Montbard, en Bourgogne. Ayant étudié les sciences naturelles et la médecine, il se fît recevoir docteur à Reims et retourna dans sa ville natale pour s’y livrer à l’art médical. Bulïon, son compatriote et alors son ami, le fit venir à Paris et, trois ans après (1750), nommer garde et conservateur du Cabinet d’histoire naturelle. Daubenton fournit à Bulïon, qui ne lui en fut pas reconnaissant, une somme énorme de matériaux originaux pour son grand ouvrage. En 1778, il fut chargé de la chaire d’histoire naturelle, nouvellement créée, au Collège de France, et, en 1783, il fut nommé professeur d’économie rurale à l’École d’Alfort.
C’est à son zèle que la France est redevable de l’amélioration des laines par l’intermédiaire des mérinos espagnols. Il s’efforça aussi de répandre partout des pratiques judicieuses sur l’élevage du mouton. Son Instruction pour les bergers et pour les propriétaires de troupeaux { Paris, 1782, in-8°)a été fort répandue et traduite en plusieurs langues ; la 5e édition est de 1821, avec des notes de Huzard. En 1810, il en a été publié un Extrait ou catalogue des bergers ; 5° édition, 1822,
avec notes de Huzard. Les Mémoires de /’ Académie des sciences de 1768 à 1785, et les Mémoires de la Société de médecine, de 1777 à 1781, contiennent de nombreux travaux de Daubenlon sur l’élevage des moutons, les qualités des laines, les remèdes à employer dans la médecine ovine, etc.
168. DAVAINE (Casimir-Joseph). Illustre médecin français, né à Saint Amand-les-Eaux (Nord), le 10 mars 1812; mort à Garches, près de Saint-Cloud, le 14 octobre 1882. Elève de Rayer, il prit auprès de lui le goût de la pathologie comparée. Bien qu’il n’eût jamais de fonctions rétribuées et qu’il fût obligé de se livrer à la pratique privée, il n’en a pas moins produit un nombre considérable de travaux, dont plusieurs sont de première importance. Ceux du début, qui se trouvent surtout dans les Comptes rendus et les Mémoires de la Société de biologie de 1849 à 1852, ont la plu-
part pour objet des observations de tératologie. Beaucoup aussi se rattachent plus spécialement à la médecine humaine.
Mais bientôt, dans la liste de ses publications, se pressent, de plus en plus nombreuses, celles qui sont relatives à l’helmintologie. Elles aboutissent au Traité des enlozoaires et des maladies vermineuses de l'homme et des animaux domestiques , paru en 1860, couronné par l’Académie des sciences et par l’Académie de médecine. Il a eu, en 1877, une nouvelle édition, qui n’est guère qu’une réimpression avec un supplément. Il a été traduit en anglais. La pathologie parasitaire, surtout celle de l’homme, forme le fonds de cet ouvrage, remarquable par son extrême érudition. Ce fut pendant longtemps le seul où l’on trouvât des renseignements précis et coordonnés sur les helminthes des animaux domestiques. Davaine n’a pas cessé d’étudier les questions d’helminthologie, dans des observations originales, articles de revue ou de dictionnaires, rapports, mémoires, etc. Ses Recherches sur V anguillule du blé niellé (1856) sont justement connues ; elles ont établi définitivement les caractères, les migrations et la physiologie remarquable du nématode qui détermine la maladie du blé connue sous le nom de Nielle. L’Académie des sciences a reconnu la valeur de ce mémoire en décernant à son auteur le prix de physiologie expérimentale. Le même prix lui avait été déjà attribué en 1854 pour ses Recherches sur la génération des huîtres. En 1879, l’Académie des sciences décernait encore à Davaine le prix de physiologie fondée par Lacaze, et la Société nationale d’agriculture de France le prix Béhague. Il était membre de l’Académie de médecine depuis 1868.
La plus importante découverte de Davaine est celle il u bacille du charbon, dont il a signalé en 1850 la présence dans le sang des moutons morts du sang de rate. S’il n'a pas immédiatement saisi toute la portée de celte observation, il a été plus tard un des premiers à établir le rôle essentiel de la « bactéridie » dans le développement du charbon. Il a rendu un nouveau service à la science en distinguant expérimentalement le charbon et les septicémies, qu’une communication de Leplat et Jaillard tendait à faire confondre (1865). Les questions de ce qu’on appelle aujourd’hui la microbiologie n’ont pas cessé de le préoccuper et de lui inspirer de nombreux et intéressants travaux. Il a été un véritable initiateur en ces matières. (Pour plus de détails, lire la Notice sur C.-J. Davaine , par A. Laboulbène : Société de biologie, 2 février 1884).
169. DEDELAY D’AGIER (Pierre-Claude) (1750-1827). Comte et pair de France, né à Romans (Drôme). Il appartenait à une famille noble, d’origine suisse. Il servit dans la cavalerie, puis se retira en 1780 avec le grade de capitaine. 11 se livra alors à l'agriculture progressive, fut élu député de la noblesse en 1789 et, comme tel, prit place dans les rangs des libéraux. Son rôle politique, toujours honorable, se continua sous la Terreur, sous l’Empire et sous la Restauration. 11 était membre de la Société d’agriculture de la Seine et, à l’Assemblée nationale, il soutint le projet de Lafosse, dont il avait suivi les leçons, de transférer à Paris l’École vétérinaire établie à Alfort. 11 a publié : Prospectus d'un cours complet d'hippotomie, ou anatomie du cheval , et de pathologie, avec un abrégé d'hippiatrique ; Nancy, 1778, in-8°.
170. DEFAYS (François-Joseph) (1819-1871). Professeur de clinique à l’École vétérinaire de Gureghem
mOGRAPHIES VÉTÉRINAIRES.
(Belgique). Fils d’un maréchal ferrant de Verviers très habile en son art, il fit des études humanitaires complètes à l’Ecole industrielle et littéraire de sa ville natale, suivit pendant une année les cours de la Faculté des sciences de l’Université de Liège, puis entra à l’École de Gureghem, d’où il sortit en 1847. Gratifié d’une bourse de l’État, il se rendit alors à l’École de Berlin pour y perfectionner pendant deux années son instruction pratique. A son retour en Belgique, au mois de décembre 1849, il fut nommé répétiteur de clinique à l’École de Gureghem ; en 1854, professeur extraordinaire, chargé du cours de pathologie chirurgicale et de médecine opératoire, qu’il conserva jusqu’en 1864, quand il fut promu au grade de professeur ordinaire. En 1868, il passa à la chaire de clinique devenue vacante parla retraite de Delwart. Il a publié de nombreuses observations dans L' Art médical belge et dans les Annales de médecine vétérinaire. La plupart de ses publications ont trait à l’orthopédie et à la ferrure, que son génie inventif a dotées de divers appareils. On connaît surtout son fer à pantoufle expansive et ses étaux dilatateurs contre l’encastelure (. Recueil de médecine vétérinaire, 1859), son histoire de la maréchalerie (1868) et le Manuel de médecine vétérinaire qu’il a publié en collaboration avec Husson et Verheyen(1852). Defays était membre de l’Académie de médecine de Belgique, de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles et de plusieurs autres sociétés savantes.
171. DELABERE BLAINE (1768(?)-1845). Célèbre vétérinaire anglais. Élevé par son grand-père maternel, il fut, à l’ûge de quatorze ans, placé sous la direction
F. -J. DEFAIS (1819-1871).
d’un médecin renommé du comté de Buckingham et ne le quitta que sept années plus tard pour entrer comme élève dans un hôpital. Il y resta jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans, aidant son maître, le docteur Haighton dans ses expériences de physiologie, faisant pour lui des préparations anatomiques et des dessins. Vial de Saint-Bel était alors premier professeur du collège vétérinaire nouvellement fondé à Londres et cherchait un aide pour enseigner l’anatomie. Cette place fut offerte à Delabere Blaine, qui l’accepta. Mais il n’y resta pas longtemps et alla s’établir comme médecin praticien dans le comté de Sussex. Au bout d’un an, il retourne à la médecine vétérinaire qu’il exerce et enseigne à Lewes. Il ne tarde pas à changer encore de direction, entre comme médecin dans un régiment de milice, puis comme chirurgien dans un régiment d’artillerie à cheval à Woolwich. Trois ans de service lui suffisent : il donne sa démission et s’établit à Londres comme chirurgien, ou plutôt comme vétérinaire. Il publie, en effet, un mémoire sur la maladie des chiens (. A concise description of the distemper in clogs ; with an account of an efficacious remedy for it; Londres, 1800) qui n’annonçait pas encore la future prééminence de son auteur dans cette branche de la médecine. Il donne ensuite une anatomie du cheval ( The ancitomy of the horse, Londres, in-fol.) avec 13 planches et remarques de physiologie, de pathologie et de chirurgie. Bientôt parurent The outlines of the veterinciry Art (Londres, 1802, 2 vol. in-8°), qui eurent un grand succès (4e édit, en 1834), furent traduits en allemand et en français [Notions fondamentales de l'art vétérinaire, ou principes de médecine appliquée à la connaissance de la structure, des fondions et de /’ économie du cheval,
du bœuf, de la brebis et du chien , etc. ; Paris, 1803, 3 vol. in-8°).
Sa notoriété dans la médecine des chevaux et des chiens lui attira une clientèle brillante et lucrative, qu’il servit pendant vingt ans et grâce à laquelle il put refuser les offres avantageuses qui lui furent faites pour aller aux Indes et en Russie.
Sa Canine P aihologg or a Description ofthe cliseases of dogs n’a pas eu moins de succès que ses Veterinarg outlines. La seconde édition date de 1824, la cinquième de 1852 et a été revue par son élève W. Mayer. Delaguette en a donné une traduction française : Pathologie canine ou Traité des maladies clés chiens, e te.; Paris, 1828, in-8°.
Delabere Blaine a encore publié Encgclopedia of rural sports ; Londres, 1840; beau vol. gr. in-8°, avec 600 gravures sur bois. Quant au Village Fcirrier (Vétérinaire villageois) paru sous son nom, ce n’est qu’une grossière spéculation d’un libraire, voulant écouler une édition du livre depuis longtemps oublié de Fr. Clater.
172. DELAFOND (IIenri-Mamert-Onésime). Professeur et directeur de l’École d’Alfort,un des plus grands noms de la médecine vétérinaire française. Fils d'un simple cultivateur, il naquit à Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre), le 13 février 1805, et, après ses études primaires, qu’il compléta plus tard, une fois entré dans l’enseignement, il fut reçu à l’École d’Alfort en 1823, y obtint, pendant ses quatre années de séjour, les premières récompenses, puis retourna dans sa ville natale pour y exercer sa profession. Un an après, il se présentait à un concours pour une place de chef de service de clinique, qu’il emporta sur ses compétiteurs. En 1833, un nouveau et
îr.-M.-O. DELAFOND
(i8o5-i8Gi).
très remarquable concours lui faisait obtenir la chaire de pathologie, thérapeutique et police sanitaire, devenue vacante.
Dès qu’il fut attaché à l’enseignement et jusqu’à sa mort, sa vie fut tout entière consacrée à l’étude et à l’observation. Dévoué à ses fonctions, passionné pour la science et en comprenant les exigences bien mieux que les meilleurs de ses collègues, doué d’une énorme puissance de travail, attentif, sagace, pénétrant, il a marqué sa carrière par des travaux dont le nombre rivalise avec la valeur. Il fut presque à ses débuts, un des rédacteurs du Recueil de médecine vétérinaire et y publiait des articles appréciés.
Son premier mémoire (Sur le croup dans les grands animaux domestiques) indique déjà les qualités solides qui seront plus tard la source de ses travaux. 11 est des tout premiers qui appliquent à la séméiologie vétérinaire la méthode de l’auscultation récemment découverte par Laennec, et il fait connaître les résultats de ses recherches dans une série d’articles du Recueil en 1829 et en 1830. Cette série se continue par les Recherches sur l'emphysème pulmonaire des chevaux [Recueil, 1832), où il montre que, dans les trois quarts des cas, la « Pousse » n’est que l’expression de l’emphysème pulmonaire à ses différents degrés; — par les Éludes sur les maladies des poumons et des plèvres des bêles bovines (1838), où il donne au diagnostic des affections thoraciques des bovinés une précision encore inconnue.
Pénétré de 1 utilité des livres classiques, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les praticiens, Delafond se considère comme tenu de combler les lacunes de notre littérature par des traités sur les
matières de son enseignement et il publie quatre ouvrages didactiques, qui cordonnent et résument la science, au moment de leur apparition.
Le premier est le Traité sur la police sanitaire des animaux domestiques ; Paris, 1838, 1 vol. in-8°. (Il a été traduit en allemand par Dittweiler). On y trouve tous les documents relatifs à la législation sanitaire, leur interprétation et la description des plus importantes maladies contagieuses. Malheureusement, l’idée doctrinale qui y domine est celle de la spontanéité, et Delafond y combat la notion de la contagion de la morve chronique. Deux ans auparavant, il s’était déjà affirmé dans ce sens par un mémoire de 72 pages {De la morve des solipèdes. Histoire de la morve, etc.).
La même année 1838 vit paraître aussi son Traité de pathologie générale vétérinaire (2e édition en 1855). C’est un livre excellent pour l’époque, qui sera longtemps encore consulté utilement et où il a placé, en les développant et complétant, ses remarquables recherches sur l’exploration de la poitrine. Viennent ensuite : 1° Traité de l'histoire naturelle et médicale des substances employées dans la médecine des animaux domestiques, fait en collaboration avec Lassaigne; Paris, 1841, un vol. in-8°; la 2e édition porte le titre de Traité de matière médicale et de pharmacie vétérinaires théorique et pratique-, Paris, 1853, un vol. in-8°; — 2° Traité de thérapeutique générale vétérinaire ; Paris, 1843-44, 2 vol. in-8°. (Il a été traduit en espagnol par Casas.)
A la suite d’une mission officielle, Delafond publie une Instruction sur la pleur o -pneumonie ou péripneumonie contagieuse des bêtes bovines de la vallée de Brag; Paris, 1840, in-8°; — et le Traité de la maladie de poitrine du gros bétail connue sous le nom de péri-
RIOGRAPIIIES VÉTÉRINAIRES.
SU
pneumonie contagieuse ; Paris, 1844, in-8°. Dans ces deux travaux, il a donné la démonstration aussi complète que possible des propriétés contagieuses, alors contestées, de la péripneumonie bovine.
11 avait entrepris avec les docteurs Andral et Gavarret des Recherches sur la composition du sang de quelques animaux domestiques dans l'état de santé et de maladie {Recueil, 1842 et 1843), qui ont été traduites en allemand. 11 les poursuivit seul ensuite et en donna le magistral exposé dans la seconde édition de son Traité de pathologie générale.
Il demeura longtemps imbu de l’importance prédominante qu’il faudrait attribuer aux propriétés physiques et chimiques du sang dans la genèse et l’évolution des maladies. Cela se voit dans son Traité sur la maladie de sang des bêtes ci laine (1843) et dans son Traité sur la maladie de sang des bêles bovines (1848). Delafond ne reconnaissait dans ces maladies qu’une pléthore, conséquence d’une alimentation trop riche, pléthore que l’atmosphère altérée des étables pouvait rendre éventuellement septique. Mais, dans une discussion sur le sang de rate à la Société centrale de médecine vétérinaire, en 1855, il convint nettement de la nature charbonneuse des deux affections qu’il avait méconnues. Il fit plus : il reconnut l’importance des bâtonnets vus dans le sang des animaux charbonneux en 1850, et il y vit la caractéristique du charbon. Il fit plus encore : il annonça en 1860, à la Société centrale, qu’il considérait les bactéridies comme des cryptogames, qu’il en avait fait des tentatives de culture, et qu’il avait réussi à constater que ces bactéridies cultivées étaient susceptibles d’acquérir, par une véritable végétation, une longueur quadruple de leur longueur habituelle dans le sang. « Il
me paraît, dit-il, je ne puis encore dire certain, mais pourtant extrêmement probable, que, dans le sang vivant des animaux atteints de la fièvre charbonneuse, circulent quelque temps avant la mort et se multiplient prodigieusement des filaments de nature végétale, pouvant s’accroître lorsque le sang retiré des vaisseaux est mis dans des conditions favorables à la végétation et donner lieu à un mycélium très remarquable, formé de nombreux filaments déliés ». Il y avait là une haute découverte, bien supérieure à l’intelligence de ses contemporains, qui la méconnurent. La mort empêcha Delafond de poursuivre ces travaux, qui devaient être repris et complétés vingt ans plus tard par Koch et par Pasteur.
Il faut signaler encore un bon travail sur la distomatose, bien que le rôle de l’helminthiase dans cette affection n’y soit pas assez mis en relief : Traité sur la pourriture ou cachexie aqueuse des bêtes à laine ; Paris, 1854.
Un des plus importants ouvrages de Delafond, fait en collaboration avec le Dr Bourguignon, est le Traité pratique d' entomologie et de pathologie comparée de la psore ou gale de l'homme et des animaux domestiques - L’Académie des sciences l’a récompensé d’un de ses grands prix et l’a publié dans le Recueil des Mémoires des savants étrangers (1862). Cet ouvrage est remarquable aussi bien au point de vue de l’histoire naturelle que de la dermatologie. L’érudition en est exceptionnelle, et en nombre considérable les données nouvelles apportées sur le sujet. « Ce livre constitue l’une des œuvres qui font le plus d’honneur, je ne dirai pas seulement à la médecine vétérinaire — ce ne serait pas assez — mais à la médecine de ce siècle. » (IL Bouley.)
L'activité de Delafond s’est exercée sur les sujets les plus divers : chirurgien d’une habileté supérieure, il a donné d’excellents mémoires sur la ténotomie plantaire, l'évulsion des dents, l'opération de la queue à l’anglaise, l’extirpation de la conque auriculaire, la clavelisation, etc. Micrographe à une époque où certains de ses collègues les plus haut placés voulaient lui en faire un ridicule, il a, entre autres, découvert les embryons de filaires du sang du chien (avec Gruby), les infusoires de l’appareil digestif des animaux domestiques (avec Gruby), étudié les villosités intestinales, la nutrition du sabot, etc. A l’hygiéniste et au zootechnicien on doit un beau mémoire Sur le progrès agricole et l amélioration cia gros bétail cle la Nièvre (1849) ; un autre sur l’emploi du sel dans l’économie des animaux, sur l’élève et l’engraissement des veaux dans le Gàtinais, sur les viandes de boucherie vendues à la criée (1850), etc. Enfin, cette activité scientifique s’est encore donné carrière dans un grand nombre de rapports adressés à l’administration ou présentés aux sociétés dont Delafond faisait partie, dans des discussions où il remplaçait la vaine éloquence des phrases par celle des faits précis qu’il avait su voir.
Il était, en effet, membre de la Société centrale de médecine vétérinaire depuis sa fondation, de la Société d’agriculture depuis 1848, de l’Académie de médecine depuis 1850, et correspondant d’une foule d’autres sociétés vétérinaires ou agricoles. En 1860, il fut nommé directeur de l’Ecole d’Alfort, en remplacement de Renault, promu inspecteur général des Ecoles vétérinaires. Il mourut dix-huit mois après, le 15 novembre 1861. Les honneurs, relativement peu nombreux, que Delafond a recueillis pendant sa vie étaient, certes, bien inférieurs
à son mérite. Sa mort prématurée, alors qu’il y avait encore en lui tant de promesses, a été une perte immense pour la science et pour la profession vétérinaire.
(Voy. Discours de Renault aux funérailles de Delafond : Recueil, 1861 ; — - Notice biographique, par Reynal : Mémoires de la Société centrale d'agriculture, 1865 ; - — Eloge, par II. Bouley : Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire, 1884.)
DELAFOSSE. Voy. Lafosse (J.-A.-L.)
173. DELAGUETTE (V.). Élève de l’École d’Alfort; a servi comme vétérinaire en premier dans la garde impériale, puis dans la garde royale. En 181 1, il avait envoyé au ministre de la guerre l'exposé d’expériences sur le traitement de la morve; ce travail fut soumis à l’examen de la Société centrale d’agriculture. On le trouve dans son Traité cle la morve-, Paris, 1816, in-8°, 48 p. Il a traduit en français la Pathologie canine de Delabere Blaine (1828) et annoté la traduction donnée par H. Germain de l 'Abrégé de l'art vétérinaire, de J. White (1823). Il a publié aussi Le Nouveau bouvier ou Traité des maladies clés bestiaux-, Paris, 1830, in-12° (Roret). Avec Bracy Clark, Crépin, Cruzel, etc., il a fondé, en 1830, le Journal de médecine vétérinaire théorique et pratique. Enfin, il fut aussi l'un des fondateurs de la Société vétérinaire de la Seine, en 1844.
174. DELAMOTTE (Désiré-Ernest) (1849-1893). Vétérinaire militaire français, né à Lillebonnc (Seine-Inférieure), sorti diplômé d’Alfort en 1870. Écrivain très fécond et érudit, il a collaboré à plusieurs journaux vétérinaires et particulièrement au Répertoire de police sanitaire. Ses principaux travaux sont : Du caroubier et de la caroube, en collaboration avec Bonzom et Ch. Rivière ( Recueil , 1878) ; — Du farcin d'Afrique, en collaboration avec Tixicr (1879); — De la vaccine ; origine réelle du vaccin, etc. (1879); — Revue critique de la thérapeutique du tétanos en médecine vétérinaire (1881); — Des accouplements stériles dans l'espèce chevaline (1882); — Fièvre maligne des bœufs européens importés
en Algérie (1882) ; — Monographie du phylloxéra vastatrix (1885); — Rapport sur la péripneumonie contagieuse dans les Basses-Pyrénées (1887) ; — Castration des juments (1889) ; — Des blessures du harnachement (1889); — Aperçu sur les épizooties de l'Algérie (1889) ; — Des indemnités en cas d'abatage (Rapport au Congrès international vétérinaire de 1889); — Revue analytique de la bactériologie du tétanos, en collaboration avec Charon (1892).
175. DELORME (Pierre) (1806-1886). Vétérinaire à Arles, sorti diplômé de l’École de Lyon en 1829; a, par son activité, par ses travaux, par la dignité de sa vie, contribué à élever sa profession dans la considération publique. Il était membre de plusieurs sociétés savantes et, en particulier, associé national de la Société centrale de médecine vétérinaire. Ses publications sont très nombreuses; voici les principales : Traitement de l'entorse (Journal de Lyon, 1853) ; — Du traitement des formes (Ibid., 1854); — Traitement des plaies articulaires (Ibid.); — Etude critique sur le Parfait maréchal de Solleysel (Recueil, 1854); — Traitement de l'écart
Ibid., 1855); — Traitement du renversement du rectum par l'excision (Ibid.) ; — Traitement de la phlébite par l'ablation de la jugulaire (Ibid., 1857); — Etude sur la culture des prairies permanentes de la Cnciu (Comptes rendus de la Société d’agriculture de Lyon, 1863) ; — Le Rhône inférieur. De l'endiguement des cours d' eau, etc. (Ibid., 1866); — Une nouvelle maladie de la vigne constatée dans la Crau d'Arles (Revue agricole de Provence, 1867; c’est la première indication sur la présence de la maladie causée par le phylloxéra).
176. DELPECH (Auguste-Louis-Dominique) (1816-1880). Médecin des hôpitaux de Paris, membre de l’Académie de médecine ; s’est surtout appliqué à l’étude des questions d’hygiène publique. Nous pouvons encore consulter : De la ladrerie du porc au point de vue de l'hygiène privée et publique (Annales d’hygiène publique, 1864); — La trichine et la trichinose chez l'homme el chez les animaux (Ibid., 1866).
177. DELPRATO (Pietro) (1815-1880). Directeur de l’Institut vétérinaire de Parme. Inscrit à l’Université de Parme, il y prit le grade de docteur en médecine en 1842 et, après un an d’exercice, fut, avecLombardi, reçu à un concours ouvert par le gouvernement parmesan pour des places d’élèves à l’Ecole vétérinaire de Milan, en vue de la fondation d’un institut vétérinaire à Parme. Ayant obtenu le diplôme de cette Ecole, il revint dans sa patrie en 1844, et fut nommé professeur de médecine vétérinaire. Quatre ans après, il était élu directeur de l’Institut vétérinaire ; il resta à la tête de cet établissement jusqu’à sa mort, sauf une suspension de quatre uns (1850 à 1854), qui lui fut infligée en raison de ses idées libérales. Dans sa longue période d’activité, il se dévoua tout entier à la direction, à l’enseignement et à l’amélioration générale de l’Institut vétérinaire de Parme. Delprato remplit d’importantes fonctions administratives et publia de nombreux travaux de médecine, de police sanitaire, de jurisprudence, d’hygiène et de zootechnie. Les plus notables sont relatifs à l’affection typhoïde ( Tifoemia nei cavalli, 1857, 1858, 1859), à la péripneumonie bovine (1857, 1875), à l’avortement des vaches (1874), à d’anciens ouvrages d’hippiatrique(1865, 1867, 1870). En collaboration avec Rivolta, il a publié L' Ornitojatria; Pise, 1880, in-8°.
178. DELWART (Louis-Valentin) (1801-1883). Professeur et directeur de l’Ecole vétérinaire de Cureghem. Il fit ses études à l'Ecole d’Alfort, d’où il sortit en 1824. Il vint alors s’établir à llebecq, sa ville natale. En 1832, il fut un des fondateurs de l’Ecole de Cureghem, où on lui confia la chaire de pathologie et de clinique. 11 la remplit jusqu’à sa retraite, qu’il prit en 1867, pour