VIVE LB PBTROLB ET LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
L*architecte-décorateur Seidl préparant le feu d'artifice de la plaee Royale à Munich, pour la fôte Bismarck.
Debout, le peintre Lenbach montrant Bismarck à la foule et tenant le pape attaché à sa ceinture.
Caricature de Pr. A* Kaulbach dans la Allotrta,
fredaines, embrochant ses camarades à l'Université, rouant de coups le « vulgaire », ou, à la brasserie, lançant sa chope à la figure des gens qui lui déplaisent, et toujours mordant à belles dents la saucisse rôlie.
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Bismarck lançant au nez de TAutrlche une fumée d'un genre particulier.
Vignette de Daelea pour Von der Wurschtigkeit (1883).
Que « Lui » le « Grand » ait été, un jour, petit, qui voudrait jamais le croire? — s'écrie le peintre Daelen, en son enthousiasme.
Qui expliquera, dirai-je à mon tour, comment ce hobereau à la morgue prussienne, est devenu la vivante incarnation de la race la plus double, la plus contradictoire qui soit au monde, à la fois bàT*bare et guerrièï*ei pleine d'humour et de senti*
mentalité, tout imprégnée encore d'habitudes moyen âge et cependant très ouverte aux idées modernes.
Don Juan refusant sa cotisation pour un monument au Commandeur.
[Kladderadatschy 13 avril 1890.) Don Juan c'est Eugène Richter,
Et maintenant, le voilà tombé celui que Daelen aimait à nous représenter entre Hermann et Luther, le « Faust du dix-neuvième siècle », « Otto le
grand enchanteur», le « nouveau Siegfried », celui dont la figure a été popularisée par tant de contes et d'imaeres.
Parce qu'il n'est pas absolument certain que le Commandeur ne revienne quelque jour.
{Kladderadatsch, 13 avril 1890).
Don Juan c'est Eugène Richter.
Que disent les caricatures ?
De ces images, — gravures sur bois ou lithographies coloriées — que se dégage-t-il? Est-ce une
impression de contentement, sont-ce des vignettes de condoléance ?
Même en feuilletant le Kladderadatsch^ qui, depuis trois ou quatre ans, s'est bien modernisé d'allure, de procédé, qui a fait faire un pas considérable à la caricature politique, il est très difficile de dégager le véritable sentiment qui se cache sous cet extérieur humoristique.
Il n'y a pas longtemps, l'observatoire politique du Kladderadatsch était encore au beau fixe : tout reposait dans Tordre, à l'ombre du casque prussien, et « le veilleur » travaillait paisiblement dans son cabinet, compulsant livres sur livres. L'éclipsé avait bien été annoncée, observée même par tous les télescopes des journaux, mais rien ne la faisait prévoir aussi complète.
Admirez ici cette caricature qui se contente de sourire, qui prend gaiement la chose, qui consacre à la retraite de celui qui fut tout des petites vignettes amusantes. Il semble que l'âpreté des luttes d'autrefois ait disparu, que le calme se soit fait dans les esprits.
La caricature politique du Kladderadatsch tend désormais à devenir quelque chose comme la caricature de mœurs des Fliegende Blsetterj cette
merveille des merveilles au point de vue graphique.
« Enfin le pauvre vieux chancelier a obtenu un repos bien mérité ! » telle est la note dominante. Et Bamberger désormais pourra se livrer paisible-
Ëclipse partielle de lune.
(Kladderadatsch, 1890.
ment au culte du Veau d'Or, et Eugène Richter pourra jouer au soldat avec une des terribles bottes de Togre défunt. Chose caractéristique : ses trois cheveux historiques ont disparu. Maintenant qu*il a quitté la scène du monde, le crâne est entièrement chauve.
Votez-lui des remerciments, souscrivez pour sa
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statue. Il s'est retiré sous sa tente, et en loyal serviteur de son Roi, de son Empereur, n'apparaîtra à nouveau sur la scène politique, disent ses fidèles, que si Ton vient le chercher.
Souscrire pour sa statue ?, Oui, mais Eugène n'a pas confiance, lui! Il sait que petit bonhomme a la vie dure. Et s'il allait réapparaître, si, descendant de son cheval pour répondre à l'appel de quelque Paulus berlinois, il allait à nouveau entrer dans l'arène, si on allait revoir les trois cheveux !
Sans haine comme sans enthousiasme, la caricature s*amuse à enregistrer tout cela. Fait singulier, mais bien prussien, indice de cet esprit de hiérarchie qui est le propre de la race, elle ne voit plus dans le Chancelier qu'un fonctionnaire prenant sa retraite. La légende, c'est à Vienne qu'elle va se créer.