LES PARQUES DE LAMITIK
D'aprèfl P. Thumann.
Bismarck, Kalaocky et Crispi filant le parfait amour. (Lustige Blxtter).
Le peintre Lenbach (l'auteur du grand tableau officiel du Chancelier) exécutant des Bismarck, dans son atelier).
Caricature de Fritz-August Kaulbach, actuellement directeur de l'Académie des Beaux^Arts de Munich, dans la Allotriat feuille autographiée de la société des Artistes, publiée lors de la fête de Bismarck.
Bans les vers humoristiques qui accompagnent cette amusante charge, on lit: « C'est lui qui a peint Bismarck, ne peint-il pas tous les gros bonnets, et même le Saint-Père ! Mais comme il a compris le Chancelier — '6 veux parler du portrait avec le chapeau mou et la cravate blanche — ainsi il ne peint que dans ses moments d'inspiration. Le prince de Bismarck « avec ses propi es mains » était assis devant lui : cela se voit, du reste. .. aux mains. Des yeux et de la bouche, il a pris mesure avec le compas. Près de lui, se trouvait un photographe. Et maintenant, c'est presque en dormant qu'il exécute la physionomie princière. C'est pourquoi je ne m'étonne nullement qu'il puisse livrer par centaines des portraits de Bismarck: de devant, de derrière, de trois-quarts, de tous poils de toutes grandeurs, suivant les désirs du monsieur qui commande.
cabaret, et la Lenbachiade^un vrai poème épique, récit des hauts faits du portraitiste Lenbach, allant se faire couronner de lauriers à Berlin, tandis qu'à ses côtés , Bismarck joue le rôle d'un premier ministre. Et le grand chancelier figure jusque sur les Guignols, jusque dans les a images vivantes », c'est-à-dire aux personnages mus par des articulations intérieures qui, là-bas, font bien réellement la joie des enfants et la tranquillité des parents.
A Dûsseldorf où un éditeur, Félix Bagel, a inventé le « livre trouvé dans les fouilles » bizarres imitations d'anciens parchemins tout rongés, le volume Er-Sie-Es donne aux ministres égyptiens Krinsab et Kamsib des mèches révélatrices qui pourraient laisser croire que la Sprée coule au pied des Pyramides. Tenant à la fois la plume et le crayon, le peintre Edouard Daelen, membre de cette société artistique .de Dûsseldorf, connue sous le nom de Malkasten (boîte à peindre, c'est-à-dire boîte à couleurs), publie toute une « littérature bismarckienne ».
Il ne se contente pas de célébrer en vers comimiques et sous un titre calembourdier, sur lequel brillent les « génial, kolonial, sozial » le soixante-
dizième anniversaire de la naissance du membre d'honneur qui a nom : Prince de Bismarck ; il le met en scène par Timage, dans sa « Grande chanson de la bière », trônant sur les tonneaux de la
Bismarck en lutteur de foire.
Vignette de Daelen pour Bismarck's Himmelfahrt
Sur la baraque se lisent différentes inscriptions, dont voici la traduc* tion: « Le nouvel Atlas, le chêne de l'Alleniagne, le plus grand homme •Je la terre. — Ici on résoud le conflit : la guerre comique des nains contre le Géant. »
brasserie Deutsche Union ; il lui consacre même des poèmes entiers. Le Chancelier, quoi qu'il ait pu dire lui-même, à une certaine époque, est très
buveur de bière, il appartient à ces Germains qui ont horreur du vide dans les chopes. « Le boire n'est-il pas la source de la vie ? N'est-ce pas sous l'inspiration de la boisson que se créent les œuvres immortelles? Ceci, Otto le reconnut d'emblée et, depuis, jamais^ en sa vie, il n'oublia le boire. » Telle est, du moins, l'opinion du peintre Daelen
Bismarck buvant sa chope de Salvator (bière double). Vignette de Daelen pour Bismarck' s Himmelfarth,
dans une de ses « Bismarckiades » qui vont jusqu'à nous représenter, en vision, Bismarck montant aux cieux ; Bismarck que l'on peut suivre, dès le berceau, avec les trois premiers cheveux du moutard, destinés à devenir, par la suite, les derniers trois cheveux de l'homme mûr.
Et c'est ainsi que, dans tous les mondes, parmi tous les publics, se crée la légende d'un Bismarck demi-dieu, tenant à la fois d'Hercule et de Gambrinus, étonnant par ses hardiesses et ses